Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

21 janvier 2022

LA POLOGNE, BOULET POUR L’UNION EUROPEENNE

  L’Union européenne est sans contexte une superpuissance économique, mais, en l’état, ne sera jamais une puissance géopolitique.

Avec un PIB de 14 trillons de dollars elle égale celui de la Chine et reste un des trois plus grands marchés organisés du monde.

 Si la direction générale de la concurrence de la Commission européenne est une autorité respectée et écoutée dans le monde, il n’en est pas de même sur les orientations politiques et sécuritaires de Bruxelles.

 La raison première est qu’elle ne parle pas d’une seule et même voix et que certains membres, dont la Pologne, sont inféodés à d’autres centres de décisions géopolitiques comme les États-Unis.

 Bien sûr, on reproche mille choses à l’Union européenne, elle légifère trop et sa bureaucratie est trop lourde. Mais les fonctionnaires européens ne sont que 43000 à comparer aux 130000 fonctionnaires français du seul ministère des finances à Paris.

 Sait-on que l’UE est la deuxième puissance financière du monde après les États-Unis. Malgré tous ses atouts, malgré les intentions exprimées lors du traité de Maastricht en 1992, l’Europe n’est pas devenue une superpuissance géopolitique. Face à l’expansionnisme turc au Levant, en mer Méditerranée et dans le Caucase, l’UE n’a pas été capable d’envoyer un signal fort à l’autocrate Erdogan. Les pays baltes avec en tête la Pologne, s’opposent toujours fermement à toute initiative qui ne soit pas dans la ligne tracée par les États-Unis. Bruxelles veut organiser un sommet avec la Russie où tous les différents seraient abordé avec franchise, c’est non. Bruxelles voudrait initier une politique originale avec la Chine, c’est non. Le problème récurant posé par la règle de l’unanimité devrait être un jour abordé courageusement par la Commission européenne.

 Dans sa course vers l’Est, vers les anciens satellites de la défunte URSS, l’UE a fermé les yeux sur le fait qu’aucun de ces pays ne remplissait toutes les conditions d’adhésion. Bruxelles a passé outre, poussée par le lobbying insistant des Américains à travers le Royaume-Uni. Leur objectif de neutralisation de la Russie par le déploiement des forces de l’OTAN, imposait d’inclure le plus rapidement possible ces États dans le dispositif. 

  La Pologne est avant tout, un pays vassal des États-Unis par choix. Voisin de son ancien maître, la Russie, elle tient à être sous l’abri du parapluie américain. Une utopie ? On n’a jamais encore vu Washington faire la guerre pour venir à la rescousse d’un allier, sauf si les intérêts supérieurs de l’Amérique étaient en jeu. Dernièrement, devant l’éventualité d’une invasion de l’Ukraine par Moscou, Jo Biden, le président américain, a menacé la Russie de tous les maux possibles, mais a précisé que son intervention ne sera pas militaire.

  Ainsi, la Pologne ne peut pas être considérée comme un membre sincère de l’Union, ses priorités sont ailleurs, accompagnées d’un égo démesuré de ses actuels dirigeants.

Les domaines sont nombreux où Varsovie ne se plie pas aux directives de Bruxelles, ni aux règles déontologiques édictées par les pays fondateurs. Il faut rappeler que quinze jours après l’entrée de la Pologne dans l’UE, cette dernière recevait 300 milliards d’euros d’aides structurelles et de subventions agricoles. Cela ne l’a pas empêché de choisir l’avion de combat américain, au lieu du suédois ou du français. Varsovie a lourdement insisté auprès de la France pour qu’elle ne livre pas aux Russes les navires de commandement et d’appui Mistral, en promettant comme compensation, de lui commander des hélicoptères de combat Airbus. Engagement qui n’a jamais été tenu.

 Rétive à la politique européenne concernant les migrants, et les frontières, l’avantage de la soumission totale des Polonais à l’Amérique est que cela bloque toute résurgence de l’antisémitisme dans le pays. Lorsque le gouvernement polonais a eu le projet d’une loi criminalisant les historiens qui examineraient les responsabilités polonaises dans l’extermination des juifs par les occupants nazis de 1940 à 1945, il aura suffi d’un froncement des sourcils de Washington pour qu’il y renonce. 

 La Pologne campe sur ses positions quelque peu dictatoriales, comme la soumission des juges au pouvoir politique, et veut que Bruxelles y souscrit.

   La Pologne est un véritable boulet que l’Union européenne traine, jusqu’à quand ? 

 

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14 janvier 2022

BATAILLE POUR OU CONTRE LE WOKISME

   Le « wokisme » importé des États-Unis, a fait irruption dans le débat public et fait florès à l’ère du buzz et des clashs.  Sur la scène politique et intellectuelle, le « wokisme » a provoqué, enfin, la formation d’un véritable « front républicain » en France et ailleurs en Europe.

 Le wokisme est une forme d’obscurantisme. Mais de quels chaudrons de sorcière sort cette idéologie américaine dont les plus sots des universitaires français enfourchent le dada.

 A l’origine, les racines du wokisme renvoient à l’idée d’« éveil » aux injustices, aux inégalités et autres discriminations subies par les minorités, qu’elles soient sexuelles, ethniques ou religieuses. Mais cet « éveil » a mué en une sorte de menace pour la société, par la radicalisation du propos et une exagération outrancière provoquées par le jusqu’au-boutisme des campus universitaires américains. 

 Des idées iconoclastes, qui aujourd’hui reviennent en boomerang des États-Unis où elles se sont implantées jadis, ont émergé des cervelles surchauffées par 1968 de quelques penseurs. Ils veulent déboulonner les vieilles icônes, comme De Gaulle, ou encore Abraham Lincoln ! Ils veulent retirer les statues de l’ex-roi Léopold II à Anvers en Belgique, Colbert à Paris, mais aussi Gallieni. Il semble, en la matière, qu’on est beaucoup trop tendre, trop patient, trop enclin à écouter, trop tenté de donner raison aux gens déraisonnables…

Si le terme « woke » est historiquement lié à la lutte des Afro-Américains pour les droits civiques, il se trouve désormais au cœur de mobilisations d’une jeunesse militante animée par les causes féministes et antiracistes. Ces mobilisations par certains procédés ou techniques, par leur radicalité, deviennent une atteinte à la liberté d’expression. Ce sont des appels à la censure d’une œuvre, à l’annulation d’une exposition ou d’une représentation, au déboulonnage d’une statue, etc. Ils vont jusqu’à restreindre l’accès à des manifestations à certaines catégories de personnes ne partageant pas leurs idées. En voulant se révolter contre les discriminations, ils pratiquent eux-mêmes, par leurs procédés, la discrimination. Ce faisant, les « woks » reproduisent les pires préjugés racistes et sexistes, avec la bonne conscience des néo-convertis. Le débat autour de ces pratiques est complexe, mais est-il légitime ? 

Rien n’arrête les militants du wokisme. Après la sociologie et les lettres, c’est au tour des sciences dures d’être leur cible. Ils visent à relativiser des                                                                                                     savoirs « imposés par l’homme blanc » !
  
L’Observatoire du décolonialisme et le Collège de philosophie en France, se mobilisent pour s’élever contre l’emprise grandissante du wokisme, appelé « cancel culture », et dénoncent « l’ordre moral » que ses partisans feraient régner dans le monde éducatif.

Le « politiquement correct », qui sévit depuis bientôt quarante ans, est la section émergée de cet iceberg de nouvelles certitudes.

 Dans un colloque tenu récemment à la Sorbonne, à Paris, le Ministre français de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, en introduction, a défendu « l’universalisme » contre « les personnes à qui les idées des Lumières font peur ». Il répondait ainsi aux manifestants qui, devant l’université, dénonçaient une « chasse aux sorcières ».

Si l’on veut comprendre le wokisme, il faut remonter à la source américaine : il s’agit en fait, de l’une de ces innombrables sectes qui pullulent depuis quatre siècles dans un pays colonisé à l’origine par des quakers — secte dissidente de l’église anglicane — chassés d’Angleterre avec William Penn en 1681.

 Ce vaste colloque, ouvert par Jean-Michel Blanquer, veut déconstruire le wokisme et lance une contre-offensive. Ces bons esprits ont été immédiatement classés à l’extrême-droite par les spécialistes de l’anathème bien-pensant, les islamo-gauchistes professionnels et autres collabos de la pensée unique.

L’irruption du wokisme dans les sciences dures en France est l’une des préoccupations exprimées lors de ce colloque sur la « déconstruction dans le milieu éducatif ». Quelques exemples venus d’outre-Atlantique illustrent le propos. 

Au Canada, un groupe de recherche baptisé Decolonizing light (« décoloniser la lumière ») entend « repérer et contrer le colonialisme en physique contemporaine » et dénonce un champ d’études dominé par les hommes blancs. Le projet prétend s’intéresser « aux ontologies et épistémologies autochtones en termes de création de connaissances » et étudier « les points d’ancrage coloniaux dans l’histoire de la physique ». Il est financé à hauteur de 163 000 dollars par l’État canadien. De son côté, la Fondation Bill Gates soutient un programme destiné à « déconstruire » l’enseignement des mathématiques ?

  Il serait peut-être temps que s’élèvent des voix autorisées contre cette nouvelle lubie venue d’outre-Atlantique. 

 

 

 

 

 

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07 janvier 2022

MINUTE DE VERITE POUR JO BIDEN

Malgré toutes les attaques, manœuvres et contre-publicité, faites à Donald Trump par le parti Démocrate, Joe Biden en tête, l’ancien président américain reste incontournable chez les républicains.

Ceux qui pensaient, au lendemain du 6 janvier 2021, que l’attaque lancée contre le Capitole par ses supporters mettrait fin à la carrière politique de Donald Trump, se sont trompés lourdement. Le Parti républicain a rapidement resserré les rangs derrière lui. 

 Mais depuis cet événement, l’Amérique est divisée et radicalisée. Joe Biden n’a pas réussi, à ce jour, à apaiser le pays. Malgré les arrestations et les menaces, la commission d’enquête parlementaire se heurte au refus des anciens de l’administration Trump de coopérer.

 On assiste à une sorte de guerre civile larvée, tellement la vie politique aux États-Unis est devenue radicale, aussi bien chez les républicains que chez les démocrates. 

 Il semble que c’est Donald Trump qui va arbitrer les élections de mi-mandat de 2022 après avoir placé ses hommes aux postes de responsabilité dans les États clés. 

  Le 29 décembre 2021, Donald Trump écrivait dans son site Save America : « En un an, Biden a créé une crise à notre frontière, une crise énergétique, une crise inflationniste, une crise de nos chaînes d’approvisionnement et une crise sécuritaire, tout en appliquant le programme le plus extrémiste de l’histoire. » Il y qualifie son rival d'« anti-travail, anti-famille et anti-Amérique ». « Aucun président américain n’a causé autant de dommages en aussi peu de temps. L’administration Biden est une honte nationale » concluait-il.

Un an après l’assaut du Capitole par les fans de Donald Trump, la cicatrice reste ouverte. La réprobation générale a été de courte durée. Le 13 janvier, seuls dix représentants du Grand old party (GOP) sur 207, votaient la mise en accusation pour « incitation à l’insurrection » de Donald Trump et 7 sénateurs sur 50 sa destitution. Ce qui a débouché à un acquittement.    Depuis, les rares républicains qui ne suivent pas les directives de l’ancien président, les « dissidents », subissent ses foudres. Devant cette pression, certains sont même amenés à abandonner la politique. « Mon parti est en train de perdre la tête. Comment peut-on menacer ses élus comme ceux qui ont voté en faveur du plan infrastructures de Joe Biden ? J’essaie de calmer les ardeurs des uns et des autres mais ce n’est pas gagné », déplore Michael Steel, un ancien président du conseil national républicain (CNR). L’influence de Donald Trump persiste encore aujourd’hui. Malgré les arrestations et les menaces, la commission d’enquête parlementaire se heurte au refus des anciens de l’administration Trump de coopérer. Il a fallu poursuivre pénalement Steve Bannon, le gourou de l’ancien président, et Mark Meadows, l’ancien secrétaire général de la Maison Blanche, pour entrave au Congrès.

Le scrutin de mi-mandat qui aura lieu en novembre prochain risque de redistribuer les cartes et rendre le mandat de Joe Biden, un chemin de croix. C’est qu’il s’agit du renouvellement total de la Chambre des représentants et d’un tiers du Sénat. La situation aujourd’hui au Sénat est de 50 sièges aux démocrates et 50 sièges aux républicains et à la Chambre des Représentants, 221 sièges démocrates contre 213 sièges républicains, soit 6 sièges de majorité pour les démocrates.

A l’exception de George W. Bush, « bénéficiaire » en 2002 du contre-choc des attentats du 11 septembre 2001, tous les hôtes de la Maison Blanche, ont subi des revers lors des premiers scrutins de mi-mandat. Bill Clinton en 1994 perdit 56 sièges de représentants démocrates et 8 de sénateurs, Barack Obama perdit 63 sièges de représentants et 6 de sénateurs en 2010, et même de Donald Trump en 2018 subit la perte de 40 sièges républicains à la Chambre des représentants – mais gagna un siège au Sénat. 

Se considérant faiseur de rois, Trump avait donné, le 7 décembre dernier, son appui officiel à 46 candidats aux primaires républicaines pour la Chambre des représentants, le Sénat et des postes de gouverneurs.   Dix représentants républicains qui ont voté sa mise en accusation et les sept sénateurs qui se sont prononcés pour sa destitution au Sénat après les événements du 6 janvier, sont dans son collimateur. 

Joe Biden avait entamé son mandat en fanfares. Il avait réussi à faire adopter par le Congrès un plan de relance de 1 900 milliards de dollars et dépassait son objectif d’atteindre les 100 millions de doses de vaccins, dans les 100 premiers jours au pouvoir. Depuis, c’est l’enlisement. La campagne de vaccination patine, le retrait d’Afghanistan a été chaotique et l’inflation bat tous les records. Résultat, son taux de popularité est au plus bas. Selon le dernier sondage Gallup, il est tombé à 43 %.

 « Le problème de ce gouvernement est un problème de communication », d’après Michael Steel. « Une campagne électorale ne s’arrête jamais, même quand vous gagnez ! C’est ce que n’ont pas compris les gens à la Maison Blanche ». Joe Biden est entouré de personnalités brillantes, certes, mais qui vivent depuis trop longtemps à Washington. Ils ne parlent qu’entre eux, le monde réel leur est étranger. Le président est allé célébrer l’adoption de sa loi sur les infrastructures à Baltimore, dans le Maryland, la banlieue de Washington ! « Pourquoi n’est-il pas allé dans l’Ohio ou le Michigan ?», dénonce Jerry Austin, un consultant politique qui a travaillé pour tout le gratin démocrate de Jimmy Carter à Barack Obama.

 « Les gens ont l’impression que rien ne se passe alors», défend Karen Tramontano, ancienne secrétaire général adjoint de la Maison Blanche sous le président Clinton.

 L’opinion publique ne retient aujourd’hui que le blocage de sa réforme de l’Etat-providence par l’un des siens et son désarroi devant la progression continue de la pandémie. Cette situation rend les élections de mi-mandat cruciales, véritable minute de vérité pour sa présidence.

  Il semble que rien ne pourra empêcher le retour de Donald Trump. Ce dernier déclarera dans ces prochains jours, s’il sera candidat à la Maison Blanche en 2024. 

 

 

 

 

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31 décembre 2021

LES ECOLOGISTES, UNE CATASTROPHE MONDIALE

 

 Depuis qu’un groupe d’hommes et de femmes se sont auto-proclamés les sauveurs de la planète, on voit naître une véritable dictature, appelée par certains observateurs : nouvelle religion. La défense de la nature concerne toutes les strates de la population, mais les Verts, en politisant l’écologie, en ont fait un instrument de conquête du pouvoir.

 Loin de l’intérêt général et des réponses nécessaires aux besoins des populations, les écologistes instrumentalisent aujourd’hui le nucléaire. Leurs politiques avec leur rejet du nucléaire mettent en danger le réseau électrique européen qui risque le blackout.

 Aujourd’hui, 15 réacteurs sont à l’arrêt en France sur 56. Et la France doit, de ce fait, acheter de l’électricité à la Belgique.

En dépit des propos rassurants de certains responsables politiques,Barbara Pompili affirmant « qu’il n’y aura pas de black-out général d’ici à la fin de l’hiver », l’indisponibilité de 15 réacteurs nucléaires (soit environ 15 GW) pour des raisons de maintenance volontaire, mais aussi de défaillances inattendues, pourrait-elle créer une situation à risque alors que la saison froide arrive ? Un risque de blackout faible mais pas impossible.

  La France peut en théorie compter sur136 GW toutes sources d’électricité confondues, mais toutes ces sources ne peuvent être disponibles au même moment. Le solaire (10 GW) inopérant l’hiver aux heures de pointe et en comptant avec optimisme sur 25 % d’éolien (le vent fait souvent défaut lors de périodes de grands froids anticycloniques), le parc est alors réduit à 112 GW. L’indisponibilité des 15 GW nucléaires met donc la production électrique française en dangereuse tension.

  La croissance même démesurée des éoliennes et des panneaux solaires ne pourra pas répondre aux besoins des heures de pointe. Seules les sources pilotables (charbon, gaz, nucléaire) pourront donc satisfaire les pics historiques de la demande.

Cette situation conjoncturelle devrait alerter les responsables politiques quant à l’aberration de leur politique énergétique. Si depuis 20 ans le monde a investi 5000 milliards d’euros dans les renouvelables, les 1300 TW installés ne fournissent par intermittences que 12 % de la consommation mondiale d’électricité. Si ces montants avaient été investis dans l’atome, la puissance nucléaire installée pourrait alors, de façon pilotable, répondre à plus de la moitié des besoins de l’électricité mondiale.

Les intermittences du solaire et de l’éolien font des sources impuissantes à satisfaire le pic prévisible de la demande. Le réseau électrique européen est mis sous tension à cause d’une politique écologiste d’opposition au nucléaire.

  Autre aberration de l’antinucléaire écologique, pour satisfaire un éventuel pic de demande en janvier ou en février, il faudra que les centrales européennes au fuel et au charbon fonctionnent à plein régime.

Après avoir instrumentalisé le climat pour essayer d’imposer la décroissance, la gauche tente de récupérer la situation actuelle à son profit en clamant comme Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire », que l’atome serait « une énergie elle aussi intermittente, mais contrairement aux énergies renouvelables, de manière non prévisible ».   C’est vrai, on peut effectivement prévoir qu’il n’y a pas… de soleil la nuit !

La transition énergétique va procéder au remplacement d’équipements thermiques par des équipements électriques.  Ceci va provoquer pas loin d’un doublement de la demande électrique à l’horizon 2050, davantage donc de pics. 

Seul le nucléaire, voire le gaz compensé par la capture et la réinjection du carbone, peuvent répondre aux critères de pilotabilité et de neutralité. 

Depuis l’été, les prix du gaz sur les marchés européens ont été multipliés par 5 tandis que le prix du MWh (Mégawatt heure) sur le marché de gros, se négociait mi-décembre autour de 350 euros. Certains analystes jugent que cette situation est purement conjoncturelle et devrait se détendre une fois les beaux jours revenus. 

L’opinion publique doit savoir que la neutralité carbone ne sera pas atteinte sans augmentation substantielle des prix de l’énergie. Les politiques qui font croire le contraire mentent.

  La Commission européenne s’apprête à classer le nucléaire comme énergie verte. Ceci va poser quelques problèmes aux tenants de la religion écologique.

 

 

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24 décembre 2021

GUERRE OU PAIX, LE CHOIX IMPOSSIBLE

  Il est inquiétant que les doctrines et stratégies militaires, aujourd’hui, ne soient plus axées sur la préservation de la Paix, mais sur la préparation de la guerre.

En octobre dernier, a été rendu public un document exposant la vision stratégique du général Thierry Burkhard, chef d'état-major des armées françaises.

 Très officiellement, ce dernier abandonne les notions de « paix-crise-guerre »   au profit de « compétition-contestation-affrontement ». C’est un retour à l’ancien adage : « Si tu veux la paix, prépare le guerre ». 

La publication de la nouvelle doctrine du Général Burkhard, n’est pas un fait anodin. Veut-on préparer l’opinion public ? La question s’impose, car l’actualité confirme ses inquiétudes, avec la possibilité d’une intervention militaire russe en Ukraine. Le président, Vladimir Poutine, n’a pas caché qu’il envisage une réponse militaire à la politique des Occidentaux, jugée menaçante. En effet, il est envisagé d’inclure l’Ukraine dans le dispositif de l’OTAN, c’est-à-dire parfaire ainsi l’encerclement par les forces américano-OTAN de la Fédération de Russie.

 

C’est un signe des temps qui n’est pas rassurant sur l'état du monde. La vision stratégique du chef d’état-major des armées françaises, présentée sous la forme d’une brochure de 24 pages, marque un tournant à l’heure où les bruits de botte se font entendre en Europe et que les tensions militaires s’accroissent entre les États-Unis et la Chine. D’après les militaires, « la conflictualité a évolué ». Il faut, aujourd’hui, abandonner les visions d’hier fondées sur les notions de « paix-crise-guerre ». On doit désormais préparer une stratégie militaire à la lumière de trois notions : compétition-contestation-affrontement ». La paix ne peut plus être comprise comme un objectif d’une politique de défense.

Notre monde est devenu celui de la « compétition » entre les Nations, c’est « l’ordre normal de l’affirmation de la puissance » affirment les états-majors. C’est une rupture importante par rapport aux visions post-guerre froide. Il s’agissait alors, pour les armées, de maintenir ou de rétablir la paix, avec, si besoin, l’emploi de la force.

Durant la guerre froide, jusqu’aux années 80, la dissuasion nucléaire visait à empêcher la guerre.  Sans tambour ni trompette, tout doucement, nous sommes en train d’entrer dans un autre univers, où la paix est passée par pertes et profits.

Il faut souligner que cette nouvelle politique de puissance, cette « vision stratégique » ne fait l’objet d’aucun débat politique, dans aucun pays, y compris la France.

 Il faut désormais « gagner la guerre avant la guerre ». La formule est habile. On est toujours « avant la guerre », mais il s’agit bien de la « gagner » et non plus de l'éviter, comme on l’a longtemps souhaité. La « politique de puissance » est désormais clairement assumée par les divers états-majors.

Mais l’armée française, par exemple, pourrait-elle passer à une logique d'« affrontement » avec une puissance militaire, comme la Russie ?

Sommes-nous toujours dans une stricte logique de dissuasion, comme l’a été la doctrine gaullienne ? Une réaction militaire ne peut se faire, dans le cas de la France, qu'à l’abri de la dissuasion nucléaire. En cela, on rejoint la pensée du président Poutine qui assume l’utilisation des armes nucléaires tactiques en cas de conflit.

Des exercices majeurs, évoquant ceux de la guerre froide, sont désormais organisés entre les alliés. On tourne la page du contre-terrorisme avec des ennemis se déplaçant à moto dans la brousse pour faire face à des armées modernes. C’est aussi le choix des Américains qui se retirent du Moyen-Orient pour mieux se préparer à une guerre contre la Chine. 

La remontée en puissance ne se fait pas dans un cadre strictement national, bien au contraire, car un conflit de haute intensité ne se conduit pas seul. La simulation de combats en Europe de l’Est qui s’est tenu aux États-Unis au printemps dernier, « même si les forces alliées étaient victorieuses à la fin, le bilan des pertes s'élevait à plus d’un millier de morts », évidemment virtuels. 

C’est aussi ainsi que l’on assassine la paix.

 

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17 décembre 2021

L’ESCLAVAGE ET LES ETATS-UNIS

 

Pour corriger des décennies de racisme institutionnel aux États-Unis, le gouvernement américain propose des réparations financières de l’esclavage. Est-ce la meilleure solution pour mettre fin aux réclamations des descendants d’esclaves ?

 Il est vrai que les « wokes » passent leur temps à se flageller pour faire oublier leur « blanchité ».

 Ces derniers proposent que le gouvernement, c’est-à-dire les contribuables, accorde une compensation financière aux descendants d’esclaves pour le sort inhumain subi par leurs ancêtres. Inattendu, l’administration Biden a pris en considération ouvertement la proposition. Il y a quelques mois un comité de la Chambre des représentants américaine a approuvé la création d'une commission d'experts chargée d'étudier les possibilités d'indemnisation des descendants d'esclaves noirs américains. Une revendication très ancienne, relancée par le mouvement Black Lives Matter.

 Il est vrai, pour ceux qui veulent bien le voir, le racisme institutionnel américain est toujours présent.

  C’est cent ans après les lois Jim Crow, qui faisaient des Noirs des citoyens de seconde classe, que ces derniers obtiennent la jouissance de leurs droits, grâce à la loi sur les droits civiques, interdisant la discrimination raciale. Mais cinquante ans plus tard, l’égalité de facto n’a toujours pas rejoint l’égalité de Jure. 

  La guerre à la drogue a été un prétexte à s’attaquer aux noirs et aux latinos. Ces groupent sont plus durement sanctionnés que les Blancs. Malheureusement, les manifestations contre les brutalités policières sont souvent ternies par des émeutes.

 Le projet d’accorder des compensations, envisagé par les Démocrates, est une fausse-bonne-idée impossible à mettre en place.

 S’il reste des enfants d’esclaves, ils doivent être d’un âge avancé, et l’argent ne changera en rien leur statut social et le souvenir de ce qu’ont subis leurs parents. Et que dire à ceux qui descendent à la fois d’esclaves et d’esclavagistes ?

 Le principe des compensations, voir des excuses, veut que cela doit aller directement aux personnes lésées. C’est ce qu’a fait le Canada à titre d’excuse auprès des Japonais internés durant la seconde guerre mondiale. 

 Le bon sens voudrait que le gouvernement veille plutôt à ce que l’on ne rende pas la vie impossible aux minorités ethniques.

 Si l’administration Biden cherche vraiment à indemniser les Noirs, elle devrait plutôt se consacrer à créer un environnement favorable à leur autonomie et plus généralement à toutes les minorités ethniques.

Pour nombre d’historiens, le projet d’indemnisation des descendants d’esclaves est stupide et dangereux. Les demandes de réparation au titre d’injustices historiques ne peuvent pas être pensées exclusivement sous le paradigme de la justice corrective. Les demandes de réparations au titre d’injustices historiques sont de nature politique et non pas judiciaire : l’injustice historique doit s’entendre 
comme une injustice « continuée » , soit qui a ses racines dans le passé mais dont les effets sont encore perceptibles dans le présent ; elle affecte l’ensemble du corps politique sans opposer des victimes et des bourreaux ; enfin, la responsabilité de la réparation est portée par l’ensemble du corps politique : nous sommes collectivement responsables de mettre en place les conditions politiques d’une république apaisée. Les réparations relèvent ainsi d’un modéle de justice transformatrice mais pas compensatoire. 

 Le Woke est en train d’envahir l’Europe et l’indemnité accompagnée d’excuses va se poser pour les descendants des colonisés comme pour les descendants d’esclaves de l’ancien Empire français. Cette boite de pandore qui a été ouverte aux États-Unis, n’a pas fini d’interpeller les responsables politiques.

  

 

 

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10 décembre 2021

LA CHINE DOIT-ELLE INQUIETER L’OCCIDENT ?

 Pour beaucoup d’observateurs, si la Chine inquiète, elle doit être contenue. Mais on considère aujourd’hui, que nul besoin de céder à l’alarmisme : les signes de son déclin indiquent déjà qu’elle ne sera jamais la puissance mondiale dominante.   Pendant des siècles, la Chine est restée refermée sur elle-même. C’est un grand peuple d’Extrême-Orient, à la mémoire aussi longue que son histoire est ancienne.  Aujourd’hui, c’est un pays dont les prouesses économiques et technologiques, tout comme le mode opératoire opaque de ses élites, ne cessent d’inquiéter le monde.  

 C’était la perception que l’on avait du Japon à la fin du siècle dernier : les best-sellers se multipliaient alors pour annoncer le déclassement de l’Occident et le triomphe du Japon. Une génération plus tard, l’archipel n’a plus qu’une seule ambition : gérer son déclin. C’est là un enseignement à tirer pour ceux qui estiment inéluctable l’avènement de la Chine au rang de première puissance mondiale. Doit-on se soumettre ou lui faire la guerre ?  Mao Zedong considérait la Chine comme un dragon de papier aux forces limitées, avec un attrait faible et un déclin déjà engagé.  La puissance d’un pays commence avec la démographie. Après quelques mois de flottement, le gouvernement chinois a admis en mai 2021 une chute de la natalité sans précédent depuis 1949, en dépit de la fin de la politique de « l’enfant unique ». La Chine a commencé à se dépeupler, dix ans après sa population active a, elle aussi, officiellement amorcé sa décrue. D’ici 2030, l’Inde la dépassera et elle devrait passer sous la barre du milliard d’habitants avant la fin du siècle. 

   La chute de la population et son vieillissement, que tentent de dissimuler les chiffres officiels, annoncent des problèmes socio-économiques qui risquent de compromettre le « rêve chinois » de Xi Jinping. La crise démographique est plus profonde qu’anticipée : elle a de lourdes implications sociales, économiques et géopolitiques. Cependant l’économie du pays ne va pas s’effondrer, mais continuer à se développer fortement et les revenus vont eux aussi continuer à grimper. Le pays va cependant muter et transformer son économie pour s’adapter à ce changement démographique. En tant qu’usine du monde, comment la mutation de la Chine va-t-elle influer sur les économies de ses partenaires économiques ?

La Chine avait connu un « super » baby-boom dans les années 1960 avec un taux de fécondité dépassant 6. Il est de 1,7 aujourd’hui. Avant même le ralentissement démographique, c’est le vieillissement de la population qui va poser un problème. La part des plus de 64 ans était de 10 % en 2000. Elle est de 17 % aujourd’hui et sera de 25 % en 2030. La structure démographique chinoise a ainsi une vingtaine d’années de retard sur celle des pays industriels. Elle change de niveau et se confrontera à des populations croissantes et plus jeunes, tout particulièrement en Afrique.

La croissance chinoise était fondée sur une population active abondante, bon marché ; prête à rejoindre les grands pôles industriels de la côte Pacifique avec des effets en chaîne : construction de logements, émergence d’une classe moyenne consommatrice, développement d’infrastructures notamment dans les transports, l’éducation, la santé. Ce modèle adapté à la démographie d’un pays post baby-boom, n’est finalement pas si différent que cela des « trente glorieuses ». Il trouve aujourd’hui ses limites.

 

La Chine ne cesse d’évoquer la nécessité de faire évoluer son modèle en l’orientant vers des secteurs plus en amont, regardant davantage vers les industries d’avenir que vers celles du passé, avec plus de « design » que d’assemblage et plus d’ingénieurs que de petites mains. La Chine n’est déjà plus, la terre idéale des délocalisations pour les industries de main-d’œuvre. Elle cherche, aujourd’hui, à étendre sa domination dans certaines industries d’avenir, au-delà même des panneaux solaires, des batteries électriques et des réseaux de communication qui demandent moins de main-d’œuvre et plus de savoir, de recherche et de connaissance.

  On peut, aujourd’hui, se poser la question : le rôle de la Chine dans l’économie mondiale, va-t-il passer du statut d’exportateur de déflation à celui d’inflationniste, à l’avenir ? Le défi n’est pas seulement sectoriel mais aussi macroéconomique. Les bas salaires chinois ont contribué à peser sur les salaires des pays industriels et sur le prix des biens importés. Ces temps semblent, aujourd’hui, révolus. La pression sur les salaires devrait se relâcher même si d’autres pays à bas salaires en Asie du Sud ou en Afrique, pourraient prendre le relais.

  La colossale épargne des ménages chinois accumulée par les « boomers », a non seulement permis de financer l’économie du pays, mais aussi les économies étrangères et, tout particulièrement, les déficits publics des États-Unis. Les ménages chinois ont ainsi contribué à maintenir les taux d’intérêt à un niveau bas. L’épargne étant liée à la structure démographique, il faut donc aussi s’attendre à des évolutions dans ce domaine, ce qui influera certainement sur la finance mondiale.

Une population vieillissante et, à terme déclinante, est généralement considérée comme un facteur de déclin. Le Japon, premier pays industriel à connaître un ralentissement démographique, est aussi le premier à s’être effacé comme puissance économique. La politique nationaliste, voire expansionniste de Xi Jinping, a rendu la stratégie chinoise plus indéchiffrable qu’avant. On est toujours perplexe sur la finalité des « routes de la soie » qui visent à favoriser le transport ferroviaire et maritime entre la Chine et la partie occidentale du continent eurasiatique.   Il faut se rappeler que les grands projets militaro-économico-industriels de l’URSS ont tellement épuisé le pays qu’il a fini par sombrer. Les projets pharaoniques finissent mal, en général, surtout quand ils reposent sur une population vieillissante.

 

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04 décembre 2021

Création du «Cercle d’amitié Maroc-Israël»

Création du «Cercle d’amitié Maroc-Israël»
vendredi, 3 décembre, 2021 à 19:25
Communiqué Presse MAP
Rabat – Le «Cercle d’Amitié Maroc-Israël», présidé par Gabriel Banon, un ancien conseiller de Yasser Arafat, vient de voir le jour à Casablanca, indique un communiqué de cette Association, qui a été autorisée jeudi par les autorités administratives compétentes.
Lors de cette assemblée constitutive, les membres ont élu leur conseil d’administration : Gabriel Banon (président), Jacques Knafo (vice-président), Mustapha Sehimi (secrétaire général), Jean-Luc Martinet (trésorier), Mohamed Berrada, Souad Mekkaoui, Nadia Salah, Valérie Bengio, Abdelkader Retnani et Naïm Guessous.
Ce Cercle entend œuvrer dans le cadre de la Déclaration historique du 22 décembre 2020 signée entre la délégation américano-israélienne de haut niveau et le Maroc qui “a mis l’accent sur l’ouverture d’une ère nouvelle dans les relations entre le Royaume du Maroc et l’État d’Israël”. Ce texte de référence souligne en particulier l’intention des deux pays “d’établir des relations fraternelles et diplomatiques complètes” en encourageant la coopération dans de nombreux domaines, note le Cercle d’Amitié.
Dans l’orientation donnée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Cercle compte ainsi inscrire ses activités et son programme d’action dans cette même perspective, sur la base des principes énoncés dans cette Déclaration. Il se veut un cadre de dialogue et d’échanges axé sur le développement des relations culturelles, économiques et sociétales entre les deux pays et les deux peuples. Il a également pour objectif de promouvoir le référentiel des valeurs universelles pouvant accompagner les principes d’une paix juste et durable entre les Palestiniens et les Israéliens au Moyen-Orient.
Les statuts de l’Association sans but lucratif sont régis par les dispositions du Dahir n° 1.58.376 du 15 novembre 1958 tel qu’il a été modifié par le Dahir portant loi n° 1-73-283 du 6 Rabiaa I 1393 correspondant au 10 avril 1973.
L’Association a pour but de contribuer à la promotion et au développement des liens entre le Maroc et Israël. A ce titre, elle a pour objectifs :
- d’œuvrer pour la coopération entre le Maroc et Israël dans la culture, les sciences, l’enseignement, la recherche, les arts et les actions caritatives israélo-marocaines;
- La création et l'entretien des rapports entre ses membres et le renforcement des liens avec d'autres associations similaires au Maroc et à l'étranger;
- La diffusion des connaissances et d'informations relatives à la promotion de la coopération entre le Maroc et Israël. 

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03 décembre 2021

LE FRANÇAIS JUIF, ERIC ZEMMOUR

Jusqu’à aujourd’hui, je me refusais à participer à un débat, débat tronqué, sur celui qui fut presque candidat, et aujourd’hui candidat déclaré à la magistrature suprême de la France, Eric Zemmour.  Et ce jusqu’au jour où Bernard Henri Levy posa le problème dans un domaine où, jusque-là, personne ne s’y était aventuré : la judaïté d’Eric Zemmour.

 En attaquant le candidat, BHL développe une idée du juif, loin de celle défendue par Eric Zemmour, deux visions diamétralement opposées. Pour BHL, la priorité semble être le statut religieux, pour Eric Zemmour, l’appartenance nationale prime. En réalité BHL revient à un débat que je croyais clos il y a belle lurette, l’assimilation, jusqu’où ? Juif, c’est une religion ou une appartenance à un peuple ? Fondamentale question qui a divisé il y a des décennies nombre de communautés, dites israélites. 

 Non, Eric Zemmour n’est pas un traitre à l’identité juive (dixit BHL) il est un débateur qui pousse le raisonnement jusqu’à l’absurde. Pour la majorité des juifs de la « diaspora » juif est une religion qui suit les préceptes édictés par Moïse. Ils sont français de France, canadiens du canada, marocains du Maroc etc. Ils assument les devoirs et droits que leur concède la Patrie. On peut dire, sans risque de se tromper, ils sont juifs français autant que les catholiques français, ou juifs marocains autant que les musulmans marocains.

Pour Eric Zemmour, donner la priorité à sa judaïté, c’est être traite à la Nation. BHL l’est-il vraiment ? Je ne le pense pas. Mais comme les catholiques, ou les musulmans, il reste attaché à son « Église ». Éric Zemmour est juif, personne, à commencer par le principal concerné, ne prétendra le contraire.

Le problème avec Eric Zemmour est qu’il traite des véritables problèmes, avec une radicalité qui devient criminelle. Mais que penser de cette évidence factuelle ? Je suis d’accord avec Eric Zemmour lorsqu’il déclare qu’il ne veut pas que l’on « l’assigne à résidence ethnique et religieuse » Son approche est partagée par la majorité des juifs : on est citoyen français, avant d’être juif. Mais là où il déraille, c’est quand il prétend vouloir sauver la nation française « en danger de mort », en rejetant une partie de cette Nation. C’est du racisme ethnique et religieux.

Bernard-Henri Lévy appelle les juifs français à ne pas trahir leur ADN culturel, mais, à ma connaissance, un français est d’abord de culture française, tout comme BHL lui-même.. Au nom de cette idée, Lévy implore les juifs français de résister à la tentation Zemmour qu’il décrit comme un hubris nationaliste et raciste, fait de cruauté et de renoncement à l’humanité et à la générosité juives.  BHL, sait-il qu’il n’existe pas un vote juif, les juifs de France sont multiples dans leurs options politiques.

Éric Zemmour place le débat ailleurs. Il se refuse à parler de ce qui est juif et de ce qui ne l’est pas. Or, poursuit le candidat déclaré, avant d’être juif, il se « considère comme un citoyen français » et en tant que tel, « juif ou non », il entend « sauver le peuple français qui est en danger de mort ». Cet échange est fascinant car les deux protagonistes sont irréconciliablement et paradoxalement divisés par leurs appartenances communes – juifs et français. Pour BHL, Zemmour est un traître à l’identité juive, pour Zemmour, BHL est un traître à la nation française. On regrettera que, dans cette montée aux extrêmes, ils ne parviennent pas vraiment à faire de leur conflit la source d’une recherche fructueuse sur ce que doit être aujourd’hui un citoyen français. 

 

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26 novembre 2021

REFLEXIONS, PËLE-MËLE.

  Nous n’en avons pas fini avec les étonnants effets secondaires du Covid ! Aux Etats-Unis, le phénoméne à la mode s’appelle : « The Great Resignation » : depuis le début de la pandémie, 5 millions de personnes ont démissionné. Objectif : changer de vie, de métier ou partir à la retraite. Depuis le Covid, « la « Grande Démission » est dans tous les esprits. Avec le télétravail, la prochaine Silicon Valley sera « dans le Cloud », nulle part et partout. Le problème avec le distanciel, c’est la distance : les salariés s’éloignent de l’entreprise, et l’esprit d’équipe est en berne. L’autre problème avec le distanciel, c’est l’écrit qui prend plus d’importance et là, c’est la misère : orthographe, expression, syntaxe, rien ne va ! Les employeurs en font aujourd’hui un critère de recrutement. Le Covid devient un révélateur de la dégringolade du niveau de français.

Autre effet secondaire de la pandémie, l’État français s’est débarrassé de son surmoi maastrichien : à force de soutenir l’économie, l’État a inventé la règle des 5% de déficit, devenue en quelque sorte le « new normal ». Au lieu de se désengager de l’économie, l’État-actionnaire a considérablement élargi son champ d’intervention. On l’observe également dans la santé : l’étatisation de la protection sociale s’est accentué sous la présidence d’Emmanuel Macron ! En France, on adore. Aux États-Unis, c’est une autre histoire. Biden collectionne les échecs pour ses plans de relance : un plan d’investissement divisé par deux, des hausses d’impôts annulées, des mesures sociales rabotées : impressionnant !

Parmi les effets secondaires à venir du Covid, il y a aussi l’inflation. Dans l’automobile, par exemple, la flambée des matières premières a renchéri le coût de fabrication d’une voiture de 1000 euros !  Le manque de puces électroniques, dont les prix grimpent aussi, aura amputé la production de Renault de 500.000 voitures cette année, un chiffre qui grimpe à 1,4 million chez son concurrent géant Stellantis !  Ces tensions existent dans tous les secteurs, ce qui fait dire à certains observateurs qu’en matière d’inflation, nous n’avons encore rien vu. Certaines analyses prospectives annoncent une hausse brutale des prix et une inflation à 8 ou 10 %.

 Le Covid produit un autre effet qui va plaire à certains ministres de l’économie : comme l’État est intervenu avec succès pour éviter des faillites en chaîne, les sauveurs d’entreprises se lamentent.

Il est une autre menace redoutable pour les entreprises, celle des cyberattaques. « Le matin, vous vous levez et votre boîte est morte », déclare un chef d’entreprise. Victimes de pirates, ils vivent une véritable descente aux enfers et à la fin, la mort dans l’âme, ils sont le plus souvent obligés de payer une rançon pour survivre. 

Est-ce un effet du Covid ? Le monde serait en tout cas en train de basculer de l’Internet en 2D à l’Internet en 3D, appelé encore metaverse, une révolution !   Qui sait de quoi sera constitué cet « au-delà » (meta) ? Ce n’est pas très clair mais le grand prêtre de Facebook Mark Zuckerberg a la foi au point d’avoir décidé de changer le nom de son empire. 

Les problématiques énergétiques nécessitent aussi un effort de pédagogie auquel s’est employé RTE, le gestionnaire du réseau d’électricité français. Il en ressort des analyses que la demande d’électricité va fortement augmenter d’ici 2050. Pour y faire face, il faut abandonner l’idéologie écologiste qui fait prendre du retard. On aura besoin d’énergies renouvelables, mais aussi du nucléaire, le nier serait absurde. Les besoins en électricité vont notamment bondir du fait de l’essor de la voiture électrique, essor dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences. Les hydrocarbures que l’on veut réduire, voire supprimer, rapportent 450 milliards d’euros de recettes par an aux États européens. Comment feront-ils lorsqu’on roulera tous à l’électrique ?

Mais a-t-on le choix ?

 

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