Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

19 mai 2017

Un sacre, en l'absence du peuple

Chronique politique hebdomadaire du vendredi. Elle est encore cette semaine, franco-française. Les évenements l'imposent, la semaine prochaine, la géopolitique reprendra ses droits.

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Les circonstances ont voulu que je sois à Paris, lors de la passation du pouvoir : Hollande/Macron. L’occasion de constater de visu, l’absence du peuple aux Champs Elysées, lors de la montée traditionnelle de l’avenue mythique, par le nouveau Président de la République française, Emmanuel Macron.  Les caméras des télévisions nationales, toujours « bon enfant » ont zoomé sur les badauds agglutinés autour de l’Arc de Triomphe, évitant, avec soin, de montrer l’absence d’enthousiasme tout au long du parcours du président Macron.

Si les salons de l’Elysée, aussi bien que ceux de l’hôtel de ville ont fait le plein des invités, on ne peut pas dire autant des espaces réservés au public.

Pour sa visite protocolaire à l’Hôtel de ville de Paris, la mairesse Hidalgo n’a pas cessé de faire appel aux Parisiens de venir nombreux sur l’esplanade de la Mairie, fêter dans la liesse (sic) le nouveau président de la République française. Peine perdue, l’esplanade était au trois quart, vide.

Le peuple de France donnait l’impression qui ne se sentait pas concerné par l’événement.

Il a démontré, par son vote, qu’il ne voulait pas de Marine Le Pen, mais n’a pas non plus plébiscité le candidat Macron.

Le peuple est dubitatif et amusé en même temps, par la jeunesse et le culot du jeune Macron.

La France est un vieux peuple qui ne croit pas aux contes de fée. Il est très conscient que les intérêts privés, les grandes banques et les multinationales grignotent, peu à peu, ce qui reste d’espace public, en s ‘appuyant sur des structures supranationales comme l’Union européenne ou l’OMC.

La question lancinante, qui n’a, à aucun moment, été abordée durant la campagne présidentielle, par les candidats : l’extraterritorialité du droit américain, une arme Juridique bien utile aux Etats-Unis, pour mener une guerre commerciale contre leurs supposés alliés.

Qui, dans cette campagne, a mis en avant le fait que l’indépendance de la banque centrale européenne et l’obligation faite aux Etats de se financer auprès des marchés, (pour la France, depuis 1973), privent les gouvernements de toute possibilité de mener la politique pour laquelle les citoyens ont voté. Aucun des grands enjeux n’a été abordé. Le second tour s’est résumé en un référendum : pour ou contre Marine Le Pen.

Si Donald Trump, le président américain, a été élu contre les Médias, Emmanuel Macron, serviteur de l’Etat maastrichtien, a été élu dans le fauteuil du général de Gaulle, avec l’aide des Médias.

Certains observateurs considèrent que l’on est entré dans un nouveau monde, dont Emmanuel Macron est le produit. Un nouveau monde, où la religion et la politique se sont effacées au profit de la technocratie et du marché. Si ce grand basculement s’est accompagné d’une avancée de l’autonomie humaine, il a laissé place à un grand vide idéologique et existentiel.

Le peuple de France, inconsciemment, ressent toutes ces contradictions, ce qui explique, peut-être, son manque d’enthousiasme à fêter une victoire, qu’il ne ressent pas sienne.

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05 mai 2017

Y-a-t-il une vie pour les partis après la Prédisentielle ?

Les événements m'obligent à rédiger une chronique franco-française. Paris bruisse des plus folles théories, néanmoins,certaines vous interpellent..

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Les deux candidats à la Magistrature suprême, prétendent que le clivage droite/gauche, n’existe plus. À les entendre, la gauche a disparue, avec ses synthèses et ses non-dits. La droite ne sait plus où elle en est, prête à s’offrir au premier illusionniste venu.

C’est vrai que la victoire prévisible de Macron, va obliger les partis, surtout les républicains, à se restructurer, à se remobiliser, car la bataille des législatives va être cruciale pour la recomposition éventuelle du paysage politique français.

Il ne faut pas que le parti Les Républicains se disloque sous l’amertume de la défaite aux présidentielles. Cette défaite ne peut se relativiser que par une nette victoire aux législatives, qui ramènera Les Républicains au réel pouvoir, celui de la gouvernance.

Il ne faut pas qu’ils donnent le triste spectacle de la course « à la soupe ». Comment se rallier à l’adversaire d’hier, sans se renier. Les vrais combattants, les vrais leaders, sont ceux qui se relèvent et repartent au combat.

Nous avons assisté à un lancement d’une nouvelle lessive, qui lave plus blanc. Bravo les stratèges du marketing. Mais la France a besoin de beaucoup plus que d’une nouvelle lessive.

Beaucoup, nous expliquent doctement, que c’est la fin des partis.  La fin des partis, ce serait la fin de la politique, nonsense ! La fin de certains partis, comme nous les connaissons, vraisemblablement. La vérité est qu’un renouvellement des leaders politiques s’impose. L’électeur ne veut plus d’une élite inamovible, des jeux de chaises

musicales et des professionnels de la politique. Macron fait prendre un coup de vieux, à toute une classe politique, quelque soit son idéologie. Certes, tout est relatif, 39 ans, n’est plus la prime jeunesse. À cet âge, l’histoire fourmille de héros accomplis : Jésus Christ fut crucifié à 33 ans, Mozart avait fini sa glorieuse carrière à 36 ans, Napoléon Bonaparte couronné empereur à 35 ans, et Alexandre le Grand, rendit son âme à 33 ans. D’autres changèrent la face de l’Europe, à plus de 80 ans.

Chef des armées, de la diplomatie, le Président de la république qui va être élu ce 7 mai, va être confronté à un monde en pleine mutation, où l’ordre mondial connu à ce jour, est remis en question par les Grands de ce monde : les Etats-Unis et la Chine. On est loin de l’idée que les valeurs occidentales avaient gagné une fois pour toutes. Les années 90, en géopolitique, furent les années de la convergence. La grande majorité des nations convergeaient vers le modèle libéral occidental. Le réveil de la Chine, le retour de la Russie dans le jeu de la diplomatie mondiale, l’échec relatif de la mondialisation et la remise en chantier de l’Europe, sont autant de défis qui s’imposent au prochain président qui devra également remettre en ordre et en marche, la maison France. Il ne pourra pas le faire tout seul, il aura besoin de partis politiques forts et compétents. C’est pourquoi la bataille des législatives est la bataille qu’il leur faut gagner.

Pour cela, il faut éviter que l’extrême droite ne se substitue à la droite et le populisme à la social démocratie. La France n’est pas mure pour la démocratie directe (à la Suisse ?).

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29 avril 2017

Une situation abracadabrante

Une chronique de Paris

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                     La France est toujours sous le choc du premier tour de l’élection présidentielle. Pour la première fois de l’histoire de la Vème république, la droite n’est pas présente au deuxième tour.

Le sentiment qui prime chez les électeurs déboussolés, est celui d’un immense gâchis. La République est en réel danger de radicalisation, mais la France a vécu d’autres situations, aussi alarmantes, et s’est toujours retrouvée, grâce à un peuple, certes frondeur, mais toujours fidèle à ses valeurs républicaines.

Oui, François Fillon a perdu, victime de ses propres faiblesses, de ses erreurs, de l’acharnement de ses adversaires, de l’hostilité des médias et des lâchetés de son propre camp. Mais n’a-t-il pas pêché par orgueil et obstination ? Les militants n’ont-ils pas pêché par discipline de parti ?

Cependant, les idées qu’il a défendues doivent perdurer, et s’imposer à tous les Républicains. Dans les temps incertains, qui vont suivre l’élection du Président de la République, la France aura besoin de liberté économique, de réalisme financier,  d’ordre, de sécurité et du retour de l’autorité étatique.

Nous ne l’aurons surement pas avec le FN, nous courrons le risque de l’avoir avec Macron. Encore devra-t-il nous dire avec qui, il entend gouverner. Un président de la république, isolé dans son palais élyséen, ne pourra pas grand chose, seul.

C’est pourquoi, la bataille des législatives est cruciale. Le parti qui gagnera la majorité à l’Assemblé nationale gouvernera. Dans le cas où, aucune majorité se dégage, bonjour les dégâts : on reviendra aux coalitions et à l’instabilité de la IVème république.

La démocratie veut que la majorité ait toujours raison, mais la raison remporte-t-elle des élections ? Assurément non, à voir la situation abracadabrante dans laquelle se trouve, aujourd’hui, la France.

À parcourir Paris, à interpeller les uns et les autres, on en retire un sentiment de résignation et l’absence de tout enthousiasme. Inquiétant, pour les réformes qui s’imposent et la reprise en mains attendue. Pour certains, Macron a volé cette élection à l’aide de certains médias et d’une institution judiciaire complaisante. Quel chemin, Macron devra parcourir, (s’il est élu,) pour conquérir le cœur des français.

Par les temps qui courent, la France aurait-eu besoin d’un De Gaulle, on aura un Raymond Barre, en plus jeune. 

 

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21 avril 2017

Drôle de campagne présidentielle !

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                À 48 heures du vote, comment ne pas parler de l’élection présidentielle française ?

La campagne m’a rappelé ces rencontres de femmes, à la belle époque. Elles parlaient chiffons et évitaient d’aborder les choses sérieuses, du ressort des ‘autres’.

On a parlé beaucoup de costumes, d’indemnités, du sexe des anges, la droite et la gauche ayant disparues, aux dires de certains. Les mêmes qui ont transformé la marche ‘en avant’ en arrière toute.

On aura parlé peu ou prou, des syndicats moribonds, beaucoup de l’islamisme, peu des catholiques de la France profonde.

Nombre de grands sujets sont restés les parents pauvres et occultés de la campagne présidentielle. Est-ce parce que l’on juge les sujets trop ‘pointus’ pour les aborder avec le citoyen lambda ? Est-ce que ces sujets dépassent la capacité de compréhension et de maîtrise, des candidats ?

Le débat à onze du 4 avril, a été pitoyable à cet égard. Certains candidats avaient leur place au « café du commerce » plutôt qu’au micro d’une télévision nationale. Ils ont du enregistrer leur intervention, qu’ils doivent se repasser en boucle, heure de gloire laissée en héritage à la progéniture.

On a eu droit à tout : à la surenchère sociale et financière, au provincialisme le plus étriqué, à la démagogie souvent antieuropéenne.

L’avenir de l’Europe, le poids de la dette, la menace islamo-terroriste et la violence qui la précède, les guerres qui à notre porte, constellent le proche et le Moyen-Orient, les candidats, à l’exception d’un ou deux, les ont considéré trop sensibles pour être aborder durant une campagne électorale.

Pourtant, l’actualité ne manque pas de nous rappeler, chaque jour, les atrocités commises par les parties en guerre au Moyen-Orient, les nettoyages ethniques et religieux poursuivis par les djihadistes. Comment, la France, fille ainée de l’Eglise, a-t-elle abandonné à leur triste sort, les chrétiens d’Orient.

Le multiculturalisme, prôné par certains, est-il la bonne réponse ? La campagne présidentielle a été silencieuse sur ce sujet qui s’apparente beaucoup plus à « non assistance à personne en danger ».

On aurait aimé que ces candidats, sûrs d’eux-mêmes, de leurs connaissances et expertises, nous parlent de la surexploitation des richesses naturelles, de leur épuisement et de la voie à suivre en la matière. Devant un monde en évolution, où certaines grandes puissances veulent imposer leur modèle d’ordre mondiale, on aurait aimé qu’ils nous exposent leur stratégie géopolitique en la matière.

Sont-ils incapables de débattre, face à la guerre qui gronde ou aux migrations qui risquent de renverser l’Europe et le Maghreb, de l’installation d’une dictature turque, à la porte de l’Europe ?

Dans ces conditions, jusqu’à quand, l’Europe va demeurer un isolat pacifique et opulent, objet de toutes les convoitises migratoires. Personne n’est d’accord sur ce qu’il conviendrait de proposer aux peuples extérieurs et aux migrants.

Un grand nombre de candidats n’avaient rien à voir avec cette élection présidentielle. Ces candidats de témoignage, ont tiré le débat vers le bas. On est tenté de dire : « tout ça pour ça ? », est-ce une présidentielle pour rien ?

Les français vont voter dimanche, savent-ils ou ont-ils conscience qu’au delà du nom, ils vont voter pour un choix de société ?    

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14 avril 2017

À la veille du choix

Vendredi, voici une chronique de circonstances:

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                    Les élections présidentielles qui se sont déroulé aux Etats-Unis, ont marqué un réveil des masses populaires. Celles à venir en Europe, risquent de nous surprendre par le rejet des élites, championnes de la manœuvre et de la manipulation, ainsi que de la morale à géométrie variable, des paragons de vertu auto-proclamés.

Les Américains ont choisi Trump, et avec lui, l’incertitude, le choc des classes sociales, la guerre aux médias et l’enfermement découlant du principe : l’Amérique d’abord.

 L’Europe continue sa dérive vers la droite et l’extrême droite, avec un corps électoral qui n’obéit plus aux invectives.

Que va-t-il arriver en Allemagne ? Que va-t-il sortir des urnes, en France ? Le choix est difficile pour l’électeur lambda, choisir entre ceux qui sont restés aux lendemains enchanteurs, ceux qui parlent encore du prolétariat exploité, ceux qui ne font pas rêver, parce que réalistes, ceux qui croient encore en la France et ceux qui veulent qu’on lui pardonne son Passé, c’est un exercice pas aisé.

 Alors que la guerre civile est à notre porte, attisée par un Islamisme politique irresponsable, lui-même travaillé par des djihadistes-terroristes, l’électeur inquiet, cherche des réponses dans les discours lénifiants de la plupart des candidats.

 ls ont tous des programmes miraculeux, élaborés pour ne pas être suivis. Ils pensent tous que leur programme est le sésame pour l’Elysée.

Très peu vous parlent de la France, de ses problèmes immédiats, de la dette monstrueuse, des inquiétudes, très terre-à-terre, des citoyens.

Ne nous leurrons pas, c’est un choix de société qui va se trancher dans quinze jours.

 Les médias et l’appareil judiciaire se sont invités au débat politique, et les accusations qu’on accroche aux basques de Fillon et de Le Pen, ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Il y a encore des candidats ‘Cro-Magnon’ qui trouve que tout est la faute du capitalisme. Il y a longtemps que le capitalisme a tiré sa révérence du débat.

Messieurs les candidats (-1 ou 2) méfiez vous du vote de la France profonde, catholique et attachée à ses racines. Son vote ‘colérique’ risque de bousculer beaucoup de stratégies.

 Le désamour du corps électoral pour la politique, le rejet des élites et la confiance refusée à nombre d’hommes politiques, font craindre un taux d’abstention exceptionnellement élevé. Ceci va nuire à la légitimité du Président élu.

Au delà des hommes, c’est la compétence, c’est l’expérience de la chose publique, loin des discours démagogiques, qui doivent guider le choix de l’électeur.

Nous sommes à la veille de ce choix, à quelques heures de mettre le bulletin dans l’urne.

Que Dieu protège la France !

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07 avril 2017

Vous avez dit: vivre ensemble ?

Chronique politique du vendredi

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            Les civilisations sont mortelles. L’Histoire est pleine de Mondes disparus, d’Empires effondrés. Il nous reste leur souvenir et l’enseignement à tirer de leurs erreurs et de leur disparition.

Aujourd’hui, l’horizon devient de plus en plus sombre pour l’Occident. L’Amérique en tête, il paie les échecs de ses interventions dans le monde musulman et a quelques difficultés à se positionner face à la montée en puissance de l’Asie.

Via l’arrivée massive de refugiés et d’exilés économiques, les désordres du Moyen-Orient et les tensions au sein même de l’Islam, se jouent désormais au cœur de l’Europe.

La civilisation occidentale, riche de ses années de lumière, de ses racines judéo-Chrétiennes qui ont marqué les générations, d’une forme de société qui a rayonné sur le monde, est en train de disparaître. Elle va disparaître, parce que des hommes et des femmes, ne se mobilisent plus pour faire barrage au laxisme de nos gouvernants et à l’Islam conquérant, dévoyé, celui des islamistes-terroristes.

Notre siècle sera-t-il celui de la spiritualité, comme l’avait annoncé Malraux, celui du retour triomphant des trois religions monothéistes du Livre, dépouillées des oripeaux du fanatisme et de l’obscurantisme ?

A moins que le moment ne soit arrivé de jeter aux orties la fraternité entre les hommes, l’égalité des chances pour les arrivants, de rogner les libertés des uns et des autres ?

Le ‘tout argent’, le ‘tout religion’, ont creusé des fossés entre les différentes couches de la société, verticalement et horizontalement. Ces deux hégémonies, se sont servi des ‘droits de l’homme’ et du ‘politiquement correct’ pour asseoir leur emprise sur le peuple déboussolé.

Plus grave, les jeunes, le monde de demain, se partagent entre les adorateurs du Dieu Argent et celui des radicaux de la chose religieuse. Sommes nous conscient de notre responsabilité, dans l’enfermement de cette jeunesse dans un monde sans idéaux, dans un monde sans enthousiasme, si ce n’est celui de devenir plus riche, ou encore de se faire exploser en tuant le maximum d’innocents.

En ayant détruit la cellule familiale, en accordant aux enfants le droit de trainer en justice leurs parents, en leur donnant la priorité et toutes les libertés à l’école, on a produit une génération sans racines, sans obligations ni devoirs. On a produit une civilisation égoïste, sans l’amour du prochain, si ce n’est de soi-même.

Le postulat d’un avenir systématiquement meilleur, pour la génération à venir, n’existe plus dans la majeure partie de l’Occident.

La génération « sortante » ne se soucie guère de ce qu’elle va laisser aux générations suivantes : des dettes monstrueuses, le laisser-faire comme règle et l’oubli du patriotisme.

Les campagnes électorales en Europe, particulièrement en France, illustrent le déclin d’une société qui ne sait plus ce qu’est l’intérêt général.

On ne vit plus ensemble, on vit à côté des uns et des autres.

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01 avril 2017

Le réveil de l'Afrique

De retour à Casablanca, je reprends la publication de ma chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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                             Après le réveil de la Chine, on assiste, enfin, au réveil de l’Afrique, quoique très discret pour le moment. En fait, il y a deux Afriques, celle encore empêtrée dans les dissensions tribales et sous le joug de dictateurs odieux. Des dictatures, souvent criminelles, avec des potentats qui s’accrochent à leur siège et à leurs prébendes. Et une autre Afrique, celle des décollages économiques qui se font jour dans la société civile. C’est celle des entrepreneurs, qui ne se rêvent pas dans des palais présidentiels, entourés de gardes-mercenaires, de courtisans et de prévaricateurs professionnels. On y voit des nationaux qui veulent investir dans leur pays leur épargne, fruit de leur travail. Ils le font dans des industries de transformation, des infrastructures et des sociétés de services.

Le retour au pays des jeunes africains diplômés de grandes écoles européennes ou américaines, montre la confiance retrouvée par une jeunesse prometteuse, dans leur continent.

L’autre Afrique, vivote dans le sillage de dictateurs incompétents. Les exemples abondent, illustrant la mauvaise gouvernance de beaucoup de pays africains. La famine dont souffre actuellement la Corne de l’Afrique est due en grande partie à la piètre administration des Etas qui la composent. Aucune vison, aucune mesure préventive, pas de politique de retenues de eaux de pluie, aucune protection de la nappe phréatique. La sècheresse est là, et aucun gouvernement n’a anticipé les aléas climatiques.

L’exemple du Soudan Sud est encore plus frappant. Indépendant depuis 2011, avec des richesses naturelles et 5 milliards de dollars de la part des pays donateurs, pour aider au démarrage du jeune Etat indépendant, au lieu de s’atteler à l’organisation de l’Etat, à le doter des infrastructures lui ouvrant la porte du développement, on assiste à une lutte fratricide pour le pouvoir, se transformant rapidement en guerre tribale, les Nuers contre Dinkas.

Pour l’Afrique qui marche, l’économie qui se construit est transversale et diversifiée, plus besoin de passer par Paris, pour commercer entre la Côte d’Ivoire et le Gabon. Le Maroc l’a compris, qui investit dans ces pays en devenir, favorisant l’implantation de banques réellement régionales, qui ne sont pas succursales de banques européennes ou chinoises.

Aux richesses naturelles, réelles et abondantes, s’ajoute, aujourd’hui, le développement progressif d’une agriculture durable, capable de nourrir la population.

Les maux dont souffre l’Afrique sont identifiés et les remèdes connus. L’Afrique draine que 7% des investissements internationaux dans les pays émergents. Pourquoi ? : Instabilité des institutions, instabilité politique, absence de paix sociale, absence d’Etat de droit.

Depuis les indépendances des années 60, l’Afrique a vécu de nombreux modèles de développement : le communisme, le néocolonianisme, les interventions de la Banque mondiale et du FMI, celles des chinois, sans « conditions politiques ». On se doit de constater qu’elles ont toutes échoué.

Le salut et le réveil de l’Afrique vont venir de ces jeunes entrepreneurs africains qui n’hésitent pas à relever le défi du développement de leur continent, en dehors de toute considération politique.

Le président Obama, recevant, il y a quelques temps, à la Maison Blanche, des représentants de la jeunesse africaines, leur a dit : « L’Afrique n’a pas besoins d’Hommes forts, mais d’institutions fortes »

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17 mars 2017

Les paradoxes du Moyen-Orient

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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              Le basculement de la stratégie géopolitique des Etats-Unis vers le Pacifique, a plongé les pays du Golfe dans l’incertitude et l’inquiétude. Washington a pratiquement abandonné la région aux Russes et aux Iraniens.

La montée en puissance de l’Iran, depuis l’accord nucléaire intervenu avec l’Occident, Amérique en tête, illustre, en termes de lutte, non armée pour le moment, la rivalité Sunnites/Chiites.

Au delà de la course au leadership entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, se pose la question de la sécurité pour les pays sunnites, dépourvus aujourd’hui du parapluie américain, auquel ils ne croient plus. L’histoire récente, abonde d’exemples : le Shah d’Iran, Kadhafi en Libye, Moubarak en Egypte.

Aussi, les pays sunnites, spécialement ceux du Golf, misent, aujourd’hui, sur Israël, pour leur sécurité.

La nouvelle administration Trump, poursuit le retrait d’Europe, du Maghreb, du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, suivie en cela par l’Union européenne. Ils ont laissé le champ libre à la Russie et à la Chine, pour leur grand Eurasie, à travers la nouvelle route de la soie que Xi, le Président chinois construit patiemment depuis 2003.

 Ceci a poussé l’Arabie Saoudite à envisager un partenariat avec Israël. Les 21 et 22 février dernier, les hauts responsables des services de renseignement, ont rencontré, discrètement, leurs homologues à Jérusalem. Le projet iranien, ‘Riad d’abord’, qui consiste à élargir le rayon d’action des Scud-C et D de 100 kilomètres, inquiète au plus haut point, la capitale saoudienne. Cette inquiétude est d’autant justifiée, que l’Iran est déjà très active dans la région, en particulier au Yémen, à la porte de Ryad.

Une réunion secrète à Bruxelles, en février dernier, entre une délégation iranienne et des représentants de Mahmoud Abbas et du Hamas, a acté le rapprochement des Palestiniens avec l’Iran. De ce fait, Ramallah et le Hamas ont perdu le soutien et l’aide des pays du Golfe.

Les évènements s’accélèrent et mettent au rancard les vielles grilles de lecture.  Il faut rappeler que déjà, le 27 novembre 2015, Israël avait envoyé une mission diplomatique à Abu Dhabi, aux Emirats Arabes. L’Arabie et les Emirats sont persuadés que leurs relations avec Israël, ont permis, d’ors et déjà,  de contenir l’Iran dans ses projets agressifs.

Aujourd’hui, les pays sunnites s’éloignent de l’idéologie, de la conception internationaliste arabe, en priorisant leurs intérêts directs. Sécurité, développement économique et technologique en deviennent les mots clés. Les produits de haute technologie et ceux de pointe pour l’Agriculture, ont aujourd’hui, droit de cité en Arabie saoudite. Les Emirats ont acheté en 2011, pour plus de 300 millions de dollars, en armements militaires israéliens.

La coopération se poursuit dans des projets structurants comme le percement du canal des deux mers (mer rouge et mer morte) dont la construction est prévu en 2018.

Dans tous ces projets, les Etats-Unis sont exclus. La Russie est en train de devenir la puissance militaire de référence de la région, et Israël l’assurance des pays sunnites.

Devant cette évolution, la fin de l’antagonisme israélo-palestinien se trouve programmé et la paix devient crédible, fruit d’un accord global entre les pays arabes de la région, y compris les Palestiniens et Israël.

 

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10 mars 2017

La faillite des Elites.

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                                Les campagnes électorales, présidentielles ou législatives, se succèdent un peu partout dans le monde. Aux Etats-Unis, comme en Europe, elles illustrent, aujourd’hui, un rejet des élites par le corps électoral et un divorce patent avec les Médias.

En Amérique, Donald Trump se passe des Médias, et s’adresse directement aux citoyens américains, par des twests rageurs. Il est, pour cela, applaudit par une classe moyenne qui ne se retrouve plus dans le discours des hommes politiques de Washington.

En France, la Presse, dans son ensemble, a perdu de sa crédibilité auprès des français, par ses outrances et ses lynchages partisans.

Il ne s’agit pas de populisme, mais d’une exaspération légitime du peuple devant le gâchis, « politiquement correct », qu’il constate. Il ne suffit plus de brandir l’anathème, pour éviter d’être confrontés aux exigences du réel. Le peuple veut être entendu et compris.    

Le problème n’est plus entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui se penchent sur les aspirations du corps électoral et ceux qui s’obstinent dans la négation des vrais problèmes. Ils ne veulent les voir qu’au travers du prisme déformant des thèmes conventionnels.

On parle beaucoup de l’Islam de France et on passe sous silence l’Eglise de France. Les deux sont estimables, mais cela ne change en rien les réalités du pays. La France est toujours la fille ainée de l’Eglise, et si un des éléments majeurs de l’arithmétique électorale a été, jusqu’à aujourd’hui, les électeurs issus de l’immigration, les catholiques de la France profonde, en sont l’élément principal.

Les sondages et les discours orientés, ne changeront pas les réalités sur le terrain. On va encore une fois, comme pour les primaires de la droite, constater que l’on avait tout faux.

André Malraux avait déclaré : « le XXIe siècle sera religieux, ou ne sera pas ». Le renouveau de la spiritualité, un peu partout dans le monde, lui donne raison. Les mosquées sont pleines le vendredi, et les églises enregistrent une nette augmentation de la fréquentation. Les grilles de lecture du monde qui nous entoure, sont obsolètes et nous mènent droit dans le mur.

Le quatrième pouvoir, les Médias, est en perte de vitesse, et les hommes politiques professionnels deviennent inaudibles. Le système ne fonctionne plus. La société civile refuse le despotisme des élites, qu’elle considère dépassés.

La gauche institutionnelle s’étiole, s’anémie, à force de persister à appeler populisme, l’aspiration des citoyens à être entendus. En France, comme aux Etats-Unis, on s’est obstiné à nier la crise identitaire que traverse le peuple. On a vu la surprise électorale en Amérique. Les mêmes causes, ayant les mêmes effets, on est en droit de penser que la France risque d’avoir des lendemains douloureux, après le deuxième tour de l’élection présidentielle.

Aujourd’hui, en France et ailleurs, se mettre à dos la machine politico-médiatique, devient un brevet de compétence. On constate une déconnexion, toujours plus grande, entre les élus et le corps électoral.

L’irruption d’Internet a réduit grandement l’influence de la presse écrite. La société civile vit l’événement en temps réel  et intervient parfois violemment.

Allons-nous vers une nouvelle forme de démocratie ?

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03 mars 2017

Le déclin de l'Occident

Comme tous les vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire

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                              L’Occident, dominateur et arrogant, conquérant et prédateur, a vécu. Les droits de l’homme, la démocratie et le culte de l’égalitarisme, ont eu raison de ces pays dit « développés » et éclairés par les années de lumières. L’absurdité du politiquement correct a accéléré le déclin d’une société, qui au lieu de s’attaquer aux problèmes, change leur appellation.

L’idéologie du ‘tout argent’ comme celle du ‘tout religieux’, en particulier islamiste, ouvre la porte à tous les excès.

Aujourd’hui, pour beaucoup d’intellectuels, le monde libre et conquérant n’est plus à New-York, mais à Moscou.

Inquiétante et fascinante à la fois, le Russie de Poutine, souligne les faiblesses de l’Occident.

La montée en puissance de la Chine, le retour sur la scène internationale de la Russie, ont remis en question l’ordre mondial, jusque là défendu par l’Occident, l’Amérique en tête.

L’irruption ‘des printemps arabes’ donnait à penser que le monde arabe allait reprendre sa marche vers le Nord et retrouver sa gloire d’antan. La relève de l’Occident défaillant allait-elle être assurée par un monde arabe réveillé par l’Islam conquérant ? A part une immigration sauvage vers les prétendus Eldorados européens, un terrorisme meurtrier qui n’épargne personne, les Etats arabes ont trop de problèmes à résoudre chez eux, pour imaginer un rôle dans le cirque mondial.

Mais le rapprochement de la Russie avec la Chine, préfigure un ordre mondiale où la suprématie de l’Occident n’apparaît plus que comme un lointain souvenir. Les, gesticulations du nouveau président américain,  sont en réalité l’expression d’une prise de consciences de la contestation du leadership américain par la Russie et la Chine. L’Amérique, comme l’Europe, sont inquiets, face à la montée en puissance de la Chine. La perte de prestige des Etats anciennement coloniaux, la remise an cause du leadership américain, s’expliquent par un Occident à bout de souffle, qui n’apporte aucune réponse, aujourd’hui, aux problèmes existentialistes auxquels les Etas sous-développés ou émergents, sont confrontés.

Pendant que l’Occident se retire, par manque de finances, de la plupart des scènes internationales, en particulier de l’Asie, la Chine déverse d’énormes sommes d’argent dans la région (Pacifique). Les pays du pourtour de la mer de Chine et plus largement du Pacifique, vont, les uns après les autres, devenir les vassaux de Pékin. Son influence prépondérante en Afrique n’est plus à démontrer. En peu de temps, elle a mis fin aux régions d’influence des anciens pays coloniaux et supplanter les Etats Unis. Actuellement, deuxième puissance économique du monde, son potentiel de croissance est bien plus élevé que celui des Etats-Unis.

Donald Trump, aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, est le rempart devant cette Chine triomphante. Mais, l’Amérique, quand elle ne peux pas résoudre un problème par la diplomatie ou des ententes, a tendance à recourir à la force, tout comme les Chinois.

Trump va-t-il réaliser que sa politique de ‘l’Amérique d’abord’  fait face à d’énormes obstacles. La priorité devrait être la défense du modèle occidental , plutôt qu’un enfermement sur soi.

Les européens sont encore figés dans une vision dépassée de l’Extrême-Orient et d’une Afrique qui a largué ses amarres.

Le Président américain fait planer le risque d’une guerre économique à laquelle s’ajoute un risque de conflit armé, étayé par la décision de Washington d’augmenter le budget militaire, dans des proportions, pas vues depuis le dernière guerre mondiale.

Nous allons directement vers un nouvel ordre mondial, dominé par la Chine, à moins, à moins que… Mais comme dirait Rudyard Kipling, ceci est une autre histoire.

Posté par gabrielbanon à 08:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]