Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

03 avril 2020

RELOCALISATION, MYTHE OU NÉCÉSSITÉ ?

Le confinement ne doit pas nous faire oublier les bonnes habitudes. Vendredi c'est le jour habituel de ma chronique politique hebdomadaire:

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Le coronavirus a mis en évidence l’interdépendance des économies. Les mesures de confinement ont mis à mal la programmation des usines de production en flux tendus. La gestion des stocks devient tributaire des divers fournisseurs et sous-traitants opérant dans différents pays de par le monde. 

La mondialisation, avec son corollaire : la libre circulation des biens et des hommes, a permis l’optimisation des prix de revient, mais en même temps, a créé une dépendance des uns des autres.
En mettant en évidence cette dépendance, non seulement à la production chinoise, mais à tous les lieux de délocalisation et de sous-traitance, la crise sanitaire fait espérer, à certains, une remise en question chez les états-majors des entreprises concernées. Ceci pourrait-il conduire à une démondialisation économique ? Est-ce souhaitable, est-ce réaliste ? La fracture numérique entre la Chine et les Etats-Unis fait-elle reculer la globalisation ?
La démondialisation n’est nullement engagée. Etats-Unis et Chine sont dans une lutte pour une suprématie qui n’a rien à voir avec une remise en question de la globalisation.
On ne pourra pas faire revenir les acteurs économiques dans un confinement territorial, après avoir goûter aux libertés du grand large.
L’intérêt des consommateurs est le prix et la qualité. Seuls ces critères ont défini les localisations des uns et des autres. La crise due au coronavirus n’a pas changé ces données économiques. Le discours récent du ministre français de l’Économie relève plus d’une période de guerre que d’une pensée économique murement réfléchie. Le Marché ne changera pas ses lois, et les consommateurs leurs exigences. 
Si les Etats-Unis s’abritent derrière l’argument de la sécurité nationale pour refuser des investissements étrangers, si les européens se servent de l’argument de la souveraineté nationale pour mettre un frein aux exigences américaines, ce ne sont que des guerres circonstancielles qui ne font que ralentir une globalisation qui répond au profond désir des populations.
On ne pourra pas arrêter le mouvement puissant d’extension des chaînes de valeur, à savoir, la segmentation de la production à travers le monde appuyé sur une multitude de sous-traitants.
Depuis l’an 2000 et l’entrée de la Chine dans l’OMC, les entreprises occidentales on profités de la faiblesse des coûts de production des différents pays de leurs délocalisations. Sauf à affronter des diktats gouvernementaux, il sera difficile aux entreprises de sacrifier leurs prix de revient en prévision d’une nouvelle pandémie.
La France a tout intérêt à relocaliser éventuellement des produits à forte valeur ajoutée, moins à faible valeur ajoutée, comme les masques. Les produits stratégiques n’ont jamais été délocalisés par aucun pays. Lorsqu’une entreprise française s’implante à l’étranger, c’est le plus souvent pour conquérir de nouveaux marchés. Cela permet d’être au plus près des besoins des clients, en adaptant les produits à la demande locale. Il ne faut donc pas confondre délocalisation, opération par laquelle on ferme une usine en France pour l’implanter dans un pays à bas coût, et multinationalisation, opération qui consiste à croître en ouvrant des filiales à l’étranger. Les délocalisations représentent, selon une étude de l’Insee, moins de 10 % des investissements à l’étranger des entreprises françaises.
La relocalisation forcée est une idée qui n’a plus grand sens dans le monde économique d’aujourd’hui.

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27 mars 2020

LE SCOOP DE LA SEMAINE

Vendredi, et le coronavirus est toujours là à guetter. Confinés, nous prions qu'il aille au diable. Je ne crois pas que nous sommes en humeur de nous pencher sur les maux du monde, chaque chose en son temps. Je crois surtout que nous aurions bien besoin d'une pinte de rires.
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 Les informations sur l’origine du coronavirus sont nombreuses. Certaines sont presque convaincantes, mais hélas, aucune n’est vraie ou possible.
La vérité sur le coronavirus, cette épidémie qui empoisonne la vie de milliards de terriens, moi, oui moi, je vais vous dire la vérité que tous les gouvernements veulent taire. Moi, je vais tout vous dire sur le coronavirus, le vrai, le faux, le grand, le petit, je vais tout, tout, tout vous dire sur cette bestiole qui s’introduit par toutes les failles de notre corps et nous fait défaillir à nous couper le souffle.
Il y a quelques années, exactement le 20 juillet 1969, la mission d’Apollo II avait eu comme objectif, la Lune. À cette date donc, Neil Amstrong effectua le premier pas de l’homme sur la Lune. Dans son exaltation, il déclara de notre astre de la nuit : « c’est un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité. » Il a fait faire un bond de géant à l’humanité mais il a apporté dans ces bottes une calamité pour cette humanité, le COVID19, plus connu, depuis, sous le nom de Coronavirus.
À son arrivée, ce virus fut détecté et isolé. Les stratèges du Pentagone virent tout de suite l’avantage qu’il y avait à en faire une arme de destruction massive, mais secrète.
Mais, vous le savez, rien ne peut rester secret indéfiniment. Comme chacun sait, les femmes de ménage, comme les gardiens de voiture sont des agents infiltrés par les services secrets chinois. Il arriva ce que la CIA craignait le plus, les chinois, non seulement l’apprirent, mais ils arrivèrent à le voler. En 2019, à Wuhan, en Chine centrale, lors d’une manipulation malheureuse, le virus s’échappa et donna l’épidémie devenue pandémie dans le monde.
En ces jours difficiles, il nous faut un « bouc émissaire ». Je vous offre la Lune.
Bien sûr, cette information est hautement sensible, gardez le secret mes amis.
Il ne nous reste plus qu’à être confiné, se laver les mains chaque fois que l’on bouge un cil et, pour notre santé morale et physique, rire franchement à nous décrocher la mâchoire, un bon quart d’heure.
Je ne peux pas vous aider ni dans votre confinement, ni dans le lavage de vos mains. Mais j’espère vous avoir fait rire peut-être un bon quart d’heure.
Vous ais-je dit qu’astreint moi aussi à ce confinement, j’ai choisi d’écrire un nouveau livre pour tuer le temps avant qu’il ne me rende neurasthénique. Le sujet de ce livre est : « La Rumeur ». Comment elle nait, comment on la propage, comment elle meurt ou s’éternise. Merci, mes chers amis pour votre contribution, mais restez chez vous. Inutile de prendre des risques et d’en faire prendre à ceux que vous aimez. Lavez-vous les mains autant de fois que c’est nécessaire et que Dieu vous garde.

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20 mars 2020

LA RÉSILIENCE DU RÉGIME IRANIEN

Le confinement, la déferlente des informations et des chiffres concernant la crise sanitaire, demandent un peu d'air. Aussi ma chronique politique hebdomadaire du vendredi ne traite pas de la pandémie ou si peu.

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     Les élections législatives en Iran viennent de se tenir. L’abstention a atteint près de 57 %, soit le niveau le plus haut enregistré pour des législatives depuis la révolution islamique de 1979. Les résultats traduisent une victoire sans appel des « principalistes », appellation qui regroupe toutes les tendances du camp conservateur, jusqu’aux plus ultras. De nombreux observateurs avaient prédit une forte abstention après la disqualification massive, par l’organe de contrôle des élections, de candidats réformateurs et modérés, réduisant pratiquement le scrutin à une compétition entre conservateurs et ultraconservateurs. La décision du président américain Donald Trump de dénoncer l’accord anti-nucléaire et de réimposer des sanctions au régime des Mollahs a été suivie, en Iran, d’une violente récession dont le pays peine à sortir. Avec une abstention massive, Donald Trump a offert une victoire aux candidats antiaméricains. 

Si le système politique iranien traverse une crise de confiance en interne, on voit mal ses dirigeants abandonner leurs positions sur le dossier du nucléaire, ou leurs ambitions régionales, surtout si les États-Unis maintiennent leur politique de pression maximale.

Washington pense ainsi aboutir à la chute du régime iranien, mais le pouvoir de Khom a encore 20% d’inconditionnels organisés. Il ne peut y avoir aujourd’hui de chute du régime sans violence. Or les iraniens ne veulent pas de violence, telle est l’état actuel de l’opinion du peuple profond.

La mort du général Soleimani n’a pas remis en cause l’influence de l’Iran au Moyen-Orient. Elle en a simplement démontré ses limites. Ce qui freine l’activisme de l’Iran chiite, est le retour d’un nationalisme patriotique économique et séculier chez les chiites irakiens et libanais. Le modèle de la République islamique est, aujourd’hui, remis en cause. Le Guide suprême y répond en capitalisant sur les erreurs des américains. Le projet de Paix de Donald Trump, par exemple, est tellement déséquilibré, pour ne pas dire partisan, que Téhéran a beau jeu pour se présenter comme le rempart de la cause palestinien, ce que la rue arabe est prête à célébrer.

L’Iran, aujourd’hui, s’oriente vers un parlement avec une majorité écrasante des conservateurs et l’élection d’un dur à la présidence de la République. Ce parlement va se dépasser dans la lutte idéologique contre l’Occident et les États arabes associés au Satan américain, ceci dans le cadre d’une lutte sans merci à la succession du Guide suprême. 

La priorité des conservateurs est que le régime et leurs idées perdurent, à savoir, le rejet de l’influence occidentale, la prépondérance des services de sécurité, épine dorsale du régime, et la préservation de la fonction de guide suprême, qui est de plus en plus contestée.

Les opposants au régime ont créé Le Conseil national de la résistance iranienne. Le CNRI fédère une faction de l'opposition iranienne à l'étranger contre la République islamique d'Iran. Il est présidé par Massoud Radjavi. 

Le CNRI est composé de cinq organisations d'opposition iranienne dont l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien, qui en compose la majorité des membres, et de quelques personnalités indépendantes. Il regroupe également des groupuscules d'extrême-gauche. Le CNRI s'est doté d'un parlement en exil composé de 550 membres dont 52 % sont des femmes. En 1993, le CNRI a élu Maryam Radjavi comme future présidente de Conseil national pour la période de transition.

Paradoxe, cette organisation de résistance au régime des mollahs, avait été mise de 1997 à septembre 2012 dans la liste officielle des organisations terroristes par les Etats-Unis. 

Il ne faut pas se leurrer, le régime vacille peut-être, mais tant qu’il arrivera à monopoliser la redistribution des richesses et à garder le monopole de l’usage de la force, en protégeant les prébendes des gardiens de la révolution, les demandes de réformes de la population resteront lettre morte.

La crise du coronavirus démontre, s’il le fallait, la mauvaise gouvernance du régime et surtout le dédain à l’égard de la population, des responsables politiques et religieux. L’Iran est le troisième pays le plus touché, il dépasse la barre des 1000 morts. Ce triste record est dû à une organisation sanitaire défaillante. Le virus sévit en Iran avec une létalité sans équivalence en raison du déni des autorités, du faible nombre de tests et de l’absence de quarantaine. L’Iran des mollahs est visiblement dépassé par la catastrophe sanitaire et demande la levée des sanctions et l’aide du FMI.

Avec cette crise, les soutiens au régime vont vraisemblablement diminués. Ce régime ne peut tomber et tombera tôt ou tard, pas par les sanctions américaines ou internationales, mais seulement par un sursaut ravageur de la population.

 

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13 mars 2020

LE CORONAVIRUS ET L’ÉCONOMIE MONDIALE

Vendredi, jour de ma chronique politique hebdomadaire. Comment ne pas parler du coronavirus ?

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        Le monde s'immobilise à mesure que le nouveau coronavirus se propage. Des avions sont cloués au sol, des écoles ont fermé au Japon suivi par l’Italie et la France ? Les rassemblements sont interdits en Suisse et ailleurs. L'économie mondiale fait face à son pire risque de récession depuis la crise financière de 2008. Bien avant l'éclosion de l'épidémie, le Fonds monétaire international (FMI) avait prévenu que la reprise mondiale serait «poussive», «fragile» et susceptible de vaciller au moindre risque.

Le coronavirus a démontré l’interdépendance des économies mondiales et l’inanité du contrôle de l’information devant le développement du Web et des réseaux sociaux. Le monde a pu constater que la planète est devenu un grand village où les peuples lointains sont devenus des voisins.

Les marchés financiers s'affolent face à la propagation du coronavirus. La bourse de Paris est à son plus bas niveau depuis 2016, et celle de Shanghai à son plus bas niveau depuis 2015. Celle de Milan s’est effondrée de 11% et celle de New-York de plus de 7%. L’indice Cac40 est passé de 6110 à 4750 en quelques jours, soit une baisse de 24%. Vingt cinq pour cent de la capitalisation boursière disparues. Comment, qui va assumer ? Lui, vous, moi, nous. Les épargnants, les retraités assumeront une grande partie de ce marasme. Ces pertes vont hypothéquer le futur des jeunes générations.

 

Dans les secteurs concernés, l'industrie automobile, le secteur de l'électronique, et le secteur textile, dans chacune de ces branches, se joue un "effet domino".

Un "effet domino" lié au fait que la Chine représente 30 % de tout ce qui est fabriqué dans le monde contre 1,2% en 2000. On assiste à une réaction en chaîne, dans la mesure où les entreprises, quelles qu'elles soient, comptent sur une chaîne d'approvisionnement, qui mobilise l'ensemble de leurs fournisseurs

L’automobile, par exemple, est un secteur qui fonctionne à flux extrêmement tendus : à chaque étape de la chaîne, il y a très peu de stock

En paralysant l’économie réelle et la finance, l’épidémie du coronavirus a bouleversé la vie industrielle et politique un peu partout dans le monde.

 

  C’est un véritable coup d’arrêt que subit l’économie mondiale. Les conséquences vont se faire sentir durant des mois, voir quelques années, obligeant les gouvernements à mettre en priorité les dossiers économiques et sociaux. Les grandes manœuvres géopolitiques, les guéguerres inter-puissances  devront mettre une sourdine, n’en déplaise à monsieur Trump.

  Mais le changement qui se profile est ailleurs. Pour certains gouvernements, l’interdépendance a des limites et demande à revoir les politiques de délocalisation. Ira-t-on jusqu’à violer les lois du marché ? Difficile !

  Si la mondialisation a eu un effet bénéfique sur les populations pauvres, elle a, par contre,  porté un sérieux coup au pouvoir d’achat des classes moyennes en Occident.

  Toutes les mesures qu’ils faudra bien prendre pour venir en aides aux entreprises et aux familles, toutes les politiques fiscales et budgétaires pour répondre à la grogne des classes moyennes, qui ira grandissantes, vont se faire dans les pires conditions. Celles d’une crise mondiale, d’un ralentissement du commerce international et de crash successifs dans les bourses et les marchés financiers, bonjour les faillites.

 Certains pays européens comme la France, n’ont aucune marge de manœuvre budgétaire pour pratiquer la relance. Dans leur cas, la réduction du déficit publique et de la dette, est devenue pénalisante. Le retournement de la conjoncture, constaté bien avant l’apparition du coronavirus, va s’accélérer du fait des mesures qu’impose l’épidémie.

Il est d’ores et déjà crucial de préparer la sortie de crise à l’échelle nationale et encore plus, à l’échelle continentale. L’Europe et la BCE devront montrer leur détermination à frapper très vite et très fort pour stimuler la relance et rassurer les consommateurs et les entreprises. La confiance, la confiance est de loin le meilleur antidote contre les crises.

 

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10 mars 2020

QUE SE PASSE-T-IL EN France

Avec la peur du terrorisme islamique, la France retrouve ses reflexes xénophobes, le racisme et le rejet de l’autre, du temps de la deuxième guerre mondiale. Avons-nous oublié les leçons tirées du nazisme ?

Rappelons-nous les paroles du pasteur allemand Martin Niemoller :

« Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.

Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n'ai rien dit, je n'étais pas social-démocrate.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester ».

 

 

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06 mars 2020

LE MONDE EN CRISE

  Nous sommes vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire

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La crise avait pointé le bout de l’oreille, bien avant l’arrivée (providentielle ?) du coronavirus. Depuis la crise de 2008, aucune mesure n’a été prise pour discipliner la finance internationale apatride, qui croit et embellie dans une économie virtuelle. Les bulles se multiplient et la confiance est à la merci du moindre événement, comme une épidémie planétaire.

  Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne parle pas, ou pas encore de pandémie, l’inquiétude, pour ne pas dire la panique s’est déjà installée auprès des populations. D’un point de vue économique, le niveau d’alerte est atteint.

  La Fed (la banque centrale américaine) a frappé un grand coup en abaissant ses taux d’intérêt de 0,5 point. Son président avait prévenu, dans un communiqué aussi succinct que rare qu’il se tenait prêt à « soutenir l’économie ». En l’espace de quelques heures, tout ce que la planète compte de voix influentes a pris la parole. Il faut noyer l’inquiétude. Le G7, réuni en urgence a promis « d’utiliser tous les instruments appropriés. ». Christine Lagarde, qui a succédé à l’automne à Mario Draghi à la tête de la banque centrale européenne (BCE) a affirmé la vigilance de l’institution et être prête à prendre des mesures appropriées. Londres a tenu le même langage. À Sydney les taux ont baissés. On constate cette fois-ci, contrairement à 2008, que les banques centrales sont sur le pont.

  La chute spectaculaire des bourses mondiales ces derniers jours, annonce la possibilité d’une nouvelle grande crise, aussi comparable que celle qui a frappé le monde, il y a douze ans. 

 À l’époque, ce sont les subprimes qui avaient mis à mal l’économie mondiale en contaminant les bilans bancaires de la planète. La crise aujourd’hui, se nourrit d’un ralentissement mondial de la consommation et d’une inquiétude sur la capacité des élites à y faire face. En somme on fait face aujourd’hui à un manque de confiance des populations devant une finance internationale qui ne répond pas aux besoins de l’économie réelle. Les remèdes de la Fed et de ses homologues veulent répondre à cette inquiétude et malgré l’épidémie, réinstaurer la confiance.

  Il semble que les leçon de la crise de 2008 ont été retenues, à savoir : coordination et liquidité. Dans une économie mondialisée, la réponse à la crise doit être globale et coordonnée. Il faudra coordonner les mesures de soutien budgétaire. Il faut que le pouvoir mobilise les acteurs économiques, si on veut que le système ne se grippe pas et que la situation dégénère, comme en 2008, en crise de liquidité et en panne de financement. On voir déjà, se créer des poches de fragilité. Les compagnies aériennes n’ont plus qu’une obsession : le cash. D’autres domaines sont directement affectés comme le tourisme ou encore des usines en panne d’approvisionnement.

 Mais tout le monde sait que le pire n’est jamais certain.

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28 février 2020

LA NOUVELLE GÉNÉRATION EST-ELLE ÉCOLO ?

Voici ma chronique politique du vendredi:

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  Les écolos ont trouvé leur Jeanne d’Arc, la gamine suédoise, Greta Thingerg. Elle écoute des voix, de préférence celles de ses parents, couple militant inaudible, qui a trouvé un « haut-parleur » en leur fille. Alléluia !

  Le dérèglement climatique est devenu le cheval de bataille des adeptes de cette nouvelle religion qu’est devenue l’écologie.

  Nous souffrons tous de la pollution et une lutte sans merci doit être poursuivi pour la réduire, voir l’éliminer. Les dérèglements climatiques dont personne ne maîtrise les origines, doit nous faire réfléchir sur notre mode de vie et ses dérives. Mais personne ne détient la vérité en la matière et nous devons tous être humbles devant les révoltes de la nature.

  Il est de bon ton aujourd’hui d’embarquer les jeunes, de plus en plus jeunes, des écoliers, dans des campagnes nettement orientées. Mais leur priorité doit, avant tout, être leur éducation et leur instruction. La gamine suédoise l’a déclaré avec aplomb, lors de sa harangue à l’Assemblée de l’ONU, « je dois être à l’école à étudier » Qu’elle y retourne. J’étais opposé à sa réception, mais les communicants ont aujourd’hui une autorité difficilement contestable.

  Je ferai volontiers chorus avec ce journaliste de Sky News Australie qui déclarait : « Vous êtes la première génération à avoir demandé de la climatisation dans chaque salle de classe ; vous prenez vos leçons sur ordinateur, vous avez une télé dans chaque pièce et vous utilisez toute la journée des appareils électroniques ; au lieu de marcher pour aller à l’école, vous prenez toutes sortes de moyens de transport. Vous êtes les plus grands consommateurs de toute l’histoire de l’humanité, vous achetez sans cesse les vêtements les plus chers pour être « tendance » et votre protestation est annoncée par voie numérique. Alors, les mômes, avant de protester, éteignez la clim, allez à l’école à pied, ranger vos smartphones et lisez un livre…. Ce qui n’arrivera pas, parce que vous êtes mal élevés et manipulés par des gens qui vous utilisent en disant que votre cause est noble tout en vous plongeant dans le luxe occidental le plus fou. Réveillez-vous et fermez-là. Informez-vous des faits avant de protester et commencez par respecter vos ainés…. »

 Je compléterai cet appel à être plus mesuré aux jeunes générations , en citant Descartes : « Comme nous avons été enfants avant que d’être hommes, et que nous avons jugé tantôt bien et tantôt mal des choses qui se sont présentées à nos sens lorsque nous avions pas encore l’usage entier de notre raison, plusieurs jugements ainsi précipités nous empêchent de parvenir à la connaissance de la vérité de telle sorte qu’il n’y a point d’apparence que nous puissions nous en délivrer si nous n’entreprenons pas de douter une fois dans notre vie de toutes choses où nous trouverons le moindre soupçon d’incertitude ; » (Principes philosophiques, première partie, article 1).

 Le doute est le commencement du savoir et de la maturité. Rappelons-nous ce cri de Jean de La Fontaine : « cet âge est sans pitié ! » 

  C’est aux anciens d’essayer de les comprendre, mais aussi de leur expliquer que leur monde de certitudes n’est pas exactement ici-bas. Il faut marteler à ces militants de l’impossible que c’est le doute méthodique qui peut en finir avec les émotions et les préjugés enfantins.

Il faut raison garder, rappelons-nous Descartes qui disait, optimiste : «  le bon sens est du monde la chose la mieux partagée.

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20 février 2020

LA GOUVERNANCE D’EMANNUEL MACRON, UN CAS D’ÉCOLE

Aujourd'hui vendredi, c'est le jour de ma chronique politique hebdomadaire

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        Le président George Pompidou disait : « si vous ne savez pas que la France est royaliste et que même les citadins sont foncièrement ruraux, vous ne pourrez pas la gouverner ».

  Le français est attaché à la pierre et a horreur des changements. Il est entré dans le monde industriel à reculons, et comme il ne conçoit pas que l’on puisse vendre la ferme, il n’arrive pas, encore aujourd’hui, à admettre qu’une société industrielle ou non, puisse  être vendue. Ils se plainent de la police, mais en même temps, veulent un gouvernement fort et autoritaire. 

 Il a toujours existé un fil tenu, invisible, entre le Président de la République et le peuple. Il semble que cette connivence, ce fil a été rompue par Emanuel Macron. Son système de gouvernance éloigné, mais qui se veut très proche, ne fonctionne pas avec un peuple qui n’aime pas qu’on lui parle au second degré. Il est devenu impopulaire parce que sa proximité culturel et sociale avec le peuple a disparu, si elle n’a jamais existé. Plus il déclare « qu’il n’est pas le Président des riches, plus le citoyen lambda en est persuadé.  

  Les élites sont attaquées de partout, parler à la population dans un style abscond ne passe plus. La société française est bombardée d’informations. Elle vit les événements en temps réel. Elle ne veut pas subir mais participer.

  Le palais de l’Elysée n’est pas l’Olympe, il doit s’ouvrir aux problèmes quotidiens qu’affronte le peuple de la France profonde ou tout du moins donner le sentiment qu’il les connaît. Rappelez-vous le « Je vous ai compris » du général De Gaulle. 

  La bonne gouvernance crée de l’empathie, de la confiance et donne au citoyen le sentiment qu’on s’occupe de lui. L’information doit s’accompagner de la transparence. La bonne gouvernance n’admet ni les  nominations hâtives ni les rétropédalages, qui ne font que souligner l’erreur. Comme disait souvent François Mitterrand, il faut donner du temps au temps.

  La crise des gilets jaunes a illustré la fracture entre les élites et le peuple. Les élites se doivent d’accepter un minimum de proximité sociale.

  Dans la bonne gouvernance, l’ascenseur social n’est jamais remplacé par le copinage ou la cooptation.

   Quelque soit le régime, la politique est une rencontre entre un gouvernement et les gouvernés. C’est un compromis entre ce que veut le peuple et ce que peut le gouvernement. Encore faudrait-il que l’information passe dans les deux sens et que la transparence des gouvernants donne la confiance indispensable aux citoyens.

 La politique, pour une grande part est un exercice psychologique.

  En ce début d’année 2020, les sondages, unanimes, disent que 70% des français ont une mauvaise opinion de leur Président. L’élection présidentielle est dans deux ans, deux ans pour redresser la barre, dans tellement de domaines. À vouloir être ni de droite ni de gauche, le parti présidentiel s’est bâti de bric-et-de- broc, avec une population aux motivations diverses, parfois opposées.

  Le président Macron ne donne pas l’impression qu’il a prit toute la mesure de la situation créée en grande partie par son mode de gouvernance.

 À sa décharge, je citerai Charles de Gaulle qui déclarait un jour : « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromages ? »

   

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17 février 2020

FAUT-IL LE DIRE ?

     Depuis plusieurs semaines on ne peut pas ouvrir un journal, une télévision, sans que l’on ne vous parle de l’épidémie du coronavirus. On vous donne, en temps réel, le nombre de morts, le nombre de contaminés et le nombre des mis en quarantaine. Certains pays sont en rupture de stock de masques et les compagnies aériennes n’assurent plus certaines destinations. Les gouvernements occidentaux affrètent des avions en urgence absolue, pour évacuer leurs nationaux de Chine et du Japon.

    Quelqu’un s’est-il posée la question de l’importance des épidémies annuelles de grippe en Occident, par exemple la France ?

  En 2019, l’épidémie de grippe a duré en France de février à septembre. Elle a provoqué 1,8 million de consultations pour syndrome grippal, 65600 passages aux urgences, et 11000 hospitalisations.

  On a enregistré 13100 décès en excès dont 9900 attribué à la grippe durant la période de surveillance, selon les services de la Santé publique et ce pour une population de 67 millions.

  En Chine, le coronavirus est responsable de 1765 décès pour une population de 1,386 milliard (2017). La comparaison de ces chiffres oblige à se poser la question : sommes nous devant une manipulation, si oui, pourquoi ?  

 

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14 février 2020

LA PAIX, ARLESIENNE DU MOYEN-ORIENT

@Chronique politique hebdomadaire du vendredi. Elle traite cette semaine d'un problème qui me tient à coeur: un État viable palestinien.

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   Il y a des militants de salon comme il y a des sportifs de tribune. Ils ont la voix haute et des convictions à géométrie variable. Bien sûr, ils savent tout, ils ont les solutions, « il n’y a qu’à ».

  Je pense que ces stratèges de la chose publique, au lieu de hurler avec les loups, au lieu d’étaler leur militantisme nourri d’idées reçues, consacrent quelques instants de leur vie à aller sur place, à vivre les problèmes des Palestiniens. Alors, alors je serai disposé à les écouter. 

  Auprès du président palestinien, Yasser Arafat, j’ai consacré dix ans de ma vie au problème israélo-palestinien. J’en ai tiré plusieurs convictions. La première est que seuls les deux peuples peuvent décider de quelle Paix ils veulent. Aucune puissance étrangère, fusse-t-elle la première du monde, ne peut imposer une solution à ce conflit. La seconde est, qu’au-delà des dirigeants politiques, les deux populations s’entendent pour vivre les uns à côté des autres, à l’exception des éléments radicalisés et manipulés. 

  Toutes ces campagnes contre la normalisation des relations des uns et des autres, les campagnes du soi-disant boycotte, ne sont pas pour le bien de la cause palestinienne. Avec qui parler, si ce n’est avec la personne en face, avec qui négocier si ce n’est avec son « ennemi ». Avec qui commercer en priorité, si ce n’est avec son voisin. La réalité sur le terrain est tout autre que celle des arguments de salon de ces « militants. »

  Il faut parler clair et net. Il faut appeler un chat, un chat. La situation aujourd’hui à la tête, et des Israéliens et des Palestiniens, n’est pas des plus glorieuse.

  La dernière fois qu’il y a eu des élections palestiniennes, Hamas était sorti largement vainqueur. Même si aujourd’hui, les Israéliens acceptent que les palestiniens résidents à Jérusalem participent au vote, Mahmoud Abbas trouvera une autre excuse à continuer de trainer les pieds.

  Mahmoud Abbas et son équipe semble considérer l’Autorité  Palestinienne comme leur propriété privée. Le parlement n’a jamais repris ses travaux depuis près de deux décennies, même si ses membres continuent à être payés. On ne peut pas diriger un peuple avec seulement des collaborateurs « oui Président » qui sont là pour applaudir à toute action ou initiative « présidentielle ». C’est ainsi que Mahmoud Abbas gouverne, et il ne voit aucune raison de changer.

  Il blâme Israël de ne pas le laisser organiser les élections. L’ONU et les capitales des puissances qui s’intéressent au Moyen-Orient n’ont jamais eu échos d’une volonté de Ramallah d’organiser des élections et donner enfin aux Palestiniens un Président légitime.

  Aujourd’hui, cela va faire 12 ans que son mandat de quatre ans s’est terminé. Mahmoud Abbas, dit Abou Mazen, a été élu pour succéder à Yasser Arafat en janvier 2005, depuis c’est le statu quo, on ne parle pas d’élections !

Pendant un temps, le Hamas a été l’excuse idoine, après, cela a été Israël. Depuis 2009, Abbas n’a aucune légitimité à assumer la présidence de l’Autorité Palestinienne.

Mahmoud Abbas, prenant prétexte de ses relations conflictuelles avec le Hamas et la situation de rébellion de Gaza, n’a pas également organisé le renouvellement des membres du Parlement palestinien, le PLC (the Palestinian Legislative Council). Les élections de 2006 s’étaient traduites par une victoire écrasante du Hamas. La réponse a été la mise en congé du parlement pour une durée indéterminée, avec le silence complice de l’opinion mondiale, elle qui est si prompte à donner des leçons de morale et de bonne gouvernance !

  Si on veut sincèrement qu’une solution de deux pays (Israël et Palestine) prenne un jour place, si on veut que la paix règne un jour dans cette région du monde, il faut que de véritables négociations directes s’organisent, sans préalables ou diktat.

Pour cela, il faut que les deux dirigeants, israélien et palestinien, ne soient pas des chefs en état de faiblesse, contestés par une majorité de citoyens. Les Palestiniens devraient dans les plus brefs délais organiser des élections, législatives et présidentielles, et donner ainsi une légitimité incontestée à celui qui sera leur Président. Les Israéliens devront régler le problème Netanyahu, car sa situation juridique pose problème. Espérons que les prochaines élections israéliennes apporteront  la réponse claire que tout le monde attend.

 Toute négociation est basée sur des compromis, parfois difficiles et douloureux. Pour pouvoir les faire et les imposer aux deux peuples, il faut à leur tête des Hommes forts et incontestés.

  Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

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