Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

24 mai 2018

EN ROUTE POUR UN ‘MAI 68’ MONDIAL

Je pars aujourd'hui pour l'Europe, après mon émission de 12h15 sur Atlantic. De retour dimanche, je vous donne dès aujourd'hui ma chronique du vendredi :

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Donald Trump, par ses excès et ses ultimatums, ses outrances diplomatiques et ses ‘Ukases’ économiques, est en train de mettre en place, toutes les conditions d’un ‘ras-le-bol’ mondiale.

Les anciens se souviennent de l’explosion populaire un certain mai 1968, véritable coup de tonnerre dans un ciel bleu, jusqu’alors.
Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, il assène, tout azimut, sa doctrine : « America first ».
Si consommateurs et entrepreneurs américains applaudissent le trumpisme, le reste du monde fait la grise mine avec un sentiment d’impuissance, qui souvent précède la rébellion.
Depuis plus d’un an, Donald Trump conduit sa politique économique avec les mêmes sabots que sa diplomatie. Ce mélange de brutalité, d’entêtement et de déni des intérêts des autres, est en train de remettre en question les alliances, qui jusqu’à ce jour, ont permis aux Américains d’asseoir leur hégémonie.
On doit lui reconnaître, la croissance vigoureuse des Etats-Unis, son chômage au plus bas, frisant le plein emploi, et Wall Street aux anges, qui bat tous les records. Mais au prix d’une croissance en berne, d’un chômage toujours pesant et de l’incertitude du lendemain, chez les autres, particulièrement en Europe. 
La guerre commerciale qui pointe son nez, avec les décisions arbitraires d’augmentations des droits de douane sur des produits majeurs pour certains pays producteurs, l’exterritorialité des sanctions américaines à l’égard de l’Iran, mettent à mal les alliances et en premier chef le pacte de l’OTAN.
Le président-entrepreneur, au ton martial et au pragmatisme absolu, va-t-il enfin ouvrir des négociations avec, en premier lieu, ses alliés de l’OTAN ? Sa méthode belliqueuse n’est pas sans risques.
Washington n’a pas encore gagné son bras de fer contre l’Europe. L’Union européenne affiche, pour le moment une unité de façade.
Elle vient de prévenir l’OMC qu’elle est prête à riposter. Avec le Mexique et le Canada, les négociations trainent, le Brésil a reculé sur l’acier, le pistolet sur la tempe, la Corée du Sud courbe l’échine et attend la fin de la tempête. Même l’allié inconditionnel, le Japon, menace, un peu tardivement certes, de riposter. 
Ce jeu risqué que mène Donald Trump, peut marcher à court terme, à long terme, il y aura des dommages et des traumatismes, sur la scène nationale et internationale, qui mettront longtemps à se cicatriser. En attendant, il crée de l’incertitude et les projets d’investissements sont reportés.
Jusqu’alors, les gouvernements sont prudents dans leurs réactions à l’égard de Washington. Mais la société civile ne l’entend pas toujours de la même oreille. Elle a aujourd’hui des capacités de mobilisations qui n’existaient pas avant, internet les sites sociaux, etc. Aujourd’hui, les peuples se mobilisent beaucoup plus vite que les corps intermédiaires. Tous les ingrédients sont réunis, particulièrement le sentiment d’impuissance, qui ouvre la voie aux manifestations populaires et au rejet de l’Amérique. On sait toujours comment cela commence, on ne sait jamais comment cela peut finir.

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18 mai 2018

Donald Trump ouvre la boite de Pandore

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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  Donald Trump, le président pyromane, a dénoncé l’accord nucléaire iranien, et ouvert la boite de Pandore, que les Européens vont avoir du mal à refermer.

L’attaque délibérée du président américain met à mal l’ordre international multilatéral et annonce une crise stratégique, politique et économique aux conséquences incalculables pour l’économie européenne, des confrontations au Proche-Orient, et une rupture inévitable du pacte atlantique.

  Le cynisme de Washington, ne date pas d’hier. Le slogan ‘trumpiste’ : « l’Amérique d’abord » n’est que la partie visible de la stratégie géopolitique conçue par le conseiller du président Carter, Zbignew Brezinski, voilà 37 ans. 

Pour maintenir l’hégémonie américaine, il faut appliquer la loi du plus fort, contenir la Russie en l’encerclant par les postes avancés de l’OTAN dans les anciennes républiques soviétiques de l’Est de l ‘Europe, contrôler le monde arabe grâce à la théorie-Brezinski de l’accès à la démocratie, basculer la stratégie géopolitique, du Moyen-Orient vers le Pacifique, pour neutraliser l’expansionnisme chinois et enfin affaiblir l’Europe.  Pour Donald Trump,, il n’y a de partenaires, que des vassaux dociles et obéissants. C’est le dernier combat du WASP (White Anglo-Saxon Protestant), de l’élite américaine pour maintenir son hégémonie dans le monde.

Sa décision de saboter l’accord sur le nucléaire iranien, la reprise immédiate des sanctions et surtout leur extraterritorialité, qui soumet le monde au bon vouloir de la justice américaine, isole bien sûr les Etats-Unis, mais tend d’imposer un monde unipolaire, autour de la toute puissante Amérique.

  L’Europe est mise à rude épreuve, ou elle se rebiffe, et nous aurons une crise économique majeure, ou elle obtempère aux injonctions de Washington, et elle aura perdu toute crédibilité et souveraineté, sans éviter la crise.

Si l’Europe ne parvient pas à trouver la bonne réponse à l’agression du Président américain, l’Alliance atlantique, qui était sensée protéger les Etats européens, va devenir l’expression d’une servitude à l’égard des Etats-Unis, à moins de la saborder.

Pour le moment, les retombées sont positives pour l’économie russe et chinoise dans leurs, relations avec l’Iran.

Pour les Occidentaux, le multilatéralisme est une valeur fondamentale, dans un monde globalisé. Par sa volonté hégémonique et punitive à l’égard de ceux qui ne le suivent pas, Donald Trump est en train d’ouvrir la porte à des désordres armés dont on ne peut pas prévoir les limites.

 D’autres conséquences vont bouleverser les rapports entre Nations et les relations avec les Etats-Unis :

-      Des différentes annulations d’accords passés par son prédécesseur, Barak Obama, comme la sortie de l’accord de Paris pour le climat, la signature des Etats-Unis n’engage plus que les naïfs qui y croient.

-      La continuité de l’État, n’existe plus pour Washington. Ce qui a été signé au nom de l’État par les gouvernements précédents n’engage pas le suivant.

-      Les alliances ne sont valables que tant que les intérêts directs de Washington sont sauvegardés..

C’est un bouleversement dans la gouvernance et les relations entre États souverains, qui est initié par Donald Trump. 

Allons-nous vers des guerres régionales qui risquent de dégénérer ? Elles rempliront d’aise les complexes militaro-industriels, particulièrement celui des Etats-Unis.

  

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15 mai 2018

INFORMATION

INFORMATION :
J'ai le plaisir de vous annoncer que vous pouvez me trouver tous les jours, sauf le weekend, sur Radio Atlantic à 12h15. Dans cette émission intitulée 'LE FOCUS GÉOPOLITIQUE, en compagnie de Landre Benoit, je décrypte les politiques et les événements internationaux.
Atlantic Radio- FM 92,5 pour Casablanca, 106,9 pour Rabat, 103,3 pour Tanger, 90,5 pour Marrakech.

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11 mai 2018

La guerre régionale aux portes de la Syrie

Vendredi, jour de ma chronique politique hebdomadaire.

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      La Syrie est-elle en passe de glisser de la guerre civile à une guerre régionale ? Les frappes des Américains et ses alliés sur les sites syriens, en sont-elles les prémices.

Les rodomontades du président américain Donald Trump soulignent les incohérences et les contradictions de sa politique, et l’absence d’une réelle stratégie américaine en Syrie. Ordonner une ou deux frappes contre les forces d’Assad, ne modifie en rien l’équilibre des pouvoirs dans la région et ne renforce pas la position de Washington dans ce pays déchiré par la guerre, sans parler du Moyen-Orient en général.

La riposte occidentale à l’attaque chimique attribuée à Damas, a suscité de sérieuses réserves. En s’engageant à retirer de Syrie les maigres troupes américaines et renoncer à ses engagements en Syrie, Trump a perdu l’opportunité de peser sur l’avenir du pays. Les acteurs locaux et régionaux qui avaient placé leur confiance dans les engagements américains, risquent d’en payer le prix fort. 

Les Kurdes– l’allié le plus fiable et le plus efficace des Etats-Unis dans le combat contre l’EI– ont été abandonnés à leur sort, malgré les assurances des officiels de l’administration Trump. 

Les Kurdes critiquent, à juste titre, cette administration pour les avoir sacrifiés sur l’autel des relations stratégiques turco-américaines. Avec le retrait des Etats-Unis, ils peuvent se sentir obligés de s’allier avec Assad pour assurer leur protection. 

Mais la bataille va être dure, car le départ des Américains renforcera probablement l’emprise de la Turquie. Sans les Etats-Unis, les principales puissances étrangères restant engagées dans le conflit syrien– la Turquie, la Russie et l’Iran–vont consolider leurs sphères d’influence et se partager, après la guerre, le butin de la reconstruction. 

Le président russe Vladimir Poutine est le faiseur de roi, dont l’intervention militaire, au moment opportun, a sauvé le régime d’Assad de la défaite et retourné le sort des armes en sa faveur. Dès lors que les Etats-Unis abandonnent la partie en Syrie, les liens militaires et économiques de la Turquie avec la Russie ne vont que se resserrer.

Comme la Russie, l’Iran est aujourd’hui la puissance régionale la plus influente en Syrie, comme elle l’est en Irak et au Liban. Mais la ruée pour remplir le vide laissé par les Etats-Unis va provoquer l’étincelle qui mettra le feu aux poudres.

La situation de quasi-guerre met désormais aux prises l’État hébreu et les milices dirigées par les gardiens de la révolution iraniens. La présence en Syrie de ces quelques 20,000 hommes n’a apparemment d’autre but que d’y établir un avant-poste pour cibler le territoire israélien.

 On peut légitimement s’inquiéter qu’Israël n’utilise le retrait américain comme un prétexte pour intensifier ses frappes contre l’Iran et le Hezbollah en Syrie– une initiative qui pourrait enflammer toute la région, et y entraîner les Etats-Unis, l’Irak et l’Arabie saoudite, principale rivale de l’Iran pour l’hégémonie régionale.

 De cet embrouillamini ne sortira, pour le moment, que souffrance et douleur pour les peuples toujours otages du jeu politique. Ce jeu géostratégique n’a pas fini de redistribuer les cartes.

 

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04 mai 2018

Le ballet diplomatique de deux illusionnistes

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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  La visite d’État du président français, Emmanuel Macron à Washington, a offert aux observateurs, médusés, un ballet diplomatique digne des plus grands vaudevilles. 

 D’accords sur rien, leurs enlacements, parfois gênants, leur chasse aux pellicules, tels les grands Primates, étalaient une entente illusoire qui ne trompait que les néophytes de la politique.

Sous le regard amusé de Donald Trump, Macron, devant le Congrès américain, a ‘démonter en règle le trumpisme’ comme le rapporte E.J. Dionne dans le « Washington Post ».

Aux remerciements d’usage d’Emmanuel Macron avant son départ de Washington, la Maison-Blanche répondait  en assurant le Président français de « la profonde affection » du chef de l’exécutif américain pour ses « hôtes bien-aimés ».

Donald Trump enfonçait le clou le lendemain, dans une interview de l’émission fétiche : « Fox and Friends ». Il y déclarait combien le couple Macron était ‘formidable ».

  Tout au long de cette visite d’État, on a vu un étalage, par les deux Présidents, d’un ego surdimensionné qui ne laissait pas de place à  des blessures d’amour-propre.

Mais qu’y-a-t-il derrière ce cinéma ? 

Le premier objectif était vraisemblablement à usage interne. ‘Voyez comme je sais recevoir pour le « sauvage » que je serai pour certains’, semble dire Donald Trump. « Voyez comme je suis droit dans mes bottes devant l’homme le plus puissant de la planète, et pas seulement devant les syndicats en grève et les troublions de la Zad nantaise » semble répondre en écho Emmanuel Macron.

Au delà des objectifs domestiques, Macron avait l’ambition de faire fléchir Trump sur l’accord de Paris, celui du nucléaire iranien conclu péniblement en 2015 et la guerre commerciale sur l’acier et l’aluminium. Echec sur toute la ligne, mais noyé dans des effusions télévisées.

Le magazine américain, ‘Le New Yorker’ s’attaque au jeune présomptueux en lui faisant le procès de « surestimer sa propre intelligence, un mal français très répandu. » 

Si du côté de Trump, on a cherché à fissurer le couple Macron/Mertkel pour affaiblir le renouveau de l’Union européenne, Macron, quant à lui, a cherché à se positionner en médiateur entre l’ancien et le nouveau continent, et comme le conciliateur possible entre Washington et Moscou. 

Son approche peut être un avantage pour Bruxelles, si elle ne change pas au gré des circonstances, que l’Europe  bénéficie ou pas d’une politique plus conciliante à l’égard des tarifs douaniers, ou que l’accord iranien soit dénoncé ou pas.

La question qu’il faut se poser est : l’Europe et le monde, va-t-il tomber dans une sorte de néant face au ‘foucades’ de l’imprévisible président américain, Donald Trump.

On aurait pu faire un film de cette visite ‘historique’ intitulé « Je t’aime, moi non plus », mais ce titre est déjà pris.

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27 avril 2018

GPA, PMA, les droits de l'Enfant y sont oubliés

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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     Aujourd’hui, en Europe et ailleurs, on veut transformer les avancées médicales et scientifiques en matière de natalité, en un droit pour tous. Personne seule, couple de même sexe, pour eux, le désir d’enfant devient un droit que le législateur doit sacraliser par la loi. Accès à la PMA (procréation médicale assistée), à la GPA (gestation par autrui) doit leur être garanti.

  Mais le besoin de tout enfant d’avoir un père et une mère, devrait également retenir l’attention du législateur. En vérité, légiférer sur le don de la vie, c’est vouloir régir les mœurs et transformer la société. Vouloir un enfant a été toujours une affaire privée. Un médecin, peut-il agir en dehors d’une déontologie qui interdit de répondre à des demandes non médicales ? Il faudra définir les conséquences des nouvelles techniques de procréation, sur la filiation, l’autorité parentale et l’accès aux origines. Aujourd’hui, on va faire naître des enfants sans père, voire sans mère. Bravo pour l’avancée scientifique, mais quid de la construction psychologique de l’enfant ?

Le désir d’enfant est respectable, altruiste et généreux de la part d’un couple formé d’une femme et d’un homme. Il devient l’expression d’un égoïste et immoral ‘droit à l’enfant’ pour les autres. Il faut prendre en considération les droits fondamentaux de l’enfant, car ces droits sont plus importants que le désir d’enfant.

  Que dire des mères porteuses pour qui, certains, comme feu l’homme d’affaires Pierre Bergé, n’y voyait ‘aucune différence avec un homme qui loue ses bras’. Est-ce une liberté à encadrer ? Est-ce une nouvelle profession qu’il faut organiser et taxer ? En d’autres termes, il s’agit de faire de la Gestation Pour Autrui (GPA), une activité commerciale comme une autre.  Pour beaucoup cela est contraire à la dignité de la femme qui se prête ou se loue, contraire à la dignité de l’enfant offert ou vendu. Le besoin d’un enfant d’avoir un père et une mère, n’est pas passéiste ou l’expression d’un monde révolu.

Les principes fondamentaux des droits de l’homme et du citoyen, protègent également ceux de l’enfant, pour son bien, comme ils respectent les valeurs de nos sociétés.

Au nom du progrès, de la modernité et de la ‘conquête’, on détricote les anciens interdits de civilisation, qu’on ne considère plus que comme des résidus archaïques, hérités des religions monothéistes.

  Nous assistons à la réduction du lien social à sa stricte dimension procédurale. La désacralisation du corps ouvre la voie à la marchandisation de la vie. Le polonais Cseslaw Milosz, poète et romancier, prix Nobel de littérature (1980) disait : « Le matérialisme extrême, réduit l’Homme à ne plus être qu’un matériau humain. », nous y sommes ! 

 

 

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26 avril 2018

INVITATION

                                À TOUS MES AMIS

 

                                    INVITATION

 

                           Le 2 mai 2018 à 19h :00

 

                      À l’amphithéâtre ‘Casablanca’ ESCA

                            7 rue Abou Youssef El Kindy

                   Bd Moulay Youssef 20070 Casablanca

 

                    CONFÉRENCE DE PATRICK BANON

 

        ‘Pluralisme culturel, mondialisation des religion et laïcité :

                         Quelle éthique pour les entreprises ?’

 

PATRICK BANON, est un écrivain, essayiste, spécialiste en Sciences des Religions et Systèmes de Pensée (École Pratique des Hautes Études), chercheur, associé à la chaire « Management, Diversités et Cohésion sociale de l’Université Paris-Dauphine.

PATRICK BANON a publié de nombreux ouvrages scientifiques sur les thèmes des religions. 

 

ENTRÉE LIBRE, VENEZ NOMBREUX

 

 

 

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20 avril 2018

Complexes militaro-industriels et pouvoirs.

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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     Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni sont intervenus en Syrie, la semaine dernière, pour punir Damas d’avoir eu recours (peut-être) aux armes chimiques. C’est pas moins de 105 missiles qui ont été tirés. Au prix de 575000 dollars le missile américain, le Tomahawk, c’est près de 60 millions de dollars qui ont été dépensés par la coalition. Ce montant est à ajouter au montant déjà faramineux du chiffre d’affaires des complexes militaro-industriels de la dite coalition.

  À cette occasion, on peut se poser la question des rapports de l’industrie de l’armement avec les gouvernements.

 L’ingérence des complexes militaro-industriels dans la gestion des affaires étrangères des différents gouvernements de la planète, n’est plus à démontrer. Il est notoire, par exemple, qu’aux Etats-Unis, l’industrie des armes, par son puissant lobbysme et ses subventions distribuées généreusement aux sénateurs et congresmans du pays, interfère grandement dans la politique des armes et dans les grandes décisions de politique étrangère de la Nation américaine. 

  « Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l'acquisition d'une influence illégitime, qu'elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d'un développement désastreux d'un pouvoir usurpé, existe et persistera. » Qui dit cela ? Dwight David Eisenhower, président des Etats-Unis de 1953 à 1961, dans son discours de fin de mandatprononcé le 17 janvier 1961.

 Près de soixante ans après, l’avertissement d’Eisenhower reste ignoré et oublié.

Les complexes militaro-industriels regroupent trois pôles, l’industrie de l’armement, les forces armées et les décideurs publics, qui influencent les choix publics. L’ensemble des interactions façonne l’évolution des armées par l’intermédiaire de l‘attribution des contrats de défense.

 Le gigantisme des budgets accordé au domaine de la défense par les différentes puissances, reflète l’emprise de ces contractants sur la scène politique. Les Etats-Unis par exemple dépensent plus pour la défense que les treize pays suivants pris ensemble. L’universitaire, spécialiste de la sécurité, John Mearsheimer note que les Etats-Unis, depuis 1991, ont été en guerre deux années sur trois. 

 La question que chacun doit se poser, est de voir comment veiller à empêcher les complexes militaro-industriels d’acquérir une influence injustifiée et anti-démocratique, dans les structures gouvernementales. C’est un risque réel qui va perdurer, tant qu’on laissera une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses, où l’intérêt mercantile prime. Cette association de pouvoirs, met en danger les libertés et les procédures démocratiques.

 Il existe une solution radicale, nationaliser l’industrie de l’armement. Interdire par la loi la fabrication des armes par les entreprises privées, à l’exception de la fabrication des fusils de chasse.

 Alors seulement, on aura finit avec l’hypocrisie, les financements occultes et l’ingérence grandissante des complexes militaro-industriels.

Mais existe-t-il aujourd’hui, des responsables politiques qui primeront l’intérêt général et l’exercice de la démocratie, sur leur intérêt personnel ou celui de leur parti. Il est raisonnable d’en douter.

 

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13 avril 2018

Les multiples brad-de-fer du chaudron syrien

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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      Voilà maintenant 7 ans, depuis 2011 et plus de trois cents mille morts, que le drame syrien interpelle le monde. Parti d’une contestation pacifique à Deraa dans la foulée du ‘printemps arabe’, la situation a vite dégénéré en guerre civile, puis en guerre tout court.

Qui a pollué une situation où les enjeux étaient clairement établis dans un cadre interne et national ? Qui, par la présence de bandes djihadistes, de groupements terroristes comme Al Qaïda, a empêché l’Occident d’intervenir quand il était encore temps ?

L’histoire commence en 2011, lorsque l’émissaire de l’Arabie saoudite est venu assurer de son soutien politique et financier le président Bachar el-Assad, sous la seule condition qu’il abandonne son alliance avec l’Iran. Mettre fin à son alliance stratégique avec Téhéran, n’était pas envisageable pour le maître de Damas. Son refus de tourner le dos à l’Iran permettait à Téhéran de parfaire l’axe chiite Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth, chose inacceptable pour Riad et l’ensemble des monarchies sunnites du Golfe. C’est la raison profonde qui a transformé le Royaume saoudien et la Turquie d’Erdogan, en pourvoyeurs d’armes et de soutiens financiers des groupements terroristes en action en Syrie. L’étape suivante a été l’implication militaire directe de la Turquie, l’Arabie saoudite étant empêtrée dans une guerre interminable au Yémen où l’Iran tire les ficelles. 

  Le grand Royaume sunnite, qui a une peur bleue de la Perse chiite et de son éventuelle hégémonie sur le Golfe, est outrée qu’un pays majoritairement sunnite, terre du premier califat omeyyade, puisse être aussi proche de l’Iran. Par le jeu des alliances et des intérêts commerciaux et stratégiques des uns et des autres, les grandes puissances, sans mettre, pour la plupart, le doigt dans un engagement militaire direct, se trouvent impliquées dans la recherche d’une solution qui ne pourra être que politique.

Les provocations et les manipulations ne manquent pas. Malheureusement, c’est la population civile, les femmes et les enfants en particulier, qui en sont les victimes expiatoires.

  Personne n’est sûr de la responsabilité de Damas dans la dernière attaque chimique, après la découverte, par les russes, d’un atelier clandestin de fabrication d’armes chimiques, développé par des djihadistes.

En intervenant au sol en 2015, les militaires russes ont changé la donne et sauvé le régime de Damas.

  La Russie est devenue incontournable dans le conflit, mais peut-elle vraiment imposer à Bachar el-Assad une position plus conciliante ? L’alliance nouée par Moscou avec la Turquie et l’Iran est, aujourd’hui, fragilisée, les objectifs des uns et des autres, principalement ceux de la Turquie, devenant divergents.

  Israël suit avec attention la situation, et intervient plus ou moins ouvertement, car comme le déclare l’ancien chef du Conseil de sécurité israélien, Yaacov Amidror : « Donner carte blanche à Téhéran serait inimaginable. On ne pourrait ensuite plus se défendre. » Malgré le risque d’escalade, l’Etat hébreu n’hésite pas à répliquer chaque provocation.

 On se doit de constater que la question d’une transition politique à Damas se heurte au sort du président syrien. Ce dernier a fait le vide autour de lui. Quels hommes pourraient émerger ? L’alternative possible à Bachar el-Assad reste encore aujourd’hui, une question sans réponse. Après plus de quatre ans de guerre, ni les alliés russes et iraniens d’Assad, ni mêmes ses opposants, ne peuvent avancer le nom d’un successeur au sein du régime, capable de rassurer les minorités et d’éviter le chaos.

  La politique américaine est paralysée par la complexité de la situation. Les Etats-Unis, ces dernières décennies, se sont ingérer dans les conflits intérieurs d’autres Etats et se sont trouver entrainés dans des guerres interminables qu’il ne remportent jamais. La guerre de Syrie ne touche pas les Etats-Unis, mais elle porte préjudice à leurs alliés européens ainsi que ceux du Golfe.

   Si la Syrie s’effondre, c’est la partition qui va s’installer. Le pays sera éclaté entre les différentes mouvances. Ceci entrainera l’effondrement de l’Irak, le début d’un conflit au Liban et mettra en question l’intégrité des Etats comme la Turquie, sans oublier un embrasement, toujours possible, du Moyen-Orient, Israël en tête.

 Certaines monarchies du Golfe ont joué aux apprentis-sorciers. Ils ont nourris une véritable guerre de religions qui couvre, en réalité, une ambition hégémonique des uns et des autres. La recherche d’un leadership, sunnite ou/et chiite n’a pas fini d’agiter dangereusement la scène politique du Moyen-Orient.

 

  

 

 

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06 avril 2018

Le monde de demain est egoïste

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Durant des décennies, le monde occidental a défendu le citoyen et ses droits. Mais, petit à petit, l’homme politique a oublié l’intérêt général au profit de l’arithmétique électorale. La destruction méthodique de la cellule de base de toute société, la famille, a engendré un monde égoïste où l’individu défend ses avantages acquis, sans se soucier des autres. Ces autres, qui forment son environnement, conditionnent pourtant son épanouissement et font le progrès.

Même dans ce fameux concert des Nations, c’est l’ère du chacun pour soi.

Il est loin, le temps où, après la seconde guerre mondiale, le monde unanime déclarait : « Jamais plus cela ». Pour le bien commun de l’Humanité, les Etats signent des deux mains la charte des Nations Unis. Cet impératif de construire le bien commun est dans tous les discours. Même la compétition commerciale se dote de règles, incarnées par l’Organisation Mondiale du Commerce, l’OMC. 

  En France, en 1965, le général De Gaulle déclarait : « le but ultime de la diplomatie française est de concourir à la mise en valeur de la Terre tout entière. »

  Quand l’Assemblée générale de l’ONU proclame que 2000 sera « l’année internationale de la culture de la Paix », les grandes puissances regardent ailleurs. Aveuglées par leur idéologie, l’exportation de la démocratie, ils s’affranchissent du droit international et détruisent le système onusien. L’Amérique bafouent le Conseil de sécurité de l’ONU, et s’en ‘va-t-en-guerre’ en Irak, la France, unie à l’Angleterre, sème le chaos en Libye. Prenant acte du viol de l’ONU par les Etats-Unis en 2003, la Russie prend ses propres libertés avec le droit international, en Géorgie en 2008, en Ukraine en 2014. La Chine, qui s’est dotée d’un nouvel Empereur, renforce ses routes commerciales au détriment de ses voisins et fait fi des règles de l’OMC, dont elle fait partie.

La guerre froide est de retour, ainsi que la guerre commerciale, en attendant la Guerre tout court ?

L’individu n’est pas en reste, au fur et à mesure qu’il devient nanti, la natalité se met en berne, est-ce le refus de partager ?

   Est-ce le pri payer pour les progrès techniques, la robotisation, la libre circulation des biens et des hommes, l’allongement de l’espérance de vie ? Est-ce cela que nous réserve le « vivre ensemble » ‘new look’ ?

  Ces progrès tentent d’effacer, petit à petit, la notion même de religion. Et pourtant, les religions sont et restent un marqueur essentiel de l’identité des peuples.

  Au dogme communiste a succédé celui de la technologie, de la transhumanisation et de la recherche de l’immortalité. Vont-ils être les religions de demain ? América first, Russia first, London first, la France d’abord, et les autres, on verra plus tard.

   Il est vital que les Etas fassent l’apprentissage d’une conception élargie de l’intérêt national. Il est vital que l’individu réalise qu’il ne peut se passer des autres. Sinon, l’Homme nouveau du Nouveau monde sera désespérément seul et désenchanté.

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