Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

24 janvier 2020

FIN DE L’IMPÉRIALISME OCCIDENTAL ?

 21h10, il n'est pas trop tard pour vous donner ma chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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   Apparemment, la décennie qui vient de s’écouler marque, pour les Occidentaux, la perte de leur leadership. L’omniprésence de l’Occident dans les affaires du monde, est en train de devenir un lointain souvenir. 

  Le calendrier diplomatique n’est plus l’apanage de l’Occident, avec en tête les Etats-Unis d’Amérique. Nous vivons une époque de basculement du leadership d’Occident vers l’Asie.

 L’Iran, la Chine et la Russie se livrent à des manœuvres navales en mer d’Oman. Ce golf persique qui a été jusqu’alors la chasse gardé de la flotte américaine.

 La nouveauté est l’assurance de la Chine qui n’a plus peur de recourir à ses forces armées pour défendre ses intérêts économiques. Elle a ainsi vassaliser le Cambodge et coloniser le Tibet. Par son action diplomatique, son aide économique et la présence de son armée aux frontières, elle tient en laisse la Corée du Nord. Elle a gagné une guerre contre les américains  sans livrer bataille, la mer de Chine méridionale est désormais sienne.

 Il fut un temps où de tels événements stratégiques et militaires eussent été inconcevables sans l’aval de Washington.

  Pendant ce temps là, échec après échec, l’Occident cède la place. Il est fini le temps des expéditions militaires, la guerre d’Irak a été un revers dramatique pour ceux qui prétendaient y apporter la démocratie. La Libye doit son chaos aux Anglais et aux Français appuyés par le bras armé des Etats-Unis, l’OTAN.  L’Afghanistan a été une guerre aux motivations peu claires pour le citoyen lambda, une guerre perdue, quelque soit l’habillage que lui donnera la communication américaine. Il faut y ajouter le printemps arabe, où les Occidentaux ont multiplié les erreurs.

La Russie, à cause de la crise ukrainienne de 2014 a quitté la sphère occidentale à laquelle elle avait pourtant adhéré durant l’ère Eltsine. Il faut espérer qu’elle ne l’aura pas quitté définitivement. La politique agressive des américains à son égard et le suivisme des européens, l’ont jeté dans les bras de la Chine.

 Dans la stratégie géopolitique des États, la démocratie occidentale a montré ses limites face au temps long dont disposent les régimes Russe et Chinois.

  Mais l’Occident est en train de perdre son leadership également dans le monde culturel. L’Écologie, qui a tout d’une nouvelle religion, rebute plus d’un par ses excès et son intolérance. Il semble qu’en Occident, l’Art ne veut plus utiliser que des matières biodégradables. Il s’inscrit ainsi en opposition frontale à toutes les créations de l’Homme par quoi il a voulu marquer son passage ici-bas. 

La nouvelle société qu’on voit poindre en Occident veut des individus sans racines ni attaches. Elle donne l’impression qu’elle veut une existence qui ne doit laisser aucune trace. Le culte de Mère nature veut ignorer ce que notre existence d’aujourd’hui doit à des milliers d’années d’efforts pour remédier aux aléas de cette même nature, pas toujours conciliante avec les besoins humains. Faut-il les croire quand ils déclarent que l’Homme pervertit la Nature par sa seule présence. Ne vont-ils pas trop loin, tous ces apprentis-sorciers ?

  Heureusement pour l’Homme, d’autres peuples moins dépressifs et décidés à marquer de leur sceau leur passage sur terre, sont en train de sortir l’Occident du grand jeu planétaire.

  On peut se demander si la décennie 2020-2029 va porter le coup de grâce à la prééminence des nations d’Occident.

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17 janvier 2020

LE LIBAN DANS LA TOURMENTE

C'est devenu un rituel, voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                 Depuis le 17 octobre, faisant pendant aux manifestations algériennes à l’autre bout de l’Afrique du Nord, la population libanaise manifeste. Elle manifeste contre son Élite, contre ses dirigeants politiques, contre les caciques du gouvernement. Comme d’autres l’on fait avant elle, elle est parti en guerre contre ses élites. 

Une unité exceptionnelle semble souder les Libanais pour exprimer leur ras-le-bol, Jeunes, vieux, maronites, musulmans.

  Le mouvement a été déclenché par l'annonce d'une nouvelle taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie Internet comme WhatsApp. Le ministre des Finances a rétropédalé, trop tard, le mal était fait. La contestation se nourrit de cette impression que la seule réponse aux difficultés du pays serait une nouvelle taxe imposée à la population, dont un tiers vit sous le seuil de pauvreté.

La longue guerre (1975-1990) a laissé le pays en triste état, creusant la dette, qui atteint aujourd'hui 151 % du PIB. Bien qu'irrigué, et jouissant de terres fertiles, le pays doit importer une grande part des produits de première nécessité. Plus d'un tiers des moins de 25 ans serait au chômage.

  Face à un coût de la vie élevé, l'économie souterraine a pris une place importante. Selon le FMI, elle représentait 30 % du PIB en 2011.

  Les pouvoirs publics comme les élites libanaises, demeurent jusqu’à présent, incapables de répondre à la double faillite politique et financière qui frappe le pays.

 La classe politique libanaise, malgré l’urgence, n’a toujours pas un plan répondant aux attentes des manifestants. Le Liban est aujourd’hui face à la faillite financière la plus grave de son histoire. Cette crise financière risque de plonger rapidement plus de la moitié de la population sous le seuil de pauvreté.

  Les manifestants se sont adaptés aux actions violentes d’intimidation venant de groupes proches aux deux partis chiites, omniprésents dans le jeu politique : le Hezbollah et Amal. La rupture est consommée pour un nombre grandissant de libanais.

  Le parti chiite, à la fois milice combattante impliquée en Syrie et organisation confessionnelle implantée au Liban, est devenu la principale force politique du pays et une véritable puissance régionale. C’est un État dans l’État, avec une force armée qui défie l’armée régulière étatique. Il se sert de cette force pour passer des alliances avec ses anciens ennemis et garantir les intérêts iraniens.

  L’inquiétude de la communauté internationale grandit à mesure que le pays s’enfonce dans la crise. Les politiques, aveuglés par leurs soucis de préserver leurs prébendes, se paralysent les uns les autres. Face aux atermoiements de cette classe, qui n’a toujours pas pu s’entendre depuis la démission de Saad Hariri, ce qui inquiète les partenaires internationaux du Liban, est qu’il n’y a « aucune gestion de la crise », alors que les problèmes économiques et sociaux s’aggravent.

Des divergences opposeraient certains États sur la forme du futur gouvernement, Washington préférant un cabinet de technocrates sans le Hezbollah, Moscou un gouvernement politique et Paris une solution à mi-chemin. C’est aux Libanais eux-mêmes de décider, disent-ils aussi d’une même voix.

  Évidemment, les États-Unis, qui intensifient sur le plan régional, leurs pressions contre l’Iran et ses alliés, ne seraient pas mécontents de voir un cabinet dont le parti pro-iranien serait absent.

Pour la classe politique, c’est toujours « business as usual » face aux revendications de la rue, alors que le soulèvement dure depuis plus de deux mois.

Dans le même temps, elle estime que les partis au pouvoir, y compris le Hezbollah, ne veulent pas d’un effondrement généralisé, qui ne serait dans l’intérêt de personne.

 Avec l’aggravation des problèmes économiques et sociaux, une « révolution de la faim » pourrait se profiler. Cependant le Liban ne se dirige pas pour le moment vers un effondrement total. Il a encore un répit de plusieurs mois avant d’atteindre une situation de non-retour.

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16 janvier 2020

HOMMAGE À CELUI QUI AURAIT DÛ ÊTRE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

     Il y a dix ans, le 7 janvier 2010, s’éteignait Philippe Séguin. Homme d’État, il fut ministre, Président de l’Assemblée nationale et le premier Président de la Cour des comptes, fonction qu’il assuma avec talent depuis 2004, jusqu’à son décès.

  Beaucoup ne l’ont pas oublié et lui ont rendu un hommage attendu et mérité. Le 7 janvier dernier, ils ont célébré son sens de l‘État, son amour de la France et son parcours politique exemplaire.

   Le présent hommage s’accompagne d’un brin de nostalgie, Séguin jouait à droite le même rôle, que  celui de Mendès-France à gauche.

  Il a été le dernier Gaulliste authentique avec une réelle fibre sociale. Il aurait dû devenir Président, son rendez-vous manqué avec l’Histoire de France, il le doit principalement à Jacques Chirac, qui n’aimait pas « les artichauts qui dépassent les autres », il faut les couper, disait-il.

 La légende de Philippe Séguin est née en 1990, quand opposé une construction européenne qu’il jugeait tyrannique et impuissante, il mena le combat pour le Non, lors du référendum sur les accords de Maastricht. Ses interventions sur ces sujets ont été prophétiques. Il ne voulait pas que l’Europe soit défigurée politiquement par « un machin technocratique qui désincarne les peuples et les neutralise culturellement. » Philippe Séguin a été un homme politique remarquable, aux qualités reconnues et célébrées.

  L’histoire du gaullisme représente une aspiration à l’indépendance nationale et un attachement plus universel à la cause des peuples, ce qui amené De Gaulle et après lui Seguin, à soutenir l’indépendance du Québec. Philippe Séguin aura été certainement le dernier Gaulliste, le dernier à avoir un destin national.

  Vaincu, meurtri, s’il est passé à côté de son destin, ses actions ont laissé un souvenir impérissable. Il a fait vivre une tradition qui transcendait les clivages politiques et plaçait au cœur de l’action, l’amour de la patrie. 

  Ne nous trompons pas, aujourd’hui notre monde n’est plus celui de Philippe Séguin, la souveraineté reste en question,  mais dépassée par celle de l’identité. 

 Philippe Séguin avait su en son temps, conjuguer le nationalisme et la démocratie. Puisse-t-il inspirer les jeunes générations qui entendent l’appel de la cité et ne veulent pas son avachissement historique et spirituel. Le gaullisme ne servirait plus à rien, s’il ne montrait pas la voie à suivre.

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14 janvier 2020

LE RÉGIME IRANIEN MARQUE LE PAS

On m'écrit pour me demander pourquoi je ne parle pas des événements Iran/États-Unis.J'attendais que le brouhaha des médias s'apaise pour en parler en toute sérénité.
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   Malgré une situation économique désastreuse, une large partie de la population qui manifeste contre la gestion du pouvoir, l’Iran des mollahs continue à être offensif à l’extérieur. Mené par le général Soleimani, convaincu de sa force armée, l’Iran des Mollahs développe une action agressive sur tous les fronts du Moyen-Orient. Devant l’inertie apparente de Washington, le Général, numéro 2 virtuel du pouvoir à Téhéran, s’est enhardi. Après avoir abattu deux dromes américains, attaqué un tanker dans le golf persique, bombardé les réservoirs pétroliers d’Armco, en Arabie Saoudite, il a franchi la ligne rouge en attaquant l’Ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Ayant une opinion publique rétive à la guerre, Donald Trump attendait en réalité que des intérêts américains soient directement attaqués pour réagir. Il le fit durement en passant outre à une loi non écrite : « On ne touche pas aux dirigeants d’un pays. » En tuant le plus glorieux général du régime, en tuant le numéro 2, véritable ombre porté de l’ayatollah Khamenei, l’avertissement était des plus clairs. On n’allait pas revivre la crise des otages de l’ambassade de Téhéran. Cette crise correspond à un épisode de tension internationale dans les relations entre les États-Unis et l'Iran, qui survient à partir du 4 novembre 1979. L’instauration de la République islamique d’Iran, marquée par la destitution du Shah, Mohammed Reza Pahlavi et le retour du guide de la Révolution, l’Ayatollah Khomeini, le 1er février 1979, avait marqué un tournant dans les relations entre les Etats-Unis et l’Iran. Tension accrue, lorsque des assaillants se déclarant « étudiants musulmans dans la ligne de l’imam Khomeini », investissaient l’ambassade américaine de Téhéran et prenaient en otages les 56 membres du corps diplomatique.
Devant l’audace américaine, le guide suprême s’est trouvé alors dans une situation des plus délicates. Ne pas riposter était impensable, riposter était dangereux, Trump annonçant que 51 cibles ont été données au Pentagone pour répondre massivement à une éventuelle attaque iranienne. Aucun intérêt US, à fortiori des ressortissants américains, ne devaient être touchés.
L’Iran se doit de sauver l’honneur, mais ne veut surtout pas, provoquer la guerre.
Une vingtaine de missiles tirés depuis l’Iran par les Gardiens de la révolution sur deux bases irakiennes où se trouvent casernés des militaires américains, ont constitué la réponse très étudiée des autorités de la République islamique.
Pas de victimes ni du côté des forces américaines, ni du côté des forces iraquiennes. Des dégâts insignifiants sont annoncés par le Président américain. La question se pose alors, l’Iran a raté ses cibles volontairement ? Le système de défense américain a-t-il détruit en vol ceux des missiles qui allaient les toucher ? Manque d’entrainement des forces iraniennes ? Il semble qu’il y a un peu de tout cela, mais une évidence, l’Iran prend au sérieux les avertissements de Trump et ne veut ni ne peut aller à la guerre. La catastrophe de l’avion de ligne ukrainien abattu par erreur par un missile iranien tend à prouver que les forces iraniennes sont nerveuses et pas suffisamment entrainées. On retiendra, aujourd’hui, que la donne a changé et que le régime à Téhéran est ébranlé, suffisamment pour tomber ? On le saura dans un proche avenir. Ce régime ne tombera que de l’intérieur. Le peuple iranien est dans sa grande majorité patriote et une attaque extérieure ne fera que le souder autour du drapeau attaqué.
1El Heziti Naoufal
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09 janvier 2020

USA, LE PAYS DE TOUS LES EXCÉS

Voici ma chronique du vendredi, loin de la tempête médiatique des événements d'Irak et de l'odyssée de Carlos Ghosn:

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Lorsqu’une théorie est adoptée en Amérique, sa logique est poussée jusqu’au bout, une véritable radicalisation. Les campus américains sont devenus le lieu de batailles ubuesques menées par des étudiants radicaux, qui, au nom de la justice sociale, de l’antiracisme et des inégalités, organisent une véritable surveillance allant jusqu’au lynchage médiatique de ceux qui offensent, par leurs paroles ou leurs actes ce qu’ils jugent « politiquement correct ».

Ce fléau du politiquement correct divise la société américaine, particulièrement la gauche.
Les errements de certains collèges défrayent régulièrement la chronique. Portés par une frénésie idéologique robespierrienne, professeurs, écrivains, journalistes et chefs d’entreprises sont pris à partie par ses « justiciers sociaux » organisés en associations militantes.
Aujourd’hui, aux Etats-Unis, écrivains et artistes s’autocensurent par peur du lynchage.
Les classes dirigeantes sont devenues incapables de nommer le réel, engluée dans un relativisme et une vision sacralisée des droits de l'homme.
Nombre de personnalités politiques et médiatiques usent et abusent d'euphémismes et de termes neutres pour évoquer par exemple le terrorisme islamiste. Les « Élites » sont devenus le symptôme d'une affection institutionnelle très répandue aux Etats-Unis, l’observation maladive du « politiquement correct ». Par crainte de susciter la controverse, c'est-à-dire l'ire du politiquement correct, les membres des gouvernements et de leurs administrations pèsent et soupèsent chacun de leurs mots. Ils se retranchent derrière ce qu’on peut appeler le “langage procès-verbal”.
Le monde occidental a renforcé de plus en plus les droits de la défense, à grand renfort de jurisprudence et moyennant un arsenal législatif pléthorique. En théorie, cela constitue un progrès. Mais en pratique, cela a entraîné un déséquilibre manifeste entre l'intérêt de l'individu et celui de la société. Les droits de l'homme sont devenus une notion fétichisée, particulièrement en France, qu'il est très difficile de questionner sans essuyer un tombereau d'indignations. 
Les critères moraux et politiques sont sacrifiés sur l'autel de l'individualisme. C'est le triomphe du relativisme à tous les étages.
La classe dirigeante a peur de ses propres turpitudes. Ceux qui votent « mal » aujourd'hui, les ratés de la mondialisation, les analphabètes, les imbéciles, les citoyens de l’Amérique profonde que l'on accuse de racisme ou d'islamophobie, expriment en réalité leurs peurs et leur ras-le-bol du « politiquement correct » dont ils ne voient pas la nécessité et qui est, pour beaucoup, une véritable censure.
Le politiquement correct consiste à policer excessivement ou modifier des formulations qui pourraient heurter certaines catégories de personnes, notamment en matière d'ethnies, de cultures, de religions, de sexes, d'infirmités, de classes sociales ou de préférences sexuelles.
Les locutions et mots considérés comme offensants ou péjoratifs sont remplacés par d'autres considérés comme neutres et non offensants. Le balayeur des rues devient un technicien de surface, un sourd un malentendant etc. Le langage politiquement correct utilise abondamment l’euphémisme, les périphrases, les circonlocutions.
Le monde anglo-saxon considère le « politiquement correct » comme propre à la culture anglo-saxonne.. Le pousser à l’extrême, comme c’est le cas dans les campus américains, revient en réalité à bâtir une société intolérante, à l’opposé de la défense des minorités, qu’on prétend défendre.
Pour la gauche américaine l’expression « politiquement correct » est une invention des conservateurs américains pour discréditer le progressisme souhaité. Le terme, à leurs dires, a été utilisé pour détourner le débat sur les discriminations et les inégalités.
Le « politiquement correct » nuit à la liberté d’expression, quand il est présenté et perçu comme une « police du langage » voire une « police de la pensée. »
Ce « politiquement correct » risque de nous mener vers un monde totalitaire, régulé par l’autocensure et appelé à la destruction de toute forme de créativité.
L’Europe est sur ce chemin, espérons qu’elle n’ira pas jusqu’au bout des raisonnements radicaux des campus américains. Il faut raison garder !

 

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05 janvier 2020

AHURISSANT

AHURISSANT !

Il y a un État qui passe, à juste titre, pour une démocratie exemplaire au Moyen-Orient, Israël. Mais la règle cardinale de l’indépendance de la justice, et celle de l’égalité des citoyens devant la loi, risquent d’être bafouées par le premier ministre, « himself », monsieur Benyamin Netanyahou. Inculpé par le procureur général du pays, de plusieurs chefs d’inculpation, ce dernier, qui n’est pas à une violation de la Loi près, n’a rien trouver de mieux pour sa défense, que de demander au parlement israélien, la Knesset, de voter une immunité lui permettant de se soustraire au procès qui risque de le faire passer par la case prison. Affaire à suivre…

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03 janvier 2020

LIBÉRALISME ET ÉCOLOGIE

Tous mes voeux pour cette nouvelle année à tous ceux qui me font l'honneur de me suivre sur ce blog parfois impertinent.

Voisi ma chronique pour ce premier vendredi de la nouvelle année :

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                 Les événements en France de ces derniers jours amènent à se poser la question de l’évolution de la société, libérale ou totalitaire. Les actions des syndicats sont-elles l’expression des revendications des « travailleurs » ou l’illustration d’une stratégie politique ?

  On connaît la France frondeuse, mais les différentes manifestations qui ont et agitent encore le pays, ne sont-elles pas les indices d’une société inquiète, qui se posent des questions sur son devenir ?

   L’économie européenne n’est pas en crise, mais ralentit dangereusement. La guerre économique « tout azimut » que mène le président américain, Donald Trump, met à mal les certitudes des uns et des autres.

   L’économiste Jacques Sapir, directeur d’études à l’HESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales) et membre, de l’Académie des Sciences de Russie à titre d’étranger, n’hésite pas à déclarer : « Comment peut-on encore être libéral aujourd’hui, sachant qu’à mon sens, le libéralisme est mort avec le capitalisme. » Le capitalisme mort ? C’est une utopie, que continuent à nourrir certains observateurs gauchistes qui vivent dans la théorie et la phraséologie doctrinaire.

  Le capitalisme évolue, s’adapte, mais parler de sa  disparition, c’est annoncer la fin de la société humaine. Il n’y a pas de doxa libérale, le libéralisme est pragmatique, c’est de là qu’il puise sa force. C’est l’expression de la vie, du vivre ensemble. Le droit à l’apostasie, pouvoir changer de religion ou d’opinion, se trouve au fondement du libéralisme politique. Quant au capitalisme, il est l’expression de l’activité humaine. Le libéralisme défend les droits de l’individu. Il est faux de dire que le libéralisme est une société sans idéal. Plusieurs figures du libéralisme l’ont prouvé par leur engagement politique et sociétal qui est allé parfois jusqu’au sacrifice suprême, comme beaucoup de résistants durant la dernière guerre. Le paradoxe de nos sociétés actuelles est que les citoyens ne se trouvent pas écoutés par les gouvernants et en même temps considère la Liberté comme un fardeau. On tend à être des assistés au lieu des Hommes libres.

  On se demande aujourd’hui si le conflit social, avec tous ses déchirements, fait partie de la construction de nos démocraties ou plutôt illustre ce que Tocqueville appelait «  la tyrannie des minorités ». De nos jours, tous les mouvements sociaux posent la question de la violence.

  La nouvelle religion qu’est l’Écologisme est l’antithèse du libéralisme, car elle troque la liberté avec une forme de droit naturel. C’est un courant qui aspire au totalitarisme. Il veut nous dicter notre manière de vivre, de manger, de voyager, de s’habiller. En réalité, l’écologisme fait la synthèse des différentes formes du totalitarisme. Pour eux, critiquer les faits et gestes de leur nouvelle Jeanne d’Arc, la gamine suédoise, Greta Thunberg, est un blasphème. Nous allons, de plus en plus, si on n’y met pas le Holà, vivre sous un terrorisme écologique.  

  La stratégie des écologistes de dépolitiser toute une série de questions pour en faire des questions techniques, c’est déposséder les citoyens de leur droit de regard qui ne peut s’exprimer que par le vote, c’est à dire politiquement. Il est faux et inacceptable de considérer qu’il s’agit de questions techniques d’intérêt général planétaire qui s’imposeraient à tous les individus. On aurait tendance à crier : »Aux armes, citoyens ! »

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31 décembre 2019

QUE NOUS RÉSERVE 2020 ?

                         L’analyse géopolitique permet d’anticiper les événements sans pour cela faire du géopoliticien un Nostradamus. Aussi, chercher à définir ce que nous réserve la nouvelle année, c’est surtout donner les tendances et les orientations des actions politique et  sociétale, avec un éclairage sur ce que peut être la stratégie géopolitique des États.

  Menace climatique, Brexit, baisse des échanges, colères sociales… L’économie mondiale pourrait connaître le début d’une nouvelle ère marquée par une stagnation de l’activité et la fin de l’hypermondialisation de la décennie 1990-2000.

  La nouvelle année va démarrer sur un horizon assombri, un peu partout dans le monde. L’activité mondiale qui s’est ralenti et qui continue à s’essouffler, va aggraver les crispations commerciales et technologiques, donner du champ au populisme et creuser les inégalités sociales.

 Les tensions autour des politiques commerciales, particulièrement des deux grandes puissances, continueront d’affecter la confiance des investisseurs auxquelles s’ajouteront les incertitudes liées à l’action publique.

  Durand toute l’année 2020 le ralentissement des échanges commerciaux persistera et nous assisterons à une forte décélération de la demande à l’échelle mondiale.

 Les principales inquiétudes se concentrent sur les entreprises.

Aux Etats-Unis, sur le front du commerce extérieur, les résultats récents des douanes ne montrent pas de résultats très favorables. Il y a un ralentissement marqué de la contribution des exportations américaines à la croissance. Comme l'économie américaine a décéléré, la croissance des importations va ralentir. La contribution du commerce extérieur sera quasiment nulle.

  En Chine, la croissance devrait ralentir. L'économie chinoise subit des transformations majeures actuellement avec un secteur tertiaire toujours plus imposant dans la valeur ajoutée et une montée continue de la classe moyenne.

 En zone euro, la croissance de l'activité devrait rester décevante avec une croissance attendue entre 1 % et 1,1 % pour 2020 et 2021

  Le Brexit va entrer dans les faits fin janvier, mais une très difficile négociation sur les futures relations du Royaume-Uni avec une Union européenne affaiblie, va occuper les négociateurs toute l’année. L’ère de la mondialisation libérale sera définitivement révolue. L’onde de choc populiste va rebondir et menacer la démocratie.

  2020 sera une année de campagne électorale pour Trump et celle de tous les dangers pour le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. En Italie, Matéo Salvini continuera à ronger son frein, pendant que le gouvernement dirigé par Giuseppe Conté restera paralysé dans son action, avec une coalition contre nature entre le MSS et le parti démocrate.

 En Turquie, Erdogan poursuivra sa fuite en avant par ses engagements militaires en Syrie et en Lybie. Mais cela ne sera pas suffisant pour masquer la récession qui frappe son pays et ses difficultés politiques et  sociales avec ses citoyens.

  Jair Bolsonaro au Brésil et Rodrigo Duterte au Philippines, n’arriveront pas à conquérir l’opinion mondiale par leur violence d’État pour lutter contre la criminalité et leur complaisance envers la dévastation de l’environnement.

  En 2020, les Etats-Unis perdront définitivement leur guerre commerciale engagée contre la Chine. Cette défaite illustrera l’avantage du temps long de Xi , élu à vie, sur les quatre ans de mandat de Trump.

  En économie, le fait saillant de cette année est la reconstitution des bulles financières qui s’achèveront par un nouveau krach. C’est l’abandon de toute discipline monétaire et budgétaire dans les grands pays développés qui va le précipiter.

 La croissance mondiale ne dépassera pas les 2%.

  2020 verra la poursuite de la déstabilisation des classes moyennes, la polarisation des territoires, l’atomisation des sociétés, les désarrois identitaires et la montée des violences. Cela sera la porte ouverte au populisme, malgré ses échecs économiques ici ou là.

  La situation va demander en 2020 une prise de conscience des politiques et des élites, un pragmatisme qui leur a fait défaut jusqu’alors, afin d’éviter le pire. Il faut qu’ils retrouvent un véritable patriotisme, au delà des querelles de personnes, l’intérêt général avant le parti, si on veut sauver la démocratie du péril populiste.

  L’année 2020 sera comme la langue d’Ésope, bonne  ou  mauvaise, selon ce que nous en ferons.

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20 décembre 2019

LE BREXIT VAUT-IL UNE MESSE ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi 

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              La victoire éclatante de Boris Johnson aux élections législatives lui a offert une majorité absolue. Apparemment,  la messe est dite. Le Brexit aura bien lieu, mais à quel prix ?  Pour celui qui a aujourd’hui, la responsabilité de veiller à l’intégrité de l’Empire britannique, ou tout du moins ce qui en reste, va-t-il être l’homme qui a fait éclater le Royaume Uni ?

 Le 31 janvier, le Royaume-Uni aura acté sa sortie de l’Union européenne. Il reste à espérer que sa majorité, lors de l’approbation de l’accord négocié avec Bruxelles, ne l’aura pas trop dénaturé par les possibles amendements des uns et des autres. Car, comme toute élection législative, l’électeur souvent vote pour une personnalité et non pour un parti politique. Alors, les conservateurs grognards et dissidents de la législature précédente, ont-ils retrouvé leur siège ?

 Après la sortie, les choses sérieuses ne feront que commencer. Si le Royaume veut un accord simple et rapidement conclu, Bruxelles s’alignera sur la plupart de ses normes et réglementations. Ce qui briderait la liberté de Londres pout diverger avec l’Union européenne, à l’opposé de la motivation première de ceux qui ont voté oui au référendum. À contrario, si Boris Johnson veut s’affranchir des principes de Bruxelles, les vingt-Sept freineront des quatre fers, pour lui accorder l’accès au marché unique.

  Mais cette victoire électorale retentissante lui a ouvert d’autres fronts dont l’issue n’est certaine pour personne : l’Écosse et l’Irlande du Nord. Dans les deux régions, le succès des partis opposés au Brexit constitue un défi pour le premier ministre Boris Johnson avec un risque d’éclatement du royaume.

La chef du Scottish National parti, Nicola Sturgeon, qui avait fait du vote un pré-référendum pour l’indépendance de l’Écosse, a remporté 48 sièges sur 59 au parlement écossais. Ses déclarations successives ne laissent aucun doute sur ses intentions. Elle considère : « il y a désormais un mandat pour offrir au peuple d’Écosse le choix de notre propre futur ». Tout en déplorant un « résultat amère pour le Royaume-Uni », elle ajoute : «  le Brexit rend la perspective d’une Écosse indépendante plus probable. » Parti en guerre contre son ennemi de toujours, Boris Johnson, elle clame : « Boris Johnson a peut-être un mandat pour sortir le Royaume-Uni de l’UE. Il n’a absolument pas celui de sortir l’Écosse de l’UE. Il y a un désir clair et une approbation de fait que l’Écosse ne devrait pas se trouver avec un gouvernement Johnson et être arrachée de l’Europe contre sa volonté ».

  Du côté de l’Irlande du Nord, la situation n’est pas plus réjouissante pour Johnson. Le vote républicain y devient majoritaire et change le rapport de forces. La domination historique des loyalistes protestants du Democratic Party (DUP) a sombrée avec la victoire des Républicains. Symbolique de cette évolution est la victoire de Sinn Fein dans la circonscription de Belfast Nord. Il faut rappeler que l’IRA était, jadis, le bras armé de son parti. Que dit-il après une victoire nette et sans appel : «  Nous avons vu la menace du Brexit et ce que cela signifiait pour les gens de Belfast. Nous avons vu la menace pour l’économie, la menace pour l’avenir de nos enfants. Et je pense que ce message, cette voix pour le « remain » qui s’est fait entendre en 2016 s’est amplifiée ce soir ».

 Les Unionistes protestants ont tout perdu et les nationalistes catholiques, favorables à la réunification avec la République d’Irlande (membre de l’UE) ont le vent en poupe. Contrairement à l’Écosse, un référendum sur la question n’est pas d’actualité aujourd’hui. Mais il pourrait s’imposer dès lors qu’une majorité d’Irlandais le souhaiterait, selon les termes des accords de paix du vendredi saint. Boris Johnson pourra-t-il résister à cette  vague de nationalisme qui balaie les deux côtés de la frontièr 

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13 décembre 2019

LE PÉTROLE SAOUDIEN NE PAIE PLUS

La chronique de ce vendredi, un coup d'oeil sue ce qui se passe chez les Saoudiens

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        L’arrivée sur la scène politique à Riyad du prince saoudien, Mohamed Ben Slimane, MBS, avait été accueillie avec un apriori positif. Lors de son accession au pouvoir, Mohamed Ben Slimane avait fait, de l’entrée de l’Arabie Saoudite dans l’économie moderne, le cœur de son action politique. Son plan « Vision 2030 », ambitieux et courageux, voulait transformer l’Arabie Saoudite en un état moderne, ouvrir le pays au monde, au tourisme international, diversifier son économie et développer les investissements en dehors du secteur énergétique. Le financement de ce vaste programme de réformes reposait essentiellement sur l’entée en bourse de la société nationale Saudi Armco avec la vente de 5% du capital. 

  Depuis trois ans on a, de report en report, repoussé l’entrée en bourse, faisant face à un scepticisme des milieux financiers internationaux.

   Longtemps présenté comme « l’opération du siècle »le joyau de la couronne saoudienne ne mobilise pas les investisseurs. Pour les experts de la finance internationale, Saudi Armco est surestimé par le Prince MBS. Aux 2000 milliards de dollars de l’évaluation princière, ces experts avancent, dans l’estimation la plus haute, 1400 milliards.

  Face à la froideur des investisseurs, l’introduction, initialement souhaitée à New-York, aura lieu uniquement à Riyad sur le Tadawul, le marché saoudien. On n’est plus devant l’affaire du siècle, mais tout simplement devant une banale opération boursière nationale. L’introduction reposera sur essentiellement des investisseurs saoudiens avec comme partenaires étrangers, la Chine et la Russie. L’objectif de 100 milliards de dollars ne sera pas atteint et de loin. La vente de 1,5% et non plus 5% du capital de Saudi Armco ne rapportera pas plus que 25 milliards de dollars.

  Les raisons à ce désamour sont multiples. Tout d’abord la défiance envers le royaume n’est plus à démontrer, depuis un certain 11 septembre 2001, aussi bien du point de vue géopolitique qu’idéologique. Les sordides affaires d’exécutions de masse et l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, n’ont pas amélioré l’image ressentie. L’échec de l’opération « Tempête décisive » au Yémen et la promesse de porter la guerre jusqu’à Téhéran n’ont fait que fragiliser un peu plus l’équilibre précaire du Moyen-Orient et spécialement au Golfe Persique.

 Il semble que le prince MBS a sous-estimé la perception de l’Arabie Saoudite par les investisseurs étrangers dont la priorité est la transparence.

  L’économie mondiale ralentit, c’est à dire une baisse de la consommation de pétrole et surement des prix. Par ailleurs les pays développés sont en pleine transition énergétique et sont en train de sortir de la dépendance aux hydrocarbures. L’évolution de l’industrie automobile vers les voitures électriques ne plaide pas, non plus, vers une prépondérance du pétrole. Il faut le savoir, le pétrole n’est plus un investissement d’avenir du XXIème siècle.

Le golfe persique, l’Arabie Saoudite, ne sont plus dans les priorités de Washington depuis que l’Amérique est devenue le premier producteur mondial de pétrole.

 L’entrée en bourse ratée de Saudi Armco illustre cette nouvelle situation au Moyen Orient. L’âge d’or des pétrodollars est révolu, la famille Saoud doit le réaliser. 

La situation de rente qu’avait l’Arabie Saoudite depuis des années et dont les fruits ont été dilapidés au détriment du développement du pays, a pris fin. Les Saoudiens en ont-ils pris conscience ?                         

 

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