Vendredi est le jour de ma chronique hebdomadaire.

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                       La victoire revendiquée par les Américains à l’implosion de l’URSS, a fermé la porte au renouveau et, pour certains observateurs, a amorcé le déclin de l’Occident. 

L'émergence du terrorisme islamiste a montré l’incapacité de l’Occident à instaurer un environnement international sûr.

Les attentats terroristes ont assombri l’espoir, que la chute du communisme avait fait naître pour le monde occidental.

Déjà en 1918, Oswald Spengler publiait « Le Déclin de l'Occident ». Aujourd'hui, le terme « déclin » est devenu tabou. Les dirigeants politiques préfèrent parler de « défis », tandis que les économistes évoquent une « stagnation séculaire ». Or, si le discours change, la perception d’une remise en question de la civilisation occidentale demeure la même.

Désormais, est ancrée dans l'esprit du public, l'incapacité de l'Occident, après l'effondrement de l'Union soviétique, à instaurer un environnement international sûr et propice à la pérennité de ses valeurs et de son mode de vie.

 Ibn Khaldoun, philosophe maghrébin du Moyen Age, écrivait en son temps : «Le but de la civilisation, c’est la culture et le luxe. Une fois ce but atteint, la civilisation se gâte et décline, suivant en cela l’exemple des êtres vivants.» 

Assiste-t-on, aujourd’hui, à la chute de la civilisation occidentale? Est-elle ou a-t-elle été supérieure aux autres civilisations? Telles sont les questions qui se posent aux observateurs de la chose comme aux intellectuels. 

Prenant la relève d’un Orient et d’une civilisation islamique sur le déclin, l’Occident avait procédé à un dépeçage des territoires, sans tenir compte des équilibres sociologiques que les sociétés subjuguées ont mis des siècles à sédimenter. Pendant cinq siècles, au nom de ses «Droits de l’Homme» qui «ne sont pas valables dans les colonies» selon Jules Ferry, l’Occident dicte la norme, série, punit, récompense, met au ban des territoires qui ne rentrent pas dans la norme.

Depuis que l’Occident a donné la priorité à l’économie, il se divise. América first, acheter français, allemand, russe..etc. Ces slogans n’incitent pas à l’union, devant « les défis ».

 Aussi, des voix inquiètes doutent, aujourd’hui,  de la pérennité du magister occidental. La CIA n’est pas de cet avis. Elle a publié récemment, un rapport intitulé: ‘Le monde en 2025’. On y constate une prise de conscience d’une nouvelle donne à la fois démographique, économique et financière. Cependant, pour la première fois, les Américains reconnaissent qu’ils ne seront plus les maîtres du monde!

Le drame que vivent les Kurdes illustre cet affaiblissement, sans précédent, de l’Occident et des valeurs démocratiques qu’il porte. C’est un de ces micro-événements qui annoncent le basculement d’une situation jugée jusque là pérenne. L’Occident va à sa perte s’il ne réagit pas. Mais le peut-il encore ? 

 Une des pires menaces qui pèsent sur lui, est la guerre de civilisations que lui ont déclarée les islamistes.

L’Europe pourrait être la réponse à ce déclin. Elle a encore un rayonnement qui va bien plus loin que l’hégémonie américaine. Elle remue les intellectuels en Chine, en Iran, en Russie, dans le monde arabe où elle inspire la démocratie.

L’Europe, si elle veut remplir le rôle qui lui est dévolu, doit laisser aux « autres », les leçons de morale, l’interventionnisme et le droit-de-l’hommisme. Ce ‘droit-de-l’hommisme’ est, en fait, le retour par la fenêtre de la pulsion coloniale, de « la mission civilisatrice de la colonisation » comme le disait le ministre de l’instruction publique, Jules Ferry, à la tribune de l’Assemblée nationale française.