Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

12 juillet 2019

ERDOGAN, PREMIÈRES CRAQUELURES

       Voici ma chronique politique hebdomadaire, aujourd'hui sur la Turquie. L'expulsion de nombreux marocains et marocaines par Erdogan m'a amené à mettre lr projecteur sur la situation, aujourd'hui, de ce pays. 

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  Tout passe, tout lasse ! Il en est de même de l’absolutisme et des dérives dictatoriales. Le vernis de la présidence d’Erdogan en Turquie, se fendille nettement. C’est l’annonce de craquements autrement  plus dangereux pour ce régime policier, au pouvoir exclusif au profit d’un seul homme. L’étoile d’Erdogan s’est mise à pâlir depuis quelques temps déjà.

 Après le coup d’État raté jugé par ce dernier : « Un cadeau du ciel », une épuration sans merci a été entreprise dans toutes les strates de la société turque : enseignement, magistrature, police, armée, médias et société civile. Seuls les bébés ont échappé à la purge chez tous ceux qui, de près ou de loin, virulents ou tièdes, n’aimaient pas Erdogan.

  Depuis, malgré quelques scandales retentissants touchant Erdogan et son fils, le potentat a pris le costume d’un Président omniprésent, sourcilleux dans l’exercice du pouvoir, faisant étalage d’une gestion économique peu orthodoxe. Son bras de fer perdu avec Donald Trump, a couté très cher à la devise turque. Il vient de limoger le gouverneur de la banque centrale qui refusait, en bon défenseur de la monnaie nationale, de baisser les taux d’intérêt. En mettant la main sur la politique monétaire, Erdogan va refroidir les investisseurs internationaux dont le pays a tant besoin.

L’AKP d’Erdogan a perdu la mairie d’Ankara et celle d’Istanbul : un camouflet pour un président qui avait scandaleusement annulé des élections perdues de peu, et qui se retrouve, cette fois-ci avec une défaite majeure et sans appel.

 La situation catastrophique, économique et sociale du pays, l’a lourdement sanctionné. Ce pays de 80 millions d’habitants, a vu sa croissance économique progresser que de 1%, alors que l’inflation atteint 13% et que le déficit public dépasse les 5% du PIB. 

 Cela faisait 25 ans que la capitale économique était dirigée par l’AKP d’Erdogan, qui en a lui-même été maire de 1994 à 1997.

 À ces soucis économiques s’ajoutent les problèmes géopolitiques majeurs du pays :

-     La question Kurde toujours explosive pour une minorité qui réclame son indépendance depuis un siècle. Ils seraient environ 12 millions sur un total estimé à 20 millions, soit 14% de la population turque.

-     L’appartenance à l’OTAN : que signifie-t-elle aujourd’hui ? le traité était conçu pour contrer la menace de l’ex-URSS.  La commande aux Russes des missiles anti-aériens, les S400, fait désordre dans l’alliance et braque un peu plus l’allié américain. 

-     La guerre de Syrie : elle est réputée remportée par Bachar el Assad et la hantise d’Erdogan est la réunion des communautés kurdes créant un État.

L’inflation ronge le niveau de vie et l’équilibre social de la nation.

Le président Erdogan, durant la campagne de son parti, plus agressif que jamais, n’a pas hésité à exploiter l’attentat de Christchurch.

 Cela lui a permis d’écouler ses thèmes favoris: la lutte contre l’Occident «islamophobe», la nation en danger contre les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur. «Avec l’aide d’Allah, ni les résidus de Croisés, ni les nostalgiques de Byzance, ne nous écarteront de notre voie», clamait-il le 19 mars dernier. 

  Pour les observateurs, c’est le commencement du déclin. Certes, la perte des deux grandes villes du pays, Istanbul et Ankara, ne le priverait ni de son fauteuil ni de sa majorité, mais le risque est que certains, au sein de l’AKP, se disent: «puisque le déclin a commencé, il faut quitter le train tant qu’il est encore temps.»

Le principal opposant au président Recep Tayyip Erdoğan n’est plus politique, mais financier. La devise nationale, la livre, dévisse plus que jamais. Après au moins 30 % de baisse l’année dernière, déjà 10 % pour les quatre premiers mois de 2019 dont une chute de 15 % contre le dollar américain. Le toboggan monétaire engloutit rapidement les réserves officielles de change détenues à la Banque centrale de Turquie.    Malgré cela, la devise nationale est passée sous la barre symbolique des 6 livres pour un dollar. 

 

Abdullah Gül, ancien président ou Ahmet Davutoğlu, ex-premier ministre, fait sans précédent, se sont désolidarisés de leur ancien patron.

 Erdoğan ne devait pas perdre le 23 juin dernier Istanbul, la grande place du business turc, qui pèse un tiers du PIB, sans doute plus encore dans les finances de l’AKP et de ses affairistes. Cela a été un aveu de faiblesse insupportable pour un homme qui se prétend fort, à l’image des sultans ottomans.  

  La croissance économique est négative (− 3 %). Entrainée par la chute de la livre, l’inflation fait rage : + 20 % en un an au mois de mars, mais + 30 % pour les produits alimentaires, une charge insupportable pour les budgets des ménages modestes où se recrute une part importante des électeurs de l’AKP. Mais d’autres grandes villes aussi l’ont sanctionné, avec des écarts encore plus importants que ceux du Bosphore. En un an, le chômage est passé de 10,8 % à 14,7 % de la population active, soit près de 5 millions de sans-emploi.

Le Président Erdogan n’est pas seulement dans la tourmente, mais dans un déclin inéluctable.

 

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05 juillet 2019

LA CHINE DE 2020

Voici ma chronique politique hebdomadaire du ven,dredi :

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                    2020, c’est demain, et les dernières technologies auront permis au pouvoir chinois de mettre en place une organisation de collecte d’informations et des systèmes statistiques uniques au monde. En Occident on aurait appelé cette organisation, un contrôle des masses et une censure intraitable.

  Mais nous ne sommes pas en Occident et la civilisation chinoise, vieille de plusieurs siècles, n’a jamais mis en avant l’individu, c’est la collectivité qui est au centre de toutes les attentions. À l’opposé de l’Europe, les droits de l’Homme passent après les intérêts de la collectivité.

Aussi, en Chine, le contrôle de la population, autrement dit la censure, à atteint un niveau nulle part égalée, grâce à la reconnaissance vocale et celle de l'image. 

Comme tous les régimes autoritaires, le parti unique chinois ne tolère aucune concurrence idéologique, particulièrement celle des Religions. Je les cite : « La religion est une source d'autorité et un objet de fidélité plus puissants que ceux dus à  l'État. »  Ces caractéristiques de la religion ont toujours provoqué l’anathème des régimes autoritaires. Mais les Chinois ne le ressentent pas ainsi. Le travail est une bénédiction qui leur permet d’être utiles à la collectivité. Si la collecte des informations va permettre de mieux gérer l’ensemble, que cela soit ainsi. On ne peut que constater que  la Chine est devenue progressivement un État développé d’ors et déjà, dans une partie significative de son territoire. Les salaires augmentent régulièrement et les productions bon marché ont été délocalisées vers d’autres pays comme le Bangladesh. 

En 2018, la Chine disposait de près de 200 millions de caméras de surveillance ; elle prévoit d'en installer450 millions d'ici 2020. L'objectif est de mettre en place une « plate-forme coordonnée d'opérations mixtes » qui intégrera en temps réel les données des caméras de surveillance dotées de technologies de reconnaissance faciale, les numéros de cartes d'identité, les données biométriques, les numéros de plaques d'immatriculation et l'information sur le propriétaire du véhicule, les données de santé, le planning familial, les données bancaires, le casier judiciaire, toute trace d' « activité inhabituelle » ainsi que toute donnée individuelle pertinente comme les pratiques religieuses, les voyages à l'étranger. Les caméras devinent qui sont les passants dans la rue. La Chine est le pays le plus en pointe pour la reconnaissance faciale. C’est un pays où le respect de l’ordre est dans les fondements de la société, et qui a développé un système où la technologie est au service de l’encadrement des citoyens. Pour les Occidentaux c’est l’horreur, pour les Chinois, c’est l’efficacité pour le bien du peuple.

L'Internet en Chine est sous le contrôle du Parti communiste chinois, et l'exercice d'une censure rigoureuse a été déléguée à l'Administration chinoise du cyberespace (CAC) établie en 2014. Il existe un accord tacite entre le peuple et le pouvoir : Je m’occupe de votre bien-être, du développement du pays et vous ne vous occupaient pas de politique. Cela fonctionne ainsi jusqu’à aujourd’hui. Que sera demain, c’est difficile d’émettre une hypothèse, tellement l’âme chinoise est impénétrable.

Le pays se modernise à marches forcées, il a inauguré récemment la plus grande ligne TGV au monde (2300 kms).

 J’ai encore dans les oreilles cet avertissement de mon père, vieux de plus d’un demi siècle : « La Chine est un monstre qui dort, surtout ne le réveillez pas. » J’avais rapporté l’anecdote à Alain Peyrefitte qui travaillait alors à son livre sur la Chine. Quelques semaines plus tard, il me téléphone : «  je me suis inspiré des propos de votre père et je vais intituler mon livre : Quand la Chine se réveillera, le monde tremblera. »

  La Chine s’est réveillée et bouscule l’ordre mondial. Il y eu l’ère américaine qui tire à sa fin, attendons-nous à vivre demain sous l’ère chinoise.

 

 

 

 

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27 juin 2019

AVOIR UN ENFANT N’EST PAS UN DROIT

Avec un jour d'avance, voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi :

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        Avoir un enfant n’est pas un droit mais un don de la Nature. Encore pour espérer ce don, faudra-t-il se conformer aux lois de cette Nature que l’on sollicite.

Mais, en France, les nouveaux-venus à la politique, les marcheurs de Monsieur Macron, devraient savoir que la démocratie repose sur le respect de ceux qui pensent autrement.

  Vouloir museler tous ceux qui s’opposent aux règles du soi-disant ‘politiquement correct’, est tout simplement faire le lit à une dictature accompagnée de l’inévitable censure qui déshonorerai le pays des droits de l’homme.

  Déjà, en juillet 2017 les marcheurs du nouveau président français, voulaient réprimer les ‘idées interdites’ par leur fameux ‘politiquement correct’. Le Conseil constitutionnel avait annulé l’amendement comme contraire à la liberté d’expression. Un autre projet de loi est de nouveau en discussion sur la haine sur Internet, lire : des idées contraires, à l’approche du débat sur la PMA et sa suite logique la GPA.

  Comme la gauche, les Marcheurs ont tendance à transformer un combat politique en croisade idéologique et à transformer leurs adversaires en ennemis du genre humain.

  Une frange importante de la population a exprimé son opposition à cette nouvelle attaque de la ‘Famille’. Vouloir criminaliser une opposition, c’est installer, dans ce pays dit des ‘Lumières’, le totalitarisme. Il faut cesser de brandir l’homophobie pour écarter les critiques de la France qui s’apprête à légaliser la PMA pour toutes. Officialiser cette filiation fictive, prétendant que deux femmes peuvent faire un enfant, est une injure à la bienséance et à l’intérêt de l’enfant qu’on fait orphelin de père dès sa naissance.

  Cette société liberticide que l’on veut imposer, est en réalité un grand pas vers le transhumanisme, la liberté reconnue à quiconque, au nom de la non-discrimination, de commander un enfant pour satisfaire une envie, souvent une frustration.

 Par choix, ces couples ont choisi l’infécondité en toute connaissance de cause. Pourquoi punir un enfant à venir pour avoir l’illusion d’une famille. Une famille, on ne le répétera jamais assez, c’est un père et une mère et un, deux ou plus enfants. Aucune loi, sera-t-elle le fruit d’intenses discussions entre des députés- apprentis-sorciers, ne changera cette loi de la nature.   Ni homophobes, ni anti gays, ni racistes, ne sont les défenseurs de la Famille et de l’Enfant.   

  Tout le monde a été enfant et s’est juché sur les épaules de papa et somnoler contre le sein de maman. Comment concevoir autrement la vie d’un enfant ?

  Le poids du mouvement LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres) dans la politique en France, est sans rapport avec sa marginalité. Ils sont l’expression d’une liberté de choix de vivre, que tout le monde leur reconnaît. Mais on ne peut que constater que c’est une minorité agissante, souvent au delà du respect des règles démocratiques. La macronie se trompe si elle croit domestiquer la colère du peuple qui gronde.   Vouloir passer en force, sous prétexte qu’on a la majorité, c’est ouvrir la rue aux protestations, aux débordements et aux violences. C’est le triste tableau que la France donne aujourd’hui, au monde médusé.

  

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21 juin 2019

L’EUROPE A BESOIN DE LA RUSSIE

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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               L’Europe a besoin de la Russie, si elle ne veut pas devenir un vassal des Etats-Unis. La politique américaine à l’égard de Moscou et le suivisme des Européens, particulièrement de Paris, sont en train de jeter la Russie dans les bras de la Chine.

  Pendant que les Alliés, hors Moscou, célébraient en grande pompe le soixante quinzième anniversaire du débarquement en Normandie, Vladimir Poutine recevait avec la même grande pompe son ‘ami’ Xi Jinping, le président chinois.

  Emmanuel Macron, le président français n’a pas jugé opportun d’inviter le président russe, pourtant la Russie a été un  artisan majeur de la défaite des forces nazies.

 Véritable goujaterie diplomatique, on a honoré à juste titre les morts alliés, environ 400000 pour les Américains et ignoré superbement le million de morts russes à Stalingrad et les 20 millions, civils et militaire russes, qu’a été le prix à payer pour battre l’Allemagne d’Hitler.

  Macron, en omettant d’inviter Poutine, a cherché à ne pas embarrasser Donald Trump, dont il ne recevra en échange, que quelques tapes amicales sur les épaules et de temps en temps des bras de fer qui alimenteront  les médias, mais rien sur le fond.

  Le président chinois a salué le président russe comme un ami personnel et souligné la solidité du partenariat stratégique Chine-Russie.

 Est-ce l’intérêt de l’Europe de voir lui échapper un partenaire historiquement européen, aux richesses naturelles gigantesques  en Sibérie.

 Est-ce l’intérêt de l’Europe de voir se former un ensemble, Russie-Chine de près de 27 millions de Km2 et fort d’une population de plus de 1milliard et demi de consommateurs. Certes le PIB par habitant reste modeste, environ 17000 $, mais se développe, surtout en Chine, d’une façon exponentielle.

 Faut-il ignorer l’ensemble militaire que représente une telle coalition, avec une Russie en avance sur les États-Unis eux-mêmes, dans le domaine des armes nucléaires tactiques.

 Henry Kissinger avait, en son temps, élaboré sa célèbre doctrine du triangle Washington-Pékin-Moscou. Il fallait, selon lui, que l’Amérique, dans sa politique étrangère, s’arrange toujours pour être politiquement plus proche de la Chine et de la Russie, que les deux puissances asiatiques entre elles. On en est loin, aujourd’hui. Peut-être que l’Europe devrait faire sienne cette doctrine du triangle et surtout amarrer la Russie, tant faire se peut, à l’Europe. Vis-à-vis de ses deux puissances, l’Europe et en particulier la France ne devrait pas faire du suivisme à l’égard de la politique américaine en la matière.

  Les idéologues néoconservateurs américains, aujourd’hui au pouvoir, nuisent aux intérêts européens d’une façon délibérée. En sabotant les accords politiques intra-ukrainiens du 21 février 2014 parrainés par la France l’Allemagne et la Pologne, ils ont provoqués la réaction de Moscou en Crimée. Il faut savoir, à l’instar de Kissinger,  négocier avec les Russes et les Chinois tout en se montrant ferme sur les désaccords qui peuvent exister.

 La guerre commerciale avec la Chine est loin d’être gagnée.  Par une lettre rendue publique, adressée à Donald Trump, un collectif de plus de 500 entreprises de la distribution, comme Walmart, Target ou Macy’s, du monde industriel et pétrolier, de tous les ports de la côte Ouest des Etats-Unis, 140 groupes industriels, le supplient de mettre un terme à l’escalade de la guerre commerciale avec la Chine. Ils déclarent que les surtaxes déjà en place, représentent 810 dollars prélevés chaque seconde dans la poche des consommateurs américains, soit plus de 72 millions de dollars par jour. Ces mesures vont détruire 2 millions d’emplois et couter 1 point à la croissance du PIB.

  On sait que Donald Trump ne fait pas dans la nuance et voit tout en noir ou tout en blanc, mais l’Europe, riche de deux mille ans d’expérience diplomatique, doit un jour, ramener la Russie dans la famille européenne, qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

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15 juin 2019

LE MALAISE FRANÇAIS, UN ENSEIGNEMENT POUR LE MAROC

Chronique politique hebdomadaire du vendredi, avec 24 heurs de retard et mes exuses.

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    Apparemment, c’est l’État-providence qui est à l’origine du « malheur » français.  Dans toutes les enquêtes qui atterrissent sur le bureau des responsables des divers départements concernés, à l’ONU, les Français sont parmi les peuples les plus malheureux et les plus pessimistes des pays développés. C’est un véritable paradoxe, car le niveau de vie moyen par habitant de la France est un des plus élevé, le deuxième des vingt huit pays de l’Union européenne, juste après le Luxembourg.

 La France, que certains considèrent le dernier pays marxiste du Monde libre, est le plus égalitaire du monde développé. Ce pays est parmi les dix premiers de l’Union, eu égard à la faiblesse de l’écart entre les plus riches et les plus pauvres.

  Contrairement aux slogans syndicaux, aux manifestations, comme celles des « Gilets jaunes », les gouvernements qui se sont succédés, ont toujours veillé à maintenir une dynamique positive du pouvoir d’achat. Sur les dernières soixante années, le revenu brut disponible des ménages n’a connu que trois baisses annuelles. La lutte contre la pauvreté a fait progresser le niveau de vie de 10% des ménages les plus pauvres, de près de 20 % en euros constants. 

La France a le taux le plus faible des ménages pauvres d’Europe, après le Danemark et la République tchèque.

 Contrairement aux déclarations de la Gauche française, les entreprises et les riches sont les plus fortement taxés des pays développés. Il faut noter que 1% des ménages les plus riches paient 25% du total de  l’imposition directe sur le revenu. La France est également le pays qui impose le plus le capital, même après la réforme de l’ISF, en Europe, bien loin des suivants, la Belgique et le Danemark. 

 On doit se poser légitimement la question : Pourquoi les Français se sentent malheureux avec de tels statistiques qui mesurent des faits indiscutables ?

 Comment les français, qui sont les champions du monde de la dépense publique (57% du PIB) et des prélèvements obligatoires (47% du PIB) soient les citoyens les plus insatisfaits de leurs services publics et de leur système social ?

Certains l’expliquent par trop de protection sociale qui finie par tuer cette protection, à tuer l’élan créateur de l’homme, l’innovation créatrice de richesses. Il semble bien qu’une trop grande protection sociale tue la croissance économique, nécessaire au financement de ladite protection. 

  On peut trouver également des réponses dans l’ouvrage « Toujours Plus » de François de Closets, journaliste, écrivain. Ce ‘toujours plus’ serai un mal français et pourrai expliquer cette insatisfaction constante qui en fait un citoyen malheureux.

L’enseignement à tirer pour le modèle économique marocain est de veiller à :

-     ce que le système ne soit pas centré sur la taxation des revenus du travail. En France, elle représente 52% contre 39% dans l’Union européenne.

-     Eviter la colère du Maroc qui travaille.

-     Eviter, dans la mise en place d’un système de redistribution, de pénaliser les classes moyennes.

-     Chercher la mise en place d’un système social progressif et non assurantiel.

-     Eviter que le développement des dépenses sociales ne soit pas fait au détriment des budgets de la sécurité intérieure, la police, la justice et surtout de l’enseignement et la recherche.

   En France, depuis des décennies, les classes moyennes sont massivement taxées, faiblement aidées socialement et de moins en moins bien servies par les administrations.

 Évitons ce futur au Maroc qui travaille, si nous voulons un développement harmonieux, paisible et juste pour le Pays.

 

 

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07 juin 2019

LE RÉVEIL DES PEUPLES

Comme tous les vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire :

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    La démocratie, confisquée par les Élites, a montré ses limites. Les politiques continuent à gouverner avec des schémas du passé. Ils ignorent superbement le monde réel d’aujourd’hui et encore moins ce que le futur nous réserve.

 À écouter les candidats au parlement européen, ils nous parlent encore de divisions et de frontières. Ils nous parlent de structures dépassées, lorsque la globalisation impose aujourd’hui, avec l’avion, internet, Facebook, les liaisons satellites, les Smartphones, de remettre en question l’organisation du monde. Vont-ils enfin réaliser les limites des États-nations. 

 Le XXe siècle a eu ses heures de gloire, mais aujourd’hui les technologies nouvelles nous construisent un monde nouveau. Les peuples le sentent instinctivement. Certaines structures vont cesser d’exister et les responsables politiques continuent à défendre ce monde dépassé, au lieu de préparer les administrés aux changements et aux réformes qui s’imposent. La robotique associée à l’intelligence artificielle va bouleverser le monde du travail. L’homme ne va plus offrir d’effort musculaire, aussi faible soit-il. Il ne gagnera plus sa vie à la sueur de son front, mais à celle de son cerveau. En attendant, ce nouveau monde que nous construit la digitalisation associée à l’intelligence artificielle, bouleverse le monde du travail et laisse sur le bord de la route, nombre de chômeurs qui mourront chômeurs. Un problème que la solidarité de cette nouvelle société en devenir doit résoudre. 

 Profitant des réactions instinctives et spontanées des citoyens, des militants anarchistes et souvent casseurs, au nom de la liberté, cherchent à abaisser, à exclure les « ennemis » que désignent leurs préjugés.

Même le pouvoir judiciaire, en France et ailleurs, se substitue aux élus du peuple pour légiférer sur des questions de société.

Le politiquement correct, dans le sillage tracé par les américains, veut museler les récalcitrants, foin d’avis divergents. Ce radicalisme culturel a envahi tous les compartiments de la société, et s’abat sur les citoyens comme une chape de plomb. 

La chute du pouvoir d’achat a été masquée par des artifices monétaires et surtout par l’importation de produits à bas coût de revient importés, alors qu’en réalité il s’effondre au travers des emplois détruits par les délocalisations.

 Le réveil du peuple vient en réalité du constat de son appauvrissement et la recherche du bouc émissaire.  Les classes moyennes paient un lourd tribut aux crises successives pendant que les riches s’enrichissent, un paradoxe du système libéral.

 Aujourd’hui, toutes les normes communes qui ont fait le « vivre ensemble » sont attaquées au nom du droit et d’une morale dont ils monopolisent le sens. 

Le peuple ne veut plus de la dictature des identités née aux Etats-Unis. La victimisation identitaire est une puissance  dont le pouvoir d’intimidation et de nuisance, échappe à toute volonté politique de fermeté et à tout discours de la raison.

  C’est contre tout cela que les peuples se rebellent en rejetant leurs élites. Il ne s’agit pas de populisme, mais d’un réveil qui veut qu’on revienne au bon sens et à la mesure. Comme l’a si bien dit l’ancien chef de l’état polonais, Lech Walesa : « On avait la peur de Dieu et la peur du voisin. Mais aujourd’hui on a seulement le code de la route ».

 L’inévitable ouverture des frontières aux hommes, aux capitaux, aux biens et aux idées est en cours. C’est une révolution d’ampleur mondiale que les politiques n’ont pas planifiés et pour laquelle ils n’ont pas préparé leurs administrés en procédant aux réformes qui s’imposent.

On parle beaucoup d’un nouvel ordre mondial, mais les  bruits de bottes, un peu partout dans le monde retarde le début de cette nouvelle ère attendue, une ère moins menacée par la terreur, plus dévolue à la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix.

   C’est à cela qu’aspirent les mouvements spontanés des peuples, un peu partout dans le monde.

 On ne pourra pas ignorer ce réveil en le qualifiant, à tort, de « populisme ».

  Dans son fameux discours de Maastricht en 1992, Philippe Séguin déclarait déjà : « Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalisme et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s ‘exprime sa liberté, c’est à dire son droit imprescriptible à choisir son destin ».

  Les recompositions politiques, à l’Est comme à l’Ouest, au Nord comme au Sud de l’Europe, semblent lui donner raison. Les politiques continuent à se battre avec les schémas du passé, et n’auront aucune chance dans l’actuelle bataille de la pensée positive.

C’est bien à un réveil des peuples que l’on assiste et non à une explosion populiste.

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31 mai 2019

OÙ EST PASSÉE LA FRANCE DES LUMIÈRES ?

voici ma chronique politique du vendredi, une réflexion un peu amère, mais pleine d'inquiétude et d'interrogations.

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              Formatés depuis notre plus jeune âge, dépositaires de tant d’idées reçues, nous acceptons sans réfléchir, les hommages que l’on doit aux grands Hommes. Tous, des grands hommes ? Tous héritiers du Siècle des Lumières ? C’est à voir !

Le siècle des Lumières fut un mouvement intellectuel lancé en Europe, dans les années 1700. Dépasser l’obscurantisme, propager les connaissances, voilà quels étaient les buts de ce mouvement. Ce seront des philosophes et des intellectuels, qui s’opposeront à la superstition, à l’intolérance, aux abus de l’Eglise et des Etats.

La glorieuse révolution de1688, en Angleterre, en fut la première expression. Cette révolution pacifique, aboutit à l’instauration d’une monarchie constitutionnelle et parlementaire, instaurant la liberté du culte. En février 1689, cela sera la « Déclaration des Droits » qui s’inscrira dans la loi des acquis du Commonwealth d’Angleterre. La période charnière fut la fin du règne de Louis XIV. La révolution française de 1789 en marquera le déclin.

Depuis, la France surf sur cet acquis, comme un bateau qui continue sur son erre.

Que retenir du Siècle des Lumières ?

- La primauté des sciences sur la Providence

-Le développement de l’esprit critique

- La désacralisation de la monarchie

- Le rejet de l’intolérance dans une Europe meurtrie par les divisions religieuses

- Le déisme : la croyance dans l’existence d’un Dieu créateur unique, sans message religieux spécifique.

Ces points forment le socle de la philosophie des Lumières. Nicolas de Condorcet, Louis Sébastien Mercier, Montesquieu, Voltaire, Diderot, Beaumarchais et d’Alembert, par leurs œuvres et leurs écrits, vont donner au Siècle des Lumières, ses lettres de noblesse.

D’autres encore, savants, chercheurs, naturalistes, incarneront l’esprit des Lumières, chacun dans son domaine.

Voilà le lourd héritage que doit assumer la France, voilà l’héritage que devront assumer tous les grands esprits qui suivront. Tous ? On peut en douter quand on écoute ou qu’on lit les uns et les autres.

Depuis, on a eu , en France, le productivisme dévastateur, le nationalisme belliqueux, le scientisme dogmatique, l’affaire Dreyfus et le racisme colonial porteur des pires catastrophes.

J’ai été élevé, en ânonnant « Nos ancêtres les Gaulois », dans le culte, entre autres, de Jules Ferry, l’auteur des lois de la troisième république, instituant l’instruction obligatoire et gratuite. Considéré, plusieurs décennies après sa mort, comme l’un des pères fondateurs de l’identité républicaine, il était, pour moi, l’un des continuateurs du siècle des Lumières. Ceci, jusqu’au jour où je découvre son discours du 30 juillet 1885, à l’Assemblée Nationale, sur le colonialisme. Il déclarait, je cite : « Messieurs,  il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit,  parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir de civilisation. »

De cette chambre attentive à ces propos, seul un homme, Clemenceau, s’éleva contre ces propos : « Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit !.............. J’y regarde à deux fois avant de me tourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme et civilisation inférieurs »

On est loin du siècle de Lumières ! Il faut toujours éviter d’idéaliser un pays ou un homme, fussent-ils la France ou Jules Ferry.

Peut-être ne faut-il pas trop fouiller dans le passé, pourtant plein d’enseignements. Il est inquiétant de voir cette société, sans Dieu et sans racines, qui tourne le dos à la famille, que l’Europe veut nous vendre aujourd’hui.

À voir ce qui se passe en France, à voir les discours éculés des hommes politiques, l’irresponsabilité des syndicats squelettiques mais super performants dans la nuisance, les casseurs du samedi, sans foi ni loi, les révolutionnaires du même samedi, qui vont à la manifestation comme ils vont au bal du samedi soir, on peut se demander, à juste titre, mais ou est passée la France des Lumières, où est passée la France des droits de l’Homme ?

 

 

 

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23 mai 2019

POURQUOI UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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  On va inéluctablement vers une troisième guerre mondiale, sauf miracle, improbable pour le moment.

Tous les chasseurs vous diront qu’un fauve blessé est encore plus dangereux. Ainsi en est-il des Etats-Unis, la première puissance mondiale aujourd’hui en déclin.

 

  La Chine poursuit son chemin vers la place de leader mondiale malgre une guerre commerciale, engagée avec légèreté par Donald Trump.

  Pendant que Washington guerroyait un peu partout dans le monde, pendant que le budget militaire américain crevait tous les plafonds, pendant que les forces vives de la Nation étaient consacrées au maintient de l’hégémonie américaine  dans le monde, pendant que Washington continuait à nourrir l’utopie d’imposer au monde les valeurs américaines, la Chine développait ses trains à grande vitesse, ses infrastructures et poursuivait ses efforts à éradiquer la pauvreté.

 

  La réussite économique de l’Empire du Milieu n’a rien d’inattendu. Pendant que l’Amérique entretient et développe 725 bases militaires de par le monde, la Chine a investit ses ressources dans son économie et son modèle économique. Dans ces quarante dernières années, la Chine n’a fait face ou entrepris aucune guerre, pendant que les Etats-Unis engageait son armée en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Vietnam, au Laos, au Cambodge sans parler des guerres par procuration en Afrique et ailleurs.

 

  Depuis le discours-testament de fin de mandat du président Eisenhower en 1959, attirant l’attention de ses concitoyens sur la place illégitime que prenait le complexe militaro-industriel, ce dernier a, au contraire, avec son partenaire, le Pentagone, augmenté son emprise sur l’Amérique profonde et sur la politique étrangère de Washington.

 

  Les dépenses militaires qui s’élèvent pour la seule année de 2018 à 649 milliards de dollars, représentent 45% des dépenses militaires mondiales. Cette orgie de dépenses, qui s’accompagne d’un endettement fédéral abyssal de 22175 milliards de dollars, a déclenché une course aux armements mondiale. Les États ont dépensé 1822 milliards de dollars en 2018, soit 26% de plus qu’en 2017. La Chine avec 250 milliards arrive deuxième, loin derrière les Etats-Unis. L’Arabie saoudite, l’Inde et la France ferme le top 5.  L’Europe affiche sa volonté de s’unir dans la défense, mais cette vision n’est pas partagée par tous les pays de l’Union.  La Russie consacre ses moyens à l’armement nucléaire sophistiqué, convaincue que s’il y a guerre, elle sera nucléaire.

 

 Ce haut niveau des dépenses militaires reflète l’état du monde. Personne ne souhaite la guerre, tout du moins officiellement, mais tous s’y préparent. L’atmosphère est délétère. Le monde est devenu instable, dangereux, avec des tensions entre voisins en Asie, dans le Pacifique, le Golfe, des guerres en Afrique et au Levant, sans parler des actions terroristes.

 Mais le plus inquiétant est la situation des Etats-Unis avec ses déséquilibres budgétaires et une dette dont l’apurement ne peut s’obtenir qu’au travers d’une guerre que le complexe militaro-industriel souhaite ouvertement. L’Amérique ne peut pas continuer à vivre à crédit, en pompant l’épargne du reste du monde.

 

Les ingrédients d’une troisième guerre mondiale s’agrègent petit à petit. Heureusement que le pire n’est jamais certain.

 

 

   

 

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10 mai 2019

QUELLE EUROPE ?

Vendredi, c'est le jour de ma chronique politique hebdomadaire :

     2017 avait vu arriver des forces politiques nouvelles qui bousculaient tout sur leur passage, le trumpisme aux Etats-Unis et le macronisme en France. 

Après cette « révolution », 2018 a donné l’image d’une grande désorganisation générale : la France avec la crise dite des Gilets Jaunes et l’Amérique avec les pics de fièvre déclenchés par l’imprévisible maître de la Maison Blanche… quant à l’Union européenne, elle apparaissait de moins en moins structuré, et plutôt en cours de fragmentation. Sans oublier le Grande Bretagne qui n’arrive pas à digérer son référendum.

 Les 23 au 26 mai prochain, les élections européennes auront lieu dans 27 états membres de l’Union, cette Union qui croyait pouvoir offrir au monde entier un modèle de paix, de stabilité politique et de prospérité. Elle est, malheureusement dans un état désastreux : le centre et l’est de l’Europe embrassant les thèses de la dite « démocratie illibérale », la Grande Bretagne enlisée dans son « Brexit », le couple franco allemand, de moins en moins audible en tant que moteur de l’Europe. Dans ce contexte, allons-nous voir ces prochains mois une mise à plat, une mise à mort ou une remise à neuf du projet européen ? 

On s’inquiète à juste titre, pour la participation qui a toujours été faible aux européennes.

   Quel effet peut-on espérer de l’appel des chefs d’entreprises, invitant leurs employés à voter ? Cette action, louable au demeurant, risque de rester un vœu pieux. 

   La question, sans réponse à aujourd’hui, est de savoir quelle Europe on veut. Allons nous vers une Europe fédérale ou allons-nous vers une fusion des Nations européennes dans un magma innommable qu’on appellerait Europe.

  Les Etats-Unis d’Amérique se sont bâti dans le respect des particularismes de chaque communauté, irlandaise, italienne, chinoise, etc. L’Europe devrait s’inspirer de la réussite américaine en faisant une union des Nations, dans le respect de l’identité de chaque membre et de son histoire. Alors les citoyens pourraient se reconnaître dans cette fédération qui deviendrait une des grandes puissances économiques du monde. Pour cela, il faudrait que les chefs d’États européens consentent à abandonner au pouvoir fédéral, nombres de leurs prérogatives, dont le premier, celui d’accepter l’autorité réelle d’un président de l’Union fédérale européenne, élu au suffrage universel direct. Les Européens pourront alors s’identifier dans leur Union et permettront à cette fédération, parlant d’une seule voix, d’avoir enfin une politique commune dans tous les compartiments de sa gouvernance.

L’Europe a apporté la paix et la prospérité sur un continent frappé de conflits séculaires. Pourtant, 60 ans après la signature du Traité de Rome, le projet et le rêve européen sont contestés par nombre de citoyens.

Confrontée à d’immenses défis, du Brexit aux crises, migratoire, financière, économique et sécuritaire, l’Europe a-t-elle encore la capacité d’y répondre et de susciter l’adhésion de ses citoyens ? 

Aujourd’hui, la difficulté de faire progresser l’Union européenne vers une unité politique est telle qu’elle a transformé Bruxelles en un centre d’experts qui travaillent l’aspect réglementaire plus que politique, des rouages de l’Union.

Le Brexit ouvre une crise du sens : faut-il abandonner l’idée d’un destin commun des peuples européens et se barricader dans nos États respectifs ou bien décider de bâtir enfin une autre Europe ?

 

 

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03 mai 2019

LE TEMPLE DU CAPITALISME EN PERDITION

Fidèle à notre rendez-vous du vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire :

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   Quelque chose ne tourne plus rond au Royaume du capitalisme. En vingt ans, le nombre de sociétés cotées a diminué de 50% à Wall Street. Si les indices américains continuent à battre des records, la capitalisation totale de progresser malgré les crises successives, de moins en moins de sociétés font le pari de lever des capitaux à Wall Street.

 Les nouveaux géants américains de la technologie dominent toujours de très loin, le classement des plus grandes entreprises cotées. Mais les retraits de cote se font chaque année de plus en plus nombreux. Les entreprises préfèrent, aujourd’hui, la tranquillité des marchés du « private equity ». Les investisseurs hors bourse sont moins obsédés par le court terme et la rémunération immédiate. Même une grande société connue comme Tesla cherche aujourd’hui les moyens d'abandonner la Bourse.

 Comment peut-on expliquer ce qui semble devenir une vague de fond ? Il y a plusieurs raisons à cette situation qui paraît être une réelle mutation dans la recherche des capitaux.

Le grand nombre de fusions-acquisitions des deux dernières décennies a évidemment contribué à appauvrir la cote. Les concentrations d’entreprises devenues plus grosses et plus dominantes, le durcissement de la réglementation, ont bien sûr joué un rôle important. Les scandales Enron, WorldCom ou Lehman Brothers ont obligé les régulateurs à durcir les conditions d’introduction et de contrôle des entreprises. Cela n’a pas été fait pour encourager les  candidats à la Bourse. En fait, la Bourse de New-York est devenue une vraie jungle où il ne faut plus se risquer.

  La façon dont les marchés ont évolué cette dernière décennie,  les crises successives, la complexité et fragmentation que sont devenues les filières boursières, ont fait partir plusieurs sociétés dont le management voulait se consacrer plus au développement et à la rentabilité de l’entreprise, qu’à la défense de la cote de leurs actions à la corbeille. 

Les conséquences sont là, aujourd’hui. Une Bourse qui se vide est une Bourse qui meurt. Financer la croissance va devenir de plus en plus difficile pour les petites et moyennes entreprises en développement. C’est les institutions financières à capital-risque qui vont en profiter, mais à quel prix pour l’entrepreneur.

Les investisseurs, n’ayant plus le choix des titres que leur donnait la Bourse, vont se tourner d’avantage vers la gestion passive. C’est le placement des capitaux disponibles qui est en cause, en fait l'un des piliers du capitalisme.

 Hong Kong(3485 sociétés cotées)  et Shanghai(1041sociétés), après avoir subit des baisses spectaculaires des indices, baisse due à la crise des subprimes, résistent aujourd’hui mieux que celles de l’Occident, pour l’année 2017, du fait des introductions des entreprises chinoises et du dynamisme de l’économie de la région. Il est difficile actuellement de porter un jugement sur l’évolution du nombre des sociétés cotées sur les places de Paris (650), Londres(2736) et Berlin (720), du fait de l’incertitude créée par le Brexit. Cependant on constate le même désamour en Europe. Le nombre des sociétés cotées a fondu de 20% en 2017. La place de Paris a enregistré la sortie de la cote de pas moins de 33 entreprises, pour la seule année 2017. 

 Qu’en est-il à la Bourse de Casablanca ? Cela est une autre histoire qui mérite qu’on lui consacre une chronique « exclusive ».

 Les responsables devront se poser régulièrement la question : une bourse, pourquoi faire, quelle réponse apporter aux besoins de financement des entreprises en développement. Quel rôle doit jouer la Bourse marocaine dans le développement du pays et la croissance de son modèle économique ?

 

 

 

 

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