Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

23 juin 2017

Crise au Golfe

Article paru dans la revue REPORTER de cette semaine

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Ah Dieu ! Que la guerre est jolie

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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             On entend des bruits de bottes un peu partout. Chaque jour apporte des nouvelles du ‘front’, que cela soit d’une gare, d’un métro, de Mossoul où d’ailleurs. Et pourtant, les observateurs s’accordent à dire que nous bénéficions d’une longue période de paix.

En réalité, la guerre comme la paix ont changé de visage.

L’irruption de la guerre asymétrique qu’est le terrorisme, a modifié notre perception du conflit armé. Les ‘Informations’ nous parlent journellement des guerres : celle entre l’Etat islamique et la Russie, par exemple, celle des Chebab somaliens contre le gouvernement de Mogadiscio, celle du président turc Erdogan contre les autonomistes kurdes. Trois guerres fondamentalement différentes.

Le but de la guerre n’a pas changé depuis sa description, il y a 2000 ans, par l’historien grec Thucydite, dans sa guerre du Péloponnèse. La finalité d’une guerre est toujours : imposer par la force son hégémonie à un autre. Cette hégémonie peut être politique, militaire, idéologique, économique ou culturelle Mais la forme n’est plus celle où le soldat partait à la bataille, la fleur au fusil.

La première guerre mondiale, à la base, un affrontement suicide, entre la France et l’Allemagne, a ouvert, à terme, la voie à l’hégémonie américaine sur l’Occident.

 Depuis, la guerre a muté, multipliant ses visages. On peut en voir sept.

Celui de l’impérialisme, des Etats militairement forts qui aspirent à imposer leur emprise sur les autres Etats, au besoin, par la force.

Ayant renoncé aux aventures coloniales, les Occidentaux ont inventé la guerre d’ingérence, pour ‘protéger’ les populations civiles. C’est une guerre coloniale qui ne veut pas dire son nom.

L’Amérique a compris qu’elle n’avait pas besoin de faire couler du sang pour asseoir son hégémonie. La contrainte par le droit et la guerre économique, suffit.

La guerre froide, on ne se tue pas, on ne se parle pas, mais on se combat par vassaux interposés, appuyés par le combat médiatique.

La plus sanglante des guerres reste la guerre civile, l’ennemi lointain n’est jamais aussi détesté que le voisin.

Le dernier visage de la guerre moderne, est celui d’une guerre qu’on ne fait pas. C’est la guerre nucléaire, dont la possession de l’arme devient essentiellement dissuasive.

Tous ces visages de la guerre, sont en cours d’être supplantés par les nouvelles technologies, informatiques et robotiques.

Le terrorisme a ajouté aux acteurs de la guerre, soldats, officiers, diplomates, l’espion. Il a donné une place à la ruse dans la stratégie militaire. Aux dires du « polémologue » Jean-Vincent Holeindre : « sans la force, la ruse n’est rien, mais sans la ruse, la force est peu de chose ».

Le terrorisme est en train de nous imposer, non seulement une remise en question de nos stratégies militaires, mais également de nos structures sociétales et notre conception des droits de l’homme et des libertés individuelles.

 

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16 juin 2017

L'illusoir pouvoir des hommes politiques

Chronique politique hebdomadaire du vendredi. Désolé pour la semaine dernière, le sujet demandait encore du travail.

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 Le monde a changé, et seuls les peuples en ont pris conscience. Les hommes politiques s’accrochent aux schémas du passé, aux formules éculées, aux discours dépassés et s’étonnent de leur faillite.

Le peu d’empressement que les citoyens, un peu partout, mettent à se rendre aux urnes, dénote, non pas un désintérêt de la chose publique, mais une conviction que le pouvoir n’est pas là où il semble devoir être.

Hegel écrivait : «  ceux qui occupent la scène, ne sont pas ceux qui font l’Histoire. »

Pour certains, le vrai pouvoir est entre les mains des géants du numérique américains et asiatiques, ainsi que de leurs géniaux et jeunes créateurs : Google, Amazon, Facebook, Apple, Baïdu, Alibaba, Tencen et Xiaomi. Les décisions majeures qui vont déterminer le destin du monde dans vingt ou cinquante ans, se prennent dans les bureaux de la Silicon Valley et non sous les lambris dorés des palais présidentiels. Les règles essentielles qui structurent désormais notre économie et nos rapports sociaux, émanent moins des Parlements que des plateformes numériques. Les marges de manœuvres des politiques sont pour le moins, limitées. Le rôle des Etats n’est plus d’indiquer le cap et décider de l’avenir, mais celui de la voiture-balai pour les perdants de la mondialisation.

La Mondialisation est apparue dans les années 1980, au croisement de la fin de l’ère keynésienne et des réformes libérale de Margaret Thatcher et Ronald Reagan, ainsi que de l’implosion de l’Union soviétique.

Elle a accéléré, avec l’universalité du capitalisme, la révolution des technologies de l’information et la montée d’une société ouverte.

Si la Mondialisation a réussi, ce que le tiers-mondiste avait rêvé et régulièrement échoué à réaliser, sortir 1,2 milliard d’individus de la grande pauvreté en un quart de siècle, elle a eu des effets secondaires graves, pour les classes moyennes, un peu partout dans le monde occidental.

Les délocalisations y ont installé le chômage, durablement, comme la chute des revenues, en détruisant des pans entiers de leurs industries. Plus grave, les populations perdent leurs repères et se posent avec acuité la question de l’Identité, et la dépossession de leur destin. En réaction, le populisme se développe comme le nationalisme et le communautarisme. On constate alors les limites de la Mondialisation, qui ouvrent l’ère de la démondialisation. La crise devient alors politique, avec la montée des partis populistes portés par l’explosion de la colère, face au déclassement et aux inégalités.

 Au plan géopolitique, le démantèlement de la Mondialisation et du multilatéralisme, accélère la désoccidentalisation du monde, en ouvrant la voie à d’autres puissances économiques et militaires, comme la Chine et l’Inde. Elle confirme le retour de la diplomatie russe et l’installe durablement dans le concert des Nations.

Si la Mondialisation est un bien commun des hommes du XXIe siècle, initié par l’Occident, la démondialisation peut devenir une arme de destruction massive pour le développement, la société ouverte et la paix entre les Nations. Il devient alors urgent de corriger les abus et dérives de la Mondialisation.

La contestation des hommes politique, amplifiée par les scandales à répétition, donne un rôle majeur à la Société civile. N’ayant pas accès à la gouvernance, elle verse dans la censure des personnalités et l’exigence d’une transparence qui frise l’obsession. Sa soif de pureté révèle l’écroulement du pouvoir politique. La vie publique devient une affaire de posture et d’image personnelle, au détriment des sujets de fond et de l’intérêt général de la Nation.

Mais la société civile, est-elle un leurre ? Il n’y a pas de société civile opposée à une société militaire, religieuse ou étatique. Ce vocable, en réalité, couvre des associations, des lobbies, cercles et clubs qui pénètrent lentement les institutions, jusqu’au cœur de l’Etat.

Mais où est passé le pouvoir réel ? Si l’Etat n’est plus la solution, il devient alors le problème et les citoyens n’étant plus le problème,  détiennent-ils la solution ?

Plus les dirigeants sont faibles, plus la liberté dépend de la force des citoyens. Burke dès 1774 disait : « le gouvernement et la loi relèvent du domaine de la raison et du jugement, non pas des émotions et du désir. » Il faut éviter le défaitisme d’Etat au nom du dialogue et de l’apaisement.

La mondialisation heureuse, l’accommodement raisonnable, et la discrimination positive, prennent place dans les argumentaires démagogiques.

Charles Péguy rappelait que ; «  le triomphe des démagogues est provisoire mais les ruines sont éternelles. »

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02 juin 2017

SCILE: un G7 pour rien ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                            Les sept pays les plus riches de la planète, se sont réunis à Taomine en Sicile. Ce G7 s’est achevé samedi  dernier, 27 mai, avec un goût d’inachevé.

Il y a eu l’accueil de deux nouveaux, Donald Trump et Emmanuel Macron. Ceci n’a pas fait de ce G7 une réussite, loin s’en faut.

Le consensus qui a toujours prévalu lors des sommets précédents, a fait place à plusieurs désaccords remarqués, des divergences profondes, qui ont pesé sur le communiqué final. Les conclusions de ce 43e rendez-vous du G7, sont sommaires, pour ne pas dire sans portée.

 Le climat a été la pomme de discorde : «  Toute la discussion sur le climat a été insatisfaisante. » dixit Angela Merkel. Donald Trump n’a toujours pas souhaité se prononcer sur ce sujet. On peut avancer sans trop de risques, que Trump annoncera, très prochainement, le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat.

Pour la Russie, le banni du club, il a été décidé qu’il était urgent de ne rien faire, et surtout pas de recourir à de nouvelles sanctions. Pour le conflit syrien, comme pour la crise ukrainienne, il est fait appel au dialogue avec Moscou, en recherchant une solution politique.

Pour la question migratoire, le président français, Emmanuel Macron, a botté en touche en déclarant : « ce n’est un sujet ni pour le Japon, ni pour le Canada, ni pour les Etats-Unis, c’est une responsabilité européenne.»

Le seul sujet où tout le monde a été d’accord, c’est la lutte contre le terrorisme.

 Donald Trump a achevé sa première grande tournée diplomatique, en participant à ce 43e G7.

On a vu, lors de son périple, se dessiner trois grands principes qui structurent désormais l’exécutif américain.

1/ L’action du président, ses prises de parole, sont sérieusement encadrés par trois personnalités qui ont la confiance de l’establishment républicain, à savoir : le secrétaire d’Etat, Tillerson, le secrétaire à la défense, Mattis et le conseiller national pour la sécurité, le général McMaster.

2/ Le président ne fait pas de micro-management. Il délègue volontiers son pouvoir, par exemple le général Mattis (Pentagone) est libre de prendre les initiatives qu’il juge nécessaires pour la sécurité des Etats-Unis.

3/ Donald Trump a ajouté une dimension transactionnelle à toutes ses actions diplomatiques, c’est du donnant, donnant. On voit là, l’homme d’affaires pointer sous le costume du Président.

 

Lors du G7, Donald Trump a envoyé deux messages à ses partenaires du monde capitaliste libéral. Sur le commerce international, il a renoncé au protectionnisme, préconisant le passage du ‘free trade’ au ‘fair trade’. Dans le viseur, le dumping chinois. Pour les migrants, il considère, comme Macron, que c’est un problème européen. Il veut bien intervenir en Libye, mais uniquement pour éradiquer l’Etat islamique.

On peut dire que cette tournée, « historique », aux dires du président américain, a creusé un fossé entre Washington et les Européens. Cela pourrait être un

réveil salutaire, pour la poursuite de la construction européenne.

Il faut noter qu’à ce G7, au bilan décevant, ont participé aux discussions : la Tunisie, l’Ethiopie, le Kenya, le Nigéria et le Niger. Pourquoi ces Etats et pas d’autres, mystère !

 

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26 mai 2017

TRUMP/POUTINE : Les liaisons dangereuses

Chronique politique hebdomaqaire du vendredi

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       Le périple à l’étranger de Donald Trump, lui a donné un petit répit, dans la chasse aux sorcières qui bat son plein à Washington. Le faiseur de ‘deals’ américain a affronté l’Orient compliqué. Si le président américain pourrait ne pas achever son mandat, il n’est pas exclu que cet homme versatile et imprévisible, obtienne une percée historique dans le tragique conflit israélo-palestinien. Lors de ses entretiens avec le premier ministre israélien et le leader palestinien, Donald Trump a promis de faire avancer le dialogue israélo-palestinien.

Dans le viseur de la justice américaine et de l’enquêteur spécial désigné : les relations de Trump et son équipe avec Poutine et les siens.

Trump n’a jamais caché sa sympathie pour la Russie et son admiration pour Poutine. Le Pentagone veut à tout prix faire de la Russie un ennemi des Etats-Unis, mais le Président, peut-il être d’un avis contraire ? Il semble que tous les lobbys ne l’entendent pas de cette oreille et ressortent la question de l’interférence de Moscou dans le processus électorale présidentiel. Certains rêvent d’une destitution, on en est très loin.

Mais, force de constater que la présidence Trump est assiégée. Le président américain est pris dans un engrenage politico-judiciaire infernal. La tempête qui souffle à Washington, est devenue ouragan, et le déplacement présidentiel à l’étranger, a mit une pause dans ce déferlement juridico-médiatique.

Collusion avec une puissance étrangère, obstruction à la justice, les prétextes à une mise en accusation, ne manquent pas. Au-delà des enquêtes, les clés du combat se situent sur le terrain politique. Tant que Trump tiendra sa majorité, rien ne pourra lui arriver de très fâcheux, même si les gros bataillons de la presse et de l’establishment ont juré sa perte.

Au prochain G7, qui se tient en Sicile, les participants vont-ils se rappeler de la déclaration du ministre italien lors du précédent G7 d’avril 2016 : «  on ne parle pas avec la Russie à coups d’ultimatums. » La Russie, dans de nombreux conflits, comme la Syrie, s’est imposé incontournable. Les membres du G7 auront tort d’isoler la Russie.

Pour la Russie, l’Amérique n’a aucun droit à s’ingérer dans la politique intérieure des autres pays, et à y organiser, par son argent ou sa force militaire, des ‘changements de régime’. C’est ce que le secrétaire d’Etat américain s’est entendu dire, lors de sa dernière visite au Kremlin, le 12 avril dernier.

Le quatre piliers de la diplomatie russe, sont connus.

-le principe d’indépendance, les Russes entendent rester maîtres de leur destin

-Son intérêt national, qui est de créer les meilleures conditions pour son développement.

- L’impératif de la sécurité nationale. La Russie se méfie des armées venues de l’ouest, qui l’ont si souvent envahie.

-La Russie est attachée à l’ONU et à la négociation.

Les européens devraient comprendre aisément les aspirations des Russes, le travail de réintégration de la Russie dans la famille européenne prendra du temps, mais est inéluctable.

Trump, intuitivement, a compris la Russie, mais risque de payer cher, ses liaisons avec Moscou.

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19 mai 2017

Un sacre, en l'absence du peuple

Chronique politique hebdomadaire du vendredi. Elle est encore cette semaine, franco-française. Les évenements l'imposent, la semaine prochaine, la géopolitique reprendra ses droits.

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Les circonstances ont voulu que je sois à Paris, lors de la passation du pouvoir : Hollande/Macron. L’occasion de constater de visu, l’absence du peuple aux Champs Elysées, lors de la montée traditionnelle de l’avenue mythique, par le nouveau Président de la République française, Emmanuel Macron.  Les caméras des télévisions nationales, toujours « bon enfant » ont zoomé sur les badauds agglutinés autour de l’Arc de Triomphe, évitant, avec soin, de montrer l’absence d’enthousiasme tout au long du parcours du président Macron.

Si les salons de l’Elysée, aussi bien que ceux de l’hôtel de ville ont fait le plein des invités, on ne peut pas dire autant des espaces réservés au public.

Pour sa visite protocolaire à l’Hôtel de ville de Paris, la mairesse Hidalgo n’a pas cessé de faire appel aux Parisiens de venir nombreux sur l’esplanade de la Mairie, fêter dans la liesse (sic) le nouveau président de la République française. Peine perdue, l’esplanade était au trois quart, vide.

Le peuple de France donnait l’impression qui ne se sentait pas concerné par l’événement.

Il a démontré, par son vote, qu’il ne voulait pas de Marine Le Pen, mais n’a pas non plus plébiscité le candidat Macron.

Le peuple est dubitatif et amusé en même temps, par la jeunesse et le culot du jeune Macron.

La France est un vieux peuple qui ne croit pas aux contes de fée. Il est très conscient que les intérêts privés, les grandes banques et les multinationales grignotent, peu à peu, ce qui reste d’espace public, en s ‘appuyant sur des structures supranationales comme l’Union européenne ou l’OMC.

La question lancinante, qui n’a, à aucun moment, été abordée durant la campagne présidentielle, par les candidats : l’extraterritorialité du droit américain, une arme Juridique bien utile aux Etats-Unis, pour mener une guerre commerciale contre leurs supposés alliés.

Qui, dans cette campagne, a mis en avant le fait que l’indépendance de la banque centrale européenne et l’obligation faite aux Etats de se financer auprès des marchés, (pour la France, depuis 1973), privent les gouvernements de toute possibilité de mener la politique pour laquelle les citoyens ont voté. Aucun des grands enjeux n’a été abordé. Le second tour s’est résumé en un référendum : pour ou contre Marine Le Pen.

Si Donald Trump, le président américain, a été élu contre les Médias, Emmanuel Macron, serviteur de l’Etat maastrichtien, a été élu dans le fauteuil du général de Gaulle, avec l’aide des Médias.

Certains observateurs considèrent que l’on est entré dans un nouveau monde, dont Emmanuel Macron est le produit. Un nouveau monde, où la religion et la politique se sont effacées au profit de la technocratie et du marché. Si ce grand basculement s’est accompagné d’une avancée de l’autonomie humaine, il a laissé place à un grand vide idéologique et existentiel.

Le peuple de France, inconsciemment, ressent toutes ces contradictions, ce qui explique, peut-être, son manque d’enthousiasme à fêter une victoire, qu’il ne ressent pas sienne.

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05 mai 2017

Y-a-t-il une vie pour les partis après la Prédisentielle ?

Les événements m'obligent à rédiger une chronique franco-française. Paris bruisse des plus folles théories, néanmoins,certaines vous interpellent..

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Les deux candidats à la Magistrature suprême, prétendent que le clivage droite/gauche, n’existe plus. À les entendre, la gauche a disparue, avec ses synthèses et ses non-dits. La droite ne sait plus où elle en est, prête à s’offrir au premier illusionniste venu.

C’est vrai que la victoire prévisible de Macron, va obliger les partis, surtout les républicains, à se restructurer, à se remobiliser, car la bataille des législatives va être cruciale pour la recomposition éventuelle du paysage politique français.

Il ne faut pas que le parti Les Républicains se disloque sous l’amertume de la défaite aux présidentielles. Cette défaite ne peut se relativiser que par une nette victoire aux législatives, qui ramènera Les Républicains au réel pouvoir, celui de la gouvernance.

Il ne faut pas qu’ils donnent le triste spectacle de la course « à la soupe ». Comment se rallier à l’adversaire d’hier, sans se renier. Les vrais combattants, les vrais leaders, sont ceux qui se relèvent et repartent au combat.

Nous avons assisté à un lancement d’une nouvelle lessive, qui lave plus blanc. Bravo les stratèges du marketing. Mais la France a besoin de beaucoup plus que d’une nouvelle lessive.

Beaucoup, nous expliquent doctement, que c’est la fin des partis.  La fin des partis, ce serait la fin de la politique, nonsense ! La fin de certains partis, comme nous les connaissons, vraisemblablement. La vérité est qu’un renouvellement des leaders politiques s’impose. L’électeur ne veut plus d’une élite inamovible, des jeux de chaises

musicales et des professionnels de la politique. Macron fait prendre un coup de vieux, à toute une classe politique, quelque soit son idéologie. Certes, tout est relatif, 39 ans, n’est plus la prime jeunesse. À cet âge, l’histoire fourmille de héros accomplis : Jésus Christ fut crucifié à 33 ans, Mozart avait fini sa glorieuse carrière à 36 ans, Napoléon Bonaparte couronné empereur à 35 ans, et Alexandre le Grand, rendit son âme à 33 ans. D’autres changèrent la face de l’Europe, à plus de 80 ans.

Chef des armées, de la diplomatie, le Président de la république qui va être élu ce 7 mai, va être confronté à un monde en pleine mutation, où l’ordre mondial connu à ce jour, est remis en question par les Grands de ce monde : les Etats-Unis et la Chine. On est loin de l’idée que les valeurs occidentales avaient gagné une fois pour toutes. Les années 90, en géopolitique, furent les années de la convergence. La grande majorité des nations convergeaient vers le modèle libéral occidental. Le réveil de la Chine, le retour de la Russie dans le jeu de la diplomatie mondiale, l’échec relatif de la mondialisation et la remise en chantier de l’Europe, sont autant de défis qui s’imposent au prochain président qui devra également remettre en ordre et en marche, la maison France. Il ne pourra pas le faire tout seul, il aura besoin de partis politiques forts et compétents. C’est pourquoi la bataille des législatives est la bataille qu’il leur faut gagner.

Pour cela, il faut éviter que l’extrême droite ne se substitue à la droite et le populisme à la social démocratie. La France n’est pas mure pour la démocratie directe (à la Suisse ?).

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29 avril 2017

Une situation abracadabrante

Une chronique de Paris

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                     La France est toujours sous le choc du premier tour de l’élection présidentielle. Pour la première fois de l’histoire de la Vème république, la droite n’est pas présente au deuxième tour.

Le sentiment qui prime chez les électeurs déboussolés, est celui d’un immense gâchis. La République est en réel danger de radicalisation, mais la France a vécu d’autres situations, aussi alarmantes, et s’est toujours retrouvée, grâce à un peuple, certes frondeur, mais toujours fidèle à ses valeurs républicaines.

Oui, François Fillon a perdu, victime de ses propres faiblesses, de ses erreurs, de l’acharnement de ses adversaires, de l’hostilité des médias et des lâchetés de son propre camp. Mais n’a-t-il pas pêché par orgueil et obstination ? Les militants n’ont-ils pas pêché par discipline de parti ?

Cependant, les idées qu’il a défendues doivent perdurer, et s’imposer à tous les Républicains. Dans les temps incertains, qui vont suivre l’élection du Président de la République, la France aura besoin de liberté économique, de réalisme financier,  d’ordre, de sécurité et du retour de l’autorité étatique.

Nous ne l’aurons surement pas avec le FN, nous courrons le risque de l’avoir avec Macron. Encore devra-t-il nous dire avec qui, il entend gouverner. Un président de la république, isolé dans son palais élyséen, ne pourra pas grand chose, seul.

C’est pourquoi, la bataille des législatives est cruciale. Le parti qui gagnera la majorité à l’Assemblé nationale gouvernera. Dans le cas où, aucune majorité se dégage, bonjour les dégâts : on reviendra aux coalitions et à l’instabilité de la IVème république.

La démocratie veut que la majorité ait toujours raison, mais la raison remporte-t-elle des élections ? Assurément non, à voir la situation abracadabrante dans laquelle se trouve, aujourd’hui, la France.

À parcourir Paris, à interpeller les uns et les autres, on en retire un sentiment de résignation et l’absence de tout enthousiasme. Inquiétant, pour les réformes qui s’imposent et la reprise en mains attendue. Pour certains, Macron a volé cette élection à l’aide de certains médias et d’une institution judiciaire complaisante. Quel chemin, Macron devra parcourir, (s’il est élu,) pour conquérir le cœur des français.

Par les temps qui courent, la France aurait-eu besoin d’un De Gaulle, on aura un Raymond Barre, en plus jeune. 

 

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21 avril 2017

Drôle de campagne présidentielle !

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                À 48 heures du vote, comment ne pas parler de l’élection présidentielle française ?

La campagne m’a rappelé ces rencontres de femmes, à la belle époque. Elles parlaient chiffons et évitaient d’aborder les choses sérieuses, du ressort des ‘autres’.

On a parlé beaucoup de costumes, d’indemnités, du sexe des anges, la droite et la gauche ayant disparues, aux dires de certains. Les mêmes qui ont transformé la marche ‘en avant’ en arrière toute.

On aura parlé peu ou prou, des syndicats moribonds, beaucoup de l’islamisme, peu des catholiques de la France profonde.

Nombre de grands sujets sont restés les parents pauvres et occultés de la campagne présidentielle. Est-ce parce que l’on juge les sujets trop ‘pointus’ pour les aborder avec le citoyen lambda ? Est-ce que ces sujets dépassent la capacité de compréhension et de maîtrise, des candidats ?

Le débat à onze du 4 avril, a été pitoyable à cet égard. Certains candidats avaient leur place au « café du commerce » plutôt qu’au micro d’une télévision nationale. Ils ont du enregistrer leur intervention, qu’ils doivent se repasser en boucle, heure de gloire laissée en héritage à la progéniture.

On a eu droit à tout : à la surenchère sociale et financière, au provincialisme le plus étriqué, à la démagogie souvent antieuropéenne.

L’avenir de l’Europe, le poids de la dette, la menace islamo-terroriste et la violence qui la précède, les guerres qui à notre porte, constellent le proche et le Moyen-Orient, les candidats, à l’exception d’un ou deux, les ont considéré trop sensibles pour être aborder durant une campagne électorale.

Pourtant, l’actualité ne manque pas de nous rappeler, chaque jour, les atrocités commises par les parties en guerre au Moyen-Orient, les nettoyages ethniques et religieux poursuivis par les djihadistes. Comment, la France, fille ainée de l’Eglise, a-t-elle abandonné à leur triste sort, les chrétiens d’Orient.

Le multiculturalisme, prôné par certains, est-il la bonne réponse ? La campagne présidentielle a été silencieuse sur ce sujet qui s’apparente beaucoup plus à « non assistance à personne en danger ».

On aurait aimé que ces candidats, sûrs d’eux-mêmes, de leurs connaissances et expertises, nous parlent de la surexploitation des richesses naturelles, de leur épuisement et de la voie à suivre en la matière. Devant un monde en évolution, où certaines grandes puissances veulent imposer leur modèle d’ordre mondiale, on aurait aimé qu’ils nous exposent leur stratégie géopolitique en la matière.

Sont-ils incapables de débattre, face à la guerre qui gronde ou aux migrations qui risquent de renverser l’Europe et le Maghreb, de l’installation d’une dictature turque, à la porte de l’Europe ?

Dans ces conditions, jusqu’à quand, l’Europe va demeurer un isolat pacifique et opulent, objet de toutes les convoitises migratoires. Personne n’est d’accord sur ce qu’il conviendrait de proposer aux peuples extérieurs et aux migrants.

Un grand nombre de candidats n’avaient rien à voir avec cette élection présidentielle. Ces candidats de témoignage, ont tiré le débat vers le bas. On est tenté de dire : « tout ça pour ça ? », est-ce une présidentielle pour rien ?

Les français vont voter dimanche, savent-ils ou ont-ils conscience qu’au delà du nom, ils vont voter pour un choix de société ?    

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14 avril 2017

À la veille du choix

Vendredi, voici une chronique de circonstances:

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                    Les élections présidentielles qui se sont déroulé aux Etats-Unis, ont marqué un réveil des masses populaires. Celles à venir en Europe, risquent de nous surprendre par le rejet des élites, championnes de la manœuvre et de la manipulation, ainsi que de la morale à géométrie variable, des paragons de vertu auto-proclamés.

Les Américains ont choisi Trump, et avec lui, l’incertitude, le choc des classes sociales, la guerre aux médias et l’enfermement découlant du principe : l’Amérique d’abord.

 L’Europe continue sa dérive vers la droite et l’extrême droite, avec un corps électoral qui n’obéit plus aux invectives.

Que va-t-il arriver en Allemagne ? Que va-t-il sortir des urnes, en France ? Le choix est difficile pour l’électeur lambda, choisir entre ceux qui sont restés aux lendemains enchanteurs, ceux qui parlent encore du prolétariat exploité, ceux qui ne font pas rêver, parce que réalistes, ceux qui croient encore en la France et ceux qui veulent qu’on lui pardonne son Passé, c’est un exercice pas aisé.

 Alors que la guerre civile est à notre porte, attisée par un Islamisme politique irresponsable, lui-même travaillé par des djihadistes-terroristes, l’électeur inquiet, cherche des réponses dans les discours lénifiants de la plupart des candidats.

 ls ont tous des programmes miraculeux, élaborés pour ne pas être suivis. Ils pensent tous que leur programme est le sésame pour l’Elysée.

Très peu vous parlent de la France, de ses problèmes immédiats, de la dette monstrueuse, des inquiétudes, très terre-à-terre, des citoyens.

Ne nous leurrons pas, c’est un choix de société qui va se trancher dans quinze jours.

 Les médias et l’appareil judiciaire se sont invités au débat politique, et les accusations qu’on accroche aux basques de Fillon et de Le Pen, ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Il y a encore des candidats ‘Cro-Magnon’ qui trouve que tout est la faute du capitalisme. Il y a longtemps que le capitalisme a tiré sa révérence du débat.

Messieurs les candidats (-1 ou 2) méfiez vous du vote de la France profonde, catholique et attachée à ses racines. Son vote ‘colérique’ risque de bousculer beaucoup de stratégies.

 Le désamour du corps électoral pour la politique, le rejet des élites et la confiance refusée à nombre d’hommes politiques, font craindre un taux d’abstention exceptionnellement élevé. Ceci va nuire à la légitimité du Président élu.

Au delà des hommes, c’est la compétence, c’est l’expérience de la chose publique, loin des discours démagogiques, qui doivent guider le choix de l’électeur.

Nous sommes à la veille de ce choix, à quelques heures de mettre le bulletin dans l’urne.

Que Dieu protège la France !

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