Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

08 décembre 2022

QUAND LA PANNIQUE ETATIQUE CREE LA PENURIE

QUAND LA PANNIQUE ETATIQUE CREE LA PENURIE

La France a peur ! Ce ne sera pas la première fois. Roger Gicquel avait trouvé cette formule magique pour augmenter l’audience. Depuis la France n’en finit plus d’avoir peur.

 Ce journal télévisé mémorable du 18 février 1976, a donné le top à une nouvelle stratégie de communication, voire de gouvernance : faire peur ! 

La peur accompagne les citoyens depuis la nuit des temps, peur de grossir, de vieillir, d’être seul, de ne pas être aimé, et j’en passe. Tout le monde a peur, qu’on le juge, qu’on l’observe, qu’on l’analyse… Comme si le monde entier passait son temps à l’observer et à détailler ses moindres défauts. 

Mais à l’épouvantail narcissique, bien rodé, est venu au fil du temps s’ajouter l’épouvantail chamanique, celui qui vous explique que le naturel c’est bien et que l’artificiel, c’est mal. Rapidement les gourous se sont répandus partout comme les rats dans les jardins publics et les cafards dans les cuisines.

Ils sont omniprésents, lunettes d’intello, cheveux gris, Rolex au poignet, prédisant la fin du monde. Ils expliquent avec une assurance à nulle autre pareille, que si la pluie ne tombe pas, c’est la faute des mangeurs de viande, que les femmes font des enfants, que contraintes et forcées et surtout qu’en fait, le Soleil ne brille pas : c’est un comble !

 Après tant d’années de matraquage anxiogène quotidien, matin, midi et soir, on ne peut pas s’étonner que le gouvernement surréagisse à chaque événement et finisse par devenir l’un des principaux générateurs de la panique.

Le gouvernement français étale ses craintes et les citoyens prennent peur. On a eu droit aux pénuries des masques, des pâtes, de la farine, des œufs, du papier toilette, des bouteilles d’eau, des autotests, de l’huile de tournesol, de la moutarde… aujourd’hui de l’essence et demain de l’électricité. Il est quand même incroyable que la France dont la production électrique ne dépend ni du gaz, ni du pétrole, ni du charbon, puisse être confronté à des coupures d’électricité pour une production insuffisante ?

  Ces pénuries ont, de près ou de loin, pour origine une mauvaise gouvernance et un manque d’anticipation. On fait subir alors les événements aux citoyens au lieu de les maitriser.

  Après avoir cassé les pieds de tout le monde pendant des années sur les dangers de la malbouffe, des allergènes, des produits transformés, etc. le gouvernement français, totalement dépassé, a fini par autoriser les industriels à modifier leurs recettes, mais sans modifier les emballages. No comment !

 La France n’a pas de pétrole, mais elle a des fromages. Il est cependant difficile de remplacer du super sans plomb par un maroilles ou un munster bien fait, bien que les deux sentent à peu près aussi mauvais.

 Après l’apocalypse zombie, l’apocalypse climatique, voici venir l’apocalypse énergétique. Décidément, c’est dur la vie de ministre !

 « Quoi qu’il en coûte », le gouvernement a continué à mettre la main à la poche du contribuable, et a octroyé des remises exceptionnelles par litre d’essence .

Après avoir déclaré Urbi et Orbi qu’il fallait combattre le CO2et les particules fines, après avoir frôlé la guerre civile en ajoutant une taxe écolo sur les carburants à toute la ribambelle de taxes, de surtaxes et de taxes sur les taxes… le gouvernement a finalement décidé de subventionner les hydrocarbures. 

 Tout le monde parle de d'hiver qui commence, de la froidure prochaine, et des problèmes de chauffage avec les prix de l’énergie qui s’envolent. Pourtant il est connu que pour une bonne gouvernance, la prévision est essentielle.

La France ne peut pas se passer du nucléaire grâce à sa batterie de moulins à vent et de petits panneaux solaires. « Fin de l’abondance, des évidences de l’insouciance » a déclaré Emmanuel Macron lors de la réunion de rentrée du Conseil des ministres le 24 août 2022. »

En fait, la pénurie organisée et la peur répandue sont devenus des instruments de gouvernance à Paris.

 Derrière tout cela, il y a la volonté de réformer la FRANCE. Ce qui est impossible en temps de paix devient aisé en temps de simili guerre.

 Macron a développé la STUPEUR chez le citoyen, stupeur qui bloque tout esprit d’analyse.

Grâce à cela l’équipe MACRON aura fait passer :

—-la fin de l’ISF 

—-La relance du nucléaire 

—-le report de l’âge de départ en retraite 

—-la révision du mode de gestion des retraites (capitalisation versus répartition)

—-le passage forcé du moteur thermique à l’électrique 

—-le retour de fait au 39 heures 

—-l’inflation a un taux élevé qui réduit le pouvoir d’achat réel des salariés et retraités.  Inflation qui réduit le %de dettes dans un PIB artificiellement gonflé.

—-l’amélioration du nombre des contrôles policiers et la croissance de l’efficacité judiciaire 

—-la révision de la politique migratoire 

 

Tout ceci aurait été impossible en période normale 

 

 

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25 novembre 2022

L’ECOLOGIE : ILLUSIONS ET TYRANIE

      Lorsque l’écologie devient tyrannique, ses illusions virent au cauchemar. Aucune critique n’est admise, elle est alors considérée comme un crime de lèse-écologie, voir comme un blasphème.

Son champ d’action est tellement vaste, le costume de ses inconditionnels leur devient trop large et le soutien aveugle. Alors la défense devient hargneuse et le mensonge de rigueur.

 

Le dogme écologique est indiscutable devant la certitude béate de ses militants purs et durs, qui se moquent de la réalité et veulent domestiquer les faits. 

Ils nourrissent cette nouvelle religion de slogans et de beaux discours et applaudissent, sans retenue, leurs nouvelles idoles.

Les adeptes de cette nouvelle religion appelés les Verts, sont allergiques à toute pensée divergente et sont satisfaits du discours prémâché, orienté idéologiquement qui leur sert de viatique.

Étaler la réalité sur le nucléaire, démontrer les limites de l’éolien, du photovoltaïque, commenter les difficultés de la géothermie, des bio-carburants, et j’en passe, est irrecevable pour eux. On est aussitôt qualifié de suppôt des lobbies pétroliers et nucléaires. 

On finit par renoncer à introduire dans le débat, de l’intelligence et de la mesure. Pour eux, c’est être payé par le « camp adverse », c’est vouloir saper la cause écologiste qui ne doit pas être confrontée à la réalité !

Il n’y a pas de place à une analyse froide et factuelle des véritables solutions écologiques pour le futur. Leur bête noire, le nucléaire, soulève l’indignation des fanatiques de Mère Nature, nourris d’aigreur et de ressentiment.  C’est faire étalage d’une ignorance crasse du problème nucléaire, l’énergie la plus propre qu’un vert puisse et devrait souhaiter. Mais il ne faut pas faire douter le peuple.

Le mauvais esprit et la mise à mal du dogme écologiste ne sauraient être tolérés par les vaillants défenseurs de la Planète. Le peuple doit être conditionné, abruti par tous ces slogans, car il doit devenir inconditionnel et suivre comme un seul homme, ces adorateurs de la nouvelle Jeanne d’Arc écologique qu’est Greta Thunberg et les nouveaux gourous verts. Quoi qu’il en coutera au contribuable, quoi qu’il en coutera au développement du pays, quoi qu’il en coutera aux conditions de vie des populations, au risque de verser dans le cauchemar de la tyrannie par ignorance et lâcheté. Cette lâcheté va favoriser les tyrans et renforcer les institutions d’écrasement. 

Ce militantisme borné et hystérisé, allergique à l’analyse, évolue avec aisance dans l’écume médiatique qui flatte leur ego et entretient leurs illusions en évitant soigneusement de confronter la réalité. 

L’écologie est recevable à bien des égards, personne ne peut rejeter l’amour de la nature, des oiseaux et des fleurs. Tout le monde, en particulier les parents détestent le gaspillage, surtout par les temps qui courent. Lutter contre l’inflation, la baisse du pouvoir d’achat, l’avenir de nos enfants sont d’autant de sujets mobilisateurs sur lesquels les verts en recherche de « bonnes actions » devraient se pencher. 

Comme je l’ai dit plus haut, l’écologie est devenue une religion pour une nouvelle génération et pour ces nouveaux fanatiques, ceux qui s’y opposent sont des hérétiques. Même nombre de scientifiques reculent devant l’anathème. 

Pourtant, ce n’est pas qu’une querelle d’experts, c’est avant tout une question de fond, un choix de civilisation. L’Histoire nous apprend que l’application aveugle et disciplinée d’ordres et de directives débouche souvent, pour ne pas dire toujours, sur des souffrances incommensurables et des millions de morts…

L’écologie politique qui ne devrait pas exister, est un non-sens qui conduit directement au désastre. 

La grande question, véritable mystère : comment un monde de cauchemar peut-il se mettre en place avec les données d’un monde ordinaire ? Peut-être parce que réside dans la proximité, l’ordinaire et le monstrueux, l’ambiguïté entre le bien et le mal.

 En fait, l’écologie politique est une nouvelle forme de dictature qui impose sa volonté pour accomplir la mission qu’elle s’est elle-même donnée : sauver la planète, y compris au détriment de l’Humanité.

  C’est une véritable absurdité dans un monde devenu ubuesque et où règne des idéologies utopistes. Ces idéologies se sont données comme objectifs : la destruction de l’industrie, l’éradication de l’énergie nucléaire et un retour à l’âge de pierre en condamnant le développement.

C’est un processus aveugle avec des logiques contradictoires soutenus par de puissants relais médiatiques et financiers.

Allons-nous vers une apocalypse verte ? Petit à petit s’agglomèrent tous les ingrédients pour l’avènement de cette catastrophe. Les signes avant-coureurs se mettent en place, une dilution des responsabilités, au plus haut niveau et l’exécution servile de décisions intermédiaires, sans direction définie. 

 

Greenpeace, appelée par certains, la paix verte des cimetières, soutenue par une frange écologiste antisociale, est une organisation paramilitaire qui véhicule principalement les idées des verts américains, mais en prenant soin de ne s’attaquer jamais aux intérêts de l’oncle Sam.

Les « petite soldats » de Greenpeace s’imaginent représenter le fer de lance d’un combat grandiose pour la planète. Affronter la société industrielle en menant les populations dans une impasse mortifère, voilà le vrai sens de leur combat. Cette écologie militante cherche à fasciner des jeunes en mal d’aventures et à susciter la crainte pour les politiques souvent frileux, notamment vis-à-vis du nucléaire.

L’endoctrinement vert fait abdiquer leur propre personnalité aussi bien aux politiques qu’aux militants. 

Chez les Verts, le débat sur certains sujets n’est tout simplement pas autorisé. S’y essayer, c’est s’exposer à l’anathème et à l’exclusion pour les engagés.

L’engrenage vers la radicalisation repose aussi sur leurs certitudes affichées qui les aident à refouler leurs doutes « coupables ».

 Attention, rien n’est plus dangereux que des esprits étroits qui se sentent investis d’une mission, particulièrement celle de sauver la planète. 

Comment l’écologie a-t-elle réussi à entraîner des millions de personnes ? Intérêts personnels et financiers, inconscience, carrière, opportunité, recherche d’aventure, de notoriété et d’honneur font probablement partie des ressorts banals qui animent ces personnes. On peut et on doit se poser ces questions.

L’écologie politique est infestée de raisonnements irrationnels fondés sur des fantasmes, des utopies, des mensonges. 

Les médias évoquent quotidiennement la question du changement climatique etla responsabilité de l’Homme dans celui-ci, au point de susciter de dangereux phénomènes dits d’éco-anxiété. La jeune génération est gavée depuis la maternelle d’une véritable propagande propice au retour en force de la démesure et des idéologies les plus barbares.

Nourris d’illusions, ces pseudo-écologistes peuvent conduire les nations vers un monde cauchemardesque.

 

 

 

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12 novembre 2022

QUAND LES BOBOS AMERICAINS DERAILLENT

   Depuis quelques temps, les bobos américains, menés par celui qui fut un prestigieux quotidien, « Le New York Times », réécrivent l’Histoire et s’en prennent régulièrement à la France et aux Français. Ils demandent aux institutions françaises de prêter plus d’attention à l’histoire de l’esclavage du pays, au lieu d’honorer une icône de la suprématie blanche, Napoléon Bonaparte.

   Ce quotidien, qui fut une référence en son temps, est devenu l’organe officiel de l’intolérance, sous couvert d’une doctrine progressiste de l’idéologie victimaire connue aux États-Unis sous le vocable « Woke ».

  L’Histoire nous a appris que les actes du passé doivent toujours être mis dans leur contexte, pour pouvoir être jugés. 

  James Bennet, chef de la rubrique d’opinions et Bari Weiss, journaliste vedette, ont démissionner devant les dérives du New York Times. Nous avons là le « politiquement correct » poussé à l’extrême, accouchant de la pensée unique.

  Ces Américains, auto-proclamés les justiciers du bien-pensant, sont devenus adeptes de purges par l’effacement et le bannissement. Ils jugent que Napoléon n’est pas un héros à célébrer, il est pour eux, « le plus grand des tyrans, une icône de la suprématie blanche »…  ! c’est leur droit le plus élémentaire de ne pas aimer Napoléon, mais pourquoi demander aux Français de les suivre dans leur égarement ? C’est vrai que leurs diktats ne font pas dans la nuance. La mise en perspective historique leur est étrangère. C’est trop demander à la « culture américaine ».

  Comme leur ont dit récemment et publiquement, les officiels chinois : « Commencez par balayer chez vous, avant de donner des leçons au monde ». 

   Il est vrai que l’Histoire des États-Unis fourmille de massacres (exemple les Indiens), de fusillades meurtrières, d’assassinats de Présidents, de faits d’esclavage et de discriminations. Ils ont oublié le Klu Klux Klan et autres organisations américaines, racistes et criminelles. 

Marc Bloch, sur le rôle de l’Histoire, écrivait :  « comprendre et ne pas juger, car à force de juger, on finit presque fatalement, par perdre jusqu’au goût d’expliquer ». Toutes les histoires des peuples et de leurs États, leurs lumières et leurs ombres, font leur histoire nationale. C’est en assumant les épopées glorieuses et moins glorieuses, qu’ils ont bâtis la grandeur de leur pays. Ce n’est pas la statue de Napoléon qu’il faut déboulonner, mais celle du New York Times !

La presse anglo-saxonne, à l’automne dernier, s’est déchainé contre la France à l’annonce des mesures contre le séparatisme islamiste, mises en chantier par le président français, Emmanuel Macron. Pour le Financial Times, « la guerre de Macron contre le séparatisme islamiste ne fait qu’accroître les divisions en France » ; Politico titre sur « la laïcité, dangereuse religion française » ; et enfin le New York Times pose la question « la France alimente-t-elle le terrorisme en essayant de l’éradiquer ? ».

Comme l’a déclaré Emmanuel Macron, les États-Unis, enfant naturel des Lumières et de la Révolution française, légitiment ces violences. Il faut reconnaître que ces Américains ont perdu les fondamentaux qui font que des Nations peuvent vivre ensemble dans le respect et la dignité. 

 

 

 

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04 novembre 2022

LA DEMOCRATIE EST-ELLE UN IDEAL A NUL AUTRE PAREIL ?

Le concert des nations est fondamentalement organisé autour d’États aux régimes politiques différents.

 On peut se poser la question : pourquoi aider l’Ukraine dans la guerre qui l’oppose à la Russie ? Doit-on considérer la Russie une puissance comme une autre ou faut-il l’isoler parce que l’opération militaire qu’elle mène, mérite de la mettre au ban des nations ?

 Analyser les conflits et plus généralement la conduite des nations sur la scène internationale, les observateurs tout comme les décideurs politiques doivent d’abord choisir leurs outils théoriques. C’est de ces outils théoriques que découle le jugement moral qu’ils porteront sur les acteurs internationaux et leurs intentions, tout comme les prises de position politique des différents hommes d’État. Mais la morale a-t-elle un sens, a-t-elle sa place dans la conduite des affaires de l’État ? La morale telle qu’on la conçoit en Occident est différente de celle de nombreux pays, en Afrique comme en Asie. Considérer que la morale occidentale est universelle ressort d’une volonté hégémonique.

Parmi ces outils théoriques, il existe une distinction qui marque la frontière entre « réalisme » et « idéalisme ». Cette fameuse union des nations concerne-t-elle des Nations ou des régimes politiques ? Est-elle structurée autour d’États ou autour de régimes politiques ? Quel est l’élément essentiel qui caractérise des acteurs politiques sur la scène internationale ?  C’est une fois déterminée la nature fondamentale de l’unité politique choisie, que l’on peut étudier les conséquences qui en découlent, sa conduite et ses priorités.

Dans l’approche « réaliste », ce sont les États qui occupent le devant de la scène internationale, coopérant ou s’affrontant au gré de leurs intérêts et de leurs stratégies. À l’image des individus sous l’empire de l’état de nature selon le philosophe anglais, Thomas Hobbes, ils luttent pour leur survie en situation d’anarchie, indifférents aux lois morales et dépendants de leurs capacités à résister aux rapports de force.

Seulement, contrairement à la fiction politique hobbésienne, il n’existe pas de « gouvernement civil » résultant d’un accord entre des individus pour s’extraire du chaos par le droit et la morale. La posture de l’État en relations internationales, reste celle du « combattant », défiant et évaluant ses concurrents qui menacent son existence souvent sans possibilité de s’en remettre à un arbitrage supérieur.

 L’État est un monstre froid animé par un « désir insatiable de pouvoir » selon le spécialiste des relations internationales, Hans Morgenthau, qui ne voit que des concurrents et des partenaires occasionnels, jamais des amis et des alliances éternelles. La paix est toujours provisoire, et ne peut résulter que d’un équilibre de forces entre des acteurs armés et sur leurs gardes.

Alors qu’est-ce qui cause les guerres pour les réalistes ?

Pour le plus célèbre et le plus controversé des théoriciens contemporains du réalisme en relations internationales, John Mearsheimer, l’anarchie internationale commande la compétition entre puissances étatiques pour l’hégémonie mondiale : le système international anarchique crée de puissantes incitations pour les États à profiter des opportunités pour gagner du pouvoir aux dépens de leurs rivaux. Les États recherchent à maximiser leur pouvoir relatif car c’est le moyen optimal pour maximiser leur sécurité.

A côté de la puissance, y-a-t-il une place pour la démocratie et la justice ? La vision « étatiste » des relations internationales défendue par les réalistes peut sembler simple et efficace. Pour leurs opposants, les « idéalistes » elle est trop simpliste, voir rudimentaire. Pour eux, il existe entre la démocratie et les autres acteurs politiques, une différence structurelle. Cette différence essentielle rend l’exercice du pouvoir subordonné à un processus de décision collectif spécifique. Pour eux, cela change tout. Il existe une filiation évidente entre réalistes et Thomas Hobbes, voire Machiavel. Cet idéalisme remonte à Aristote et sa « Politique. Est-il possible d’hiérarchiser politiquement et moralement les prétentions entre Nations ? Je ne le crois pas du fait de la mission donnée aux gouvernants de ces Nations : défendre les intérêts de l’ensemble qui a porté au pouvoir ces dirigeants.

Ce qui est primordial pour Aristote, c’est la manière dont les décisions sont prises au sein de la Cité. Elle est elle-même une association humaine, nullement destinée à assurer la survie de ses membres, mais sauvegarder un « vivre ensemble », serein, noble et heureux (Politique. III. 9).

La physionomie générale de la démocratie diffère de l’aristocratie ou de la monarchie, non seulement du fait que tous participent à la décision publique, mais parce que les buts communs sont déterminés en fonction d’un choix accepté par tout le monde. Être un bon citoyen en démocratie, n’est pas la même chose qu’être un bon sujet en monarchie ou sous un régime aristocratique. L’ensemble institutionnel reflète ces différences fondamentales. Idéalement, pour Aristote, le meilleur régime (Politeia) est une forme de synthèse théorique entre les meilleurs aspects des constitutions démocratique, aristocratique et même monarchique.

Si aujourd’hui, la démocratie représentative est considérée comme meilleure que ses concurrentes, alors le rapport égalitaire entre États professé par les réalistes disparaît et sa conduite sur la scène internationale diffère en conséquence. Churchill disait : la démocratie est la moins mauvaises des solutions.  On se doit de s’interroger : la démocratie est-elle un modèle pour tout le monde, répond-elle à toutes les formes de sociétés, à toutes les formes des nations ?

 Pour Zbigniew Brzezinski « les principes démocratiques, qui sont une composante essentielle de la puissance internationale des États-Unis, suscitent une adhésion générale. » Modèle universel pour le reste du monde ? C’est à voir ! Décryptés, les propos de Brzezinski utilisent le prétexte d’apport de la démocratie comme un moyen d’asseoir l’hégémonie américaine de par le monde. Il agit comme un attracteur culturel révolutionnaire qui « influence, absorbe et redéfinit les comportements et les modes de pensée d’une part croissante de l’Humanité ».

La compétition et les rivalités demeurent, mais tous les coups, en principe, ne sont pas permis entre démocraties. Ses principes encouragent les moyens pacifiques et la coopération pour arriver à leurs fins. Ils visent la paix mondiale par le commerce et le droit international.

Si pour les réalistes, la guerre fait partie du lot commun de l’humanité, le régime démocratique, parce qu’il cherche à civiliser l’anarchie internationale par le droit international, la condamne comme un crime, sauf quand elle est menée par une superpuissance pour une « noble cause ».

Comme le rappelle le philosophe américain, Michael Walzer, engager la guerre est un crime, car l’agresseur est responsable de toutes les conséquences du combat qu’il a initié : « … la guerre a ses agents humains, comme elle a ses victimes humaines. Ces agents, quand on peut les identifier, sont à juste titre qualifiés de criminels. Leur caractère moral est déterminé par la réalité morale de l’activité dans laquelle ils forcent les autres à s’engager (qu’ils s’y engagent eux-mêmes ou non). Ils sont responsables de la souffrance et de la mort de tous ceux qui ne choisissent pas la guerre comme une entreprise personnelle. » Oui, mais qu’en est-il du pays qui pousse l’autre à la guerre, qui alimente les combats par la fourniture d’une profusion de moyens, est-il également un « criminel » ? On voit là que les bons sentiments n’ont cours qu’auprès du citoyen naïf.

Il convient alors de régler les conflits internationaux par des instances internationales, à l’image du droit interne qui poursuit les criminels qui violent la loi commune. Mais se pose la question du pouvoir à donner à ces institutions. L’ONU est l’exemple parfait des bons sentiments dont en abreuve le citoyen lambda. Un organisme international, au-dessus des Nations, arbitre suprême, sans pouvoir de rétorsion, est une chimère et un mauvais service à rendre à la démocratie et « au concert des nations » Et pourtant, en toute connaissance de cause, l’organisation des Nations Unies est un leurre où toutes les nations se tiennent « par la barbichette ».

Tous les démocrates ne sont pas tous idéalistes et tous les réalistes ne sont pas cyniques, loin de là. On trouve des idéalistes libéraux (Steven Pinker) ou socialistes (Michael Walzer) comme on trouve des réalistes communistes (Ernst Carr) ou profondément démocrates (Raymond Aron ou Hans Morgenthau). Les positions varient énormément entre des auteurs, en général en désaccord sur le bon fonctionnement de la démocratie libérale. Moins celle-ci est fonctionnelle, plus le scepticisme grandit quant au bien-fondé de sa politique extérieure.

Aujourd’hui, alors que l’Ukraine est envahie, une partie de son territoire annexée, et que la Fédération de Russie porte atteinte aux intérêts de la France et de l’Europe entière, la question toute théorique rencontre une application concrète. Peut-on réduire le conflit à une compétition de grandes puissances d’égale valeur pour l’hégémonie mondiale ? Au contraire, est-il souhaitable de voir le modèle démocratique occidental détrôné en faveur de concurrents qui prônent l’autocratie, la dictature et la limitation de la liberté individuelle ?

 La démocratie a-t-elle failli par son intransigeance et son arrogance ? S’est-elle rendue coupable de manœuvres illicites, même si cela a été pour la « bonne cause » ?

Les événements d’Europe semble être une remise en cause de la prédominance du modèle occidental.

 

 

 

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28 octobre 2022

RETOUR DE GUELMIM

Ma chronique cette semaine serai plutôt un partage d'une expérience, une découverte de nos provinces du Sud.

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La conférence organisée par Maroc Diplomatique du 21 au 23 octobre dernier à Guelmim, dans les provinces du Sud, a été à aucune autre pareille.

 Sous le Haut Patronage de sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu le protège, le thème retenu avait attiré nombre de personnalités, d’experts et acteurs dans le domaine des énergies renouvelables, un sujet ô combien d’actualité.

  Mais au-delà des entretiens prévus, l’occasion m’a été donné de découvrir le nouveau « Western » marocain, accueillant, en plein développement, où le dynamisme économique des femmes sahraouies, surprend agréablement. Nous avions deux programmes, celui établi par Maroc Diplomatique et un deuxième organisé par le Wali de la région. C’est ainsi que nous avons participé à l’inauguration du festival des dattes, mais oui, des dattes. Pendant que tout le monde piétiner à marcher derrière le Walli et toutes les personnalités réunies par Souad Mekkaoui, je m’installais dans un siège offert par les tenantes d’un stand. Grand ’ma, la mère et ses deux filles, animaient ce stand. Elles me firent gouter une datte noire, une marron etc., Bref toute une palette de couleurs que j’ignorais jusque-là.

- Où sont les hommes, demandais-je à la grand’mère.

Accompagné d’un geste large qui indiquait partout et nulle part, elle me dit avec un sourire ironique : quelque part par-là, vacant à leurs occupations.

-      Comment vendez-vous vos dattes, produites par vous je présume.

-      La production, c’est la coopérative. Nous faisons tout ensemble. Pour la vente, on exporte.

-      Exporter ? Comment, avec quel réseau ?

-      Une des deux filles au demeurant belle et mince, la nouvelle génération, dans un français « sorbonien », brandissant son ordinateur portable qu’elle tenait à la main, me dit dans un éclat de rires : réseau ? Internet, on fait tout par internet : on exporte ainsi aux États-Unis, en Chine, en Allemagne et au Japon.

-      Les filles ! Elles font tout par téléphone me dit la mère. 

-      - C’est la génération d’aujourd’hui, renchéri la grand’mère.

  Je constate ainsi que l’internet, l’exportation vers des pays lointains, n’ont aucun secret pour ces cheffes d’entreprises qui semblent avoir pris une longueur d’avance sur leur consorts du Nord.

  Organisées en coopératives, elles unissent leurs efforts pour le bien de l’ensemble.

 Des fantasias nous ont rappelé, si besoin était, que les traditions marocaines sont toujours présentes.

  Le programme mobilisateur de Maroc Diplomatique et une suite d’événements locaux, importants certes pour les activités de la Willaya de la région Guelmim-Oued Noun, nous ont éclairé sur les réalités de nos provinces du Sud. La construction bat son plein, mais on peut admirer déjà un aéroport aux normes internationales, un hôtel 4 étoiles qui n’a rien à envier aux hôtels des grandes villes du Royaume. Il semble toutefois qu’une priorité a été donné à l’enseignement. J’ai relevé trois lycées et collèges dans la ville prouvant l’importance donnée à l’éducation. 

  Néanmoins, têtu comme un Breton que je ne suis pas, je tiens, ici, à ouvrir le débat qui aurait dû suivre le panel 1 du forum. Nous avons eu des exposés de haute tenue par des véritables experts de la chose. Des techniciens hautement qualifiés qui répondaient techniques devant la crise énergétique que le Monde traverse. Pour ma part, je ne pense pas que cette crise appelle une réponse technique, car elle ne trouve pas son origine dans un quelconque problème de structures, de disponibilités ni de capacité de production pour répondre aux besoins grandissants du monde industriel et privé. L’origine de la crise est politique et doit trouver sa solution dans une réponse politique. Voilà le vrai débat que nous aurions dû ouvrir à Guelmim. Provocateur comme savent l’être tous les lanceurs d’alerte, parfois cynique comme le sont souvent les géopoliticiens, je tiens à appeler un chat, un chat, et me refuse à être la victime d’une manipulation, fusse-t-elle venant de la plus grande puissance mondiale.

  Le monde peut se sortir rapidement de cette crise qui frappe durement les économies fragiles, par une réelle analyse de la situation et des origines des tensions.   Analyse qui doit être suivie par l’inévitable dialogue. 

 Cette réaction à chaud, ne doit pas me dispenser, avant toute chose, de mettre en exergue l’attention soutenue que porte sa majesté aux problèmes de l’heure et de féliciter chaudement Souad Mekkaoui, la cheville ouvrière de cet événement, qui sans son acharnement au travail, son obstination à bousculer les obstacles, n’aurait jamais vu le jour.    Au-delà de la conférence, les participants ont, pour la majeure partie d’entre eux, découvert cette terre marocaine, aux sites éblouissants et une population qui vous fait faire la paix avec le genre humain. Oui, le Sahara marocain, nos provinces du Sud, sont bien une cause nationale.

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21 octobre 2022

LA DEMOCRATIE EST-ELLE UN IDEAL A NUL AUTRE PAREIL ?

Le concert des nations est fondamentalement organisé autour d’États aux régimes politiques différents.

 On peut se poser la question : pourquoi aider l’Ukraine dans la guerre qui l’oppose à la Russie ? Doit-on considérer la Russie une puissance comme une autre ou faut-il l’isoler parce que l’opération militaire qu’elle mène, mérite de la mettre au ban des nations ?

 Analyser les conflits et plus généralement la conduite des nations sur la scène internationale, les observateurs tout comme les décideurs politiques doivent d’abord choisir leurs outils théoriques. C’est de ces outils théoriques que découle le jugement moral qu’ils porteront sur les acteurs internationaux et leurs intentions, tout comme les prises de position politique des différents hommes d’État. Mais la morale a-t-elle un sens, a-t-elle sa place dans la conduite des affaires de l’État ? La morale telle qu’on la conçoit en Occident est différente de celle de nombreux pays, en Afrique comme en Asie. Considérer que la morale occidentale est universelle ressort d’une volonté hégémonique.

Parmi ces outils théoriques, il existe une distinction qui marque la frontière entre « réalisme » et « idéalisme ». Cette fameuse union des nations concerne-t-elle des Nations ou des régimes politiques ? Est-elle structurée autour d’États ou autour de régimes politiques ? Quel est l’élément essentiel qui caractérise des acteurs politiques sur la scène internationale ?  C’est une fois déterminée la nature fondamentale de l’unité politique choisie, que l’on peut étudier les conséquences qui en découlent, sa conduite et ses priorités.

Dans l’approche « réaliste », ce sont les États qui occupent le devant de la scène internationale, coopérant ou s’affrontant au gré de leurs intérêts et de leurs stratégies. À l’image des individus sous l’empire de l’état de nature selon le philosophe anglais, Thomas Hobbes, ils luttent pour leur survie en situation d’anarchie, indifférents aux lois morales et dépendants de leurs capacités à résister aux rapports de force.

Seulement, contrairement à la fiction politique hobbésienne, il n’existe pas de « gouvernement civil » résultant d’un accord entre des individus pour s’extraire du chaos par le droit et la morale. La posture de l’État en relations internationales, reste celle du « combattant », défiant et évaluant ses concurrents qui menacent son existence souvent sans possibilité de s’en remettre à un arbitrage supérieur.

 L’État est un monstre froid animé par un « désir insatiable de pouvoir » selon le spécialiste des relations internationales, Hans Morgenthau, qui ne voit que des concurrents et des partenaires occasionnels, jamais des amis et des alliances éternelles. La paix est toujours provisoire, et ne peut résulter que d’un équilibre de forces entre des acteurs armés et sur leurs gardes.

Alors qu’est-ce qui cause les guerres pour les réalistes ?

Pour le plus célèbre et le plus controversé des théoriciens contemporains du réalisme en relations internationales, John Mearsheimer, l’anarchie internationale commande la compétition entre puissances étatiques pour l’hégémonie mondiale : le système international anarchique crée de puissantes incitations pour les États à profiter des opportunités pour gagner du pouvoir aux dépens de leurs rivaux. Les États recherchent à maximiser leur pouvoir relatif car c’est le moyen optimal pour maximiser leur sécurité.

A côté de la puissance, y-a-t-il une place pour la démocratie et la justice ? La vision « étatiste » des relations internationales défendue par les réalistes peut sembler simple et efficace. Pour leurs opposants, les « idéalistes » elle est trop simpliste, voir rudimentaire. Pour eux, il existe entre la démocratie et les autres acteurs politiques, une différence structurelle. Cette différence essentielle rend l’exercice du pouvoir subordonné à un processus de décision collectif spécifique. Pour eux, cela change tout. Il existe une filiation évidente entre réalistes et Thomas Hobbes, voire Machiavel. Cet idéalisme remonte à Aristote et sa « Politique. Est-il possible d’hiérarchiser politiquement et moralement les prétentions entre Nations ? Je ne le crois pas du fait de la mission donnée aux gouvernants de ces Nations : défendre les intérêts de l’ensemble qui a porté au pouvoir ces dirigeants.

Ce qui est primordial pour Aristote, c’est la manière dont les décisions sont prises au sein de la Cité. Elle est elle-même une association humaine, nullement destinée à assurer la survie de ses membres, mais sauvegarder un « vivre ensemble », serein, noble et heureux (Politique. III. 9).

La physionomie générale de la démocratie diffère de l’aristocratie ou de la monarchie, non seulement du fait que tous participent à la décision publique, mais parce que les buts communs sont déterminés en fonction d’un choix accepté par tout le monde. Être un bon citoyen en démocratie, n’est pas la même chose qu’être un bon sujet en monarchie ou sous un régime aristocratique. L’ensemble institutionnel reflète ces différences fondamentales. Idéalement, pour Aristote, le meilleur régime (Politeia) est une forme de synthèse théorique entre les meilleurs aspects des constitutions démocratique, aristocratique et même monarchique.

Si aujourd’hui, la démocratie représentative est considérée comme meilleure que ses concurrentes, alors le rapport égalitaire entre États professé par les réalistes disparaît et sa conduite sur la scène internationale diffère en conséquence. Churchill disait : la démocratie est la moins mauvaises des solutions.  On se doit de s’interroger : la démocratie est-elle un modèle pour tout le monde, répond-elle à toutes les formes de sociétés, à toutes les formes des nations ?

 Pour Zbigniew Brzezinski « les principes démocratiques, qui sont une composante essentielle de la puissance internationale des États-Unis, suscitent une adhésion générale. » Modèle universel pour le reste du monde ? C’est à voir ! Décryptés, les propos de Brzezinski utilisent le prétexte d’apport de la démocratie comme un moyen d’asseoir l’hégémonie américaine de par le monde. Il agit comme un attracteur culturel révolutionnaire qui « influence, absorbe et redéfinit les comportements et les modes de pensée d’une part croissante de l’Humanité ».

La compétition et les rivalités demeurent, mais tous les coups, en principe, ne sont pas permis entre démocraties. Ses principes encouragent les moyens pacifiques et la coopération pour arriver à leurs fins. Ils visent la paix mondiale par le commerce et le droit international.

Si pour les réalistes, la guerre fait partie du lot commun de l’humanité, le régime démocratique, parce qu’il cherche à civiliser l’anarchie internationale par le droit international, la condamne comme un crime, sauf quand elle est menée par une superpuissance pour une « noble cause ».

Comme le rappelle le philosophe américain, Michael Walzer, engager la guerre est un crime, car l’agresseur est responsable de toutes les conséquences du combat qu’il a initié : « … la guerre a ses agents humains, comme elle a ses victimes humaines. Ces agents, quand on peut les identifier, sont à juste titre qualifiés de criminels. Leur caractère moral est déterminé par la réalité morale de l’activité dans laquelle ils forcent les autres à s’engager (qu’ils s’y engagent eux-mêmes ou non). Ils sont responsables de la souffrance et de la mort de tous ceux qui ne choisissent pas la guerre comme une entreprise personnelle. » Oui, mais qu’en est-il du pays qui pousse l’autre à la guerre, qui alimente les combats par la fourniture d’une profusion de moyens, est-il également un « criminel » ? On voit là que les bons sentiments n’ont cours qu’auprès du citoyen naïf.

Il convient alors de régler les conflits internationaux par des instances internationales, à l’image du droit interne qui poursuit les criminels qui violent la loi commune. Mais se pose la question du pouvoir à donner à ces institutions. L’ONU est l’exemple parfait des bons sentiments dont en abreuve le citoyen lambda. Un organisme international, au-dessus des Nations, arbitre suprême, sans pouvoir de rétorsion, est une chimère et un mauvais service à rendre à la démocratie et « au concert des nations » Et pourtant, en toute connaissance de cause, l’organisation des Nations Unies est un leurre où toutes les nations se tiennent « par la barbichette ».

Tous les démocrates ne sont pas tous idéalistes et tous les réalistes ne sont pas cyniques, loin de là. On trouve des idéalistes libéraux (Steven Pinker) ou socialistes (Michael Walzer) comme on trouve des réalistes communistes (Ernst Carr) ou profondément démocrates (Raymond Aron ou Hans Morgenthau). Les positions varient énormément entre des auteurs, en général en désaccord sur le bon fonctionnement de la démocratie libérale. Moins celle-ci est fonctionnelle, plus le scepticisme grandit quant au bien-fondé de sa politique extérieure.

Aujourd’hui, alors que l’Ukraine est envahie, une partie de son territoire annexée, et que la Fédération de Russie porte atteinte aux intérêts de la France et de l’Europe entière, la question toute théorique rencontre une application concrète. Peut-on réduire le conflit à une compétition de grandes puissances d’égale valeur pour l’hégémonie mondiale ? Au contraire, est-il souhaitable de voir le modèle démocratique occidental détrôné en faveur de concurrents qui prônent l’autocratie, la dictature et la limitation de la liberté individuelle ?

 La démocratie a-t-elle failli par son intransigeance et son arrogance ? S’est-elle rendue coupable de manœuvres illicites, même si cela a été pour la « bonne cause » ?

Les événements d’Europe semble être une remise en cause de la prédominance du modèle occidental.

 

 

 

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14 octobre 2022

Poutine, et les Trois Russie

Il n’y a pas longtemps encore, on se demandait : à quoi sert l’OTAN ? A l’époque, entre les multiples déclarations et insinuations de Donald Trump et le célèbre diagnostic du président français, Emanuel Macron : « ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’Otan », dans un entretien accordé à The Economist, la légitimité de l’Alliance était en train de saigner. Un fossé se creusait entre les membres occidentaux de l’Union européenne et certains membres orientaux de la même Union,  autour de la question des « valeurs communes ».

Jusqu’à il y a peu, les États-Unis étaient engagés dans un glissement d’attention stratégique, de l’arène atlantique vers l’indopacifique. Depuis la guerre russo-ukrainienne, ces doutes autour de l’OTAN ont été balayés. Le besoin de défense collective a rapproché Varsovie et Paris qui étaient brouillés. Et à Washington, les russophobes ont de nouveau la côte ! Pourquoi Poutine a-t-il pris le risque d’arrêter cet effilochage de l’OTAN et l’élargissement des clivages au sein de l’Europe ? La réponse est probablement que ces processus étaient trop lents à son goût et que la Russie n’a pas le temps. Peut-être aussi que l’intervention américaine en Ukraine devenant de plus en plus grande, spécialement autour du Donbass, il fallait bousculer les choses.

La culture occidentale est comme les marées qui inéluctablement travaillent les blocs de granite. Les Kardashian s’infiltrent partout sur la planète :  remarquez sur les réseaux sociaux comment des jeunes filles et des femmes partout dans le monde ressemblent de plus en plus à ces vedettes de la téléréalité ? Disney, l’alimentation, le coca-cola et Mac Donald, les Chinois s’y sont mis et ajoutent les produits laitiers, les intérieurs, la mode vestimentaire (costard cravate et Zara), et la sexualité. Tous ces éléments s’infiltrent également partout, aplatissent le monde et transforment l’ancien « village global » de l’ère de la télévision en énorme selfie d’écervelé.e.s.

L’émergence des sentiments nationaux, le désir de porter des jeans, d’écouter du rock, d’acheter du PQ de qualité, du beurre et de bonnes cigarettes ont érodé dans le passé l’URSS. Les mêmes éléments aujourd’hui travaillent la Russie. Le cauchemar russe, ce sont des collégiennes en cheveux bleus coupés court qui demanderaient qu’on les appelle Boris et non plus Tatiana ! Avec l’iPhone 20, les films Marvel, les Porsche et les stars de YouTube, il va être très difficile de faire le tri. 

Ceci a amené Poutine à faire de la Russie une citadelle assiégée, le refuge du véritable Occident (comme les Chrétiens seraient le véritable Israël). Moscou est désormais le siège de la véritable Église et la capitale du Saint Empire. Selon lui, la Russie n’est pas un pays qui s’est taillé un Empire (comme jadis la France et le Royaume Uni), la Russie est un Empire. Vu de Moscou aujourd’hui, pour parler de l’Empire russe, il faut employer le verbe « être » et non pas « avoir été ».    

L’Ukraine est certes un enjeu stratégique, un espace tiré et déchiré par deux pôles de puissance. Brezinski disait : « Ôtez l’Ukraine à la Russie et la Russie n’est plus un Empire ». Mais c’est également un enjeu de civilisation et même de plus en plus, car en temps de guerre les objectifs et les justifications deviennent sublimes. En 1861, on est parti en guerre pour empêcher la dissolution des États-Unis et punir les rebelles, mais la guerre de Sécession sera gagnée au nom de la liberté et de l’affranchissement des Noirs. Les guerres commencent comme une rixe entre voyous, et finissent en croisades. Pour mourir et faire accepter souffrances et privations, il faut toujours trouver un objectif moral, éthique ou religieux.

Avec une démographie en souffrance et une économie limitée par la structure même du pouvoir actuel, la Russie dispose néanmoins de deux avantages : ses hydrocarbures et son armée dotée des armes nucléaires tactiques (en avance sur les États-Unis). C’est avec ces deux cartes extrêmement puissantes, que Poutine essaie de sauver sa Russie ou plutôt ses Russies. Rappelez-vous, les Tsars l’étaient de toutes les Russies. En effet, il y en a trois dont une a sa capitale à Moscou, la deuxième à Minsk et la troisième à Kiev. Il est impossible pour Moscou de voir émerger une Russie proposant une alternative radicale au modèle de la maison mère. On aurait pu tolérer de l’Ukraine qu’elle aille plus loin que la Biélorussie, mais pour Moscou elle est allée beaucoup trop loin.

 Avec cette analyse, on peut essayer de comprendre la suite de la stratégie russe. L’objectif étant de transformer l’Ukraine en Biélorussie, les Russes pourraient annoncer que la légalité rompue en 2014 par le « coup de Maïdan » est désormais rétablie. Un nouveau gouvernement ukrainien appellerait alors la Russie à son secours face à la guérilla ou à la résistance, et rétablirait l’ordre dans le pays. La Russie, au nom du droit international (le gouvernement légal de Kiev étant souverain comme Assad à Damas…) empêcherait qui que ce soit d’intervenir par la force, et des Ukrainiens materaient la résistance d’autres Ukrainiens. Un gouvernement pro russe assis sur des baïonnettes… ukrainiennes ! C’est ainsi que Poutine pourrait régler ce problème qui ne manque pas de miner les observateurs occidentaux : prendre l’Ukraine, d’accord, mais l’occuper ? À Moscou, les Blancs sont de retour et ils ont des muscles rouges. Leur dirigeant croit que soit la Russie sera un Empire soit la Russie ne sera plus.   

 

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08 octobre 2022

RÉFLEXIONS SUR LA RUSSIE ÉTERNELLE."

« Je n’aime pas ce bien-pensant vers lequel on avance. Partout, on entend que le bien, c’est nous et que le mal c’est l’autre. Avant c’était Castro, aujourd’hui, c’est Poutine, tout ce qui n’est pas aseptisé. Comme c’est triste. Et comme c’est dangereux », écrit Gérard Depardieu dans son livre, Monstre.

La critique systémique de tout ce qui vient de la Russie chrétienne et de son président Vladimir Poutine, ne peut effacer l’apport culturel essentiel de la Russie à la France et ailleurs, depuis des lustres. Tous, français d’origine russe, la comtesse de Ségur, Sacha Guitry, Romain Gary, Joseph Kessel, Maurice Druon, Henri Troyat, Marc Chagall, Chaïm Soutine, Jacques Tati, Lily Laskine, Haroun Tazieff, Laurent Terzieff, Jean Ferrat, Serge Gainsbourg, Michel Polnareff, Marina Vlady, Roger Vadim, Pierre Tchernia, Robert Hossein, Léon Zitrone, Yves Mourousi, Alexandre Adler, Andreï Makine, les frères Bogdanoff, (je dois certainement en oublier , surtout ceux devenus américains), ont chacun contribué au rayonnement d’une grande partie de l’Occident, et d’abord de la France.

  Grace à ces émigrés de la révolution « d’octobre », la cuisine russe a envahi les tables réputées françaises. Le grand chef Urbain Dubois (1818-1901)  recense et célèbre les mets russes appelés à devenir des piliers de la cuisine française, comme le caviar sauvage (disparu de nos jours) qu’il présente comme un produit très sain, qu’il convient de servir avec des cuillères en ivoire sur de tendres blinis tièdes. Mais aussi l’agneau pascal au beurre, le blanc-manger à la russe, le bortsch, la carpe à la russe, le kacha, les zakouskis et le bœuf « à la Stroganoff » . Ce dernier plat a été inventé par un cuisinier français, André Dupont, quand il était au service du comte Alexandre Grigorovitch Stroganov.

  À la fois aristocratique et populaire, l’influence de la cuisine russe a été grandissante en Occident, depuis plus de deux siècles. Plusieurs tables, un peu partout dans le monde perpétuent cette symbiose, en revisitant certains plats emblématiques de la « mère » Russie. 

La grande armée napoléonienne, a ramené avec sa retraite, bon nombre de mots qui sont devenus courants dans la langue de Molière. Le plus emblématique est « bistro » qui ne désigne aucun estaminet, mais veut dire simplement « vite ». Ce terme a été le premier que les grognards de Bonaparte ont assimilé, en venant, en Russie, demander à boire un coup, à ce qui est devenu aujourd’hui un bistrot.

Faut-il suivre Konstantin Malofeev, l’oligarque russe qui milite pour la restauration des Tsars ? Il semble que cela ne soit pas nécessaire avec Poutine aux manettes.

  Rappelons-nous, dans la cour des tsars, c’est le français qu’on parlait. Le kremlin a toujours considéré la Russie partie de l’Europe. Il ne faut pas céder à la démarche américaine qui, conformément au testament politique de Bzrezinski, revu et complété par Henry Kissinger, considère la Russie comme l’ennemi de toujours. Pour Bzrezinski, l’Union européenne ne doit jamais intégrer la Russie, cela en ferait une troisième grande puissance mondiale, contraire aux intérêts des États-Unis. 

  Quelque soit la politique des Occidentaux, la Russie, le plus vaste pays du monde, comme le déclarent les russophiles, restera la Russie éternelle. Elle survivra et se développera malgré la déclaration tonitruante de Bruno Lemaire, ministre des finances et de l’économie de la France, qui annonçait l’effondrement de l’économie russe. Ce fut une bien belle déclaration de guerre, un peu hasardeuse. Aujourd’hui, le rouble ne s’est jamais aussi bien porté, tandis que l’Euro s’effondre, la balance commerciale russe est excédentaire et le pays n’est pratiquement pas endetté. La France, avec d’autres pays européens, se prépare à grelotter cet hiver, l’inflation et le pouvoir d’achat posent problème. Monsieur le ministre Lemaire a-t-il perdu sa guerre ?

 

 

 

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28 septembre 2022

DIEU NOUS PARLE !

 Dernièrement s’était ouvert à Paris le procès des attentats que la capitale a connu le 13 novembre 2015. Cette attaque terroriste avait fait 130 morts et 430 blessés.

 Six ans après, vingt accusés comparaissaient au palais de justice, île de la Cité. C’est un procès hors-norme, enregistré comme la plus grande audience criminelle jamais organisée dans l’Hexagone. 

   Cet événement majeur, a réveillé en moi une sourde colère qui m’avait envahi à l’époque et ravivé des blessures dont l’âme ne se guérit jamais.

 Une grande colère contre Dieu. Je ne suis pas un religieux, comme l’entendent les docteurs de la Foi. Mais je suis un croyant qui se soumet à la volonté de celui que d’autres appellent « le grand architecte de l’Univers ». Je suis un fervent croyant du Dieu de Spinoza, et ce procès ravive cette colère que j’avais eu contre Lui.

 Comment peut-il permettre à des criminels de s’auto-proclamés ses instruments et tuer en son nom. Comment ne les a-t-il pas foudroyé avant qu’ils ne commettent ces actes odieux. Pourquoi a-t-il permis de telles tueries et ne les a pas immédiatement sanctionnés. Personne n’a été frappé de cécité ou de paralysie. Ni la peste ou le choléra n’ont apparus dans leurs domiciles. 

 Les desseins de Dieu sont impénétrables, me disent ses serviteurs. Il nous parle, mais vous ne l’écoutez pas !

  Le monde ne connait plus aujourd’hui que l’insécurité et la violence. Des enfants de 13 et 14 ans tuent froidement et les rues de Marseille rougissent de leur sang. Je ne l’écoute pas ! mais je vois les actes qu’il devrait sanctionner, des actes révoltants que le plus petit croyant réprouve.

 Les docteurs de la foi ont trouvé : ce n’est pas la Chine qui a diffusé de par le monde le Covid19, la pandémie a été voulu par Dieu pour punir cette société de violence qui ne l’écoute plus. C’est vrai que près d’un million de morts, c’est autre chose que les quelques victimes des attentats. Mais cette pirouette des défenseurs de Dieu, je ne « l’achète pas ». Dieu est là, omniprésent, mais il a d’autre équilibres à maintenir dans l’Univers que de s’intéresser aux gesticulations de cet insecte, l’Homme, sur une terre, un point minuscule dans le cosmos.

 

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16 septembre 2022

REFLEXIONS SUR LE TRANSHUMANISME

  Le transhumanisme, que cache ce vocable ? 

Le transhumanisme serait un mouvement culturel et intellectuel très vaste, que certains vont jusqu’a qualifié de philosophie, voire de religion. Il a pour base le progrès des sciences, de la médecine, des nanotechnologies, de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Son but, améliorer l’homme, le rendre plus performant. Selon les pays, les régions, les périodes, on voit naître des courants avec un objectif commun : l’immortalité, la mort de la mort, quête de l’humanité depuis au moins l’antiquité.

  C’est en 1937 qu’apparait dans la langue française le terme transhumanisme. A l’origine, il désignait plutôt l’amélioration des performances humaines. Certains historiens pensent que le transhumanisme puise ses racines dans l’humanisme de la renaissance et le siècle des lumières. Il semble que c’est une erreur de comparer la recherche de la performance et l’amélioration des capacités intellectuelles. La métaphore semble avoir été mal interprétée. 

 La médecine classique vise la réparation de cette machine délicate, à nulle autre pareille, l’Homme, la guérison d’une maladie, d’une anomalie, d’un état pathologique. 

 

Pour certains chercheurs, le vieillissement est une pathologie qu’on doit traiter comme telle. Les transhumanistes contemporains se considèrent comme des scientifiques ayant permis des avancées majeures pour notre civilisation. Le transhumanisme vise une augmentation des facultés de l’homme. IL ne s’agit plus de palier aux défaillances du corps humain, mais d’en augmenter les capacités. 

 Huxley puis Minsky sont les pionniers qui ont jeté les bases du mouvement contemporain qui vit le jour dans les années 80, particulièrement aux États-Unis. 

 

Max More, en 1990 définit ce mouvement ainsi :

  « Le transhumanisme est une classe de philosophies ayant pour but de nous guider vers une condition posthumaine. Le transhumanisme partage de nombreuses valeurs avec l'humanisme parmi lesquelles un respect de la raison et de la science, un attachement au progrès et une grande considération pour l'existence humaine (ou transhumaine) dans cette vie.Le transhumanisme diffère de l'humanisme en ce qu'il reconnaît et anticipe les changements radicaux de la nature et des possibilités de nos vies provoqués par diverses sciences et techniques. »

 Le transhumanisme est-il visionnaire et prépare-t-il l’avenir de l’humanité. Darwin déjà annonçait l’évolution inéluctable de l’homme.

  Les intérêts capitalistes, malheureusement, se mêlent au développement de ces idées, particulièrement avec l‘accélération du développement des NBIC (les nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives). Les GAFA par leurs investissements massifs et leurs moyens colossaux, supérieurs, de loin, à ceux des nations elles-mêmes, vont dénaturer l’esprit même du transhumanisme.

 

L’objectif visé va être un post-humanisme où le transhumanisme ne serait qu’une transition. 

  L’utopie la plus extrême va être le transfert d’une pensée humaine dans un corps totalement dématérialisé, c’est à dire le « téléchargement de notre cerveau » dans un ordinateur ; devient-on alors un disque dur ? Pour eux, on aura ainsi vaincu la mort.  Plusieurs projets américains et européen sont en cours depuis le début des années 2000.

Il faut tout de même garder à l’esprit que Google ou encore Neuralink (Elon Musk) ne sont pas des entreprises philanthropes et que le contexte social, politique, démocratique des crises multiples que nous vivons en parallèle, complexifie la réflexion et pose la question de l’éthique qui devrait encadrer, voir réguler ce développement technologique. 

Le transhumanisme reste une idée qui a séduit et convaincu beaucoup de personnes. Vivre plus de 100 ans dans un corps jeune et en parfaite santé, ne peut être que louable. 

Certains humanistes voient dans le transhumanisme la progéniture du mouvement de libre-pensée. Ils soutiennent que les transhumanistes se distinguent des humanistes traditionnels en ce qu'ils se concentrent tout particulièrement sur les apports de la technique aux problèmes humains et au problème de la mort.

 

Toute notre condition humaine se réduit à cette finitude, cette fragilité, cette angoisse et nous agissons ou non, que dans ce contexte.

  Si l’essence de l’homme et toute sa dignité, ne peuvent être qu’en étroite relation avec la mort, on peut aisément supposer que si on tendait vers l’immortalité, nous serions inévitablement des êtres post humains et non plus des humains. 

Depuis que l’homme est apparu, la mort est au centre de ses préoccupations. On se distingue ainsi du monde animal, entre autres par le culte que nous rendons à nos morts. 

Certains centres de réflexions comme la Franc Maçonnerie tentent d’apprivoiser la mort, y préparent ces membres. La Philosophie, c’est apprendre à mourir disait Montaigne. 

Socrate, avec Sénèque et Montaigne, partagent cette conviction que la sagesse n’a de sens que si, en opposition, elle sait se prolonger, s’enrichir et s’accompagner d’une éthique de la transmission. 

 

Toute amélioration de l’humain si souhaitable soit elle, avec ce mariage des technologies nouvelles et la nature de l’homme, ne risque-t-elle pas d’aboutir à modifier ce délicat équilibre entre chair et esprit, à une diminution de l’existentialité de l’être humain. 

 

 

 

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