Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

30 novembre 2020

LE SCANDALE DES CLINIQUES AU MAROC

   Le Maroc, à l’instar des autres pays, fait face à une pandémie dont la propagation tient en haleine toute la population. Face à cette situation des plus préoccupantes, il y a quelques jours, le gouvernement marocain a pris plusieurs mesures pour briser la chaîne de propagation.

Le ministre de la santé avait alors informé les cliniques privées qu’étant donné que l’offre de soins publics en lits de réanimation est très limitée, il sera fait appel au soutien de l’hospitalisation privée qui sera disposée à travailler dans le cadre d’un partenariat avec le ministère de la santé publique dans l’intérêt du citoyen marocain.

Un devoir qui n’est pas à négocier d’après le président de l’ANCP qui parle au nom de tous les directeurs des cliniques privées à travers le Royaume !!

 Bravo, mais il y a un mais. Les cliniques privées demandent des chèques de garantie avant de recevoir le malade, ce qui est illégale. En outre, ils pratiquent des  prix qui dépassent non seulement l’entendement, mais surtout les possibilités financières de la majorité des marocains. La facturation du moindre séjour en clinique pour un malade du Covid, commence à 60000 dirham pour s’envoler à 150000 dirhams et plus, si le séjour en réanimation s’éternise. Une clinique que je ne citerai pas a conditionné la livraison du corps du malade défunt, au règlement de la facture. Sachant que chèques de garantie, paiement en espèces et facturation abusive sont condamnés par la loi, les responsables, pour le moins cyniques et désinvoltes, déclarent qu’ils n’ont cure des dispositions de la loi. Qu’ils ont procédé ainsi avant même la crise du Covid 19. C’est les mêmes personnes qui se plaignent quand ils sont concernés, du non respect de l’État de droit. 

  Plus révoltant est la déclaration du président des cliniques privées (ANCP), lors de l’émission Faites entrer l’invité sur Radio 2M. Ce président, Redouane Semlali, a défendu bec et ongles les intérêts des établissements de soins payants, dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire liées à la pandémie du nouveau coronavirus, en oubliant tout sentiment d’humanité à l’égard des malades qui souffrent et de leur famille dans la peine. Il a indiqué que les médecins se confrontaient à «des cas de réanimations très grave, qui coûtent cher». Une réanimation dans ces cas-là, était estimée «entre 7000 et 8000 DH par jour, ce que les caisses des cliniques ne peuvent prendre en charge». Nous sommes dans un établissement privé et une prestation doit obéir à des factures». Pour conclure, Redouane Semlali a déclaré que les cliniques ne sont pas là pour gérer la misère du peuple. Pour des personnes sensées avoir prêter le serment d’Hippocrate, on est en droit d’attendre une plus grande commisération, surtout quand le peuple fait face à une épidémie dévastatrice. Croyant ou non, il existe une règle non écrite pour tout marocain, être solidaire avec le peuple marocain. Le Coran, l’ancien et le nouveau testament honnissent l’homme qui se désolidarise de sa famille et du peuple dont il est issu. Peut-être que le gouvernement dans un souci de justice sociale et dans le respect des responsabilités qui lui incombent à l’égard de la population, peut-être qu’il devrait réquisitionner cliniques et personnel dans cette période de mobilisation générale face à un virus qui n’épargne personne. 





 

 

 

 

 

 

 



 

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27 novembre 2020

LES EXCES DU POLITIQUEMENT CORRECT

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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           Derrière des mots acceptables par tous,  le politiquement correct,  cache une arme redoutable : la stigmatisation de l’autre.  Race, genre, sexe :  c’est la guerre culturelle avec comme ennemi, l’esprit du libéralisme.

 Aujourd’hui, la crise touche tous les milieux, les Médias en tête. Le 14 juillet dernier, démissionnait Bari Weiss, journaliste en charge des pages « opinion » du prestigieux New York Times, occasionnant une nouvelle crise au sein de sa rédaction. La journaliste, dont l’indépendance d’esprit avait été récompensée en 2018 par le Prix Bastiat de la Reason Foundation,explique avec franchise et amerture, la guerre idéologique qui est en train de se dérouler dans la presse entre deux conceptions du métier :

« Les histoires sont choisies et racontées de manière à satisfaire le public le plus restreint, plutôt que de permettre à un public curieux de lire sur le monde et de tirer ensuite ses propres conclusions. On m’a toujours enseigné que les journalistes étaient chargés d’écrire la première ébauche de l’histoire. Aujourd’hui, l’histoire elle-même est une chose éphémère de plus, moulée pour répondre aux besoins d’un récit prédéterminé. » C’est une véritable dictature que les usagers du « politiquement correct » tentent, à New-York et ailleurs, en France entre autres, d’instaurer. 

 Le récit prédéterminé doit répondre aux impératifs idéologiques et antilibéraux du nouveau discours de la gauche identitaire, sorte de miroir de la droite identitaire de Donald Trump, dont les défenseurs se comportent comme les pires des censeurs.

 Bari Weiss ajoute :

« Mes […] incursions dans le domaine du « mal-penser » m’ont valu d’être constamment harcelée par des collègues qui ne partagent pas mon point de vue. Ils m’ont traité de nazi et de raciste..…. Là, certains collègues insistent sur le fait que je dois être délogée si l’on veut que cette entreprise soit vraiment « inclusive », tandis que d’autres affichent des émojis de hache à côté de mon nom…. »

On assiste un peu partout, à une dérive identitaire qui polarise les rédactions et assèche les esprits les mieux disposés en faveur des droits des minorités. 

  Aux Etats-Unis, la dégradation du climat entre le clan de Donald Trump d’un côté et celui de la gauche révoltée par l’affaire George Floyd, y est qualifiée de véritable « guerre culturelle centrée sur la race »

  Les libéraux se sont tout naturellement rangés en faveur de la justice et contre le racisme; mais font aujourd’hui face à des concurrents gauchistes issus des universités, qui rejettent la notion de progrès : leur approche définit tout le monde en termes de race, et toute action comme raciste ou antiraciste. Elle n’est pas encore dominante, mais elle se répand au-delà des universités dans la vie quotidienne. Si elle devait supplanter les valeurs libérales, alors l’intimidation effacerait le débat ouvert et sèmerait la division au désavantage de tous, des Noirs comme des Blancs. 

150 intellectuels progressistes se sont mobilisés dans The Harper's Magazine contre le cancel culture, ou call-out culture.  C’est une pratique ravivée aux États-Unis consistant à dénoncer publiquement, en vue de leur ostracisassion, les individus ou les groupes responsables d'actions ou de comportements, perçus comme problématiques. En clair, qui ne respectent pas le politiquement correct. 

    Enfin, les esprits se mobilisent pour défendre le libre-échange des idées et la liberté de débattre, menacés par le clanisme identitaire.

En France, les entrepreneurs identitaires, très actifs dans les universités, arrivent à interdire des débats, des conférences qu’ils jugent politiquement incorrects. Allons-nous voir le débat public phagocyté par une gauche revancharde, parfois repeinte en vert. Les intimidations et les démonstrations de force se multiplient, intimidant des faibles présidents d’universités, souvent relayées par des médias complaisants.

  La nouvelle idéologie raciale en vogue à l’extrême gauche est fausse, dangereuse, et surtout totalement superflue. Le libéralisme offre une voie plus juste et plus prometteuse que ses concurrents. Il défend la dignité de l’individu et l’égalité en droits et en devoirs de tout le monde, quelle que soit la couleur de sa peau. Il défend le progrès construit sur le débat et l’argumentation et privilégie la raison et l’empathie sur l’intolérance et le mensonge.

  La bataille ne fait que commencer !

 

 

 

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20 novembre 2020

CONSTRUIRE UNE ÉCONOMIE PLUS JUSTE, EST-CE POSSIBLE ?

Comme d'habitude le vendredi, voici ma chronique politique et aujourd'hui aussi économique et sociale :

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          La crise de 2008 n’a jamais été surmontée, et les gouvernants répugnaient à procéder aux réformes drastiques qui s’imposaient. Ils reculaient devant le prix à payer, en termes de notoriété et de survie politique, devant l’insouciance de la société civile, toute heureuse de reprendre le cours de la vie, comme si rien n’était arrivé.

 Pourtant, l’origine de la crise aurait dû amener les gouvernants à édicter des nouvelles normes et le capitalisme d’alors, à se réformer en profondeur.

  La crise financière de 2008, comme chacun sait, a d’abord pris naissance dans le secteur immobilier. 

 Cette bulle immobilière a provoqué une crise bancaire lorsqu’on a pris conscience que ces prêts hypothécaires ne seront jamais remboursés. Ils ne rapportaient déjà plus rien, devant l’insolvabilité des contractants. Une méfiance s’est installée, qui a conduit à une dégringolade des bourses, une récession et une hausse du taux de chômage dans plusieurs pays à travers le monde. 

  La cupidité, l'irresponsabilité, l'arrogance, le manque d'éthique, le laxisme, les demi-vérités, les mensonges, l'appât du gain rapide, le maquillage des comptes, la sur-spéculation,  la démesure, les placements complexes, risqués et incontrôlés, la corruption, sont les causes qui ont généré ces crises immobilières, bancaires, financières, économiques, politiques, budgétaires, fiscales, sociales, de 2007 à 2018, dont les conséquences dureront des années. 

Le plus scandaleux, c’est pendant que les pauvres devenaient plus pauvres, que les classes moyennes voyaient leur pouvoir d’achat fondre, comme neige au soleil, les riches devenaient plus riches. Les inégalités étaient devenues criantes et insupportables.

  Soudain, le Covid 19, arriva, avec son train de mesures qui mettent à mal l’économie, cette fois-ci ouvertement. Une « aubaine pour le Pouvoir, car la prise de conscience qui s’en suit, devrait permettre de prendre, enfin, les mesures qui s’imposent. Toutes les classes de la société doivent réaliser que le capitalisme tel qu’il fonctionnait avant la crise sanitaire, ne peut pas répondre efficacement aux enjeux, entre autres, environnementaux et sociaux, qui sont les nôtres aujourd’hui.

 Les États ont pris naturellement les choses en main, mais avec la lourdeur inévitable des  mammouths, que sont devenus la plupart des ministères. Ils ne pourront pas apporter la réponse qu’il faut, sans associer le patronat, les syndicats et la société civile, bref tous les acteurs de l’économie. La priorité des priorités sera de rétablir la Confiance. Cette confiance, la nécessité cardinale pour une vraie relance, a été perdue par les gouvernants et les élites. On voit alors un foisonnement d’idées, plus farfelues l’une que l’autre, et le retour de vieilles utopies auxquelles on avait cru avoir tordu le cou pour toujours.

  Que faire ? Tant que la gestion de l’économie sera faite dans l’immédiateté au détriment du future, on ne pourra pas mettre en place un capitalisme plus juste et plus « durable ». Tant que les chefs d’entreprises seront soumis à la pression de la Bourse, à la nécessité du profit immédiat, on ira de bulles en bulles et de crise en crise. Tant que la spéculation financière ne se basera pas sur l’économie réelle, qu’elle ne donnera pas la priorité à la production de richesses à redistribuer, les inégalités iront en augmentant.

 C’est une véritable révolution des comportements et des techniques de gestion qu’il faut revoir, en remettant l’Homme au centre de nos considérations, la priorité à l’Avenir et le respect de notre environnement.

Le « monde d’après » ne sera pas différent, si le capitalisme et tous les acteurs économiques ne se remettent pas en question. Les inégalités sociales, tant au niveau des individus que des états, ne peuvent pas perdurer au stade d’aujourd’hui.

  La société civile doit se mobiliser, elle doit être pragmatique et ambitieuse. Il n’y aura pas de lendemains qui chantent, ni de table rase. Il y aura des efforts à déployer et des tabous à renverser. C’est vrai pour le monde de la finance comme celui des entreprises.

Plusieurs lois ont été prises, contre le gaspillage, par exemple, « on produit, on consomme, on jette ». Mais combien sont appliquées ?

Nous ne pouvons plus être indifférents aux problèmes des autres. Ils nous rattraperont et nous terrasseront. La coopération entre le secteur publique, secteur privé et société civile, s’impose dans l’urgence. C’est ensemble que pourra être construite, peut-être, une économie plus juste et plus durable, dans le respect des uns et des autres.

  Nous ne pourrons qu’ensemble, influer sur le cours des choses !

 

 

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13 novembre 2020

L’INSOLENT ESSOR DU «MADE IN CHINA»

Vendredi est habituellement le jour de ma chronique politique hebdomadaire

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        Joe Biden, le président élu des États-Unis, risque d’arriver un peu tard, pour mettre un frein à l’hégémonie chinoise sur le marché mondial. L’entrée fracassante de Pékin dans le domaine des nouvelles technologies, complique encore plus le problème.

Il semble que la caravane chinoise poursuit sa route, insensible aux remous qu’elle provoque.

Le "Made in China" continue sa conquête des marchés, malgré les discours sur la démondialisation, et les ambitions de délocalisations.

 Tirée par les exportations, notamment vers l’Europe, la reprise en Chine se confirme de jours en jours.

Faisant fi de toutes les critiques, contrant les mesures prises par les Américains pour mettre un bémol aux importations des produits chinois, le constat est cinglant, c’est la Chine qui gagne.

 Accusé par Donald Trump d’être à l’origine de la pandémie, qui certes à débuté dans l’Empire du Milieu, la Chine fait un pied de nez à l’Histoire, en démontrant sa maîtrise dans la gestion de la crise sanitaire. Le géant asiatique semble être le premier pays à sortir de la crise.

 Peut-être que la leçon à tirer est que les épidémies sont mieux maîtrisées par des régimes dirigistes que par ceux démocratiques. La pandémie ne fait pas bon ménage avec les droits de l’Homme.

 Pendant ce temps, loin du Pacifique, les Etats-Unis et l’Europe se débattent dans des confinements successifs et des mesures drastiques qui nuisent à leur économie.

 La reprise économique, si elle s’essouffle en Occident, s’effondre dans certains   secteurs, prend de l’ampleur en Chine.

 Les chiffres officiels font état d’une croissance du PIB de plus de 4,9% sur un an au troisième trimestre. Compte tenu du plongeon historique de l’hiver dernier, la croissance moyenne depuis le début de l’année se situe à 0,7%.

 La Chine va être le seul pays au monde à avoir  échappé à la récession en 2020. Les pronostiques des institutions économiques, comme Ostrum Asset Management, prévoient que si l’expansion se poursuit au rythme actuel, l’économie chinoise va progresser de 2 à 3% cette année.

 Depuis le début de l’année 2020, Washington intensifie sa lutte dans le domaine des nouvelles technologies à l’égard de la Chine.

Après Huawei puis ZTE, c’est désormais China Telecom, l’operateur historique de télécommunications de la République populaire de Chine, qui est dans le viseur des Etats-Unis. La société est la nouvelle cible de la guerre technologique que livre Washington à Pékin.

 Un peu tard, pour freiner la domination, jour après jour, que prend la Chine dans ce domaine.

 Elle détient, aujourd’hui, le supercalculateur le plus puissant du monde. Le Sunway Taihulight agrège au total 40 960 processeurs, dont chacun comporte 260 cœurs. Particularité : ces processeurs ne sont pas des processeurs Intel, mais des processeurs 100 % chinois.

Sunway Talhlignt domine désormais le classement des 500 supercalculateurs les plus véloces du monde. La machine est capable de calculer 93 millions de milliards d'opérations en virgule flottante par seconde. 

Le supercalculateur Sunway Taihulight est cinq fois plus puissant que le plus rapide système américain : le Titan, qui se trouve actuellement au troisième rang mondial.

Cette performance est d’autant plus impressionnante que le nouveau supercalculateur n’embarque que des processeurs chinois et non des processeurs américains comme c’était le cas pour le Tianhe-2. 

 Côté applications, Sunway Taihulight est actuellement utilisé pour des recherches sur des techniques de fabrication avancées, les big data, le climat, les sciences de la vie et la modélisation de systèmes terrestres.

Les investissements chinois dans les processeurs et supercalculateurs de haute performance, ont été particulièrement efficaces. En 2001, aucune machine chinoise ne figurait dans le classement mondial des 500 supercalculateurs les plus puissants. Désormais, l’Empire du Milieu compte 167 supercalculateurs dans le classement, contre 165 pour les Etats-Unis. La France, elle, place dix supercalculateurs dans ce classement mondial. Le premier se trouve au 11e rang. Il s'agit du supercalculateur Panges détenu pae Total. 

Après ses performances commerciales, la Chine démontre sa capacité à jouer dans la cour des grands dans les nouvelles technologies.

 La réponse à la question de Peyrefitte (Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera) est : La Chine est belle et bien réveillée, et le Monde tremble !

 

 

    

 

 

 

 

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06 novembre 2020

ÉLECTIONS AMÉRICAINES, Trump ou Biden ?

Nous sommes vendredi, et l'actualité m'impose le sujet. Voici ma chronique politique hebdomadaire :

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                          Le monde est suspendu aux résultats de l’élection présidentielle américaine, Joe Biden ou Donald Trump, Qu‘en est-il vraiment pour l’Europe, l’Asie, et dans une moindre mesure, pour le Maroc.

 La voie semble se dégager devant Joe Biden, au fur et à mesure du dépouillement des votes massifs par anticipation. Ces votes semblent  profiter au candidat démocrate à la Maison Blanche. Le camp de Donald Trump a engagé des procédures juridiques et réclame de nouveaux décomptes dans certains Etats clefs. À ce jour, Biden est crédité de 243 grands électeurs contre 214 pour Donald Trump. 

 Pour la majorité des observateurs, Joe Biden est un  « mec bien » qui serait un « président normal » en comparaison à Donald Trump.  S’il emporte bel et bien cette élection présidentielle,  il aura à affronter une véritable course de haies avant d’arriver à la Maison Blanche, le 20 janvier prochain. En premier lieu, une véritable bataille sur le plan juridique dans plusieurs états. Les deux parties qui s’apprêtent à batailler sur le front juridique, ont sollicité leurs soutiens financiers, pour cette autre campagne qui s’annonce coûteuse. 

 Biden aura à calmer l’impatience de ses troupes, dès le soir de l’élection.  Mais la tension risque de grimper au fil des jours. 

  Préparer la transition ne va pas être une promenade de santé, tellement l’Amérique est divisée. Il faudra à Biden beaucoup de diplomatie et de patience pour gérer un Donald Trump mauvais perdant et les siens.

Depuis juin, il a formé une équipe d’une centaine de personnes,  composée d’anciens de l’administration Obama, de responsables du parti démocrate de toutes sensibilités comme des proches de la très progressiste Elizabeth Warren ou du centriste Pete Buttigieg, ses anciens concurrents dans la course à l’investiture. Il s’agit de former un gouvernement, de nommer quelque 4 000 personnes à des postes clés (dont 1 200 doivent être confirmées par le Congrès) et préparer les premiers jours du Président nouvellement élu.

Joe Biden peut espérer compter sur quelques dirigeants républicains modérés, à l’image de Mitt Romney. « Une passation de pouvoir pacifique est fondamentale à une démocratie. Sans cela, c’est la Biélorussie. Toute suggestion qu’un président ne puisse respecter la Constitution est impensable et inacceptable », a twitté le sénateur de l’Utah en septembre.

Trump et ses équipes vont-ils aller jusqu’au  non-respect de  l’obligation légale de préservation des documents.

  Dernier point et non des moindres, il lui faudra gérer ses soutiens et leur susceptibilité. Mais s’il en arrive à ce stade, cela voudra dire au moins que Joe Biden aura franchi avec succès toutes les haies précédentes.

 Il ne faudra pas attendre de l’éventuel nouveau Président américain, un changement fondamental de la politique étrangère de Washington. Certainement dans le style, mais la doctrine Monroe et le testament politique de Brzezinski, continueront à inspirer la Maison Blanche, tout comme les orientations données, en son temps, par Henry Kissinger. Peu de changements à attendre de la future nouvelle administration pour le Maroc. Certes, les démocrates américains n’aiment pas les Monarchies, mais il y a là, une exception due à l’Histoire et à la priorité donnée à la collaboration sécuritaire avec les services marocains. L’Algérie et le Polisario ne doivent pas espérer une quelconque volte-face de Washington. C’est mésestimer le travail journalier du lobby sépharade aux Etats-Unis, en étroite collaboration avec les diplomates marocains sur place.

Les grands perdants risquent d’être les Européens. Un retour des Etats-Unis au pacte de Paris et une meilleure gestion de l’OTAN, signifiera un risque de division dans l’Union européenne et une marche arrière certaine dans l’esquisse d’une défense commune. En bref, l’Amérique de Biden, en souriant aux Européens, mettra vraisemblablement un frein aux velléités d’indépendance vis-à-vis de Washington, qu’on avait noté sous la présidence de Trump.

En Israël, plus d’embrassades ostensibles entre le Président américain et Netanyahou. Ralentissement possible du mouvement de normalisation avec les États du Golfe, mais ralentissement seulement. Le temps que les Evangéliques expliquent leur point de vue au nouveau locataire de la Maison Blanche et également faire état de leur pouvoir de « nuisance » avec leur cent millions de membres.

Pékin ne devra pas s’attendre à de grands changements, la politiquer de Trump, sur ce point, a été en totale harmonie avec l’opinion américaine.

Alors, TRUMP ou BIDEN ?

 

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30 octobre 2020

PENDANT CE TEMPS, LA CHINE…….

               Vendredi, c'est le jour de ma chronique politique hebdomadaire

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 Pendant qu’aux Etats-Unis, Donald Trump et Joe Biden se lancent des noms d’oiseaux et insultes de toutes sortes, la Chine, loin du fracas de la campagne électorale américaine, poursuit méthodiquement son projet hégémonique sur la région.

 Aujourd’hui, elle passe à un cran supérieur et semble préparer l’invasion de Taiwan, la Chine de Tchang Kai-Tchek.-

Rappelons-nous: Le premier président de la République chinoise, Sun Yat-sen, meurt en 1925. Tchang Kaï-chek prend alors la tête de son parti, le Guomindang . Il tente de réformer le pays et veut le libérer des tutelles étrangères ainsi que des «Seigneurs de la guerre». Mais à peine a-t-il instauré la paix civile qu'il doit faire face à une terrible invasion japonaise.

Après la libération du pays, en 1944,  il doit affronter une nouvelle guerre civile, face au parti communiste de Mao Zedong. Battu, Tchang Kaï-chek n'a d'autre recours que de se réfugier à Formose, sous la protection de la flotte américaine. 

Les différents responsables politiques taiwanais sont divisés sur  la politique à suivre à l’égard de Pékin. Rejoindre « la mère patrie », ou résister, les armes à la main, sous l’aile protectrice américaine.

Xi, le président chinois, semble avoir opter pour la manière forte. Il vient de mettre ses troupes en alerte maximum, en leur demandant de se préparer à la guerre. Il est demandé aux habitants des villes du sud du pays, de faire des stocks de produits alimentaires de premières nécessités. Les produits d’urgence sont classés en 72 catégories allant de l’eau jusqu’aux couvertures anti-feu. Ces ordres concernent entre autres, la ville de BEIJING.

Xi Jinping a passé en inspection les troupes marines stationnées à Chaozhou, ville à 350 Kms de Shenzhen; ces deux villes sont situées à l’ouest de Taiwan. Des sources militaires chinoises annonce le déploiement de rampes de lancement de missiles de dernière génération : les DF-17, en préparation d’une possible invasion de Taiwan.

  Des manœuvres d’intimidation, pendant que des négociations officieuses se poursuivent entre responsables pékinois et taiwanais ? Certains taiwanais cherchent un arrangement du type Hong Kong. Tout est possible avec ce fin manœuvrier qu’est Xi Jinping. Veut-il profiter que Washington regarde ailleurs, pour tenter de régler le problème de l’ile de Formose (Taiwan) à sa façon ?

  Pékin a toujours considéré Taiwan comme une partie de son territoire, et rejette le fait que feu le général Tchank Kai-Tchek ait fait de l’ile, un état indépendant, démocrate, avec ses propres forces militaires, son gouvernement et sa monnaie.

De tous les foyers de crises qui entourent la Chine, il n’y en a aucun qui soit aussi périlleux que le sort de l’île de Taiwan. La rhétorique guerrière de la reconquête est habituelle ; ce qui l’est moins, c’est la démonstration de force militaire, qui fait dangereusement monter la tension. La presse officielle chinoise donne les grands orgues de la propagande, en particulier le très nationaliste Global Times qui a même promis d’« éliminer » la Présidente taiwanaise, Tsai Ing-wen, au nom de la « loi anti-sécession » de Pékin.

Interrogé sur les incursions des jets chinois au-delà la « ligne médiane », le porte-parole du Ministère des affaires étrangères à Pékin a déclaré que cette ligne n’existe pas puisque Taiwan, selon lui, appartient à la Chine. Logique implacable.

Pour Pékin, l’option militaire a toujours été sur la table : le discours chinois est constant : proposer la réunification pacifique, mais si celle-ci n’est pas possible, alors l’option militaire sera inévitable.

  La question qui se pose est : jusqu’où les Etats-Unis sont prêts à aller, pour protéger leur allié. Washington ira-t-elle jusqu’à envoyer ses boys mourir pour Taiwan. Car sans le soutien militaire des Américains, Pékin ne fera qu’une bouchée de Taipei. 

 

 

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23 octobre 2020

MAHMOUD ABBAS CHOISIT L’IRAN

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Devant la normalisation avec Israël de certains pays arabes dont la liste s’allonge, Mahmoud Abbas crie à la trahison. Il va chercher une nouvelle stratégie chez l’ennemi des États sunnites du Golfe : l’Iran chiite.

  Il scie ainsi la branche qui a soutenue la cause palestinienne à coup de milliards de dollars, depuis la décision de partage de l’ONU. Comme l’a déclaré Souha, la veuve de feu le président Arafat, c’est faire preuve d’ingratitude que de bruler le drapeau des Émirats Arabes Unis.

   Par ailleurs, Abou Mazen  fait là, preuve d’un manque de discernement : les États n’ont pas d’amis, mais des intérêts.

 Mohamed Dahlan, l’opposant de Mahmoud Abbas,  a révélé dans un média palestinien que le 25 septembre dernier, une délégation de haut niveau du Fatah a rencontré à Istanbul, des officiels de la Garde révolutionnaire iranienne, des responsables des services secrets turcs et qataris. Les discussions ont porté sur la coordination à mettre en place, pour attaquer les intérêts des pays arabes du Golfe et de l’Egypte.  Le président palestinien, lui, est intervenu par téléphone. Il a, entre autres, entretenu Erdogan et Haniyet sur la réalisation de l’unité palestinienne, afin de contrer Israël et Washington qui conspirent contre les Palestiniens.

Dahlan ajoute que la carotte a été un virement du Qatar de 50 millions de dollars, aux comptes de l’Autorité Palestinienne

Le Qatar et la Turquie veulent utiliser le ressentiment d’Abbas pour porter atteinte aux intérêts de l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les EAU, Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, Oman, le Soudan, le Maroc et la Tunisie. Vaste programme ! Si ces informations se confirmaient par des faits, n’est-ce pas le suicide de l’Autorité Palestinienne auquel on assisterait. 

Le peuple palestinien, en plus de l’occupation israélienne, souffre de la pandémie qui a frappé le monde et de la crise économique qui en résulte.

Abbas, ne devrait-il pas plutôt redoubler d’efforts vers ses supports de toujours, les États du Golfe, sans s’immiscer dans leur stratégie géopolitique. La normalisation peut être une voie vers la solution au conflit israélo-palestinien. Intégré au Moyen-Orient, accepté par tous, Israël, conforté dans sa pérennité et sa sécurité, serait, sans doute, plus ouvert aux compromis nécessaires pour un accord final. Les Palestiniens de nouveau pragmatiques (Inchallah), feront le reste du chemin vers la Paix.

  Ces trois dernières années, Mahmoud Abbas a pratiqué la politique de « la terre brulée » en coupant toutes relations avec les administrations américaine et israélienne, et aujourd’hui avec des États du Golfe. 

 Il y a 15 ans, Moubarak président d’Egypte, conseillait déjà à l’autorité palestinienne de changer de stratégie et d’être plus ouverte à des négociations de paix, dans l’intérêt uniquement  du peuple palestinien.

        Plusieurs dirigeants des pays du Golfe sont furieux à l’égard de l’autorité palestinienne qui accuse l’Union des Émirats Arabes d’avoir trahi la cause palestinienne, Jérusalem et la Mosquée Aqsa.

Abdullah Al-Ghathami, professeur à King Saud  University, fait remarquer « L’Autorité palestinienne a perdu toute crédibilité auprès de la nouvelle génération arabe, ouverte au monde et aux nouvelles technologies. Ces jeunes sont, aujourd’hui, mondialistes ». Et d’ajouter, « nous sommes tous une armée qui se sont battu pour la cause palestinienne. Nous avons jusque là, accepté leurs erreurs et mêmes leurs insultes, parce que leur cause était notre préoccupation numéro 1. Le leadership palestinien actuel n’est pas à la hauteur. Il faut le rajeunir pour qu’il soit capable de s’adresser à la jeune génération arabe. » 

Le Dr. Khaled Al-Qasimi écrit, de son côté, dans un site web au Yemen : «  Abbas et l’OLP critiquent la normalisation de UAE avec Israël, car ils ne veulent pas que le problème palestinien soit résolu,  cela voudrait dire la fin de leurs profits personnels. » 

Abdullah Al-Hakeem, un annalyste politique saoudien, ancien directeur du «  The Middle East Center for Strategic and Legal Studies, »  trouve que :  « le vrai ennemi des Palestiniens est la corruption dans l’Autorité Palestinienne ».

 Ainsi, il ressort que l’Autorité Palestinienne doit être complétement renouvelée, rajeunie. Que le respect d’une véritable éthique soit imposé à tous ses membres. Les Palestiniens doivent prendre en main leur avenir et laisser les États arabes défendre leurs propres intérêts. Ils doivent comprendre que leur cause est leur cause. En nettoyant leur « maison », ils auront des alliés qui les accompagneront, à condition que leur leadership soit exemplaire.

Jouer les chiites iraniens contre les sunnites des États arabes du Golfe sera contre-productif pour la cause palestinienne.

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16 octobre 2020

PENDANT QU’ON NE PARLE QUE DU COVID 19, LA TERRE CONTINUE DE TOURNER

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi :

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On ne parle plus, depuis des mois et des mois que du Covid 19 et de temps à autre, de l’élection présidentielle américaine. Pendant ce temps, la Chine poursuit son chemin et consolide ses positions. La réélection possible de Donald Trump donne des sueurs froides aux partisans d’un monde rasséréné et plus sûr. Mais le trumpisme risque de perdurer et la marche vers le retour des blocs reprendre. La pandémie a mit au second plan ce nouvel ordre mondial qui se met en place, a   lors que l'Occident divisé, rêve de multilatéralisme.

On constate qu’aujourd’hui, le monde, discrètement se réorganise autour de deux blocs, le monde occidental (en partie) mené par les Etats Unis, et un bloc nouveau formé par la Chine, la Russie, l’Iran, et dans une certaine mesure une Turquie  hésitante. 

 Comment, du rêve permis par la chute du mur de Berlin et l’implosion de l’URSS,  est-on revenu à un monde bipolaire, s’accompagnant d’une guerre froide revenue. Est-ce là, le "nouvel ordre mondial" attendu ?. 

  Contrairement à l'époque de la Guerre froide, le groupe contestant l’hégémonie américaine, ne  le fait pas au nom d'une idéologie puissante, permettant de séduire des partisans à l'étranger.  Défendre ses intérêts ne mobilise pas grand monde, hormis l’intéressé. Chacun des états appartenant à ce front contestataire de l'ordre américain, ont leur propre agenda et sont plutôt des alliés objectifs qu'autre chose. 

Les États soumis, appelés pompeusement les Alliés, avaient en réalité perdu leur autonomie et leur pouvoir. Avec le développement des moyens de communication, l’importance prise par la société civile, le niveau d’information et d’éducation des peuples, une telle hégémonie est devenue inacceptable. L’histoire nous apprend qu’un pouvoir hégémonique donne toujours naissance à des périodes de fronde. L’idéologie n’étant plus le ciment du bloc, c’est les intérêts  maintenant qui guident le sursaut libérateur.

  Aujourd’hui, dans l'esprit américain, spécifiquement depuis la victoire totale de 1991 sur le rival soviétique, tous les pays du monde sont des sujets des Etats-Unis.  Ils sont soumis à la puissance du Dollar et à la justice américaine.

  Mais les puissances montantes ou revenantes sont ouvertement allergiques à cette suprématie, dépassée à leurs yeux.

 Le fait nouveau est l’attitude de l’Europe, qui, petit à petit, « timidement » prend ses distances avec Washington, à la satisfaction de son opinion nationale.      Si Donald Trump venait à perdre sa réélection, il est possible que l’on revienne à la situation ante.

Donald Trump a l’air de dire que « la fête est finie » car l'économie américaine a recouvré ses forces et que, bientôt, l'armée américaine sera plus puissante que jamais. C’est ignorer le vrai état du monde et l’avance importante que la Fédération de Russie a pris dans l’armement nucléaire tactique. La multiplication des bases militaires à l’étranger, on parle de plus de huit cent, rend vulnérables les forces armées américaines, comme on a pu le constater en Irak. Avoir des unités implantées en terrain devenu hostile, n’est pas de tout repos. C’est ce que nous a enseigné la deuxième guerre mondiale. Le discours américain continu, pour l’heure, d’être  fondamentalement unipolaire.  Il représenté en filigrane un mode de gouvernement mondial instable et dangereux.  

Allons-nous donc vers un nouvel ordre mondial, pas vraiment. Une contestation temporaire, oui, et qui pourrait devenir bien plus violente qu'elle ne l'est actuellement, mais pas un nouvel ordre. 

Comment l'Europe peut elle s'inscrire dans un éventuel nouvel ordre mondial ? Alors que la tradition gaullienne de la France a été de ne pas s'aligner, qu'en est il aujourd'hui ? Où en est Emmanuel Macron dans sa volonté de retrouver une diplomatie mitterro-gaulienne? 

   Les états européens ont  constitué, à ce jour, le noyau primordial des vassaux de l'Amérique, le pilier de son pouvoir mondial – ce que disait feu Brzezinski, d'ailleurs. 

L'Europe n'existe pas comme acteur géopolitique, pour plusieurs raisons. La première est l’absence dans l’Union de la Russie, la deuxième est que l’Union européenne ne parle pas d’une seule et même voix. L’’Union européenne pourrait devenir ce troisième bloc, garant de la Paix, si elle apportait une réponse à ces deux handicaps.

Le monde sera-t-il "zéro polaire" (pour reprendre la formule de Laurent Fabius), un monde sans gendarmes où les puissances se montreraient impuissantes à peser sur les conflits régionaux et à assurer un équilibre mondial ? Ou au contraire, assistera-t-on au retour de la géopolitique des blocs ?

Pour le moment on occupe les opinions publiques par des communiqués chiffrés, de l’avance ou le recul du virus, du nombre des contaminés et des morts. Pour l’avenir du monde, on verra plus tard. Mais le train continue sa marche et lorsque nos gouvernants reprendront le dossier, il sera vraisemblablement trop tard. Les jeux seront faits.

 

 

 

 

 

 

 

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09 octobre 2020

RÉFLEXIONS DE VOYAGE

De retour à Casablanca, voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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      Parti de Casablanca pour un séjour de trois semaines en France, je me suis trouvé bloqué à Nice par un stupide accident de voiture.

Je viens de rentrer à Casablanca via Paris où j’ai passé quelques jours. Tout cela pour dire que bloqué près de trois mois en France, j’ai eu le loisir d’observer un pays qui m’est cher. Je dois l’avouer, il m’a surpris.

Je ne sais pas ce qui a rendu les Français si tristes, inquiets et sérieux. On est loin de la France insouciante, celle des filles aux « belles gambettes ». Pigalle n’est plus chantée et l’avenue des Champs Élysées, une vieille amie blessée, porte encore les stigmates des excès d’un passé  torride. La légèreté qu’on prêtait à la France a disparu et avec elle ce proverbe qui disait « Heureux comme Dieu en France ».

  Je croyais que seule l’Iran avait des Ayatollah autoritaires et vindicatifs. Que nenni, la France aussi a des Ayatollah qui ordonnent et condamnent, qui exigent et excommunient : les écologistes. Ils rejettent le numérique, les technologies modernes dont la robotique et l’intelligence artificielle. Ils ne veulent plus de voitures, d’avions, de trains rapides. Une aubaine pour le Maroc, on pourrait y exporter nos chameaux ‘hybrides’ et avec le ralentissement du tourisme, Marrakech pourrait ainsi, prêter à madame Hidalgo, la mairesse de Paris, ses calèches pour prendre le relai de tous ces taxis pollueurs.

  J’ai rencontré plus de Français islamophobes que d’amoureux de la Grande Mosquée de Paris. Le nombre de personnes qui m’ont déclaré : «  On a tout essayé, maintenant je vais voter Le Pen » inquiète. En fait,  l’Islam radical, par sa posture et ses exigences, est devenu l’allié objectif de madame Le Pen. Le président français, Emmanuel Macron, a bien senti le danger. Dans son récent  discours des Mureaux il a attaqué ouvertement l’Islam radical et séparatiste. Il a martelé qu’aucune loi religieuse ne pouvait supplanter la Loi républicaine. Nombres de commentateurs politiques en France  ont jugé les déclarations de Macron comme « la fin du déni ». La recherche des voix d’extrême droite, amène certains politiques, dont le Président de la République française, à des contorsions difficiles. Après un « laisser-faire » on assiste aujourd’hui, tout au moins en paroles, à « la tolérance zéro ».

  Peu de touristes étrangers, Paris affiche son visage des mauvais jours. 

 Il n’y a plus de Peppone dans les quartiers périphériques de Paris. Les classes populaires se sont dégagées des partis politiques. Ce désengagement n’est pas seulement électoral. Les médias ne parlent plus du « populo » ni des classes moyennes, rétrogradées par la crise économique qui a suivi la crise sanitaire. 

  J’ai cherché les Élites républicaines forgées par l’histoire révolutionnaire, je n’ai rencontré que des hommes fatigués et désabusés. Ces mêmes élites qui ont façonné le peuple français, ont l’air de reculer devant cette nouvelle génération pour qui rien n’est sacré, mêmes les monuments érigés par « la Patrie reconnaissante ».

 Je veux, néanmoins, croire au sursaut salvateur de la vraie France. Elle n’a pas disparue, elle doit être cachée dans les plis de l’Histoire d’aujourd’hui.

 

 

  

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17 juillet 2020

NE TOUCHEZ PAS À MES MONUMENTS

Cela ma être la dernière chronique de la saison. Je pars mercredi prochain vers l'Europe pour un long périple de travail. je le finirai début août à Nice où je prends mes quartiers de vacances. Je serai de retour à Casablanca début septembre, Inchallah! Après cette épreuve de confinement, je souhaite à tous mes amis et aux autres, des vacances réparateurs. À bientôt.
Voici dons, ma chronique politique hebdomadaire du vendredi:
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Place de la République à Paris ou avenue Louise à Bruxelles, des voyous revanchards, nourris au biberon de la haine, profitant allégrement des allocations que ces deux pays leur servent, s'en prennent au passé de ceux qui leur ont permis de s'affranchir de leurs dictatures. Ils prétendent vouloir faire justice, en déboulonnant les statues élevées à la gloire de ceux qui ont fait l’Histoire de leur pays.
Ignorants, moutonniers se ruant derrières les idées reçues du moment, leurs actions, au demeurant répréhensibles, est le résultat d’une tendance occidentale à s'auto-flageller de manière obsessionnelle sur son passé esclavagiste ? Ils oublient qu'un esclavage bien réel sévit et se poursuit, quasi ignoré de tous, dans de nombreuses régions d'Afrique et du Moyen-Orient.
Les pays colonisateurs de l’Afrique et de l’Asie, n’y ont pas apporter l’esclavage qui était naturel dans ces régions. Ils ne l’ont pas, non plus importé en Europe, mais combattu, au fil des ans.
L’universitaire afroféministe américaine Kimberlé Williams Crenshaw avait proposé le terme de intersectionnel en 1989, pour parler spécifiquement de l'intersection entre le sexisme et le racisme, subi par les femmes afro-américaines, les conséquences en matière de pouvoir, et poser la question : pourquoi ces femmes n'étaient pas prises en compte .
Pour ces intersectionnels, les États-Unis sont le pays le plus despotique du monde, pas la Chine, pas la Corée du Nord, pas l'Arabie saoudite ou l'Iran. Il est vrai que leur lutte est axée sur un passé révolu.
Les États-Unis ont aboli l'esclavage il y a 150 ans et ont mis en place une politique de promotion sociale des minorités. A deux reprises, ce pays a élu un président noir, Barack Obama ! Pourtant, une déferlante anti-statues, déboulonne un monument historique après l'autre, comme si les États-Unis asservissaient encore les Afro-Américains. Des militants de Washington DC ont même pris pour cible le Mémorial de l'Emancipation qui honore le président Abraham Lincoln, lequel a payé de sa vie la libération des esclaves.
Ils devraient aller plutôt libérer les esclaves qui souffrent encore de nos jours, en Afrique et au Moyen-Orient tout proche. Ces esclaves là, ne bénéficient d'aucune manifestations de rues. Aucune pression n'est exercée en leur faveur au plan international, et aucun média n'évoque leur sort.
Méditez ce que Kamel Bencheikh, poète arabe, a écrit dans Le Matin d’Alger : « Nous ne devons pas oublier que les arabo-musulmans ont été des champions dans ce domaine, les émirs et les sultans d'antan achetaient des convois entiers de jeunes éphèbes noirs pour en faire des eunuques pour garder leurs harems. Et cela s'est poursuivi avec les empereurs ottomans... Aujourd'hui même, en 2020, la Mauritanie et l'Arabie saoudite logent toujours des Ku Klux Klan bien à elles. L'esclavage est toujours de mise à Nouakchott en Mauritanie. Quant à Riad, il suffit de se renseigner sur les jeunes filles asiatiques que les potentats engagent comme petites bonnes pour ne plus les relâcher. ».
Une enquête de BBC Arabic a révélé qu'en Arabie saoudite les employées de maison sont vendues en ligne et représentent un marché aux esclaves en plein essor.
Pour nombre d'Européens écrit Kamel Bencheikh, la mort de George Floyd a été l'occasion de transformer une lutte respectable en une inimaginable dépravation.
En Occident, on n'exécute pas les apostats, on ne crucifie pas les hétérodoxes, on ne jette pas la pierre sur la femme infidèle, on ne crache pas sur les hérésiarques . Cet antiracisme menteur et malsain est en train de se transformer tout simplement en Racisme, le racisme du Blanc Ils insultent le blanc coupable d'avoir eu, il y a plus de cent ans, des gestes déplacés ou des pensées honteuses. Ils insistent comme le loup de La Fontaine disant à l'agneau : « Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. »
Les personnes qui ont fui Bouteflika et Kadhafi, les tyrans de Kinshasa et Niamey, viennent cracher une haine incompréhensible à Paris ou à Bruxelles.
Comme Bencheikh, l'écrivain algérien Mohammed Sifaoui nous rappelle à tous que « la Mauritanie, en Afrique du Nord, est aujourd'hui, le pays le plus esclavagiste du monde. Le Qatar au Moyen-Orient l'est tout autant, ainsi que l'Arabie Saoudite sous sa bannière de Gardiens des Lieux saints de l'islam. 
Ayaan Hirsi Ali, qui a fui son pays natal, la Somalie, et vit maintenant aux États-Unis, écrit :
« Les médias ne vous disent pas que l'Amérique est le meilleur endroit au monde pour être noir, femme, gay, trans ou n'importe quoi d'autre. Nous avons nos problèmes et nous devons les résoudre. Mais notre société et nos systèmes sont loin d'être racistes ».
Selon Andrew Sullivan : « "L'intersectionnalité" est la dernière lubie qui balaie l'institution académique américaine. En apparence, cette théorie néo-marxiste récente, soutient que l'oppression sociale ne s'applique pas simplement à une catégorie unique d'identité - telles que la race, le sexe, l'orientation sexuelle, la classe, etc. – L'oppression sévit sur toutes ces catégories ensemble, dans un système qui imbrique étroitement hiérarchie et pouvoir. »
Hirsi Ali, qui a fui la Somalie et a subi des mutilations génitales, connaît mieux l'oppression que les militants anti-statues. Dans le Wall Street Journal Hirsi Ali écrit :
« Quand j'entends dire que les États-Unis se définissent avant tout par le racisme, quand je vois que « Fragilité Blanche » de Robin DiAngelo est en tête de liste des best-sellers, quand je lis que des enseignants et des journalistes sont licenciés pour avoir osé questionner la doxa de Black Lives Matter — alors je me sens obligé de parler ... L'Amérique apparait différente si comme moi, vous avez grandi en Afrique et au Moyen-Orient ».
Chroniqueur au Monde et au magazine Le Point, l'écrivain algérien Kamel Daoud a mis en cause cette hypocrisie. « il y a déjà un instinct de mort dans les airs de la révolution totale imaginée par chacun » note Daoud.
« L'Occident étant coupable par définition selon certains, on se retrouve non dans la revendication du changement mais, peu à peu, dans celle de la destruction, la restauration d'une barbarie de revanche ».
« Il est interdit de dire que l'Occident est aussi le lieu vers où l'on fuit quand on veut échapper à l'injustice de son pays d'origine, à la dictature, à la guerre, à la faim, ou simplement à l'ennui. Il est de bon ton de dire que l'Occident est coupable de tout ».
Zineb El Rhazoui, journaliste française d'origine marocaine, dont l'anti-islamisme lui vaut de vivre sous menaces de mort constante, a récemment déclaré :
« Le seul racisme que je subis vient de Maghrébins. Pour les Algériens, je suis la pute marocaine. Pour les Marocains, je suis la pute algérienne. Pour les 2, une « pute à juifs ».
Ces Arabes dissidents sont les victimes invisibles du racisme en France. Zineb el Rhazoui a affirmé que « la France est l'un des pays les plus tolérants et les moins racistes du monde» et que la véritable menace n'est pas le racisme, mais le communautarisme, dénoncé aussi par ailleurs par le président français Emmanuel Macron.
Pendant qu’on déboulonnait les statues de Victor Schoelcher, père de l'abolition de l'esclavage, en Martinique, l'écrivaine franco-sénégalaise, Fatou Diome, a appelé elle, à l'abandon du discours sur la décolonisation : « C'est une urgence pour ceux qui ne savent pas encore qu'ils sont libres. Je ne me considère pas colonisée, donc ce baratin ne m'intéresse pas. La rengaine sur la colonisation et l'esclavage est devenue un fonds de commerce ».
Il est probable qu'aujourd'hui, les vrais marchands d'esclaves et les racistes - ceux qui croient que les sociétés et les valeurs occidentales ne devraient pas exister - se penchent sur l'auto-flagellation occidentale avec une indicible délectation.
Le nouvel antiracisme est un racisme déguisé en humanisme, sous-entendre que tout Blanc est mauvais ... et que tout noir est une victime.
Il est temps que l’Occident arrête de se culpabiliser. Il n’a aucune excuse à présenter à quiconque. Il doit assumer son passé, avec ses heures de gloire et ses périodes d’errements. C’est en ne caviardant pas son Histoire, que l’on est une Nation.

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