Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

23 mai 2019

POURQUOI UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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  On va inéluctablement vers une troisième guerre mondiale, sauf miracle, improbable pour le moment.

Tous les chasseurs vous diront qu’un fauve blessé est encore plus dangereux. Ainsi en est-il des Etats-Unis, la première puissance mondiale aujourd’hui en déclin.

 

  La Chine poursuit son chemin vers la place de leader mondiale malgre une guerre commerciale, engagée avec légèreté par Donald Trump.

  Pendant que Washington guerroyait un peu partout dans le monde, pendant que le budget militaire américain crevait tous les plafonds, pendant que les forces vives de la Nation étaient consacrées au maintient de l’hégémonie américaine  dans le monde, pendant que Washington continuait à nourrir l’utopie d’imposer au monde les valeurs américaines, la Chine développait ses trains à grande vitesse, ses infrastructures et poursuivait ses efforts à éradiquer la pauvreté.

 

  La réussite économique de l’Empire du Milieu n’a rien d’inattendu. Pendant que l’Amérique entretient et développe 725 bases militaires de par le monde, la Chine a investit ses ressources dans son économie et son modèle économique. Dans ces quarante dernières années, la Chine n’a fait face ou entrepris aucune guerre, pendant que les Etats-Unis engageait son armée en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Vietnam, au Laos, au Cambodge sans parler des guerres par procuration en Afrique et ailleurs.

 

  Depuis le discours-testament de fin de mandat du président Eisenhower en 1959, attirant l’attention de ses concitoyens sur la place illégitime que prenait le complexe militaro-industriel, ce dernier a, au contraire, avec son partenaire, le Pentagone, augmenté son emprise sur l’Amérique profonde et sur la politique étrangère de Washington.

 

  Les dépenses militaires qui s’élèvent pour la seule année de 2018 à 649 milliards de dollars, représentent 45% des dépenses militaires mondiales. Cette orgie de dépenses, qui s’accompagne d’un endettement fédéral abyssal de 22175 milliards de dollars, a déclenché une course aux armements mondiale. Les États ont dépensé 1822 milliards de dollars en 2018, soit 26% de plus qu’en 2017. La Chine avec 250 milliards arrive deuxième, loin derrière les Etats-Unis. L’Arabie saoudite, l’Inde et la France ferme le top 5.  L’Europe affiche sa volonté de s’unir dans la défense, mais cette vision n’est pas partagée par tous les pays de l’Union.  La Russie consacre ses moyens à l’armement nucléaire sophistiqué, convaincue que s’il y a guerre, elle sera nucléaire.

 

 Ce haut niveau des dépenses militaires reflète l’état du monde. Personne ne souhaite la guerre, tout du moins officiellement, mais tous s’y préparent. L’atmosphère est délétère. Le monde est devenu instable, dangereux, avec des tensions entre voisins en Asie, dans le Pacifique, le Golfe, des guerres en Afrique et au Levant, sans parler des actions terroristes.

 Mais le plus inquiétant est la situation des Etats-Unis avec ses déséquilibres budgétaires et une dette dont l’apurement ne peut s’obtenir qu’au travers d’une guerre que le complexe militaro-industriel souhaite ouvertement. L’Amérique ne peut pas continuer à vivre à crédit, en pompant l’épargne du reste du monde.

 

Les ingrédients d’une troisième guerre mondiale s’agrègent petit à petit. Heureusement que le pire n’est jamais certain.

 

 

   

 

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10 mai 2019

QUELLE EUROPE ?

Vendredi, c'est le jour de ma chronique politique hebdomadaire :

     2017 avait vu arriver des forces politiques nouvelles qui bousculaient tout sur leur passage, le trumpisme aux Etats-Unis et le macronisme en France. 

Après cette « révolution », 2018 a donné l’image d’une grande désorganisation générale : la France avec la crise dite des Gilets Jaunes et l’Amérique avec les pics de fièvre déclenchés par l’imprévisible maître de la Maison Blanche… quant à l’Union européenne, elle apparaissait de moins en moins structuré, et plutôt en cours de fragmentation. Sans oublier le Grande Bretagne qui n’arrive pas à digérer son référendum.

 Les 23 au 26 mai prochain, les élections européennes auront lieu dans 27 états membres de l’Union, cette Union qui croyait pouvoir offrir au monde entier un modèle de paix, de stabilité politique et de prospérité. Elle est, malheureusement dans un état désastreux : le centre et l’est de l’Europe embrassant les thèses de la dite « démocratie illibérale », la Grande Bretagne enlisée dans son « Brexit », le couple franco allemand, de moins en moins audible en tant que moteur de l’Europe. Dans ce contexte, allons-nous voir ces prochains mois une mise à plat, une mise à mort ou une remise à neuf du projet européen ? 

On s’inquiète à juste titre, pour la participation qui a toujours été faible aux européennes.

   Quel effet peut-on espérer de l’appel des chefs d’entreprises, invitant leurs employés à voter ? Cette action, louable au demeurant, risque de rester un vœu pieux. 

   La question, sans réponse à aujourd’hui, est de savoir quelle Europe on veut. Allons nous vers une Europe fédérale ou allons-nous vers une fusion des Nations européennes dans un magma innommable qu’on appellerait Europe.

  Les Etats-Unis d’Amérique se sont bâti dans le respect des particularismes de chaque communauté, irlandaise, italienne, chinoise, etc. L’Europe devrait s’inspirer de la réussite américaine en faisant une union des Nations, dans le respect de l’identité de chaque membre et de son histoire. Alors les citoyens pourraient se reconnaître dans cette fédération qui deviendrait une des grandes puissances économiques du monde. Pour cela, il faudrait que les chefs d’États européens consentent à abandonner au pouvoir fédéral, nombres de leurs prérogatives, dont le premier, celui d’accepter l’autorité réelle d’un président de l’Union fédérale européenne, élu au suffrage universel direct. Les Européens pourront alors s’identifier dans leur Union et permettront à cette fédération, parlant d’une seule voix, d’avoir enfin une politique commune dans tous les compartiments de sa gouvernance.

L’Europe a apporté la paix et la prospérité sur un continent frappé de conflits séculaires. Pourtant, 60 ans après la signature du Traité de Rome, le projet et le rêve européen sont contestés par nombre de citoyens.

Confrontée à d’immenses défis, du Brexit aux crises, migratoire, financière, économique et sécuritaire, l’Europe a-t-elle encore la capacité d’y répondre et de susciter l’adhésion de ses citoyens ? 

Aujourd’hui, la difficulté de faire progresser l’Union européenne vers une unité politique est telle qu’elle a transformé Bruxelles en un centre d’experts qui travaillent l’aspect réglementaire plus que politique, des rouages de l’Union.

Le Brexit ouvre une crise du sens : faut-il abandonner l’idée d’un destin commun des peuples européens et se barricader dans nos États respectifs ou bien décider de bâtir enfin une autre Europe ?

 

 

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03 mai 2019

LE TEMPLE DU CAPITALISME EN PERDITION

Fidèle à notre rendez-vous du vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire :

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   Quelque chose ne tourne plus rond au Royaume du capitalisme. En vingt ans, le nombre de sociétés cotées a diminué de 50% à Wall Street. Si les indices américains continuent à battre des records, la capitalisation totale de progresser malgré les crises successives, de moins en moins de sociétés font le pari de lever des capitaux à Wall Street.

 Les nouveaux géants américains de la technologie dominent toujours de très loin, le classement des plus grandes entreprises cotées. Mais les retraits de cote se font chaque année de plus en plus nombreux. Les entreprises préfèrent, aujourd’hui, la tranquillité des marchés du « private equity ». Les investisseurs hors bourse sont moins obsédés par le court terme et la rémunération immédiate. Même une grande société connue comme Tesla cherche aujourd’hui les moyens d'abandonner la Bourse.

 Comment peut-on expliquer ce qui semble devenir une vague de fond ? Il y a plusieurs raisons à cette situation qui paraît être une réelle mutation dans la recherche des capitaux.

Le grand nombre de fusions-acquisitions des deux dernières décennies a évidemment contribué à appauvrir la cote. Les concentrations d’entreprises devenues plus grosses et plus dominantes, le durcissement de la réglementation, ont bien sûr joué un rôle important. Les scandales Enron, WorldCom ou Lehman Brothers ont obligé les régulateurs à durcir les conditions d’introduction et de contrôle des entreprises. Cela n’a pas été fait pour encourager les  candidats à la Bourse. En fait, la Bourse de New-York est devenue une vraie jungle où il ne faut plus se risquer.

  La façon dont les marchés ont évolué cette dernière décennie,  les crises successives, la complexité et fragmentation que sont devenues les filières boursières, ont fait partir plusieurs sociétés dont le management voulait se consacrer plus au développement et à la rentabilité de l’entreprise, qu’à la défense de la cote de leurs actions à la corbeille. 

Les conséquences sont là, aujourd’hui. Une Bourse qui se vide est une Bourse qui meurt. Financer la croissance va devenir de plus en plus difficile pour les petites et moyennes entreprises en développement. C’est les institutions financières à capital-risque qui vont en profiter, mais à quel prix pour l’entrepreneur.

Les investisseurs, n’ayant plus le choix des titres que leur donnait la Bourse, vont se tourner d’avantage vers la gestion passive. C’est le placement des capitaux disponibles qui est en cause, en fait l'un des piliers du capitalisme.

 Hong Kong(3485 sociétés cotées)  et Shanghai(1041sociétés), après avoir subit des baisses spectaculaires des indices, baisse due à la crise des subprimes, résistent aujourd’hui mieux que celles de l’Occident, pour l’année 2017, du fait des introductions des entreprises chinoises et du dynamisme de l’économie de la région. Il est difficile actuellement de porter un jugement sur l’évolution du nombre des sociétés cotées sur les places de Paris (650), Londres(2736) et Berlin (720), du fait de l’incertitude créée par le Brexit. Cependant on constate le même désamour en Europe. Le nombre des sociétés cotées a fondu de 20% en 2017. La place de Paris a enregistré la sortie de la cote de pas moins de 33 entreprises, pour la seule année 2017. 

 Qu’en est-il à la Bourse de Casablanca ? Cela est une autre histoire qui mérite qu’on lui consacre une chronique « exclusive ».

 Les responsables devront se poser régulièrement la question : une bourse, pourquoi faire, quelle réponse apporter aux besoins de financement des entreprises en développement. Quel rôle doit jouer la Bourse marocaine dans le développement du pays et la croissance de son modèle économique ?

 

 

 

 

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26 avril 2019

LES SEMEURS DE PEURS

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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    Il y a les islamistes extrémistes, il y a la droite extrémiste, les extrémistes de gauche, le fanatisme religieux et, et les écologistes.

Oui, les écologistes sont des extrémistes comme les autres. Leur point commun ? Eux seuls détiennent la Vérité. Le doute n’est pas permis et aucune contradiction n’est recevable.

Avec les écologistes, il n’y a pas de débat possible. C’est les croisés de la nouvelle religion, une religion qui ne prétend pas sauver votre âme, mais sauver la planète.

 Dans l’antiquité, les religions naissaient et disparaissaient, la plus part du temps avec  leur créateur. Ce n’est qu’à l’apparition des religions monothéistes, que le monde ne s’est plus articulé qu’autour de religions « stabilisées et pérennisées ». Aussi nous devons, aujourd’hui, constater  la naissance d’une nouvelle « religion », spécifique à notre troisième millénaire : l’Ecologie.

Dans la voie tracée par les prophètes Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel, les prédicateurs écologistes nous annoncent la fin du monde si on ne se repent pas. Les océans vont couvrirent nos rivages, le soleil va bruler nos paysages, la pollution va submerger nos cités et les déluges vont submerger ceux qui n’auraient pas encore été touchés.

Le discours écologique n’a rien à envier au discours prophétique. Le parallèle est frappant, la même phraséologie, les mêmes incantations, la même exploitation de ce sentiment diffue, enfoui dans notre subconscient, ce sentiment de culpabilité hérité des dogmes judéo-chrétiens.

Nous avions un monde idéalement équilibré, un véritable Eden et voilà que l’Homme avec son développement égoïste pollue tout. C’est la chute vers l’Enfer des dérèglements climatiques.

Au cœur des religions monothéistes, le discours prophétique surgit comme une parole de violence, un cri qui annonce le malheur, une lamentation qui fonde et tout à la fois menace les Ecritures. De même, les déclarations des nouveaux prophètes de l’Ecologie interpellent le peuple et ses dirigeants qui se soumettent aux données de la nouvelle religion.

Et si tous ces Cassandres avaient tort ?

Et si les variations climatiques étaient tout simplement cycliques et ne devaient rien aux activités de l’homme ou si peu. N’avons-nous pas eu en l’an mille, un coup de chaud qui fit du Groenland une « terre verte ».

Les soupçons de falsification qui entourent les conclusions du GIEC (Groupement Intergouvernemental d’Etudes sur le Climat) sont-elles fondées ?

On muselle toute voix discordante, on isole les savants rétifs à la nouvelle doctrine, on retire la parole dans les débats aux contestataires. C’est le dogme et rien que le dogme ! C’est le règne de la Pensée unique, du politiquement correcte. Ils ne sont pas tous frappés mais presque, aurait dit La Fontaine.

Les candidats à la magistrature suprême aux dernières élections présidentielles en France, n’ont-ils pas soumis leur programme au nouveau messie autoproclamé, Nicolas Hulot, pour avoir l’imprimatur écologique ?

L’écologie politique, toujours prompte à recourir à la « jérémiade » et à l’injonction comminatoire est un nouvel avatar d’une pensée unique eschatologique, nécessairement un peu ridicule dans sa prétention à sauver la planète. 

En fait on assiste aujourd’hui à une quatrième étape de développement, l’économie écologique. Après avoir connu l’ère agricole, l’ère industrielle, celle des services, voici l’écologie, créatrice d’emplois. 

On instaure la taxe Carbonne et se crée en même temps à Paris et à Londres une bourse où on négocie les « crédits Carbone », les pollueurs pouvant acheter des « droits de polluer » à ceux qui ne polluent pas, pour le moment. Quelle hypocrisie ! Si un État ou une entreprise ne pollue pas, donnez lui une médaille, mais de grâce, ne lui donnez pas le droit de vendre cet avantage  aux Etats ou Entreprises qui ont atteint et dépassé les cotes de pollution admises. On ne peut que constater que l’écologie, en fait, est un nouveau business, un très gros business qu’on est prêt à accepter. Mai, sachons raison garder, ne semons pas des peurs inutiles, l’Apocalypse n’est pas pour demain ni pour après-demain.

Peut-on décemment offrir un avenir de privations, fût-ce pour des motifs prétendument nobles, à un monde où la crise économique et le chômage frappent indifféremment pays riches et pays pauvres, où des milliards d’individus souffrent de malnutrition, de maladie  et de la faim ? 

Le genre humain n’a pas besoin de décroissance mais de croissance, et ce n’est pas des prêcheurs de l’Apocalypse que nous viendra le salut.

 

 

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21 avril 2019

AUX JEUNES DIRIGEANTS MAROCAINS

               À quelques occasions, malheureusement rares, j’ai eu l’immense plaisir de me trouver en compagnie des membres du CJD, le Centre des Jeunes Dirigeants, à Casablanca ou récemment à Marrakech.

   Pleins d’enthousiasmes, ils cherchent à être utiles à leur pays et à apporter leur pierre à l’édifice de l’Empire chérifien.

  Je m’adresse, ici, à ces jeunes et à ceux qu’ils ont élus pour diriger leur mouvement ; Si vous voulez exister dans le paysage socio-économique marocain, Il vous faut communiquer. Il faut faire connaître vos propositions pour les problèmes de l’heure. Il faut, face aux initiatives  de la CGEM, la Confédération des Entreprises du Maroc, répondre par vos propositions. Vous représenter le progrès et vous êtes et devez être les porteurs des réformes nécessaires pour faire de l’économie marocaine une puissance régionale.

 Vous êtes le Maroc économique de demain, vous n’avez pas à laisser à d’autres, le soin de tracer l’avenir de vos entreprises sans vous entendre. Il faut, que le CJD es qualité, soit  associé à l’élaboration des stratégies du Patronat. COMMUNIQUEZ, faites entendre la voix des jeunes Dirigeants du Maroc.

 Gabriel BANON 

Ancien Vice-président national du CJD de Fr

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19 avril 2019

ISRAËL : OÙ EST PASSÉE TA DÉMOCRATIE ?

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi:

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  Au bord de la faillite dans les années 80, l’Etat hébreu affiche aujourd’hui une croissance insolente de 4 % par an, un niveau de vie comparable à la France - malgré d’importantes inégalités sociales - et un taux de chômagehistoriquement bas, tombé à 3,7 % en janvier. Son savoir-faire en toutes choses cyber se revend à coups de milliards dans la Silicon Valley. Israël a réussi à immuniser son économie du conflit et à se muer en destination touristique, 3,5 millions de visiteurs en 2017. Enfin, le commerce florissant avec l’Inde et l’Afrique, ainsi qu’un rapprochement avec les puissances sunnites contre l’Iran, ont consolidé une normalisation diplomatique sotto voce

 Israël est-elle «la seule démocratie du Moyen-Orient ? » À voir de plus près la politique de Netanyahou et ses alliances avec les partis religieux extrémistes de droite, semble l’avoir fait passer de mode. La formule a perdu de son lustre. Les Israéliens eux-mêmes, de plus en plus,  se posent la question, après presque une décennie d’ère Netanyahou.  Sa politique reste marquée par la dictature  des religieux et des ultranationalistes, clés de sa majorité. 

 Sans volonté politique de sortir du marasme post-Oslo et d’un statu quo avantageux à court terme pour Israël, le mot «apartheid» n’est plus seulement un épouvantail. Certains, à l’instar de Gideon Levy, Cassandre de la gauche, estime qu’il s’agit d’une réalité. D’autres, au sein du Likoud et du parti nationaliste-religieux Le Foyer juif, l’envisagent explicitement, décrivant un «Grand Israël» de la Méditerranée au Jourdain, où les Palestiniens pourraient vivre et travailler, mais pas voter.

 Le projet de la «loi de la nation», du ministre de la Justice, Ayelet Shaked, illustre cette dérive. Exposé en janvier dernier, le but de cette loi est de : «Maintenir la majorité juive, même au prix de la violation des droits civiques.» Cette déclaration n’a fait l’objet d’aucun commentaire ni provoquer aucun scandale.

Composant près de 18 % de la population israélienne, soit près de 1,4 million d'habitants, ces descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'État d'Israël, possèdent en théorie les mêmes droits que leurs compatriotes juifs israéliens. Ils disposent même de 13 députés au Parlement, la Knesset.

   La réalité est qu’Israël ne peut pas se considérer comme une démocratie à part entière et en même temps entretenir un système d'exclusion et de discrimination.

 La guerre de 1967 a permis aux groupes messianiques d’entrer dans la politique israélienne et par leurs capacités de nuisance, ont transformé Israël en une entité occupante et oppressive dans les nouveaux territoires. 

  Les récentes élections ont donné Netanyahou à égalité avec son challenger, nouveau venu en politique, le général Benny Gantz. Mais à l’opposé de Gantz, Netanyahou est prêt à s’associer avec le diable, les partis religieux et supranationalistes de l’extrême droite pour garder le pouvoir. C’est pourquoi Benyamin Netanyahou va continuer à se pavaner sur la scène politique israélienne et internationale. Il a légitimé comme formation fréquentable, les héritiers du rabbin Meir Kahane, suprémacistes et xénophobes.

  Ces élections, avec un goût d’inachevé, vont avoir trois actes. Le premier est l’élection dont le résultat n’a donné la majorité à personne, le deuxième va être la constitution d’une coalition permettant, grâce à une majorité retrouvée, la formation d’un gouvernement « Netanyahou », le seul à pouvoir le faire. Le destin pénal du premier ministre israélien sera le troisième acte, si Netanyahou, violant toutes les règles démocratiques, ne parvient pas à bloquer les procédures judiciaires lancées contre lui, « Bibi » risque de tout perdre et finir un jour en prison. D’autres éminents personnages politiques l’y ont précédé, le président de l’Etat d’Israël, Moshe Katsav et le premier ministre, Ehud Olmer . Car, si la démocratie est chancelante avec Netanyahou, jusqu’à nouvel ordre, Israël est encore un État de droit.

 

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11 avril 2019

LE SAVIEZ-VOUS ?

Partant aujourd'hui en voyage, je vous donne dès maintenant ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                        Une idée reçue, difficile à extirper de la pensée collective : le lobby juif aux Etats-Unis est puissant et impose sa volonté au gouvernement américain, dès qu’il s’agit d’Israël. Connue sous l’appellation AIPAC, American Israël Public Affairs Committee, l’organisation a reçu récemment le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Ce dernier a tiré la sonnette d’alarme contre la montée de forces qui veulent séparer l’Amérique d’Israël. Quelles sont ces forces auxquelles Netanyahou fait allusion ?

 C’est la majorité de la communauté juive américaine qui ne s’enthousiasme guère de l’alignement du président Donald Trump sur la ligne politique du premier ministre israélien.

  Aucun président américain, depuis la reconnaissance de l’État hébreu par Harry Truman en 1948, n’a autant fait pour Israël. Mais pour l’électorat juif américain, au

Trois-quarts démocrate, trop c’est trop. Profondément impopulaire auprès d’eux, Donald Trump, lors d’une célébration de Hanoukka, la fête des lumières, en décembre dernier, a choqué les représentants de la communauté juive américaine en désignant Israël comme leur « Pays », eux qui rejettent toute idée de double allégeance. Si la vieille génération avait eu une vision idéalisée d’Israël, ce n’est plus le cas, surtout chez les jeunes, très libéraux et dont le taux de mariages mixtes frise les 50%.

  Immigrés, comme tous les arrivants, ils se sont assimilés au Nouveau Monde sans regrets de l’ancien. Comme tous les immigrés en terre américaine, ils sont avant tout Américains et ne veulent aucune ambiguïté sur ce point. Longtemps ils ont été indifférents, voire hostiles au sionisme. Ceux qui soutiennent Israël le font comme les francophiles la France, les anglo-saxons le Grande Bretagne ou l’Irlande.

 La politique d’occupation et d’annexion du gouvernement de Netanyahou à l’égard des Palestiniens, a progressivement fait évoluer vers une critique franche, la majorité des juifs américains.

  Aux Etats-Unis, les juifs conservateurs ou réformés rejettent le monopole du rabbinat ultra-orthodoxe sur les mariages et les conversions, la loi proclamant le caractère juif de l’État, les entraves mises en place à l’égard des juifs conservateurs ou réformés, à venir prier au Mur des lamentations.

 Ils reprochent à Netanyahou ses alliances contre nature avec des dirigeants « autoritaires », souvent accusés d’antisémitisme. Ils sont convaincus que c’est  la politique actuelle du gouvernement israélien qui a terni l’image d’Israël, entre autres, auprès d’eux.

  On est loin d’un lobby monolithique juif aux Etats-Unis en faveur d’Israël.

On constate aujourd’hui un véritable divorce entre  l’État hébreu et la diaspora juive américaine.

  Dana Milbank du Washington Post écrit : « Nous ne subissons pas la menace quotidienne du Hamas ou du Hezbollah, mais si la réponse est l’ultranationalisme et l’apartheid, les Israéliens doivent savoir que nous ne pourrons pas les soutenir. »

  Laissons le rabbin Steven Wernick, chef du judaïsme conservateur au Etats-Unis, qui vient d’écrire au gouvernement israélien, de conclure : « On ne peut plus parler de fossé entre Israël et la diaspora, maintenant c’est un canyon. » 

 

 

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05 avril 2019

IL Y A DEUX CENTS ANS, KARL MARX

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi:

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   « Il y a un Juif derrière chaque tyran, tout comme il y a un Jésuite derrière chaque Pape. En réalité, les espoirs des oppresseurs seraient vains et la guerre pratiquement impossible s’il ne se trouvait quelque Jésuite pour endormir les consciences et quelque Juif pour faire les poches. »

Qui a écrit cela ? Adolph Hitler dans son livre Mein Kampf, Charles Maurras dans ses nombreux écrits nationalistes et racistes, le Grand Mufti de Jérusalem Mohamed Amin Al Husseini, pro-nazi de la première heure ? Que nenni, cest un juif, Karl Marx dans un de ses nombreux textes antisémites.

 Malgré une barque plus que chargée, Karl Marx  bénéficie toujours d’une fascination de la part d’une partie des élites intellectuelles et politiques.     Il y a quelques mois, l’Union européenne avait jugé bon de fêter les deux cents ans de Marx.

 Il est toujours instructif de relire Marx dans le texte. 

Ce petit-fils de rabbin, de mère juive, fils d’un converti au protestantisme et lui-même baptisé protestant par son père en 1824, se serait-il empêtré dans la « haine de soi », comme l’écrivait Robert Misrahi, dans un Marx et la question juive, en 1972 ? Ce dernier va jusqu’à l’accuser d’avoir écrit « un des ouvrages les plus antisémites du XIXe siècle 

  Jacques Aron, écrivain érudit et brillant, relève pour sa part, des erreurs de perspective et de jugement, des anachronismes et des contresens dans l’article de Misrahi. Attribuer au jeune Marx un antisémitisme de fond relève, écrit-il, d’un détournement de sa pensée. 

On pourrait objecter que Marx s’attaque ici aux Juifs non pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils font. Cependant pour le lecteur attentif, il est impossible d’ignorer que nulle part, la distinction n’est établie. L’article de Karl Marx est à l’image de la pensée marxiste, une suite de généralisations grossières et d’amalgames douteux. Au détour d’une phrase, on devine que Marx tient particulièrement en horreur la religion (juive, en l’occurrence), qu’il reproche à certains financiers des pratiques inacceptables. Mais en fait, c’est bien à l’activité économique, supposée de toute une catégorie de population, qu’il s’en prend, sans jamais envisager l’idée que tous les Juifs de son époque ne sont pas des financiers, petits ou grands.

Mais alors, Karl Marx n’avait-t-il pas le droit comme tout un chacun de dénoncer une profession et ceux qui la pratiquent ? En tant que libéral on serait tenté de répondre par oui, mais le contexte, ici, est essentiel. Si Marx n’a pas vécu assez longtemps pour assister au génocide des Juifs à partir de 1941, l’historien cultivé qu’il était, ne pouvait ignorer les persécutions dont ils avaient été victimes à travers l’Histoire.

On peut d’autant moins en douter, que l’article cité plus haut, mentionne l’expulsion des Juifs d’Espagne puis du Portugal pour expliquer leur arrivée massive en Hollande. Étant donné que Karl Marx n’a jamais fait mystère de la nécessité d’une violence physique, pouvant aller jusqu’à la mort, pour combattre ses ennemis désignés, on peut difficilement lui pardonner ces diatribes haineuses, dont se délecte encore, l’extrême-gauche.

 

Nul courant de pensée n’est exempt de contradictions ou d’ambiguïtés occasionnelles de la part de ses chefs de file : à ce titre on peut citer les conseils économiques de Milton Friedman, les positions pro-coloniales d’Alexis de Tocqueville concernant l’Algérie, ou plus récemment les positions de plus en plus violentes d’intellectuels qui se qualifient encore de libertariens, tels Hans-Hermann Hoppe.

Fort heureusement, le mouvement libéral, dans sa grande majorité, a un sens de la nuance plus développé que le mouvement marxiste. Pas question ici de se diviser en deux camps : les amis de la liberté qui souscrivent à toutes les thèses des auteurs canoniques, et les traîtres qui osent s’en détacher ou émettre des critiques. Le libéralisme n’est pas une religion et ses défenseurs doivent éviter de se créer des idoles et de suivre aveuglément toutes leurs positions, surtout si celles-ci contredisaient des principes moraux fondamentaux.

 Tout n’est pas à jeter dans la pensée marxiste, et son influence constante et durable, devrait nous inspirer de l’humilité et nous questionner plus sérieusement, sur ce qui peut faire son attrait dans le monde d’aujourd’hui. Si on ne voit rien à sauver dans les écrits économiques de Marx, son approche de la sociologie n’est pas sans intérêt. On peut relire Marx, en débattre, mais cela n’autorise pas à le glorifier en dépit de ses positions antisémites et de l’influence mortifère que sa pensée a eu sur des régimes politiques les plus meurtriers du siècle passé.

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03 avril 2019

Hier 2 avril

Hier, 2 avril. Lointain et triste souvenir. Le 2 avril 1974 s'éteignait en fonction de Président de la république française, Georges Pompidou, vaincu par la maladie. Je vous rappelle son souhait: "Les peuples heureux n'ayant pas d'histoires, je souhaiterais que les historiens n'aient pas trop de choses à dire sur mon mandat".
Mais beaucoup se souviennent d'un mandat où la France était heureuse, sereine et fière.

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31 mars 2019

LA TRADITION INSURRECTIONNELLE DE LA FRANCE

Les événements du samedi continuent. Je vous propose une réflesion à ce sujet:

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     Le respect de la légalité est un héritage de la révolution française de 1789, tout comme la tradition insurrectionnelle.

 Depuis, tout au long de son histoire, le peuple de France a entretenu un rapport ambigu avec la violence populaire, la contestation du pouvoir, pourtant exercé par ceux que la majorité a désigné, conformément à la loi républicaine.

  Les évènements qui chaque samedi, font la une des médias, montrent les limites du droit à manifester. La France vit actuellement une véritable crise de la démocratie représentative. Hommes et femmes sont libres de s’exprimer et de donner le sens qu’ils veulent à leur vie, mais engagent leur responsabilité individuelle à l’égard de ceux qui ne s’expriment pas et ne partagent pas forcément les mêmes objectifs. Cette atteinte à autrui devient intolérable quand elle s’accompagne de violence et de dégradation de biens privés ou communautaires. Cet excès de liberté menace de faire disparaître la volonté politique. La revendication par ceux qu’on appelle « les gilets jaunes » du droit de manifester sans contrainte, met à mal l’ordre public, qui est la responsabilité première de tout gouvernement.

 On ne peut pas tolérer l’utilisation abusive des droits de l’homme par une minorité agissante qui n’hésite pas à recourir à la violence. Ils opposent aux élus majoritaires, la légende de la démocratie directe. 

L’abolition des privilèges a ouvert les emplois au plus grand nombre. Aujourd’hui, c’est la valeur personnelle qui est le critère principal de distinction et non plus la naissance. Dans la mesure où tous les citoyens sont égaux en droits et en devoirs, c’est leurs talents qui vont faire la différence. C’est le travail et ses récompenses qui vont et doivent tirer vers le haut le citoyen. L’ascenseur social n’est pas un droit, mais un aboutissement. L’égalité des chances ne veut pas dire égalité des conditions de vie.

 L’émulation, l’affrontement des talents, permettent l’émancipation des individus par le travail et l’effort. Inverser le système, sous prétexte d’une égalité illusoire, amènerait à récompenser ceux qui ne le méritent pas.

  En France, le sport favori est la haine des riches. Un paradoxe pour un pays qui est le plus grand détenteur d’or privé du monde. Mais le français frondeur n’est pas à une contradiction près. Il se dit républicain et le magazine le plus populaire et dont le tirage bat tous les records, jusqu’à 850000 exemplaires, est l’hebdomadaire « Point de Vue » qui rapporte par le menu, la vie des têtes couronnées, leur environnement et l’actualité du Gotha. 

Une Nation implique des valeurs essentielles communes. Ceux qui les rejettent se mettent hors de la communauté nationale et ne méritent aucune indulgence pour l’inobservation des règles fondamentales du « vivre ensemble ». La paix sociale est fragile et mérite de nombreux sacrifices, y compris une limitation à la dictature des minorités.

 

 

 

Posté par gabrielbanon à 08:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]