Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

14 décembre 2018

SIGNATURE

Mardi prochain, 18 décembre à 19 heures, je signerai et présenterai mon livre "CLÉS DE GÉOPOLITIQUES" à la librairie du Maarif "Au Carrefour du Livre ".

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ONU : LA TARTUFERIE DU PACTE MONDIAL SUR LES MIGRATIONS

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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     Lundi dernier, malgré les tensions, a été signé « formellement » à Marrakech, Le Pacte mondial des Nations Unies pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Quel euphémisme ! Les Nations ne se sont pas unies pour signer ce pacte. Plusieurs pays, et non des moindres, ont annoncé ne pas y souscrire. La France, au nom des droits de l’Homme, le soutient par une volonté présidentielle.

Ce pacte, qui a été approuvé en juillet dernier par l’Assemblée générale, a eu largement la majorité nécessaire, à l’exception de plusieurs irréductibles, notoirement les Etats-Unis. 

 L’objectif est d’encadrer des migrations jugées inéluctables. Tout ceci dans l’utopie de construire un monde sans frontières. Les populations des pays d’accueil doivent considérer les migrants comme un enrichissement de leurs sociétés grâce à ‘leurs capacités humaines, économiques et sociales’ (sic).

 D’un angélisme déroutant, il ressemble plus à une liste de vœux pieux, renvoyant le lecteur à l’engagement scout de la BA (bonne action) journalière.

Le pacte prévoit la création d’un site internet permettant aux candidats à l’exil forcée ou alimentaire, de connaître toutes les options migratoires possibles ! Il souligne l’obligation faite aux États de porter secours aux migrants empruntant les itinéraires dangereux.

Le paradoxe est que l’on a convoqué 193 pays pour parapher un pacte mondial, qui n’est pas juridiquement contraignant et qui invoque la souveraineté nationale comme principe directeur. Il réaffirme, en effet, le droit souverain des États à déterminer leur politique nationale en matière d’immigration, et leur prérogative de régir l’immigration au sein de la sphère de compétence nationale.

Donald Trump n’est pas seul, dans cette opposition à un texte jugé dangereux ( ?). Outre ses alliés inconditionnels, Israël et l’Australie, on relève : la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie qui ont annoncé qu’ils ne signeront pas. Il a provoqué l’explosion du gouvernement belge. La Suisse a souhaité plus de consultations internes, comme l’Italie, la Belgique ou la Bulgarie. Pourtant, ils avaient là, une occasion de montrer leur humanisme à peu de frais. Seul Emmanuel Macron, le président français, a pris la perche tendue pour déclarer : «  les solutions qu’il propose (le pacte) vont exactement dans le sens, à la fois des valeurs de l’Europe, et des intérêts de l’Europe. » Pas sûr, monsieur le Président, le pacte, dans son objectif 17 demande : éliminer toutes formes de discriminations, condamner et contrer les expressions, actes et manifestations de racisme, de violence, de xénophobie et d’intolérance envers les migrants… sensibiliser et informer les professionnels des médias sur les questions migratoires et la terminologie adaptée, priver de subventions ou d’aide matérielle tous les médias qui promeuvent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et d’autres formes de discrimination à l’égard des migrants, le tout, en plein respect des médias.

 L’objectif est tout simplement de museler les médias politiquement incorrects, dans le plein respect des médias, bien sûr !!

  Ces hommes qui risquent leur vie pour éviter la mort, la guerre ou la misère dans leur pays, méritent mieux que ce texte qui cherche à donner bonne conscience aux nombreux donneurs de leçon, lovés tranquillement dans les fauteuils des tables de conférences.

 Personne n’abandonne sa maison, son quartier, son pays de gaité de cœur. Les conditions de vie n’y sont pas réunies. C’est là que doivent porter les efforts de la communauté internationale : aider ces pays à se développer et créer les conditions nécessaires pour garder leurs enfants. Nous n’avons pas à sécuriser les circuits des passeurs, encore moins leur faire de la publicité dans un site dédié. Nous devons déployer tous nos efforts pour mettre fin aux nombreux conflits qui sévissent dans les pays des migrants.

  Avant d’installer un tel pacte, il y a un travail énorme d’explication et d’information à faire auprès des populations.

 Ce pacte n’apporte aucune réelle solution aux problèmes des migrations qu’il prétend régler.

 

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30 novembre 2018

L’INDÉCROTABLE JAPON XÉNOPHOBE

vendredi, jour de ma chronique politique hebdomadaire

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        La gestion de ce que l’on appelle aujourd’hui, l’affaire Carlos Ghosn, évoque sans conteste, la xénophobie toujours présente au Japon.

Déjà en 2005 et récemment, l’ONU dénonçait la persistance de la xénophobie au Japon.

Elle lui reproche, encore à ce jour, une politique d'immigration restrictive, un accueil frileux des réfugiés politiques — une dizaine par an — et l'absence de loi condamnant la discrimination raciale et la xénophobie. Il est notoire que le Japon n'a pas bonne presse en matière de droits de l'homme. Ses voisins, Corée, Vietnam, Philippines et Chine, ont eu à connaître l’inhumanité du Japon, lors de la dernière guerre mondiale. Ils lui vouent une cordiale inimitié, pour ne pas dire haine, jusqu’à présent. 

Longtemps ambassadeur du Japon, un peu partout dans le monde, Carlos Ghon donnait au monde l’illusion d’un Japon ouvert à la coopération et aux investissements étrangers. Aujourd’hui, Ghosn devient la contre-publicité du pays du Soleil-Levant. La chute du héros de l’industrie automobile japonaise, intervient dans un mauvais moment pour  le Japon. Ce dernier s’efforce actuellement, à mettre en valeur l’attractivité de l’archipel pour les investisseurs étrangers.   

  La promotion en cours pour attirer ces investissements directs dans le pays, a maintenant du plomb dans l’aile. Quatre pour cent de l’économie nipponne, voilà ce que représente l’étranger contre 34% par exemple en France.

  Ce 19 novembre, la justice japonaise a donc mis fin au rôle d’homme-sandwich, qu’était Carlos Ghosn pour l’image du pays à l’étranger. En quelques heures, sur la base de charges encore incertaines, a été jeté en prison l’entrepreneur, adulé quelques heures plutôt, par les mêmes citoyens. Aucun chef d’entreprise japonais n’a jamais eu à subir un tel traitement. Les scandales n’ont pourtant pas manqués. Ces scandales mettant en cause des entreprises japonaises, n’ont pas eu le même retentissement judiciaire. L’affaire des comptes truqués de Toshiba avec une fraude estimée à 1,1 milliard d’euros, à la trappe, aucune arrestation. L’affaire Takata dont les produits ont provoqué la mort de 15 personnes, à la trappe, aucune poursuite. Certains des hommes d’affaires étrangers, installés à Tokyo, osent y voir une xénophobie affichée. Les investisseurs étrangers sont aujourd’hui vendeurs net à la Bourse de Tokyo.

 Force de constater que le Japon, qui reste  encore, pour le moment, la troisième économie mondiale, ne transige toujours pas avec ses traditions. Face à la doxa libérale, il revendique une identité qui fait la part belle au groupe et à l'homogénéité. 

En 2050, l'Archipel nippon aura perdu 30 millions d'habitants et 40% de sa population sera composée de retraités. L'immigration, qui pourrait pourtant compenser le déséquilibre de la pyramide des âges, reste nulle ou quasi nulle. Cela reflète un trait culturel de la société nippone qui se considère, encore aujourd'hui, comme une des seules "races pures" de la planète.

Les japonais veulent rester entre eux et dès lors, se suicident en tant que Nation. À l’horizon 2050, le Japon deviendra une proie facile pour son grand voisin, la Chine. Et le Monde tournera une page !

 

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24 novembre 2018

PLAIDOYER POUR LA FAMILLE

Ma chronique cette semaine, est inspirée par un débat qui agite la France (outre les "gilets jaunes") de la gauche moribonde à l'extrême droite encore sous le choc de la dernière présidentielle.
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  En France, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en septembre dernier, s’est déclaré favorable à l’autoconservation ovocytaire, à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes ainsi qu’à la levée de l’anonymat des futurs donneurs de sperme pour les enfants issus de ces dons. Le CCNE se contredit ainsi avec ses déclarations antérieures, violement contre, victime du « politiquement correct ». Son avis reste muet sur le problème de la filiation d’un enfant né du recours à un don de sperme au sein d’un couple de femmes. On pourrait penser que le CCNE ne considère pas la filiation comme une question de bioéthique. Si la PMA s’ouvre à toutes les femmes, elle impose alors la modification du droit de la filiation.
Le gouvernement français avance avec précaution et ruse de Sioux. Il a mis aux ordres le CCNE, il lui faut maintenant mettre de l’ordre dans sa majorité qui reste divisée sur la question et le fait savoir. Certains campent sur leur position, à savoir, un enfant doit avoir un père et une mère.
En outre, la PMA va conduire, qu’on le veuille ou non, à la Gestion Pour Autrui (GPA), à la marchandisation du corps de la femme.
Il y a longtemps que nous avons compris que le clivage fondamental n’était plus tant entre la gauche et la droite, les partisans de la démocratie et ceux d’une société aristocratique. Il est aujourd’hui entre ceux qui défendent un pouvoir enraciné dans les réalités humaines et les partisans mondialistes d’une humanité déracinée et hors-sol. Ils veulent un être créée ex-nihilo, sans attaches, sans géniteurs, prétendument indépendant. Ces gens là, comme dit Jacques Brel, ces gens là, Monsieur, ne veulent plus que la famille soit la cellule centrale de la société, mais prônent un monde sans racine, asexué, un monde métissé où un chat ne pourra plus retrouver ses petits.
Le paradoxe est que lorsque la gauche rejoint la droite dans ses principes, on dénomme immédiatement le phénomène : Populisme. On constate alors l’adhésion des forces dites « progressistes » à une oligarchie mondiale, noyée dans une mondialisation qui couronne l’anonymat et l’irresponsabilité.
À contrario du réel, le modèle post-moderne nous propose une société de gérants irresponsables, détenant le monopole du pouvoir.
On doit défendre une société construite autour de la famille, donnant à l’enfant un père et une mère. Une famille qui s’épanouit dans une construction sociétale où le pouvoir central et démocratique est soutenu par une véritable élite responsable, un pouvoir s’appuyant sur le peuple, le véritable contre-pouvoir.
 
La famille est la cellule de base de la communauté humaine. Elle peut changer de taille, de visage, elle n’en demeure pas moins essentielle. L’homme et la femme ont besoin d’aimer, d’être reconnus et aimés tels qu’ils sont.
La crise de confiance que traverse la société a souvent pour origine une carence familiale.
Celui qui n’a pas soin des siens, particulièrement de sa famille, est un handicapé du cœur, victime d’un « politiquement correct » subversif.
 
 
 

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15 novembre 2018

YÉMEN : LA PAIX IMPOSSIBLE

Partent pour l'Europe tout à l'heure, je vous livre dès à présent, ma chronique politique hebdomadaire du vendredi :

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                  Washington et Paris appellent Ryad à mettre fin à la guerre menée depuis  2014 au Yémen.

En fait, cette région du monde est en guerre depuis 1962. Il y a eu la guerre civile du Yémen du Nord de 1962 à 1970 qui opposa les forces royalistes du Royaume mutawakkillite du Yémen et les forces républicaines de la République arabe du Yémen.  Ce conflit était déjà une guerre par procuration entre l’Égypte et l’Arabie saoudite.

 Puis la Guerre civile du Yémen du Sud, en 1986. Pendant dix jours, en janvier de la dite année, se sont affronté  les partisans d'Abdul Fattah Ismaïl et ceux de Ali Nasser Muhammad . Les combats feront 10 000 morts.

 Il y a eu la guerre civile yéménite de 1994,un conflit qui opposa les forces de la République du Yémen unifiée aux séparatistes du Yémen du Sud.  La tentative de sécession échoua au bout de deux mois, après plus de 10 000 morts.  La réunification du pays sera signée en 2019.

 La région a vécu également, ce qu’on a appelé la Révolution Yéménite. Un mouvement de contestation populaire qui avait débuté en 2011 et prit, fin en 2012  avec le départ du président Ali Abdallah Saleh.

Enfin, le pays vit actuellement un conflit, la guerre civile yéménite, un conflit qui oppose depuis 2014  les rebelles chiites Houthis  au gouvernement d'Abdrabbo Mansour Hadi, élu en 2012  à la suite de la révolution yéménite. Ce conflit s'est internationalisé en mars 2015 avec l'intervention de nombreux pays musulmans menés par l'Arabie saoudite. Ce n’est plus une guerre par procuration, mais une guerre où s’affrontent directement l’Arabie saoudite et l’Iran, soutien des Houthis.

Le Nord arabe, le Sud « communiste », le pays est partagé entre 55% de sunnites et 45% de chiites. À l’origine de ces affrontements, des motifs communautaires et confessionnels. La « Tempête décisive » déclenché par l’Arabie saoudite a mobilisé une coalition formée des Émirats arabes unis, Bahreïn, la Jordanie, le Qatar, le Maroc, l’Egypte, le Koweït et le Soudan. La participation de certains pays est plutôt symbolique, comme celle du Maroc.

Le bilan humain, à aujourd’hui, est largement sous-estimé, officiellement 10.000 morts, vraisemblablement, plus de 50.000. L’ONU estime que 14 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire et le choléra a fait son apparition. L’ONG Oxfam estime qu’un civil est tué toutes les trois heures au Yémen.

Washington et Paris appellent maintenant Ryad à mettre fin aux hostilités, à ouvrir des négociations de paix «  d’ici à 30 jours » ! Sinon quoi ? Sinon rien.

Le chaos yéménite a renforcé les djihadistes d’al Qaida dans la péninsule arabique.

Dans cette poudrière, devant la multiplicité d’acteurs internes et externes, ouvrir des négociations de paix, trouver une solution à l’inconciliable, va relever de l’exploit.

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10 novembre 2018

LE MONDE FRACTURÉ DE DONALD TRUMP

L'actualité m'impose un e deuxième chronique que je vous livre immédiatement:

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Les Etats-Unis sortent encore plus fracturés des élections de mi-mandat. Malgré les commentaires de la presse américaine anti-Trump, force est d’admettre que les républicains sortent renforces de cette consultation. Consultation qui, traditionnellement, est mauvaise pour le pouvoir en place.

  Beaucoup de commentateurs attendaient de ces élections un coup de frein net à la politique du Président américain et à l’effritement de son bloc électoral. Que nenni, Trump garde un parti républicain soudé autour de lui et un corps électoral intacte, voir renforcé dans certains États. L’élection de tous les gouverneurs soutenus par Trump en donne la preuve. 

Les républicains qui gardent le contrôle du Sénat et les démocrates qui récupèrent la majorité à la Chambre des représentants ont de quoi célébrer. Mais le débat politique américain ne va pas y gagner en sérénité.

Ces élections ont permis à Donald Trump de conforter sa majorité au Sénat, ce qui le met à l’abri de toute procédure d’enpeachment (destitution). 

La demi-victoire des démocrates aux élections de mi-mandat traduit un pays clivé, à l’image de ses élus.  La fracture est nette entre des républicains qui ont largement gagné parce qu’ils étaient clairement pro-Trump et des démocrates qui l’ont emporté parcequ’ils étaient anti-Trump.

C’est raté pour tous ceux qui espéraient que cette consultation allait déstabiliser le Président américain ? Les Américains aiment toujours Trump. À mi-mandat, il est bien moins affaibli que ne l’espéraient les médias. 

Donald Trump est une personnalité particulièrement clivante. Mais c’est bien son parcours, sa philosophie générale et sa conception de l’action politique qui ont fait apparaître au grand jour un clivage planétaire préexistant, qu’il n’a pas créé mais simplement catalysé. L’acharnement hystérique des médias, du show-biz, de la société bien pensante urbaine, d’une partie de la finance, du clan Clinton contre Donald Trump a été vain. Ces élections ont  décanté la scission de la société américaine entre deux conceptions du monde et de l’homme.

Si Donald Trump va devoir s’attendre à de nouvelles tracasseries de la part d’une Chambre des représentants qui lui est désormais défavorable, freinant un peu son action, le dernier mot sera, comme la Constitution américaine le prévoit, au Sénat qui, à la fin décide de tout. Or, les Républicains tendance Trump y seront désormais plus majoritaires que prévu. Débarrassé de sa caste patricienne, le « Grand old party »,  devenu populaire ou populiste, sera trumpiste. Les Démocrates divisés continueront à chercher l’oiseau rare qu’ils pourront opposer à Trump en 2020. 

Une autre question majeure devient désormais centrale : la question démographique et donc migratoire. Il y a un demi-siècle, la planète comptait deux milliards d’habitants, elle en supporte dorénavant plus de sept. Les vagues migratoires incontrôlées, les atteintes à l’environnement en sont les conséquences directes, ainsi que des guerres et des tensions interethniques et religieuses dramatiques.

Enfin, sur les plans géostratégique et militaire, Donald Trump veut en finir avec la guerre froide et les dispositions couteuses pour y faire face, comme l’OTAN. Il va rechercher de nouveaux accords de partage des zones d’influences avec Poutine et plus tard avec la Chine. Il veut transférer le coût de fonctionnement de l’OTAN à ses alliés européens et, avec la récupération de ce budget, permettre à son industrie militaire de rattraper son retard sur les équipement militaires russes, surtout nucléaires. 

 

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UN DEFI EXSISTENTIEL POUR L’EUROPE

 

Voici ma chronique politique hebdomadaire, avec quelques heures de retard. Hier a été le jour de la présentation de mon livre: "Clés de Géopolitique. Il y a eu également la cérémonie de remise du trophée de l'Africanité, attribué à votre serviteur par la fondation de même nom.

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        Le 5 novembre dernier, est entré en vigueur la seconde vague de sanctions contre l’Iran. Au delà du bras-de-fer que Donald Trump mène avec le régime iranien des Mollahs, c’est à la souveraineté des pays européens, les alliés traditionnels de l’Amérique, qu’il s’attaque.

Le paradoxe est qu’en conduisant toutes les entreprises européennes à cesser toutes relations commerciales avec l’Iran, il le fait au bénéfice des entreprises chinoises avec qui il prétend mener une guerre commerciale. La Chine n’a pas à redouter de représailles, pourquoi ? Il faudrait que Bruxelles le demande à Trump.

 Parti en guerre contre le régime des Mollahs, le soldat Trump commence par dénoncer unilatéralement l’accord international nucléaire conclu avec Téhéran. Puis il impose un embargo à tous les acteurs économiques américains et non-américains . C’est l’expression de l’hyperpuissance militaire, ce que La Fontaine appelle : « la raison du plus fort ».

Pour Donald Trump, il est une victime: « Les nations responsables doivent se défendre contre les menaces faites à leur souveraineté », dit-il. Grace à son écrasante suprématie des armes, le gouvernement américain se permet de faire appliquer hors de son territoire ses propres lois et ses embargos.  En 1960, renforcé par Clinton en 1996 ce fut l’embargo à l’encontre de Cuba, d’une façon plus générale contre les « États voyous » par Georges W Bush et maintenant l’Iran. Trump n’a pas innové, c’est la continuité de l’expression de la puissance depuis Kennedy.

La question qui se pose est : qu’en est-il de la souveraineté des états européens ?  Pourquoi cette frilosité dans l’utilisation et la défense internationale de l’Euro ? Ne serait-elle pas la meilleure réponse à l’hégémonie du dollar américain. N’est-il pas aberrant que les compagnies européennes achètent des avions européens en dollars américains et non pas en euros, comme le dit si bien Jean-Claude Juncker, le président de la Commission.

 L’utilisation systématique de l’euro dans les échanges internationaux, hormis les Etats-Unis, peut être une réponse aux abus de la suprématie du dollar américain. L’Europe ne devrai pas rater cette opportunité de faire de l’euro une monnaie internationale de réserve, avant que la Chine n’impose sa devise, le Yuan appelé aussi Renminbi.

L’impérialisme judiciaire américain et les abus de la suprématie du dollar s’appuient sur une diplomatie juridique sans équivalent dans le monde. L’institut Jacques-Delors la décrit parfaitement : « L’extraterritorialité telle que pratiquée par les autorités américaines repose sur un système efficace, parce que cohérent. Tous les rouages du processus, une fois les décisions législatives et/ou réglementaires prises, travaillent ensemble en parfaite adéquation depuis le pouvoir législatif jusqu’au juge civil ou pénal, en passant par le Trésor, le département d’État, les agences fédérales et de renseignement. »

C’est ainsi que l’Amérique peut faire appliquer sa loi à la planète entière, au prétexte que quiconque utilise le dollar est justiciable des tribunaux américains. 

Alors, cessons d’utiliser le dollar ! Pas facile.

 

 

 

 

 

 

 

 

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02 novembre 2018

UN PAS VERS LA GUERRE ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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                     Après la remise au goût du jour de la guerre froide, réchauffée par la mise en route de la guerre commerciale, la dernière décision de Donald Trump de se retirer du traité signé avec la Russie en 1987, est-il un pas de plus vers la guerre ?

Ce traité interdisait aux deux puissances signataires de développer des armes nucléaires tactiques et d’éliminer leurs missiles nucléaires et conventionnels dont la portée se trouve entre 500 et 5500 km. Ce traité avait été signé, à l’époque, par Gorbatchev et Reagan, et ratifié par le Sénat américain en 1988.   La Chine, n’étant pas signataire, s’est engouffrée dans la brèche et tend à rattraper son retard, si cela n’est pas déjà fait.

Trump justifie sa décision en déclarant : «  La Russie n’a malheureusement pas respecté l’accord, donc nous allons y mettre fin et nous retirer. » C’est le signal de la reprise de la course aux armements, qui ne s’est, vraisemblablement, jamais arrêtée. Pourquoi maintenant ? Officialiser le retrait permet à l’administration Trump, et particulièrement le Pentagone, de demander une rallonge budgétaire au Sénat.

   Mikhaïl Gorbatchev 87 ans, du fond de sa retraite a déclaré que se serait une erreur de la part de Washington de se retirer du traité. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, a renchéri : «  ce retrait, s’il était confirmé, serait une initiative très dangereuse qui donnerait lieu à des représailles technico-militaires. »

 Il est vrai que les Etats-Unis ont pris un réel retard sur les Russes en matières d’armement nucléaire tactique et d’une façon général sur l’équipement militaire et les radars embarqués. La guerre en Syrie en a donné la preuve, les Russes faisant de ses opérations militaires en Syrie, un banc d’essais pour leurs avancées technologiques.

 L’Amérique va maintenant revoir toute sa politique de défense, vis-à-vis de la Russie, bien sûr, mais également au Pacifique, vis-à-vis de la Chine. John Bolton, le conseiller américain à la Sécurité nationale a commencé son tour du monde par Moscou. Les va-t’en-guerre du Pentagone doivent sentir des ailes leur pousser, après la décision de Donald Trump. Une décision qui est un pas de plus vers cette confrontation avec la Russie, qu’ils jugent inévitable. 

 Sommes-nous à l’aube de la troisième guerre mondiale ?L’isolationnisme américain (comme en 1914 et 1940), les progrès techniques des grandes armées, notamment russes et chinoises, l’endettement abyssal de la première puissance mondiale et l’agressivité de Washington à l’égard de la Russie et de l’Union européenne, plantent le décor du prochain conflit. Finalement, allons-nous vraiment vers une guerre, gagnant des parties croissantes de la planète.

«Le monde a réussi à passer l'année 2017 sans se retrouver dans un conflit destructeur entre les grandes puissances. Dans certaines parties du monde (particulièrement, en Syrie) les tensions se sont atténuées de manière significative. Dans d'autres, en revanche, des situations déjà tendues se sont davantage aggravées», écrit le professeur américain, Robert Farley."

 Les tensions dans cinq régions peuvent facilement se transformer en une guerre entre grandes puissances. Le succès de la Corée du Nord dans la mise au point de missiles balistiques aggravé par l'inexpérience diplomatique de l'administration Trump ont créé une situation extrêmement dangereuse.  La deuxième région «périlleuse», est Taiwan. Le diplomate chinois Li Kexin a récemment déclaré que Pékin «rattacherait Taiwan» par force le jour où des navires américains y arriveront. La troisième région est l’Ukraine, qui se trouve aussi dans une situation tendue. La quatrième région qui peut devenir le champ de bataille de la Troisième guerre mondiale est le sud de la zone Otan, notamment la Turquie. L'éloignement de ce pays de l'UE et son rapprochement avec la Russie est un précurseur du changement du rapport de forces dans la région.

 Le golfe Persique est la cinquième région à risques. Il faut porter son attention sur la confrontation entre l’Arabie Saoudite et l’Iran Compte tenu que la Russie défend de nouveau ses positions dans cette région, il est malheureusement, facile d'imaginer que tout cela peut se transformer en un affrontement des superpuissances.

La troisième guerre, c’est la fin de notre civilisation, a déclaré récemment Vladimir Poutine.

 Le retrait des Etats-Unis de l’accord américano-russe, est tout sauf anodin.

 

 

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26 octobre 2018

L’ARABIE SAOUDITE DANS LA TOURMENTE

Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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   Tous les médias, radios, télévisions, papier, n’ont pas cessé de parler de la mort du journaliste saoudien,  Jamal Khashoggi.

Aucun détail ne nous a été épargné. À genoux, debout, torturé (on entendrai presque les cris du supplicié), décapité, démembré. On finit par avoir l’impression d’avoir assisté au drame.

  Mais qui est Khashoggi ? Un journaliste, certes, mais aussi un personnage qui n’hésitait pas à servir les grands de son pays, les princes et leurs rivalités, ami de Ben Laden, à la complicité active avec les moudjahidines du Kandahar. Khashoggi avait des liens avec Turki Al Faycal, chef des services de renseignements saoudiens. Il avait été chargé de convaincre son ami Ben Laden de rentrer au pays, sans succès. Il fut un temps conseiller du prince Tunki Al Faycal, adversaire du prince Mohamed Ben Salmane (MBS) ; Il se rapprocha de ce dernier plus tard, voyant en lui un réformateur, pour en devenir son farouche critique. Il rompt  avec lui pour s’exiler définitivement aux Etats-Unis en 2017. C’est un homme qui, à l’instar d’Icare, s’est approché trop près du soleil et s’est brulé les ailes.

Mais cela ne justifie en rien une telle fin horrible. Cette affaire témoigne de la nervosité et de l’agressivité du prince héritier, MBS, ainsi que de la brutalité de ses méthodes. Un tel excès de confiance ne peut venir que du sentiment d’impunité que lui procure le blanc-seing américain. Comme toujours dans ces cas là, les personnes qui ont été destituées sont des lampistes donnés en gages à l'administration Trump pour proposer une version crédible.

Mais cet assassinat, au delà du personnage de Khashoggi, pose la question du devenir de l’Arabie Saoudite elle-même. Le pays fait face à de nombreux défis : La coupure croissante de la monarchie avec la population. Une population de 28 millions de personnes dont 58% est âgée de moins de 20 ans et impactée par le printemps arabe ; la remise en question de l’alliance nouée depuis 1744 par les Saoud avec le wahhabisme qui a débouché sur un djihad mondialisé. Autre défi majeur, la fin programmée de la rente pétrolière qui assure encore aujourd’hui, 42% du PIB et 90% des recettes d’exportation et des revenus budgétaires. Problème existentialiste, l’expansion de l’Iran qui pousse ses pions chiites au Proche-Orient, jusqu’au pré carré du Royaume.

Mohamed Ben Sllman a concentré tous les pouvoirs pour redessiner l’Arabie Saoudite, sa transformation est la condition de sa survie. La transition vers un nouveau modèle économique se structure autour de la diversification de l’activité et une priorité donnée au secteur privé. Le prince héritier mène une action sur tous les fronts, économique, social et religieux, peut-être trop, peut-être trop vite. Sur le plan stratégique, la priorité absolue est donnée au cantonnement de l’Iran chiite par la création d’un axe avec l’Egypte et Israël et bien sûr un réalignement total et absolu avec les Etats-Unis de Donald Trump. Mais Jamal Khashoggi va avoir un pouvoir de nuisance plus grand, mort que vivant. Il risque d’entacher l’action du prince héritier durablement.

L’Arabie Saoudite et le roi Salman se trouvent à une heure cruciale de vérité. Car le royaume reste incontournable pour le marché pétrolier comme pour l’équilibre du Moyen-Orient. 

 

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20 octobre 2018

LE CRÉPUSCULE D’ERDOGAN

Voici ma chronique politique hebdomadaire:

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Le principe de Peter : Dans une hiérarchie, tout homme a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence, semble s’appliquer également aux hommes politiques. Recep Tayyip Erdogan a, sans conteste, grimpé ces échelons jusqu’à la charge suprême. Petit scribe qui a fréquenté une université où personne ne se souvient l’avoir vu, il fait étalage aujourd’hui de son incompétence en matière financière. Intimant l’ordre au gouverneur de la banque centrale de ne pas modifier les taux d’intérêt, il a précipité et accéléré la chute de la livre turque. Le président turc s’est juré de répondre aux ‘menaces’ des Etats-Unis visant à faire libérer un pasteur américain, refusant l’apaisement dans les relations des deux alliés de l’OTAN.

Poursuivant son bras de fer avec le président américain Donald Trump, il crie au complot et demande à la population d’échanger ses devises et ses lingots d’or contre la livre turc. Difficile d’être entendu, lorsque le pouvoir d’achat est érodé journellement par une inflation galopante et une chute de la devise turque que rien ne semble pouvoir arrêter. En économie, les incantations ne suffisent pas. « Ils ont les dollars, nous avons notre peuple et Allah ! » déclare Erdogan. Insuffisant, monsieur le Président, le peuple a besoin de dollars pour manger. En pleine crise économique et monétaire, il ne suffit pas de bomber le torse face aux menaces américaines.

Hélas pour lui, il a fini par céder et libérer le pasteur Brunson, offrant ainsi à Donald Trump une victoire à l’approche des élections de mi-mandat du 4 novembre prochain. Erdogan était venu voir Poutine pour obtenir que les forces d’Assad appuyées par l’aviation russe n’attaquent pas Idleb, la dernière grande poche tenue par les rebelles. Peine perdue, il a obtenu la mise en place d’un corridor démilitarisé le long de la frontière turque, ce qui réduit les capacités de mouvement des djihadistes. La situation économique du pays est difficile, la récession est évidemment difficile à digérer pour le leader de l’AKP. Il doit son ascension et celle de son parti à l’essor qu’a connu la Turquie depuis le début des années 2000. La situation ne tient pas aux tweets de Donald Trump, mais à une réalité plus terre à terre.

Après des années de croissance miraculeuse, dû en grande partie aux crédits bon marché, la Turquie vit aujourd’hui au-dessus de ses moyens. Des réformes structurelles s’imposent. La mauvaise situation des banques turques, le lourd endettement (souvent en dollar) des entreprises, aggravés par l’effondrement de la monnaie nationale, risque de déclencher, même en Europe, une crise financière. Aux dires de l’économiste turque Özlem Albayrak : « Le pays subit un important déficit courant.

Aujourd’hui, la convergence des problèmes économiques et géopolitiques ne fait qu’accentuer une crise qui était prévisible depuis 2013. » Si des solutions rationnelles n’interviennent pas rapidement, ce sera le début de la fin de l’ère Erdogan. L’économie aura, encore une fois, eu raison d’un régime dictatorial aux yeux de nombreux observateurs.

Posté par gabrielbanon à 12:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]