Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

15 janvier 2021

JOE BIDEN ET LES TRAVAUX D’HERCULE

Nous sommes vendredi, on reprend les bonnes habitudes. Voici ma chronique politique hebdomadaire:

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          Le 46ème Président des États-Unis, Joe Biden va avoir à relever plusieurs défis dès le 20 janvier prochain. Il ne bénéficiera pas des 100 jours traditionnels de répit avant les grandes manœuvres politiques.

 Le premier défi va être de reprendre le contrôle de l’épidémie de Covid-19. Ce virus a fait plus de 230.000 morts aux États-Unis, faisant de ce pays, le plus touché au monde, avec plus de 9 millions de personnes contaminées. Biden, à l’opposé de son prédécesseur, va écouter les experts et ramener la raison scientifique dans le bureau ovale. Il lui faudra lancer enfin une vraie politique nationale de lutte contre l’épidémie. 

 Le deuxième défi va être la relance de l'économie. Il faut reconnaître que sans la pandémie de Covid-19, Donald Trump aurait peut-être gagné la présidentielle, fort d’une économie qui affichait des résultats incontestables avant que n’arrive la crise sanitaire aux États-Unis : un chômage au plus bas depuis 1969 (3,5 %), des marchés financiers aux performances inédites (l’indice S & P 500 a bondi de 40 % et le Nasdaq a doublé), et un taux de pauvreté qui n’avait jamais été aussi bas depuis 60 ans, même si les inégalités se sont creusées de façon vertigineuse.

  Mais la crise sanitaire a fortement ralenti la croissance, les chômeurs se comptent par millions et le déficit commercial Chine/ États-Unis reste élevé, malgré une baisse de 24,3 milliards de dollars. Joe Biden prévoit moins de protectionnisme pour relancer le commerce extérieur et envisage plusieurs mesures chocs : relever les impôts sur les sociétés à 28 %, créer un impôt de 1 % sur les riches (un impôt sur la fortune ?) et réduire la pression fiscale sur les plus pauvres. Avec une majorité retrouvée au Sénat, il pourra faire passer ses réformes, si les démocrates se trouvent unis derrière le nouveau Président.

 L’autre travail d’Hercule va être l’image et la place des États-Unis dans le monde. Joe Biden va être obligé de faire un véritable volte-face à la diplomatie américaine. Avec Donald Trump , c’était le protectionnisme et l’isolement. Farouchement opposé au multilatéralisme, il avait retiré les États-Unis de plusieurs institutions internationales comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ou de traités comme celui de l’Accord de Paris sur le climat. Il a également maltraité ses alliés, notamment ceux de l’Otan, et fermé les yeux sur les exactions du président turc Erdogan, en Syrie contre les Kurdes. Joe Biden va devoir recoller les morceaux avec des relations diplomatiques plus respectueuses, et réinvestir les organisations internationales.  Par contre, il poursuivra la politique de fermeté de son prédécesseur à l’égard de la Chine, et décevra les Européens, qui espèrent sans doute trop du nouveau président. Les relations avec l’Europe seront plus apaisées, mais la politique de Washington vis-à-vis de l’Union européenne ne changera pas au fond. Il poursuivra la politique de Brzezinski en ce qui concerne la Russie : considérer ce pays toujours comme un ennemi des États-Unis.

Son dernier chantier, et pas des moindres, va être de réconcilier le pays divisé.

 Réconcilier une Amérique fracturée, polarisée de façon extrême sur tous les sujets. Donald Trump n’a jamais paru comme le président de tous les Américains. Il n’a gouverné que pour son camp, voire son clan, attisant les discours haineux, se montrant complaisant avec les suprématistes blancs, ceux des nouvelles milices, comme les nostalgiques du Ku Klux Klan. Joe Biden va tenter d’apporter plus  de nuances et reconstruire les liens entre ses citoyens. Va-t-il réussir à réunir le peuple américain, aujourd’hui déboussolé ?

Son premier geste, le plus facile, sera vraisemblablement le retour dans l'Accord de Paris sur le climat.

 Pour mener ces véritables travaux d’Hercule, il va avoir besoin, non seulement des démocrates, mais également d’une bonne partie des républicains. Donald Trump, hors de la Maison Blanche, va-t-il se retirer sous sa tente, ou, fort des 72 millions de citoyens américains qui ont voté pour lui, s’adonner à son rôle favori de « trublion de service ». La bataille en cours sur le réseaux sociaux, comme Facebook ou Tweeter, dont certains ont fermé arbitrairement les comptes de Donald Trump, est vraisemblablement une action anticipée en vue d’empêcher le Président sortant de venir perturber la présidence Biden. Le monde sera fixé très vite dès fin janvier.

 

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11 janvier 2021

La dérive des GAFAS

           Pendant que le monde avait les yeux rivés sur le Capitole, un autre événement a eu lieu, laissant muet la plupart des commentateurs alors qu’il revêt une importance considérable, peut-être même supérieure à « l’insurrection » des supporters de Trump.

 Tweeter suspend le compte de Donald Trump y compris le compte officiel de la Maison Blanche. Il est aussitôt suivi par Facebook, Google et Instagram. Ce pouvoir des GAFAS inquiète aujourd’hui la classe politique.

  Ce n’est pas d’aujourd’hui que les GAFAS exercent une véritable censure sur l’expression des uns et des autres. Les GAFAS, ou grands de l'Internet américain, exercent depuis les origines une censure discrète sur le web mondial, puisqu'elles ne référencient pas certains sites jugés contraires aux intérêts des États-Unis, ou jugés contraires aux bonnes moeurs telles qu'elles les définissent. 

Des nombreuses personnalités politiques ont réagi à l’annonce de la suspension par Twitter du compte gouvernemental du président sortant des États-Unis, Donald Trump, après les émeutes au Capitole. Comment admettre que des sociétés privées s’arrogent le pouvoir de contrôler le débat public. 

 Ce n'est pas aux GAFAS de décider de la valeur du discours politique des uns et des autres, c'est une atteinte flagran te à l'exercice de la démocratie. Twitter, Facebook et YouTube ont tous à leur manière censuré le Président américain ces derniers jours, et cette censure pousse à s’interroger sur l’état des libertés publiques en Occident ainsi que les risques que font peser ces multinationales sur la liberté d’expression. Il y a là quelque chose d’extraordinairement inquiétant. 

Dans ses propos, le président américain évoque son indignation quant aux résultats des élections et appelle ses partisans à marcher jusqu’au Capitole mais il leur demande d’agir de manière pacifique et dans le respect des forces de l’ordre. Que l’on puisse voir, comme l’ont fait de nombreux observateurs, un lien de cause à effet entre ce qu’a dit Trump et l’insurrection de ses partisans, c’est une chose. Mais on ne peut pas affirmer, de manière certaine et définitive, que les propos de Trump ont abouti à ce qui s’est passé. Cette nuance est importante, parce qu’elle implique que Twitter et les autres plateformes ont, dans cette affaire, outrepassé leurs droits.

Il faut rappeler que cela fait des mois que Trump est en guerre contre les GAFAS. C’est sous son mandat que l’autorité de la concurrence américaine a annoncé fin décembre poursuivre Facebook en justice en demandant à la cour d’envisager une séparation avec ses filiales Instagram et WhatsApp. C’est aussi sous son mandat que le ministère de la Justice et onze États ont déposé, en octobre, une plainte contre Google pour abus de position dominante dans la recherche et la publicité en ligne.

C’est encore sous son mandat que la Federal Trade Commission a, en juillet 2019, condamné Facebook à 5 milliards de dollars d’amende, pour avoir autorisé en 2018 la firme de conseil britannique Cambridge Analytica à puiser dans les données de quelque 50 millions d’utilisateurs sans le leur notifier. Enfin, Trump accuse depuis plus d’un an Google, Facebook et Twitter de censurer ses partisans et de limiter la liberté d’expression. 

En présentant son décret sur les GAFAS, Trump s’est justifié ainsi : « Nous sommes ici pour défendre la liberté d’expression face à un des pires dangers qui soit. (…) Ils ont le pouvoir non contrôlé de censurer, éditer, dissimuler ou modifier toute forme de communication entre des individus et de larges audiences publiques ». Il y a donc, dans cette histoire, un historique turbulent entre Donald Trump et les GAFAS qui ne peut pas être occulté dans les tentatives d’explication de ce qui vient de se passer.

  Cette censure doit nous interroger plus fondamentalement encore, sur l’état de nos libertés publiques aujourd’hui et sur les risques que font peser les multinationales sur la liberté d’expression.

De quel droit une entreprise privée peut-elle censurer un chef d’État ?  De quel droit une entreprise privée peut-elle décider d’une information qu’elle est vraie ou fausse, qu’elle est bonne ou mauvaise, qu’elle est inoffensive ou dangereuse ? 

C’est souvent au nom de très bonnes intentions que les pires dérives ont lieu. Il n’en va pas différemment de ce débat autour de la modération des plateformes. 

 Tout citoyen attaché aux valeurs de liberté devrait s’inquiéter d’une telle dérive, au sein de nos démocraties déjà minées par des atteintes permanentes à la liberté d’expression. 

La liberté d’expression implique qu’elle puisse blesser autrui, qu’elle puisse transgresser certaines règles, qu’elle puisse choquer. Si ce n’est pas le cas, alors elle n’existe pas. Car, comme disait Camus, « on est toujours libre au dépend de quelqu’un ». La liberté est à ce prix.

 

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08 janvier 2021

OÙ VA L’AMÉRIQUE ?

Me voici de retour après un repos forcé. Déclaré positif au Covid19, j'ai été sous traitement et mis à l'isolement depuis le 20 décembre dernier. Enfin, ce n'est plus que de l'histoire ancienne.

Voici ma première chronique de l'année 2021

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Parler d’un "coup d'État" en analysant les événements d’il y a quelques jours à Washington est un pas qu’on ne peut franchir. Le spectacle affligeant  et inquiétant – des supporters de Trump prenant d'assaut et envahissant le Capitole de Washington, où siège le Congrès, a montré un visage déplorable du Parti républicain. Pour la première fois depuis la guerre de Sécession, les conservateurs ont semblé vouloir empêcher l'alternance, une tradition pacifique pourtant solidement ancrée. L'assaut des pro-Trump à Washington illustre la prétention des populistes d'incarner à eux seuls le peuple. Un redoutable défi lancé aux démocraties. Des centaines de manifestants pro-Trump ont envahi mercredi dernier le Capitole à Washington dans un climat insurrectionnel. La session du Congrès qui devait confirmer la victoire de Joe Biden a été interrompue  durant plus de cinq heures avant de reprendre, une fois le bâtiment sécurisé. Le monde entier s’est ému et a été choqué de cette attaque inédite contre le temple de la démocratie américaine.

S’attaquer au temple de la démocratie à Washington, le Capitole ! Ce n’est pas anodin. Cela illustre une crise profonde de la société américaine aujourd’hui éclatée. Existe-t-il encore un peuple américain ? Est-il encore uni derrière la Constitution que les pères fondateurs ont mis au point minutieusement, une charte, un pacte suprême au service du peuple. Mais le peuple du temps des pères fondateurs n’existe plus. Il y a aujourd’hui deux cultures qui s’affrontent. Les WASPS ne représentent plus que 60% de la population, taux qui diminue chaque année au profit des hispaniques : c’est le protestantisme saxon face au catholicisme hispanique. On a là un véritable heurt de deux civilisations et l’Amérique le vit mal. Les Républicains restent le bastion des conservateurs. Le petit blanc protestant se sent combattu par la montée des catholiques, la plupart de gauche. Cette situation qu’à personnifié Donald Trump, a ranimé les démons d’antan : la violence, le racisme et la xénophobie.

  Le parti Démocrate a aujourd’hui une assise majoritairement hispanique, le tirant vers la gauche. Il a perdu les supports financiers de sa droite ; et ses nouvelles troupes, ne sont pas à même de compenser l’aide de ses contributeurs traditionnels.

Aujourd’hui, le 46ème Président des Etats-Unis aura bien d’autres défis à relever, tant le pays est aujourd’hui divisé : entre partisans pro-Trump qui continuent de nier la défaite de leur champion ; une économie terrassée par le Covid ; et des afro-américains qui s’élèvent pour dénoncer les violences policières et le racisme dont ils font l’objet, Joe Biden n’a pas beaucoup d’alternatives.

Comment va-t-il pouvoir panser les plaies des Américains ? Quelle va être sa stratégie pour faire face à une situation sanitaire, économique, politique, sociale et sociétale difficile ? Aura-t-il les marges de manœuvre nécessaires pour engager les transformations qu’il souhaite ? 

 Joe Biden hérite d’un pays divisé. Fracturé. La question qui se pose est celle ci: aurait-il l’autorité et la vigueur nécessaires pour réconcilier le peuple américain avec lui-même.  On peut en douter.

  La première puissance mondiale durablement en crise, l’Europe risque d’être déstabilisée pour longtemps. La Chine et la Russie seront apparemment les seules puissances à tirer leur épingle du jeu.

 

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18 décembre 2020

UN NOUVEAU FANTASME : LE RACISME BLANC

Voici ma chronique politique hebdomadaire de ce vendredi :

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  Pour Lilian Thuran, l’ancien footballeur, tout blanc est un raciste qui s’ignore. Dans une interview donnée au journal parisien Le Monde, ce dernier trouve à l’homme blanc un privilège existentiel et lui reproche de n’être jamais discriminé du fait de sa couleur.

Voilà un bien mauvais procès que monsieur Thuran fait à l’homme blanc et plus encore aux Français. Comment l’homme blanc majoritaire à plus de 90% en Europe, peut-il être discriminé, pas plus que l’homme noir au Sénégal, au Cameroun ou en Afrique du Sud.

  C’est un discours que l’on voit repris par une certaine gauche, repeinte en rouge-vert. Elle pense ainsi se refaire une virginité, en satisfaisant les caprices des minorités hurlantes, qui s’inventent des revanches médiatiques à prendre sur l’Homme blanc.

 C’est méconnaître la France et son histoire que de croire que la couleur de peau fait problème dans le pays des Droits de l’homme.

  La langue française est là pour permettre la clarté dans  l’échange, l’expression des idées et le débat. L’Académie française a la mission de veiller à son bon usage, au sens des mots permettant d’exprimer un désaccord et d’argumenter. C’est ainsi que l’a voulue le Cardinal de Richelieu : « donner des règles certaines à notre langue et la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. »

 On doit constater alors, que sous la coupole de cet  honorable Institut, il n’est pas question de couleur de peau ni d’origines, mais de culture, de talent, de travail et de rigueur.

On a confié l’évolution de la langue française à, entre autres, François Cheng, né Chinois à Nanchang, à Dany Laferrière, né Haïtien à Port-au-Prince, à Hélène Carrère d’Encausse, née à Paris d’un père Géorgien et d’une mère Germano-Russe, à  Alain Finkielkraut, né à Paris d’un couple de réfugiés Juifs Polonais. Avant eux, n’oublions pas, Léopold Sédar Senghor, dont on sait la destinée, et l’immense Jacqueline de Romilly.  Isocrate, n’a-t-il pas dit : : « Notre cité a fait employer le nom de Grecs non plus comme celui de la race, mais comme celui de la culture. »  L’homme blanc a toujours voulu être digne de cette Grèce antique.

 Ces nouvelles obsessions, médiocres au demeurant, ne peuvent effacer l’histoire de la France. Elle a des députés Noirs depuis 1793,  rappelez vous Gaston Monnerville, président du Conseil de la République pendant près de 10 ans.

  Ces soi-disant « antiracistes », véritables obsédés de la race, ces faux intellectuels qui prétendent donner des leçons au monde blanc, mettent dans la même catégorie Charles de Gaulle et Adolf Hitler parce qu’ils sont Blancs, et dans une autre Denis Mukwege et Youssouf Fofana parce qu’ils sont Noirs. 

   C’est vrai qu’il est plus politiquement correcte de hurler avec des minorités prétendument discriminées que de reconnaître les faits. Ce n’est pas à la mode, cela ne peut pas faire les gros titres des publications américaines. 

Le journal « Le Monde » chante les louanges de Thuran ! Jusqu’où la gauche, soi-disant bien pensante, va pousser sa négation des réalités du monde dans lequel nous vivons ?

Un ami me rappelait à ce sujet, Louis de Funès dans l’excellent film Rabbi Jacob, l’exemple même de l’antiracisme. On y retrouve un court dialogue qui vaut tous les discours : celui du gendarme (Clément Michu) à qui Victor Pivert (Louis de Funès) fait remarquer que la mariée est Noire, et qui répond tout simplement : « Et alors ? ».

 

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11 décembre 2020

DEUX ÉVÉNEMENTS HISTORIQUES

Pour ce vendredi, j'avais préparé une chronique sur la situation au Liban, mais l'actualité m'oblige à traiter de deux sujets qui me sont chers à plus d'un titre.
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À Rabat, le cabinet royal a annoncé deux événements à priori sans lien entre eux. L'un concerne le Sahara marocain, l'autre plusieurs milliers de kilomètres plus loin, le Moyen-Orient.
Honnêtement, on savait que le Maroc aller normaliser ses relations avec Israël, mais beaucoup plus tard, dans tous les cas, pas avant les prochaines élections législatives.
Pour le Sahara, une cause nationale, les grandes puissances tout en étant favorables aux thèses marocaines, prenaient leur temps, en attendant une résolution de l'ONU.
On savait que Donald Trump, encore président des États-Unis jusqu'au 20 janvier prochain, menait une véritable campagne pour que les Etats arabes du Moyen-Orient et ceux du Maghreb, normalisent leurs relations avec l'État hébreu.
Ces deux événements sont-ils liés ? Officiellement, non ; politiquement oui. On a là un exemple de ce que peut faire la diplomatie bien comprise, dans l'intérêt des parties.
Donald Trump a signé un décret présidentiel reconnaissant la marocanité du Sahara. En décidant d'ouvrir un consulat à Dakhla, il met un point final aux utopies du "Polisario" et siffle ainsi la fin de partie pour l'Algérie. Par ailleurs, c'est un signal fort qu'il donne aux investisseurs américains qui lorgnaient depuis quelques temps déjà sur ce nouvel eldorado.
Emettre un décret présidentiel, sans attendre la décision du Conseil de sécurité de l'ONU, seul Donald Trump pouvait le faire. Joe Biden, sans être opposé aux thèses marocaines, n'est pas homme à bousculer les procédures. En outre, en étant mesuré, il est de notoriété publique que le parti démocrate américain ne comprend pas très bien les monarchies de notre siècle. Comme on dit à l'aérospatial et ailleurs, la fenêtre de tir risquait de se refermer après le 20 janvier 2021.
S.M. Mohammed VI, a fait preuve de courage politique, d'anticipation et de grand défenseur des intérêts supérieurs de la Nation, nonobstant les critiques éventuelles des uns et des autres. Sa décision, d'une portée politique et géopolitique des plus importantes, souligne l'attitude visionnaire du Souverain et témoigne de son sens des responsabilités, inhérent aux grands gouvernants.
Cette décision de normaliser les relations avec Israël, était espérée par près d’un million de Marocains en Israël. Ces Israéliens qui ont toujours gardé en leur cœur l'amour des terres de leurs ancêtres et un attachement héréditaire au Trône des Alaouites. Les juifs marocains, qu'ils soient en Israël, aux États-Unis, en Europe ou au fin-fond du monde, restent le meilleur lobby des causes du Maroc. C'est dire que cette normalisation a un côté « justice rendue » à des citoyens de la diaspora.
Elle n'est pas, en aucune façon, faite au détriment de la cause palestinienne. Sa Majesté l'a souligné en s'entretenant avec Mahmoud Abbas, qu'il a tenu à informer personnellement de sa décision. On peut espérer que c'est plutôt un pas de plus vers une paix, qui jusqu'ici, paraissait utopique pour de nombreux observateurs. Le Souverain n'a pas cherché le confort politique qu'il sait furtif et illusoire.
Comme le souligne le communiqué du cabinet royal, S M, le Roi Mohamed VI jouit d'un statut particulier, et a des relations distinguées avec la communauté juive d'origine marocaine dont des centaines de milliers établis en Israël.
L'établissement d'un ligne aérienne Casablanca-Tel Aviv, va permettre enfin à bon nombre de juifs marocains de venir au Maroc, sans contraintes. Ils seront visiteurs, touristes et investisseurs, pour le bien de l'économie marocaine.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avec les précautions d'usage, a salué la décision royale de normalisation, en précisant que plus de pays ont des relations bilatérales, meilleur est-ce pour le multilatéralisme et pour la communauté internationale

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04 décembre 2020

SARKOZY ET LES ÉCOUTES

ÉCOUTE ! ÉCOUTE !
Depuis quelques jours, l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, comparait devant les juges du pays des droits de l’Homme. Il est accusé d’association de malfaiteurs et de corruption, rien que cela ! Dans des écoutes illégales, (car entre un citoyen et son avocat), on apprend que Sarkozy va peut-être intervenir en faveur d’un magistrat et que ce dernier lui renverra l’ascenseur, en lui donnant des informations sur une procédure en cours (affaire Bettencourt) le concernant, et où il sera d’ailleurs blanchi. La cour le poursuit donc et risque de le condamner à une dizaine d’années de prison. Sarkozy n’est pas intervenu et il n’y a pas eu de renvoi d’ascenseur. En définitive, la France est en train de créer un nouveau délit, le délit d’intention. Depuis quelques années, on constate une dérive malsaine dans le pays des Lumières. On se sert de plus en plus de la justice pour abattre, ou tenter d’abattre, des hommes politiques qui gênent par leur présence.
As-t-on si peur d’une candidature de Sarkozy aux présidentielles de 2022 ?

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LE NOUVEAU LANGAGE DE LA GAUCHE

          Depuis que la Droite a inclus le social dans son discours politique, depuis que les entreprises se veulent citoyennes, la Gauche s’est trouvé avec un discours vide de tout élément mobilisateur. Comme l’avait déclaré en son temps, l’ancien président de la République française,  Valéry Giscard d’Estaing, la gauche n’avait plus le monopole du cœur.

  Alors, repeint en rose ou en vert, ils nous reviennent avec un vocabulaire abscond qui interpelle le chaland. Depuis quelques temps, ils nous parlent de la société « inclusive » en l’opposant à la société « exclusive ». Bien entendu, la société exclusive, sous-entend : une société animée par ces affreux capitalistes, basée sur l’exclusion des handicapés, des minoritaires et des vulnérables.  Pour eux, le mérite est à honnir et l’excellence à bannir. 

 Pour asseoir leur nouvel enrobage des vieilles utopies gauchistes, ils développent des arguments sur lesquels on ne peut qu’être d’accord. Dans ce sens, ils expliquent que la différence entre intégration et inclusion, justifie que le patrimoine commun de l'humanité soit accessible à tous et rappelle que les êtres humains ont en commun la vulnérabilité. On ne peut que souscrire à un tel langage. Mais quel système politique s’arroge l’exclusivité du patrimoine commun de l’humanité ? Aucun.

 Une déclaration comme : la société dite "inclusive" s'adapte aux différences de la personne, va au devant de ses besoins afin de lui donner toutes les chances de réussite dans la vie, pourrait simplement se résumer par « l’égalité des chances ». Après, ne peut s’appliquer que la méritocratie.

« L’exclusivité de la norme c’est personne, la diversité c’est tout le monde ». Que c’est bien dit, je propose la rédaction suivante : « l’exclusivité de la norme c’est les personnes méritantes, le libéralisme, la diversité, tout le monde, c’est le collectivisme ».

  De nos jours, on ne cesse de stigmatiser les Élites. Mais l’absence de hiérarchie, amène le chaos. 

  On voit bien, dans les quelques municipalités socialistes survivantes en France, la discrimination idéologique est de règle: « Vous auriez les mêmes droits si vous étiez comme nous».

  Les iniquités, les catégorisations et les ostracismes, ont toujours étaient l’apanage des partis extrémistes de gauche ou  de droite. 

  L’humanité est une infinité de configurations de vie et une mosaïque d’étrangetés ; il ne suffit pas d’être bien né, encore faut-il mériter la place que l’on se donne. Tout être humain désire se sentir exister, le politique doit lui apporter la réponse par l’équité et la liberté de choix.

    L’intégration suggère l’adaptation de l’individu « différent » à un système dit « normal », l’inclusion prône l’inverse.  Pour ces croisés de la gauche, c’est la société qui doit s’adapter, afin d’accueillir tous les individus, dans leur diversité. Mais, une société juste, qu’elle soit exclusive ou inclusive, ne doit laisser personne à l'écart. La bonne gouvernance s’occupe de toutes les classes de la société, y compris les démunis. Pour cela, inutile d’utiliser une phraséologie qui se veut savante.

  Les mouvements de la «gauche identitaire» venus des universités américaines désormais présents en France, menacent l'université, et l'esprit républicain qui est censé y régner.

  Il est plus important que jamais de voir en quoi ce langage éclaire notre avenir politique, afin de pouvoir nous prémunir des dangers qu'il nous réserve.

Le discours de cette gauche « new look », ne repose  plus sur les attentes et les intérêts collectifs d'une classe sociale. Il traduit, aujourd’hui, l'indignation de groupes, constitués autour d'une identité de race ou de genre, ayant le sentiment d'être les victimes d'un système de domination. Système auquel ils entendent résister et qu'ils souhaitent détruire. Se défiant du processus électoral et de ses prétendues compromissions, cette gauche, née de la contre-culture des années 60-80, veut s’imposer par une véritable dictature des idées, par une censure, soutenue par l’intimidation et  la violence.

 

 

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30 novembre 2020

LE SCANDALE DES CLINIQUES AU MAROC

   Le Maroc, à l’instar des autres pays, fait face à une pandémie dont la propagation tient en haleine toute la population. Face à cette situation des plus préoccupantes, il y a quelques jours, le gouvernement marocain a pris plusieurs mesures pour briser la chaîne de propagation.

Le ministre de la santé avait alors informé les cliniques privées qu’étant donné que l’offre de soins publics en lits de réanimation est très limitée, il sera fait appel au soutien de l’hospitalisation privée qui sera disposée à travailler dans le cadre d’un partenariat avec le ministère de la santé publique dans l’intérêt du citoyen marocain.

Un devoir qui n’est pas à négocier d’après le président de l’ANCP qui parle au nom de tous les directeurs des cliniques privées à travers le Royaume !!

 Bravo, mais il y a un mais. Les cliniques privées demandent des chèques de garantie avant de recevoir le malade, ce qui est illégale. En outre, ils pratiquent des  prix qui dépassent non seulement l’entendement, mais surtout les possibilités financières de la majorité des marocains. La facturation du moindre séjour en clinique pour un malade du Covid, commence à 60000 dirham pour s’envoler à 150000 dirhams et plus, si le séjour en réanimation s’éternise. Une clinique que je ne citerai pas a conditionné la livraison du corps du malade défunt, au règlement de la facture. Sachant que chèques de garantie, paiement en espèces et facturation abusive sont condamnés par la loi, les responsables, pour le moins cyniques et désinvoltes, déclarent qu’ils n’ont cure des dispositions de la loi. Qu’ils ont procédé ainsi avant même la crise du Covid 19. C’est les mêmes personnes qui se plaignent quand ils sont concernés, du non respect de l’État de droit. 

  Plus révoltant est la déclaration du président des cliniques privées (ANCP), lors de l’émission Faites entrer l’invité sur Radio 2M. Ce président, Redouane Semlali, a défendu bec et ongles les intérêts des établissements de soins payants, dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire liées à la pandémie du nouveau coronavirus, en oubliant tout sentiment d’humanité à l’égard des malades qui souffrent et de leur famille dans la peine. Il a indiqué que les médecins se confrontaient à «des cas de réanimations très grave, qui coûtent cher». Une réanimation dans ces cas-là, était estimée «entre 7000 et 8000 DH par jour, ce que les caisses des cliniques ne peuvent prendre en charge». Nous sommes dans un établissement privé et une prestation doit obéir à des factures». Pour conclure, Redouane Semlali a déclaré que les cliniques ne sont pas là pour gérer la misère du peuple. Pour des personnes sensées avoir prêter le serment d’Hippocrate, on est en droit d’attendre une plus grande commisération, surtout quand le peuple fait face à une épidémie dévastatrice. Croyant ou non, il existe une règle non écrite pour tout marocain, être solidaire avec le peuple marocain. Le Coran, l’ancien et le nouveau testament honnissent l’homme qui se désolidarise de sa famille et du peuple dont il est issu. Peut-être que le gouvernement dans un souci de justice sociale et dans le respect des responsabilités qui lui incombent à l’égard de la population, peut-être qu’il devrait réquisitionner cliniques et personnel dans cette période de mobilisation générale face à un virus qui n’épargne personne. 





 

 

 

 

 

 

 



 

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27 novembre 2020

LES EXCES DU POLITIQUEMENT CORRECT

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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           Derrière des mots acceptables par tous,  le politiquement correct,  cache une arme redoutable : la stigmatisation de l’autre.  Race, genre, sexe :  c’est la guerre culturelle avec comme ennemi, l’esprit du libéralisme.

 Aujourd’hui, la crise touche tous les milieux, les Médias en tête. Le 14 juillet dernier, démissionnait Bari Weiss, journaliste en charge des pages « opinion » du prestigieux New York Times, occasionnant une nouvelle crise au sein de sa rédaction. La journaliste, dont l’indépendance d’esprit avait été récompensée en 2018 par le Prix Bastiat de la Reason Foundation,explique avec franchise et amerture, la guerre idéologique qui est en train de se dérouler dans la presse entre deux conceptions du métier :

« Les histoires sont choisies et racontées de manière à satisfaire le public le plus restreint, plutôt que de permettre à un public curieux de lire sur le monde et de tirer ensuite ses propres conclusions. On m’a toujours enseigné que les journalistes étaient chargés d’écrire la première ébauche de l’histoire. Aujourd’hui, l’histoire elle-même est une chose éphémère de plus, moulée pour répondre aux besoins d’un récit prédéterminé. » C’est une véritable dictature que les usagers du « politiquement correct » tentent, à New-York et ailleurs, en France entre autres, d’instaurer. 

 Le récit prédéterminé doit répondre aux impératifs idéologiques et antilibéraux du nouveau discours de la gauche identitaire, sorte de miroir de la droite identitaire de Donald Trump, dont les défenseurs se comportent comme les pires des censeurs.

 Bari Weiss ajoute :

« Mes […] incursions dans le domaine du « mal-penser » m’ont valu d’être constamment harcelée par des collègues qui ne partagent pas mon point de vue. Ils m’ont traité de nazi et de raciste..…. Là, certains collègues insistent sur le fait que je dois être délogée si l’on veut que cette entreprise soit vraiment « inclusive », tandis que d’autres affichent des émojis de hache à côté de mon nom…. »

On assiste un peu partout, à une dérive identitaire qui polarise les rédactions et assèche les esprits les mieux disposés en faveur des droits des minorités. 

  Aux Etats-Unis, la dégradation du climat entre le clan de Donald Trump d’un côté et celui de la gauche révoltée par l’affaire George Floyd, y est qualifiée de véritable « guerre culturelle centrée sur la race »

  Les libéraux se sont tout naturellement rangés en faveur de la justice et contre le racisme; mais font aujourd’hui face à des concurrents gauchistes issus des universités, qui rejettent la notion de progrès : leur approche définit tout le monde en termes de race, et toute action comme raciste ou antiraciste. Elle n’est pas encore dominante, mais elle se répand au-delà des universités dans la vie quotidienne. Si elle devait supplanter les valeurs libérales, alors l’intimidation effacerait le débat ouvert et sèmerait la division au désavantage de tous, des Noirs comme des Blancs. 

150 intellectuels progressistes se sont mobilisés dans The Harper's Magazine contre le cancel culture, ou call-out culture.  C’est une pratique ravivée aux États-Unis consistant à dénoncer publiquement, en vue de leur ostracisassion, les individus ou les groupes responsables d'actions ou de comportements, perçus comme problématiques. En clair, qui ne respectent pas le politiquement correct. 

    Enfin, les esprits se mobilisent pour défendre le libre-échange des idées et la liberté de débattre, menacés par le clanisme identitaire.

En France, les entrepreneurs identitaires, très actifs dans les universités, arrivent à interdire des débats, des conférences qu’ils jugent politiquement incorrects. Allons-nous voir le débat public phagocyté par une gauche revancharde, parfois repeinte en vert. Les intimidations et les démonstrations de force se multiplient, intimidant des faibles présidents d’universités, souvent relayées par des médias complaisants.

  La nouvelle idéologie raciale en vogue à l’extrême gauche est fausse, dangereuse, et surtout totalement superflue. Le libéralisme offre une voie plus juste et plus prometteuse que ses concurrents. Il défend la dignité de l’individu et l’égalité en droits et en devoirs de tout le monde, quelle que soit la couleur de sa peau. Il défend le progrès construit sur le débat et l’argumentation et privilégie la raison et l’empathie sur l’intolérance et le mensonge.

  La bataille ne fait que commencer !

 

 

 

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20 novembre 2020

CONSTRUIRE UNE ÉCONOMIE PLUS JUSTE, EST-CE POSSIBLE ?

Comme d'habitude le vendredi, voici ma chronique politique et aujourd'hui aussi économique et sociale :

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          La crise de 2008 n’a jamais été surmontée, et les gouvernants répugnaient à procéder aux réformes drastiques qui s’imposaient. Ils reculaient devant le prix à payer, en termes de notoriété et de survie politique, devant l’insouciance de la société civile, toute heureuse de reprendre le cours de la vie, comme si rien n’était arrivé.

 Pourtant, l’origine de la crise aurait dû amener les gouvernants à édicter des nouvelles normes et le capitalisme d’alors, à se réformer en profondeur.

  La crise financière de 2008, comme chacun sait, a d’abord pris naissance dans le secteur immobilier. 

 Cette bulle immobilière a provoqué une crise bancaire lorsqu’on a pris conscience que ces prêts hypothécaires ne seront jamais remboursés. Ils ne rapportaient déjà plus rien, devant l’insolvabilité des contractants. Une méfiance s’est installée, qui a conduit à une dégringolade des bourses, une récession et une hausse du taux de chômage dans plusieurs pays à travers le monde. 

  La cupidité, l'irresponsabilité, l'arrogance, le manque d'éthique, le laxisme, les demi-vérités, les mensonges, l'appât du gain rapide, le maquillage des comptes, la sur-spéculation,  la démesure, les placements complexes, risqués et incontrôlés, la corruption, sont les causes qui ont généré ces crises immobilières, bancaires, financières, économiques, politiques, budgétaires, fiscales, sociales, de 2007 à 2018, dont les conséquences dureront des années. 

Le plus scandaleux, c’est pendant que les pauvres devenaient plus pauvres, que les classes moyennes voyaient leur pouvoir d’achat fondre, comme neige au soleil, les riches devenaient plus riches. Les inégalités étaient devenues criantes et insupportables.

  Soudain, le Covid 19, arriva, avec son train de mesures qui mettent à mal l’économie, cette fois-ci ouvertement. Une « aubaine pour le Pouvoir, car la prise de conscience qui s’en suit, devrait permettre de prendre, enfin, les mesures qui s’imposent. Toutes les classes de la société doivent réaliser que le capitalisme tel qu’il fonctionnait avant la crise sanitaire, ne peut pas répondre efficacement aux enjeux, entre autres, environnementaux et sociaux, qui sont les nôtres aujourd’hui.

 Les États ont pris naturellement les choses en main, mais avec la lourdeur inévitable des  mammouths, que sont devenus la plupart des ministères. Ils ne pourront pas apporter la réponse qu’il faut, sans associer le patronat, les syndicats et la société civile, bref tous les acteurs de l’économie. La priorité des priorités sera de rétablir la Confiance. Cette confiance, la nécessité cardinale pour une vraie relance, a été perdue par les gouvernants et les élites. On voit alors un foisonnement d’idées, plus farfelues l’une que l’autre, et le retour de vieilles utopies auxquelles on avait cru avoir tordu le cou pour toujours.

  Que faire ? Tant que la gestion de l’économie sera faite dans l’immédiateté au détriment du future, on ne pourra pas mettre en place un capitalisme plus juste et plus « durable ». Tant que les chefs d’entreprises seront soumis à la pression de la Bourse, à la nécessité du profit immédiat, on ira de bulles en bulles et de crise en crise. Tant que la spéculation financière ne se basera pas sur l’économie réelle, qu’elle ne donnera pas la priorité à la production de richesses à redistribuer, les inégalités iront en augmentant.

 C’est une véritable révolution des comportements et des techniques de gestion qu’il faut revoir, en remettant l’Homme au centre de nos considérations, la priorité à l’Avenir et le respect de notre environnement.

Le « monde d’après » ne sera pas différent, si le capitalisme et tous les acteurs économiques ne se remettent pas en question. Les inégalités sociales, tant au niveau des individus que des états, ne peuvent pas perdurer au stade d’aujourd’hui.

  La société civile doit se mobiliser, elle doit être pragmatique et ambitieuse. Il n’y aura pas de lendemains qui chantent, ni de table rase. Il y aura des efforts à déployer et des tabous à renverser. C’est vrai pour le monde de la finance comme celui des entreprises.

Plusieurs lois ont été prises, contre le gaspillage, par exemple, « on produit, on consomme, on jette ». Mais combien sont appliquées ?

Nous ne pouvons plus être indifférents aux problèmes des autres. Ils nous rattraperont et nous terrasseront. La coopération entre le secteur publique, secteur privé et société civile, s’impose dans l’urgence. C’est ensemble que pourra être construite, peut-être, une économie plus juste et plus durable, dans le respect des uns et des autres.

  Nous ne pourrons qu’ensemble, influer sur le cours des choses !

 

 

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