Voilà que l’Iran, habille les massacres du Hamas par la lutte en faveur de la cause palestinienne. Personne n’est dupe et régulièrement feu Yasser Arafat se plaignait que la cause palestinienne serve le plus souvent à des besoins de politique intérieur pour certains.

 Après avoir mis sous le tapis le différent israélo-palestinien pendant des décennies, l’Iran veut se draper aujourd’hui du drapeau palestinien. Sait-on que Yasser Arafat, paix à son âme, était interdit de séjour en Iran pour cause de laïcité. C’est vrai que le leader palestinien voulait instaurer un état laïc car le peuple palestinien est pour une part non négligeable chrétien et dans son ensemble il ne me semble pas qu’il soit chiite.

 L’action du Hamas, bras armé de Téhéran, avait pour but, essentiellement de mettre un frein à la normalisation des rapports d’Israël avec le monde musulman et particulièrement avec l’Arabie Saoudite. L’action du 7 octobre a plutôt desservit la cause palestinienne qu’elle ne l’a sublimée.

 Oui, la « rue arabe » est inconditionnelle de la cause palestinienne, oui, la rue arabe se mobilise instantanément dès qu’elle est appelée à défendre la cause palestinienne mais pas au prix de massacre d’innocents. La « rue arabe » se bat à la loyale, sans hypocrisie ni agenda caché. Elle milite pour deux États, côte à côte, vivant dans la paix et la sécurité. Voila des décennies que je répète que c’est la seule solution à un état de belligérance qui dure voilà près de 75 ans.

Le conflit israélo-palestinien, qui n’a que trop duré, est un de ces conflits où tout se confond : guerre et paix, terrorisme et démocratie, raison et passion, droit des peuples, légalité et légitimité, histoire religieuse et histoire politique, opinions publiques nationales et opinion mondiale, médias et réseaux sociaux, religion et politique, tradition et technologie, politique nationale et géopolitique. Tant de paramètres qui rendent plus que complexes le problème et la solution politique définitive. Un problème passionné sur lequel la raison n’a plus prise depuis belle lurette. Situation qui a fait dire au philosophe Raymond Aron, lui-même rationnel et raisonnable, que « le conflit israélo-palestinien est un de ces conflits où les prises de positions ne peuvent être qu’affectives ». On peut le constater dans les médias occidentaux aujourd’hui, et aussi dans les médias arabes depuis longtemps. D’où la place prééminente prise par l’opinion, la rue, les passions et les humeurs, dans ce conflit où toute quête de vérité est condamnée à l’avance, et où donc la recherche de solution acceptable se heurte encore aux préjugés tant des Israéliens que des Palestiniens. On est loin du raisonnable lorsque l’irrationnel prend le pas sur le politique. Il n’y a plus place qu’au renoncement et la haine.

Mais la culture de la haine n’a jamais ouvert les portes à la Paix.