Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

20 octobre 2017

Où va la France ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                               Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emanuel Macron, la question se pose sur l’orientation politique, économique et sociale qu’il entend donner au pays.

Le pourfendeur de la Droite et de la Gauche, a bien détruit les partis, socialiste et républicains, mais cette étape annonce-t-elle une réforme profonde et réelle de la maison France.

Il n’y a pas bien longtemps, un sénateur américain me disait : «  la France est le dernier pays communiste de la planète ». Cela m’a interpellé et m’a amené à me pencher de plus près sur les structures de l’Etat et de la société française.

L’état des lieux fait, assurément la France vit dans une économie socialiste.

Mercredi 27 octobre sera le jour de la présentation du projet initial de la loi des finances, et le jour suivant, sera celui de la loi de financement de la sécurité sociale. Il s’agira du budget de l’Etat et des comptes, sociaux de l’ordre 1260 milliards d’euros au total.

On constatera que les dépenses publiques absorbent plus de la moitié de la richesse produite chaque année (PIB). Cette mutualisation record des résultats de l’activité économique du pays fait, à n’en pas douter, de la France, un pays socialiste.

Valérie Giscard d’Estaing considérait qu’à 40%  de dépenses publiques relativement au PIB, nous sommes dans une société socialiste. Aujourd’hui, nous en sommes à 56,4%.du PIB, à égalité avec la Finlande.

Le philosophe vedette, l’allemand Peter Sloterdijk, francophile et francophone, ne cache pas son étonnement : « À en croire le vote français (l’élection d’Emanuel Macron) la période où la gauche servait à quelque chose est révolue. Pourquoi ? Parce que l’Etat en tant que tel est déjà plus socialiste qu’un Parti socialiste ne pourrait jamais le devenir. L’étatisme français contient tant d’éléments structurels du socialisme réel qu’on pourrait dire que la France vit dans un semi socialisme réel ».

À partir du moment où les choix collectifs sont prépondérants par les sommes qu’ils mobilisent, le système devient, à la lettre, socialiste : la collectivité prime sur l’individu.

« En France, le pouvoir exécutif dispose d’une armée de fonctionnaires de plus d’un demi-million de personnes et tient, par conséquent, constamment, sous sa dépendance la plus absolue une quantité énorme d’intérêts et d’existences. L’Etat enserre, contrôle, réglemente, surveille et tient en tutelle la société civile, depuis ses manifestations d’existence les plus vastes jusqu’à ses mouvements les plus infimes, de ses modes d’existence les plus généraux jusqu’à la vie privée des individus. » Qui écrit cela ? Un certain Karl Marx, qui semble avoir bien compris la singularité du modèle français. Une remarque, la France a, aujourd’hui, 5,65 millions de fonctionnaires que Karl Marx n’hésitait pas à qualifier de ‘corps parasite’ et ce dès 1869.

La France a poussé à l’extrême le socialisme bureaucratique. L’OCDE,, dans son étude annuelle 2017, relève ce paradoxe : « Le taux de syndicalisation est très bas, 7,7%, le plus faible après l’Estonie et la Turquie, en décalage avec la couverture conventionnelle qui est particulièrement prononcé ». Pendant trente ans, de 1945 à 1975, la France a été sur le plan économique une Union soviétique qui a réussi, écrit Jacques Lesourne dans son livre : Grandeur et décadence du modèle français (1998).

Où va la France aujourd’hui, c’est au Président de la République de préciser le chemin qu’il entend faire prendre aux français. On le sait libérale en économie, mais sur les structures sociales, sur son projet de civilisation, c’est le flou complet, en tous les cas, pour le moment.

Macron va-t-il faire abandonner à la France sa vieille peau socialiste pour inventer un nouveau modèle ‘Solidaro-Libéral ? Va-t-il construire une société équilibrée et apaisée, où ses différents composants trouveront une place digne, en son sein.

Emanuel Macron, sera-t-il ‘l’accoucheur’ de son époque ?

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13 octobre 2017

L'éternel débat: Droite et Gauche

Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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       Dominique Strauss-Kahn, dans son discours du 3 octobre dernier, a enfoncé des portes ouvertes, sous les applaudissements des survivants du parti socialiste. « Les valeurs de gauche et les valeurs de droite ne sont pas les mêmes. Les deux sont nécessaires à l’équilibre de la société… »

Dès les années 68/69, les jeunes patrons (CJP) devenus plus tard, les jeunes dirigeants (CJD), soutenaient que pour la bonne marche des entreprises, les questions sociales devaient être prises en considération et le fait syndical intégré dans l’entreprise.

C’est au général De Gaulle, que les plus significatives avancées sociales, dont la gauche se pare aujourd’hui, sont dues. C’est des gaullistes, appelés par le Général « Gaullistes de gauche », qui ont été à l’origine de cette prise de conscience, des hommes qui alliaient la justice et l’efficacité, l’ordre républicain et le mouvement social.

De Gaulle, homme de droite, affirmait le primat du social sur l’économie. Opposé à l’idée de la lutte des classes, il proposait la participation qu’il définissait comme ‘la décolonisation intérieure’. Faut-il rappeler que l’on doit, également, à cet homme de droite : le comité d’entrepris, la sécurité sociale, le droit de vote des femmes, la légalisation de la pilule, la majorité à 18 ans. On peut se poser la question : où est la Droite, où est la gauche ; qu’appelle-t-on valeurs de droite ou valeurs de gauche  

L’histoire nous apprend que la gauche a toujours été nécessaire à la droite, un aiguillon qui l’empêchait de sombrer dans l’égoïsme absolu. Mais est-ce toujours vrai, aujourd’hui, à l’heure du libéralisme roi et des nouvelles technologies qui ont bouleversé le monde du travail.

Le président français, Emanuel Macron, veut démontrer que l’antagonisme droite/gauche dont se réclame Strauss-Kahn, est obsolète, loin d’être nécessaire à la démocratie. Pour lui, elle est devenue la meilleure arme pour la détruire.

Où sont passés ces valeurs de droite comme les valeurs de gauche, lorsque leurs partis, à l’unisson, acceptent allégrement l’idéologie libérale fondée sur le libre-échange, la loi du marché et l’affaiblissement systématique des Etats-nations, avec une dérégulation poussée à l’extrême.

Le clivage droite/gauche ne sert plus qu’à des fins électorales, accompagné de promesses fallacieuses de changement et de « rupture ».

Depuis que la droite a intégré la dimension sociale, la Gauche se trouve ‘nue’, n’ayant plus le « le monopole du cœur ».

N’en déplaise aux doctrinaires socialistes, l’antagonisme droite-gauche ne nourrit pas le processus démocratique. C’est l’autonomie individuelle, épanouie dans cette cellule de base de toute société qu’est la famille, avec leurs responsabilités et leurs libertés, la possibilité de tisser des liens sociaux, politiques, adossés à une culture et une histoire communes, le pouvoir de choisir et de s’exprimer, qui sont l’expression de la démocratie.

Non monsieur Strauss-Kahn, le clivage Droite/Gauche est moribond, et c’est des socialistes, comme Macron, qui sont en train de le  tuer.

 

 

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06 octobre 2017

Le réveil des peuples

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                            La mondialisation voulait souder les citoyens de toutes les nations, dans un ensemble unit par l’économie, le marché et la standardisation du mode de vie. L’individu, la famille, le clan, la région, voire le pays, devaient se confondre dans un vague ensemble indéfini, la Mondialisation.

Le paradoxe, c’est qu’elle a abouti à installer une tendance mondiale : le réveil des identités.

La tentative du référendum catalan, s’inscrit dans cette même tendance. Partout, on constate un regain d’intensité du régionalisme, du nationalisme et des religions. Le citoyen, déboussolé par la perte de ses repaires habituels, retourne à ses racines via le communautarisme pour aboutir à un nationalisme exacerbé.

On retrouve cette vague de fond, non seulement en Europe, mais aussi dans des pays lointains comme la Birmanie, le Nigéria, les Amériques et nombre de pays européens. Le Non français au projet de Constitution européenne en 2005, le référendum (Brexit) en Grande Bretagne en 2016, la monté en France du vote FN, le rejet hongrois et polonais du multiculturalisme, les séparatistes écossais, illustrent ce réveil identitaire. Ce réveil, ethnique ou religieux, est la grande question de notre temps.

La raison veut qu’on ne démantèle pas un pays souverain comme l’Espagne, pour satisfaire l’utopie d’une indépendance invivable. On ne démantèle pas un pays souverain comme l’Espagne, pour satisfaire les égos de certains. Mais l’aspiration d’un ensemble de citoyens à plus d’identité, à plus d’autonomie et à plus de justice économique, doit être prise en considération par le gouvernement central espagnol.

Les manifestations de Barcelone s’adressent à l’émotion, plutôt qu’à l’intelligence.

La guerre des images ne peut pas occulter l’inviolabilité de la constitution. Elle est la chose la plus sacrée d’une Nation et s’impose aussi aux candidats à l’Independence  catalane.  

Pour beaucoup d’observateurs, le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy a perdu la bataille de la communication, a-t-il tort pour autant ?

Il a pour lui le droit et le sens du devoir. L’Espagne étant un tout, que pensent le reste de la population espagnole. L’immense majorité des espagnols étaient opposés à la tenue de ce référendum. Bruxelles n’a rien à voir dans cette crise interne à l’Espagne. Il faut raison garder et donner la chance au dialogue.

Si certains commentateurs considèrent que nous avons là, une défaite médiatique de Rajoy, alors elle est aussi une défaite de la raison.

La façon dont Madrid va sortir de cette crise, va avoir des conséquences sur d’autres aspirations en d’autres lieux, en particulier chez son voisin, la France.

Beaucoup de gouvernements n’ont pas fini de souffrir de ce réveil des peuples

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29 septembre 2017

Trump, fait-il peur ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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       Les utopistes, l’armada des adeptes du « politiquement correct », les progressistes angéliques et les autruches, arcboutés sur leur négationnisme, dénoncent l’irresponsabilité du président américain.

Il est vrai, que lors de la dernière assemblée générale de l’Organisation des Nations Unis, Donald Trump a fait l’effet d’un éléphant lâché dans un magasin de porcelaine.

Mais, si appeler un chat un chat, est signe de folie, alors oui, Donald Trump est dément. Le pourfendeur du « politiquement correct » mérite qu’on regarde de plus près ses propos. Les déclarations du président américain, débarrassées de ses outrances, qui font sa marque de fabrique, nous donne clairement, une autre approche géopolitique de la situation mondiale.

Il annonce une vérité première, que tous les chefs d’Etat devraient avouer, il a été élu pour défendre les intérêts de son pays d’abord, le reste n’est que fioritures et poudre aux yeux. Il mène une révolution conservatrice qui fait de lui le grand perturbateur du monde, tel qu’il va aujourd’hui. Il demande, haut et fort ‘un grand réveil des Nations’ et cite sans ambages les ennemis de l’Amérique : la Corée du Nord, l’Iran et l’islam radical. Pour lui « Une personne qui ne peut pas nommer l’ennemi, n’est pas apte à diriger ce pays. » 

L’Europe, Macron en tête, rêve d’un monde ouvert, apaisé, indifférencié et solidaire, lorsque Trump rejetant l’angélisme des européens, veut un retour aux particularismes, aux souverainetés et aux intérêts nationaux. Il ne veut pas d’accommodements multilatéralismes, de la politique du genre et défend farouchement la cellule familiale.

La révolution macronienne est en réalité une anesthésie des peuples, qui veulent exister par eux-mêmes. Le monde des bisonours n’existe pas, et s’y raccrocher est un déni des réalités.

Le président français, à la tribune des Nations Unis, a clamé, sur un ton martial : « Nous ne reculerons pas ! », est-ce devant le terrorisme djihadiste ? Que nenni, il parlait des accords non-contraignants de Paris sur le climat. Pathétique de voir la France défier les grands pollueurs de la planète : les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, l’Inde et j’en passe.

Il est vrai qu’il est plus facile de recueillir des applaudissements d’un monde tétanisé par les défis auxquels il lui faut faire face, en lui parlant  du bien commun, de la fécondité du dialogue, du sort des migrants, du multilatérisme et du pacifisme.

La langue de bois, c’est de ne pas parler de ce qui fâche et s’étendre sur les thèmes anesthésiants.

Le président américain affole le ‘Système’ qu’il ébranle dans ses fondements universalistes, en rejetant un humanisme de façade. Etre maître chez soi, ne veut pas dire qu’on rejette la construction d’une gouvernance mondiale, si tant est que l’on puisse parvenir à un consensus le permettant. En réalité, Trump défend l’Occident, le patriotisme, des nations « fortes et souveraines ». Cela ne fait pas de lui un dirigeant odieux, illégitime ou extrémiste. Il parle la langue du peuple, faisant fi des règles de la bienséance.

Le décryptage de son intervention à la tribune des Nations Unis, est une bonne raison de l’écouter plus attentivement. 

 

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24 septembre 2017

CROISSEZ ET MULTIPLIEZ

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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Il y a près de six mille ans, Jehova, le Dieu des juifs, ordonnait aux Hébreux de croitre et de se multiplier. Déjà, en ces temps reculés, la démographie était connue pour assurer la pérennité d’un peuple et assoir son pouvoir.

Le monde occidental semble avoir oublié cette règle fondamentale : faire des enfants. L’égoïsme et la fureur du consumérisme ont éradiqué le désir d’enfanter, chez beaucoup de couples. Paradoxe regrettable, plus le niveau de vie augmente, moins on fait des enfants. Le désir de profiter de la vie, semble effacer le désir de la donner.

Si l’Occident, en déclin, doit relever plusieurs défis, il doit avant tout, relever celui de la démographie. Pour le chercheur George Weigel, « L’Europe connaît un suicide démographique; l’historien britannique Niall Ferguson a comparé cette réduction systématique de population « à la peste noire qui, au quatorzième siècle, a entrainé la plus vaste chute de population jamais enregistrée ».

Au Japon, qui préfigure, paraît-il, le devenir de l’Europe, en la matière, des écoles primaires ont été fermées sur ordre de l’Etat. Les personnes âgées, soixante cinq ans et plus, représentent plus de quarante pour cent de la population, les enfants ne  représentant plus que dix pour cent.

L’Europe de l’Ouest pense trouver le salut par l’immigration, tandis que les pays de l’Est veulent trouver le leur par une politique familiale agressive, adossée à la religion.

L’Europe des Lumières, aux racines judéo-chrétiennes est en train de mourir, tout comme l’Amérique des WASP (White Anglo-Saxon Protestan).

L’Europe a toujours été un pays d’immigration, mais d’une immigration chrétienne, c’est à dire du même monde. La donne a changé avec l’arrivée des musulmans, attachés à leurs racines et croyances. Il est vrai que le migrant doit s’adapter au pays d’accueil, encore faut-il que ce pays d’accueil lui offre un avenir acceptable et mobilisateur.

Aujourd’hui, l’Europe est en train de se transformer radicalement, son suicide démographique offrant le « remplacement » aux nouveaux arrivants.

Il est étonnant que la déclaration de Monseigneur Luc Ravel, nommé archevêque de Strasbourg  en février dernier par le Pape François, n’ait pas eu plus d’écho. Cet éminent prélat déclare, ni plus ni moins : «    les croyants musulmans le savent très bien que leur fécondité est telle qu’aujourd’hui, comment ils appellent ça ?.... le Grand Remplacement c’est eux, ils vous le  disent  de façon très calme, très positive, mais de toute façon, un jour tout ça, ça sera nous…. »

Il est vrai que si la natalité ne se redresse pas en Europe, particulièrement dans l’Europe de l’Est, l’Europe, à échéance, deviendra musulmane arabo-africaine, tout comme les Etats-Unis qui deviennent, progressivement, catholiques et hispaniques.

Aux dires des experts, l’Afrique représente pour l’Europe une bombe à retardement démographique. Au cours des prochaines trente années, l’Afrique verra sa population augmenter de un milliard de personnes. Un tiers des Africains souhaitent émigrer en Europe. Selon le commissaire européen Avramopoulos, déjà  actuellement, trois millions de migrants piaffent d’impatience aux portes de l’Europe.

Selon une étude des Nations Unis, l’Europe de l’Est comptait 292 millions d ‘habitants en 2016, soit 18 millions de moins qu’au début des années 1990.

Le parti socialiste en France et ailleurs, a tout fait pour détruire la cellule famillale. Le résultat ne s’est pas fait attendre : le taux de fécondité moyen en Europe, est nettement en dessous du taux de remplacement.

Les grands pays occidentaux souffrent à la fois d’un défaut de cohésion interne et d’une accumulation d’incohérence en politique familiale.

Il n’est peut-être pas trop tard pour inverser les tendances que l’on constate. Pour cela, plusieurs tabous devront être renversés et le ‘politiquement correct’ mis au pilori.

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15 septembre 2017

Les paradoxes de l'économie mondiale

Fidèle à notre rendez-vous du vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire:

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      C’est la rentrée, j’envie l’insouciance des enfants qui ont repris le chemin de l’école. Par contre, je désespère de celle de nos hommes politiques. Ils se gargarisent des indices économiques du moment, sans voir plus loin.

Dix ans après que le capitalisme a failli sombrer dans la crise des subprimes (juillet 2007), la croissance retrouve un rythme de 3,5% et les échanges mondiaux augmentent de 4,6%. La Chine a retrouvé une croissance de 6,9%, l’Inde de 7,1%. Aux Etats-Unis, l’activité a augmenté de 2,2%, au Japon de 1% et la zone euro de 2,2%. La Russie et le Brésil sortent de la récession et l’Afrique poursuit son décollage.

Apparemment, la mondialisation a surmonté le terrible choc de 2008 qui a failli la détruire.

Alors, tout est bien dans le meilleur du monde ? Que nenni, les populations continuent à souffrir et le sentiment d’insécurité et la violence ambiante ne font pas des peuples heureux.

L’embellie indiscutable de l’économie ne profite pas au plus grand nombre. Les riches deviennent plus riches et les pauvres deviennent plus pauvres, les écarts deviennent abyssaux. Les classes moyennes n’ont plus de moyenne que la classification administrative. La redistribution des richesses produites, ne se fait que dans les discours lénifiant des politiques.

L’amélioration économique que l’on constate reste fragile, elle masque la montée des risques et le changement de leur nature. Le nouveau cycle économique va être marqué par le retour du protectionnisme, de l’inflation et la hausse des intérêts. Lorsque l’on sait que les dettes dépassent les deux cents mille milliards de dollars, trois années du produit mondial, on peut anticiper les dégâts qui approchent.

Tout ceci reste gérable, si la situation ne s’inscrivait pas dans un contexte de crise géopolitique.

La crise nord-coréenne peut dégénérer en une catastrophe nucléaire, suite à une erreur de jugement. Elle développe des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, le Japon et la Corée du Sud, et peuvent ouvrir la porte à un conflit majeur en Asie-Pacifique.

Comment une puissance économique et militaire comme les Etats-Unis peut se permettre d’être irresponsable par l’absence de stratégie. Donald Trump, le président américain, de par ses initiatives, multiples et variées, exporte l’instabilité de par le monde.

Le chaos perdure au Moyen-Orient, alimenté par la rivalité entre Iran, Turquie et Arabie Saoudite. On est en train d’éradiquer le Djihad en Irak, mais des avenues lui sont ouvertes au cœur des pays développés.

La stabilité de l’économie mondiale et l’euphorie qui va s’en suivre, ne doit pas occulter tous ces nuages qui s’amassent au dessus de nos têtes.

Au moment où les Etats-Unis deviennent un démultiplicateur d’incertitudes, l’Union européenne devrait prendre le relai, en s’appuyant sur tous les pays européens, y compris la Russie.

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10 septembre 2017

DES GESTICULATIONS DANGEREUSES

OBS
J'avais opté pour la fibre optique, patratras, pas d'internet depuis jeudi. Tout vient de rentrer dans l'ordre, à l'instant, samedi 16 heure.
Voilà done, avec retard, ma chronique politique hebdomadaire du vendredi:

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Le mois d’août a été dominé par la canicule, certainement, mais aussi et surtout par les gesticulations de deux présidents imprévisibles, Kim Jong-un de la Corée du Nord et Donald Trump des Etats-Unis.
L’un maîtrise l’art de la provocation, l’autre la phraséologie guerrière. La clé, du bras de fer actuel, se trouve en Chine. Kim Jong-un n’est pas fou, c’est un fin stratège. Thierry Wolton, l’auteur de : Une histoire mondiale du communisme (en trois volumes), le décrit comme « un dirigeant marxiste-léniniste qui, comme tant d’autre avant lui, se complait dans un totalitarisme de haute intensité, phase obligée du communisme ».
Il veut que la Corée du Nord se dote d’une force de dissuasion nucléaire. Ceci la fera entrer, dans le club fermé, des puissances nucléaires. C’est pour lui, la condition sine quinone de la pérennité du régime. En cela, il rejoint les vues de son protecteur, la Chine, qui craint une réunification de la péninsule coréenne, qui mettrait Séoul et son allié américain à sa frontière.
Pyongyang est parfaitement conscient de l’importance du soutien de la Chine qui permet à Kim Jong-un d’affronter, avec une certaine tranquillité, le géant américain.
Pyongyang a effectué le sixième essai nucléaire de son histoire. Cette fois-ci c’est une bombe H, aux dires des responsables nord-coréens. Cet essai semble confirmer une étape clé en vue d’atteindre le Graal du régime, le statut de puissance nucléaire.
La Corée du Nord ne plie donc pas à ce jour. La Chine ne peut pas se permettre l’effondrement de son allié nord-coréen au profit d’une Corée du Sud, soudée aux américains. Les deux géants, américain et chinois, sont entrés dans une compétition pour le leadership mondial. La chine ne veut pas commencer, à cette phase de concurrence, par une reculade, en abandonnant la Corée du Nord. Aussi la diplomatie américaine se fait des illusions à compter sur la Chine pour retenir les ambitions du numéro un nord coréen.
C’est pathétique de voir les dirigeants européens demander des sanctions, encore des sanctions, contre la Corée du Nord, qui n’en a cure. L’ONU est impuissante devant un Etat qui est devenu, que l’on veuille ou non, une puissance nucléaire.
Qu’elle peut être la réaction d’un Trump, qui a promis « le feu et la fureur », rien, à moins de déclencher une guerre nucléaire par un bombardement atomique préventif. Car on n’aura pas une guerre conventionnelle. La neutralisation de la Corée du Nord, passe par son anéantissement partiel et immédiat. Washington est-il prêt à cela, le monde occidental est-il prêt à l’assumer ? Sommes-nous prêt à faire la guerre pour protéger un club, celui des puissances nucléaires, dont les murs se lézardent après l’entrée du Pakistan et l’Inde. 
Il faut l’admettre, la Corée du Nord a gagné la pérennité de son régime, pour le moment. Sommes-nous à l’abri d’une guerre dans cette région ? Oui, sauf accident imprévisible, qui amènerait les faucons du Pentagone à riposter. Ce n’est pas la guerre qui mettra fin à ce régime totalitaire. Il faut ouvrir la Corée du Nord aux idées, aux images et à la musique du reste du monde. C’est la solution de l’avenir. L’URSS s’est effondrée sans tirer un seul coup de feu, alors que Moscou était en possession de plus de 12000 ogives nucléaires stratégiques.

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28 juillet 2017

L'Ecologie, est-elle un domaine réservé ?

Voici ma dernière chronique de la saison (2016/2017). Je souhaite à tous mes lecteurs de bonnes vacances, et leur donne rendez-vous au premier vendredi de septembre prochain.

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   Est-elle de gauche ou de droite, est-elle la passion des bobos gauchistes ou encore une marche de l’escalier politique pour les nouveaux en mal d’idées ?

Même Emmanuel Macron, président de la république française, n’hésite pas à utiliser l’argument écologique. Dans un de ses récents propos, le Président français a lié le réchauffement climatique au terrorisme ! Si pour certains, le réchauffement climatique est un fait, le transformer en principe d’explication de tous les maux de la société, n’a pas de sens. Ce n’est, en aucun cas, une clé universelle des phénomènes humains, à fortiori du drame terroriste.

Le but de cette argumentation bancale est d’éviter de poser le problème de l’extrémisme islamique. Comme le dit Pascal Bruckner : « l’argument écologique n’est pas un couteau suisse qui dépanne, en toutes circonstances, l’orateur en manque d’idées. » C’est un sophisme, que de faire de tels rapprochements.

Le terrorisme islamique a des origines avant tout, théologiques et culturelles, une vérité qu’il faut admettre, au lieu d’utiliser des arguments fallacieux pour rassurer et endormir les futurs victimes.

L’Écologie a déjà usé beaucoup de messies, et a encore des icones un peu partout dans le monde. Un des plus emblématique est le français, Nicolas Hulot, aujourd’hui, ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire. Depuis longtemps, monsieur Hulot a fait de l’écologie son cheval de bataille, pendant que ses émissions télévisées s’occupent de son image médiatique et de son train de vie, sa Fondation ‘pour la nature et l’homme’, aux généreux donateurs, comme EDF, sécurise ses sources de revenues complémentaires. Comme le titre le journal satyrique, Le Canard Enchainé : Le développement durable des profits de Nicolas Hulot, nous éclaire sur la face cachée du premier écologiste de l’Etat français.

C’est vrai que Hulot a toujours déclaré que les activités générées par l’Écologie étaient profitables.

Mais monsieur Hulot va plus loin, il a soumis au Premier ministre français un « Projet de société ». Ramener l’écologie à un projet de société, c’est, petit à petit, redéfinir les droits de faire de chacun, droit de manger, droit de boire ou de consommer. C’est avoir un Etat omniprésent dans la sphère la plus intime du citoyen.

L’écologie ne peut pas être assujettie à aucune idéologie, elle n’est le domaine réservé d’aucun parti, d’aucune ONG, d’aucun gourou. C’est l’affaire de tous.

Il y a deux sortes d’écologistes : ceux qui ne résonnent qu’en termes punitifs, taxe carbone, taxe diesel, etc, et ceux, comme Maud Fontenoy, Claude Allègre et Jean de Kervasdoué, qui tentent, par l’utilisation des ressources scientifiques, d’apporter un regard positif et constructif sur l’écologie. Ainsi elle ne devient plus l’ennemi de l’économie et réciproquement. On ne changera pas le monde, malgré les hommes et les femmes qui le font tourner. Il n’y a pas de place à une pensée unique, concoctée par des experts autoproclamés et des gourous imposteurs, souvent des acteurs de groupes de pression.

Les héritiers du club de Rome, vont-ils mettre en place un système qui milite pour la décroissance ?

La préservation des équilibres de la planète et la prise en compte des changements climatiques, valent mieux qu’un parti pris idéologique et dictatorial, caché derrière un fumeux projet de société.

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21 juillet 2017

L'utopie de la puissance nucléaire

Gardons les bonnes habitudes. Voilà ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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        Devenu la légion d’honneur des Etats en mal de reconnaissance, l’atome militaire est devenu le graal des Etats en mal de puissance. Être dans le club fermé des puissances nucléaires, est devenu leur rêve.

Cependant, dès la possession de la « Bombe », ils réalisent, très vite, qu’ils ne peuvent pas l’utiliser. Le voisin est trop près, et les vents dominants rappellent la catastrophe de Tchernobyl. Les autres pays, plus loin, l’ont aussi. On rentre aussitôt, comme tout le monde, dans le statuquo.

On réalise très vite, que les systèmes d’armes nucléaires ne sont pas l’arme absolue, au sens qu’ils n’octroient pas une puissance illimitée et ne garantissent pas le succès de toutes les entreprises de celui qui les détient. Mais aucun des Etats actuellement dotés d’armes nucléaires n’insiste sur cette capacité de destruction. Ils la présentent comme un outil au service d’une stratégie de dissuasion ou d’influence, qui fait des arsenaux nucléaires, la garantie ultime de la sécurité et parfois de l’indépendance nationale. Mais la puissance qu’ils confèrent n’est, ni une condition nécessaire, ni une condition suffisante, à l’émergence sur la scène internationale.

La guerre asymétrique a bouleversé l’art de la guerre. Force est de constater que le nucléaire ne dissuade ni le djihadisme, ni le terrorisme, ni les guerres régionales, ni les menaces migratoires.

L’Occident, à l’abri des parapluies nucléaires des uns et des autres, s’il reste riche, est de plus en plus vieux et désarmé, devant les évidences déroulées par la démographie.

Les faits sont têtus et comme disait le général De Gaulle : « il n’y a pas de politique qui vaille, qui ne se fonde sur la réalité. » Cette réalité, trop sensible et dont on ne parle pas, est l’effondrement du taux de fécondité du monde occidentale et le vieillissement de ses populations. Elle amorce le déclin de l’Europe, au profit des populations jeunes du Sud, qui forment le gros des troupes des migrants.

L’Allemagne remplace les naissances qui lui manquent par les migrants qui arrivent, la France conserve un taux de fécondité relativement élevé, grâce à sa propre population immigrée.

La population active de l’Union européenne, aux dires de la commission de Bruxelles, va baisser de 48 millions d’ici à 2050, tandis que sa population âgée augmentera de 58 millions. C’est dire si la récente politique de l’ex-président Hollande, politique antifamiliale, était d’à-propos.

La mondialisation n’a rien arrangé, la réduction des écarts entre pays pauvres et pays riches, positif, est contrariée par l’augmentation sensible des inégalités au sein des pays eux-mêmes. Ceci explique les votes extrêmes et l’abstention élevée, des classes moyennes et populaires, tant en Europe qu’aux Etats-Unis. 

La vraie puissance, c’est la jeunesse des peuples, leur éducation, l’économie (industrie et agriculture).la démographie. Tout le reste n’est qu’utopie, y compris la puissance nucléaire.

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17 juillet 2017

Macron, est-il le Messie attendu ?

De retour à Casablanca, j'ai retrouvé la chronique du vendredi que j'aurai dû publier en son temps. Je vous la livre aujourd'hui, car elle est toujours d'actualité

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Au Carrousel du Louvre, soudain, Emmanuel Macron apparut. Une longue, très longue marche solennelle, accompagnée par l’Hymne à la joie fait s’écrier un ‘marcheur’: « Le messie est arrivé » (sic).

Dos à la pyramide du Louvre, à droite de la statue équestre de Louis XIV, face à l’arc de triomphe célébrant la victoire d’Austerlitz, le président élu était venu se faire acclamer et reconnaître.

Macron assume cette dose de religieux et de spirituel qui accompagne ses interventions, plus, il la revendique. Dans une interview au JDD accordée au lendemain du meeting de Toulon, il expliquait : « La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Et d’ajouter : la politique, c’est mystique. »

Les disciples d’Emmanuel Macron sont nombreux à l’Assemblée nationale. Le mouvement présidentiel, la France en marche, a une majorité écrasante et absolue dans le temple du pouvoir et de la ‘démocratie’.

Qu’en est-il chez le peuple de France qui appelait de tous ses vœux, la venue d’un messie capable de remettre le pays sur les rails du développement et du plein emploi. Un messie qui allait régler les questions tabous : l’immigration, l’islamisme militant et la sécurité.

   L’arrivée de la Macronie à l’Assemblée nationale repose sur une abstention record, 57,3% à laquelle il faut ajouter 9,9% de bulletins blancs ou nuls. C’est plus de 67% des français inscrits sur les listes électorales qui n’ont pas reconnu le ‘Guide’. Il est vrai que peu d’élus ont reconnu, en son temps le Messie, en ce juif, prédicateur, défenseur de la veuve et de l’orphelin.

Qui a dit : « Je vous ai compris, et je vous aime » Jésus, De Gaulle ? Non, Emmanuel Macron, lors d’un meeting de sa campagne présidentielle.

Chez lui, il n’y a pas de morale, il est dans l’émotion positive. Les gens ne savent pas très bien ce qu’est Macron, mais ils sont fascinés par lui. On ne peut pas lui nier sa maitrise dans la communication, mais une bonne communication fait-elle une bonne politique ?

La Macronie est-elle une bulle ? Ces genres de bulles, bien connues des banquiers et adorées par les spéculateurs. Un gouvernement d’experts, une assemblée acquise avec des parlementaires boudés par les ‘oubliés’, suffiront-ils à transformer les promesses de campagne en réalité ? Vont-ils laisser à la rue les problèmes qui fâchent : l’immigration extraeuropéenne de masse, la conquête islamique de l’Europe, les isolats déjà perdus par la France, l’antisémitisme des cités, et la guerre civile latente dans les faubourgs des grandes cités européennes.

Pour les fidèles de Macron, ces inquiétudes sont des vulgarités obsessionnelles et populistes.

Les nouveaux-venus d’En marche à l’Assemblée nationale, sont terrifiés d’aborder un quelconque problème qui agite la sphère politique, ils ne se risquent à parler, uniquement, que la langue morte du macronisme correct, pour d’autres, du politiquement correct. 

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