Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

01 juillet 2022

L’EUROPE ET SES NOUVELLES DEPENDANCES

Les séries de sanctions à l’égard de la Russie n’ont fait que mettre à mal l’économie de l’Union européenne. Recherchant à se libérer du gaz et du charbon russes, elle n’a fait que changer de maître en la matière, avec des surcouts pénalisant le développement de son économie. On peut dire que le résultat de toutes ses mesures est à l’inverse du but recherché.

   Par son suivisme aveugle à l’égard des Etats-Unis, elle s’est mise dans une situation dangereuse. Pourra-t-elle retrouver son autonomie géopolitique ? On peut en douter.

 Dans son rapport du 28 avril dernier, le « Centre for Research on Energy and Clean Air », on peut lire que la Russie, malgrè la baisse des volumes, voit ses revenus des ventes du gaz et du charbon à l’Union européenne pratiquement doubler, grâce à la flambée des prix et ce, uniquement pour les deux premiers mois de la guerre en Ukraine. Elle a engrangé pour cette période près de 62 milliards d’euros dont 44 milliards de ses exportations vers l’Union européenne, contre 140 milliards pour l’ensemble de l’année 2021.

On constate, malheureusement, que l’UE frôle de plus en plus la « stagflation ». L’Allemagne voit son excédent commercial s’effondrer et son PIB stagner.

 Les ambitieux objectifs climatiques sont remisés au placard. L’Allemagne, la République Tchèque, la Bulgarie, la Roumanie et l’Italie envisagent aujourd’hui de suspendre leurs plans de sortie du charbon, vu le risque d’une rupture d’approvisionnement en gaz. 

  En 2021, 70 % du charbon importé par l’UE provenait de Russie (Eurostat), et sont peu nombreuses les alternatives. Peu d’espoir du côté de l’Afrique du Sud dont la production stagne.

Les États-Unis, eux, ont fait le choix de privilégier leur marché asiatique et 15 % seulement de leurs exportations sont destinées à l’UE. 

La vérité est que la politique d’embargo pousse l’UE vers de nouvelles dépendances.

Le 25 mars, elle a conclu un accord avec les États-Unis pour la livraison de 15 Gm3 de GNL supplémentaires d’ici la fin de 2022, à un tarif supérieur à celui du gaz russe. Ceux-ci s’ajoutent aux 22 Gm3 qui devaient déjà être livrés en 2022.

 Bravo pour les États-Unis, qui fins manœuvriers et seuls bénéficiaires des sanctions, sont devenus le premier exportateur mondial de GNL. La dépendance de l’Europe existe donc toujours : elle a simplement changé de bénéficiaire. Mais attention, alors que les prix du pétrole grimpent, la production américaine reste inférieure à son niveau de prépandémie à 11,9 mb/j fin avril, contre environ 13 mb/j en 2019.

 Il semble que le principal objectif de l’industrie pétrolière et gazière américaine, aujourd’hui, n’est plus la croissance de la production, mais plutôt le remboursement des dettes et la rémunération des actionnaires.

 L’approvisionnement en gaz des compagnies d’électricité devient, aujourd’hui, une farouche bataille entre Chinois et Européens.

 Les États-Unis qui n’exportaient pas de GNL en 2015, sont devenus, maintenant, le plus grand exportateur de gaz naturel (méthane) au monde. La guerre en Ukraine a surement des dégâts collatéraux, mais elle a, aussi surement, des avantages pour certains. 

Les nouvelles dépendances aux matières premières risquent de devenir plus graves que celles dont l’Europe veut se prémunir actuellement.

 Le développement passe par la maitrise a minima de 7 ressources dites vertes, aluminium, cobalt, cuivre, lithium, nickel, argent et zinc. Or la Russie est un des principaux producteurs avec la Chine. 

On n’oubliera pas de citer les « terres rares » dont la Chine assure 71 % de la production mondiale, loin devant l’Australie et les États-Unis. L’UE va donc se retrouver rapidement dépendante, là aussi, en particulier vis-à-vis de la Chine et son allié, la Russie.

 D’après une étude de l’Université de Louvain publiée en avril dernier, pour remplacer les combustibles fossiles et atteindre la neutralité carbone en 2050, l’UE aura besoin à cette date de :

  • 35 fois plus de lithium qu’aujourd’hui du fait des véhicules électriques et des éoliennes,
  • 26 fois plus de terres rares,
  • 3 fois plus de cobalt,
  • 2 fois plus de nickel,
  • 33 % de plus d’aluminium, 35 % de plus de cuivre, 45 % de plus de silicium…

 En outre, il faut noter que la Chine assure 40 % du raffinage mondial du cuivre, 60 % de celui du lithium et 90 % des terres rares.

  La Secrétaire américaine à l’Énergie a précisé le 25 mars dernier que : « les matières premières pourraient devenir le nouveau point faible des États après le gaz russe ». 

 Le seul vecteur d’indépendance de l’Union européenne est le nucléaire dont elle cherche à limiter le développement ! L’incohérente politique de la Commission européenne refuse d’inclure le nucléaire comme énergie verte dans la taxonomie des investissements durables. Fidèle à sa position farouchement anti-nucléaire, l’Allemagne, soutenue par quelques États européens, rejette le nucléaire et manœuvre pour le marginaliser et l’exclure. Elle a même refusé une dernière chance offerte par la crise ukrainienne.

Il semble impossible pour les instances européennes d’élaborer une stratégie cohérente si l’idéologie et l’affairisme continuent à dominer le réalisme et l’efficacité.

  Entrainée dans le conflit des relations houleuses entre les États-Unis et la Russie depuis 1944, l’UE a décidé de rompre avec une partie de l’Europe, la Russie, et de se repositionner dans le giron américain.

Elle a entrepris une guerre économique contre la Russie, sans avoir vraiment identifier ses adversaires. En entretenant une politique énergétique absurde, elle est la principale victime d’une crise qu’elle a, pour une bonne part, contribué à créer.

L’Europe n’a pas fini de souffrir des incohérences de sa politique économique antirusse, pour le moins irresponsable. 

 

 

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28 juin 2022

INDIGNATION

          Le président français, Emmanuel Macron s’est indigné qu’un tir de l’armée russe ait frappé un centre commercial et fait d’innocentes victimes. Il est vrai que la guerre ne fait pas dans la dentelle et les victimes collatérales peuvent indigner même un président de la République française.

 Il est vrai également que le président Macron n’a pas connu la seconde guerre mondiale. Il peut alors penser que seuls les tirs de « l’ennemi » font des victimes. A ne parler que des dégâts et des victimes de l’armée russe, laisse à penser que l’armée ukrainienne se bat avec des lance-pierres et que les pierres, dotées de l’Intelligence artificielle, prennent soin de n’atteindre que des cibles où aucun civil, femme ou enfant n’est là. Les militaires ukrainiens n’utilisent-ils pas les armes données par les américains et les européens dont la France. Leur fournit-on que des armes non-létales ?  Leurs tirs ne détruisent rien et ne font aucune victime civile !

Cela s’appelle « mentir par omission ».

 Oui, la guerre est sauvage, inhumaine et la meilleure façon d’en finir est d’arrêter cette guerre. Mais on n’en prend pas le chemin, à vouloir continuellement diaboliser l’autre.

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27 juin 2022

Réponse à la lettre ouverte des Ambassadeurs au Maroc

Gabriel Banon écrit à

 MESSEURS LES AMBASSADEURS ET CHEFS DE MISSION ACCREDIRES AU MAROC ;

 Vous avez rédigé une lettre ouverte sur l’insécurité alimentaire qui menace le monde. 

Cette lettre ouverte est étonnante, venant de diplomates qui devraient mesurer leurs propos au trébuchet de la vérité.

 Messieurs les ambassadeurs, vous ne pouvez pas affirmer, protégés peut-être par votre immunité diplomatique, des faits en contradiction flagrante avec la vérité sur le terrain. 

 Vous omettez de préciser que pour prévenir tout débarquement russe, l’Ukraine a miné les accès à ses côtes. Ce qui, ajouté au blocus maritime de Moscou, rend impossible l’exportation des millions de tonnes de céréales bloquées dans le pays.

Si l’Ukraine ne livre pas son blé, c’est qu’elle refuse de déminer les sorties de ces ports d’où ces expéditions doivent être faites. La Russie s’est engagée publiquement à ne procéder à aucun acte de guerre contre les bateaux de livraison de blé, à condition de coordonner ces livraisons, que les ports ukrainiens, en particulier Odessa, soient déminés et une levée, au moins partielle, des sanctions occidentales soit envisagé.

Un autre trajet via la Biélorussie pourrait être envisagé, mais il faudrait, pour cela, négocier avec cet allié de la Russie. "C'est très délicat parce qu'on a mis des sanctions sur la Biélorussie pour autre chose", a rappelé Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg. Les Occidentaux peuvent escorter les bateaux de céréales en trouvant un accord avec la Russie. Vous avez donc là une possibilité de répondre aux besoins alimentaires des pays risquant la famine, si tant est que votre lettre ouverte a comme souci principal, d’éviter une crise alimentaire majeure.

 Vous êtes étonné que la Russie ne veut livrer son blé qu’aux pays amis et non à ceux qui appliquent des sanctions à son égard. Quoi de plus naturel ? 

Que les pays qui ont décidé et encouragé ces sanctions livrent le blé nécessaire à leurs amis.

 

 

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24 juin 2022

LITUANIE/RUSSIE, NOUVELLE GUERRE EN VUE ?

      Un million de citoyens russes vivent sur un petit bout de territoire de 15.000 km2. Kaliningrad est une enclave donnant sur la mer Baltique, bordée à l’est, par la Lituanie, la Pologne au sud, une véritable anomalie géographique. 

 Elle est séparée du reste du territoire russe par les pays baltes. Du fait des sanctions occidentales frappant la Russie, Kaliningrad pose aujourd’hui un problème aussi bien à Bruxelles qu’à Moscou.

A peine plus grand que l'Île-de-France, l'oblast (unité administrative) de Kaliningrad est une région de Russie au milieu de pays faisant partie de l’Union européenne et de l’OTAN.

La ville de Kaliningrad, concentre à elle seule près de la moitié du million d'habitants de l'enclave. Coupé du reste du territoire russe depuis plus de trente ans, elle est fortement dépendante d'une ligne de chemin de fer la reliant au reste du territoire russe via la Lituanie. Cette liaison est régie par un accord signé en 2002 entre Moscou et Bruxelles, effective en 2004 - qui permet notamment aux citoyens russes d'y circuler sans visa.

A l’implosion de l’URSS, les États baltes, dont la Lituanie, déclarent leur indépendance, mais Kaliningrad conserve son attachement à la Russie… et sa dénomination de l'époque soviétique.

 Véritable exclave puissamment armée, c’est pour Moscou, le seul accès maritime libre de glace toute l'année, sur la façade occidentale russe. C’est aussi le port d'attache de la puissante flotte russe de la Baltique. 

 Fortin russe au milieu de l’Union européenne, il fonctionne comme un poste avancé fortement militarisé. Il est un élément clé de la dissuasion nucléaire russe. Y sont déployés des systèmes antimissiles S-400, mais aussi des missiles balistiques Iskander. Ceci met à leur portée Berlin, Varsovie, Copenhague, ainsi que des territoires des pays baltes. Début février, Moscou y a envoyé des d'avions Mig-314 porteurs de missiles hypersoniques Kinjal, capables, d'atteindre une cible distante de 2.000 km à une vitesse de Mach 10, soit environ 12.300 km/h. Y ont été mené également, des simulations de tirs de missiles à capacité nucléaire. C’est un rappel gratuit aux Européens de la menace qu’en terre de l’Union et de l’OTAN représente Kaliningrad.

 Certes, l’OTAN a positionné des groupements tactiques composés de troupes mis à disposition par ses pays membres. « La présence avancée des forces des pays de l'Otan est défensive, proportionnée et transparente, écrit l'organisation sur son site. (…) Elle vient rappeler de manière tangible qu'une attaque contre un pays membre est une attaque contre tous ».

Lundi 20 juin, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borell, a annoncé que la Lituanie avait commencé à appliquer les sanctions européennes prises à l'encontre de la Russie. Ces mesures concernent particulièrement le transport ferroviaire.   Dénonçant un « blocus », le gouverneur de Kaliningrad, Anton Alikhanov, a estimé que 40-50 % des approvisionnements de l'enclave via la Lituanie allaient être affectés. L’UE viole ainsi l'accord de 2002. La Russie menace : « si le transit n'est pas rétabli en totalité, alors la Russie se réserve le droit d'agir pour défendre ses intérêts nationaux ». Mardi dernier, Nikolaï Patrouchev, secrétaire du puissant Conseil de sécurité russe, a affirmé que « la Russie réagira à de tels actes hostiles ». « Des mesures appropriées sont en train d'être élaborées au niveau interministériel et seront adoptées prochainement », a-t-il ajouté, prévenant « qu'elles auront de sérieuses conséquences négatives pour la population de la Lituanie ». 

 Que cherche Bruxelles, un autre champ de bataille, une énième guerre par procuration ? L’OTAN va-t-il aller jusqu’à provoquer une escalade nucléaire ?

 

 

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17 juin 2022

FRANCE, TA GAUCHE FOUT LE CAMP.

 

La Gauche, ou ce qui en reste, en se jetant dans les bras  de Jean-Luc Mélenchon a abandonné l’école, la République et tourné le dos à la laïcité.  Faut-il rappeler que l’islamogauchisme, est le fonds de commerce du LFI (La France Insoumise). En introduisant le communautarisme dans le système politique français, il entérine le ghetto où s’enferment les oubliés du développement.  Est-ce ainsi que Mélenchon espère rebâtir son parti sous le nom de « Réinventer ».   Que l’on soit de Droite ou de Gauche, le combat pour la justice sociale, reste une priorité. L’égalité des chances et le refus du déterminisme, la modernisation de l’enseignement, la méritocratie doivent s’imposer dans tous les choix de société. La gauche n’a pas attendu 2022 pour abandonner la laïcité et détruire la famille. Elle s’est ouverte au wokisme, avec ses outrances et contradictions. La montée de la violence et de l’insécurité n’est pas une invention de la droite, mais une triste réalité. Les premières victimes des délinquants et des dealers sont les habitants des quartiers abandonnés par la gauche bien-pensante.

 Depuis leur défaite de 2017, les socialistes ne croient plus au socialisme. Leur nouveau cheval de bataille est l’écologie qui est devenue une véritable nouvelle religion. Dans les pas de Calvin et les autres, les tenants de cette nouvelle croisade, invectivent, condamnent, excommunient, comme aux heures les plus sombres des anciennes guerres de religions. La défense de la nature n’est pas une exclusivité de Gauche, mais un devoir de tous les citoyens.  La ghettoïsation ethnique que l’on constate est une offensive islamiste qui prendra toute son ampleur en France après 2001. Face à cela, on a cherché à créer un islam de France. Louable effort, mais si on doit respecter les choix de chacun, il ne faut pas refuser d’admettre qu’il y a un modèle culturel et républicain qui doit rester dominant.

  L’immigration zéro est un leurre, une gestion contraignante des flux migratoires est nécessaire, mais loin des idées recues.  Oui, l’immigration est une chance et une nécessité, encore faut-il que les nouveaux-venus acceptent les règles qui régissent le vivre ensemble du pays d’accueil. Néanmoins, force est de constater que les ghettos sont devenus une réserve électorale pour beaucoup d’élus locaux.   La gauche française s’est jetée dans la mondialisation sans comprendre qu’elle allait précariser les classes populaires et moyennes, et détruire l’industrie du pays.

Aujourd’hui, la France est le pays le plus désindustrialisé, hormis la Grèce. Les classes moyennes sont à la peine et l’inflation galopante ne va pas améliorer le pouvoir d’achat des ménages. Élection après élection, l’abstention poursuit sa montée et marque le désintérêt du corps électoral pour la chose politique. L’abstention et le rejet des élites laissent les professionnels de la politique confisquer le débat.

 Il est temps qu’émergent une relève compétente, ouverte et non dogmatique, tolérante et consciente de ce que veut dire « l’intérêt général », pour sauver l’entreprise France. 

 

 

 

 

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10 juin 2022

LE NAUFRAGE DE LA SUISSE

           La guerre d’Ukraine aura fait une autre victime : la Suisse. Petit pays démocratique, cerné par les montagnes au milieu des Alpes de l’Europe, il s’était imposé dans le monde comme l’abri suprême de la finance mondiale. En outre, par sa neutralité soulignée dans sa Constitution, il offrait aux belligérants de toutes sortes un lieu de rencontre où nombres de compromis salutaires ont pu se réaliser.

 On ne peut qu’être médusé de voir avec quelle célérité, historique (?), Berne a suivi les sanctions réclamées par les Etats-Unis et l’Union européenne. Certains commentateurs suisses allaient jusqu’à réclamer une adhésion rapide à l’UE et l’OTAN.

 Après avoir enterré le secret bancaire sous la pression de Washington, succombé dans les affaires des fonds juifs, c’est la troisième fois en vingt ans que le Conseil fédéral se soumet aux diktats américains.

 Mais au-delà des sanctions, ne voit-on pas, alors que personne ne le lui demandait, la Suisse abandonner sa neutralité historique. C’est comme si une personne changeait son ADN.

  Deux siècles que la Suisse a été le havre de la diplomatie mondiale, deux siècles effacés en cinq jours !  Les militants de la Paix, la diplomatie parallèle, se sentent abandonnés par un Conseil fédéral opportuniste ou au mieux pleutre. La crédibilité du pays n’en sort pas grandie.

 Que des membres du gouvernement suisse aillent se faire « immortaliser » par une photo avec Zelenski sur la place fédérale, en arborant des foulards aux couleurs ukrainiennes, ce n’est pas grave car ridicule et folklorique. Les experts de la chose, vous diront que c’est de la communication politique. Il n’en reste pas moins vrai que la Suisse, par sa surprenante gestion de la crise, a perdu sa crédibilité auprès du reste du monde et ramené ce pays à sa seule dimension géographique.

 Le bilan de la politique du suivisme de Berne est catastrophique :

-      Perte de la fiabilité des banques qui bloquent des comptes sur injonction américaine.

-      Perte de considération pour la Genève internationale.

-      Boycotte de sa politique étrangère par la Russie, ses amis et tous ceux qui pensent comme elle.

La Suisse d’aujourd’hui va-t-elle chercher ses directives à Bruxelles ou Washington ?  Il faut croire qu’on doit, aujourd’hui, remiser aux oubliettes, la Genève capitale du multilatéralisme.  La Suisse est en train de sombrer dans un suivisme coupable. Pensez que le CERN et l’OIT, deux organismes internationaux, jusqu’à ce jour respectables, ont suspendu la Russie au prétexte qu’elle est russe ! 

 Ces attitudes illustrent le sabordage du multilatéralisme que Genève était censé défendre. Qui va continuer à croire dans l’impartialité du CICR, alors que la neutralité est au cœur de sa mission ? Pendant que les autorités genevoises et les partis politiques regardent ailleurs, c’est Israël, la Turquie et le Bélarus qui prennent l’initiative des bons offices.

 La Russie va être gagnante sur plusieurs tableaux. Elle obtiendra certainement la neutralisation de l’Ukraine, l’abandon du projet d’adhésion à l’OTAN et une vraisemblable partition du pays. Comme l’a écrit un journaliste suisse : « Elle aura mis KO debout les fanatiques de l’hégémonie américaine qui hantent les bureaux de Washington et de Bruxelles. »

 En définitif, Vladimir Poutine fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait, à nous de l’entendre.  Les sanctions n’ont fait que renforcer Poutine, à voir les derniers sondages de l’institut neutre Levada, qui confirment le soutien d’une très large majorité de la population à « l’opération spéciale ». C’est encore la preuve, s’il en fallait, qu’aucune sanction n’a jamais réussi à renverser un gouvernement, que ce soit à Cuba, en Iran ou en Corée du nord., et aujourd’hui à Moscou.

 La cause de la guerre d’Ukraine n’est pas moins mauvaise que ne le furent l’invasion de l’Irak en 2003 et l’agression de l’OTAN contre la Serbie en 1999 avec la partition du Kosovo qui s’en est suivie quelques années plus tard. 

  On ne peut passer sous silence l’incroyable succès de la campagne de propagande ukrainienne en Occident, la première opération de cyberguerre totale.  Si la liberté de la presse souffre en Russie, cela nvaut guère mieux en Occident qui a banni les médias russes, alors qu’il se prétend défendre la liberté de la presse. Dan Cohen (Ukraine’s Propaganda War : International PR firms, DC lobbyists and CIA cutouts, Min Press News.com)   correspondant de Behind the News, a démonté les mécanismes sophistiqués de la propagande ukrainienne et les raisons de son succès colossal dans les pays de l’Union européenne.  Dans le Washington Post, un commandant de l’OTAN a décrit cette campagne comme « une formidable opération de stratcom (de communication stratégique) mobilisant médias, Info Ops et Psy Ops ». 

 La communication ukrainienne emploie, sous l’égide du groupe PR Network, pas moins de 150 firmes de relations publiques, des milliers d’experts, des dizaines d’agences de presse, de médias prestigieux, de chaînes Telegram et de médias d’opposition russes pour délivrer ses messages et formater l’opinion occidentale.

 Mais l’étoile de Zelenski commence à pâlir. Sa pitoyable prestation à la Knesset, en Israël, où il a commis l’erreur de comparer l’offensive russeà la « solution finale » alors que ce sont les Russes qui ont libéré Auschwitz. La Russie a fait reculer Hitler et ce sont les ancêtres des alliés de Zelenski, l’extrême-droite nationaliste ukrainienne qui ont participé à la Shoah. 

 Qu’avait la Suisse à gagner dans cette aventure ? Il n’y avait que des coups à recevoir et la Suisse n’a pas fini d’en recevoir.

 

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02 juin 2022

INQUIETANT, L’ENDETEMENT DE LA FRANCE

  La dette française dépasse maintenant le montant du PIB. Va-t-elle continuer dans une telle dangereuse pente ? 

Les taux des banques centrales sont, aujourd’hui, à la hausse. Le problème de la dette va aller, lui aussi, croissant. Certes, la crise du Covid-19 l’a fortement fait grimper. Rappelez-vous, le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron. Soutenir l’économie s’imposait, mais avait des limites. 

 Ce n’est pas anecdotique que la dette du pays dépasse maintenant le montant du PIB. Dans le cadre de son deuxième mandat présidentiel, Emmanuel Macron va-t-il pouvoir faire en sorte qu’elle n’augmente pas davantage. L’endettement de la France a évolué ainsi, en % du PIB : 1978……  20,8 %, 2000……  60,0 %, 2015……  95,7 %, 2021…… 113,0%.

 Est-il possible de stopper cette croissance ? L’endettement est aujourd’hui de 42 300 euros par personne.

Les grands ratios de l’économie française (en % du PIB) se présentent comme suit :

                                                             France          OCDE

Dépenses publiques                    55,6 %           40,8 %
Dépenses sociales                        31,0 %           20,0 %
Prélèvements obligatoires         44,1 %            34,0 %

 On peut noter que les dépenses publiques comme les dépenses sociales sont extrêmement élevées. Les prélèvements obligatoires y sont les plus importants de tous les pays de l’OCDE (37 membres, les plus riches).

En 2019 les dépenses publiques se sont élevées à 1356 milliards d’euros, soit un excédent de 361 milliards d’euros par rapport à la moyenne OCDE. Sur ces 361 milliards de dépenses excédentaires, les dépenses sociales sont intervenues pour 268 milliards, soit 75 %. Les excès de dépenses publiques n’ont pas pu être financés par les prélèvements obligatoires, d’où le recours à la dette. La politique économique de la France est donc génératrice d’un accroissement régulier de la dette et risque de devenir structurelle, si on ne réduit pas le nombre de fonctionnaires et si on ne met pas un frein à l’état-providence. Les dépenses sociales sont pour une grande part, dans la source des difficultés que rencontre aujourd’hui, la gestion de l’entreprise France.

 Les dépenses sociales française sont supérieures de 11 points de PIB par rapport à la moyenne OCDE, soit 270 milliards d’euros de trop en 2019. 

C’est le déclin du secteur industriel qui est à l’origine de cet excédent de dépenses sociales. L’industrie ne contribue plus que pour 10 % seulement au PIB. Il existe une relation étroite entre la production industrielle des pays et leur PIB. La France est aujourd’hui pénalisée par une production industrielle insuffisante. Elle est le pays le plus désindustrialisé de toute l’Union européenne, la Grèce mise à part. Aussi, le gouvernement français a dû régulièrement augmenter les dépenses sociales afin de remédier à la paupérisation de la population. L’illustration de cette mauvaise politique a été la crise des Gilets jaunes. La désertification du territoire et la baisse du pouvoir d’achat pour beaucoup de ménages, le sentiment d’abandon pour toutes les populations vivant en périphéries urbaines, ont été le ferment de la crise. Les dépenses sociales ne sont plus financées qu’à 59 % par les cotisations et l’État a donc dû faire le complément.

La dette extérieure du pays augmente ainsi régulièrement.  Les dépenses publiques autres que sociales sont également en excès de 15 % par rapport à la norme OCDE. 

Mais il est difficile de dire s’il s’agit de dépenses compressibles ou pas, car cet excédent peut correspondre à des choix de société, de l’arbitrage entre secteur public et secteur privé dans différents domaines. Mais ce choix de société a-t-il été entériné par un vote de la population ?

 Cette situation et ces choix peuvent également découler d’un laxisme dans la gestion, ou d’une politique populiste, bassement électoraliste.

 Il est dangereux qu’un pays s’installe durablement dans une situation de dette structurelle. Pour y remédier il faudrait mettre en priorité le redressement rapide du secteur industriel pour accroître la richesse du pays et concomitamment réduire considérablement les dépenses publiques. 

Réindustrialiser le pays, comme cela a été fait dans les années 1970, va aujourd’hui, nécessiter du temps, car cela implique des réformes de fond en matière fiscale et de droit du travail. 

 Ce programme est fort éloigné de celui sur lequel a été réélu Emmanuel Macron. Aucun des candidats à l’élection présidentielle, y compris le président-candidat, n’a dévoilé aux Français la situation économique du pays. Le nouveau gouvernement va se trouver rapidement dans une situation des plus difficiles, face à une opinion publique qui a voté, en priorité, pour l’amélioration du pouvoir d’achat.

Il faut espérer que les évènements en Ukraine ne viennent pas mettre à terre les prévisions du ministère des Finances. La réduction de la dette ne va pas être pour tout de suite.

 Comme d’autres l’ont dit avant moi : « Distribuer du pouvoir d’achat sans produire, c’est préparer un scénario à la grecque ».

 

 

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20 mai 2022

LE TRIANGLE RUSSIE-KAZAKHSTAN-CHINE

       On ne parle pas beaucoup de l’Asie centrale, tellement le monde est obnubilé par la guerre d’Ukraine.

Pendant ce temps, les deux grandes puissances de cette région, la Chine et la Russie, développent leurs relations avec des états de l’Orient extrême comme le Kazakhstan.  On doit se garder de sous-estimer l’Asie Centrale, joker géopolitique du XXIème siècle.  Si le président russe, Vladimir Poutine continue de suivre de près la guerre d’Ukraine et surveiller les agissements de l’OTAN en Scandinavie, Il ne baisse pas pour autant la garde dans la défense de ses positions économiques, politiques et stratégiques en Asie centrale.

 Aujourd’hui, la Russie continue à occuper une place prépondérante dans l’économie du Kazakhstan. Mais depuis les années 2000 la Chine commence à y jouer un rôle de plus en plus important. Pour les projets d’infrastructure, elle est près d’évincer la Russie de sa position dominante.  Les tendances actuelles montrent que les relations dans le triangle Russie-Kazakhstan-Chine sont complexes. En cause, la compétition sourde entre Russie et Chine, et les ambiguïtés des relations du Kazakhstan avec chacun de ses voisins géants.

 Le grand public, ces trois dernières décennies, a ignoré cette partie du monde, qui pour lui n’était qu’un immense lieu vide, tout comme la Sibérie ou l’antarctique, sur la carte géopolitique.  Les anciennes républiques soviétiques (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan) ainsi que les satellites de l’ancienne URSS dans la région, ont été longtemps vues par le citoyen lambda, comme des pays indépendants mais toujours dans la zone d’influence économique, politique et sécuritaire de la Fédération de Russie. En effet, ce fut le cas pendant les années 1990, à l’exception notable du Turkménistan qui devint presque immédiatement un pays autarcique 

 

Mais vers la fin du XXème siècle et le début du XXIème la situation commença à changer car ces pays s’orientèrent vers une politique extérieure qu’ils nommèrent eux-mêmes « multivectorielle », c’est-à-dire essentiellement une politique cherchant à diversifier les partenaires étrangers. C’est aussi, à ce tournant du millénaire, que les pays européens, Allemagne, Hollande, Italie notamment, les Etats-Unis ainsi que la Chine, devinrent de réels challengers de l’hégémonie russe en Asie Centrale. Début 2022, le Kazakhstan continue à assurer un équilibre entre ses deux partenaires principaux, la Russie et la Chine. Mais leurs relations sont tout, sauf simples ; en outre, malgré les déclarations officielles de Moscou et Pékin, les relations sino-russes apparaissent souvent contradictoires quand il s’agit de l’Asie centrale, qui est vue par chacune des deux puissances comme appartenant à sa zone d’influence naturelle et historique.

Des documents, auxquels aucune publicité n’a été donnée, signés par la Russie et la Chine, promettent une vaste collaboration allant du secteur économique et énergétique aux projets culturels. En mai 2014 Moscou et Pékin ont signé un accord historique sur le gazoduc « La force de Sibérie », qui fut lancé en 2019, et qui permet d’approvisionner en gaz la Chine avec 38 milliards de mètres cubes par an, ce qui en fait le deuxième importateur de gaz russe au monde - après l’Allemagne qui en reçoit 57 milliards de mètres cubes par an. Les échanges commerciaux entre les deux grands pays ne cessent de croître, notamment depuis 2014.

 

En 2020, pour la première fois, le solde commercial avec la Chine est devenu positif pour la Russie. De même, de plus en plus de touristes chinois se rendent en Russie grâce à l’accord établissant le régime sans visas (pour les groupes touristiques uniquement) et en 2019 leur nombre a atteint 2 millions. En 2015 Pékin a même proposé à Moscou d’annuler complètement les visas. La coopération russo-chinoise est aussi bien institutionnalisée : les deux pays sont membres de l’OCS, l’Organisation de Coopération de Shanghai, et en 2018 l’Union Eurasiatique, menée par la Russie, a signé un accord de coopération avec la Chine. Récemment, Vladimir Poutine a confirmé que la Russie aidait la Chine à créer leur système de l’alerte avancée en cas d’attaque aux missiles.

Derrière les déclarations officielles des leaders de Moscou et Pékin, transparaissent des buts différents dans le secteur économique, énergétique, politique et même sécuritaire, ce que l’on retrouve notamment au Kazakhstan. Il faut dire que la stratégie indépendante du Kazakhstan complique la situation. D’un côté il entretient de bonnes relations avec la Russie ainsi qu’avec la Chine, de l’autre il garde avec chacun de ces partenaires une certaine distance et s’attache à mettre en œuvre sa politique « multivectorielle ». Il participe activement dans les projets d’intégration avec la Russie : la CEI, l’Union eurasiatique (UEA).

Depuis quelque temps les investissements russes au Kazakhstan diminuent ou au mieux stagnent, tandis que l’on observe dans les mêmes secteurs une présence croissante de la Chine. 

 Les experts s’accordent pour dire que dans les investissements, la Chine n’est cependant pas le leader : les flux d’investissements les plus importants au Kazakhstan proviennent des Pays-Bas, les Etats-Unis et de la Suisse. 

 La dette est aussi un indicateur important : vis-à-vis de la Russie elle se monte à 9,3 milliards de dollars et vis-à-vis de la Chine 11 milliards, ce qui est presque égal à la dette kazakhe envers la France (11,7 milliards) et presque 4 fois moins que celle envers les Pays-Bas.

Les entreprises chinoises s’implantent activement au Kazakhstan, mais les compagnies à capitaux russes sont beaucoup plus nombreuses. Le Kazakhstan est le fondateur de la Banque eurasiatique de développement lancée en commun avec la Russie en 2006 mais en même temps il est co-fondateur de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, proposée par la Chine en 2014.

Sur les aspects politiques, les relations sino-kazakhes et sino-russes apparaissent contradictoires et sont lourdes de tensions qui pourraient menacer leur développement.

Les relations du Kazakhstan avec la Russie ont une longue histoire qui n’a pas toujours été facile. Les manuels kazakhs sur l’histoire nationale décrivent la soumission de leur peuple à la Russie comme une colonisation et mettent entre guillemets « le rattachement volontaire » à l’Empire russe au cours du XVIIIème siècle ; de l’autre, les dirigeants moscovites refusent d’utiliser le terme de colonie dans l’analyse de l’histoire russe impériale ou soviétique. 

 Mais, il ne faut pas oublier que les dirigeants aujourd’hui au pouvoir au Kazakhstan, sont des politiciens nés et formés en URSS. 

 Nursultan Nazarbaev est devenu le président du Kazakhstan indépendant en 1990 et resté au pouvoir presque 30 ans, mais sa présidence fut en fait une prolongation immédiate de sa carrière politique sous l’Union soviétique où il fut secrétaire du Politburo du parti communiste du Kazakhstan (1979-1984) et président du Conseil des ministres (1984-1989). Les origines politiques du nouveau président de la République choisi par Nazarbaev et élu par le peuple kazakh en 2019, Kassym-Jomart Tokaïev, ne sont guère différentes de celles de son prédécesseur. Venant d’une famille très bien intégrée au système communiste, il est diplômé du réputé Institut des relations internationales à Moscou (MGIMO) et a servi au Ministère des affaires étrangères de l’URSS. Pour lui comme pour Nazarbaev, le passé soviétique fait partie de son histoire et même de son succès personnel et c’est pourquoi, comme le lui reprochent les nationalistes kazakhs, il n’est pas réellement capable de rompre les liens avec l’ancien colonisateur et d’emmener le pays vers la décolonisation complète et la vraie indépendance. Les problèmes non résolus avec son propre passé influencent la conscience nationale et la politique du Kazakhstan contemporain en les rendant parfois incohérents, confus et contradictoires.

La coopération sino-kazakhe n’est pas exempte de tensions internes cachées qui en 2022 ne lui nuisent pas encore, mais peuvent avoir un potentiel destructif à l’avenir. Les investissements, les projets communs d’infrastructure et de construction, la participation dans la Nouvelle route de la soie présentent évidemment un énorme intérêt pour le Kazakhstan mais en même temps génèrent de très fortes craintes au sujet du néo-impérialisme chinois et d’une certaine colonisation du Kazakhstan par son voisin de l’Est. 

Un autre thème sensible pouvant provoquer une crise dans les relations sino-kazakhes est l’oppression des musulmans au Xinjang et notamment des kazakhs qui y habitent.  Dans un futur proche la coopération pourrait devenir un facteur majeur des relations sino-kazakhes et par la suite renverser l’équilibre des forces en Asie Centrale.

  La Turquie et les Etats-Unis pourraient prétendre y jouer un rôle, mais la Chine et la Russie les laisseront-ils faire ? En fait, la mondialisation multiplie les centres de tensions avec le déclin de l’influence des Etats-Unis, la montée en puissance de la Chine et le retour « aux affaires » de la Russie. La crise d’Ukraine, sera-t-elle un accélérateur de la refondation des relations entre le Kazakhstan, la Russie et la Chine, voire d’autres acteurs dits occidentaux ?

 

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14 mai 2022

REFLEXION

Lors d'une de mes dernières chroniques, j'avais écrit que la Finlande risque d'être le prochain front ouvert par la Russie. Aujourd'hui, on annonce que le gouvernement finlandais demande officiellement son entrée dans l'OTAN, sous prétexte de la guerre d'Ukraine. On oublie, comme je vous l'avez souligné, que le dommandement de l'OTAN, il y a plus d'une année, en visite en Finlande, avait préssé les finlandais à rejoindre l'OTAN.
Moscou a menacé aussitôt la Finlande d'une réponse "appropriée".

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13 mai 2022

CYNISME ET EUPHORIE DE WASHINGTON

       Si les Etats-Unis contestent toute idée de cobelligérance, leur engagement clair et sans appel en faveur de Kiev, traduit leur cynisme à sous-traiter une guerre contre la Russie, aux Ukrainiens.

 C’est un soutien global, financier, militaire et dans le renseignement, auquel on assiste Par ces efforts, ils pensent affaiblir durablement la Russie.

 Mais faire la guerre par procuration n’est pas dénuée de risques. Le risque de se voir soudainement plongé dans des combats jusque là évités et voir l’horreur du retour à la maison des « Boys » dans des sacs plastiques.

 L’engagement maintes fois claironné des Etats-Unis derrière l’Ukraine, est désormais un fait établi. On a même fait appel ce 8 mai à la première dame, Jill Biden, dans une opération de communication avec l’épouse du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, Olena Zelenska, dans la ville d’Oujhorod, près de la frontière slovaque. 

 Pareilles gestes, accompagnés de livraisons d’armes, appuyées par des postures politiques hautement explicites, peuvent amener Moscou à répondre par des démonstrations de force pouvant aller au-delà du cadre européen. Washington devra choisir à un moment venu, entre une vrai neutralité ou la guerre. 

La guerre invisible actuelle entre ces deux puissances, risque très prochainement d’éclater au grand jour, malheureusement dans le fracas des armes nucléaires tactiques, le grand avantage des Russes.

 Les populations ne réalisent pas l’ampleur des actions belligérantes de Washington. On s’en rendra compte trop tard, quand Moscou aura sifflet la fin de la « récréation ». Depuis plusieurs mois, par ses capacités technologiques, le Pentagone a tenté continuellement de protéger les forces ukrainiennes, des tirs adverses et à mieux cibler les positions russes.

L’heure est peut-être arrivée de parler vraiment de ce qu’il en est du prétendu affaiblissement des forces armées russes. Moscou n’a jamais, à ce jour décrété une mobilisation partielle et encore moins générale, de ses forces. Appelée opération spéciale Z, elle n’a jamais fait l’objet de la qualification de guerre par le Kremlin. Le rêve des Américains d’affaiblir la Russie est loin de se réaliser. A ce jour, Poutine n’a utilisé que 12% de ses soldats, professionnels ou engagés volontaires., 10% de ses avions de chasse, 7% de ses chars, 5% de ses missiles et 4% de son artillerie. La technique utilisée lors de la deuxième guerre mondiale contre l’Allemagne, celle du rouleau compresseur détruisant tout sur son passage, n’a pas été utilisée dans cette opération, vu que les deux populations ont des relations étroites, économiques et familiales. Les ménages mixtes sont très nombreux.

 Par opposition aux Européens, y compris l’OTAN, les réserves sont encore immenses en Russie lorsque les quelques livraisons d’armes à l’Ukraine ont mis à mal celles des forces françaises et de l’OTAN.

La situation peut pousser les Etats-Unis à une fuite en avant qui risque de nous amener à cette troisième guerre mondiale. Tout le monde et en particulier Washington, voudrait l’éviter, car cette fois-ci elle n’épargnera pas le sol américain

 

Posté par gabrielbanon à 07:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]