Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

20 avril 2018

Complexes militaro-industriels et pouvoirs.

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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     Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni sont intervenus en Syrie, la semaine dernière, pour punir Damas d’avoir eu recours (peut-être) aux armes chimiques. C’est pas moins de 105 missiles qui ont été tirés. Au prix de 575000 dollars le missile américain, le Tomahawk, c’est près de 60 millions de dollars qui ont été dépensés par la coalition. Ce montant est à ajouter au montant déjà faramineux du chiffre d’affaires des complexes militaro-industriels de la dite coalition.

  À cette occasion, on peut se poser la question des rapports de l’industrie de l’armement avec les gouvernements.

 L’ingérence des complexes militaro-industriels dans la gestion des affaires étrangères des différents gouvernements de la planète, n’est plus à démontrer. Il est notoire, par exemple, qu’aux Etats-Unis, l’industrie des armes, par son puissant lobbysme et ses subventions distribuées généreusement aux sénateurs et congresmans du pays, interfère grandement dans la politique des armes et dans les grandes décisions de politique étrangère de la Nation américaine. 

  « Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l'acquisition d'une influence illégitime, qu'elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d'un développement désastreux d'un pouvoir usurpé, existe et persistera. » Qui dit cela ? Dwight David Eisenhower, président des Etats-Unis de 1953 à 1961, dans son discours de fin de mandatprononcé le 17 janvier 1961.

 Près de soixante ans après, l’avertissement d’Eisenhower reste ignoré et oublié.

Les complexes militaro-industriels regroupent trois pôles, l’industrie de l’armement, les forces armées et les décideurs publics, qui influencent les choix publics. L’ensemble des interactions façonne l’évolution des armées par l’intermédiaire de l‘attribution des contrats de défense.

 Le gigantisme des budgets accordé au domaine de la défense par les différentes puissances, reflète l’emprise de ces contractants sur la scène politique. Les Etats-Unis par exemple dépensent plus pour la défense que les treize pays suivants pris ensemble. L’universitaire, spécialiste de la sécurité, John Mearsheimer note que les Etats-Unis, depuis 1991, ont été en guerre deux années sur trois. 

 La question que chacun doit se poser, est de voir comment veiller à empêcher les complexes militaro-industriels d’acquérir une influence injustifiée et anti-démocratique, dans les structures gouvernementales. C’est un risque réel qui va perdurer, tant qu’on laissera une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses, où l’intérêt mercantile prime. Cette association de pouvoirs, met en danger les libertés et les procédures démocratiques.

 Il existe une solution radicale, nationaliser l’industrie de l’armement. Interdire par la loi la fabrication des armes par les entreprises privées, à l’exception de la fabrication des fusils de chasse.

 Alors seulement, on aura finit avec l’hypocrisie, les financements occultes et l’ingérence grandissante des complexes militaro-industriels.

Mais existe-t-il aujourd’hui, des responsables politiques qui primeront l’intérêt général et l’exercice de la démocratie, sur leur intérêt personnel ou celui de leur parti. Il est raisonnable d’en douter.

 

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13 avril 2018

Les multiples brad-de-fer du chaudron syrien

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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      Voilà maintenant 7 ans, depuis 2011 et plus de trois cents mille morts, que le drame syrien interpelle le monde. Parti d’une contestation pacifique à Deraa dans la foulée du ‘printemps arabe’, la situation a vite dégénéré en guerre civile, puis en guerre tout court.

Qui a pollué une situation où les enjeux étaient clairement établis dans un cadre interne et national ? Qui, par la présence de bandes djihadistes, de groupements terroristes comme Al Qaïda, a empêché l’Occident d’intervenir quand il était encore temps ?

L’histoire commence en 2011, lorsque l’émissaire de l’Arabie saoudite est venu assurer de son soutien politique et financier le président Bachar el-Assad, sous la seule condition qu’il abandonne son alliance avec l’Iran. Mettre fin à son alliance stratégique avec Téhéran, n’était pas envisageable pour le maître de Damas. Son refus de tourner le dos à l’Iran permettait à Téhéran de parfaire l’axe chiite Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth, chose inacceptable pour Riad et l’ensemble des monarchies sunnites du Golfe. C’est la raison profonde qui a transformé le Royaume saoudien et la Turquie d’Erdogan, en pourvoyeurs d’armes et de soutiens financiers des groupements terroristes en action en Syrie. L’étape suivante a été l’implication militaire directe de la Turquie, l’Arabie saoudite étant empêtrée dans une guerre interminable au Yémen où l’Iran tire les ficelles. 

  Le grand Royaume sunnite, qui a une peur bleue de la Perse chiite et de son éventuelle hégémonie sur le Golfe, est outrée qu’un pays majoritairement sunnite, terre du premier califat omeyyade, puisse être aussi proche de l’Iran. Par le jeu des alliances et des intérêts commerciaux et stratégiques des uns et des autres, les grandes puissances, sans mettre, pour la plupart, le doigt dans un engagement militaire direct, se trouvent impliquées dans la recherche d’une solution qui ne pourra être que politique.

Les provocations et les manipulations ne manquent pas. Malheureusement, c’est la population civile, les femmes et les enfants en particulier, qui en sont les victimes expiatoires.

  Personne n’est sûr de la responsabilité de Damas dans la dernière attaque chimique, après la découverte, par les russes, d’un atelier clandestin de fabrication d’armes chimiques, développé par des djihadistes.

En intervenant au sol en 2015, les militaires russes ont changé la donne et sauvé le régime de Damas.

  La Russie est devenue incontournable dans le conflit, mais peut-elle vraiment imposer à Bachar el-Assad une position plus conciliante ? L’alliance nouée par Moscou avec la Turquie et l’Iran est, aujourd’hui, fragilisée, les objectifs des uns et des autres, principalement ceux de la Turquie, devenant divergents.

  Israël suit avec attention la situation, et intervient plus ou moins ouvertement, car comme le déclare l’ancien chef du Conseil de sécurité israélien, Yaacov Amidror : « Donner carte blanche à Téhéran serait inimaginable. On ne pourrait ensuite plus se défendre. » Malgré le risque d’escalade, l’Etat hébreu n’hésite pas à répliquer chaque provocation.

 On se doit de constater que la question d’une transition politique à Damas se heurte au sort du président syrien. Ce dernier a fait le vide autour de lui. Quels hommes pourraient émerger ? L’alternative possible à Bachar el-Assad reste encore aujourd’hui, une question sans réponse. Après plus de quatre ans de guerre, ni les alliés russes et iraniens d’Assad, ni mêmes ses opposants, ne peuvent avancer le nom d’un successeur au sein du régime, capable de rassurer les minorités et d’éviter le chaos.

  La politique américaine est paralysée par la complexité de la situation. Les Etats-Unis, ces dernières décennies, se sont ingérer dans les conflits intérieurs d’autres Etats et se sont trouver entrainés dans des guerres interminables qu’il ne remportent jamais. La guerre de Syrie ne touche pas les Etats-Unis, mais elle porte préjudice à leurs alliés européens ainsi que ceux du Golfe.

   Si la Syrie s’effondre, c’est la partition qui va s’installer. Le pays sera éclaté entre les différentes mouvances. Ceci entrainera l’effondrement de l’Irak, le début d’un conflit au Liban et mettra en question l’intégrité des Etats comme la Turquie, sans oublier un embrasement, toujours possible, du Moyen-Orient, Israël en tête.

 Certaines monarchies du Golfe ont joué aux apprentis-sorciers. Ils ont nourris une véritable guerre de religions qui couvre, en réalité, une ambition hégémonique des uns et des autres. La recherche d’un leadership, sunnite ou/et chiite n’a pas fini d’agiter dangereusement la scène politique du Moyen-Orient.

 

  

 

 

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06 avril 2018

Le monde de demain est egoïste

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Durant des décennies, le monde occidental a défendu le citoyen et ses droits. Mais, petit à petit, l’homme politique a oublié l’intérêt général au profit de l’arithmétique électorale. La destruction méthodique de la cellule de base de toute société, la famille, a engendré un monde égoïste où l’individu défend ses avantages acquis, sans se soucier des autres. Ces autres, qui forment son environnement, conditionnent pourtant son épanouissement et font le progrès.

Même dans ce fameux concert des Nations, c’est l’ère du chacun pour soi.

Il est loin, le temps où, après la seconde guerre mondiale, le monde unanime déclarait : « Jamais plus cela ». Pour le bien commun de l’Humanité, les Etats signent des deux mains la charte des Nations Unis. Cet impératif de construire le bien commun est dans tous les discours. Même la compétition commerciale se dote de règles, incarnées par l’Organisation Mondiale du Commerce, l’OMC. 

  En France, en 1965, le général De Gaulle déclarait : « le but ultime de la diplomatie française est de concourir à la mise en valeur de la Terre tout entière. »

  Quand l’Assemblée générale de l’ONU proclame que 2000 sera « l’année internationale de la culture de la Paix », les grandes puissances regardent ailleurs. Aveuglées par leur idéologie, l’exportation de la démocratie, ils s’affranchissent du droit international et détruisent le système onusien. L’Amérique bafouent le Conseil de sécurité de l’ONU, et s’en ‘va-t-en-guerre’ en Irak, la France, unie à l’Angleterre, sème le chaos en Libye. Prenant acte du viol de l’ONU par les Etats-Unis en 2003, la Russie prend ses propres libertés avec le droit international, en Géorgie en 2008, en Ukraine en 2014. La Chine, qui s’est dotée d’un nouvel Empereur, renforce ses routes commerciales au détriment de ses voisins et fait fi des règles de l’OMC, dont elle fait partie.

La guerre froide est de retour, ainsi que la guerre commerciale, en attendant la Guerre tout court ?

L’individu n’est pas en reste, au fur et à mesure qu’il devient nanti, la natalité se met en berne, est-ce le refus de partager ?

   Est-ce le pri payer pour les progrès techniques, la robotisation, la libre circulation des biens et des hommes, l’allongement de l’espérance de vie ? Est-ce cela que nous réserve le « vivre ensemble » ‘new look’ ?

  Ces progrès tentent d’effacer, petit à petit, la notion même de religion. Et pourtant, les religions sont et restent un marqueur essentiel de l’identité des peuples.

  Au dogme communiste a succédé celui de la technologie, de la transhumanisation et de la recherche de l’immortalité. Vont-ils être les religions de demain ? América first, Russia first, London first, la France d’abord, et les autres, on verra plus tard.

   Il est vital que les Etas fassent l’apprentissage d’une conception élargie de l’intérêt national. Il est vital que l’individu réalise qu’il ne peut se passer des autres. Sinon, l’Homme nouveau du Nouveau monde sera désespérément seul et désenchanté.

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29 mars 2018

Bruits de bottes , un peu partout

Partant en voyage, je vous donne dès aujourd'hui ma chronique du vendredi.

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      La course aux armements a repris de plus belle. Elle illustre les effets secondaires de la nouvelle guerre froide voulue par le Pentagone. Américains et russes sont en train de rejouer leur bras de fer nucléaire qui rappelle la crise des missiles de Cuba de 1962.

Le Pentagone cherche à diversifier son arsenal nucléaire et Poutine dans son long discours solennel à la Douma du premier mars dernière, annonce l’avoir déjà fait et renforcé. Entre la Fédération russe et l’Occident mené par les Etats-Unis, s’est établi, aujourd’hui, un véritable dialogue de sourd, illustré par l’étalage des uns et des autres, de leurs moyens nucléaires.

Mais ce chiffon rouge russe, que Washington agite devant le monde, cache la situation préoccupante qui se développe en Asie.

  Xi Jumpling, devenu le président à vie de la Chine, dégagé du soucis de sa réélection, ne fait plus secret de son ambition à devenir le leader incontesté des pays asiatiques, en attendant de s’imposer comme la première puissance économique et militaire du monde. Ses revendications territoriales en mer de chine sont connues. La militarisation d’un certains nombre d’ilots, préfigure une confrontation qui va arriver un jour ou l’autre. Le Japon, en première ligne, le sait et en a tiré les conséquences. Face à ces tensions régionales que le président chinois entretient, le Japon accroit ses capacités militaires et resserre ses liens avec Washington. Son alliance stratégique avec les Etats-Unis devient essentielle dans le contexte actuel.

Les survols d’avions chinois dans la zone de Sendaku, ont fortement progressé, mettant une pression accrue sur l’aviation nipponne. En mer de Chine, Pékin devient de plus en plus agressif, jusqu’à y entraver la circulation maritime. Aussi, le Japon s’est hissé au 7eme rang des puissances militaires, en attendant mieux sur le chemin du nucléaire, sans avoir eu recours à une révision de la Constitution. En effet, la Constitution japonaise, imposée par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, n’autorise que des forces d’auto-défense et le recours à un armement ‘sophistiqué’ qu’en cas de danger immédiat.

S’ajoute à cette situation, le face-à-face, Corée du Nord et Etats-Unis.

Après une saison de confrontations verbales, une multiplication des essais nucléaires et d’engins balistiques, le dictateur Kim Jong-un s’est transformé en diplomate. Assiégé par les sanctions internationales, menacé d’une frappe préventive américaine, il devient diplomate et décroche un tête-à-tête avec le dirigeant de la première puissance mondiale. Le dictateur stratège de Pyongyang brise ainsi et soudainement son isolement. Donald Trump a accepté sans hésiter et sans consulter ses équipes, l’invitation transmise par une délégation sud-coréenne. Sa course aux armements nucléaires, ses investissements dans les capacités balistiques, ont forcé le président américain à traité Kim Jong-un en égal.

De dimanche à mercredi dernier, le leader nord-coréen était à Pékin, pour rencontrer le président chinois Xi Jimpling, son principal soutien diplomatique et économique. Est-ce pour préparer sa rencontre avec Donald Trump ? Cette visite marque le retour spectaculaire de la Chine, dans le dossier Corée du Nord/ Etats-Unis.  Les alliances se précisent en cas où…...

Donald Trump fait un pari audacieux, car le sommet se présente comme un quitte ou double. En cas d’échec, il ne restera plus que la confrontation, la Guerre ; une guerre où la Chine aura son mot à dire.

 

  

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23 mars 2018

À qui profite le crime ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                              Depuis que Vladimir Poutine a pris en mains les destinés du pays, il n’a eu de cesse de redonner sa place à la Russie sur la scène internationale, sans craindre de faire monter les tensions.  Il a rendu à la Russie rang et fierté. Devenu incontournable en Syrie, au Moyen-Orient et dans la lutte anti-terroriste, quel avantage pouvait-il tirer d’une exécution d’un ancien espion russe qui ne représentait, depuis longtemps, aucun danger pour Moscou ?

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a redit le 13 mars dernier que la Russie n’avait rien à voir avec l’empoisonnement de l’ancien agent double. Il a reproché à la Grande-Bretagne de ne pas lui avoir donné accès aux échantillons prélevés à Salisbury.

La première ministre britannique, Theresa May, qui a acquis la conviction de la responsabilité « hautement probable » de Moscou, a exigé de Vladimir Poutine qu’il s’explique sur l’utilisation d’un gaz neurotoxique de qualité militaire d’un type développé en Russie.

Soit Moscou est directement responsable de l’empoisonnement de Serguei Skripal et sa fille Loulia, soit il a permis aux agresseurs de se procurer l’agent neurotoxique utilisé, a déclaré la première ministre.

Elle aura pu ajouter, soit une organisation étatique l’a acheté de responsables russes corrompus, la CIA par exemple.

La guerre de l’ombre que se livrent les agences de renseignements, américaines, russes, anglaises, françaises, israéliennes et autres, est un secret de polichinelle. Les règlements de comptes et les coups fourrés sont légion.

Devant la résilience de l’ours russe malgré les sanctions, le Pentagone poursuit son action de diabolisation du locataire du Kremlin. Rien n’est à écarté, rien n’est impossible.

Aujourd’hui, la tendance à l’apaisement ressentie chez les Européens à l’égard de Moscou, n’est plus de mise. Il faut punir l’ignoble empoisonneur. Les américains ne veulent pas d’une Russie européenne, mais est-ce de l’intérêt des Européens ?

Avec les sanctions, dont on connaît les limites, on est en train de jeter la Russie dans les bras de la Chine.

La République populaire de chine est actuellement l'un des principaux partenaires économiques de la Moscou. La Russie est également impliquée dans la construction de réacteurs nucléaires à Tianwan. En mai 2014, la Chine et la Russie ont signé un accord gazier d'une valeur de 400 milliards d'euros, pour une livraison de gaz sur une période de 30 ans.   

Redoutable attelage pour le monde « libre », car si aujourd’hui, la Russie est une économie de moyenne importance, elle est la seule puissance nucléaire égale aux Etats-Unis : en armement, en ogives et en nouvelles technologies nucléaires militaires.

Parfois, on a l’impression que les Etats-Unis sont revenus au temps du Maccarthysme. ‘Haro sur ce pelé, ce galeux, d’où vient tout le mal’, la CIA, le FBI voient partout la main de la Russie.

Un ancien président français estimait « que si la Russie est menaçante, elle doit être menacée. » Les Occidentaux savent-ils traiter avec Poutine ? Il ne faut pas juger le pouvoir autoritaire du locataire du Kremlin à l’aune des seuls critères des pays occidentaux. La Russie est un pays qui défie les jugements hâtifs.

Poutine fascine ou rebute, mais ne laisse personne indifférent. Il divise, suscite l’admiration ou la haine. Depuis l’implosion de l’URSS, la fédération russe a été traitée de haut par les Occidentaux, aussi le peuple russe lui sait gré de ce retour sur la carte du monde.

Pour certains, toute faiblesse dans une pleine solidarité avec le Royaume-Uni sera considérée comme une victoire du Kremlin. Alors serrer les rangs derrière Londres ; Paris, Berlin et Washington condamne d’une même voix « l’attaque contre la souveraineté britannique ». L’unité est donc parfaite, apparemment. Le porte-parole d’Emmanuel Macron a vite était rappelé à l’ordre, pas de doute sur la culpabilité de Moscou, ‘please’ ! Même Rasmussen, le secrétaire général de l’OTAN, y a été de sa condamnation et de ses fanfaronnades.

Les rumeurs ne manquent pas au sujet des responsabilités possibles : des opposants intérieurs dans le système Poutine qui ont voulu créer une situation de tensions avec l’occident, à la veille de l’élection présidentielle, un avertissement sans frais aux opposants intérieurs par Poutine. Mais quel profit pour Poutine à commanditer une telle opération. Il faut chercher à qui profite le crime, très banale et classique approche.

Un diplomate occidental a considéré que les relations avec Moscou sont exceptionnellement fraiches. Le monde, hormis les Etats-Unis, a-t-il intérêt à une guerre froide ? Assurément non, Moscou est le lien, le pont, entre cette Asie triomphante et l’Europe. En ignorant la Russie, en lui tournant le dos, les européens se coupent de l’Asie ; en clair, ils risquent de rester à l’écart du grand basculement géopolitique du XXIe siècle.

 

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16 mars 2018

Faut-il s'inquiéter du pouvoir sans fin de Xi Jumping ?

On est vendredi, le jour de ma chronique politique hebdomadaire:

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        La dictature, est-elle le prix à payer pour la stabilité nécessaire au développement et l’autorité nécessaire à la sécurité ?

 Le Parti communiste chinois s’est prononcé dimanche dernier pour la levée de la limite de deux mandats présidentiels qu’ordonne la Constitution. Xi Jinping, président de la Chine depuis le 14 mars 2013, devrait pouvoir se maintenir à la tête du pays, autant qu’il le souhaitera. 

La suppression de la règle des deux mandats est loin d’être une surprise en Chine.

 Un Xi Jinping surpuissant va être vraisemblablement mal perçu en Occident où l’influence croissante de Pékin inquiète déjà de nombreux parlementaires.

 XI JIMPING  juge qu’il doit mener la modernisation de son pays, son développement, sans entraves. Il veut également mener à son terme sa conquête du leadership mondial, et pour ce faire, il veut que ses actions s’inscrivent dans la durée.

Quand une entreprise a la chance de trouver un manager à la hauteur, elle le garde le plus longtemps possible, disent ses supporters. Ils donnent en exemple le groupe Renault-Nissam qui garde à sa tête l’indéboulonnable Carlos Ghosn et ce depuis 2002.

 Mais Ghosn influe sur le devenir des voitures, Xi sur le devenir d’êtres humains, il y a là une différence notable.

Ceci dit, est-il inquiétant de voir s’installer en Chine un nouveau Timonier ne souffrant aucune ombre à son pouvoir. La dictature, les chinois la subissent depuis des décennies par le parti unique communiste, sans amélioration de leur sort, pour plusieurs, misérable. Mais depuis l’arrivée de Xi au pouvoir, la pauvreté a régressé dans des proportions notables, et la classe moyenne a explosé.  

Ayant vécu durant des siècles sous la loi de l’Empereur, des décennies sous la férule de Mao, avoir pour longtemps un nouveau ‘maître’, n’est pas pour désarçonner le citoyen chinois. C’est à l’étranger que pointe l’inquiétude.

Les coudés franches que lui donne son nouveau statut va le rendre intraitable en politique étrangère. Tirant sa légitimité de sa ligne nationaliste, Xi Jimping n’aura de cesse de voir ses revendications territoriales, spécialement en mer de Chine, satisfaites.

La Chine a ouvert sa première base militaire à l’étranger (à Djibouti) l’an dernier. Ajouté au chantier colossal des « nouvelles routes de la soie » Xi voit son influence en Occident augmenter.

Avec un président américain qui boude les institutions internationales, une voie impériale s’ouvre à la Chine pour jouer un rôle de plus en plus important dans le concert des nations. Cela ne va pas se passer sans augmenter les tensions entre les Etats-Unis et Pékin.

La première étape de cette marche vers le leadership mondiale, va être une hégémonie chinoise en Asie, ce qui implique un réajustement du rôle dominant des Etats-Unis dans la région.

La compétition militaire entre ces deux grands, va s’intensifier, avec des risques sérieux de bavures.

À une rivalité acharnée dans la défense nucléaire, s’ajoute  aujourd’hui, la compétition pour la conquête de l’espace et dans les cybertechnologies.

Ni Pékin, ni Washington, n’ont intérêt à une guerre, mais un risque potentiel qu’un conflit éclate, à la suite d’un incident, existe.

Les objectifs connus de Xi Jimping sont tous, des risques potentiels d’incidents : les revendications territoriales en mer de Chine, la réunification de l’ile de Taïwan, allié des Etats Unis, le soutien de la Corée du Nord, la politique commerciale agressive en Afrique, etc.

Avec un ‘grand Timonier’ débarrassé du souci de sa réélection, Washington va avoir un challenger de taille à Pékin.

Ceci va accentuer l’inquiétude des chancelleries. Mais Xi Jimping va redoubler d’efforts, afin de rassurer le reste du monde, pour que rien ne vienne freiner le grand dessein qu’il poursuit pour la Chine.

   L’Occident a toujours été convaincu que la conversion au capitalisme conduit inéluctablement vers une économie de marché, un Etat de droit, bref vers la démocratie. Xi Jimping, président à vie, l’a transformé en une illusion qu’il enterre allégrement.

La preuve nous est donnée que capitalisme et technologies, ne conduisent pas en Chine, à la démocratie mais à la démocrature.

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09 mars 2018

La guerre commerciale voulue par Trump

Chronique politique et économiquen (cette fois-ci) du vendredi.

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      Les bourses, qui avaient dévissé à l’annonce de Donald Trump de frapper l’acier et l’aluminium de lourdes taxes de douane, se sont rapidement ressaisies. Profitant d’un regain de confiance des investisseurs dans la possibilité d’éviter l’affrontement, les actions sont reparties à la hausse.

Une semaine après l’annonce du Président américain, ces bourses, partout dans le monde, européennes en tête, ont effacé la   totalité des pertes subies le premier mars dernier. Réaction optimiste, devant cette guerre commerciale qui se profile à l’horizon.

La Chine se frotte les mains, car elle craignait de se trouver isolée dans un combat USA/Chine. Mais grâce à l’impétuosité du président américain, c’est une union sacrée face à Washington qui se dresse.

  C’est une guerre que personne ne va gagner et où tout le monde est perdant, spécialement le consommateur.

Ce n’est pas la première fois que l’administration américaine tente de régler ses problèmes sectoriels par la super-taxation. Le président Bush, au début des années 2000, avait mis en place des surtaxes sur l’acier. Cela avait permis de sauver 3500 emplois chez les producteurs d’acier, mais avait engendré entre 12000 et 15000 suppressions de poste dans les entreprises utilisatrices d’acier. L’impact négatif dans le pays et la condamnation de l’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce, avaient fait renoncer le président Bush. Le précédent président, Barack Obama, avait aussi imposé une surtaxe sur les pneus chinois, mais a dû faire machine arrière.

Aujourd’hui, avec la mondialisation des échanges, il est difficile de faire cavalier seul. Selon la plupart des analyses, une guerre commerciale serait catastrophique pour l’économie mondiale.

Une guerre, car l’Amérique aura à faire face à des contre-mesures, de la Chine et de l’Union européenne, deuxième producteur mondial d’acier, après Pékin.

« Si les Etats-Unis veulent instaurer des barrières, nous seront aussi stupides qu’eux » a averti Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, précisant qu’il aurait « préféré que nous ne le faisions pas. Je regrette ce choix, mais l’Europe doit se défendre et elle va se défendre. »

Les mesures dites de sauvegardes par les américains, frapperont indistinctement tous les pays, y compris les pays ‘amis’ comme l’Union européenne, à l’exception du Canada et du Mexique, pour le moment. L’administration Trump va-t-elle faire machine arrière, comme l’ont fait ces prédécesseurs, devant les réactions des entreprises américaines qui déclarent : «  les mesures annoncées par le président consisteraient à se tirer une balle dans le pied. » En effet, constructeurs automobiles, brasseurs, commerçants et industriels rejettent l’initiative de leur président. Les travailleurs et consommateurs américains vont souffrir d’une décision mal étudiée dans ses dégâts collatéraux.

Contre la recommandation de son chef économique démissionnaire, contre l’avis des républicains au Congrès et malgré les avertissements des alliés des Etats-Unis, Donald Trump a signé les taxes annoncées Jeudi dernier.

Si 30.000 emplois dans la métallurgie pourraient être créés, c’est 180.000 emplois qui risquent d’être détruits dans de nombreuses industries. 

Donald Trump veut sa guerre commerciale, et il va l’avoir.

Il aura cependant démontré qu’un homme politique qui tient ses promesses de campagne, peut être parfois, néfaste pour son pays.

 

 

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02 mars 2018

Nos ancêtres les Gaulois...

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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      J’ai été formé à l’école de la République. Comme tout les enfants de l’Empire français, noirs ou blancs et même moins blancs, j’ai psalmodié : « Nos ancêtres les Gaulois, ils étaient grands avec des longs cheveux blonds. »

Depuis, beaucoup d’eau a coulé dans les rivières de l’hexagone et plus personne n’est convaincu que les ancêtres des français étaient des Gaulois.

J’ai passé mon enfance avec Vercingétorix, Louis XIV, Napoléon et tant d’autres personnages historiques sublimés par ‘Malet et Isaac’.

Il n’en reste pas moins vrai que les émules de Jules Ferry, nous ont formatés avec Descartes, Victor Hugo, Baudelaire, Lamartine et tant d’autres. Aussi, nul ne peut prétendre que le devenir de la France nous importe peu.

On est effaré à voir comment les candidats ‘au trône’ s’écharpent aujourd’hui, poursuivent des débats de ‘café du commerce’ et se chamaillent comme dans une cour d’école. L’intérêt général, hérité de la révolution française, semble avoir laissé place aux ambitions débridées des leaders politiques en devenir.

Le résultat est inquiétant, dans un sondage établi en janvier de cette nouvelle année, 83% des français ont une image négative de la politique et ils ne sont que 9% à faire confiance aux partis politiques. Rappelons-nous de l’abstention aux dernières élections, législatives et présidentielles, elle atteint 80% aux dernières partielles. Le nouveau monde promis par Emmanuel Macron ne semble pas plus mobilisateur que l’ancien. Les dirigeants et hommes politiques sous-estiment le citoyen lambda qui par contre les juge durement. Ils risquent d’entendre, plus souvent qu’ils ne le souhaitent : « Les élites à la lanterne ! »

Lorsque l’on dissipe les rideaux de fumée tirés par les politiques, lorsque l’on retire tous les écrans mis en place par les hommes au pouvoir, lorsque l’on reste sourd aux sirènes de ‘demain il va faire beau’, on a la vérité nue, et elle n’est pas belle à contempler.

La désindustrialisation se poursuit en France,  sa balance commerciale laisse à désirer, la dette publique donne le tournis, l’emploi, la formation, restent un mal endémique. Qui parle sans tabous des enjeux de l’immigration, de l’importance du développement de l’Afrique, la seule réponse à l’exode de sa population ? Que fait-on devant la montée inexorable du communautarisme, de la relance du rêve européen.

Il faut réinventer la démocratie et rendre ses lettres de noblesse à la politique. Pour cela, le renouvellement de la classe politique n’est pas suffisant, il faut également lutter pour un changement des comportements et un assainissement du langage politique.

De grâce, abandonnez le « politiquement correct » au profit du parler vrai. Il faut appeler un chat, un chat. Les citoyens sont capables d’entendre et de comprendre les vérités. Le monde n’est pas facile, et ils le savent.

 

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23 février 2018

La démocratie, mythe ou religion ?

C'est le rituel du vendredi, voici ma chronique politique

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       La démocratie, la religion des temps modernes, a-t-elle montré ses limites ? Les professionnels de la chose  politique ont maîtrisé ses composantes, en maîtrisant l’arithmétique électorale. En obtenant une majorité, ils transforment la démocratie en dictature de la majorité ; en ratant la majorité, par le jeu des alliances, ils la transforment en dictature des minorités. Est-elle un projet utopique, aux réalités incomplètes et multiformes ?

Faut-il rejoindre tous ceux qui considèrent que ni l’absolutisme, tel qu’on le conçoit, ni la démocratie en tant que souveraineté du peuple, n’existent dans la réalité. Le refus du sacré et l’évolution de la société, ont fait que les régimes dits démocratiques ne sont plus adaptés aux réalités du moment. Les écarts sont évidents entre les trois principes de la démocratie, à savoir, souveraineté du peuple, égalité et liberté.

À Athènes, l’exercice de la démocratie était réservé à une élite. À l’opposé, la révolution française a semé l’idée de l‘intérêt général’, le particulier s’effaçant devant celui de la Nation. Donner la parole au peuple, les expériences référendaires de l’histoire ont montré le caractère illusoire de la démarche, qui se transforme, dans la plupart des cas, en plébiscite.

L’historien roumain francophone, Lucien Boïa, dans son analyse critique de la démocratie, après avoir noté les effets de la Révolution française en la matière, définit le régime anglais actuel ainsi : « Les Anglais ont inventé deux grands principes modernes : le régime parlementaire et le libéralisme, mais en aucun cas la démocratie ! La classe dominante britannique n’a renoncé que petit à petit à ses privilèges politiques ; d’une certaine manière, le parlementarisme et le libéralisme ont agit comme des soupapes, permettant de mieux tenir sous contrôle la pression démocratique ». Exit donc le modèle anglo-saxon. Si le vote universel s’est finalement imposé partout dans le monde, le pouvoir est, incontestablement, resté aux élites, soulignant le caractère utopique de la représentation du peupleSi la souveraineté du peuple relève de l’utopie, qu’en est-il des deux autres piliers de la construction démocratique, l’égalité et la liberté ?

Les évènements dramatiques qui se succèdent un peu partout dans le monde, illustrent l’inanité de l’exercice des libertés. Quand à l’égalité qui frise dans certains cas l’égalitarisme, le caractère fondamental de l’Humain, taille en pièces cette recherche qu’il considère contre nature. L’ambition de tout être humain est de s’élever et de se distinguer des autres. L’égalité des chances est aussi utopique que le reste, le lieu et le milieu de naissance sont les vrais juges des chances de chacun.

Alexis de Tocqueville, dans son œuvre magistrale ‘De la démocratie en Amérique’ a identifié le dilemme fondamental de la démocratie, le difficile dosage de ses deux principes essentiels que sont la liberté et l’égalité, et même, au-delà d’un certain seuil, leur relation conflictuelle. Il attire l’attention d’une dérive possible de la démocratie vers une sorte de tyrannie ‘douce’.

La société n’est plus monolithique depuis longtemps, elle est devenue une véritable mosaïque de minorités. Chacun a ses croyances, ses us et coutumes, son style de vie, un ensemble de faits appelé ‘racines’. L’objectif de la démocratie était d’unifier ces valeurs et comportements. Force de constater que c’est une culture des différences qui s’est imposé.

On assiste partout dans le monde développé, à un rejet des élites et des professionnels de la chose politique. Avec la montée de l’individualisme, les citoyens veulent exercer directement le pouvoir. Allons nous vers ce que l’on appelle la démocratie directe. L’homme politique ne pourra plus être qu’éphémère et secondaire, dans un système articulé autour de la démocratie directe. Un seul mandat non renouvelable, c’est le retour à la noblesse de la charge publique.

En définitif, la démocratie, chargée d’imaginaire, est confrontée à des forces adverses qui se sont adaptés au discours démocratique.

 

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16 février 2018

Poutine et la Russie immortelle..

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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   Le 18 mars prochain, aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle russe. Le deuxième tour se déroulera au plus tard, le 8 avril 2018.

Vladimir Poutine est naturellement candidat pour un deuxième mandat consécutif, et affrontera six candidats dont une femme. Largement favori, nul doute que le 8 avril ne verra pas un changement de locataire au Kremlin.

 Chef de gouvernement, Président de la Fédération russe par intérim puis en titre, Poutine est en fait au pouvoir depuis 1999, soit 18 ans.

Malgré cette longévité, il reste une énigme, pour nombre d’observateurs occidentaux. Dans le livre que lui a consacré le cinéaste américain, Oliver Stone, on découvre un Poutine dont la colère rétrospective contre la naïveté d’Eltsine dans ses rapports avec les américains ne s’est pas encore calmée. Formé à l’école du KGB, il n’est jamais à l’initiative, mais toujours en réaction. Il n’oubli jamais rien : le Kosovo, la guerre menée par les américains en Irak, le chaos libyen. Il y répond par l’annexion de la Crimée et l’intervention militaire en Syrie.

   Il regrette sa main tendue rejetée par l’Occident à son arrivée au pouvoir. Il est toujours persuadé que l’avenir de la Russie est avec l’Europe, mais, pragmatique, se trouve obligé de regarder ailleurs, plus à l’Est, vers la Chine.

Par contre, il considère que l’OTAN n’a plus de légitimité, depuis la chute de l’Union soviétique, et qu’elle se cherche un ennemi pour survivre et pérenniser l’hégémonie américaine. Il est convaincu que la géostratégie américaine n’a jamais renoncé à ses principes fondamentaux, la division entre l’Allemagne et la Russie, pour conserver son leadership en Eurasie et partant, sa domination mondiale.

En réalité, Poutine est à la tête d’une nation qui se cherche, entre une idéologie communiste défunte et une identité nationale russe en reconstruction, avec en filigrane, le retour en force de l’Eglise orthodoxe. Vladimir Poutine est le représentant des blancs russes, pris en tenaille démographique entre, à l’intérieur, l’exubérance musulmane qui représentera 30% de la population à l’horizon 2035 et la montée inexorable de la puissance chinoise, à l’extérieur.

L’été 2017 aura marqué une étape supplémentaire dans le refroidissement des relations russo-américaines. Le vote de nouvelles sanctions par le Congrès à l’égard de Moscou, signifie que la mésentente américano-russe va durer. La russophobie est profondément ancrée dans les gènes du parti républicain, bien plus que chez les démocrates.  Le souhait du Kremlin de voir relancer une relation nouvelle entre les deux pays, par une rencontre au sommet, est impossible au jour d’aujourd’hui ; le président américain a une marge de manœuvre bien moindre que l’hôte du Kremlin.

Poutine a perdu toute illusion sur les capacités de Trump à maîtriser le système américain de contre-pouvoirs.

Par contre, l’absurdité du divorce Europe-Russie est évidente, pour ceux qui connaissent un  tant soit peu le penchant européen de Poutine. Depuis 2008, on assiste à un mouvement de fond géopolitique du délitement progressif entre l’Union européenne et la Russie. Cette dernière se sent pourtant, culturellement et politiquement proche de l’Union.

Après les attentats islamistes à New-York et à Washington du 11 septembre 2001, Moscou avait mis à la disposition des américains leurs facilités logistiques contre le terrorisme. Malgré leurs conseils aux Américains, de ne pas s’installer militairement en Afghanistan, les Russes maintinrent leur soutien logistique à l’armée américaine.

Le raidissement de Poutine est la conséquence de l’extension toujours plus à l’est de l’OTAN et, en géopoliticien classique, il a le sentiment que les Etats-Unis cherchent  à encercler la Russie. Il suffit, en effet de regarder sur une carte le déploiement des forces de l’OTAN aux frontières de la Fédération russe, pour s’en persuader.

Le divorce Europe-Russie est absurde, eu égard des menaces que font peser sur leur civilisation, la radicalisation de l’Islam, et sur leurs économies, la stratégie chinoise des routes de la soie.

L’Union européenne a besoin de la Russie pour lutter contre l’hégémonie commerciale de la Chine, et la Russie a besoin de l’Europe pour construire chez elle un Etat de droit ; unies, ils représenteraient la première puissance économique mondiale.  

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