Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

28 septembre 2022

DIEU NOUS PARLE !

 Dernièrement s’était ouvert à Paris le procès des attentats que la capitale a connu le 13 novembre 2015. Cette attaque terroriste avait fait 130 morts et 430 blessés.

 Six ans après, vingt accusés comparaissaient au palais de justice, île de la Cité. C’est un procès hors-norme, enregistré comme la plus grande audience criminelle jamais organisée dans l’Hexagone. 

   Cet événement majeur, a réveillé en moi une sourde colère qui m’avait envahi à l’époque et ravivé des blessures dont l’âme ne se guérit jamais.

 Une grande colère contre Dieu. Je ne suis pas un religieux, comme l’entendent les docteurs de la Foi. Mais je suis un croyant qui se soumet à la volonté de celui que d’autres appellent « le grand architecte de l’Univers ». Je suis un fervent croyant du Dieu de Spinoza, et ce procès ravive cette colère que j’avais eu contre Lui.

 Comment peut-il permettre à des criminels de s’auto-proclamés ses instruments et tuer en son nom. Comment ne les a-t-il pas foudroyé avant qu’ils ne commettent ces actes odieux. Pourquoi a-t-il permis de telles tueries et ne les a pas immédiatement sanctionnés. Personne n’a été frappé de cécité ou de paralysie. Ni la peste ou le choléra n’ont apparus dans leurs domiciles. 

 Les desseins de Dieu sont impénétrables, me disent ses serviteurs. Il nous parle, mais vous ne l’écoutez pas !

  Le monde ne connait plus aujourd’hui que l’insécurité et la violence. Des enfants de 13 et 14 ans tuent froidement et les rues de Marseille rougissent de leur sang. Je ne l’écoute pas ! mais je vois les actes qu’il devrait sanctionner, des actes révoltants que le plus petit croyant réprouve.

 Les docteurs de la foi ont trouvé : ce n’est pas la Chine qui a diffusé de par le monde le Covid19, la pandémie a été voulu par Dieu pour punir cette société de violence qui ne l’écoute plus. C’est vrai que près d’un million de morts, c’est autre chose que les quelques victimes des attentats. Mais cette pirouette des défenseurs de Dieu, je ne « l’achète pas ». Dieu est là, omniprésent, mais il a d’autre équilibres à maintenir dans l’Univers que de s’intéresser aux gesticulations de cet insecte, l’Homme, sur une terre, un point minuscule dans le cosmos.

 

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16 septembre 2022

REFLEXIONS SUR LE TRANSHUMANISME

  Le transhumanisme, que cache ce vocable ? 

Le transhumanisme serait un mouvement culturel et intellectuel très vaste, que certains vont jusqu’a qualifié de philosophie, voire de religion. Il a pour base le progrès des sciences, de la médecine, des nanotechnologies, de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Son but, améliorer l’homme, le rendre plus performant. Selon les pays, les régions, les périodes, on voit naître des courants avec un objectif commun : l’immortalité, la mort de la mort, quête de l’humanité depuis au moins l’antiquité.

  C’est en 1937 qu’apparait dans la langue française le terme transhumanisme. A l’origine, il désignait plutôt l’amélioration des performances humaines. Certains historiens pensent que le transhumanisme puise ses racines dans l’humanisme de la renaissance et le siècle des lumières. Il semble que c’est une erreur de comparer la recherche de la performance et l’amélioration des capacités intellectuelles. La métaphore semble avoir été mal interprétée. 

 La médecine classique vise la réparation de cette machine délicate, à nulle autre pareille, l’Homme, la guérison d’une maladie, d’une anomalie, d’un état pathologique. 

 

Pour certains chercheurs, le vieillissement est une pathologie qu’on doit traiter comme telle. Les transhumanistes contemporains se considèrent comme des scientifiques ayant permis des avancées majeures pour notre civilisation. Le transhumanisme vise une augmentation des facultés de l’homme. IL ne s’agit plus de palier aux défaillances du corps humain, mais d’en augmenter les capacités. 

 Huxley puis Minsky sont les pionniers qui ont jeté les bases du mouvement contemporain qui vit le jour dans les années 80, particulièrement aux États-Unis. 

 

Max More, en 1990 définit ce mouvement ainsi :

  « Le transhumanisme est une classe de philosophies ayant pour but de nous guider vers une condition posthumaine. Le transhumanisme partage de nombreuses valeurs avec l'humanisme parmi lesquelles un respect de la raison et de la science, un attachement au progrès et une grande considération pour l'existence humaine (ou transhumaine) dans cette vie.Le transhumanisme diffère de l'humanisme en ce qu'il reconnaît et anticipe les changements radicaux de la nature et des possibilités de nos vies provoqués par diverses sciences et techniques. »

 Le transhumanisme est-il visionnaire et prépare-t-il l’avenir de l’humanité. Darwin déjà annonçait l’évolution inéluctable de l’homme.

  Les intérêts capitalistes, malheureusement, se mêlent au développement de ces idées, particulièrement avec l‘accélération du développement des NBIC (les nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives). Les GAFA par leurs investissements massifs et leurs moyens colossaux, supérieurs, de loin, à ceux des nations elles-mêmes, vont dénaturer l’esprit même du transhumanisme.

 

L’objectif visé va être un post-humanisme où le transhumanisme ne serait qu’une transition. 

  L’utopie la plus extrême va être le transfert d’une pensée humaine dans un corps totalement dématérialisé, c’est à dire le « téléchargement de notre cerveau » dans un ordinateur ; devient-on alors un disque dur ? Pour eux, on aura ainsi vaincu la mort.  Plusieurs projets américains et européen sont en cours depuis le début des années 2000.

Il faut tout de même garder à l’esprit que Google ou encore Neuralink (Elon Musk) ne sont pas des entreprises philanthropes et que le contexte social, politique, démocratique des crises multiples que nous vivons en parallèle, complexifie la réflexion et pose la question de l’éthique qui devrait encadrer, voir réguler ce développement technologique. 

Le transhumanisme reste une idée qui a séduit et convaincu beaucoup de personnes. Vivre plus de 100 ans dans un corps jeune et en parfaite santé, ne peut être que louable. 

Certains humanistes voient dans le transhumanisme la progéniture du mouvement de libre-pensée. Ils soutiennent que les transhumanistes se distinguent des humanistes traditionnels en ce qu'ils se concentrent tout particulièrement sur les apports de la technique aux problèmes humains et au problème de la mort.

 

Toute notre condition humaine se réduit à cette finitude, cette fragilité, cette angoisse et nous agissons ou non, que dans ce contexte.

  Si l’essence de l’homme et toute sa dignité, ne peuvent être qu’en étroite relation avec la mort, on peut aisément supposer que si on tendait vers l’immortalité, nous serions inévitablement des êtres post humains et non plus des humains. 

Depuis que l’homme est apparu, la mort est au centre de ses préoccupations. On se distingue ainsi du monde animal, entre autres par le culte que nous rendons à nos morts. 

Certains centres de réflexions comme la Franc Maçonnerie tentent d’apprivoiser la mort, y préparent ces membres. La Philosophie, c’est apprendre à mourir disait Montaigne. 

Socrate, avec Sénèque et Montaigne, partagent cette conviction que la sagesse n’a de sens que si, en opposition, elle sait se prolonger, s’enrichir et s’accompagner d’une éthique de la transmission. 

 

Toute amélioration de l’humain si souhaitable soit elle, avec ce mariage des technologies nouvelles et la nature de l’homme, ne risque-t-elle pas d’aboutir à modifier ce délicat équilibre entre chair et esprit, à une diminution de l’existentialité de l’être humain. 

 

 

 

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11 septembre 2022

VERS UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE ?

     VERS UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE ?

 

  Le suivisme d’Emanuel Macron à l’égard de Washington,  risque de mener l’Europe vers une troisième guerre mondiale. sauf miracle.

Tous les chasseurs vous diront qu’un fauve blessé est encore plus dangereux. Ainsi en est-il des Etats-Unis, la première puissance mondiale aujourd’hui en déclin.

  La Chine poursuit son chemin vers la place de leader mondiale après avoir gagné la guerre commerciale, engagée avec légèreté par Donald Trump. Pendant que Washington guerroyait un peu partout dans le monde, pendant que le budget militaire américain crevait tous les plafonds, pendant que les forces vives de la Nation étaient consacrées au maintient de l’hégémonie américaine  dans le monde, pendant que Washington continuait à nourrir l’utopie d’imposer au monde les valeurs américaines, la Chine développait ses trains à grande vitesse, ses infrastructures et poursuivait ses efforts à éradiquer la pauvreté.

  La réussite économique de l’Empire du Milieu n’a rien d’inattendu. Pendant que l’Amérique entretient et développe 725 bases militaires de par le monde, la Chine a investit ses ressources dans son économie et son modèle économique. Dans ces quarante dernières années, la Chine n’a fait face ou entrepris aucune guerre, pendant que les Etats-Unis engageait son armée en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Vietnam, au Laos, au Cambodge sans parler des guerres par procuration en Afrique et ailleurs. Depuis le discours-testament de fin de mandat du président Eisenhower en 1959, attirant l’attention de ses concitoyens sur la place illégitime que prenait le complexe militaro-industriel, ce dernier a, au contraire, avec son partenaire, le Pentagone, augmenté son emprise sur l’Amérique profonde et sur la politique étrangère de Washington.        Les dépenses militaires qui s’élèvent pour la seule année de 2018 à 649 milliards de dollars, représentent 45% des dépenses militaires mondiales. Cette orgie de dépenses, qui s’accompagne d’un endettement fédéral abyssal de 22175 milliards de dollars, a déclenché une course aux armements mondiale. Les États ont dépensé 1822 milliards de dollars en 2018, soit 26% de plus qu’en 2017. La Chine avec 250 milliards arrive deuxième, loin derrière les Etats-Unis. L’Arabie saoudite, l’Inde et la France ferme le top 5.  L’Europe affiche sa volonté de s’unir dans la défense, mais cette vision n’est pas partagée par tous les pays de l’Union.  La Russie consacre ses moyens à l’armement nucléaire sophistiqué, convaincue que s’il y a guerre, elle sera nucléaire.

 Ce haut niveau des dépenses militaires reflète l’état du monde. Personne ne souhaite la guerre, tout du moins officiellement, mais tous s’y préparent. L’atmosphère est délétère. Le monde est devenu instable, dangereux, avec des tensions entre voisins en Asie, dans le Pacifique, le Golfe, des guerres en Afrique et au Levant, sans parler des actions terroristes. Mais le plus inquiétant est la situation des Etats-Unis avec ses déséquilibres budgétaires et une dette dont l’apurement ne peut s’obtenir qu’au travers d’une guerre que le complexe militaro-industriel souhaite ouvertement. L’Amérique ne peut pas continuer à vivre à crédit, en pompant l’épargne du reste du monde.

  Les ingrédients d’une troisième guerre mondiale s’agrègent petit à petit. Heureusement que le pire n’est jamais certain. Le capitalisme de connivence et l’impérialisme communiste, en mettant à leur service la mondialisation,  ont plombé les valeurs de l’universalisme. Les Américains, fidèles à la doctrine Brzezinski, ont continué à considérer la Russie comme leur ennemi numéro1 et aujourd’hui la Chine comme un danger existentiel. Aussi ils ont nourri un conflit ouvert et sévère qui dresse plusieurs pays libres contre la Chine communiste. Nulle question ici d’idéologie, mais de lutte pour maintenir l’hégémonie et le leadership des Etats-Unis. Il y a eu la guerre commerciale, apparemment gagnée par la Chine, puis la guerre économique et technologique, toujours en cours. Avec la guerre froide voulue par le président américain, nous sommes à l’ultime étape où il ne peut y avoir qu’un vainqueur, soit par la puissance du soft power, soit par les armes. C’est le retour des blocs. 

La « guerre économique » a révélé toute l’hypocrisie d’une mondialisation prétendue de libre échange, mais qui en fait s’est trouvée dominée par les grandes puissances. L’économie de marché implique le respect réciproque des obligations contractuelles, Donald Trump a fait fi des engagements qui en découlaient. Il a considéré que ces règles portaient atteintes aux intérêts des Etats-Unis.

 Aujourd’hui, l’économie n’est plus « génomique », n’étant plus tributaire des ressources naturelles et par conséquence la localisation des acteurs importe peu.   Les opérations financières se déplacent en un clic, les biens et les services  voyagent à la vitesse de l’aviation sonique, subsonique, transsonique et supersonique. La vraie mondialisation met en œuvre l’extrême diversité des êtres humains, de leur talent, leur travail, leur épargne,  leur connaissance, et de leur art d’entreprendre. Les Chinois ont exploité avec cynisme les mœurs protectionnistes de la plupart des États réputés démocratiques.

 Si l’implosion de l’URSS et la chute du mur de Berlin, ont été le signal de l’abaissement des frontières politiques, on constate, aujourd’hui un retour en force du nationalisme économique. L’exercice de la démocratie, les politiques professionnels l’ont ramené à la séduction de la clientèle électorale. Nous avons alors une complicité entre classe politique et milieux d’affaires, c’est ce que l’on appelle le « capitalisme de connivence ». C’est l’essence même du protectionnisme  L’économie de marché devient une machine de guerre.

Ainsi s’est engagée la « guerre économique » entre la Chine et les États-Unis. Le protectionnisme américain est une tradition isolationniste dans le pays, c’est la doctrine  Monroë remise au goût du jour par Donald Trump : «  l’Amérique aux Américains ». Le protectionnisme chinois déguisé doit être dénoncé, mais pas par Washington, maîtresse dans cet art. C’est ici que la guerre économique  et technologique devient une guerre politique, une guerre froide. Washington se donne alors comme objectif de déséquilibrer le pouvoir chinois et Pékin veut  démontrer que le système chinois est le meilleur et le plus efficace. C’est la conquête du leadership mondial dont il s’agit

 La « route de la soie » est une façon de raccourcir le chemin entre la Chine et l’Union européenne, à travers des investissements massifs, d’abord en Grèce, et maintenant dans plusieurs pays, y compris la France. La crise du Covid-19 née en Chine, a été l’occasion de démontrer la domination chinoise, « accompagnée » par l’OMS. La pandémie a mis en évidence la rapidité et l’importance de l’aide apportée par la Chine. Pékin offrira au monde l’image d’un capitalisme politiquement organisé, et d’un communisme conquérant grâce à la supériorité technique et à la qualité civique du peuple chinois.

L'Europe n'existe pas comme acteur géopolitique, pour plusieurs raisons. La première est l’absence dans l’Union de la Russie, la deuxième est que l’Union européenne ne parle pas d’une seule et même voix. Les pays membres n’ont pas franchi le pas vers un véritable État fédéral. Les individualités ne peuvent alors être que des satellites de l’un des blocs. 

  Actuellement, il y a une seule certitude à court terme : sans désarmement commercial, la guerre actuelle vaudrait une stagnation d’amplitude et de durée comparables à celle des années 1930. Mais comment désarmer, quand les organisations mondiales comme OMS ou CNUCED sont dépassées depuis longtemps, quand les accords « régionaux » sont difficiles à obtenir et à respecter ?

Aucune société ne peut durablement survivre sans le libre échange, la libre entreprise et l’État de droit. Seule une société de libertés est capable de progresser parce qu’elle met en œuvre la diversité des êtres humains, et parce qu’elle leur offre la liberté, la responsabilité, la propriété et la dignité conformes à sa nature profonde.

 

                     

 

 

 

   

 

 

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26 août 2022

LE DOUX COMMERCE, UNE MORT PROGRAMMEE ?

Au début du XIXe siècle apparait pour la première fois dans le langage européen, le terme de libéralisme.  Il exprime les doctrines des partis qui se crée autour d’une recherche de la garantie constitutionnelle des libertés individuelles, de l’essor économique et de la libre concurrence. Le grand let-motif du moment est d’assurer le bien-être de tous. 

Dans le sillage de Montesquieu, Albert Hirschman, économiste allemand puis américain, dans son livre « Les passions et les intérêts » nous parle du modèle normatif du « doux commerce ». Il y développe qu’au XVIIe etXVIIIe siècles, la reconnaissance de la capacité du commerce à réguler les passions violentes, notamment politiques, a favorisé des comportements orientés par le gain et a donc aidé au développement du capitalisme dans l’Europe des Lumières.

Le « doux commerce » décrit par Montesquieu n’a rien d’une doctrine. Catherine Larrère, professeur de philosophie émérite française, spécialiste de la pensée de Montesquieu, reprend le fil tissé par ce dernier pour repenser la généalogie de son paradigme libéral. Il n’y a pas de volonté, chez Montesquieu de chercher à proposer des lois universelles ; mais à comprendre des logiques locales, ses règles spécifiques. Pour Montesquieu, le libéralisme ne fait pas appel à une anthropologie réductrice il est d’abord un positionnement politique, bien plus qu’économique.

  Le doux commerce par les relations commerciales entre des pays, crée des liens d'interdépendance entre ces derniers, et ces liens incitent les gouvernements à éviter les conflits armés.  Mais depuis Montesquieu, nos temps modernes ont bouleversé les paradigmes qui régissent nos économies contemporaines, en entrant, de gré ou de force, dans l’ère du tout-numérique ! Au siècle des Lumières, Montesquieu a été le premier à établir un lien entre douceur et commerce. Il a observé les logiques, les règles, les attitudes et les conséquences de ce qui sera qualifié beaucoup plus tard de « doux commerce » par l’économiste américain Albert Hirschman, notamment dans son essai Rival Views of Market Society, paru en 1992.

Pour Montesquieu, il était clair que civilisation et commerce allaient de pair, tout comme le commerce et la communication. Les notions émises par Montesquieu demeurent fort pertinentes. Oui, le commerce est pacificateur, il permet et même impose l’ouverture au dialogue, aux relations, aux accords en tout genre entre les peuples. Le philosophe a d’ailleurs écrit : « L’histoire du commerce est celle de la communication des peuples. » Montesquieu a également mis en évidence, que le commerce se définit à l’origine dans son sens étymologique premier, qui fait référence à une attitude, à une posture de curiosité et d’ouverture envers l’autre. Bossuet évoquait quant à lui le comportement des êtres de « bon commerce ». Des individus motivés par l’échange et par le lien, une forme d’amabilité, d’humanisme. Montesquieu insiste sur l’effet naturel du commerce qui est de porter la paix.

Si, à l’origine, le métier de commerçant consistait à échanger les produits de son savoir-faire et à le proposer sous la forme d’un négoce agréable, force est de constater que l’organisation et les structures du commerce moderne ont rapidement vu apparaître les grands groupes qui font fi des échanges individuels. Ces acteurs de poids ont tissé avec d’autres gros acteurs, industriels, producteurs ou fabricants, des liens privilégiés et affairistes. Les grandes chaînes de distribution ont dès lors, contrôlé les marchés sur deux axes principaux : le choix (le volume) et le prix. La qualité et la relation client sont ainsi passées au second plan, ces rôles relevant dès lors du marketing.

Depuis l’ode au « doux commerce », les époques et les générations ont changés.  Des modèles impersonnels, permettent à chacun de choisir et de commander de chez soi les articles de son choix, forçant ainsi les acteurs économiques à revoir la donne, toute la donne. 

Ce premier phénomène va-t-il redonner au « petit » commerce un regain d’énergie. Aujourd’hui, les boutiques artisanales et spécialisées font florès. Pour le reste, il y a Internet. Un dialogue inédit s’instaure, de multiples plateformes comprenant qu’il s’agit d’une variable indispensable de l’équation commerciale. Acheter en ligne est devenu un geste d’une facilité déconcertante. Ce n’est pas une mode passagère mais un mouvement de fond et ce pour toutes les générations. 

De quelques règles et préceptes édictés jadis par Montesquieu et Bossuet, des esprits sages et éclairés, un homme de notre époque viendra saisir les lois et leur sens. Le doux commerce passe aujourd’hui entre ses mains, l’essentiel est devenu la livraison, exit l’humain et sa relation avec l’autre. Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, n’est pas plus qu’un livreur. Rien n’est parfait, rien n’est idéal. Ce modèle n’est pas porteur d’échanges comme on pouvait l’espérer. Il n’est pas culturel mais transactionnel. A terme, avec le concours de ces nouveaux industriels que sont les géants du web, il risque même de nous acheminer vers le nivellement et la dépersonnalisation de notre propre culture.

 

 

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24 août 2022

LE SAVEZ-VOUS ?

L’Occident, c’est-à-dire l’Europe et les Etats-Unis, traverse une crise économique et sociale des plus sérieuses, mais cela ne l’empêche pas de continuer à donner des leçons au reste du monde. Le président français, Emmanuel Macron, a trouvé le bouc émissaire pour expliquer la situation tendue actuelle  en France, qui va aller en empirant :  la guerre d’Ukraine. On a l’impression d’être à l’école primaire : « Ce n’est pas moi, Monsieur, c’est Poutine ! »

 Du point de vue sociétale, la situation n’est pas meilleure. L’Occident dans son suicide, wok et cancel culture, veut entrainer le reste du monde. Il doit réaliser qu’il n’est plus le modèle à suivre pour plus de 75% de la population mondiale, mais le Software américain continue à nous abreuver de ses Fake news et de ses analyses tronquées.

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19 août 2022

L’ECONOMIE AFRICAINE ET SON DEVENIR

      L’Afrique, pendant des décennies a été considérée comme le continent le moins développé et le moins avancé de la planète. Depuis, la situation économique a évolué mais se pose la question, dans un contexte de forte croissance de sa démographie, de sa capacité à faire face à la progression du chômage de masse et du sous-emploi.  Aujourd’hui, l’Afrique est l’objet de tant de sollicitudes. Des pays comme les Etats-Unis et le Japon, qui suivaient l’évolution de ce continent de loin, font assaut d’initiatives pour contribuer à son développement. La Russie, dans le sillage de la Chine augmente continuellement sa présence. Les anciens pays coloniaux ont vu leur étoile pâlir, et c’est la normale évolution de l’Histoire.

 Ces relations doivent être suivies de près par les gouvernants africains et les organismes internationaux, afin d’éviter un néo-colonialisme déguisé (exemple la Chine)

Croissance, développement, énergie, matières premières… les 54 pays africains sont, aujourd’hui, au cœur des enjeux économiques mondiaux. L’Afrique est le continent le plus jeune de la planète. Ouvert sur le monde, convoité par les grandes puissances, et notamment la Chine, le continent africain dispose des ressources indispensables au reste du monde, notamment pour les industries liées aux énergies (pétrole, cobalt…) et aux nouvelles technologies.   Longtemps essentiellement rurale, la population africaine se concentre désormais dans quelques-unes des plus grandes cités de la planète avec des problèmes de pollution, de mobilité, d’énergie que posent les mégapoles. Les défis restent énormes dans les domaines de l’éducation, la santé, les télécommunications… mais le continent a amorcé un décollage hésitant, malgré des handicaps majeurs, souvent liés aux problèmes de gouvernance. 

  La question que l’on doit se pose est :  Comment les pays africains peuvent-ils accélérer la transformation structurelle de leurs économies ? La jeunesse qui représente cinquante pour cent de la population du continent, pose aux gouvernants un défi d’intégration qu’il leur faut lever.  Le contexte de chaînes de valeurs mondiales et de transition technologique rapide, ne facilitent pas l’exercice. 

L’histoire économique nous apprend que le principal levier du développement est l’industrialisation qui impose, ipso facto, des changements structurels et une diversification de l’économie. Une politique industrielle, correctement adaptée aux réalités du pays permet la montée en gamme dans la création et la diffusion des produits. Surtout elle permet de sortir des situations de rente, source d’appauvrissement, par la vente en l’état des ressources naturelles. Il faut que la valeur ajoutée, source de profit des spéculateurs, soit réalisée sur place, en Afrique, le plus près possible des exploitations des ressources naturelles du continent. C’est une politique industrielle audacieuse qui apportera la réponse. Cette politique réduit l’exposition des pays aux fluctuations des cours internationaux de matières premières dont l’Afrique est exportatrice.

 Il faut que les gouvernants des pays d’Afrique valorisent leur potentiel démographique et transforment sur place leurs matières premières. La première étape d’une telle politique est une production interne de faible technicité se substituant progressivement à l’importation et, dans un deuxième temps, exporter des produits de plus en plus sophistiqués.

 Les dernières crises financières, en particulier celle de 2008, ont montré la faillite du principe du marché autorégulateur et du laisser-faire. S’impose aujourd’hui la nécessité absolue de mettre en place des politiques gouvernementales.

 Les pays d’Afrique doivent enclencher un processus de transformation structurel. Ceci demande de combiner volonté politique, maitrise de la technologie, et conception d’un cadre institutionnel. 
 Le cadre institutionnel définira les règles en matière de création et les incitations à entreprendre permettront la diffusion des connaissances nouvelles, et réduiront les incertitudes. 

  Il est souhaitable que les gouvernements en Afrique créent des zones économiques spéciales, des ZES, dans le but d'attirer les investissements étrangers, et favoriser la création d'emplois avec des mesures permettant aux entreprises de voir leurs coûts d'investissement, de financement et d'exploitation réduits par rapport à un environnement économique « classique ».

Ces enclaves devront bénéficier d’avantages économiques, budgétaires, et fiscaux, de réductions douanières, et de simplifications administratives. Toutes les facilités permettant aux entreprises de fonctionner, y seraient réunies. On y trouvera l’ensemble des moyens contribuant à la production pour fonctionner ; (Capital, ressources humaines, infrastructures, fournisseurs, etc.) 

La mondialisation n’est pas seulement l’internationalisation des échanges commerciaux, elle est également des chaînes de valeur mondiales (CVM). 
70 % des échanges internationaux actuels reposent sur les CVM. Les économies nationales sont à des degrés divers imbriquées dans l’économie internationale selon la capacité des États à adapter leur cadre légal aux cadres normatifs de la mondialisation.
 Ces cadres permettent d’aborder une logique compétitive en adoptant les nouvelles pratiques des acteurs privés. 

L’accroissement du capital humain par la formation n’est pas suffisant. Les individus devront profiter d’un apprentissage développant des savoir-faire et des interactions pour générer de la connaissance nouvelle et de l’innovation.La coopération économique passe impérativement par la co-production qui se définit en fait comme un nouveau modèle de coopération économique « gagnant – gagnant » vertueux. 

La coproduction implique :

 Des partenariats, et non de la sous-traitance ; 
  Un partage équilibré de la valeur ajoutée ; 
  Un transfert technologique dans les deux sens ; (Compagnonnage industriel) 

 Une mise à niveau des moyens de production,
  Une montée en gamme des produits. 

  Des investissements sécurisés sur le long terme.

 La manière de transformer aujourd’hui la production de biens et services conduit à la régionalisation. Délocaliser ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui. 

 La production, fondée sur l’interaction, n’est pas compatible avec la fragmentation que la mondialisation a créée.   Les entreprises sont poussées à adopter des organisations réactives et en réseau. 

 La création récente de la zone de libre-échange continentale africaine, la ZLECAF, est une opportunité pour des pays dont les économies sont comparables.  La ZLECAF peut favoriser l’intégration régionale et l’émergence de ZES régionales spécialisées.

  L’Afrique doit se sortir des situations de la rente, et transformer sur place les immenses richesses du continent. La valeur ajoutée, qui a fait jusqu’à ce jour la fortune des spéculateurs, doit rester sur le continent et bénéficier à son économie. L’Afrique doit progressivement refuser de vendre ses ressources naturelles en l’état et imposer des unités de transformation sur place.

 L’intérêt de l’Afrique n’est pas de commercer uniquement, mais aussi de se développer par une économie productive appuyée sur la technologie européenne et l’innovation locale.

Le libre-échange doit faire l’objet d’analyses approfondies avant son adoption. Car quand il met en présence des pays économiquement de niveaux différents, les moins développée vont s’ancrer dans des activités à rendement décroissant et nourrir la spirale de la pauvreté. 

 La vraie politique économique et industrielle est d’attirer les technologies des pays développés comme l’a fait la Chine ou Singapour.

L’investisseur, attiré par l’avantage concurrentiel des pays les moins développés, d’une main d’œuvre à bas prix, est amené à former des cadres nationaux du pays d’accueil et à transférer sa technologie.

Si le libre-échange peut apporter une dynamique de croissance exogène, la stratégie doit être de la transformer en croissance endogène par transfert de technologie 

 Les pays d’Afrique qui ont émergé comme pays à revenus intermédiaire ouvrent des nouvelles perspectives, aussi bien pour l’Afrique que pour l’Europe. Ces pays économiquement plus intégrés perdront en compétitivité en raison de la hausse des salaires dans les industries à forte intensité de main d’œuvre peu qualifiée. Un phénomène qui vise une majorité de pays en voie de développement qui se sont spécialisés dans la sous-traitance plus ou moins assumée. Les entreprises concernées devront soit délocaliser dans d’autres pays à bas salaires, soit monter en gamme dans la chaîne de production.

L’Afrique, en se dotant d’une véritable politique industrielle pourrait profiter de ces opportunités.  Il faut anticiper cette évolution et développer les co-productions avec un modèle, inclusif et durable, que l’Europe partage culturellement avec l’Afrique.

Cette perspective est d’autant plus réaliste que le Sommet UE-UA des 16 et 17 février 2022 a promu le « Global Gateway », alternative aux « routes de la soie », pour favoriser une meilleure intégration entre les deux continents. Doté de 150 milliards d’euros dédiés à l’Afrique, il vise plusieurs thématiques, notamment les infrastructures dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de la logistique, du numérique, et de l’environnement.  Les ZES constituent des réalités physiques facilement identifiables qui agrègent des problèmes et des solutions dans les thématiques précitées. 

 Si l’Afrique veut cesser d’être une économie en devenir, elle doit s’attaquer aux maux qui la frappent encore aujourd’hui, la corruption, l’absence de programmes incitatifs à l’intention des jeunes africains étudiants à l’étranger pour leur retour au pays. Elle doit adopter un modèle de développement et se doter d’une véritable politique industrielle. Les rivalités politiques s’estompent ou du moins s’apaisent et devront permettent l’émergence d’une nouvelle gouvernance propice au développement. 

 

 

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12 août 2022

DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

                          La CIA (Central Intelligence Agency) est indécrottable. Un des éléments le plus connu du Soft Power américain continue a prendre les citoyens de tout pays, d’idiots sans mémoire et discernement.

 Renouant avec les lubies qu’avait eu en son temps le président Carter durant son mandat de présidence, elle déclare Urbi et orbi qu’elle a changé.

Dorénavant, dès la lecture de la préface, on apprend que l’Agence américaine du renseignement va espionner à visage découvert ! En effet, dans son récent ouvrage intitulé : « Les nouvelles menaces sur notre monde, vues par la CIA » elle déclare : « Face à un ancien agent du KGB, Vladimir Poutine, maître des illusions et des manipulations, la CIA a inventé une nouvelle méthode : employer l’information non pas pour dissimuler, mais pour faire éclater la vérité. De façon inédite, les agents de l’ombre ont choisi comme arme la lumière.»

Plus de coups fourrés, promis, juré. En effet, poursuivant sa nouvelle déclaration de Foi, elle reconnait quelques-unes de ses mauvaises actions, mais c’est fini. Le président Carter doit sourire d’aises, lui qui a déclaré « ce n’est pas bien d’espionner ses voisins » et avait commencé le démantèlement de la CIA. L’Agence a mis quelques années pour se remettre de l’ère Carter.

Aujourd’hui, face un ennemi comme la Russie, véritable Satan, la meilleure réponse est l’angélisme !

 Tout le monde y croit, voyons.  La CIA n’hésite pas, dans le style de la confession et des regrets, d’écrire : « 

Une succession d’échecs, comme de n’avoir pas pu empêcher les attentats du 11 septembre 2001, ou d’avoir dû monter de toutes pièces le dossier des armes de destruction massive de Saddam Hussein pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003, avaient porté un coup à son aura, tout comme les révélations sur ses activités de surveillance domestique.

La guerre contre le terrorisme islamiste avait aussi transformé la CIA. L’agence avait dû justifier la pratique des « interrogatoires poussés », euphémisme désignant la torture, dans des centres secrets à l’étranger. Elle avait développé une force aérienne secrète de drones tueurs, indépendante de l’US Air Force, éliminant ses cibles grâce à ses avions sans pilote. 

Mais tout cela c’est fini, on ne mentira plus, on ne torturera plus ni n’éliminera quiconque. C’est en transformant de fond en combles l’Agence de renseignements que l’on va justement maitriser les menaces qui pèsent aujourd’hui sur le monde et neutraliser cette bête immonde qui veut la perte de l’Occident, la Russie et tout ce qui se rangerait à ses côtés, c’est-à-dire le reste du monde, ou presque.

 C’est le propos du livre que vient de publier la CIA sous ce titre racoleur. 

C’est un ouvrage, dont la préface est assurée par les journalistes français Adrien Jaulmes et Lucas Menget. Il est en fait essentiellement, la compilation de deux documents : le rapport d’évaluation de la communauté américaine du renseignement et l’audition des responsables de la CIA et autres agences de renseignement devant la Chambre des représentants. 

La première partie du livre est assez classique. Elle traite des menaces auxquelles doivent faire face les États-Unis (et leurs alliés ?) dans le monde actuel. Selon la communauté du renseignement américain, les quatre principales menaces étatiques actuelles sont la Russie, la Chine, grande concurrente des États-Unis et challenger au titre de première puissance mondiale ; l’Iran, qui déstabilise le Moyen-Orient et enfin la Corée du Nord qui menace ses voisins.

À côté de ces menaces étatiques figurent des menaces transnationales qui peuvent se cumuler et engendrer des crises à répétition comme la récente pandémie. La criminalité transnationale et les migrations sont également analysées. Enfin, le terrorisme mondial est cité en dernier, ce qui devrait être une indication majeure.

La deuxième partie aurait pu être plus intéressante. C’est la retranscription de l’audition par la Chambre des représentants de William Burns, patron de la CIA et Avril Haines la directrice du renseignement national américain sous l’administration de Joe Biden. L’audition portait essentiellement sur la guerre en Ukraine. On peut y mesurer le sérieux de l’exercice car on y parle surtout de la santé mentale de Vladimir Poutine, la menace nucléaire russe, ou encore la guerre de l’information — ou de la désinformation, en cours.

La dernière partie de l’ouvrage est purement factuelle.  L’ensemble souffre des limites dans l’analyse.

 On pourrait regretter l’absence d’une réelle analyse prospective sur les issues possibles de la guerre en Ukraine, par exemple. 

La question qui se pose à la lecture de ce livre, véritable entreprise d’enfumage est : De qui se moque-t-on ?

 

 

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05 août 2022

LE MONDE QUI NOUS ATTEND

Nos activités humaines sont, aujourd’hui, sérieusement concurrencées par ce que l’on appelle : l’Intelligence artificielle, l’IA pour les initiés. L’obsolescence du cerveau actuel devient plus qu’une crainte : une évidence.

 L’IA et les données cumulées par les systèmes informatiques se font mutuellement la courte échelle.   On peut dire que le cerveau humain est largué dans cette course à plus de performances, et ce n’est qu’un début.

 Nous empruntons déjà quelques bribes d’IA pour augmenter les capacités de ce cerveau. C’est l’aube de l’Homme augmenté, aidé par des techniques invasives, la pose d’implants directement dans le cerveau, par exemple. Le débat éthique, philosophique et moral est ouvert.

 Les chercheurs de la Silicon Valley se sont attelés au développement de ces nouvelles technologies et progressent à grands pas.

Récemment, Mark Zuckerberg a annoncé le bouleversement de Facebook par la mise en place d’un nouveau modèle économique. Demain, l’utilisation d’ordinateur ou de smartphone deviendra de l’histoire ancienne. On se connectera avec ses amis du bout du monde ou du voisinage immédiat, directement, de cerveau à cerveau, grâce au casque télépathique. En avril 2017, Facebook avait présenté des projets dans le domaine de l’interface neuronale. Ces projets visaient déjà à connecter directement le cerveau à l’ordinateur. C’est l’arrivée de l’interface homme-machine où très rapidement on ne saura plus qui, de l’homme ou de l’IA mène la danse.

 Eon Musk qui s’est donné comme objectif le sauvetage de notre espèce, considère que notre salut est dans le développement des implants destinés à augmenter les capacités humaines.  Pour lui, l’IA est l’ennemi de l’homme. Il faut donc augmenter nos capacités intellectuelles. La lutte avec la méchante et puissante IA va être rude dans l’univers du XXI siècle.

 En juin 2016, Eon Musk déclarait : « Il est urgent d’hybrider notre cerveau avec des puces électroniques avant que l’IA ne nous transforme en animaux domestiques. Les plus gentils d’entre nous seront nourris par l’IA comme nous nourrissons nos labradors ». 

Gardons la tête froide, l'heure où les machines domineront le monde n'est pas encore venue, mais il nous faut admettre qu'elles progressent rapidement. Le projet Artificial Intelligence Index, qui regroupe des chercheurs de l'université de Stanford, du MIT, de Harvard ou encore d'Oxford, en a fait le constat. Dans un premier rapport, AI Index note une forte augmentation de la recherche en matière d'intelligence artificielle ces dernières années. 

Selon cette première évaluation, l'intelligence artificielle des machines, s'approche ou bat celle des humains sur un nombre croissant de critères. Pour le moment, les avancées de l'IA laissent encore les machines loin derrière les humains. 

Mais certains, dont Eon Musk prévoient que l’IA dépassera l’Homme en 2060, d’autres dès 2030.

 Sombres perspectives pour le libre-arbitre de l’Homme.

  

 

 

 

 

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29 juillet 2022

CUBA ET SA CRISE

La crise qui affecte l’île depuis presque dix ans a modifié les structures sociales dans l’ile. Les réformes économiques ont contribué à une dislocation idéologique et sociale profonde. Il est regrettable que le gouvernement, pour faire face à l’essor de la corruption et de la délinquance qui ont suivi le libéralisme économique, ai renforcé la répression. Difficile d’excuser le gouvernement cubain par l’impasse politique où il se trouve actuellement. 

 Il lui faut accepter d’accorder un espace social autonome aux citoyens et favoriser l’essor d’une société civile. C’est seulement ainsi qu’il pourra contrebalancer les effets pervers des réformes. Seule la démocratisation sociale et politique sauvegardera les acquis fondamentaux de la Révolution et assurera une transition sereine.

 Aux Etats-Unis, après la chute du mur de Berlin, on se posait la question :« Will Castro fall ? » Au début des années 1990 après la chute de l’URSS, Cuba s’est trouvée isolée sur le plan international. Ronald Linden fin observateur et annaliste de la situation cubaine, écrivait que « sans changement du cours suivi par les États de l’Europe de l’est ou sans changements à Cuba même, cet isolement continuerait ». Les années qui suivirent ont infirmé ce jugement.

A force de diaboliser le régime castriste, les médias, surtout américains, ont fini par expliquer la résilience du régime cubain, épouvantail totalitaire, par sa répression politique à l’égard des opposants.

Comment s’est construite cette résistance ? Est-ce que la stratégie de la direction cubaine explique tout ? A l’époque, Fidel Castro l’expliquait par la fermeté des principes. Mais la réalité des faits et des politiques suivies montre que certains de ces « principes » ont été mis à mal depuis un certain temps. 

  Il est indéniable que la Révolution cubaine a bénéficié d’un appui populaire. Cet appui s’explique par la défense de la souveraineté nationale et la justice sociale. Comme partout dans le monde, le sentiment national reste encore aujourd’hui vivace, malgré que certains intellectuels et une frange de la jeunesse, en minimisent son importance. Ils privélisent l’existence d’une « cubanité » dont l’île n’aurait pas le monopole.  On organise alors des conférences sur la Nation et l’Émigration, mais on continue croire à l’hégémonisme du Nord « revuelto y brutal » comme disait José Martí. 

Restent vivaces le souvenir de l’oppression et les humiliations subies au XXème siècle. Cette mémoire populaire donne au discours castriste une légitimité qui n’est pas factice, auprès d’une population majoritairement noire, moins sensible aux attraits de l’« American way of life ». Le renforcement de l’embargo nord-américain depuis la crise avec les lois Torricelli et Helms-Burton n’a fait que conforter cette défiance.

 Aujourd’hui, une politique audacieuse de Washington  dans ses relations avec Cuba, pourrait clore définitivement un chapitre de l’Histoire américano-cubaine qui n’a que trop duré.

 

 

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22 juillet 2022

OÙ EST PASSÉE LA FRANCE DES LUMIÈRES ?

  Parfois, il faut faire une pause et regarder autour de soi, le monde tel qu’il est.

Formatés depuis notre plus jeune âge, dépositaire de tant d’idées reçues, tel le chien de Pavlov, nous acceptons sans réfléchir, les hommages que l’on doit aux grands Hommes. Tous, des grands hommes ? Tous héritiers du Siècle des Lumières ? C’est à voir !

Le siècle des Lumières fut un mouvement intellectuel lancé en Europe, dans les années 1700. Dépasser l’obscurantisme, propager les connaissances, voilà quels étaient les buts de ce mouvement. Ce seront des philosophes et des intellectuels, qui s’opposeront à la superstition, à l’intolérance, aux abus de l’Eglise et des Etats.

La glorieuse révolution de1688, en Angleterre, en fut la première expression. Cette révolution pacifique, aboutit à l’instauration d’une monarchie constitutionnelle et parlementaire, instaurant la liberté du culte. En février 1689, cela sera la « Déclaration des Droits » qui s’inscrira dans la loi des acquis du Commonwealth d’Angleterre. La période charnière fut la fin du règne de Louis XIV. La révolution française de 1789 en marquera le déclin.

Depuis, la France surf sur cet acquis, comme un bateau qui continue sur son erre.

Que retenir du Siècle des Lumières ?

- La primauté des sciences sur la Providence

-Le développement de l’esprit critique

- La désacralisation de la monarchie

- Le rejet de l’intolérance dans une Europe meurtrie par les divisions religieuses

- Le déisme : la croyance dans l’existence d’un Dieu créateur unique, sans message religieux spécifique.

Ces points forment le socle de la philosophie des Lumières. Nicolas de Condorcet, Louis Sébastien Mercier, Montesquieu, Voltaire, Diderot, Beaumarchais et d’Alembert, par leurs œuvres et leurs écrits, vont donner au Siècle des Lumières, ses lettres de noblesse.

D’autres encore, savants, chercheurs, naturalistes, incarneront l’esprit des Lumières, chacun dans son domaine.

Voilà le lourd héritage que doit assumer la France, voilà l’héritage que devront assumer tous les grands esprits qui suivront. Tous ? On peut en douter quand on écoute ou qu’on lit les uns et les autres.

Depuis, on a eu , en France, le productivisme dévastateur, le nationalisme belliqueux, le scientisme dogmatique, l’affaire Dreyfus et le racisme colonial porteur des pires catastrophes.

J’ai été élevé dans le culte, entre autres, de Jules Ferry, l’auteur des lois de la troisième république, instituant l’instruction obligatoire et gratuite. Considéré, plusieurs décennies après sa mort, comme l’un des pères fondateurs de l’identité républicaine, il était, pour moi, l’un des continuateurs du siècle des Lumières. Ceci, jusqu’au jour où je découvre son discours du 30 juillet 1885, à l’Assemblée Nationale, sur le colonialisme. Il déclarait, je cite : « Messieurs,  il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit,  parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir de civilisation. »

De cette chambre attentive à ces propos, seul un homme, Clemenceau, s’éleva contre ces propos : « Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit !.............. J’y regarde à deux fois avant de me tourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme et civilisation inférieurs »

On est loin du siècle de Lumières ! Il faut toujours éviter d’idéaliser un pays ou un homme, fussent-ils la France ou Jules Ferry.

Peut-être ne faut-il pas trop fouiller dans le passé, pourtant plein d’enseignements. Il est inquiétant de voir cette société, sans Dieu et sans racines, qui tourne le dos à la famille, que l’Europe veut nous vendre aujourd’hui.

À voir ce qui se passe en France, à voir les discours éculés des hommes politiques, l’irresponsabilité des syndicats squelettiques mais super performants dans la nuisance, on peut se demander, à juste titre, mais ou est passée la France des Lumières, où est passée la France des droits de l’Homme ?

 

 

 

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