Toujours fidèle au rendez-vous du vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire:

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

                      L’un des plus grands sinologues américains, David Shambaugh s’inquiète, en constatant que « Xi ramène la Chine au système patriarcal de Mao »

Jamais depuis Mao Zedong, un dirigeant chinois n’avait eu un pouvoir aussi étendu que celui de l’actuel président Xi Jinping. 

Rompant avec la tradition de gouvernance collégiale du Parti communiste, il incarne, à lui seul, une diplomatie active, et une politique intérieure autoritaire. Il défie Donald Trump, le président américain, et montre ses muscles en Asie. 

La puissance retrouvée de la Chine, lui donne une place de choix dans le concert des nations. Son gouvernement repose sur un pacte tacite avec la population : « Pas de liberté individuelle, mais la prospérité pour tous » doù lobligation dun développement continue de léconomie chinoise. 

 Alors que le parti communiste chinois avait pris l’habitude de diriger le pays de façon collégiale, jamais depuis Mao Zedong, un dirigeant n’avait autant incarné le pouvoir que « Tonton Xi ». La campagne anticorruption, utile et populaire, qu’il mène depuis son entrée en fonction, lui a permis de purger les administrations, à commencer par l’armée, de ses adversaires politiques. Sur le plan intérieur, la répression des opposants continue, et les religions sont particulièrement visées. Ce phénomène, au lieu de diminuer, s’est aggravé ces dernières années, notamment avec les destructions systématiques d’églises et de croix dans la région de Wenzhou.  

Xi Jinping est en train de mettre en place un culte de la personnalité. Sommes-nous en train d’assister à la naissance d’un nouveau Mao?

 Il est troublant que la pensée de Xi ait été inscrite dans la Constitution.

Xi Jinping ne possède ni la popularité, ni la puissance de Mao, pour le moment. Mais certaines de ses politiques font de plus en plus penser au grand ‘timonier’. Par exemple, la censure s’étend, l’idéologie entre dans les universités et le militarisme est renforcé.

Il a étendu son autorité en multipliant des groupes spéciaux qui court-circuitent la hiérarchie normale du gouvernement. Il utilise aussi la lutte à la corruption pour renvoyer des cadres qu’il remplace par des hommes à lui.

Personne ne conteste la nécessité de lutter contre la corruption en Chine. Les réformes que Xi Jinping veut mettre en place en économie et en politique sont appliquées de façon très autoritaire. Mais il est difficile de comprendre en quoi une censure ou une idéologie plus forte pourraient aider le président chinois à établir un État de droit ou stimuler l’économie.

La Chine, depuis son réveil, ne retombera pas dans une nouvelle léthargie. Elle croit en son avenir, persuadée qu’elle est, d’être le leader mondial de demain, le recours, après le déclin de l’hégémonie américaine.

Xi a fait un examen approfondi de la situation internationale, il y voit une opportunité stratégique.

Devenu un Président ‘à vie’, il a tout son temps. Il ambitionne de supplanter les Etats-Unis et devenir la première puissance mondiale. 

Tôt ou tard, par les pressions, la diplomatie ou par les armes, il récupérera Taïwan, allié des Etats-Unis. Ses litiges territoriaux avec le Japon seront réglés le moment venu; ce moment où la crise démographique japonaise aura transformé le pays en une proie facile au monstre chinois, qui lui, va vers les deux milliards d’habitants.

Mao est de retour, il s’appelle Xi Jinping.