Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

17 février 2020

FAUT-IL LE DIRE ?

     Depuis plusieurs semaines on ne peut pas ouvrir un journal, une télévision, sans que l’on ne vous parle de l’épidémie du coronavirus. On vous donne, en temps réel, le nombre de morts, le nombre de contaminés et le nombre des mis en quarantaine. Certains pays sont en rupture de stock de masques et les compagnies aériennes n’assurent plus certaines destinations. Les gouvernements occidentaux affrètent des avions en urgence absolue, pour évacuer leurs nationaux de Chine et du Japon.

    Quelqu’un s’est-il posée la question de l’importance des épidémies annuelles de grippe en Occident, par exemple la France ?

  En 2019, l’épidémie de grippe a duré en France de février à septembre. Elle a provoqué 1,8 million de consultations pour syndrome grippal, 65600 passages aux urgences, et 11000 hospitalisations.

  On a enregistré 13100 décès en excès dont 9900 attribué à la grippe durant la période de surveillance, selon les services de la Santé publique et ce pour une population de 67 millions.

  En Chine, le coronavirus est responsable de 1765 décès pour une population de 1,386 milliard (2017). La comparaison de ces chiffres oblige à se poser la question : sommes nous devant une manipulation, si oui, pourquoi ?  

 

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14 février 2020

LA PAIX, ARLESIENNE DU MOYEN-ORIENT

@Chronique politique hebdomadaire du vendredi. Elle traite cette semaine d'un problème qui me tient à coeur: un État viable palestinien.

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   Il y a des militants de salon comme il y a des sportifs de tribune. Ils ont la voix haute et des convictions à géométrie variable. Bien sûr, ils savent tout, ils ont les solutions, « il n’y a qu’à ».

  Je pense que ces stratèges de la chose publique, au lieu de hurler avec les loups, au lieu d’étaler leur militantisme nourri d’idées reçues, consacrent quelques instants de leur vie à aller sur place, à vivre les problèmes des Palestiniens. Alors, alors je serai disposé à les écouter. 

  Auprès du président palestinien, Yasser Arafat, j’ai consacré dix ans de ma vie au problème israélo-palestinien. J’en ai tiré plusieurs convictions. La première est que seuls les deux peuples peuvent décider de quelle Paix ils veulent. Aucune puissance étrangère, fusse-t-elle la première du monde, ne peut imposer une solution à ce conflit. La seconde est, qu’au-delà des dirigeants politiques, les deux populations s’entendent pour vivre les uns à côté des autres, à l’exception des éléments radicalisés et manipulés. 

  Toutes ces campagnes contre la normalisation des relations des uns et des autres, les campagnes du soi-disant boycotte, ne sont pas pour le bien de la cause palestinienne. Avec qui parler, si ce n’est avec la personne en face, avec qui négocier si ce n’est avec son « ennemi ». Avec qui commercer en priorité, si ce n’est avec son voisin. La réalité sur le terrain est tout autre que celle des arguments de salon de ces « militants. »

  Il faut parler clair et net. Il faut appeler un chat, un chat. La situation aujourd’hui à la tête, et des Israéliens et des Palestiniens, n’est pas des plus glorieuse.

  La dernière fois qu’il y a eu des élections palestiniennes, Hamas était sorti largement vainqueur. Même si aujourd’hui, les Israéliens acceptent que les palestiniens résidents à Jérusalem participent au vote, Mahmoud Abbas trouvera une autre excuse à continuer de trainer les pieds.

  Mahmoud Abbas et son équipe semble considérer l’Autorité  Palestinienne comme leur propriété privée. Le parlement n’a jamais repris ses travaux depuis près de deux décennies, même si ses membres continuent à être payés. On ne peut pas diriger un peuple avec seulement des collaborateurs « oui Président » qui sont là pour applaudir à toute action ou initiative « présidentielle ». C’est ainsi que Mahmoud Abbas gouverne, et il ne voit aucune raison de changer.

  Il blâme Israël de ne pas le laisser organiser les élections. L’ONU et les capitales des puissances qui s’intéressent au Moyen-Orient n’ont jamais eu échos d’une volonté de Ramallah d’organiser des élections et donner enfin aux Palestiniens un Président légitime.

  Aujourd’hui, cela va faire 12 ans que son mandat de quatre ans s’est terminé. Mahmoud Abbas, dit Abou Mazen, a été élu pour succéder à Yasser Arafat en janvier 2005, depuis c’est le statu quo, on ne parle pas d’élections !

Pendant un temps, le Hamas a été l’excuse idoine, après, cela a été Israël. Depuis 2009, Abbas n’a aucune légitimité à assumer la présidence de l’Autorité Palestinienne.

Mahmoud Abbas, prenant prétexte de ses relations conflictuelles avec le Hamas et la situation de rébellion de Gaza, n’a pas également organisé le renouvellement des membres du Parlement palestinien, le PLC (the Palestinian Legislative Council). Les élections de 2006 s’étaient traduites par une victoire écrasante du Hamas. La réponse a été la mise en congé du parlement pour une durée indéterminée, avec le silence complice de l’opinion mondiale, elle qui est si prompte à donner des leçons de morale et de bonne gouvernance !

  Si on veut sincèrement qu’une solution de deux pays (Israël et Palestine) prenne un jour place, si on veut que la paix règne un jour dans cette région du monde, il faut que de véritables négociations directes s’organisent, sans préalables ou diktat.

Pour cela, il faut que les deux dirigeants, israélien et palestinien, ne soient pas des chefs en état de faiblesse, contestés par une majorité de citoyens. Les Palestiniens devraient dans les plus brefs délais organiser des élections, législatives et présidentielles, et donner ainsi une légitimité incontestée à celui qui sera leur Président. Les Israéliens devront régler le problème Netanyahu, car sa situation juridique pose problème. Espérons que les prochaines élections israéliennes apporteront  la réponse claire que tout le monde attend.

 Toute négociation est basée sur des compromis, parfois difficiles et douloureux. Pour pouvoir les faire et les imposer aux deux peuples, il faut à leur tête des Hommes forts et incontestés.

  Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

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07 février 2020

LE KREMLIN S’AFRICANISE

Vendredi, jour de ma chronique politique hebdomadaire, comme d'habitude.

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                   La politique étrangère du Kremlin a ajouté un autre champ d’opérations à sa stratégie géopolitique : l’Afrique. Après les puissances coloniales et aujourd’hui, l’omniprésence de la Chine en Afrique, la Russie est en train d’y reprendre pied. Méthodiquement, lentement mais surement, elle réactive les alliances historiques en exploitant l’héritage communiste.

  Du 24 au 26 octobre de l’année dernière, Vladimir Poutine a réuni, dans son lieu favori, Sotchi, quarante trois chefs d’États africains. Le président de toutes les Russies a été des plus clairs : « La Russie veut renforcer ses relations avec l’Afrique. » 

En respectant l’Histoire, il faut parler d’un retour et non d’une première. L’URSS disposait d’un réseau important de pays « amis », animés par le combat anticolonialiste et la propagande marxiste-léniniste. Aujourd’hui, point de lutte idéologique, c’est le pragmatisme et l’économie qui priment.

  Après son retour gagnant au Moyen-Orient, les pays qui sont restés à l’écoute de Moscou, ne manquent pas. Puissance militaire incontestée, marchand d’armes de renom, l’image de la Russie dans ce continent n’a pas été détériorée par des promesses non-tenues ou une occupation coloniale aujourd’hui inacceptable. Stratège hors pair, Vladimir Poutine a débuté son offensive de charme, en Algérie et en Égypte. À l’opposé de la communauté internationale (qui se ressaisira plus tard) il a d’emblée soutenu le général Sissi. 

 Sa stratégie se développe sur trois axes : annulation des anciennes dettes, signature d’accords de défense et livraisons généreuses d’armes. 

  Au delà de son action officielle, Moscou est présent, plus discrètement, au travers des activités africaines du groupe Wagner, une société militaire privée dont sa proximité avec le Kremlin est un secret de polichinelle. 

  Outre l’Algérie et l’Égypte, l’Ouganda, l’Angola, le Mozambique, le Nigéria, l’Éthiopie, la Centrafrique ou la Libye, ne sont plus des terres inconnues aux hommes du Kremlin.

  Si leurs efforts se concentrent pour le moment sur les aspects sécuritaires, c’est parce que c’est le secteur où sa plus-value est la mieux reconnue. Cette stratégie d’entrée menace aujourd’hui les intérêts de la France au Sahel. À Sotchi, Poutine a clairement annoncé son soutien à la lutte antiterroriste de plusieurs États africains en les citant nommément : le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger, le Mali et le Tchad, une grande partie de ce que l’on appelait encore, il y a peu de temps, le pré-carré de la France.

  Mais les échanges commerciaux sont une cible prioritaire, avec l’objectif de les doubler le plus rapidement possible. Ils représentent aujourd’hui 20 milliards de dollars contre 200 milliards pour la Chine et 50 milliards pour la France. Il est certain que les ressources naturelles de l’Afrique sont un objectif, diamants, hydrocarbures par exemple. La Russie interviendra dans les infrastructures (chemins de fer, barrages) les domaines de l’énergie et l’agroalimentaire.

  Poutine, qui veut que la Russie reprenne sa place dans le concert des Nations, semble avoir compris qu’aujourd’hui, les liens avec les États, ne sont plus d’ordre idéologique, mais économique et sécuritaire.

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31 janvier 2020

LE PLAN DE PAIX DE DONALD TRUMP

Le président américain, Donald Trump, a exposé son plan de paix pour le Moyen-Orient. Ayant été dix ans le conseiller du président palestinien, Yasser Arafat, je me dois de consacrer ma chronique politique hebdomadaire du vendredi aux propos de Donald Trump.

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   Mardi dernier, le président américain a présenté son plan pour la paix au Moyen-Orient. C’est un alignement sans précédent sur les exigences israéliennes qui prévoit des concessions massives de la part des Palestiniens. On aurait tendance à qualifier ce plan de manœuvre électoraliste pour Donald Trump et de bouée de sauvetage pour le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. L’un, en campagne électorale, est soumis à une procédure de destitution au Sénat, l’autre est sous le coup d’inculpations graves pouvant le mener à la case prison.

Voici les principaux points du plan Trump :

- Jérusalem restera la capitale indivisible d'Israël.

- La création d'un État palestinien serait possible à condition que les Palestiniens se plient aux conditions prévues dans le plan de paix. Ils devront notamment reconnaître Israël comme "État juif", "rejeter le terrorisme sous toutes ses formes" et renforcer leurs institutions.

 -L’État palestinien sera constitué "d'un seul tenant"( ?). Les différentes parties seraient alors reliées par "des réseaux de transport modernes et efficaces" et des tunnels.

 -  Création d'une capitale palestinienne dans "Eastern Jerusalem", ce qui peut désigner Jérusalem-Est ou les localités limitrophes. 

- La vallée du Jourdain sera partie intégrante de l’État d’Israël 

  -  Washington reconnaîtrait les colonies comme faisant partie d'Israël à l’opposé des positions onusiennes. 

   - Israël s'engagerait à geler le développement de toute colonie pendant quatre ans, durée pendant laquelle les Palestiniens pourraient donc revenir sur leur rejet actuel de ce plan.

   - Les réfugiés palestiniens n'auront pas droit au retour en Israël. Ils auront le choix entre vivre dans le futur État palestinien, s'intégrer dans les pays où ils résident actuellement, ou s'installer dans un pays tiers.

-      Une aide financière de plusieurs milliards de dollars, sur plusieurs années, est prévue en soutien au plan, mais aucune précision n’a été donnée sur les montants exacts ni sur les modalités.

Ce plan « gagnant-gagnant » est plutôt un plan « gagnant-perdant » que même les Israéliens ne devraient pas soutenir. Lors de sa présentation, le Président américain a ajouté qu’il fallait qu’il

  « fasse beaucoup pour les Palestiniens, ou ce serait injuste » mais n’a pas été explicite sur ce qu’il entendait par « faire beaucoup.»

   C’est, à l’évidence, une proposition unilatérale non négociée, sachant que les relations entre Palestiniens et Américains sont gelées.

  Ce projet nommé par Netanyahu « l’accord du siècle » n’intervient pas dans un moment propice, ni à bon escient.

Présentée d’abord lundi 27 janvier dernier par Donald Trump au premier ministre par intérim, Benyamin Netanyahu et à son challenger arrivé en tête des dernières élections de septembre 2019, Benny Gantz, la proposition a été établie sans pourparlers avec les Palestiniens. Comment prétendre mettre en place un plan qui ignore la moitié des interlocuteurs ?  

  Aucun responsable palestinien n’a été invité à Washington pour discuter du plan avec l’administration américaine. 

  Benyamin Netanyahou est maintenu au poste de Premier ministre par intérim. Un statut quelque peu précaire pour négocier un accord international. C’est pourquoi, le président Trump avait également convié à Washington le leader du parti Bleu Blanc, Benny Gantz. 

Ce plan considéré par son auteur comme un « grand pas vers la paix », d’une asymétrie éclatante, risque de rester un vœu pieux.

 Les Palestiniens ne pourront tirer le moindre avantage de cette « vision » avant d’avoir rempli une longue liste de pré-conditions, à commencer par le désarmement de la milice du Hamas, à Gaza.

 Ce plan a naturellement été immédiatement rejeté par la partie absente à Washington, l’Autorité palestinienne. 

Officiellement présenté mardi, il s’inscrit dans la solution des deux Etats soutenue par les Nations unies : la création d’une Palestine au côté d’Israël. Dans ses détails, la version de Donald Trump tire un trait sur toute référence aux résolutions onusiennes concernées. 

  Ce plan est tout simplement un « coup » de communication israélo-américain. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il est irréalisable en l’état.

Il est rejeté par toutes les parties concernées, sauf Israël.

L’Egypte a adopté une position prudente et le Maroc comme l’Arabie saoudite « apprécie les efforts de l’administration du président Trump. » 

La formule de « solution négociée et viable à deux Etats, acceptable par les deux parties » a été reprise par le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

L’EU allait « étudier et évaluer les propositions avancées ». La Russie a pour sa part prôné des « négociations directes » entre Israéliens et Palestiniens, afin de parvenir à un « compromis mutuellement acceptable ». 

A New York, le porte-parole des Nations Unies a rappelé que l’organisation internationale s’en tenait aux frontières définies en 1967. « La position des Nations unies sur la solution à deux Etats a été définie à travers les ans par des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale auxquelles est tenu le secrétariat de l’ONU ». 

  Le seul mérite de ce plan aura été de remettre le problème israélo-palestinien sur la table des différentes chancelleries.

 

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24 janvier 2020

FIN DE L’IMPÉRIALISME OCCIDENTAL ?

 21h10, il n'est pas trop tard pour vous donner ma chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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   Apparemment, la décennie qui vient de s’écouler marque, pour les Occidentaux, la perte de leur leadership. L’omniprésence de l’Occident dans les affaires du monde, est en train de devenir un lointain souvenir. 

  Le calendrier diplomatique n’est plus l’apanage de l’Occident, avec en tête les Etats-Unis d’Amérique. Nous vivons une époque de basculement du leadership d’Occident vers l’Asie.

 L’Iran, la Chine et la Russie se livrent à des manœuvres navales en mer d’Oman. Ce golf persique qui a été jusqu’alors la chasse gardé de la flotte américaine.

 La nouveauté est l’assurance de la Chine qui n’a plus peur de recourir à ses forces armées pour défendre ses intérêts économiques. Elle a ainsi vassaliser le Cambodge et coloniser le Tibet. Par son action diplomatique, son aide économique et la présence de son armée aux frontières, elle tient en laisse la Corée du Nord. Elle a gagné une guerre contre les américains  sans livrer bataille, la mer de Chine méridionale est désormais sienne.

 Il fut un temps où de tels événements stratégiques et militaires eussent été inconcevables sans l’aval de Washington.

  Pendant ce temps là, échec après échec, l’Occident cède la place. Il est fini le temps des expéditions militaires, la guerre d’Irak a été un revers dramatique pour ceux qui prétendaient y apporter la démocratie. La Libye doit son chaos aux Anglais et aux Français appuyés par le bras armé des Etats-Unis, l’OTAN.  L’Afghanistan a été une guerre aux motivations peu claires pour le citoyen lambda, une guerre perdue, quelque soit l’habillage que lui donnera la communication américaine. Il faut y ajouter le printemps arabe, où les Occidentaux ont multiplié les erreurs.

La Russie, à cause de la crise ukrainienne de 2014 a quitté la sphère occidentale à laquelle elle avait pourtant adhéré durant l’ère Eltsine. Il faut espérer qu’elle ne l’aura pas quitté définitivement. La politique agressive des américains à son égard et le suivisme des européens, l’ont jeté dans les bras de la Chine.

 Dans la stratégie géopolitique des États, la démocratie occidentale a montré ses limites face au temps long dont disposent les régimes Russe et Chinois.

  Mais l’Occident est en train de perdre son leadership également dans le monde culturel. L’Écologie, qui a tout d’une nouvelle religion, rebute plus d’un par ses excès et son intolérance. Il semble qu’en Occident, l’Art ne veut plus utiliser que des matières biodégradables. Il s’inscrit ainsi en opposition frontale à toutes les créations de l’Homme par quoi il a voulu marquer son passage ici-bas. 

La nouvelle société qu’on voit poindre en Occident veut des individus sans racines ni attaches. Elle donne l’impression qu’elle veut une existence qui ne doit laisser aucune trace. Le culte de Mère nature veut ignorer ce que notre existence d’aujourd’hui doit à des milliers d’années d’efforts pour remédier aux aléas de cette même nature, pas toujours conciliante avec les besoins humains. Faut-il les croire quand ils déclarent que l’Homme pervertit la Nature par sa seule présence. Ne vont-ils pas trop loin, tous ces apprentis-sorciers ?

  Heureusement pour l’Homme, d’autres peuples moins dépressifs et décidés à marquer de leur sceau leur passage sur terre, sont en train de sortir l’Occident du grand jeu planétaire.

  On peut se demander si la décennie 2020-2029 va porter le coup de grâce à la prééminence des nations d’Occident.

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17 janvier 2020

LE LIBAN DANS LA TOURMENTE

C'est devenu un rituel, voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                 Depuis le 17 octobre, faisant pendant aux manifestations algériennes à l’autre bout de l’Afrique du Nord, la population libanaise manifeste. Elle manifeste contre son Élite, contre ses dirigeants politiques, contre les caciques du gouvernement. Comme d’autres l’on fait avant elle, elle est parti en guerre contre ses élites. 

Une unité exceptionnelle semble souder les Libanais pour exprimer leur ras-le-bol, Jeunes, vieux, maronites, musulmans.

  Le mouvement a été déclenché par l'annonce d'une nouvelle taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie Internet comme WhatsApp. Le ministre des Finances a rétropédalé, trop tard, le mal était fait. La contestation se nourrit de cette impression que la seule réponse aux difficultés du pays serait une nouvelle taxe imposée à la population, dont un tiers vit sous le seuil de pauvreté.

La longue guerre (1975-1990) a laissé le pays en triste état, creusant la dette, qui atteint aujourd'hui 151 % du PIB. Bien qu'irrigué, et jouissant de terres fertiles, le pays doit importer une grande part des produits de première nécessité. Plus d'un tiers des moins de 25 ans serait au chômage.

  Face à un coût de la vie élevé, l'économie souterraine a pris une place importante. Selon le FMI, elle représentait 30 % du PIB en 2011.

  Les pouvoirs publics comme les élites libanaises, demeurent jusqu’à présent, incapables de répondre à la double faillite politique et financière qui frappe le pays.

 La classe politique libanaise, malgré l’urgence, n’a toujours pas un plan répondant aux attentes des manifestants. Le Liban est aujourd’hui face à la faillite financière la plus grave de son histoire. Cette crise financière risque de plonger rapidement plus de la moitié de la population sous le seuil de pauvreté.

  Les manifestants se sont adaptés aux actions violentes d’intimidation venant de groupes proches aux deux partis chiites, omniprésents dans le jeu politique : le Hezbollah et Amal. La rupture est consommée pour un nombre grandissant de libanais.

  Le parti chiite, à la fois milice combattante impliquée en Syrie et organisation confessionnelle implantée au Liban, est devenu la principale force politique du pays et une véritable puissance régionale. C’est un État dans l’État, avec une force armée qui défie l’armée régulière étatique. Il se sert de cette force pour passer des alliances avec ses anciens ennemis et garantir les intérêts iraniens.

  L’inquiétude de la communauté internationale grandit à mesure que le pays s’enfonce dans la crise. Les politiques, aveuglés par leurs soucis de préserver leurs prébendes, se paralysent les uns les autres. Face aux atermoiements de cette classe, qui n’a toujours pas pu s’entendre depuis la démission de Saad Hariri, ce qui inquiète les partenaires internationaux du Liban, est qu’il n’y a « aucune gestion de la crise », alors que les problèmes économiques et sociaux s’aggravent.

Des divergences opposeraient certains États sur la forme du futur gouvernement, Washington préférant un cabinet de technocrates sans le Hezbollah, Moscou un gouvernement politique et Paris une solution à mi-chemin. C’est aux Libanais eux-mêmes de décider, disent-ils aussi d’une même voix.

  Évidemment, les États-Unis, qui intensifient sur le plan régional, leurs pressions contre l’Iran et ses alliés, ne seraient pas mécontents de voir un cabinet dont le parti pro-iranien serait absent.

Pour la classe politique, c’est toujours « business as usual » face aux revendications de la rue, alors que le soulèvement dure depuis plus de deux mois.

Dans le même temps, elle estime que les partis au pouvoir, y compris le Hezbollah, ne veulent pas d’un effondrement généralisé, qui ne serait dans l’intérêt de personne.

 Avec l’aggravation des problèmes économiques et sociaux, une « révolution de la faim » pourrait se profiler. Cependant le Liban ne se dirige pas pour le moment vers un effondrement total. Il a encore un répit de plusieurs mois avant d’atteindre une situation de non-retour.

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16 janvier 2020

HOMMAGE À CELUI QUI AURAIT DÛ ÊTRE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

     Il y a dix ans, le 7 janvier 2010, s’éteignait Philippe Séguin. Homme d’État, il fut ministre, Président de l’Assemblée nationale et le premier Président de la Cour des comptes, fonction qu’il assuma avec talent depuis 2004, jusqu’à son décès.

  Beaucoup ne l’ont pas oublié et lui ont rendu un hommage attendu et mérité. Le 7 janvier dernier, ils ont célébré son sens de l‘État, son amour de la France et son parcours politique exemplaire.

   Le présent hommage s’accompagne d’un brin de nostalgie, Séguin jouait à droite le même rôle, que  celui de Mendès-France à gauche.

  Il a été le dernier Gaulliste authentique avec une réelle fibre sociale. Il aurait dû devenir Président, son rendez-vous manqué avec l’Histoire de France, il le doit principalement à Jacques Chirac, qui n’aimait pas « les artichauts qui dépassent les autres », il faut les couper, disait-il.

 La légende de Philippe Séguin est née en 1990, quand opposé une construction européenne qu’il jugeait tyrannique et impuissante, il mena le combat pour le Non, lors du référendum sur les accords de Maastricht. Ses interventions sur ces sujets ont été prophétiques. Il ne voulait pas que l’Europe soit défigurée politiquement par « un machin technocratique qui désincarne les peuples et les neutralise culturellement. » Philippe Séguin a été un homme politique remarquable, aux qualités reconnues et célébrées.

  L’histoire du gaullisme représente une aspiration à l’indépendance nationale et un attachement plus universel à la cause des peuples, ce qui amené De Gaulle et après lui Seguin, à soutenir l’indépendance du Québec. Philippe Séguin aura été certainement le dernier Gaulliste, le dernier à avoir un destin national.

  Vaincu, meurtri, s’il est passé à côté de son destin, ses actions ont laissé un souvenir impérissable. Il a fait vivre une tradition qui transcendait les clivages politiques et plaçait au cœur de l’action, l’amour de la patrie. 

  Ne nous trompons pas, aujourd’hui notre monde n’est plus celui de Philippe Séguin, la souveraineté reste en question,  mais dépassée par celle de l’identité. 

 Philippe Séguin avait su en son temps, conjuguer le nationalisme et la démocratie. Puisse-t-il inspirer les jeunes générations qui entendent l’appel de la cité et ne veulent pas son avachissement historique et spirituel. Le gaullisme ne servirait plus à rien, s’il ne montrait pas la voie à suivre.

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14 janvier 2020

LE RÉGIME IRANIEN MARQUE LE PAS

On m'écrit pour me demander pourquoi je ne parle pas des événements Iran/États-Unis.J'attendais que le brouhaha des médias s'apaise pour en parler en toute sérénité.
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   Malgré une situation économique désastreuse, une large partie de la population qui manifeste contre la gestion du pouvoir, l’Iran des mollahs continue à être offensif à l’extérieur. Mené par le général Soleimani, convaincu de sa force armée, l’Iran des Mollahs développe une action agressive sur tous les fronts du Moyen-Orient. Devant l’inertie apparente de Washington, le Général, numéro 2 virtuel du pouvoir à Téhéran, s’est enhardi. Après avoir abattu deux dromes américains, attaqué un tanker dans le golf persique, bombardé les réservoirs pétroliers d’Armco, en Arabie Saoudite, il a franchi la ligne rouge en attaquant l’Ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Ayant une opinion publique rétive à la guerre, Donald Trump attendait en réalité que des intérêts américains soient directement attaqués pour réagir. Il le fit durement en passant outre à une loi non écrite : « On ne touche pas aux dirigeants d’un pays. » En tuant le plus glorieux général du régime, en tuant le numéro 2, véritable ombre porté de l’ayatollah Khamenei, l’avertissement était des plus clairs. On n’allait pas revivre la crise des otages de l’ambassade de Téhéran. Cette crise correspond à un épisode de tension internationale dans les relations entre les États-Unis et l'Iran, qui survient à partir du 4 novembre 1979. L’instauration de la République islamique d’Iran, marquée par la destitution du Shah, Mohammed Reza Pahlavi et le retour du guide de la Révolution, l’Ayatollah Khomeini, le 1er février 1979, avait marqué un tournant dans les relations entre les Etats-Unis et l’Iran. Tension accrue, lorsque des assaillants se déclarant « étudiants musulmans dans la ligne de l’imam Khomeini », investissaient l’ambassade américaine de Téhéran et prenaient en otages les 56 membres du corps diplomatique.
Devant l’audace américaine, le guide suprême s’est trouvé alors dans une situation des plus délicates. Ne pas riposter était impensable, riposter était dangereux, Trump annonçant que 51 cibles ont été données au Pentagone pour répondre massivement à une éventuelle attaque iranienne. Aucun intérêt US, à fortiori des ressortissants américains, ne devaient être touchés.
L’Iran se doit de sauver l’honneur, mais ne veut surtout pas, provoquer la guerre.
Une vingtaine de missiles tirés depuis l’Iran par les Gardiens de la révolution sur deux bases irakiennes où se trouvent casernés des militaires américains, ont constitué la réponse très étudiée des autorités de la République islamique.
Pas de victimes ni du côté des forces américaines, ni du côté des forces iraquiennes. Des dégâts insignifiants sont annoncés par le Président américain. La question se pose alors, l’Iran a raté ses cibles volontairement ? Le système de défense américain a-t-il détruit en vol ceux des missiles qui allaient les toucher ? Manque d’entrainement des forces iraniennes ? Il semble qu’il y a un peu de tout cela, mais une évidence, l’Iran prend au sérieux les avertissements de Trump et ne veut ni ne peut aller à la guerre. La catastrophe de l’avion de ligne ukrainien abattu par erreur par un missile iranien tend à prouver que les forces iraniennes sont nerveuses et pas suffisamment entrainées. On retiendra, aujourd’hui, que la donne a changé et que le régime à Téhéran est ébranlé, suffisamment pour tomber ? On le saura dans un proche avenir. Ce régime ne tombera que de l’intérieur. Le peuple iranien est dans sa grande majorité patriote et une attaque extérieure ne fera que le souder autour du drapeau attaqué.
1El Heziti Naoufal
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09 janvier 2020

USA, LE PAYS DE TOUS LES EXCÉS

Voici ma chronique du vendredi, loin de la tempête médiatique des événements d'Irak et de l'odyssée de Carlos Ghosn:

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Lorsqu’une théorie est adoptée en Amérique, sa logique est poussée jusqu’au bout, une véritable radicalisation. Les campus américains sont devenus le lieu de batailles ubuesques menées par des étudiants radicaux, qui, au nom de la justice sociale, de l’antiracisme et des inégalités, organisent une véritable surveillance allant jusqu’au lynchage médiatique de ceux qui offensent, par leurs paroles ou leurs actes ce qu’ils jugent « politiquement correct ».

Ce fléau du politiquement correct divise la société américaine, particulièrement la gauche.
Les errements de certains collèges défrayent régulièrement la chronique. Portés par une frénésie idéologique robespierrienne, professeurs, écrivains, journalistes et chefs d’entreprises sont pris à partie par ses « justiciers sociaux » organisés en associations militantes.
Aujourd’hui, aux Etats-Unis, écrivains et artistes s’autocensurent par peur du lynchage.
Les classes dirigeantes sont devenues incapables de nommer le réel, engluée dans un relativisme et une vision sacralisée des droits de l'homme.
Nombre de personnalités politiques et médiatiques usent et abusent d'euphémismes et de termes neutres pour évoquer par exemple le terrorisme islamiste. Les « Élites » sont devenus le symptôme d'une affection institutionnelle très répandue aux Etats-Unis, l’observation maladive du « politiquement correct ». Par crainte de susciter la controverse, c'est-à-dire l'ire du politiquement correct, les membres des gouvernements et de leurs administrations pèsent et soupèsent chacun de leurs mots. Ils se retranchent derrière ce qu’on peut appeler le “langage procès-verbal”.
Le monde occidental a renforcé de plus en plus les droits de la défense, à grand renfort de jurisprudence et moyennant un arsenal législatif pléthorique. En théorie, cela constitue un progrès. Mais en pratique, cela a entraîné un déséquilibre manifeste entre l'intérêt de l'individu et celui de la société. Les droits de l'homme sont devenus une notion fétichisée, particulièrement en France, qu'il est très difficile de questionner sans essuyer un tombereau d'indignations. 
Les critères moraux et politiques sont sacrifiés sur l'autel de l'individualisme. C'est le triomphe du relativisme à tous les étages.
La classe dirigeante a peur de ses propres turpitudes. Ceux qui votent « mal » aujourd'hui, les ratés de la mondialisation, les analphabètes, les imbéciles, les citoyens de l’Amérique profonde que l'on accuse de racisme ou d'islamophobie, expriment en réalité leurs peurs et leur ras-le-bol du « politiquement correct » dont ils ne voient pas la nécessité et qui est, pour beaucoup, une véritable censure.
Le politiquement correct consiste à policer excessivement ou modifier des formulations qui pourraient heurter certaines catégories de personnes, notamment en matière d'ethnies, de cultures, de religions, de sexes, d'infirmités, de classes sociales ou de préférences sexuelles.
Les locutions et mots considérés comme offensants ou péjoratifs sont remplacés par d'autres considérés comme neutres et non offensants. Le balayeur des rues devient un technicien de surface, un sourd un malentendant etc. Le langage politiquement correct utilise abondamment l’euphémisme, les périphrases, les circonlocutions.
Le monde anglo-saxon considère le « politiquement correct » comme propre à la culture anglo-saxonne.. Le pousser à l’extrême, comme c’est le cas dans les campus américains, revient en réalité à bâtir une société intolérante, à l’opposé de la défense des minorités, qu’on prétend défendre.
Pour la gauche américaine l’expression « politiquement correct » est une invention des conservateurs américains pour discréditer le progressisme souhaité. Le terme, à leurs dires, a été utilisé pour détourner le débat sur les discriminations et les inégalités.
Le « politiquement correct » nuit à la liberté d’expression, quand il est présenté et perçu comme une « police du langage » voire une « police de la pensée. »
Ce « politiquement correct » risque de nous mener vers un monde totalitaire, régulé par l’autocensure et appelé à la destruction de toute forme de créativité.
L’Europe est sur ce chemin, espérons qu’elle n’ira pas jusqu’au bout des raisonnements radicaux des campus américains. Il faut raison garder !

 

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05 janvier 2020

AHURISSANT

AHURISSANT !

Il y a un État qui passe, à juste titre, pour une démocratie exemplaire au Moyen-Orient, Israël. Mais la règle cardinale de l’indépendance de la justice, et celle de l’égalité des citoyens devant la loi, risquent d’être bafouées par le premier ministre, « himself », monsieur Benyamin Netanyahou. Inculpé par le procureur général du pays, de plusieurs chefs d’inculpation, ce dernier, qui n’est pas à une violation de la Loi près, n’a rien trouver de mieux pour sa défense, que de demander au parlement israélien, la Knesset, de voter une immunité lui permettant de se soustraire au procès qui risque de le faire passer par la case prison. Affaire à suivre…

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