Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

18 janvier 2019

CETTE EUROPE DE L’EST QUE L’UE N’ARRIVE PAS À INTÉGRER

Comme tous les vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire:

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           Ainsi le veut le règlement, depuis jeudi 10 janvier, la Roumanie assure la Présidence tournante de l’Union européenne pour six mois. On ne peut pas dire que cette présidence commence sous les meilleurs auspices.  Le coup d’envoi est un raté pour l’image, aussi bien de la Roumanie que pour celle de la Commission européenne. Bucarest semble vouloir régler ses comptes avec Bruxelles. 

 Jeudi, l’ambiance était électrique et les contorsions nombreuses, entre dirigeants européens et officiels roumains. À l’Athénée roumain où avait lieu la cérémonie d’ouverture de la présidence, les mises en garde se sont succédées de part et d’autre.

 Cette présidence exhibe une fracture entre l’Ouest et l’Est, que d’aucuns ne voulaient ni voir ni prévoir. Poussée vers l’Est par un Royaume-Uni travaillant pour autrui, Bruxelles s’est lancée dans un élargissement vers les pays de l’Est, avec comme corollaire, l’intégration dans le pacte atlantique : l’OTAN.

  Avec la fin de la guerre froide ( ?) et l’implosion de l’URSS, Bruxelles avait banni de son vocabulaire les qualificatifs comme « Europe de l ‘Est, « Europe orientale » ou encore « Europe centrale ». Il n’y avait plus que des États indépendants, de retour au sein de l’économie libérale et de l’Union européenne, pays des droits de l’homme. 

  Dans une Union, il faut tendre à avoir des agendas harmonisés et non divergents. L’Union européenne pensait apporter aux nouveaux arrivants tous les bienfaits, parfois illusoires, de la démocratie et de l’État de droit. Pour les nouveaux arrivants, c’est d’abord une protection contre le grand voisin de l’Est, l’Ours sauvage et revanchard, et un rattrapage économique à la sortie d’un long sommeil soviétique, qui étaient attendus. 

 L’espoir d’une Europe homogène, dont tous les membres partageraient les mêmes normes et devoirs, s’est rapidement évanoui. Intégrer l’Europe de l’Est sans prendre en compte ses identités culturelles, son profond attachement à la religion chrétienne,  ses craintes géopolitiques, aura été une erreur majeure des stratèges de bruxelles. 

  La crise des migrants a fait découvrir aux dirigeants de l’Union, une Pologne toujours catholique, une Hongrie et une Roumanie très attachées à leur identité si marquée et à une culture qui met au second plan les libertés individuelles. Les trois partagent le sentiment d’être traités par Bruxelles de citoyens de seconde zone. Ils sont restés, vraisemblablement, imprégnés de leur ancienne culture communiste.

  Chance ou handicap, les pays de l’Est ont été longtemps « protégés » des mélanges ethniques par le rideau de fer soviétique. De ce fait, ils sont les plus sensibles des européens à la fragilisation identitaire. Ceci explique leur refus de recevoir une immigration arabe ou africaine.

Au libéralisme, ils opposent « l’ordre moral » et la défense des valeurs traditionnelles. Depuis leur départ du carcan soviétique, ils sont pour la première fois, libre d’affirmer une politique étrangère indépendante.

  Si l’Union européenne n’arrive pas à concilier les aspirations de l’Europe de l’Est avec celles des européens de l’Ouest, à concilier les approches géopolitiques des uns et des autres, alors se reconstruira de nouveau un mur d’incompréhensions, pouvant mener à l’implosion de l’Union.

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11 janvier 2019

RÉPONSE À UNE MINISTRE ISRAÉLIENNE IGNORANTE

Aujourd'hui, vendredi, je ne vous propose pas une chronique, mais un "coup de gueule" sur un sujet qui m'est cher, le conflit israélo-palesrtinien.

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    Certains israéliens, en particulier madame Gilda Gamliel, ministre israélienne de l’Égalité sociale , devraient connaître un peu mieux l’histoire des juifs dans les pays arabes, ou tout au moins, au Maroc.

Que madame Gamliel réclame la somme « respectable » de 250 milliards, au titre d’indemnisations pour les juifs chassés de sept pays arabes, dont le Maroc, l’avenir nous dira si ce montant représente une quelconque vérité. Mais inclure le Royaume Chérifien, c’est faire preuve d’une ignorance crasse des réalités marocaines.

  L’Histoire a retenu que feu Hassan II a autorisé le départ des juifs du Maroc à son corps défendant. Durant tout son règne, il a caressé le rêve d’un retour au pays, d’au moins une partie de ceux qui avaient répondu à l’appel et à l’organisation de l’Agence juive. Il avait nommé à cet effet un ministre juif, ambassadeur itinérant, pour maintenir le contact avec ceux qu’il considérait toujours comme des citoyens du Royaume. Nomination qui a été reconduite par Sa Majesté Mohamed VI, assurant ainsi une continuité dans l’attention constante du Trône à l’égard des citoyens marocains juifs.

Il est peut être été intéressant de rappeler à madame Gamliel que feu sa majesté Mohammed v, durant la deuxième guerre mondiale, s’est opposé à la déportation des juifs marocains que lui réclamait le gouvernement de Vichy.

L attitude de la monarchie marocaine (sur trois générations de suite : Mohammed V , Hassan ll, Mohammed Vl )  a toujours essayé de préserver ceux qu’elle considère comme des « marocains à part entière. »

Maintenant, pour parler d’une spoliation éventuelle, si jamais elle a existé, ce dont il est permis de douter, elle n’a put être alors, que du fait des services de la Communauté juive. 

Il faut savoir que la loi marocaine prévoit que si un bien tombe en déshérence, ce bien revient de droit aux Habous, administration qui gère les biens nationaux.  SAUF, sauf si ces biens sont identifiés « Juifs ». En effet, de par une décision royale, ces biens reviennent alors à la Communauté juive.

  Après le départ de la majorité des juifs du Maroc, leurs biens ont été et sont, à ce jour, protégés. Certains propriétaires immobiliers, juifs émigrés, viennent régulièrement au pays, inspecter terrains et villas, leur appartenant.

Aucun pays, notamment du monde arabe n’a autant respecté les biens de ces citoyens émigrés, je dirais surtout si ils sont juifs.

 On comprendra donc que l’on s’insurge qu’un ministre ignare des réalités marocaines,  inclus le Maroc dans ce qu’il appelle « une spoliation » des juifs émigrés en Israël.

La recherche d’une paix et d’une réconciliation d’Israël avec le monde arabe, passe par une connaissance de l’Histoire et une volonté de rechercher, de bonne foi, ce qui rassemble et non ce qui provoque.

 

 

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04 janvier 2019

QUE SERA LE MONDE DE DEMAIN

Voici ma première chronique de 2019. C'est en quelque sorte un bilan prévisionnel qui s'imposait en ce début d'année.

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                   Demain, c’est déjà aujourd’hui. L’accélération du développement des nouvelles technologies, l’arrivée dans la vie de tous les jours de l’intelligence artificielle, les transferts de populations d’origines diverses, la démographie, tantôt déficitaire, tantôt exponentielle, transforment sous nos yeux, notre environnement et nous-mêmes, sans pour cela, interpeller ou faire réfléchir nos gouvernants.

Ces politiques, aveuglés pour les uns par leur désir de réélection, pour d’autres par la défense farouche de leurs diverses prébendes, gardent le nez sur le guidon et ne prennent pas le temps nécessaire à regarder au loin où nous mène ce nouveau chemin de la vie. 

La mondialisation qui ne concerne pas seulement l’économie, mais tous les aspects de notre vie, les us et coutumes, a montré ses limites. La jeune génération illustre parfaitement cette évolution par son adaptation à un monde nouveau, où elle est née. La plupart des nouvelles technologies n’ont pas de secret pour elle. Qu’ils soient européens, américains, asiates, africains ou arabes, ils sont avant tout à l’avancée de l’évolution de notre société.

Pendant ce temps, les hommes politiques, leurs partis et leurs gouvernements, mènent, depuis des décennies, des batailles d’arrière garde. Ils sont tétanisés par le sentiment de déclin, vivants dans les gloires passées, fidèles aux frontières, matérielles ou spirituelles, dépassées. Ils sont à la recherche d’une identité perdue, malade de la nostalgie des années « des lumières ».

Occupés à défendre l’indéfendable, à gérer l’ingérable, ils ne voient pas que le monde en marche a pris le large, rendant caduc leurs préoccupations d’aujourd’hui.

La robotique, l’intelligence artificielle, annonçant l’arrivée des Humanoïdes dans notre vie de tous les jours, rendent pathétiques ces batailles du code du travail et posent la question, bien plus brulante, de la place de l’homme dans la création des richesses. Nous assistons à une véritable révolution dans le monde du travail, comme dans les formes de nos sociétés humaines.

Pendant que les Européens débattent du sexe des Anges, de la gestion des « Migrants », de la maîtrise des flux financiers, l’Asie accentue son avance dans le domaine des Humanoïdes, et les Etats-Unis dans la recherche de « l’Homme Augmenté »

Cet homme augmenté, pour vivre plus longtemps, se répare comme une vulgaire machine. Il utilise des prothèses reliées au système nerveux. Son corps de mortel est remplacé, organe par organe, au fur et à mesure des besoins, par des pièces de machine, y compris le cœur.

La Californie est devenue la terre de prédilection de tous les apprentis sorciers du futur. Ils y travaillent avec des moyens considérables.

Des usines sans ouvriers, des armées sans soldats, ces utopies sont déjà des réalités.

L’usage des sciences et techniques, à savoir, l’intelligence artificielle, la robotique et les biotechnologies, peut améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Cette évolution est perçue comme une continuité de l’ère industrielle et postindustrielle. Elle aboutie à  « l’Homme augmenté » avec plus de mémoire, une meilleure vue, un système nerveux plus efficace et l’ignorance de la douleur. 

L’armée américaine dispose d’ores et déjà de MAARS, un robot téléguidé qui peut ouvrir des portes, poser des explosifs, soulever des objets, voir de nuit, détecter la chaleur et tirer à vue. Il pourrait, dans un proche avenir, remplacer le Marine traditionnel, avec l’avantage que, contrairement à un GI, il ne saigne pas.

Pendant que les appels  à sauver la Planète se succèdent, que l’affaire mobilise nos Chefs d’Etat autour des sautes d’humeur du Climat qui n’engagent que ceux qui y croient, la Recherche avance à une vitesse exponentielle, laissant nos dirigeants muets ou dubitatifs.

Des générations vont être sacrifiées, si nous ne procédons pas aux réformes qui s’imposent. L’enseignement, la formation continue et la recherche doivent être la priorité absolue de tous les gouvernants. Sinon, nous auront un chemin parsemé de Jacqueries et un monde de plus en plus nombreux laissé sur le bas-côté de la route.

Le transhumanisme, qui est la troisième révolution industrielle, émane du numérique, des nanotechnologies, des biotechnologies et de l’intelligence artificielle. Elle va bouleverser nos vies, l’organisation du travail, l’armée et l’approche des relations internationales.

Le monde sera dominé par les pays qui auront mis l’Enseignement et  la Recherche en tête de leurs priorités.

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02 janvier 2019

2018 S’EN VA, 2019 EST LÀ

Voici ma chronique du Nouvel an :

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                         L’année qui vient de se terminer, a été pleine de catastrophes, naturelles et humaines, pleine de conflits, armés ou non, commerciaux ou diplomatiques..

Les attentats et les drames se sont succédés, dans un sentiment d’impuissance et de fatalité.  On a parlé beaucoup, à juste titre, des morts, mais on a été peu disert sur les centaines, voir les milliers de blessés, traumatisés et pour certains, handicapés à vie.

Pouvons nous, nous habituer à la comptabilité morbide des morts, qui finissent par devenir des chiffres, faisant disparaître l’Humain. Victor Hugo avait qualifié l’année 1871 « d’année terrible », peut-on le dire de 2018 ?

La guerre continue en Afghanistan, au Yémen, malgré les trêves sans cesse violées, en Syrie, au Soudan, en Somalie. L’année écoulée a vu la poursuite de conflits qui perdurent avec leurs victimes et destructions. La liste est longue, on peut citer l’insurrection du groupe Boko Haram qui s’étend du Nigéria au Cameroun et au Tchad, les djihadistes qui mènent une vraie guerre à l’armée égyptienne au Sinaï,  l’insurrection Moro aux Philippines.

 La guerre froide menée par Washington à la Russie empoisonne les relations internationales et pousse Moscou dans les bras de Pékin.

La sortie du Royaume Uni de l’Union européenne, apparemment sans accord, va faire de celle que le général De Gaulle appelait « la perfide Albion » une puissance de seconde zone, après avoir régner sur les mers et une grande partie du Globe.

Malgré les rodomontades et les coups de menton de Donald Trump, l’Amérique poursuit son déclin et la Chine son essor. 

Si l’année 2016 avait donné un coup d’arrêt à la mondialisation, les populations tenant à leurs racines, l’année écoulée a confirmé le retour en force du communautarisme.

Les conflits ont continué de plus belle, avec leurs cortèges de drames, de populations jetées dans l’errance, ne gardant comme tout bagage, que le souvenir de leurs morts. 

Les terroristes n’ont pas chômé, drapés dans la défense d’une religion qu’ils bafouent et dénaturent. Ils ne peuvent prétendre qu’ils tuent et massacrent au nom de Dieu, lorsqu’ils tuent et massacrent au nom de la Haine et du rejet de l’autre.

Le Moyen Orient, orphelin des Etats-Unis, se cherche et se déchire, l’irrationnel ayant pris le pouvoir, a livré le monde arabe à ses démons.

La Russie en devenant une force, militaire et diplomatique, incontournable, a effectué son grand retour dans le concert des Nations.

Le monde est devenu de plus en plus imprévisible et incertain. Les avancées technologiques, l’irruption de l’intelligence artificielle dans la vie de tous les jours, a provoqué une révolution aussi bien dans les relations sociales que dans le monde du travail. Au moins une génération va être sacrifiée, du fait de la disparition du travail musculaire au profit de l’intellect. Malheur à ceux qui ne sont ni formés ni adaptés aux nouvelles techniques. Oui, le monde change, et les gouvernants ne semblent pas en avoir pris la mesure. 

 Les Etats européens, avec des nouvelles têtes, et le départ du Royaume Uni, vont-ils innover dans leurs relations avec les trois grands, USA, Russie et Chine.

On a droit d’espérer une heureuse surprise dans le conflit israélo-palestinien. Les Etats arabes vont continuer à s’entre-déchirer par acteurs interposés et 2019 ne verra pas la fin de la lutte de leadership entre Sunnites et Chiites.

Quand à la Suisse, elle continuera d’être un ilot envié de calme relatif, au milieu d’un monde  pour le moins perturbé.

 L’Afrique continuera à être un continent d’avenir, où il sera bon d’y investir, mais bénéfique, quand ? L’immigration n’aura aucune solution pérenne, tant que les pays développés n’auront pas décidé d’investir massivement dans les États africains sinistrés. Cela ne serait qu’un rendu pour beaucoup de ‘donner’.

Quand à nous, hommes de bonne volonté, nous continueront à tailler la pierre brute, car la perfection est toujours pour demain.

Bonne Année à tous mes frères, mes cousins et aux autres. Je vous souhaite une année heureuse et pleine de satisfactions.

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28 décembre 2018

LA RÉVOLTE DES MANANTS

Paris, décembre 2018,

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi :

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                     Depuis la nuit des temps, les sociétés successives ont toujours gravité autour des nantis, des privilégiés et des dépositaires du pouvoir. Pendant des siècles, la suprême autorité était de droit divin et son premier cercle, la classe supérieure. Les peuples étaient soumis aux Rois, Empereurs et chefs héréditaires, sans qu’ils ne fassent l’objet d’aucun rejet. Chacun avait ses satisfactions et sa forme de bonheur. Le savetier avait la noblesse de son métier et le noble l ‘avantage de sa naissance.

 Depuis, l’information et l’éducation a relégué les us et coutumes dans le tiroir des oubliés.

Depuis, il y a eu la révolution française qui remit en question l’organisation de la société et demandé « qui t’as fait roi ? ».

Depuis, le développement, les nouvelles technologies, ont mit fin au travail musculaire et donné la priorité à l’intellect. Ce n’est plus une révolution de classes, mais une transformation de la société à laquelle le monde s’adapte non sans mal.

Aujourd’hui, le vieux monde, jugé résiduel et folklorique, inadapté et inadaptable à la mondialisation, se rebiffe. Les laissés-pour-compte se rappellent au bon souvenir des élites et des nantis. La télévision, cette lucarne impitoyable, leur fait vivre un monde féerique auquel ils n’ont pas droit. Pourquoi ? demandent-ils. Ils seront de plus en plus, un peu partout dans le monde, à poser la question : Pourquoi pas moi ?

Le pouvoir a donné la priorité aux nouvelles minorités identitaires, nées de la déconstruction des normes traditionnelles. Si de grands pans de la société n’acceptent pas de s’y dissoudre, il ne sont pas pour autant indignes de solidarité.

Comme l’a déclaré récemment Frédéric Beigbeder : «  Le nouveau monde, je n’y comprends pas grand-chose. Je suis en train de voir chaque jour disparaître tout ce que j’aime. » Le monde change et laisse une partie sur le bas-côté. Ces inadaptés seront de plus en plus nombreux et exigeront leur part du « gâteau ». La peur du déclassement, la puissance de l’argent qui échappe aux nations, ont tout emporté. Ils veulent exister encore, reconnus, dans un univers atomisé, où les individus ne sont plus que des rouages anonymes d’une machine aveugle et emballée. C’est ce désordre là qui a enfanté les jacqueries auxquelles nous assistons.

 Ces mouvements viennent de loin. Ce ne sont pas des simples révoltes fiscales ou des luttes pour le pouvoir d’achat. C’est l’expression d’un malaise face aux changements de la société et du monde du travail. Cette évolution  crée des barrières et de la distance. Elle développe inéluctablement le sentiment d’être abandonné. Au-delà des revendications économiques, c’est leur mode de vie que ces oubliés défendent.

Une partie de plus en plus grande des territoires en Europe, se dérobe aux cultures des pays d’accueil. Il ne faut pas penser que seules les revendications salariales justifient les mouvements des foules. Ils sont aussi la traduction d’une défense d’identité profonde.

Il ne faut pas croire que l’Histoire se répète, elle suit inexorablement son chemin.  

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21 décembre 2018

L’ILLUSION DES ALLIANCES AVEC L’AMERIQUE

Voici ma dernière chronique de l'année. Je vous donne rendez-vous le vendredi 4 janvier 2019.

Je souhaite à mes amis et les autres, une bonne et heureuse année. Joyeuses fêtes de Noël pour nos cousins du Livre.

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    Il n’y a pas longtemps, Washington tresser des lauriers à leurs alliés, les Kurdes de Syrie. Ces mêmes Kurdes à qui le dictateur turc, Erdogan, promet de les effacer de la carte. La présence des militaires américains empêchait jusque là, le massacre de ceux qui ont combattu vaillamment et font parti des artisans de la défaite de Daech.

  Donald Trump, contre l’avis de ses généraux, vient d’ordonner le retour à la maison des « Boys ». Calcul électoral, changement de pied pragmatique, vraisemblablement les deux à la fois.

  Il est toujours payant de voir rentrer pour Noël, les enfants du front. Tant pis pour les utopistes. Utopie de croire à la réalité des alliances avec la première puissance du monde. Illusion de croire au parapluie atomique pour les pays de l’Europe de l’Est. Illusion encore pour le Japon qui fait de son alliance avec les Etats-Unis, la pierre angulaire de sa politique étrangère. Jamais Washington ne courrera le risque de recevoir une contre-attaque atomique sur son sol.

Par ailleurs, dans son bras de fer avec l’Iran, Trump a besoin de la Turquie. Au diable l’éthique, la morale et la démocratie. « América first » mérite qu’on foule aux pieds, les règles élémentaires de la démocratie, les droits de l’Homme et les alliances. Les alliances avec l’Amérique sont faites pour être trahies, au gré des intérêts du moment.

Le retrait américain de Syrie, ouvre la voie à la Turquie. La décision de Donald Trump de retirer ses troupes du nord du pays, laisse le champ libre à Erdogan pour une nouvelle offensives contre les Kurdes. ll est vrai que nous sommes en Orient, et les alliances en Orient sont volatiles. Il est une permanence dans l’histoire, les Kurdes sont toujours sacrifiés sur l’autel du realpolitik. 

Donald Trump vient d’asséner un sale coup pour ceux qui ont servi de fantassins dans la lutte contre Daech.

Il y a,  à l’évidence, un « deal » de Washington avec Erdogan, scellé par l’achat des missiles Patriot.

  Ce retrait va confirmer, si besoin était, le rôle majeur de Moscou dans la région. Vladimir Poutine reste le maître du jeu politique, avec l’Iran comme assistant.

Cette décision brutale montre , encore une fois que l’Amérique peut traiter ses alliés avec cynisme, comme de vulgaires supplétifs. Ses cris d’orfraie devant la récupération de la Crimée par Poutine, n’ont pas fait oublier l’équipée de l’armée américaine au Panama. Washington est parti chercher, manu-militari, le président Ortéga, dans son palais présidentiel, comme un kleenex qui ne servait plus. Comme les Kurdes, les alliés des américains sont souvent de la chair à canon qu’on laisse tomber quand elle a fini de servir.

À bon entendeur, salut !

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14 décembre 2018

SIGNATURE

Mardi prochain, 18 décembre à 19 heures, je signerai et présenterai mon livre "CLÉS DE GÉOPOLITIQUES" à la librairie du Maarif "Au Carrefour du Livre ".

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ONU : LA TARTUFERIE DU PACTE MONDIAL SUR LES MIGRATIONS

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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     Lundi dernier, malgré les tensions, a été signé « formellement » à Marrakech, Le Pacte mondial des Nations Unies pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Quel euphémisme ! Les Nations ne se sont pas unies pour signer ce pacte. Plusieurs pays, et non des moindres, ont annoncé ne pas y souscrire. La France, au nom des droits de l’Homme, le soutient par une volonté présidentielle.

Ce pacte, qui a été approuvé en juillet dernier par l’Assemblée générale, a eu largement la majorité nécessaire, à l’exception de plusieurs irréductibles, notoirement les Etats-Unis. 

 L’objectif est d’encadrer des migrations jugées inéluctables. Tout ceci dans l’utopie de construire un monde sans frontières. Les populations des pays d’accueil doivent considérer les migrants comme un enrichissement de leurs sociétés grâce à ‘leurs capacités humaines, économiques et sociales’ (sic).

 D’un angélisme déroutant, il ressemble plus à une liste de vœux pieux, renvoyant le lecteur à l’engagement scout de la BA (bonne action) journalière.

Le pacte prévoit la création d’un site internet permettant aux candidats à l’exil forcée ou alimentaire, de connaître toutes les options migratoires possibles ! Il souligne l’obligation faite aux États de porter secours aux migrants empruntant les itinéraires dangereux.

Le paradoxe est que l’on a convoqué 193 pays pour parapher un pacte mondial, qui n’est pas juridiquement contraignant et qui invoque la souveraineté nationale comme principe directeur. Il réaffirme, en effet, le droit souverain des États à déterminer leur politique nationale en matière d’immigration, et leur prérogative de régir l’immigration au sein de la sphère de compétence nationale.

Donald Trump n’est pas seul, dans cette opposition à un texte jugé dangereux ( ?). Outre ses alliés inconditionnels, Israël et l’Australie, on relève : la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie qui ont annoncé qu’ils ne signeront pas. Il a provoqué l’explosion du gouvernement belge. La Suisse a souhaité plus de consultations internes, comme l’Italie, la Belgique ou la Bulgarie. Pourtant, ils avaient là, une occasion de montrer leur humanisme à peu de frais. Seul Emmanuel Macron, le président français, a pris la perche tendue pour déclarer : «  les solutions qu’il propose (le pacte) vont exactement dans le sens, à la fois des valeurs de l’Europe, et des intérêts de l’Europe. » Pas sûr, monsieur le Président, le pacte, dans son objectif 17 demande : éliminer toutes formes de discriminations, condamner et contrer les expressions, actes et manifestations de racisme, de violence, de xénophobie et d’intolérance envers les migrants… sensibiliser et informer les professionnels des médias sur les questions migratoires et la terminologie adaptée, priver de subventions ou d’aide matérielle tous les médias qui promeuvent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et d’autres formes de discrimination à l’égard des migrants, le tout, en plein respect des médias.

 L’objectif est tout simplement de museler les médias politiquement incorrects, dans le plein respect des médias, bien sûr !!

  Ces hommes qui risquent leur vie pour éviter la mort, la guerre ou la misère dans leur pays, méritent mieux que ce texte qui cherche à donner bonne conscience aux nombreux donneurs de leçon, lovés tranquillement dans les fauteuils des tables de conférences.

 Personne n’abandonne sa maison, son quartier, son pays de gaité de cœur. Les conditions de vie n’y sont pas réunies. C’est là que doivent porter les efforts de la communauté internationale : aider ces pays à se développer et créer les conditions nécessaires pour garder leurs enfants. Nous n’avons pas à sécuriser les circuits des passeurs, encore moins leur faire de la publicité dans un site dédié. Nous devons déployer tous nos efforts pour mettre fin aux nombreux conflits qui sévissent dans les pays des migrants.

  Avant d’installer un tel pacte, il y a un travail énorme d’explication et d’information à faire auprès des populations.

 Ce pacte n’apporte aucune réelle solution aux problèmes des migrations qu’il prétend régler.

 

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30 novembre 2018

L’INDÉCROTABLE JAPON XÉNOPHOBE

vendredi, jour de ma chronique politique hebdomadaire

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        La gestion de ce que l’on appelle aujourd’hui, l’affaire Carlos Ghosn, évoque sans conteste, la xénophobie toujours présente au Japon.

Déjà en 2005 et récemment, l’ONU dénonçait la persistance de la xénophobie au Japon.

Elle lui reproche, encore à ce jour, une politique d'immigration restrictive, un accueil frileux des réfugiés politiques — une dizaine par an — et l'absence de loi condamnant la discrimination raciale et la xénophobie. Il est notoire que le Japon n'a pas bonne presse en matière de droits de l'homme. Ses voisins, Corée, Vietnam, Philippines et Chine, ont eu à connaître l’inhumanité du Japon, lors de la dernière guerre mondiale. Ils lui vouent une cordiale inimitié, pour ne pas dire haine, jusqu’à présent. 

Longtemps ambassadeur du Japon, un peu partout dans le monde, Carlos Ghon donnait au monde l’illusion d’un Japon ouvert à la coopération et aux investissements étrangers. Aujourd’hui, Ghosn devient la contre-publicité du pays du Soleil-Levant. La chute du héros de l’industrie automobile japonaise, intervient dans un mauvais moment pour  le Japon. Ce dernier s’efforce actuellement, à mettre en valeur l’attractivité de l’archipel pour les investisseurs étrangers.   

  La promotion en cours pour attirer ces investissements directs dans le pays, a maintenant du plomb dans l’aile. Quatre pour cent de l’économie nipponne, voilà ce que représente l’étranger contre 34% par exemple en France.

  Ce 19 novembre, la justice japonaise a donc mis fin au rôle d’homme-sandwich, qu’était Carlos Ghosn pour l’image du pays à l’étranger. En quelques heures, sur la base de charges encore incertaines, a été jeté en prison l’entrepreneur, adulé quelques heures plutôt, par les mêmes citoyens. Aucun chef d’entreprise japonais n’a jamais eu à subir un tel traitement. Les scandales n’ont pourtant pas manqués. Ces scandales mettant en cause des entreprises japonaises, n’ont pas eu le même retentissement judiciaire. L’affaire des comptes truqués de Toshiba avec une fraude estimée à 1,1 milliard d’euros, à la trappe, aucune arrestation. L’affaire Takata dont les produits ont provoqué la mort de 15 personnes, à la trappe, aucune poursuite. Certains des hommes d’affaires étrangers, installés à Tokyo, osent y voir une xénophobie affichée. Les investisseurs étrangers sont aujourd’hui vendeurs net à la Bourse de Tokyo.

 Force de constater que le Japon, qui reste  encore, pour le moment, la troisième économie mondiale, ne transige toujours pas avec ses traditions. Face à la doxa libérale, il revendique une identité qui fait la part belle au groupe et à l'homogénéité. 

En 2050, l'Archipel nippon aura perdu 30 millions d'habitants et 40% de sa population sera composée de retraités. L'immigration, qui pourrait pourtant compenser le déséquilibre de la pyramide des âges, reste nulle ou quasi nulle. Cela reflète un trait culturel de la société nippone qui se considère, encore aujourd'hui, comme une des seules "races pures" de la planète.

Les japonais veulent rester entre eux et dès lors, se suicident en tant que Nation. À l’horizon 2050, le Japon deviendra une proie facile pour son grand voisin, la Chine. Et le Monde tournera une page !

 

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24 novembre 2018

PLAIDOYER POUR LA FAMILLE

Ma chronique cette semaine, est inspirée par un débat qui agite la France (outre les "gilets jaunes") de la gauche moribonde à l'extrême droite encore sous le choc de la dernière présidentielle.
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  En France, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en septembre dernier, s’est déclaré favorable à l’autoconservation ovocytaire, à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes ainsi qu’à la levée de l’anonymat des futurs donneurs de sperme pour les enfants issus de ces dons. Le CCNE se contredit ainsi avec ses déclarations antérieures, violement contre, victime du « politiquement correct ». Son avis reste muet sur le problème de la filiation d’un enfant né du recours à un don de sperme au sein d’un couple de femmes. On pourrait penser que le CCNE ne considère pas la filiation comme une question de bioéthique. Si la PMA s’ouvre à toutes les femmes, elle impose alors la modification du droit de la filiation.
Le gouvernement français avance avec précaution et ruse de Sioux. Il a mis aux ordres le CCNE, il lui faut maintenant mettre de l’ordre dans sa majorité qui reste divisée sur la question et le fait savoir. Certains campent sur leur position, à savoir, un enfant doit avoir un père et une mère.
En outre, la PMA va conduire, qu’on le veuille ou non, à la Gestion Pour Autrui (GPA), à la marchandisation du corps de la femme.
Il y a longtemps que nous avons compris que le clivage fondamental n’était plus tant entre la gauche et la droite, les partisans de la démocratie et ceux d’une société aristocratique. Il est aujourd’hui entre ceux qui défendent un pouvoir enraciné dans les réalités humaines et les partisans mondialistes d’une humanité déracinée et hors-sol. Ils veulent un être créée ex-nihilo, sans attaches, sans géniteurs, prétendument indépendant. Ces gens là, comme dit Jacques Brel, ces gens là, Monsieur, ne veulent plus que la famille soit la cellule centrale de la société, mais prônent un monde sans racine, asexué, un monde métissé où un chat ne pourra plus retrouver ses petits.
Le paradoxe est que lorsque la gauche rejoint la droite dans ses principes, on dénomme immédiatement le phénomène : Populisme. On constate alors l’adhésion des forces dites « progressistes » à une oligarchie mondiale, noyée dans une mondialisation qui couronne l’anonymat et l’irresponsabilité.
À contrario du réel, le modèle post-moderne nous propose une société de gérants irresponsables, détenant le monopole du pouvoir.
On doit défendre une société construite autour de la famille, donnant à l’enfant un père et une mère. Une famille qui s’épanouit dans une construction sociétale où le pouvoir central et démocratique est soutenu par une véritable élite responsable, un pouvoir s’appuyant sur le peuple, le véritable contre-pouvoir.
 
La famille est la cellule de base de la communauté humaine. Elle peut changer de taille, de visage, elle n’en demeure pas moins essentielle. L’homme et la femme ont besoin d’aimer, d’être reconnus et aimés tels qu’ils sont.
La crise de confiance que traverse la société a souvent pour origine une carence familiale.
Celui qui n’a pas soin des siens, particulièrement de sa famille, est un handicapé du cœur, victime d’un « politiquement correct » subversif.
 
 
 

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