Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

27 janvier 2023

2023 : GERER LES INCERTITUDES

    L’incertitude engendre la crainte et elle est grande en ce début d’année devant une actualité qui nous pose moult questions. Elle risque de nous imposer une révision de nos attitudes et une remise en question de nos choix. Cette incertitude va-t-elle devenir la norme pour cette nouvelle année ?

 La situation économique est préoccupante eu égard aux variations du prix de l’énergie, à l’inflation, aux ruptures dans les chaînes de produc­tion, à la santé, à l’environnement, au politique et à la géopolitique. La guerre interminable d’Ukraine laisse les analystes interpellés par l’obstination de Washington à nourrir et maintenir une guerre en Europe, guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu. L’illusion de croire affaiblir ainsi la Russie et l’Europe, illustre la médiocrité historique de la politique étrangère américaine. Ne voir midi qu’à sa porte, est une approche à éviter en géopolitique. Malheureusement certains pays sont aveuglés par leur politique hégémonique.

 On n’est pas tous égaux face à l’incertitude, loin s’en faut, aussi bien du point de vue des indicateurs de santé mentale que des conséquences économiques de la situation. Il faut reconnaître que les États-Unis sont les grands « profiteurs » de la guerre en Europe et de la politique des sanctions à l’égard de la Russie. Le complexe militaro industriel américain engrange des superbénéfices et le gaz américain a trouvé une santé insolante qu’il recherchait vainement.

 Cependant, la relation entre anxiété et absence de contrôle est pri­mordiale pour le citoyen lambda. Le référentiel pour gérer les situations, vise plus souvent à éli­miner l’incertitude qu’à l’apprivoiser. Les entrepreneurs, eux non plus, n’échappent pas à la règle. 

Le contrôle n’est rien d’autre que la capacité d’agir dans une situation pour éventuellement la modifier.  Souvent, on tend à considérer que ce qui se passe ne dépend pas de soi. Certains croient que tout dépendra de soi et non pas de l’envi­ronnement et d’autres que tout dépend à la fois de l’environnement et de soi. Analyser ce qui fonde ces trois attitudes peut aider à tirer des conclusions utiles pour mieux appréhender l’incertitude dans son quotidien. C’est l’environnement qui dicte sa loi. Ceci confère un caractère objectif à la situa­tion. On doit s’adapter aux faits constatés, le contrôle se réduit à la capacité à s’adapter à une situation pour en tirer profit ou s’en défaire. 

Cette approche caractérise l’action de l’entrepreneur milliardaire Elon Musk, patron de SpaceX, Tesla et désormais Twitter. Il veut rendre désirable l’idée d’habiter un jour sur la planète Mars. Le contrôle s’exerce principalement sur les moyens de convaincre et de tout mettre en œuvre pour influencer le cours des choses. Rien à ce jour ne permet de dire qu’il soit possible de vivre sur cette planète, ni même de s’y rendre en toute sécurité. Ce projet naît de la subjecti­vité de Elon Musk qui conduit l’action.

Force est de constater qu’il est possible d’influencer autant que de nous laisser influencer. C’est la posture que décrit la théorie de l’effectuation développée par Saras D. Sarasvathy en 2001, qui fait l’objet de travaux récents. Saraswathy est professeur en Entreprenariat, en stratégie d’entreprise et d’éthique, à l’université de Virginia Dardan School of business. USA. 

 On peut contrôler ou gérer au mieux une situation incertaine dès que l’on n’accepte que des risques acceptables, que l’on s’ap­puye sur les autres, que l’on  co-créer avec eux, que l’on tire parti des inattendus résultants des incertitudes et surtout que l’on ne s’engage que si on le veut. Cette approche s’appuie sur une représentation non déter­ministe et non autoritaire de la marche du monde.  Nous nous sommes tous retrouvés à un moment ou à un autre face à de telles situations qui nous imposent un choix. 

La dernière approche est la plus adaptée à un haut niveau d’incertitude dans la mesure où elle permet d’avancer à partir des données du présent et non pas d’un futur hypothétique objec­tivé ou subjectivité.

 L’incertitude doit être perçue comme incontournable, alors nous devons apprendre à y faire face, au lieu de s’y opposer.

 

 

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18 janvier 2023

la France et l'UE CONTINUENT A TOURNER AUTOUR DU POT

 CONTINU A TOURNER AUTOUR DU POT

 Joseph Borrel chargé des Affaires étrangères et de la Politique de sécurité de l’Union européenne, a réitéré à Rabat, la position de l’UE au sujet de la question du Sahara marocain, valorisant beaucoup les efforts "sérieux et crédibles" déployés par le Maroc pour trouver une solution à ce différend régional.

 Le Maroc n’a plus besoin que l’on trouve sa solution crédible. Le Sahara marocain est partie intégrante du pays et le développement de ces provinces va loin dans ses réalisations. Les États-Unis, suivis par de nombreux pays ont reconnu cette évidence.

 La France et l’Union européenne devraient annoncer urbi et Orbi, qu’ils prennent acte enfin d’une évidence historique, géographique et humaine. Le Maroc n’attend plus rien de ceux qui se disent ses amis, et poursuit son chemin, avec ou sans certains.

 

 

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13 janvier 2023

LE POUVOIR DES SYNDICATS : REALITE OU MYTHE ?

Qu’est-ce qui explique la puissance ou la nuisance des syndicats, au Maroc et ailleurs ?

 En France, une poignée de cheminots ont arbitrairement pris des centaines de milliers de Français en otages, lors des départs en vacances des fêtes de fin d’année. A tort ou à raison, cet épisode difficile a été considéré comme un scandale aux yeux de la majorité des français. 

Au Maroc, comme en France, leur puissance apparente, interdit-t-elle de dénoncer leur nuisance ou leurs abus ? La question est de savoir si ce pouvoir est considérable, détenu par une minorité de personnes sur l’ensemble de la population laborieuse ou simplement citoyenne.

Dans les sciences sociales, d’éminents intellectuels, dont plusieurs prix Nobel, se l’étaient posée, aux États Unis, en Angleterre et dans les pays scandinaves, où le syndicalisme occupe une place plus importante encore qu’au Maroc. 

Le syndicalisme est institutionnalisé dans le système démocratique des pays libres, aussi on associe syndicalisme et liberté.  Il parait impossible de remettre en cause cette avancée sociale et libérale.

  Par contre, on peut et on doit se poser les questions suivantes :

- Pourquoi des syndicats sont nécessaires ?

- Doit-on parler de Droit du travail ou droit au travail ?

-Les syndicats ont-ils une influence sur le chômage, les crises ?

-Apportent-ils quelque chose à la démocratie ?

- Syndicalisme et liberté sont-ils compatibles ?

Le syndicalisme tient aussi bien de l’idéologie que de l’économie. Il a vu son prestige grandir en critiquant le capitalisme et en développant le postulat : le travail échappe à la loi du marché. (Vraiment ?).

Marx et sa lutte des classes ont posé la première pierre de ce que sera plus tard le syndicalisme. D’un côté le propriétaire exploiteur et de l’autre le prolétaire exploité, le syndicalisme se veut être la réponse à cette injustice. Le déséquilibre semble inéluctable : l’un des contractants a le temps et l’argent pour lui, l’autre doit accepter les conditions qui lui sont offertes. C’est un déséquilibre entre offre et demande, la loi du marché est inapplicable car le salaire n’est pas un prix et le travail n’est pas une marchandise.

 Ces idées sont devenues courantes, même si elles n’ont aucune consistance réelle : Le travail n’est pas le seul facteur de production et il n’y a passeulement le capital, mais aussi et surtout l’art d’entreprendre. 

Le « capital humain » a une importance considérable dans la rémunération perçue. Cette importance varie avec la formation, l’âge, l’expérience, la qualification.

Il ne saurait y avoir de salaire unique, il irait à l’encontre de l’émulation et du progrès, et rendrait l’effort inutile.

Le syndicalisme se veut être la réponse à cette « injustice » et représenter la défense du faible contre le fort. Il faut reconnaître que cela est parfois vrai, particulièrement dans les pays en voie de développement.

Le contrat individuel étant, par essence, asymétrique, lui sera substituer, petit à petit, le contrat collectif. Ainsi va naître un « droit du travail » qui échappe à la logique contractuelle qui met habituellement en relation deux individus égaux. C’est ainsi, que le syndicat est devenu alors « partenaire social », il va détenir progressivement le monopole de la négociation salariale, spécialement dans les grandes entreprises.

Ce droit du travail collectiviste explique, dans beaucoup de pays, la démarche syndicale fondée sur le cartel de l’embauche, particulièrement aux États-Unis. 

Le syndicat cherche à détenir le monopole de la représentation salariale, une aberration dans les PME et les petites unités familiales. Dans les grandes entreprises, il a pour « partenaire » les instances patronales. 

Le paradoxe dans la vie des syndicats est que le nombre d’adhérents importe peu, et son pouvoir de nuisance n’y est pas proportionnel. En France par exemple, le taux de syndicalisation est très faible mais la majorité est la plupart du temps acquise au syndicat quand il décrète la grève. Elle est suivie largement par le personnel, syndiqué ou non. Ce paradoxe est commun à plusieurs pays. 

Dans certains, particulièrement aux États-Unis, les salariés sont prêts à payer des cotisations syndicales élevées pour bénéficier d’un salaires minimum payé par le syndicat lors des jours de grève. Dans certains pays comme la France, le financement des syndicats provient de sources gouvernementales et patronales, mais dans la plus grande discrétion. 

Le droit du travail supprime le droit au travail (conçu comme la possibilité d’accéder à un emploi) : dans des pays comme les États-Unis ou l’Allemagne, celui qui n’est pas représenté syndicalement a peu de chance d’être embauché. 

Les syndicats défendent leur action en prétendant œuvrer pour le plein emploi et pour la stabilité économique. Force est de constater que le chômage a diminué dans les pays où le pouvoir des syndicats a été  combattu et amoindrie. Les politiques de Thatcher au Royaume-Uni lors de la grève des mineurs et Reagan aux États-Unis lors de celle des contrôleurs aériens, ont assuré durablement le plein emploi mais elles ont été abandonnées ensuite pour des raisons politiques.

Alors, les syndicats apportent-ils quelque chose à la démocratie ?

C’est finalement la vraie question. La réponse est donnée par l’étude des « décisions publiques » (public choice) : la classe politique a pour objectif majeur et permanent : le calendrier électoral.  Or, les syndicats sont des alliés très efficaces dans le jeu électoral. Ils ont une influence sur le climat politique par leurs initiatives : manifestations, grèves, couvertures médiatiques. Leur action contribue à influencer ceux qui vont penser que tout va à peu près bien (pouvoir d’achat maintenu, moins de chômage) ou que tout va très mal (inflation, désordre). 

On peut réellement se demander ce que devient la démocratie quand le pouvoir est attribué à des candidats qui ne représentent qu’une infirme partie de l’électorat. On peut même s’interroger, comme le faisait Benjamin Constant, écrivain et homme politique, sur l’erreur fondamentale qui consiste à voir la démocratie comme la loi de la majorité, « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » de Lincoln, au lieu de la tenir pour la protection de la minorité allant jusqu’à l’individu. Constant opposait ainsi la « démocratie des anciens » (Athènes) et la démocratie des modernes (États-Unis de 1777).

 Il faut garder en tête qu’aucune entreprise ne ressemble à une autre Par exemple la pratique de la participation voire même de la cogestion (la mitbestimmung allemande) varie considérablement suivant la taille, l’activité, etc. Dans ces conditions, une loi pour l’organiser comme l’a fait en France, le premier ministre de l’époque, Michel Debré, n’a aucun sens. On a eu là, une volonté politique de centraliser, uniformiser, au prétexte de progrès social.  Mais le progrès social doit respecter la liberté d’entreprendre et d’échanger.

Les responsables syndicaux se doivent de connaître l’économie. Les grandes centrales ont maintenant leur propre école de formation pour leurs cadres, comme par exemple la centrale marocaine, l’UMT (Union Marocaine du Travail)

Les syndicalistes très engagés sont capables de faire la distinction entre économie et politique. C’est une attente dans plusieurs pays. En fait, le principe libéral de base doit rester le respect de la diversité et donner de l’importance à l’épanouissement des capacités personnelles et le respect des autres. 

  Oui, un syndicalisme libéral est possible !

 

 

 

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06 janvier 2023

L’AFRIQUE DU SUD EN CRISE

La fin du règne des blancs, c’est-à-dire de l’apartheid, a été salué par le monde entier. Les richesses naturelles du pays et les structures laissées par les « Boers » laissaient augurer d’un développement puissant dans la paix sociale et politique.

 Force est de constater que le pays collectionne les déceptions et les crises, économique, sociale et politique.

Le 7 juillet 2021, l’arrestation de l’ancien président sud-africain, Jacob Zuma, a plongé le pays dans une nouvelle vague de manifestations violentes et de pillages.

Lors de ces manifestations, au moins 200 personnes ont perdu la vie, plus de 2554 arrestations ont été effectuées et 50’000 entreprises ont été endommagées ou touchées.

Après presque trois décennies de démocratie, l’Afrique du Sud est confrontée à de multiples crises.

La crise actuelle, amplifiée par la pandémie, est en fait le résultat d’une décennie de récession. L’absence de réformes structurelles a mis le pays dans un position de précarité économique illustrée par un chômage durable à des niveaux insoutenables : déjà 29,1% à la fin de 2019. Au deuxième trimestre 2022, le taux de chômage s'est établi à 33,9 % de la population active.

 La pauvreté reste à un niveau inadmissible. En 2015, plus de la moitié de la population – 30,4 millions de personnes – vivait sous le seuil de pauvreté officiel, un taux plus élevé pour les ménages dirigés par des femmes que pour ceux dirigés par des hommes (49,9% contre 33,0%).13,8 millions de personnes vivaient dans une « extrême pauvreté », sans pouvoir satisfaire leurs besoins physiques de base, principalement alimentaires..

 La croissance de l’Afrique du Sud est en baisse depuis 2010, avec une moyenne de seulement 1,7% entre 2011 et 2018. En 2019, l’Afrique du Sud a été plongée dans sa troisième récession depuis 1994.

 Les raisons sont multiples : le ralentissement mondial consécutif à la crise financière, la baisse des prix des matières premières, la désindustrialisation, la corruption systémique.

 La mauvaise gouvernance a accentué leurs effets, comme les coupes budgétaires, des politiques macroéconomiques restrictives, le ralentissement des investissements du fait de la stagnation économique, ainsi que l’insuffisance de l’approvisionnement en électricité et les pannes qui se multiplient.

Les récentes déclarations du PDG de Eskom, Andre de Ruyter ont montré le véritable désastre que subit le pays dans le domaine de l’énergie. Ce dernier a annoncé sa démission, la justifiant par les défis auxquels fait face le fournisseur d’électricité. Selon ses dires, la corruption et la criminalité, hypothèquent le développement du pays. La société fournissait l’électricité la deuxième moins chère du monde après la Nouvelle Zélande. Ceci du fait que l’Afrique du Sud est fort riche en charbon facile à extraire, souvent à fleur de terre.

Avec Sasol et Petro SA, l'Afrique du Sud détenait la première place dans le monde. Depuis 1982, l'Afrique du Sud exploitait la seule centrale nucléaire sur le continent à Köberg près du Cap, centrale construite par Framatome.

 Les changements des cadres de direction s’accentuant rapidement depuis 2003 et 2004, tout est devenu imprécis, hésitant, avec une absence de vision industrielle. Les décisions qui s’imposaient, ne vinrent jamais, souvent du fait de l'incompétence et la corruption de certains ministères dont celui de l'énergie !!

 Aujourd’hui, Eskom est en faillite, couverte de dettes et ne peut accomplir sa mission de fournisseur d’électricité.  Pourtant le pays bénéficie d’un secteur industriel diversifié, avec quelques domaines d'excellence comme l’armement, la mécanique et la chimie. Les répercussions vont être très lourdes de conséquences, vu le taux de chômage très élevé actuellement.

L'Afrique du Sud   souffre de plusieurs maux structurels :

-      Les séquelles raciales du passé sont encore vives. " Kill the boer" reste la devise de Julius Malema, un des activistes de l'ANC

-      Le système éducatif et de formation qui laisse à désirer. 

-      La corruption de l'ANC qui gangrène tout le corps étatique et le corps social.

 

Ces véritables handicaps donnent des gouvernements inefficaces, incompétents et sans vision. 

L’incompétence de l’encadrement découle du « black economic emowerment » qui ne priorise pas la qualification des prétendants, on a alors un recrutement qui privilégie les noirs, quelle que soit la compétence. Cette situation provoque l'émigration des jeunes blancs qualifiés, qui ne voient plus un plan de carrière possible dans leur pays.   

S’ajoutent à ce pays qui se débat avec ses contradictions, tous les problèmes géopolitiques et économiques de la mondialisation, du réchauffement climatique et de la transition énergétique. Pourtant l’Afrique du Sud a des atouts nombreux pour s’en sortir. 

Les médias locaux ne donnent qu'une information angélique, idéologique, en conformité avec la doxa, sans regarder la réalité

 L'Afrique du Sud a été obligée de déployer l'armée pour protéger ses centrales électriques afin d'empêcher les sabotages et le vol de charbon et de diesel dans les centrales électriques, alors que la crise énergétique s'aggrave et que les coupures d'électricité se multiplient.  Ces coupures sont régulières depuis une quinzaine d'années dans le pays le plus industrialisé du continent, et la situation a empiré cette année avec des coupures quotidiennes de plusieurs heures. 

Les coupures d'électricité record de cette année ont fait perdre des centaines de millions de dollars à l'économie sud-africaine, déstabilisant profondément le commerce et l'industrie. Elles provoquent la colère de la population, les coupures répétées totalisant certains jours plus de 11 heures.

 Ces derniers jours, 50% de la capacité de production électrique du pays étaient à l'arrêt. En cause, des centrales à charbon vieillissantes qui tombent en panne ou dont les opérations de maintenance se multiplient. Mais il y a aussi la corruption et la mauvaise gouvernance d'Eskom. 

 Pour parfaire le tableau, il faut dire que le pays présente le niveau d’inégalité le plus élevé au monde, avec un coefficient de Gini pour la répartition des revenus de 0,7 (1 représente l’inégalité absolue). Les richesses sont inégalement réparties, les 1% les plus riches de la population possédant la moitié de toutes les richesses, tandis que les 10% les plus riches en possèdent au moins 90 à 95%.

 L’Afrique du Sud est actuellement une véritable bombe à retardement, très rapidement la gouvernance doit être redressée et les mesures d’urgence qui s’imposent doivent être rapidement prises.

Dans l’immédiat, le gouvernement sud-africain est tenu de protéger les moyens de subsistance et soutenir l’économie. Les mesures d’aide aux entreprises, aux travailleurs et aux ménages, qui ont pris fin précédemment, doivent être renouvelées et adaptées. 

Le programme d’austérité qui a été mis en place doit cesser et doivent devenir prioritaires les droits sociaux-. Cette approche doit être associée à une transformation économique significative, au service du plus grand nombre.

 L’ONU doit se pencher sur le devenir de la population de l’Afrique du Sud qui s’élève aujourd’hui à plus de soixante millions d’âmes. 

 

 

 

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31 décembre 2022

J’AI MAL A LA FRANCE

                           Les relations entre le Maroc et la France ont passé une période glaciale inappropriée eu égards aux liens étroits tissés pendant des décennies entre les deux capitales. Il semble que tout doucement, nous sommes en train de sortir d’une situation qui n’aurait jamais dû exister. Peut-être est-ce le fait que la France traverse actuellement une période difficile que certains vont jusqu’à qualifier de déclin. Difficile pour moi de l’admettre, mais ma raison m’oblige à considérer et analyser les faits.

  Je suis un pur produit de l’école publique de la République française. J’ai ânonné, comme des centaines de milliers d’écoliers : « Nos ancêtres les Gaulois, ils étaient grands et blonds », formule née sous la Troisième République pour forger le « roman national ».

  « Autrefois, notre pays s'appelait la Gaule et ses habitants, les Gaulois. » : C'est par ces mots simples que débutait mon manuel d'Histoire, véritable catéchisme patriotique.

  Nos instituteurs d’alors, guidés par une véritable passion sacerdotale, nous faisaient découvrir une France qui faisait rêver. Leurs cours d’Histoire étaient de véritables contes, avec des héros qui nous laissaient pantois. Bayard, Du Guesclin, Jeanne d’Arc, Charlemagne et Napoléon parmi tant d’autres, nous faisaient piétiner d’impatience à attendre le temps où on pourrait enfin, aller en Métropole, comme disaient les anciens. On se dépêchait de vieillir pour « monter à Paris » et admirer les réalités de la grandeur de la France.

  Au fur et à mesure que j’avançais en âge, je découvrais comment était grande la place de la France dans le monde, comment était forte, la voix de la France dans le concert des Nations. Bien sûr, il y a eu des hauts et des bas, il y a eu la guerre de cent ans, celle de 1870 puis 1914, la première Guerre Mondiale, et la deuxième, mais le pays a toujours assumé et repris sa marche en avant. A chaque malheur qui s’abattait sur la France, se levait un homme, une femme, pour brandir le drapeau de la reconquête et de l’espoir. Ainsi a fait Jeanne d’Arc, ainsi a fait, plus près de nous, le général Charles de Gaulle.

 La France a montré le chemin de l’indépendance et de la démocratie à tant de peuples. Elle leur a légué les droits de l’Homme, et milité pour l’éducation pour tous. Elle a été le leader du siècle des Lumières et voulu combattre les ténèbres de l'ignorance par la diffusion du savoir.  C’est cette France-là qui a guidé tous mes actes, tout au long de ma vie. J’ai eu la chance de rencontrer certains de ces hommes qui ont contribué à la grandeur de la France. Ces hommes, comme le général de Gaulle, Georges Pompidou, André Dewavrin, m’ont inculqué cette responsabilité de veiller à l’intérêt général.

 Mais ces temps là sont loin et prennent l’allure d’une légende. Les responsables actuels ne semblent pas réaliser que le monde a changé, que les anciennes colonies et protectorats ont pris le large et s’affirment comme des Nations sûres d’elles-mêmes et qui veulent marquer leur destin.

 Difficile pour moi d’admettre que cette France qui a nourrit mes rêves d’enfant, soit en déclin. 

 

 C’est à cette France-là que j’ai mal, comme on a mal à la tête.

 

 

 

 

 

 

 

                                                 

 

 

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23 décembre 2022

SECURITE ET POUVOIR REGALIEN

        Il y a des vérités que l’on énonce comme allant de soi. La sécurité est non seulement un des devoirs de l’État, mais un monopole, c’est l’expression même du pouvoir régalien des gouvernements. Aujourd’hui est-ce toujours le cas. ?

On doit, avant toute chose, définir ce que l’on entend par « Régalien ». Cette notion est associée avec la notion de souveraineté. Ce mot concerne tout ce qui ressort de l’exercice de la puissance gouvernante. Il désigne les pouvoirs exclusifs du gouvernement que nulle autre personne n’a le droit d’exercer. Les fonctions régaliennes couvrent : la sécurité extérieure comme la sécurité intérieure, le maintien de l’ordre public, la défense du territoire, le droit de rendre justice, la souveraineté monétaire ainsi que lever l’impôt et gérer les finances publiques.

 Dans les divers baromètres et sondages dont le citoyen est abreuvé, la sécurité est régulièrement classée parmi les deux ou trois priorités de la société civile.

 Trop souvent, on parle de la sécurité au travers le prisme du fait divers. Cette interrogation s’accompagne souvent d’un sentimentalisme de rigueur, face à l’événement. L’autre problème, c’est que le citoyen lambda classe la sécurité comme un monopole d’État et qu’elle ressort de l’exercice exclusif du pouvoir régalien du gouvernement. 

 La sécurité, monopole d’État, et si ce n’était plus le cas ? 

La finale de Ligue des Champions le 28 mai 2022 au Stade de France, à Paris, a été un fiasco historique du maintien de l’ordre. On a épinglé la défaillance du préfet de Police, mais également du service d’ordre du stade comme des responsables du club parisien de football. Dans cet exemple, on constate que la sécurité du stade et bien sûr des personnes, a été assurée également par des organismes privés. 

En 2023 et 2024 la France accueillera deux compétitions majeures : la Coupe du monde de rugby puis les Jeux Olympiques. Le Qatar a accueilli la coupe du monde de football. Dans tous ces événements, la sécurité n’a pas été et ne sera pas de l’exclusivité du pouvoir régalien des différents gouvernements concernés, Elle reste, bien sûr, du ressort de l’État, mais en collaboration avec des organismes privés de sécurité.

 D’une façon générale, on voit se multiplier la création d’organismes de sécurité privés, dans certains cas avec des agents armés. L’insécurité est devenue un problème récurent dans nos sociétés modernes. Elle trouve son origine avant tout, dans le terrorisme, suivi de l’incivilité grandissante des citoyens, allant jusqu’à la violence gratuite.

A la veille de manifestations comme les jeux olympiques, tous les organisateurs et acteurs s’agitent pour rassurer et trouver des solutions.

Le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques s’est récemment réuni, un nouveau préfet de Police de Paris a été nommé, le ministère de l’Intérieur a préparé des annonces pour informer des mesures prises ou à prendre en la matière.

On est en droit de se demander si ces pays parviendront à assurer ces rendez-vous majeurs sans accrocs et surtout s’interroger sur les causes profondes du problème. C’est en se référant au passé que l’on peut identifier quelques éléments de réponse. Le recours à des polices municipales et à des acteurs privés soulignent la situation nouvelle créée par les événements précités, la sécurité n’est plus un monopole d’État.

 En France le tournant s’est fait par la mise en place de la loi de 1995 qui redéfinit pour la première fois la place de l’État dans le processus et la gouvernance de la sécurité. Elle prévoit une complémentarité avec les collectivités locales et le secteur privé, et reconnait les organismes privés comme « concourant à la sécurité générale ». L’État souligne la nécessité de réglementer le milieu et de le contrôler, car touchant au pouvoir régalien.

Suite aux attentats de 2001 et au sentiment d’insécurité qui en a découlé, la loi sur la sécurité quotidienne place le secteur privé comme étant « un allié indispensable ». Celui-ci a alors vu ses compétences élargies.

 D’une façon générale et un peu partout dans le monde, l’accroissement permanent des menaces, a donné des lois successives qui sont allées dans le même sens : celui d’une intégration pleine et entière du secteur privé dans les politiques publiques de sécurité.

L’État ne peut pas et ne pourra plus jamais se passer du secteur privé, même dans la mission la plus régalienne qui soit : la sécurité. Mais la défiance sera toujours de mise et les acteurs de la sécurité privée ne cessent de s’en plaindre.

Le contrôle est-il trop fort, le cadre juridique trop contraignant, c’est ce que disent les dirigeants d’organismes privés de sécurité ? La confiance de l’État envers ces acteurs ne peut pas être acquise sans conditions et précautions., loin s’en faut. C’est un verrou nécessaire, car le danger des organismes privés et armés, est la création de milices. Des milices qui rapidement échappent à tout contrôle et deviennent un outil de conquête du pouvoir. On l’a vu au Congo-Brazzaville où des milices aux noms folkloriques : les Ninjas et les cobras, ont abouti à une guerre civile qui a fait plus de cent mille morts. Ceci a permis la prise du pouvoir par le Président actuel sponsorisé alors par une puissance européenne, anciennement colonisatrice. Depuis, des élections ont régularisé ce véritable coup d’État.

Dans un registre un peu différent mais parfaitement parallèle, depuis plus de 20 ans, les collectivités locales développent leurs polices municipales. Ces femmes et ces hommes de la fonction publique territoriale sont devenus indispensables pour assurer la tranquillité publique et la sécurité, dans le sens le plus large. 

Tout comme pour le secteur privé, le champ des compétences des policiers municipaux augmente régulièrement, au fur et à mesure que l’État se désengage des missions pourtant régaliennes. 

L’État a besoin des collectivités locales et de leurs précieux policiers. Ce processus avec ce continuum public-privé est de plus en plus soutenu par les responsables politiques.

 Dans le cadre de l’organisation des JO 2024, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a tiré la sonnette d’alarme et décrété la mobilisation générale. La principale annonce a été la mise en place « d’une autorisation temporaire d’exercer » pour les nouveaux agents de sécurité, à destination notamment des étudiants, avec une formation accélérée…

Cette déclaration du ministre ressemble un peu à un aveu de faiblesse. En Europe, à l’inverse des États-Unis, l’État a tendance à vouloir s’occuper de tout, aussi n’a-t-il plus les moyens d’assumer et d’assurer toutes ses missions régaliennes.

 Aujourd’hui, en matière de sécurité, pour obtenir les meilleurs résultats possibles, il faut que chacun puisse jouer son rôle. Du simple citoyen vigilant et responsable, aux pouvoirs de police des maires, en utilisant les compétences des polices municipales et en intégrant pleinement et sereinement les acteurs de la sécurité privée : la solution est multiple.

  Le privé s’emparant de plus en plus des fonctions régaliennes, va poser un problème aux tenants d’un État fort et responsable.

 

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14 décembre 2022

L’UNION EUROPEENNE EST-ELLE RACISTE ?

  Un 28 juillet 1885, Jules Ferry, maire et député de Paris déclarait à l’Assemblée Nationale à propos des fondements de la politique coloniale de la France, : « Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures..., »

  Voilà que le 4 novembre 2022, Monsieur Joseph Borrell, Vice-président de la Commission européenne, Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, lors de son discours au Collège d'Europe, décrivait l’Europe comme un jardin où tout fonctionne, désormais menacé par une jungle empiétant au-dessus des frontières européennes.

 Les réflexes néocolonialistes ne semblent pas avoir quitté le discours des plus hauts responsables de l’Union européenne.

 On se doit de considérer ces propos comme racistes et condamnables, surtout venant d’un responsable de la politique étrangère de l’Union. Cette déclaration faite aux futurs responsables de l’administration de Bruxelles ne dissimule-t-elle pas le néocolonialisme continu de l’Europe en Asie et en Afrique.

 Je rappelle ci-après les termes de son allocution : « Oui, l’Europe est un jardin. Nous avons construit un jardin […] Le reste du monde – et vous le savez très bien, Federica [Mogherini] – n’est pas exactement un jardin. La plus grande partie du reste du monde est une jungle, et la jungle pourrait envahir le jardin. » Durs propos pour un socialiste espagnol originaire de Catalogne.

Au XIXe siècle et pendant une grande partie du XXe, la métaphore favorite employée par les racistes colonialistes européens face au reste du monde consistait à souligner que l’Europe représentait la « civilisation », tandis que le reste du monde incarnait la « sauvagerie » et la « barbarie ».

  Les amérindiens ont été décrits très tôt comme des sauvages lors de la ruée vers l’Ouest en Amérique du Nord. Toute résistance aux génocides coloniaux de l’Europe, à l’époque ou plus tard, était considérée comme de la barbarie.

 John Stuart Mill, sommité libérale européenne de l’époque s’exprimait ainsi : « Les nations qui sont encore barbares n’ont pas dépassé la période durant laquelle il est probablement dans leur intérêt d’être conquises et soumises par des étrangers. »

En 1848, même Alexis de Tocqueville était avant tout préoccupé par le sort des Américains blancs si les esclaves venaient à être libérés. 

 Le racisme encore vivace en Europe ne semble pas avoir dissuader Josep Borrell de croire à l’image idyllique qu’il se fait de l’Europe.

 C’était lors de son discours d’ouverture à l’Académie diplomatique européenne que Borell a asséné sa métaphore impérialiste et raciste, la semaine dernière à Bruges. Il a interpellé en ces termes l’experte italienne en islam et ancienne communiste Frederica Mogherini, directrice du Collège d’Europe, ancienne Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

 Il lui fait part de ses craintes : « La jungle a une forte capacité de croissance, et le mur ne sera jamais assez haut pour protéger le jardin. »

Comme Alexis de Tocqueville avant lui, le principal souci de Josep Borrell est que les habitants de la jungle n’envahissent pas le jardin.

Josep Borrell pense ceci : « Il y a une grande différence entre l’Europe et le reste du monde – enfin, par le reste du monde, vous comprenez bien ce que je veux dire, non ? – : c’est que nous avons des institutions fortes. […] La grande différence entre les pays développés et non développés n’est pas l’économie, ce sont les institutions. »

« Je ne peux pas aller dans les pays émergents et construire des institutions pour eux – elles doivent être construites par eux », a-t-il ajouté. « Sinon, ce serait une sorte de néocolonialisme. »

Le plus navrant dans ces propos, c’est qu’ils font preuve d’une ignorance crasse des problèmes du colonialisme ainsi que du néocolonialisme de la part d’un si haut responsable de l’Union européenne.  

Ce qui est le plus déconcertant dans le discours de Borrell, ce n’est pas cette ignorance mais le fait qu’il pense qu’elle n’affecte que la « jungle » et non le « jardin ».

On dirait que ce ne sont pas les propres institutions coloniales et néocoloniales de l’Europe qui ont permis de construire ce « jardin » européen, grâce au travail des immigrés du « reste du monde » et aux richesses volées au « reste du monde ». Mais plutôt, selon Josep Borrell et les derniers suprémacistes blancs européens, grâce uniquement à l’ingéniosité fantasmée des Européens eux-mêmes.

Ce sont le colonialisme et l’esclavage qui ont construit le « jardin » européen – du Portugal à la France, en passant par la Belgique et les Pays-Bas 

Josep Borrellva dira plus loin : « Le monde a besoin de l’Europe. L’expérience que j’ai acquise en voyageant dans le monde entier montre que les gens nous regardent comme un phare. Pourquoi tant de gens viennent-ils en Europe ? Y a-t-il des flux de migrants illégaux ou irréguliers vers la Russie ? Pas beaucoup. Non, ils viennent en Europe, mais pour de bonnes raisons. » 

Ce que Josep Borrell semble ignorer, c’est que contrairement à la Russie, l’Europe a volé et continue de voler les ressources du monde en Asie et en Afrique, au détriment des habitants de ces deux continents.

Winston Churchill lui-même avouait : « Nous ne sommes pas un peuple jeune au passé innocent et au maigre héritage. (….) Territorialement, nous avons tout ce que nous voulons, et notre prétention à jouir sans encombre de nos immenses et splendides possessions, acquises essentiellement par la violence, largement conservées par la force, parait souvent moins raisonnable aux autres qu’à nous-même. »

Il a déclaré en 1914 : « Nous avons accaparé une part tout à fait disproportionnée de la richesse et des échanges du monde. »

L’appel final lancé par Josep Borrell aux jeunes Européens n’est rien d’autre qu’une directive de plus les invitant à devenir de meilleurs racistes et colonialistes. Le plus sidérant dans cette affaire est le silence assourdissant des médias européens.

 

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11 décembre 2022

RETOUR DE ROYAUMONT

                         Le groupe de réflexion CICERON, a été invité par le président Jérôme Chartier, à participer cette année aux Entretiens de Royaumont.

https://www.entretiensroyaumont.org/ . 

Une dizaine de membres a répondu à l’invitation et a pu, durant deux jours, écouter de prestigieux intervenant traiter de la thématique retenue pour cette année : « La troisième voie ».

Pour beaucoup, la troisième voie est un concept politique et économique visant à créer une philosophie qui se situerait entre la social-démocratie et le libéralisme.

 Il ne s’agit pas de prendre la moyenne des deux extrêmes, socialisme et capitalisme, mais trouver une nouvelle voie pour la société d’aujourd’hui, dans tous les domaines ; politique, économique, culturelle, artistique, etc.

Durand la guerre froide, déjà on parlait de la nécessité à trouver une troisième voie entre le communisme soviétique et le capitalisme américain. En France, le gaullisme a été présenté un temps, comme une troisième voie entre les deux modèles antagonistes des grandes puissances.

Au cours des années 1990 et 2000, en Europe et aux États-Unis, les dirigeants de gauche et du centre gauche, ont développé une notion précise de troisième voie. Elle consistait essentiellement à oublier définitivement le passé communiste et l’économie administrée. On parle alors de triangulation, de realpolitik, ou de pragmatisme économique.

Le président français Emmanuel Macron et son parti La République en marche se présentent comme une incarnation de cette troisième voie, par leur rejet du clivage traditionnel gauche/droite et leur synthèse entre socialisme et libéralisme. 

Perçu comme un marqueur essentiel de la gauche occidentale, l’engagement en faveur de l’égalité est ce qui a semblé faire le plus défaut aux premières énonciations de la Troisième voie. 

La théorisation e l’égalité réelle des chances révèle la place relativement importante que la plupart des penseurs de la Troisième voie réservent à l’individu.

Le temps est loin où les gouvernements socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes dominaient l’Europe des Quinze. Aux victoires qui ont émaillé les années 1990 succèdent aujourd’hui une série de défaites ou d’affaiblissements plus ou moins durables des gauches européennes. Les questions soulevées perdurent, comme les débats autour de la troisième voie britannique, et de son caractère exportable ou non sur le continent. Le premier des mérites de cette « querelle » de la troisième voie a été de lever des tabous, particulièrement à gauche. Mais les questions sont toujours là, qui interpellent élus, responsables, militants et électeurs de gauche, tous rétifs devant l’urgente nécessité d’un aggiornamento doctrinal longtemps différé par l’exercice prolongé du pouvoir.  En France, ce problème est lui-même emblématique de ce double refus : refus de débattre sérieusement de la troisième voie, ne serait-ce que sur le plan doctrinal. Pour certains, il ne peut s’agir, au mieux, que d’un « thatchérisme à visage humain » à la fois impossible à importer et à supporter en France. 

Un des intervenant aux Entretiens de Royaumont a déclaré, je cite : « la gauche a complétement disparue malgré les tentatives de la faire renaître, et le Capitalisme, le libéralisme est toujours là. »

 La question qu’il faut se poser est : Pourquoi ?

 Le jour où la droite a intégré le social dans son discours, elle a, de fait, vider de sa substance le discours socialiste, rappelez-vous la déclaration de Giscard d’Estaing à Mitterrand lors de leur débat pour les présidentielles : « Vous n’avez pas le monopole du cœur ! » La messe était dite, le capitalisme prenait visage humain et une nouvelle jeunesse.

 La nouvelle voie est en réalité « un vivre ensemble » idéal que chacun imagine à sa façon. Il y a donc plusieurs voies troisièmes, selon les aspirations de chacun.

 Est-ce la fin du libéralisme ? Difficile de concevoir une nouvelle forme de société, sans les libertés que le régime libéral sous-entend.

Elle est finalement la voie que l'on choisit, la voie qui répond aux aspirations de chacun. Sarah Boukri a récemment et joliment écrit : « Loin des conventions c'est la voie que nous souffle notre voix intérieure et qui nous guide, encore faut-il savoir l'écouter ! Ne pas avoir peur de se différencier, d'innover, de sortir des chemins tout tracés...c'est le début de la réussite ! » 

 Les modèles économiques de développement sont divers et variés, selon l’état de développement et les objectifs que se donnent les Nations.  La troisième voie ne peut donc pas être universelle, mais multiple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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08 décembre 2022

QUAND LA PANNIQUE ETATIQUE CREE LA PENURIE

QUAND LA PANNIQUE ETATIQUE CREE LA PENURIE

La France a peur ! Ce ne sera pas la première fois. Roger Gicquel avait trouvé cette formule magique pour augmenter l’audience. Depuis la France n’en finit plus d’avoir peur.

 Ce journal télévisé mémorable du 18 février 1976, a donné le top à une nouvelle stratégie de communication, voire de gouvernance : faire peur ! 

La peur accompagne les citoyens depuis la nuit des temps, peur de grossir, de vieillir, d’être seul, de ne pas être aimé, et j’en passe. Tout le monde a peur, qu’on le juge, qu’on l’observe, qu’on l’analyse… Comme si le monde entier passait son temps à l’observer et à détailler ses moindres défauts. 

Mais à l’épouvantail narcissique, bien rodé, est venu au fil du temps s’ajouter l’épouvantail chamanique, celui qui vous explique que le naturel c’est bien et que l’artificiel, c’est mal. Rapidement les gourous se sont répandus partout comme les rats dans les jardins publics et les cafards dans les cuisines.

Ils sont omniprésents, lunettes d’intello, cheveux gris, Rolex au poignet, prédisant la fin du monde. Ils expliquent avec une assurance à nulle autre pareille, que si la pluie ne tombe pas, c’est la faute des mangeurs de viande, que les femmes font des enfants, que contraintes et forcées et surtout qu’en fait, le Soleil ne brille pas : c’est un comble !

 Après tant d’années de matraquage anxiogène quotidien, matin, midi et soir, on ne peut pas s’étonner que le gouvernement surréagisse à chaque événement et finisse par devenir l’un des principaux générateurs de la panique.

Le gouvernement français étale ses craintes et les citoyens prennent peur. On a eu droit aux pénuries des masques, des pâtes, de la farine, des œufs, du papier toilette, des bouteilles d’eau, des autotests, de l’huile de tournesol, de la moutarde… aujourd’hui de l’essence et demain de l’électricité. Il est quand même incroyable que la France dont la production électrique ne dépend ni du gaz, ni du pétrole, ni du charbon, puisse être confronté à des coupures d’électricité pour une production insuffisante ?

  Ces pénuries ont, de près ou de loin, pour origine une mauvaise gouvernance et un manque d’anticipation. On fait subir alors les événements aux citoyens au lieu de les maitriser.

  Après avoir cassé les pieds de tout le monde pendant des années sur les dangers de la malbouffe, des allergènes, des produits transformés, etc. le gouvernement français, totalement dépassé, a fini par autoriser les industriels à modifier leurs recettes, mais sans modifier les emballages. No comment !

 La France n’a pas de pétrole, mais elle a des fromages. Il est cependant difficile de remplacer du super sans plomb par un maroilles ou un munster bien fait, bien que les deux sentent à peu près aussi mauvais.

 Après l’apocalypse zombie, l’apocalypse climatique, voici venir l’apocalypse énergétique. Décidément, c’est dur la vie de ministre !

 « Quoi qu’il en coûte », le gouvernement a continué à mettre la main à la poche du contribuable, et a octroyé des remises exceptionnelles par litre d’essence .

Après avoir déclaré Urbi et Orbi qu’il fallait combattre le CO2et les particules fines, après avoir frôlé la guerre civile en ajoutant une taxe écolo sur les carburants à toute la ribambelle de taxes, de surtaxes et de taxes sur les taxes… le gouvernement a finalement décidé de subventionner les hydrocarbures. 

 Tout le monde parle de d'hiver qui commence, de la froidure prochaine, et des problèmes de chauffage avec les prix de l’énergie qui s’envolent. Pourtant il est connu que pour une bonne gouvernance, la prévision est essentielle.

La France ne peut pas se passer du nucléaire grâce à sa batterie de moulins à vent et de petits panneaux solaires. « Fin de l’abondance, des évidences de l’insouciance » a déclaré Emmanuel Macron lors de la réunion de rentrée du Conseil des ministres le 24 août 2022. »

En fait, la pénurie organisée et la peur répandue sont devenus des instruments de gouvernance à Paris.

 Derrière tout cela, il y a la volonté de réformer la FRANCE. Ce qui est impossible en temps de paix devient aisé en temps de simili guerre.

 Macron a développé la STUPEUR chez le citoyen, stupeur qui bloque tout esprit d’analyse.

Grâce à cela l’équipe MACRON aura fait passer :

—-la fin de l’ISF 

—-La relance du nucléaire 

—-le report de l’âge de départ en retraite 

—-la révision du mode de gestion des retraites (capitalisation versus répartition)

—-le passage forcé du moteur thermique à l’électrique 

—-le retour de fait au 39 heures 

—-l’inflation a un taux élevé qui réduit le pouvoir d’achat réel des salariés et retraités.  Inflation qui réduit le %de dettes dans un PIB artificiellement gonflé.

—-l’amélioration du nombre des contrôles policiers et la croissance de l’efficacité judiciaire 

—-la révision de la politique migratoire 

 

Tout ceci aurait été impossible en période normale 

 

 

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25 novembre 2022

L’ECOLOGIE : ILLUSIONS ET TYRANIE

      Lorsque l’écologie devient tyrannique, ses illusions virent au cauchemar. Aucune critique n’est admise, elle est alors considérée comme un crime de lèse-écologie, voir comme un blasphème.

Son champ d’action est tellement vaste, le costume de ses inconditionnels leur devient trop large et le soutien aveugle. Alors la défense devient hargneuse et le mensonge de rigueur.

 

Le dogme écologique est indiscutable devant la certitude béate de ses militants purs et durs, qui se moquent de la réalité et veulent domestiquer les faits. 

Ils nourrissent cette nouvelle religion de slogans et de beaux discours et applaudissent, sans retenue, leurs nouvelles idoles.

Les adeptes de cette nouvelle religion appelés les Verts, sont allergiques à toute pensée divergente et sont satisfaits du discours prémâché, orienté idéologiquement qui leur sert de viatique.

Étaler la réalité sur le nucléaire, démontrer les limites de l’éolien, du photovoltaïque, commenter les difficultés de la géothermie, des bio-carburants, et j’en passe, est irrecevable pour eux. On est aussitôt qualifié de suppôt des lobbies pétroliers et nucléaires. 

On finit par renoncer à introduire dans le débat, de l’intelligence et de la mesure. Pour eux, c’est être payé par le « camp adverse », c’est vouloir saper la cause écologiste qui ne doit pas être confrontée à la réalité !

Il n’y a pas de place à une analyse froide et factuelle des véritables solutions écologiques pour le futur. Leur bête noire, le nucléaire, soulève l’indignation des fanatiques de Mère Nature, nourris d’aigreur et de ressentiment.  C’est faire étalage d’une ignorance crasse du problème nucléaire, l’énergie la plus propre qu’un vert puisse et devrait souhaiter. Mais il ne faut pas faire douter le peuple.

Le mauvais esprit et la mise à mal du dogme écologiste ne sauraient être tolérés par les vaillants défenseurs de la Planète. Le peuple doit être conditionné, abruti par tous ces slogans, car il doit devenir inconditionnel et suivre comme un seul homme, ces adorateurs de la nouvelle Jeanne d’Arc écologique qu’est Greta Thunberg et les nouveaux gourous verts. Quoi qu’il en coutera au contribuable, quoi qu’il en coutera au développement du pays, quoi qu’il en coutera aux conditions de vie des populations, au risque de verser dans le cauchemar de la tyrannie par ignorance et lâcheté. Cette lâcheté va favoriser les tyrans et renforcer les institutions d’écrasement. 

Ce militantisme borné et hystérisé, allergique à l’analyse, évolue avec aisance dans l’écume médiatique qui flatte leur ego et entretient leurs illusions en évitant soigneusement de confronter la réalité. 

L’écologie est recevable à bien des égards, personne ne peut rejeter l’amour de la nature, des oiseaux et des fleurs. Tout le monde, en particulier les parents détestent le gaspillage, surtout par les temps qui courent. Lutter contre l’inflation, la baisse du pouvoir d’achat, l’avenir de nos enfants sont d’autant de sujets mobilisateurs sur lesquels les verts en recherche de « bonnes actions » devraient se pencher. 

Comme je l’ai dit plus haut, l’écologie est devenue une religion pour une nouvelle génération et pour ces nouveaux fanatiques, ceux qui s’y opposent sont des hérétiques. Même nombre de scientifiques reculent devant l’anathème. 

Pourtant, ce n’est pas qu’une querelle d’experts, c’est avant tout une question de fond, un choix de civilisation. L’Histoire nous apprend que l’application aveugle et disciplinée d’ordres et de directives débouche souvent, pour ne pas dire toujours, sur des souffrances incommensurables et des millions de morts…

L’écologie politique qui ne devrait pas exister, est un non-sens qui conduit directement au désastre. 

La grande question, véritable mystère : comment un monde de cauchemar peut-il se mettre en place avec les données d’un monde ordinaire ? Peut-être parce que réside dans la proximité, l’ordinaire et le monstrueux, l’ambiguïté entre le bien et le mal.

 En fait, l’écologie politique est une nouvelle forme de dictature qui impose sa volonté pour accomplir la mission qu’elle s’est elle-même donnée : sauver la planète, y compris au détriment de l’Humanité.

  C’est une véritable absurdité dans un monde devenu ubuesque et où règne des idéologies utopistes. Ces idéologies se sont données comme objectifs : la destruction de l’industrie, l’éradication de l’énergie nucléaire et un retour à l’âge de pierre en condamnant le développement.

C’est un processus aveugle avec des logiques contradictoires soutenus par de puissants relais médiatiques et financiers.

Allons-nous vers une apocalypse verte ? Petit à petit s’agglomèrent tous les ingrédients pour l’avènement de cette catastrophe. Les signes avant-coureurs se mettent en place, une dilution des responsabilités, au plus haut niveau et l’exécution servile de décisions intermédiaires, sans direction définie. 

 

Greenpeace, appelée par certains, la paix verte des cimetières, soutenue par une frange écologiste antisociale, est une organisation paramilitaire qui véhicule principalement les idées des verts américains, mais en prenant soin de ne s’attaquer jamais aux intérêts de l’oncle Sam.

Les « petite soldats » de Greenpeace s’imaginent représenter le fer de lance d’un combat grandiose pour la planète. Affronter la société industrielle en menant les populations dans une impasse mortifère, voilà le vrai sens de leur combat. Cette écologie militante cherche à fasciner des jeunes en mal d’aventures et à susciter la crainte pour les politiques souvent frileux, notamment vis-à-vis du nucléaire.

L’endoctrinement vert fait abdiquer leur propre personnalité aussi bien aux politiques qu’aux militants. 

Chez les Verts, le débat sur certains sujets n’est tout simplement pas autorisé. S’y essayer, c’est s’exposer à l’anathème et à l’exclusion pour les engagés.

L’engrenage vers la radicalisation repose aussi sur leurs certitudes affichées qui les aident à refouler leurs doutes « coupables ».

 Attention, rien n’est plus dangereux que des esprits étroits qui se sentent investis d’une mission, particulièrement celle de sauver la planète. 

Comment l’écologie a-t-elle réussi à entraîner des millions de personnes ? Intérêts personnels et financiers, inconscience, carrière, opportunité, recherche d’aventure, de notoriété et d’honneur font probablement partie des ressorts banals qui animent ces personnes. On peut et on doit se poser ces questions.

L’écologie politique est infestée de raisonnements irrationnels fondés sur des fantasmes, des utopies, des mensonges. 

Les médias évoquent quotidiennement la question du changement climatique etla responsabilité de l’Homme dans celui-ci, au point de susciter de dangereux phénomènes dits d’éco-anxiété. La jeune génération est gavée depuis la maternelle d’une véritable propagande propice au retour en force de la démesure et des idéologies les plus barbares.

Nourris d’illusions, ces pseudo-écologistes peuvent conduire les nations vers un monde cauchemardesque.

 

 

 

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