Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

17 mars 2017

Les paradoxes du Moyen-Orient

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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              Le basculement de la stratégie géopolitique des Etats-Unis vers le Pacifique, a plongé les pays du Golfe dans l’incertitude et l’inquiétude. Washington a pratiquement abandonné la région aux Russes et aux Iraniens.

La montée en puissance de l’Iran, depuis l’accord nucléaire intervenu avec l’Occident, Amérique en tête, illustre, en termes de lutte, non armée pour le moment, la rivalité Sunnites/Chiites.

Au delà de la course au leadership entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, se pose la question de la sécurité pour les pays sunnites, dépourvus aujourd’hui du parapluie américain, auquel ils ne croient plus. L’histoire récente, abonde d’exemples : le Shah d’Iran, Kadhafi en Libye, Moubarak en Egypte.

Aussi, les pays sunnites, spécialement ceux du Golf, misent, aujourd’hui, sur Israël, pour leur sécurité.

La nouvelle administration Trump, poursuit le retrait d’Europe, du Maghreb, du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, suivie en cela par l’Union européenne. Ils ont laissé le champ libre à la Russie et à la Chine, pour leur grand Eurasie, à travers la nouvelle route de la soie que Xi, le Président chinois construit patiemment depuis 2003.

 Ceci a poussé l’Arabie Saoudite à envisager un partenariat avec Israël. Les 21 et 22 février dernier, les hauts responsables des services de renseignement, ont rencontré, discrètement, leurs homologues à Jérusalem. Le projet iranien, ‘Riad d’abord’, qui consiste à élargir le rayon d’action des Scud-C et D de 100 kilomètres, inquiète au plus haut point, la capitale saoudienne. Cette inquiétude est d’autant justifiée, que l’Iran est déjà très active dans la région, en particulier au Yémen, à la porte de Ryad.

Une réunion secrète à Bruxelles, en février dernier, entre une délégation iranienne et des représentants de Mahmoud Abbas et du Hamas, a acté le rapprochement des Palestiniens avec l’Iran. De ce fait, Ramallah et le Hamas ont perdu le soutien et l’aide des pays du Golfe.

Les évènements s’accélèrent et mettent au rancard les vielles grilles de lecture.  Il faut rappeler que déjà, le 27 novembre 2015, Israël avait envoyé une mission diplomatique à Abu Dhabi, aux Emirats Arabes. L’Arabie et les Emirats sont persuadés que leurs relations avec Israël, ont permis, d’ors et déjà,  de contenir l’Iran dans ses projets agressifs.

Aujourd’hui, les pays sunnites s’éloignent de l’idéologie, de la conception internationaliste arabe, en priorisant leurs intérêts directs. Sécurité, développement économique et technologique en deviennent les mots clés. Les produits de haute technologie et ceux de pointe pour l’Agriculture, ont aujourd’hui, droit de cité en Arabie saoudite. Les Emirats ont acheté en 2011, pour plus de 300 millions de dollars, en armements militaires israéliens.

La coopération se poursuit dans des projets structurants comme le percement du canal des deux mers (mer rouge et mer morte) dont la construction est prévu en 2018.

Dans tous ces projets, les Etats-Unis sont exclus. La Russie est en train de devenir la puissance militaire de référence de la région, et Israël l’assurance des pays sunnites.

Devant cette évolution, la fin de l’antagonisme israélo-palestinien se trouve programmé et la paix devient crédible, fruit d’un accord global entre les pays arabes de la région, y compris les Palestiniens et Israël.

 

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10 mars 2017

La faillite des Elites.

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                                Les campagnes électorales, présidentielles ou législatives, se succèdent un peu partout dans le monde. Aux Etats-Unis, comme en Europe, elles illustrent, aujourd’hui, un rejet des élites par le corps électoral et un divorce patent avec les Médias.

En Amérique, Donald Trump se passe des Médias, et s’adresse directement aux citoyens américains, par des twests rageurs. Il est, pour cela, applaudit par une classe moyenne qui ne se retrouve plus dans le discours des hommes politiques de Washington.

En France, la Presse, dans son ensemble, a perdu de sa crédibilité auprès des français, par ses outrances et ses lynchages partisans.

Il ne s’agit pas de populisme, mais d’une exaspération légitime du peuple devant le gâchis, « politiquement correct », qu’il constate. Il ne suffit plus de brandir l’anathème, pour éviter d’être confrontés aux exigences du réel. Le peuple veut être entendu et compris.    

Le problème n’est plus entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui se penchent sur les aspirations du corps électoral et ceux qui s’obstinent dans la négation des vrais problèmes. Ils ne veulent les voir qu’au travers du prisme déformant des thèmes conventionnels.

On parle beaucoup de l’Islam de France et on passe sous silence l’Eglise de France. Les deux sont estimables, mais cela ne change en rien les réalités du pays. La France est toujours la fille ainée de l’Eglise, et si un des éléments majeurs de l’arithmétique électorale a été, jusqu’à aujourd’hui, les électeurs issus de l’immigration, les catholiques de la France profonde, en sont l’élément principal.

Les sondages et les discours orientés, ne changeront pas les réalités sur le terrain. On va encore une fois, comme pour les primaires de la droite, constater que l’on avait tout faux.

André Malraux avait déclaré : « le XXIe siècle sera religieux, ou ne sera pas ». Le renouveau de la spiritualité, un peu partout dans le monde, lui donne raison. Les mosquées sont pleines le vendredi, et les églises enregistrent une nette augmentation de la fréquentation. Les grilles de lecture du monde qui nous entoure, sont obsolètes et nous mènent droit dans le mur.

Le quatrième pouvoir, les Médias, est en perte de vitesse, et les hommes politiques professionnels deviennent inaudibles. Le système ne fonctionne plus. La société civile refuse le despotisme des élites, qu’elle considère dépassés.

La gauche institutionnelle s’étiole, s’anémie, à force de persister à appeler populisme, l’aspiration des citoyens à être entendus. En France, comme aux Etats-Unis, on s’est obstiné à nier la crise identitaire que traverse le peuple. On a vu la surprise électorale en Amérique. Les mêmes causes, ayant les mêmes effets, on est en droit de penser que la France risque d’avoir des lendemains douloureux, après le deuxième tour de l’élection présidentielle.

Aujourd’hui, en France et ailleurs, se mettre à dos la machine politico-médiatique, devient un brevet de compétence. On constate une déconnexion, toujours plus grande, entre les élus et le corps électoral.

L’irruption d’Internet a réduit grandement l’influence de la presse écrite. La société civile vit l’événement en temps réel  et intervient parfois violemment.

Allons-nous vers une nouvelle forme de démocratie ?

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03 mars 2017

Le déclin de l'Occident

Comme tous les vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire

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                              L’Occident, dominateur et arrogant, conquérant et prédateur, a vécu. Les droits de l’homme, la démocratie et le culte de l’égalitarisme, ont eu raison de ces pays dit « développés » et éclairés par les années de lumières. L’absurdité du politiquement correct a accéléré le déclin d’une société, qui au lieu de s’attaquer aux problèmes, change leur appellation.

L’idéologie du ‘tout argent’ comme celle du ‘tout religieux’, en particulier islamiste, ouvre la porte à tous les excès.

Aujourd’hui, pour beaucoup d’intellectuels, le monde libre et conquérant n’est plus à New-York, mais à Moscou.

Inquiétante et fascinante à la fois, le Russie de Poutine, souligne les faiblesses de l’Occident.

La montée en puissance de la Chine, le retour sur la scène internationale de la Russie, ont remis en question l’ordre mondial, jusque là défendu par l’Occident, l’Amérique en tête.

L’irruption ‘des printemps arabes’ donnait à penser que le monde arabe allait reprendre sa marche vers le Nord et retrouver sa gloire d’antan. La relève de l’Occident défaillant allait-elle être assurée par un monde arabe réveillé par l’Islam conquérant ? A part une immigration sauvage vers les prétendus Eldorados européens, un terrorisme meurtrier qui n’épargne personne, les Etats arabes ont trop de problèmes à résoudre chez eux, pour imaginer un rôle dans le cirque mondial.

Mais le rapprochement de la Russie avec la Chine, préfigure un ordre mondiale où la suprématie de l’Occident n’apparaît plus que comme un lointain souvenir. Les, gesticulations du nouveau président américain,  sont en réalité l’expression d’une prise de consciences de la contestation du leadership américain par la Russie et la Chine. L’Amérique, comme l’Europe, sont inquiets, face à la montée en puissance de la Chine. La perte de prestige des Etats anciennement coloniaux, la remise an cause du leadership américain, s’expliquent par un Occident à bout de souffle, qui n’apporte aucune réponse, aujourd’hui, aux problèmes existentialistes auxquels les Etas sous-développés ou émergents, sont confrontés.

Pendant que l’Occident se retire, par manque de finances, de la plupart des scènes internationales, en particulier de l’Asie, la Chine déverse d’énormes sommes d’argent dans la région (Pacifique). Les pays du pourtour de la mer de Chine et plus largement du Pacifique, vont, les uns après les autres, devenir les vassaux de Pékin. Son influence prépondérante en Afrique n’est plus à démontrer. En peu de temps, elle a mis fin aux régions d’influence des anciens pays coloniaux et supplanter les Etats Unis. Actuellement, deuxième puissance économique du monde, son potentiel de croissance est bien plus élevé que celui des Etats-Unis.

Donald Trump, aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, est le rempart devant cette Chine triomphante. Mais, l’Amérique, quand elle ne peux pas résoudre un problème par la diplomatie ou des ententes, a tendance à recourir à la force, tout comme les Chinois.

Trump va-t-il réaliser que sa politique de ‘l’Amérique d’abord’  fait face à d’énormes obstacles. La priorité devrait être la défense du modèle occidental , plutôt qu’un enfermement sur soi.

Les européens sont encore figés dans une vision dépassée de l’Extrême-Orient et d’une Afrique qui a largué ses amarres.

Le Président américain fait planer le risque d’une guerre économique à laquelle s’ajoute un risque de conflit armé, étayé par la décision de Washington d’augmenter le budget militaire, dans des proportions, pas vues depuis le dernière guerre mondiale.

Nous allons directement vers un nouvel ordre mondial, dominé par la Chine, à moins, à moins que… Mais comme dirait Rudyard Kipling, ceci est une autre histoire.

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24 février 2017

TRUMP/POUTINE : PAS ENCORE MARIÉS ET DÉJÀ DIVORCÉS

Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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 Durant la campagne présidentielle, Trump n’avait pas assez de mots pour décrire son admiration pour la Russie et son président, Vladimir Poutine. On a besoin de relations apaisées avec Moscou, c’est mon ambition, déclarait-il. La Douma, le parlement russe, debout et unanime, a applaudi comme un seul homme, l’annonce de la victoire de Donald Trump.

La déception du Kremlin, au vu des premiers gestes et déclarations de la nouvelle équipe de Washington, est à la mesure des espoirs suscités par Trump. En dix jours, l’euphorie manifestée à l’égard du nouveau locataire de la Maison Blanche a cédé la place au doute, voire à la désillusion. Le moscovite de la rue se demande, comment Trump ne soit plus, si vite, des leurs ?

Le Kremlin espérait un changement radical dans les relations américano-russe. Il voyait la levée des sanctions imminentes et le partage d’une approche des problèmes de l’heure. Les espoirs russes ont pour l’instant été douchés. Le seul point de convergence, pour le moment, est la lutte contre le terrorisme.

Vu de Moscou, au sein de la nouvelle administration américaine, Donald Trump est le seul à désirer un véritable rapprochement avec la Russie de Poutine.

Quelles sont ces réalités qui ont eu raison de l’envie de Trump d’écrire une nouvelle page des relations des Etats-Unis avec Moscou ?

Le président des Etats-Unis n’a pas tous les pouvoirs, loin s’en faut, le Congrès et le Sénat peuvent peu et beaucoup, les lobbys et les médias ont l’illusion de détenir une part du pouvoir. Il n’est pas politiquement correct de l’avouer, c’est le consortium militaro-industriel qui détient la réalité du pouvoir. Ce dernier a besoin d’un ennemi qui justifie les augmentations des budgets de la défense, et la suprématie du Pentagone sur l’administration américaine, y compris le secrétariat d’Etat chargé d’implémenter la politique étrangère du pays.

Lorsque la Chine viendra relayer dans ce rôle la Russie, alors les relations américano-russe s’épanouiront, comme le souhaite Donald Trump. Pour l’instant, cela sera la politique des petits pas, si chère à l’ex-secrétaire d’Etat américain, Henry Kissinger.

Pour sa part, le Kremlin n’entend pas toucher à ses partenariats stratégiques à long terme avec l’Iran et la Chine, pour le moment.

 Washington va explorer les voix d’une amélioration de ses relations avec Moscou. Mais ce sera fait sur une base de Realpolitik classique. Il faut reconnaître que le 42em Président des Etats-Unis, est en train d’apprendre le métier, assez rapidement.

Les 17, 18 et 19 février derniers, s’est tenu à Munich, la 53em conférence » sur la sécurité. Cette conférence est à la Géopolitique ce que le Forum de Davos est à l’économie. La question récurrente fut : quel futur pour les relations américano-russes ? La réponse donnée par l’équipe Trump, depuis le changement d’Administration à Washington, a été de dissiper les illusions surgies à la faveur du sacre de Donald Trump. Les intérêts nationaux l’ont emporté sur les affinités électives. Ceci a fini part déboussoler le citoyen russe lambda, qui s’attendait à plus.

Aujourd’hui, les Russes désespèrent de Washington, mais pas encore de Donald Trump.

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21 février 2017

Corée du Nord: un allié objectif des USA

https://youtu.be/Pn8B7rp8amw
youtu.be
Corée du Nord : La Corée du Nord a mené un nouveau essai nucléaire en violation grave des résolutions du Conseil de sécurité .

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18 février 2017

Terres du Monde(émission): Israël/USA

terres du monde, voici le lien pour l'émission du samedi:

Trump / Netanyahu: le silence des capitales arabes. Le conflit Israélo/palestinien, va-t-il être noyé dans un accord régional ?
YOUTUBE.COM

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17 février 2017

Les illusions perdues de la droite israélienne

chronique politique hebdomadaire du vendredi

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 La droite israélienne et ses extrêmes ont soutenu ouvertement le candidat, Donald Trump. Les extrémistes religieux ont prié pour la victoire de celui qui allait rendre leurs utopies, réalité. Annexion de la Cisjordanie, transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, poursuite, voir accélération des implantations, tout ces objectifs seraient réalisés, dès que Donald Trump prendra possession du bureau ovale, à la Maison Blanche.

D’où l’importance de la première rencontre, à Washington, du premier ministre israélien et du 45em Président des Etats-Unis, qui a eu lieu mercredi dernier, le 15 février.

Les déclarations d’amitié, voir d’amour, ont été nombreuses, mais à décrypter les déclarations de Donald Trump, c’est plutôt la douche froide. Faisant fi du langage diplomatique, Trump, lors de la conférence de presse commune, a demandé à Benyamin Netanyahu, à la cantonade, d’arrêter les constructions dans les colonies. Pour le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, « on étudie sérieusement le problème ». On est loin des déclarations tonitruantes de la campagne présidentielle. Prudence, Je vous soutien, mais les enfants, il faut être raisonnables.

Le seul avantage que le premier ministre retire de ces entretiens, est que la droite extrémiste va devoir lever le pied et baisser la pression à laquelle elle soumet Netanyahu.

Un Etat, deux Etats, il faut être ignorant des tenants et aboutissants du conflit israélo-palestinien, pour soutenir le projet d’un Etat. À ma connaissance, les partisants du grand Israël, n’ont pas encore décidé de se suicider. Car un seul Etat, l’apartheid étant inconcevable de nos jours, une citoyenneté à deux vitesses inadmissible, l’Etat laïc démocratique sera la fin de l’Etat juif, c’est la simple arithmétique électorale. Seule la solution, tant de fois et tant de fois, débattue, de deux Etats, est la seule voie possible. Mahmoud Abbas reste fidèle à la vision d’Oslo, mais son isolement le rend incapable d’imposer à l’opinion palestinienne les concessions requises d’un accord. Avec un président palestinien affaibli, un premier ministre israélien prisonnier de ses extrêmes, on peut dire, sans risques, que la paix n’est pas pour demain. À moins, à moins que n’émerge une solution régionale, où viendra se noyer le conflit israélo-palestinien.

Le Premier ministre israélien, lors de cette conférence de presse, a montré le bout de l’oreille, en déclarant : « la situation au Moyen-Orient a changé, et nombre d’Etats arabes ne considèrent plus Israël comme un ennemi, mais comme un partenaire potentiel. »

Nous allons vraisemblablement revenir vers la proposition d’une solution globale qu’avait proposé, il y a plusieurs années, la Ligue arabe.

Si Benyamin Netanyahu n’arrive pas à ramener les colons à la raison, ceux qu’on appelle le peuple des collines, seront responsables de la disparition de l’Etat juif. Son histoire, depuis des siècles, a vu des destructions de l’Etat, par des dissensions entre groupes d’irréductibles.

La coalition dont fait partie actuellement Netanyahu, est la plus à droite de l’histoire d’Israël, et son programme est dicté par les plus extrêmes. Leurs chefs de file sont motivés par une idéologie jusqu’auboutiste, faisant fi des aspirations légitimes du peuple palestinien.

Trump, l’imprévisible, va-t-il pouvoir modifier la donne et imposer à ses amis, un vrai chemin pour la Paix.

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14 février 2017

Terres du Monde (Emission: les premiers jours de Donald Trump)

https://youtu.be/K_G3T9E81mI
youtu.be
Les premiers jour de Donald Trump analysé par Gabriel Banon. Eclairage présentée par Rachid Hallaouy.

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11 février 2017

Fillon: la Droite dans la tourmente (Emission)

Voici le lien pour l'émiszsion Terres du Monde, Fillon: la Droite dans la tourmente
ttps://youtu.be/v61dL-x1mak
 

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10 février 2017

La France dans la tourmente

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                     C’est un euphémisme, de dire que la France est dans la tourmente. C’est une vérité, qui n’est ni trop crue, ni trop choquante. La France est, aujourd’hui, en état d’urgence économique et social auquel il faut ajouter un peuple déboussolé, face aux événements politiques, et aux violations des règles élémentaires de la compétition électorale.

L’historien, Patrice Gueniffey, nous dit ; « l’homme providentiel est indispensable aux français. » La recherche du sauveur, est-elle une spécialité hexagonale ? Pour beaucoup de Républicains, l’attente des grands hommes est un symptôme d’immaturité politique. Mais quand on est face à un parti socialiste en morceaux, une droite dans le doute, une extrême droite fascisante, comment ne pas souhaiter l’émergence d’un homme au-dessus de la mêlée. La fonction de Président de la république n’est pas dévolue à un « homme normal » mais à un homme d’exception. C’est, vraisemblablement, ce que le peuple appelle : l’Homme providentiel, celui dont la France de 2017 a la nostalgie. Mais ces hommes qui appellent par leur exemple, à l’effort et à l’oubli de soi, aux changements et aux réformes, le peuple, inconstant, leur préfère des dirigeants à leur image, qui témoignent de leur proximité avec eux. Il est allergique à l’incommensurable distance qui situe les hommes providentiels, du commun des mortels.

Situation paradoxale, car les électeurs ne se laissent plus amadouer par les grands discours des élites. Ils n’ont que trop duré, d’où le désir de voir de nouvelles têtes émerger. C’est là le problème, dans une France tentée par le populisme, les élites brandissent les grands principes, face à des citoyens qui se veulent simplement pragmatiques. Les citoyens ne supportent plus, à bon droit, les privilèges que s’octroie la classe politique. Dans le scandale Fillon, c’est l’acharnement des redresseurs de tort, à faire taire le favori de la présidentielle par tous les moyens, la précipitation des juges à s’autosaisir, qui interpellent les observateurs. L’histoire de sa déstabilisation, reste à écrire. Les pratiques népotiques et dispendieuses qui sont épinglées, sont celles d’un système laissé à lui-même.

Après une année marquée par la victoire de Donald Trump et la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne, l’élection présidentielle française pourrait réserver des surprises, loin de la route toute tracée du retour de la droite au pouvoir. Si la domination de Marine le Pen au premier tour de la présidentielle ne fait aucun doute pour tout le monde, sa victoire au deuxième tour, n’apparaît plus impossible pour certains. Cette victoire redéfinirait les coutumes de la démocratie européenne. Dans un contexte politique troublé par l’affaiblissement de François Fillon, devant la dynamique d’Emmanuel Macron, les bravades du candidat socialiste, Benoit Hamon, la droite ne doit plus se disperser par des manœuvres  politiciennes, mais se mobiliser derrière leur champion, fusse-t-il une candidature cabossée. On est à moins de trois mois du premier tour, et la division n’est plus de mise, si on veut sortir la France de cette tourmente.

En ces temps marqués par les insurrections populistes, nul ne peut prétendre prédire le verdict des urnes. La France est plongée dans le marasme économique depuis dix ans. Des attentats cruels ont traumatisé le peuple. L’effacement du Président de la république, ajoute à ce sentiment de dérive, qui caractérise les français, aujourd’hui. Ces évènements sont en train de faire éclater la classe politique française.

Dans son dernier livre Le dérèglement moral de l’Occident, Philippe Bénéton nous dit : « Pour les Anciens, la vie était une tragédie, pour les chrétiens, elle est un drame, pour les Modernes tardifs, elle se réduit à un feuilleton. » 

 

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