Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

19 avril 2019

ISRAËL : OÙ EST PASSÉE TA DÉMOCRATIE ?

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi:

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  Au bord de la faillite dans les années 80, l’Etat hébreu affiche aujourd’hui une croissance insolente de 4 % par an, un niveau de vie comparable à la France - malgré d’importantes inégalités sociales - et un taux de chômagehistoriquement bas, tombé à 3,7 % en janvier. Son savoir-faire en toutes choses cyber se revend à coups de milliards dans la Silicon Valley. Israël a réussi à immuniser son économie du conflit et à se muer en destination touristique, 3,5 millions de visiteurs en 2017. Enfin, le commerce florissant avec l’Inde et l’Afrique, ainsi qu’un rapprochement avec les puissances sunnites contre l’Iran, ont consolidé une normalisation diplomatique sotto voce

 Israël est-elle «la seule démocratie du Moyen-Orient ? » À voir de plus près la politique de Netanyahou et ses alliances avec les partis religieux extrémistes de droite, semble l’avoir fait passer de mode. La formule a perdu de son lustre. Les Israéliens eux-mêmes, de plus en plus,  se posent la question, après presque une décennie d’ère Netanyahou.  Sa politique reste marquée par la dictature  des religieux et des ultranationalistes, clés de sa majorité. 

 Sans volonté politique de sortir du marasme post-Oslo et d’un statu quo avantageux à court terme pour Israël, le mot «apartheid» n’est plus seulement un épouvantail. Certains, à l’instar de Gideon Levy, Cassandre de la gauche, estime qu’il s’agit d’une réalité. D’autres, au sein du Likoud et du parti nationaliste-religieux Le Foyer juif, l’envisagent explicitement, décrivant un «Grand Israël» de la Méditerranée au Jourdain, où les Palestiniens pourraient vivre et travailler, mais pas voter.

 Le projet de la «loi de la nation», du ministre de la Justice, Ayelet Shaked, illustre cette dérive. Exposé en janvier dernier, le but de cette loi est de : «Maintenir la majorité juive, même au prix de la violation des droits civiques.» Cette déclaration n’a fait l’objet d’aucun commentaire ni provoquer aucun scandale.

Composant près de 18 % de la population israélienne, soit près de 1,4 million d'habitants, ces descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'État d'Israël, possèdent en théorie les mêmes droits que leurs compatriotes juifs israéliens. Ils disposent même de 13 députés au Parlement, la Knesset.

   La réalité est qu’Israël ne peut pas se considérer comme une démocratie à part entière et en même temps entretenir un système d'exclusion et de discrimination.

 La guerre de 1967 a permis aux groupes messianiques d’entrer dans la politique israélienne et par leurs capacités de nuisance, ont transformé Israël en une entité occupante et oppressive dans les nouveaux territoires. 

  Les récentes élections ont donné Netanyahou à égalité avec son challenger, nouveau venu en politique, le général Benny Gantz. Mais à l’opposé de Gantz, Netanyahou est prêt à s’associer avec le diable, les partis religieux et supranationalistes de l’extrême droite pour garder le pouvoir. C’est pourquoi Benyamin Netanyahou va continuer à se pavaner sur la scène politique israélienne et internationale. Il a légitimé comme formation fréquentable, les héritiers du rabbin Meir Kahane, suprémacistes et xénophobes.

  Ces élections, avec un goût d’inachevé, vont avoir trois actes. Le premier est l’élection dont le résultat n’a donné la majorité à personne, le deuxième va être la constitution d’une coalition permettant, grâce à une majorité retrouvée, la formation d’un gouvernement « Netanyahou », le seul à pouvoir le faire. Le destin pénal du premier ministre israélien sera le troisième acte, si Netanyahou, violant toutes les règles démocratiques, ne parvient pas à bloquer les procédures judiciaires lancées contre lui, « Bibi » risque de tout perdre et finir un jour en prison. D’autres éminents personnages politiques l’y ont précédé, le président de l’Etat d’Israël, Moshe Katsav et le premier ministre, Ehud Olmer . Car, si la démocratie est chancelante avec Netanyahou, jusqu’à nouvel ordre, Israël est encore un État de droit.

 

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11 avril 2019

LE SAVIEZ-VOUS ?

Partant aujourd'hui en voyage, je vous donne dès maintenant ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                        Une idée reçue, difficile à extirper de la pensée collective : le lobby juif aux Etats-Unis est puissant et impose sa volonté au gouvernement américain, dès qu’il s’agit d’Israël. Connue sous l’appellation AIPAC, American Israël Public Affairs Committee, l’organisation a reçu récemment le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Ce dernier a tiré la sonnette d’alarme contre la montée de forces qui veulent séparer l’Amérique d’Israël. Quelles sont ces forces auxquelles Netanyahou fait allusion ?

 C’est la majorité de la communauté juive américaine qui ne s’enthousiasme guère de l’alignement du président Donald Trump sur la ligne politique du premier ministre israélien.

  Aucun président américain, depuis la reconnaissance de l’État hébreu par Harry Truman en 1948, n’a autant fait pour Israël. Mais pour l’électorat juif américain, au

Trois-quarts démocrate, trop c’est trop. Profondément impopulaire auprès d’eux, Donald Trump, lors d’une célébration de Hanoukka, la fête des lumières, en décembre dernier, a choqué les représentants de la communauté juive américaine en désignant Israël comme leur « Pays », eux qui rejettent toute idée de double allégeance. Si la vieille génération avait eu une vision idéalisée d’Israël, ce n’est plus le cas, surtout chez les jeunes, très libéraux et dont le taux de mariages mixtes frise les 50%.

  Immigrés, comme tous les arrivants, ils se sont assimilés au Nouveau Monde sans regrets de l’ancien. Comme tous les immigrés en terre américaine, ils sont avant tout Américains et ne veulent aucune ambiguïté sur ce point. Longtemps ils ont été indifférents, voire hostiles au sionisme. Ceux qui soutiennent Israël le font comme les francophiles la France, les anglo-saxons le Grande Bretagne ou l’Irlande.

 La politique d’occupation et d’annexion du gouvernement de Netanyahou à l’égard des Palestiniens, a progressivement fait évoluer vers une critique franche, la majorité des juifs américains.

  Aux Etats-Unis, les juifs conservateurs ou réformés rejettent le monopole du rabbinat ultra-orthodoxe sur les mariages et les conversions, la loi proclamant le caractère juif de l’État, les entraves mises en place à l’égard des juifs conservateurs ou réformés, à venir prier au Mur des lamentations.

 Ils reprochent à Netanyahou ses alliances contre nature avec des dirigeants « autoritaires », souvent accusés d’antisémitisme. Ils sont convaincus que c’est  la politique actuelle du gouvernement israélien qui a terni l’image d’Israël, entre autres, auprès d’eux.

  On est loin d’un lobby monolithique juif aux Etats-Unis en faveur d’Israël.

On constate aujourd’hui un véritable divorce entre  l’État hébreu et la diaspora juive américaine.

  Dana Milbank du Washington Post écrit : « Nous ne subissons pas la menace quotidienne du Hamas ou du Hezbollah, mais si la réponse est l’ultranationalisme et l’apartheid, les Israéliens doivent savoir que nous ne pourrons pas les soutenir. »

  Laissons le rabbin Steven Wernick, chef du judaïsme conservateur au Etats-Unis, qui vient d’écrire au gouvernement israélien, de conclure : « On ne peut plus parler de fossé entre Israël et la diaspora, maintenant c’est un canyon. » 

 

 

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05 avril 2019

IL Y A DEUX CENTS ANS, KARL MARX

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi:

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   « Il y a un Juif derrière chaque tyran, tout comme il y a un Jésuite derrière chaque Pape. En réalité, les espoirs des oppresseurs seraient vains et la guerre pratiquement impossible s’il ne se trouvait quelque Jésuite pour endormir les consciences et quelque Juif pour faire les poches. »

Qui a écrit cela ? Adolph Hitler dans son livre Mein Kampf, Charles Maurras dans ses nombreux écrits nationalistes et racistes, le Grand Mufti de Jérusalem Mohamed Amin Al Husseini, pro-nazi de la première heure ? Que nenni, cest un juif, Karl Marx dans un de ses nombreux textes antisémites.

 Malgré une barque plus que chargée, Karl Marx  bénéficie toujours d’une fascination de la part d’une partie des élites intellectuelles et politiques.     Il y a quelques mois, l’Union européenne avait jugé bon de fêter les deux cents ans de Marx.

 Il est toujours instructif de relire Marx dans le texte. 

Ce petit-fils de rabbin, de mère juive, fils d’un converti au protestantisme et lui-même baptisé protestant par son père en 1824, se serait-il empêtré dans la « haine de soi », comme l’écrivait Robert Misrahi, dans un Marx et la question juive, en 1972 ? Ce dernier va jusqu’à l’accuser d’avoir écrit « un des ouvrages les plus antisémites du XIXe siècle 

  Jacques Aron, écrivain érudit et brillant, relève pour sa part, des erreurs de perspective et de jugement, des anachronismes et des contresens dans l’article de Misrahi. Attribuer au jeune Marx un antisémitisme de fond relève, écrit-il, d’un détournement de sa pensée. 

On pourrait objecter que Marx s’attaque ici aux Juifs non pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils font. Cependant pour le lecteur attentif, il est impossible d’ignorer que nulle part, la distinction n’est établie. L’article de Karl Marx est à l’image de la pensée marxiste, une suite de généralisations grossières et d’amalgames douteux. Au détour d’une phrase, on devine que Marx tient particulièrement en horreur la religion (juive, en l’occurrence), qu’il reproche à certains financiers des pratiques inacceptables. Mais en fait, c’est bien à l’activité économique, supposée de toute une catégorie de population, qu’il s’en prend, sans jamais envisager l’idée que tous les Juifs de son époque ne sont pas des financiers, petits ou grands.

Mais alors, Karl Marx n’avait-t-il pas le droit comme tout un chacun de dénoncer une profession et ceux qui la pratiquent ? En tant que libéral on serait tenté de répondre par oui, mais le contexte, ici, est essentiel. Si Marx n’a pas vécu assez longtemps pour assister au génocide des Juifs à partir de 1941, l’historien cultivé qu’il était, ne pouvait ignorer les persécutions dont ils avaient été victimes à travers l’Histoire.

On peut d’autant moins en douter, que l’article cité plus haut, mentionne l’expulsion des Juifs d’Espagne puis du Portugal pour expliquer leur arrivée massive en Hollande. Étant donné que Karl Marx n’a jamais fait mystère de la nécessité d’une violence physique, pouvant aller jusqu’à la mort, pour combattre ses ennemis désignés, on peut difficilement lui pardonner ces diatribes haineuses, dont se délecte encore, l’extrême-gauche.

 

Nul courant de pensée n’est exempt de contradictions ou d’ambiguïtés occasionnelles de la part de ses chefs de file : à ce titre on peut citer les conseils économiques de Milton Friedman, les positions pro-coloniales d’Alexis de Tocqueville concernant l’Algérie, ou plus récemment les positions de plus en plus violentes d’intellectuels qui se qualifient encore de libertariens, tels Hans-Hermann Hoppe.

Fort heureusement, le mouvement libéral, dans sa grande majorité, a un sens de la nuance plus développé que le mouvement marxiste. Pas question ici de se diviser en deux camps : les amis de la liberté qui souscrivent à toutes les thèses des auteurs canoniques, et les traîtres qui osent s’en détacher ou émettre des critiques. Le libéralisme n’est pas une religion et ses défenseurs doivent éviter de se créer des idoles et de suivre aveuglément toutes leurs positions, surtout si celles-ci contredisaient des principes moraux fondamentaux.

 Tout n’est pas à jeter dans la pensée marxiste, et son influence constante et durable, devrait nous inspirer de l’humilité et nous questionner plus sérieusement, sur ce qui peut faire son attrait dans le monde d’aujourd’hui. Si on ne voit rien à sauver dans les écrits économiques de Marx, son approche de la sociologie n’est pas sans intérêt. On peut relire Marx, en débattre, mais cela n’autorise pas à le glorifier en dépit de ses positions antisémites et de l’influence mortifère que sa pensée a eu sur des régimes politiques les plus meurtriers du siècle passé.

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03 avril 2019

Hier 2 avril

Hier, 2 avril. Lointain et triste souvenir. Le 2 avril 1974 s'éteignait en fonction de Président de la république française, Georges Pompidou, vaincu par la maladie. Je vous rappelle son souhait: "Les peuples heureux n'ayant pas d'histoires, je souhaiterais que les historiens n'aient pas trop de choses à dire sur mon mandat".
Mais beaucoup se souviennent d'un mandat où la France était heureuse, sereine et fière.

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31 mars 2019

LA TRADITION INSURRECTIONNELLE DE LA FRANCE

Les événements du samedi continuent. Je vous propose une réflesion à ce sujet:

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     Le respect de la légalité est un héritage de la révolution française de 1789, tout comme la tradition insurrectionnelle.

 Depuis, tout au long de son histoire, le peuple de France a entretenu un rapport ambigu avec la violence populaire, la contestation du pouvoir, pourtant exercé par ceux que la majorité a désigné, conformément à la loi républicaine.

  Les évènements qui chaque samedi, font la une des médias, montrent les limites du droit à manifester. La France vit actuellement une véritable crise de la démocratie représentative. Hommes et femmes sont libres de s’exprimer et de donner le sens qu’ils veulent à leur vie, mais engagent leur responsabilité individuelle à l’égard de ceux qui ne s’expriment pas et ne partagent pas forcément les mêmes objectifs. Cette atteinte à autrui devient intolérable quand elle s’accompagne de violence et de dégradation de biens privés ou communautaires. Cet excès de liberté menace de faire disparaître la volonté politique. La revendication par ceux qu’on appelle « les gilets jaunes » du droit de manifester sans contrainte, met à mal l’ordre public, qui est la responsabilité première de tout gouvernement.

 On ne peut pas tolérer l’utilisation abusive des droits de l’homme par une minorité agissante qui n’hésite pas à recourir à la violence. Ils opposent aux élus majoritaires, la légende de la démocratie directe. 

L’abolition des privilèges a ouvert les emplois au plus grand nombre. Aujourd’hui, c’est la valeur personnelle qui est le critère principal de distinction et non plus la naissance. Dans la mesure où tous les citoyens sont égaux en droits et en devoirs, c’est leurs talents qui vont faire la différence. C’est le travail et ses récompenses qui vont et doivent tirer vers le haut le citoyen. L’ascenseur social n’est pas un droit, mais un aboutissement. L’égalité des chances ne veut pas dire égalité des conditions de vie.

 L’émulation, l’affrontement des talents, permettent l’émancipation des individus par le travail et l’effort. Inverser le système, sous prétexte d’une égalité illusoire, amènerait à récompenser ceux qui ne le méritent pas.

  En France, le sport favori est la haine des riches. Un paradoxe pour un pays qui est le plus grand détenteur d’or privé du monde. Mais le français frondeur n’est pas à une contradiction près. Il se dit républicain et le magazine le plus populaire et dont le tirage bat tous les records, jusqu’à 850000 exemplaires, est l’hebdomadaire « Point de Vue » qui rapporte par le menu, la vie des têtes couronnées, leur environnement et l’actualité du Gotha. 

Une Nation implique des valeurs essentielles communes. Ceux qui les rejettent se mettent hors de la communauté nationale et ne méritent aucune indulgence pour l’inobservation des règles fondamentales du « vivre ensemble ». La paix sociale est fragile et mérite de nombreux sacrifices, y compris une limitation à la dictature des minorités.

 

 

 

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29 mars 2019

VENEZUELA : UN ÉTAT EN FAILLITE

Vendredi, jour de ma chronique politique hebdomadaire

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                 Oui, cela existe, tout grand pays pétrolier qu’est le Venezuela, il est un pays en faillite et subit une grave implosion sociale. Il est plongé dans la plus sévère crise économique qu’ait dû affronter un pays latino-américain dans l’histoire moderne.

La coalition au pouvoir est un magma formé de militaires, de paramilitaires, de forces armées et de mouvements politiques qui mènent la répression et exercent le pouvoir selon une stratégie illisible pour les mieux intentionnés à leur égard. Le système Maduro est un corps hermétique, replié sur lui-même et difficile à percer.

Avoir amener le pays à la faillite, n’est pas à l’honneur d’aucune doctrine politique, serait-elle socialiste ou bolivarienne. Les perspectives d’un rétablissement économique ou social, sont pessimistes à court terme.

  On ne perçoit pas une véritable volonté politique de concevoir et mettre en œuvre un programme économique intégral qui corrigerait les déséquilibres macroéconomiques, les profondes distorsions des prix relatifs et le dysfonctionnement des institutions, maintenant l’économie dans une situation de chaos.

Dans le rouge depuis des mois, le Venezuela a sombré dans le noir. Le pays a affronté, depuis jeudi 7 mars 16 h 54, la plus grande panne d’électricité de son histoire. Vingt et un de ses vingt-trois Etats ont été touchés. Vendredi 8 mars au soir, le courant n’était que partiellement rétabli dans ce pays de 31 millions d’habitants. Les hôpitaux ont vécu des heures dramatiques. Comme à l’accoutumée, le gouvernement a immédiatement dénoncé un sabotage. Les experts attribuent les défaillances électriques du pays, au manque d’entretien des installations, au déficit d’investissements et à l’incurie de sa gouvernance.

Sans télévision, ni Internet, ni téléphone portable, les Vénézuéliens ignoraient largement, vendredi dernier, que leur pays venait d’être condamné par le tribunal d’arbitrage de la Banque mondiale à payer 8,7 milliards de dollars à la compagnie ConocoPhillips.

Cette entreprise américaine avait été expropriée en 2007 par Hugo Chavez, le charismatique prédécesseur de Nicolas Maduro. Le Venezuela qui  dispose des plus grandes réserves mondiales de pétrole brut, aujourd’hui ruiné et endetté, est incapable de freiner le déclin de sa production d’hydrocarbures. Les réserves internationales du pays s’élèvent à 8,8 milliards de dollars, soit le montant de la somme à payer.

Un deuxième énorme panne électrique a de nouveau frappé le pays mardi dernier.

Faute de connexion à Internet, les distributeurs automatiques ne délivraient plus de liquide et les transactions électroniques ont été suspendues. Dans un pays où l’inflation quotidienne dépasse 3,5 %, soit plus de  100o% par an, personne ne conserve chez soi d’argent liquide.

Le Venezuela exploite un pétrole lourd, couteux à extraire. En dessous de 100 dollars, il n’est plus rentable à extraire. Par ailleurs son principal marché par le passé, était les Etats Unis d’Amérique, qui avec la révolution du pétrole et du gaz de schiste, sont devenus auto-suffisants et exportent aujourd’hui ; s’ajoutent à cela, la déperdition de ses cadres et le manque d’investissements.

En seulement deux ans, en 2015 et 2016, 10 millions de personnes sont tombées, de nouveau, en dessous du seuil de pauvreté. Avec une rente pétrolière réduite, des revenus de l’impôt insuffisants et sans accès au financement international, le secteur public n’a pas trouvé d’autres moyens de financement que le recours à la machine à billets, une véritable émission explosive d’argent.

 Nicolas Maduro se dit victime d’une guerre économique menée par les Etats-Unis. Ce n’est pas entièrement faux, mais cette situation est surtout due à la mauvaise gouvernance, aux mauvais choix économiques et politiques, et à leurs conséquences auprès de la population qui s’est rebellée.

Juan Guaido, le président par intérim auto-proclamé, a cristallisé toutes les rancoeurs d’un peuple livré à la dernière extrémité. Mais il tarde à concrétiser les propositions de l’opposition, malgré un soutien international important. Le temps ne joue pas en sa faveur, l’ingratitude de la foule est connue. Il a  placé des hommes de confiance aux Etats-Unis et s’est assuré des réserves financières importantes qui serviront pour le redémarrage de l’économie et également à rassurer les futurs investisseurs. Mais cette réelle puissance à l’extérieur est plus fragile à l’intérieur du pays, surtout lorsque l’on veut à tout prix, éviter la guerre civile. En cas d’échec, la facture sera lourde pour le Venezuela. On estime à 5 ou 6 millions de personnes qui quitteront le pays si le statu quo actuel perdure. Le risque, si pourrissement de la situation il y a, est que la violence va s’exporter dans les pays voisins qui entrainera une déstabilisation de la région.

Il faut que le Venezuela redevienne, le plus rapidement possible, un État souverain fort, démocratique, pour le bien de toute l’Amérique hispanique.   

 

 

 

 

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22 mars 2019

LA LEÇON D’ALGER

Le rituel doit être respecté, voici donc ma chronique politique du vendredi

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                                 Depuis le 22 février, une foule de plus en plus dense, vendredi après vendredi, scande : « Algérie libre et démocratique ».Ce slogan lancinant, auquel se mêlent les appels du «dégagisme », traduit une volonté du peuple, qui va plus loin que le Non à un cinquième mandat pour Bouteflika.

 "Le peuple rejette l'offre du pouvoir et lui dit: Dégage", titrait le journal El Watan sur son site internet dans la nuit de vendredi à samedi dernier.

Les Algériens sont descendus massivement dans la rue et leur rejet concerne maintenant, le Régime lui-même.

L’entêtement du clan Bouteflika a radicalisé la contestation.

Ce qui aurait pu désamorcer la colère de la rue, il y a quatre semaines, ne suffit plus. Il ne s’agit plus de l’homme malade, mais du clan Bouteflika.

Vingt années d’un pouvoir absolu, ont fait pêcher les hommes en place, par excès de confiance. Le faux retrait de Bouteflika n’a pas trompé le peuple, qui veut maintenant, beaucoup plus. 

  La géopolitique nous enseigne qu’il ne faut jamais prendre le peuple pour un idiot. Individuellement, il peut y avoir beaucoup de « retardés », mais réunis, ils bénéficient d’une conscience collective aigue. Ensemble, ils perçoivent le mensonge et la manœuvre. Lorsque les élites deviennent trop loin du peuple, ils ne font plus partie de cette conscience collective et ne peuvent plus anticiper les évènements.

C’est ce qu’est en train de vivre, aujourd’hui, le gouvernement algérien. 

 La crise qui secoue actuellement l’Algérie, n’inquiète pas seulement l’Europe, mais tous les pays du Sahel. La déstabilisation éventuelle de leur puissant voisin du Nord, aurait indubitablement des conséquences à leurs frontières. Le Mali comme le Niger, partagent des kilomètres de frontières avec l’Algérie et surtout un espace désertique et plat, incontrôlable, où se démènent trafiquants d’armes, de drogue et souvent est le refuge pour des hordes d’islamistes armés.

  Nul ne croit au risque d’une guerre. Pour 

 l’heure, la contestation reste remarquablement pacifique. Mais que va être l’attitude de l’armée dans les prochains jours ? Aura-t-elle enfin un plan B, ou choisira-t-elle une fuite en avant ? Choisira-t-elle une guerre avec un de ses voisins, pour ressouder le peuple autour de « la Patrie en danger » ?

  Les mesurettes ne satisferont personne, trop tard, trop peu. Sur quelle pente la crise va glisser ?

 En politique, quand on « lâche » trop tard, on est amené à concéder d’avantage, voire à tout perdre. C’est peut-être là la leçon qu’on peut tirer des événements d’Alger.

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16 mars 2019

DEMAIN EST DÉJÀ LÀ

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                          Notre environnement change, s’accélère et nous nous en rendons compte pratiquement pas.

La télévision pliable sur deux ou sur quatre, elle n’est pas encore là, et nous considérons déjà que c’est banal. La capacité de l’Homme à digérer les applications des nouvelles technologies est surprenante à plus d’un titre. La voiture autonome, elle n’est pas encore là, non plus, mais nous avons déjà intégrer la nouveauté. 

 Les ordinateurs sont de plus en plus puissants, et les nombreuses applications qui en découlent révolutionnent notre mode de vie,  remettant en question les choix de carrière, jusque là, tracées pour la plupart.

 New-York fait face à une mini fronde des jeunes avocats qui ne trouvent plus aussi aisément du travail. L’ordinateur Watson d’IBM peut donner un avis légal en quelques secondes, pour des causes plus ou moins compliquées, le tout avec 90% de choix justes contre 70% pour les humains. Exit le métier fabuleux et porteur, de l’avocat d’affaires américain. On prévoit qu’il y aura 90% d’avocats en moins.

L’informatique envahit depuis quelques années déjà, le monde médicale. Watson toujours, aide aujourd’hui à diagnostiquer le cancer avec quatre fois plus de précision que les docteurs en blouse blanche.  Tricorder X, un instrument médical, que vous pourrez consulter par votre téléphone portable, scannera votre rétine, analysera votre respiration, votre sang et 54 marqueurs biologiques pouvant identifier presque toutes les maladies. 

On annonce pour 2030, des ordinateurs plus intelligents que les humains, le sentiment et le libre arbitre en moins, heureusement !

Dés 2020, c’est à dire l’année prochaine, l’industrie automobile va commencer une profonde mutation.    Avec l’arrivée des voitures électriques autonomes, il ne va plus être nécessaire de posséder une automobile. Votre Smartphone appellera une voiture qui viendra vous prendre là où vous êtes. Votre carte de crédit sera automatiquement débitée du coût de la course. 

Les auto-écoles devront se reconvertir, car nos enfants n’auront plus besoin d’avoir un permis de conduire.

Les compagnies d’assurance auront à s’adapter. On compte aujourd’hui un accident tous les cent mille kilomètre. Avec les voitures autonomes, il y aura, difficilement, un accident tous les dix millions de kilomètres. L’automobile sera devenue un ordinateur sur quatre roues, avec des assurances cent fois moins chères.

 Ne parlons pas des voitures volantes et des hélicoptères individuels, ils sont pour après-demain et révolutionneront l’urbanisme des villes. Les architectes vont se donner à cœur joie. On rentrera par les portes fenêtres dans des appartements « connectés ».

  Voilà maintenant 30 ans que se développe l’électricité solaire. En 2016, dans le monde, on a installé plus d’énergie de source solaire que de source fossile. L’électricité est en voie de devenir une énergie propre et bon marché. Pour la première fois, en 2017, la croissance de l’énergie solaire a battu celle de l’éolien.

La baisse du prix de l’énergie solaire, va impacter directement les mines de charbon, qui fermeront les unes après les autres. Cela sera un progrès énorme pour la lutte contre la pollution.

 Nous sommes vraiment, déjà dans « demain ».

 

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11 mars 2019

FRANCE : LA COMÉDIE A-T-ELLE ASSEZ DURÉE ?

 

 La France qui devait reprendre sa marche en avant avec Macron, tourne en rond.

Petit à petit, les « gilets jaunes » ont transformé leur ras-le-bol, en un happening hebdomadaire agonisant.

Leurs revendications pour le pouvoir d’achat, contre les hausses du carburant, leur jacquerie fiscale, ont débouché sur un véritable nihilisme. Cette vieille tendance révolutionnaire des rejets des élites,  s’accompagne, à chaque manifestation, de heurts avec les forces de l’ordre et des dérapages inadmissibles.

Sans leader, sans projet, sans utopie mobilisatrice, ce mouvement fait penser à un serpent sans queue ni tête, qui s’agite sans savoir où il va.

Les gilets jaunes, puisqu’ils s’appellent eux-mêmes comme cela, agrègent tous les extrémismes et donnent le champ aux idéologies les plus dangereuses pour qui ils ont libéré la parole. 

Les Médias leur offrent une caisse de résonnance qu’ils ne méritent plus, tellement ils se sont fourvoyés.

 Ils avaient raison, lorsqu’ils se sont soulevés contre une fiscalité confiscatoire qui accapare 53% du PIB.

Ils avaient raison lorsqu’ils ont réclamé un pouvoir d’achat décent, leur permettant de vivre dans la dignité.

Toutes ces belles raisons sont, aujourd’hui, balayées par la violence et les dégâts qui accompagnent chaque samedi, leurs manifestations.

Toutes leurs revendications sont balayées par les dommages causés à l’activité économique du pays.

Toute la sympathie qu’avait réunie leur mouvement, a été balayée par leurs outrances.

 

Ils se retrouvent, chaque samedi, de moins en moins nombreux, à un carrefour, devenu pour certains d’entre eux, le bal du samedi soir.

  Le pouvoir malmené, a répondu par un débat national, des projets de plus d’impôts, l’instauration d’une taxe carbone flottante et d’une vignette poids lourds. Personne ne parle d’une diminution des dépenses publiques qui pourrait permettre une diminution des impôts.

 Le grand débat, va-t-il apporter une réponse aux questions posées ? Va-t-il aborder les enjeux vitaux pour l’avenir, le repositionnement de la France dans une Europe qui ne finit pas de se chercher,  sa place dans un monde bousculé par le retour en force du nationalisme et du protectionnisme, et par le discours démagogue qui nourrit le populisme.

Un débat sur des faux problèmes ne permettra pas de traiter les vrais.

Oublions le mythe de la démocratie directe qui détruit la démocratie représentative.

 Oui, beaucoup d’élites ont failli à leur mission, mais on doit se souvenir que les révolutions, ce sont les élites qui les ont pensées et les bourgeois qui les ont faites.

  Continuez à tourner, manèges, continuez à tourner dans un carrefour, tel celui de Raymond Devos, dont toutes les sorties sont en sens interdit. Ce rondpoint est l’image d’une société bloquée qui cherche désespérément la porte de sortie. Vous avez cru voir en Macron, l’homme providentiel attendu, le messie qui allait changer le monde. Il est, hélas, un homme, un politique, qui se trompe comme tous les autres hommes. 

Tout au long de ces manifestations, on a entendu s’exprimer, sans retenue, la haine des riches et des bourgeois. Le fonctionnement de l’État, la marche de l’économie, ont besoin d’eux, comme ils ont besoin de toutes les forces vives de la Nation. Il faut raison gardée.

Messieurs les Gilets jaunes, ne croyez-vous pas que la comédie a assez durée ?

 

 

 

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08 mars 2019

ALLONS-NOUS VERS LA FIN DE LA GUERRE COMMERCIALE USA/CHINE ?

Comme tous les vendredis, voici ma chronique politique hedomadaire:

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 Pour le moment, le ciel s’assombrit sur les Etats-Unis et la Chine. L’activité industrielle chinoise recule, et l’économie américaine ralenti. 

Cette situation, bientôt de crise si elle perdure, est le résultat de la guerre commerciale sino-américaine déclenchée par Donald Trump.

Les deux puissances ont intérêt à mettre fin à une situation, difficile à supporter sur le long terme, et qui n’est pas sans répercussion sur le reste de l’économie mondiale.

Aujourd’hui, le Président américain se dit satisfait de la tournure que prennent les négociations commerciales en cours avec la Chine. 

Après plusieurs semaines de négociations entre Washington et Pékin, Donald Trump avait affirmé, avant son départ pour Hanoï, que sa prochaine rencontre avec son homologue chinois prendrait la forme d’un sommet « pour signer » un accord. Ce sommet se tiendrait en Floride, à la résidence du Président américaine. 

Les États-Unis n’ont donc pas relever de 10 à 25% leurs droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois le 1er mars, comme c’était prévu. 

Qualifiant de «substantiels» les progrès réalisés dans les négociations, Donald Trump a décidé de prolonger la trêve, conclue en décembre dernier, dans le conflit qui oppose les deux premières puissances économiques mondiales.

Ces progrès substantiels, aux dires du Président américain, concerneraient : la protection de la propriété intellectuelle, les transferts de technologies, l'agriculture, les services, les changes et de nombreux autres sujets

  Pékin a réagi dans des termes identiques, l'agence officielle Chine nouvelle faisant également état de «progrès significatifs».   

 Les milieux d'affaires américains redoutent que l'empressement de la Maison blanche à proclamer un accord historique avec la Chine, ne débouche sur un compromis à minima. On ne sait pas à ce jour quelles concessions ont été faites par la Chine. 

 

Des promesses d'achats massifs de denrées agricoles américaines, en particulier du soja, pourraient certes réduire pour un temps le déficit commercial américain avec la première puissance asiatique. Mais toute hausse des exportations agricoles américaines vers la Chine risque de se faire au détriment d'autres marchés et donc in fine, au détriment du commerce 

américain avec le reste du monde, en particulier l’Europe.

Pékin aurait également accepté de soutenir le cours du yuan pour éviter que la dépréciation de la monnaie chinoise ne dope les exportations de produits «made in China». Mais voilà déjà des mois que la banque centrale chinoise œuvre en ce sens. Présentée comme un succès par les négociateurs américains, la promesse chinoise ne changerait rien au statu quo.

La question la plus épineuse des négociations réengagées depuis l’annonce de la majoration des droits de douane de 10% pour le 1ermars,est celle des transferts forcés de technologie. Or sur ce point, qui obligerait Pékin à changer radicalement sa politique industrielle, les progrès semblent maigres.

 Autre problème, comment va être contrôlé l’application effective de l’accord ? 

Les tensions évidentes entre, le négociateur commercial américain, le très prudent Bob Lighthizer, et Donald Trump pressé d'annoncer un «deal» lors d'un sommet en Floride d'ici la fin mars avec son homologue chinois Xi Jinping, font craindre que Washington renonce trop vite à faire céder la Chine.

La Chine a accepté d'acheter jusqu'à 1.200 milliards de dollars de biens américains dans le cadre des négociations commerciales avec les Etats-Unis, a rapporté dernièrement, la chaîne CNBC en citant des sources bien informées. 

Les positions des deux pays restent en revanche éloignées sur l'une des principales demandes de Washington, le transfert forcé de propriété intellectuelle, d’après ces mêmes sources. Malgré cette difficulté, le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping est en préparation pour fin mars. 

Le président américain a reçu vendredi dernier, à la Maison blanche, le vice-Premier ministre chinois Liu He, négociateur en chef de Pékin pour le commerce, alors que les discussions entre les deux pays ont repris le jeudi d’avant à Washington. 

S’achemine-t-on lentement vers la fin de la guerre commerciale sino-américaine ?

 

Posté par gabrielbanon à 08:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]