Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

15 juin 2018

Le cynisme des grandes puissances

C'est la fête, mais prenons un moment pour se pencher sur les stratégies des grandes puissances. Vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire:

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La stratégie géopolitique suivie par Washington est constante depuis plus de quarante ans. 

Le célèbre politologue américain, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter, de 1977 à 1981, a rendu public, peu avant sa mort (2017) , en avril 2016, son étude concernant la nouvelle stratégie de Washington. Il y annonce que «la fin du rôle global de l’Amérique, serait très probablement le chaos mondial». Pour éviter cela, le partisan de l’hégémonie américaine des États-Unis a suggéré un réalignement mondial. 

Pour permettre aux États-Unis de maintenir leur pouvoir, Brzezinski propose:

a) Faire œuvrer les principaux rivaux géopolitiques de l’Amérique – la Russie et la Chine – pour les intérêts américains, en utilisant la crise au Moyen-Orient. 

b) Faire travailler le monde islamique pour les intérêts américains. Pour ce faire, Brzezinski rappelle une fois de plus sa doctrine du réveil démocratique mondial, qui justifie la participation des États-Unis dans les Printemps arabes.

On remarquera qu’étrangement, les forces djihadistes, ISIS en tête, créent des problèmes à tout le monde, sauf aux États-Unis.

 c) Maintenir la présence militaire américaine au Moyen-Orient par tous les moyens. 

Un retrait complet du monde musulman, favorisé par les isolationnistes américains, pourrait donner lieu à de nouvelles guerres (par exemple, Israël contre l’Iran, l’Arabie saoudite contre l’Iran, une intervention égyptienne majeure en Libye). 

En d’autres termes, Brzezinski propose une stratégie, où le Moyen-Orient joue un rôle clé :

 

1. Fomenter le chaos et la guerre dans la région, en se fondant sur la force du réveil démocratique mondial.

2. Déclarer la guerre au terrorisme et en transférer la charge sur la Russie et la Chine, en les attirant dans un conflit sans espoir dans la région.

3. Maintenir ou même augmenter sa présence militaire sous le prétexte de préserver la stabilité au Moyen-Orient.

 Tout cela sera masqué par les thèses de la lutte contre le terrorisme et l’attention accordée à la souffrance des musulmans et des habitants du Tiers-Monde. 

«La menace globale du terrorisme islamique» n’est pas une menace en elle-même. Les États-Unis n’ont été gravement touchés par l’islamisme qu’une seule fois dans leur histoire, le 11 septembre 2001 et subit un attentat à Boston un 15 avril 2013. 

 Aux États-Unis, les musulmans représentent environ 1% de tous les citoyens, par opposition aux populations musulmanes de plusieurs millions en Russie et en Chine. Et contrairement à ces deux pays, il n’y a aucune région aux États-Unis où la menace islamiste du séparatisme peut émerger. »

Ainsi, ils peuvent se permettre de jouer sur deux tableaux à la fois, soutenir secrètement les extrémistes et combattre le terrorisme, entraînant la Russie et la Chine dans le conflit, affaiblissant aussi, par la suite, le monde islamique.

L’Amérique espère utiliser les extrémistes islamiques, qu’elle a formés et équipés, pour réengager la Russie dans son orbite – probablement après Poutine. 

Il est significatif que Brzezinski, selon la tradition géopolitique classique, considère la Russie comme l’ennemi principal des États-Unis et non pas la Chine.L’analyse de Brzezinski explique pour partie, certaines aberrations apparentes de la politique étrangère américaine. 

La politique menée par le président Poutine ne s’inscrit pas dans un héritage impérial quelconque, mais illustre plutôt une renaissance impériale. Il est surprenant  que le stratège américain voit la Russie comme l’un des États de l’Union européenne.

 Il n’y aura pas de chaos, si une  solution alternative plus adéquate à l’unilatéralisme américain, est mise en place.

En réalité, Brzezinski met en évidence les tentatives désespérées de l’élite américaine à maintenir son hégémonie dans le monde. 

 

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08 juin 2018

Mao est de retour

Toujours fidèle au rendez-vous du vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire:

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                      L’un des plus grands sinologues américains, David Shambaugh s’inquiète, en constatant que « Xi ramène la Chine au système patriarcal de Mao »

Jamais depuis Mao Zedong, un dirigeant chinois n’avait eu un pouvoir aussi étendu que celui de l’actuel président Xi Jinping. 

Rompant avec la tradition de gouvernance collégiale du Parti communiste, il incarne, à lui seul, une diplomatie active, et une politique intérieure autoritaire. Il défie Donald Trump, le président américain, et montre ses muscles en Asie. 

La puissance retrouvée de la Chine, lui donne une place de choix dans le concert des nations. Son gouvernement repose sur un pacte tacite avec la population : « Pas de liberté individuelle, mais la prospérité pour tous » doù lobligation dun développement continue de léconomie chinoise. 

 Alors que le parti communiste chinois avait pris l’habitude de diriger le pays de façon collégiale, jamais depuis Mao Zedong, un dirigeant n’avait autant incarné le pouvoir que « Tonton Xi ». La campagne anticorruption, utile et populaire, qu’il mène depuis son entrée en fonction, lui a permis de purger les administrations, à commencer par l’armée, de ses adversaires politiques. Sur le plan intérieur, la répression des opposants continue, et les religions sont particulièrement visées. Ce phénomène, au lieu de diminuer, s’est aggravé ces dernières années, notamment avec les destructions systématiques d’églises et de croix dans la région de Wenzhou.  

Xi Jinping est en train de mettre en place un culte de la personnalité. Sommes-nous en train d’assister à la naissance d’un nouveau Mao?

 Il est troublant que la pensée de Xi ait été inscrite dans la Constitution.

Xi Jinping ne possède ni la popularité, ni la puissance de Mao, pour le moment. Mais certaines de ses politiques font de plus en plus penser au grand ‘timonier’. Par exemple, la censure s’étend, l’idéologie entre dans les universités et le militarisme est renforcé.

Il a étendu son autorité en multipliant des groupes spéciaux qui court-circuitent la hiérarchie normale du gouvernement. Il utilise aussi la lutte à la corruption pour renvoyer des cadres qu’il remplace par des hommes à lui.

Personne ne conteste la nécessité de lutter contre la corruption en Chine. Les réformes que Xi Jinping veut mettre en place en économie et en politique sont appliquées de façon très autoritaire. Mais il est difficile de comprendre en quoi une censure ou une idéologie plus forte pourraient aider le président chinois à établir un État de droit ou stimuler l’économie.

La Chine, depuis son réveil, ne retombera pas dans une nouvelle léthargie. Elle croit en son avenir, persuadée qu’elle est, d’être le leader mondial de demain, le recours, après le déclin de l’hégémonie américaine.

Xi a fait un examen approfondi de la situation internationale, il y voit une opportunité stratégique.

Devenu un Président ‘à vie’, il a tout son temps. Il ambitionne de supplanter les Etats-Unis et devenir la première puissance mondiale. 

Tôt ou tard, par les pressions, la diplomatie ou par les armes, il récupérera Taïwan, allié des Etats-Unis. Ses litiges territoriaux avec le Japon seront réglés le moment venu; ce moment où la crise démographique japonaise aura transformé le pays en une proie facile au monstre chinois, qui lui, va vers les deux milliards d’habitants.

Mao est de retour, il s’appelle Xi Jinping.

 

 

 

 

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01 juin 2018

Le déclin de l'Occident

Vendredi est le jour de ma chronique hebdomadaire.

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                       La victoire revendiquée par les Américains à l’implosion de l’URSS, a fermé la porte au renouveau et, pour certains observateurs, a amorcé le déclin de l’Occident. 

L'émergence du terrorisme islamiste a montré l’incapacité de l’Occident à instaurer un environnement international sûr.

Les attentats terroristes ont assombri l’espoir, que la chute du communisme avait fait naître pour le monde occidental.

Déjà en 1918, Oswald Spengler publiait « Le Déclin de l'Occident ». Aujourd'hui, le terme « déclin » est devenu tabou. Les dirigeants politiques préfèrent parler de « défis », tandis que les économistes évoquent une « stagnation séculaire ». Or, si le discours change, la perception d’une remise en question de la civilisation occidentale demeure la même.

Désormais, est ancrée dans l'esprit du public, l'incapacité de l'Occident, après l'effondrement de l'Union soviétique, à instaurer un environnement international sûr et propice à la pérennité de ses valeurs et de son mode de vie.

 Ibn Khaldoun, philosophe maghrébin du Moyen Age, écrivait en son temps : «Le but de la civilisation, c’est la culture et le luxe. Une fois ce but atteint, la civilisation se gâte et décline, suivant en cela l’exemple des êtres vivants.» 

Assiste-t-on, aujourd’hui, à la chute de la civilisation occidentale? Est-elle ou a-t-elle été supérieure aux autres civilisations? Telles sont les questions qui se posent aux observateurs de la chose comme aux intellectuels. 

Prenant la relève d’un Orient et d’une civilisation islamique sur le déclin, l’Occident avait procédé à un dépeçage des territoires, sans tenir compte des équilibres sociologiques que les sociétés subjuguées ont mis des siècles à sédimenter. Pendant cinq siècles, au nom de ses «Droits de l’Homme» qui «ne sont pas valables dans les colonies» selon Jules Ferry, l’Occident dicte la norme, série, punit, récompense, met au ban des territoires qui ne rentrent pas dans la norme.

Depuis que l’Occident a donné la priorité à l’économie, il se divise. América first, acheter français, allemand, russe..etc. Ces slogans n’incitent pas à l’union, devant « les défis ».

 Aussi, des voix inquiètes doutent, aujourd’hui,  de la pérennité du magister occidental. La CIA n’est pas de cet avis. Elle a publié récemment, un rapport intitulé: ‘Le monde en 2025’. On y constate une prise de conscience d’une nouvelle donne à la fois démographique, économique et financière. Cependant, pour la première fois, les Américains reconnaissent qu’ils ne seront plus les maîtres du monde!

Le drame que vivent les Kurdes illustre cet affaiblissement, sans précédent, de l’Occident et des valeurs démocratiques qu’il porte. C’est un de ces micro-événements qui annoncent le basculement d’une situation jugée jusque là pérenne. L’Occident va à sa perte s’il ne réagit pas. Mais le peut-il encore ? 

 Une des pires menaces qui pèsent sur lui, est la guerre de civilisations que lui ont déclarée les islamistes.

L’Europe pourrait être la réponse à ce déclin. Elle a encore un rayonnement qui va bien plus loin que l’hégémonie américaine. Elle remue les intellectuels en Chine, en Iran, en Russie, dans le monde arabe où elle inspire la démocratie.

L’Europe, si elle veut remplir le rôle qui lui est dévolu, doit laisser aux « autres », les leçons de morale, l’interventionnisme et le droit-de-l’hommisme. Ce ‘droit-de-l’hommisme’ est, en fait, le retour par la fenêtre de la pulsion coloniale, de « la mission civilisatrice de la colonisation » comme le disait le ministre de l’instruction publique, Jules Ferry, à la tribune de l’Assemblée nationale française.  

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24 mai 2018

EN ROUTE POUR UN ‘MAI 68’ MONDIAL

Je pars aujourd'hui pour l'Europe, après mon émission de 12h15 sur Atlantic. De retour dimanche, je vous donne dès aujourd'hui ma chronique du vendredi :

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Donald Trump, par ses excès et ses ultimatums, ses outrances diplomatiques et ses ‘Ukases’ économiques, est en train de mettre en place, toutes les conditions d’un ‘ras-le-bol’ mondiale.

Les anciens se souviennent de l’explosion populaire un certain mai 1968, véritable coup de tonnerre dans un ciel bleu, jusqu’alors.
Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, il assène, tout azimut, sa doctrine : « America first ».
Si consommateurs et entrepreneurs américains applaudissent le trumpisme, le reste du monde fait la grise mine avec un sentiment d’impuissance, qui souvent précède la rébellion.
Depuis plus d’un an, Donald Trump conduit sa politique économique avec les mêmes sabots que sa diplomatie. Ce mélange de brutalité, d’entêtement et de déni des intérêts des autres, est en train de remettre en question les alliances, qui jusqu’à ce jour, ont permis aux Américains d’asseoir leur hégémonie.
On doit lui reconnaître, la croissance vigoureuse des Etats-Unis, son chômage au plus bas, frisant le plein emploi, et Wall Street aux anges, qui bat tous les records. Mais au prix d’une croissance en berne, d’un chômage toujours pesant et de l’incertitude du lendemain, chez les autres, particulièrement en Europe. 
La guerre commerciale qui pointe son nez, avec les décisions arbitraires d’augmentations des droits de douane sur des produits majeurs pour certains pays producteurs, l’exterritorialité des sanctions américaines à l’égard de l’Iran, mettent à mal les alliances et en premier chef le pacte de l’OTAN.
Le président-entrepreneur, au ton martial et au pragmatisme absolu, va-t-il enfin ouvrir des négociations avec, en premier lieu, ses alliés de l’OTAN ? Sa méthode belliqueuse n’est pas sans risques.
Washington n’a pas encore gagné son bras de fer contre l’Europe. L’Union européenne affiche, pour le moment une unité de façade.
Elle vient de prévenir l’OMC qu’elle est prête à riposter. Avec le Mexique et le Canada, les négociations trainent, le Brésil a reculé sur l’acier, le pistolet sur la tempe, la Corée du Sud courbe l’échine et attend la fin de la tempête. Même l’allié inconditionnel, le Japon, menace, un peu tardivement certes, de riposter. 
Ce jeu risqué que mène Donald Trump, peut marcher à court terme, à long terme, il y aura des dommages et des traumatismes, sur la scène nationale et internationale, qui mettront longtemps à se cicatriser. En attendant, il crée de l’incertitude et les projets d’investissements sont reportés.
Jusqu’alors, les gouvernements sont prudents dans leurs réactions à l’égard de Washington. Mais la société civile ne l’entend pas toujours de la même oreille. Elle a aujourd’hui des capacités de mobilisations qui n’existaient pas avant, internet les sites sociaux, etc. Aujourd’hui, les peuples se mobilisent beaucoup plus vite que les corps intermédiaires. Tous les ingrédients sont réunis, particulièrement le sentiment d’impuissance, qui ouvre la voie aux manifestations populaires et au rejet de l’Amérique. On sait toujours comment cela commence, on ne sait jamais comment cela peut finir.

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18 mai 2018

Donald Trump ouvre la boite de Pandore

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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  Donald Trump, le président pyromane, a dénoncé l’accord nucléaire iranien, et ouvert la boite de Pandore, que les Européens vont avoir du mal à refermer.

L’attaque délibérée du président américain met à mal l’ordre international multilatéral et annonce une crise stratégique, politique et économique aux conséquences incalculables pour l’économie européenne, des confrontations au Proche-Orient, et une rupture inévitable du pacte atlantique.

  Le cynisme de Washington, ne date pas d’hier. Le slogan ‘trumpiste’ : « l’Amérique d’abord » n’est que la partie visible de la stratégie géopolitique conçue par le conseiller du président Carter, Zbignew Brezinski, voilà 37 ans. 

Pour maintenir l’hégémonie américaine, il faut appliquer la loi du plus fort, contenir la Russie en l’encerclant par les postes avancés de l’OTAN dans les anciennes républiques soviétiques de l’Est de l ‘Europe, contrôler le monde arabe grâce à la théorie-Brezinski de l’accès à la démocratie, basculer la stratégie géopolitique, du Moyen-Orient vers le Pacifique, pour neutraliser l’expansionnisme chinois et enfin affaiblir l’Europe.  Pour Donald Trump,, il n’y a de partenaires, que des vassaux dociles et obéissants. C’est le dernier combat du WASP (White Anglo-Saxon Protestant), de l’élite américaine pour maintenir son hégémonie dans le monde.

Sa décision de saboter l’accord sur le nucléaire iranien, la reprise immédiate des sanctions et surtout leur extraterritorialité, qui soumet le monde au bon vouloir de la justice américaine, isole bien sûr les Etats-Unis, mais tend d’imposer un monde unipolaire, autour de la toute puissante Amérique.

  L’Europe est mise à rude épreuve, ou elle se rebiffe, et nous aurons une crise économique majeure, ou elle obtempère aux injonctions de Washington, et elle aura perdu toute crédibilité et souveraineté, sans éviter la crise.

Si l’Europe ne parvient pas à trouver la bonne réponse à l’agression du Président américain, l’Alliance atlantique, qui était sensée protéger les Etats européens, va devenir l’expression d’une servitude à l’égard des Etats-Unis, à moins de la saborder.

Pour le moment, les retombées sont positives pour l’économie russe et chinoise dans leurs, relations avec l’Iran.

Pour les Occidentaux, le multilatéralisme est une valeur fondamentale, dans un monde globalisé. Par sa volonté hégémonique et punitive à l’égard de ceux qui ne le suivent pas, Donald Trump est en train d’ouvrir la porte à des désordres armés dont on ne peut pas prévoir les limites.

 D’autres conséquences vont bouleverser les rapports entre Nations et les relations avec les Etats-Unis :

-      Des différentes annulations d’accords passés par son prédécesseur, Barak Obama, comme la sortie de l’accord de Paris pour le climat, la signature des Etats-Unis n’engage plus que les naïfs qui y croient.

-      La continuité de l’État, n’existe plus pour Washington. Ce qui a été signé au nom de l’État par les gouvernements précédents n’engage pas le suivant.

-      Les alliances ne sont valables que tant que les intérêts directs de Washington sont sauvegardés..

C’est un bouleversement dans la gouvernance et les relations entre États souverains, qui est initié par Donald Trump. 

Allons-nous vers des guerres régionales qui risquent de dégénérer ? Elles rempliront d’aise les complexes militaro-industriels, particulièrement celui des Etats-Unis.

  

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15 mai 2018

INFORMATION

INFORMATION :
J'ai le plaisir de vous annoncer que vous pouvez me trouver tous les jours, sauf le weekend, sur Radio Atlantic à 12h15. Dans cette émission intitulée 'LE FOCUS GÉOPOLITIQUE, en compagnie de Landre Benoit, je décrypte les politiques et les événements internationaux.
Atlantic Radio- FM 92,5 pour Casablanca, 106,9 pour Rabat, 103,3 pour Tanger, 90,5 pour Marrakech.

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11 mai 2018

La guerre régionale aux portes de la Syrie

Vendredi, jour de ma chronique politique hebdomadaire.

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      La Syrie est-elle en passe de glisser de la guerre civile à une guerre régionale ? Les frappes des Américains et ses alliés sur les sites syriens, en sont-elles les prémices.

Les rodomontades du président américain Donald Trump soulignent les incohérences et les contradictions de sa politique, et l’absence d’une réelle stratégie américaine en Syrie. Ordonner une ou deux frappes contre les forces d’Assad, ne modifie en rien l’équilibre des pouvoirs dans la région et ne renforce pas la position de Washington dans ce pays déchiré par la guerre, sans parler du Moyen-Orient en général.

La riposte occidentale à l’attaque chimique attribuée à Damas, a suscité de sérieuses réserves. En s’engageant à retirer de Syrie les maigres troupes américaines et renoncer à ses engagements en Syrie, Trump a perdu l’opportunité de peser sur l’avenir du pays. Les acteurs locaux et régionaux qui avaient placé leur confiance dans les engagements américains, risquent d’en payer le prix fort. 

Les Kurdes– l’allié le plus fiable et le plus efficace des Etats-Unis dans le combat contre l’EI– ont été abandonnés à leur sort, malgré les assurances des officiels de l’administration Trump. 

Les Kurdes critiquent, à juste titre, cette administration pour les avoir sacrifiés sur l’autel des relations stratégiques turco-américaines. Avec le retrait des Etats-Unis, ils peuvent se sentir obligés de s’allier avec Assad pour assurer leur protection. 

Mais la bataille va être dure, car le départ des Américains renforcera probablement l’emprise de la Turquie. Sans les Etats-Unis, les principales puissances étrangères restant engagées dans le conflit syrien– la Turquie, la Russie et l’Iran–vont consolider leurs sphères d’influence et se partager, après la guerre, le butin de la reconstruction. 

Le président russe Vladimir Poutine est le faiseur de roi, dont l’intervention militaire, au moment opportun, a sauvé le régime d’Assad de la défaite et retourné le sort des armes en sa faveur. Dès lors que les Etats-Unis abandonnent la partie en Syrie, les liens militaires et économiques de la Turquie avec la Russie ne vont que se resserrer.

Comme la Russie, l’Iran est aujourd’hui la puissance régionale la plus influente en Syrie, comme elle l’est en Irak et au Liban. Mais la ruée pour remplir le vide laissé par les Etats-Unis va provoquer l’étincelle qui mettra le feu aux poudres.

La situation de quasi-guerre met désormais aux prises l’État hébreu et les milices dirigées par les gardiens de la révolution iraniens. La présence en Syrie de ces quelques 20,000 hommes n’a apparemment d’autre but que d’y établir un avant-poste pour cibler le territoire israélien.

 On peut légitimement s’inquiéter qu’Israël n’utilise le retrait américain comme un prétexte pour intensifier ses frappes contre l’Iran et le Hezbollah en Syrie– une initiative qui pourrait enflammer toute la région, et y entraîner les Etats-Unis, l’Irak et l’Arabie saoudite, principale rivale de l’Iran pour l’hégémonie régionale.

 De cet embrouillamini ne sortira, pour le moment, que souffrance et douleur pour les peuples toujours otages du jeu politique. Ce jeu géostratégique n’a pas fini de redistribuer les cartes.

 

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04 mai 2018

Le ballet diplomatique de deux illusionnistes

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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  La visite d’État du président français, Emmanuel Macron à Washington, a offert aux observateurs, médusés, un ballet diplomatique digne des plus grands vaudevilles. 

 D’accords sur rien, leurs enlacements, parfois gênants, leur chasse aux pellicules, tels les grands Primates, étalaient une entente illusoire qui ne trompait que les néophytes de la politique.

Sous le regard amusé de Donald Trump, Macron, devant le Congrès américain, a ‘démonter en règle le trumpisme’ comme le rapporte E.J. Dionne dans le « Washington Post ».

Aux remerciements d’usage d’Emmanuel Macron avant son départ de Washington, la Maison-Blanche répondait  en assurant le Président français de « la profonde affection » du chef de l’exécutif américain pour ses « hôtes bien-aimés ».

Donald Trump enfonçait le clou le lendemain, dans une interview de l’émission fétiche : « Fox and Friends ». Il y déclarait combien le couple Macron était ‘formidable ».

  Tout au long de cette visite d’État, on a vu un étalage, par les deux Présidents, d’un ego surdimensionné qui ne laissait pas de place à  des blessures d’amour-propre.

Mais qu’y-a-t-il derrière ce cinéma ? 

Le premier objectif était vraisemblablement à usage interne. ‘Voyez comme je sais recevoir pour le « sauvage » que je serai pour certains’, semble dire Donald Trump. « Voyez comme je suis droit dans mes bottes devant l’homme le plus puissant de la planète, et pas seulement devant les syndicats en grève et les troublions de la Zad nantaise » semble répondre en écho Emmanuel Macron.

Au delà des objectifs domestiques, Macron avait l’ambition de faire fléchir Trump sur l’accord de Paris, celui du nucléaire iranien conclu péniblement en 2015 et la guerre commerciale sur l’acier et l’aluminium. Echec sur toute la ligne, mais noyé dans des effusions télévisées.

Le magazine américain, ‘Le New Yorker’ s’attaque au jeune présomptueux en lui faisant le procès de « surestimer sa propre intelligence, un mal français très répandu. » 

Si du côté de Trump, on a cherché à fissurer le couple Macron/Mertkel pour affaiblir le renouveau de l’Union européenne, Macron, quant à lui, a cherché à se positionner en médiateur entre l’ancien et le nouveau continent, et comme le conciliateur possible entre Washington et Moscou. 

Son approche peut être un avantage pour Bruxelles, si elle ne change pas au gré des circonstances, que l’Europe  bénéficie ou pas d’une politique plus conciliante à l’égard des tarifs douaniers, ou que l’accord iranien soit dénoncé ou pas.

La question qu’il faut se poser est : l’Europe et le monde, va-t-il tomber dans une sorte de néant face au ‘foucades’ de l’imprévisible président américain, Donald Trump.

On aurait pu faire un film de cette visite ‘historique’ intitulé « Je t’aime, moi non plus », mais ce titre est déjà pris.

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27 avril 2018

GPA, PMA, les droits de l'Enfant y sont oubliés

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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     Aujourd’hui, en Europe et ailleurs, on veut transformer les avancées médicales et scientifiques en matière de natalité, en un droit pour tous. Personne seule, couple de même sexe, pour eux, le désir d’enfant devient un droit que le législateur doit sacraliser par la loi. Accès à la PMA (procréation médicale assistée), à la GPA (gestation par autrui) doit leur être garanti.

  Mais le besoin de tout enfant d’avoir un père et une mère, devrait également retenir l’attention du législateur. En vérité, légiférer sur le don de la vie, c’est vouloir régir les mœurs et transformer la société. Vouloir un enfant a été toujours une affaire privée. Un médecin, peut-il agir en dehors d’une déontologie qui interdit de répondre à des demandes non médicales ? Il faudra définir les conséquences des nouvelles techniques de procréation, sur la filiation, l’autorité parentale et l’accès aux origines. Aujourd’hui, on va faire naître des enfants sans père, voire sans mère. Bravo pour l’avancée scientifique, mais quid de la construction psychologique de l’enfant ?

Le désir d’enfant est respectable, altruiste et généreux de la part d’un couple formé d’une femme et d’un homme. Il devient l’expression d’un égoïste et immoral ‘droit à l’enfant’ pour les autres. Il faut prendre en considération les droits fondamentaux de l’enfant, car ces droits sont plus importants que le désir d’enfant.

  Que dire des mères porteuses pour qui, certains, comme feu l’homme d’affaires Pierre Bergé, n’y voyait ‘aucune différence avec un homme qui loue ses bras’. Est-ce une liberté à encadrer ? Est-ce une nouvelle profession qu’il faut organiser et taxer ? En d’autres termes, il s’agit de faire de la Gestation Pour Autrui (GPA), une activité commerciale comme une autre.  Pour beaucoup cela est contraire à la dignité de la femme qui se prête ou se loue, contraire à la dignité de l’enfant offert ou vendu. Le besoin d’un enfant d’avoir un père et une mère, n’est pas passéiste ou l’expression d’un monde révolu.

Les principes fondamentaux des droits de l’homme et du citoyen, protègent également ceux de l’enfant, pour son bien, comme ils respectent les valeurs de nos sociétés.

Au nom du progrès, de la modernité et de la ‘conquête’, on détricote les anciens interdits de civilisation, qu’on ne considère plus que comme des résidus archaïques, hérités des religions monothéistes.

  Nous assistons à la réduction du lien social à sa stricte dimension procédurale. La désacralisation du corps ouvre la voie à la marchandisation de la vie. Le polonais Cseslaw Milosz, poète et romancier, prix Nobel de littérature (1980) disait : « Le matérialisme extrême, réduit l’Homme à ne plus être qu’un matériau humain. », nous y sommes ! 

 

 

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26 avril 2018

INVITATION

                                À TOUS MES AMIS

 

                                    INVITATION

 

                           Le 2 mai 2018 à 19h :00

 

                      À l’amphithéâtre ‘Casablanca’ ESCA

                            7 rue Abou Youssef El Kindy

                   Bd Moulay Youssef 20070 Casablanca

 

                    CONFÉRENCE DE PATRICK BANON

 

        ‘Pluralisme culturel, mondialisation des religion et laïcité :

                         Quelle éthique pour les entreprises ?’

 

PATRICK BANON, est un écrivain, essayiste, spécialiste en Sciences des Religions et Systèmes de Pensée (École Pratique des Hautes Études), chercheur, associé à la chaire « Management, Diversités et Cohésion sociale de l’Université Paris-Dauphine.

PATRICK BANON a publié de nombreux ouvrages scientifiques sur les thèmes des religions. 

 

ENTRÉE LIBRE, VENEZ NOMBREUX

 

 

 

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