Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

02 décembre 2016

Steve Bannon, un danger pour le monde civilisé.

Parfois, il ne faut pas hésiter à appeler un chat, un chat, au risque de passer pour Cassandre.

Voici ma chronique politique gebdomadaire du vendredi, beaucoup plus un avertissement, qu'un commentaire.

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Donald Trump a apporté dans ses bagages de Président élu, outre ses outrances de campagne, un homme que certains considèrent son guru : Steve Bannon. Il est vrai que le patron de Breitbart News a joué un rôle central dans l’élection de Donald Trump. Son site est unanimement accusé d’extrémisme, de xénophobie, de tentations fascisantes et de dérives conspirationnistes. Bannon les écarte d’un revers  de la mains, Il traite les élites libérales de myopes,  car elles ne voient pas la justesse de ses analyses. Je suis un nationaliste économique dit-il.

Le personnage est atypique, à la fois messianique et opportuniste, éminence grise, idéologue et agitateur. Son message est centré sur l’emploi pour tous, le retour des usines, la souveraineté économique, le contrôle des frontières, la lutte contre l’islamisme radical, le Loi et l’Ordre.  Pour lui, les démocrates, les modérés et les bobos ont perdu de vue le monde réel.

C’est en 2012 que Steve Bannon succède à la tête de Breintbart News, au décès de son ami Andrew Bretibart. Le cite qui annonce 37 millions de visiteurs est la cible de nombreuses attaques, non pour sa servilité envers Trump, mais pour ses provocations racistes et sexistes. Pour Bannon, l’islamisme radical est « un clash civilisationnel mondial. » Il se considère la plateforme de l’Alt-Right, une extrême droite dominée par un nationalisme blanc, menacé par l’immigration et le multiculturalisme. Il se proclame le défenseur de la tradition américaine, fondamentalement européenne et judéo-chrétienne.

C’est cet homme, que Donald Trump a choisi comme stratège en chef et conseiller spécial du Président. Il en fait ainsi l’un des hommes les plus influents des Etats-Unis. À la Maison Blanche, il sera en charge de la vision, du récit, des objectifs et du plan d’attaque. Donald Trump aura la Présidence, mais c’est Bannon qui assurera le mouvement. « Nous allons bâtir un courant politique entièrement nouveau, promet le stratège Bannon. Les Américains en ont assez de se faire rouler. Si nous réussissons, nous aurons 60% du vote blanc, 40% des Noirs et des Hispaniques, et nous gouvernerons pendant cinquante ans. »

On remarquera qu’on parle peu du reste du monde, quantité négligeable devant le retour de la grande, de la vraie Amérique. Révision déchirante pour beaucoup, le parapluie américain est à mettre aux utopies du passé. Comme Trump l’a déclaré maintes fois, l’Amérique n’a pas à être le gendarme du monde. Leurs slogans résument le fondement de leur politique : : l’Amérique d’abord, il n’y a de vrai que le « Made in América ».

Cette nouvelle équipe qui se profile à Washington, pour laquelle rien n’est sacré, ni les engagements, ni les accords signés par le passé, fussent-ils par les Présidents précédents,  veut faire table rase du passé, rappelant ainsi, un totalitarisme de sinistre mémoire.

Nouveau Raspoutine chez les Tsars, nouveau Cromwell chez les Tudor, Bannon, notre révolutionnaire « new look » sera en charge de l’action. Hier encore marginal, le voici nanti d’une capacité d’influence et de nuisance, uniques, pour accomplir son grand dessein : « l’extension de la colère ; » Il prophétise une révolution politique aux Etats-Unis, et une révolte populiste mondiale.

  Bonjour les dégâts !

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26 novembre 2016

Le libre-échange, une imposture ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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L’élection de Donald Trump a eu le mérite, au moins sur un point, de poser la question de l’intérêt des accords de libre-échange.

Lors de la mise en place de l’Autorité palestinienne et ma nomination de Conseiller économique et financier du Président palestinien, Yasser Arafat, on m’avait demandé si j’allais préparer, pour le futur, les conditions nécessaires à la mise en place d’un marché-commun entre Israël et la Palestine ?  J’ai répondu que j’étais opposé à la mise en place d’une telle organisation. Un marché commun n’est envisageable qu’entre deux économies comparables, sinon c’est l’hégémonie de la plus puissante sur la seconde. Dans notre cas, cela aura été la colonisation de l’économie palestinienne par les Israéliens.

Il en est de même des accords de libre-échange, ceux-ci ne sont profitables pour les deux parties, que s’ils concernent des économies de taille et de puissance comparables.

Le jeu est d’autant plus faussé, avec l’apparition des  méga-groupes internationaux comme Apple, Google, Facebook et autres Amazon. Plus puissants que les Etats, ils s’affranchissent unilatéralement, de toutes les règles communes, qu’elles soient commerciales, fiscales, ou relatives à la propriété intellectuelle.

La Chine, est devenue une des deux plus grandes économies mondiales, sans pour cela avoir respecté les normes des pays  développés. Aujourd’hui, elle ne songe à négocier des accords de libre-échange avec ses voisins, que pour étendre et consolider son influence régionale.

Le Maroc a, par exemple, des accords de libre-échange avec l’Union européenne et les Etats-Unis, il en subit le diktat des normes, des uns et des autres.

La mondialisation a institué le libre-échange comme un système universel, voir comme la nouvelle religion des mondialistes.

L’ouverture des frontières ne peut pas être une fin en soi, mais un instrument au service des peuples. Cela n’a malheureusement pas été le cas, les délocalisations, l’importation de la main-d’œuvre bon marché, n’ont bénéficié qu’à un très petit nombre et accentué les différences. Les fameuses libertés, défendues becs et ongles, par les technocrates de Bruxelles, libertés des capitaux, des marchandises, des services et des hommes, ont été, jusqu’à ce jour, essentiellement, au service des intérêts des élites mondialisées.

Il faut reconnaître, que si la mondialisation a posé un problème aux Nations, disparaissant tout doucement dans un magma indéfini, si elle a détruit des pans entiers de l’industrie européenne ; elle a, à contrario, sortie de la pauvreté des millions de personnes, venues du Sud, soit dans les usines délocalisées, soit dans les métropoles de l’Occident.

Cela a été fait au détriment des classes moyennes des pays développés, accompagné d’une crise identitaire. Ces peuples ne veulent pas mourir, et le font savoir par la seule arme qui leur reste, le vote. Cela est le cas en Amérique et semble vouloir l’être également en Europe.

Il est évident qu’il n’est pas souhaitable de se retrancher derrières les frontières, mais défendre « crânement » les intérêts essentiels des populations.

Attention, le protectionnisme, érigé en système, est aussi nocif qu’un libre-échangisme sans bornes.

La question, qui est devenue d’une actualité brulante, est : le libre-échange est-il un facteur de progrès pour les nations qui s’y conforment ? Si oui, dans quelles conditions ?

 

 

 

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18 novembre 2016

Face à Trump, le Monde s'interroge

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Esclaves du « politiquement correct » les responsables  européens et les autres, n’ont pas vu venir l’invraisemblable, l’élection de celui qu’ils appelaient, il n’y a pas longtemps, le Clown.

Après l’élection de Donald Trump à la Présidence des Etats-Unis, les réactions des dirigeants européens, à de rares exceptions, n’ont pas été à la mesure des défis posés par le vote des citoyens américains. L’Europe ne semble pas réaliser la révolution sociétale, économique et géostratégique, qui vient de se produire en Amérique, et qui va frapper également l’Europe, tôt ou tard. Trump remet en cause l’ordre libéral international, qui a tant profité aux Européens.  Deux fondamentaux de la prospérité européenne, sont remis en cause par les options stratégiques du Président élu : un éloignement de l’OTAN, et la mise en place des barrières douanières. On voit poindre à l’horizon, une guerre commerciale dévastatrice, accompagnée d’un coup de frein à la mondialisation. Le libre-échange ne résistera pas à l’imposition de droits de douane de 35% avec le Mexique, 45% avec la Chine et 10% avec le reste du monde, Europe comprise.

Dès lors, vont s’enchainer les représailles commerciales et monétaires qui feront voler en éclats le système économique.

Pour certains observateurs, l’élection de Trump marque le krach de la démocratie. Elle découle de la déchirure du corps politique et social des nations libres, qui a été nié.

La réalité est que son élection doit tout à la révolte des électeurs contre le système politique, l’établishment et les médias. Aux quels il faut ajouter le rejet des politiciens professionnels.

Le poids de la fonction présidentielle et les dispositions de la Constitution américaine, qui veillent à la séparation des pouvoirs, permettront peut-être, de modérer l’élan populiste de Donald Trump.

Entre les élites supposées et les classes moyennes et populaires, un abime s’est creusé, pas seulement aux Etats-Unis. L’Europe, si elle ne parvient pas à donner un coup d’arrêt au populisme, lui abandonnera le gouvernement du monde libre et actera ainsi le déclin de la civilisation occidentale. Charles Péguy ne déclarait-il pas que « la guerre contre la démagogie est la plus dure de toutes les guerres ».

Il faut craindre la poursuite d’un processus de prise de pouvoir par les populistes. Il y a eu Poutine, Erdogan, Orban, Xi Jinping et maintenant Trump : des dirigeants nationalistes et autoritaire d’un nouveau type, loin de la démocratie fondamentale, experts de l’arithmétique électorale.

Sur le plan international, il faut s’attendre à des remises en cause : rapprochement avec la Russie, raidissement avec l’Iran et la Turquie, soutien sans pareil d’Israël et vraisemblablement l’enterrement du « pivot » vers l’Asie initié par Obama.

Questions sans réponse :

-       Pourquoi les Alliés historique de l’Amérique s’inquiètent-ils ?

-       Pourquoi la politique de « rééquilibrage en termes géopolitiques, n’a pas été un succès ?

-       Pourquoi le revirement des Philippines ?

-       Pourquoi les Etats-Unis peinent-ils à contrer l’influence grandissante de la Chine ?

On pouvait lire, il y a quelques jours, dans le Washington Post ; « Nous sommes, à deux ou trois mauvaises élections, de la fin de l’OTAN, de la fin de l’Union européenne et peut-être, de l’ordre libéral du Monde tel que nous l’avons connu ».

Heureusement, le pire n’est jamais certain

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11 novembre 2016

They did it ! Donald Trump est Président.

Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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Mercredi 9 novembre, les américains se sont réveillé avec la gueule de bois. Ils ne réalisent pas qu’ils ont fait l’impensable, donner les clés de la Maison Blanche à Donald Trump. C’est la victoire du petit peuple sur l’establishment. Ils sont étonnés de leur audace et vaguement inquiets de la suite. Ils rappellent les français, lorsqu’ils ont voté Non au référendum, actant le départ du Général De Gaulle.

Ce n’est pas l’économie qui a donné la victoire à Trump, le bilan d’Obama dans ce domaine, n’est pas si mauvais. C’est la révolte des laissés pour compte de la croissance. C’est les inégalités, les exclus du rêve américain, qui ont fait basculé le pays dans l’incertitude. Oui, il y a le plein emploi, 4,9 % de chômeurs, mais la classe moyenne n’a pas retrouvé son niveau de revenus d’avant la crise. Le système aujourd’hui est dévoyé, car il ne redistribue pas les fruits de la croissance équitablement.

C’est un changement drastique que les électeurs de Trump veulent. Ils ont voulu bousculer les règles, jusque là respectées par les hommes politiques, quelque soit le Parti. C’est une lourde défaite du »politiquement correct ».

Que veut et que peut Trump, 45em Président de la plus grande puissance militaire du monde.

Il veut coopérer avec la Russie pour éradiquer DAECH, augmenter les effectifs de l’armée américaine, lutter contre le recrutement et la radicalisation des musulmans et verrouiller les frontières de l’Etat, avec son fameux mur géant le long de la frontière mexicaine. Au programme économique, un protectionnisme, sans fards, et une priorité absolue au « made in USA », forment l’ossature d’une stratégie de rupture. Sa seule conviction économique, repose sur la suprématie américaine et une liberté retrouvée par l’annulation de tous les accords de libre-échange.

Il considère que l’Amérique n’a pas à être le gendarme du monde, et doit mieux protéger son monde.

Le président américain n’a pas tous les pouvoirs que l’imaginaire du public, surtout à l’étranger, lui prête. La Constitution a veillé soigneusement à l’équilibre des pouvoirs.

Cette élection nous amène à  constater un large mouvement, illustrant une véritable « vengeance des peuples » contre la mondialisation. Cette mondialisation qui a remis en cause les modèles sociaux, dilué les identités des Nations et bouleversé  les modes de vie.

Nous sommes entrés dans une phase de « démondialisation » qui va se traduire par une diminution des échanges internationaux. Les peuples veulent reprendre la parole et décider eux mêmes de leur sort.

L’arrivée de Trump à la Maison Blanche, va modifier la carte des alliances commerciales. La période qui débute va voir une probable guerre des devises, une forte volatilité financière, avec un risque d’une crise bancaire, voire une crise financière.

Le mandat de Trump, à l’instar de celui de Carter, risque d’être une parenthèse, dans l’Histoire américaine. Cela ne va pas être un mandat de tout repos, dangereux, mais l’Amérique est assez forte pour lui survivre.

Aujourd’hui, les Américains sont divisés entre la joie et la nausée.

Battu en nombre de voix, c’est le système qui a donné la victoire à DD. Il va avoir devant lui deux Amériques, dont il a attisé les différences. D’ors et déjà, des manifestations hostiles au nouveau Président se multiplient dans le pays. Le risque est réel que ce mandat ne soit interrompu dramatiquement.

Cependant, il faut raison garder, Trump président, ce n’est pas la fin du monde.

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04 novembre 2016

8 avril, fin du psychodrame

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Mardi les Américains vont élire leur prochain Président. Mardi soir, au plus tard, mercredi matin, nous connaitrons le nom de celui ou celle qui va diriger la plus grande puissance militaire du monde.

Les médias américains, experts dans l’art du suspense, ne finissent pas de faire succéder des sondages, certains soulignant la remontée de Donald Trump. Bien sur, tout peut arriver, mais sa victoire est peu probable, et il est très souhaitable que Trump ne gagne pas l’élection.

La seule rumeur de sa remontée dans les sondages, à cinq jours du scrutin, a fait reculer les bourses du monde entier, tandis que l’or remontait, valeur refuge par excellence. L’imprévisibilité du candidat républicain et son désir de se dégager des traités de libre-échange, inquiètent les investisseurs. Il ne faut pas perdre de vue qu’un Président américain n’a pas tous les pouvoirs que lui prêtent, les européens et les autres, hors Etats-Unis. À l’opposé du Président français, la présidence américaine ne succède pas à une royauté. Elle est limitée dans l’exercice du pouvoir, par une Constitution tatillonne, qui a veillé scrupuleusement, à l’équilibre des pouvoirs. Le président américain, a-t-il le pouvoir de désengager le pays des accords de libre-échange, sans l’approbation du Congrès, est une question pertinente, et la réponse aisée, NON.

Le peso mexicain ne cesse de faire le Yoyo, au gré de la popularité de Donald Trump.

L’Amérique d’aujourd’hui, pose plus de questions qu’elle n’en résout. L’arrivée de Trump ou de Clinton à la Maison Blanche, ne changera pas grand chose.

On peut d’ores et déjà, tirer quelques enseignements de la campagne présidentielle, qui se termine. Elle marque une rupture dans l’histoire du Pays, la vie politique américaine remet en cause « le rêve américain ». Cette remise en cause est illustrée par les thèmes de campagne des candidats. L’immigration, les inégalités sociales, le déclin de la droite, sont des thématiques inhabituelles, qui sont plus propres à l’Europe qu’aux Etats-Unis. La déréglementation libérale à appauvri la classe moyenne, au profit d’un petit nombre de privilégiés. Mais dans certaines classes de la société, il y a un véritable rejet de Donald Trump. Les salariés des sept plus grandes banques des Etats-Unis ont, à titre personnel, donné dix fois plus à Clinton qu’à Trump.

La démographie, l’immigration, ont bouleversé les structures de la société américaine, où le WASP, (White Anglo Saxon Protestant,) est devenu minoritaire. Un fait, les latinos sont devenus des acteurs incontournables, avec son corolaire, la montée du populisme. La présidentielle de 2004, avec Bush Jr, fut « la dernière victoire du WASP » ; celle de 2008, avec Obama, « la victoire de tout le monde, sauf du WASP ».

Aucun pays ne peut se désintéresser de l’élection présidentielle américaine, le choix du locataire de la Maison Blanche, n’est pas anodin pour toutes les chancelleries. Peut-être que l’Amérique, débarrassée de ses trois faux alliés : l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie, pourra, enfin, remplir le rôle qui lui est dévolu, étant la plus grande puissance militaire du monde. 

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28 octobre 2016

Mauvaise passe pour la diplomatie US en Asie

Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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Le basculement de la stratégie géopolitique de Washington vers le Pacifique, ne semble pas se dérouler sans accrocs. L’objectif patent des Etats-Unis, mettre un frein aux ambitions territoriales et maritimes de Pékin, n’apparaît pas aussi facile, que certains avaient escompté. La défection des Philippines, allié majeur hors l’OTAN, comme le disait Georges W Bush, préfigure-t-elle une nouvelle donne géopolitique en Asie ?

Le 20 octobre dernier, Rodrigo Duterte, le nouveau Président des Philippines, déclarait sa volonté « divorcer d’avec les Etats-Unis » et ce, à son retour d’un voyage en Chine ! Ancienne colonie des Etats-Unis, quasi-protectorat américain, les Philippines étaient, jusqu’à ce jour, un élément majeur, sinon la clé de voute du dispositif américain au Pacifique.

Dans la nouvelle stratégie du président Obama, elles étaient au cœur du dispositif annoncé par ce dernier : le « pivot vers l’Asie ». Il s’agissait de fédérer les riverains de la mer de Chine par un jeu d’alliances, accompagné par un redéploiement des forces de l’US Navy.

Rassurer, protéger, montrer sa force, face aux violations des règles maritimes internationales par Pékin en mer de Chine, voilà ce qu’était, jusqu’à aujourd’hui, la doctrine du State Department et du Pentagone. Hillary Clinton, alors secrétaire d’Etat, déclarait en 2011 : « l’avenir de la politique sera fixée en Asie et les Etats-Unis seront au cœur de l’action » et d’ajouter : « stratégiquement, le maintien de la paix et de la sécurité en Asie-Pacifique est indispensable au développement mondial, notamment par la liberté de navigation en mer de Chine méridionale… »

Ceci n’a en rien freiné la Chine, dans ses installations dans les ilots contestés, ni la prolifération des plateformes, véritables iles artificielles, éléments importants du dispositif  de Pékin, pour contrôler la navigation en mer de Chine. Ni le déploiement des forces US, ni la condamnation du Tribunal de La Haye, n’ont impressionné le président Xi.

 Le problème de la Corée du Nord  et celui de la mer de Chine, restent au cœur des préoccupations asiatiques. On ne peut que constater une paralysie stratégique des Etats-Unis, plutôt que la réalisation des objectifs formulés par le probable successeur d’Obama. Le sentiment d’impunité de Pékin, qui fait fi des prises de position américaines, conduit désormais les principaux pays intéressés, à changer d’attitude à l’égard de la Chine.Dans le bras de fer asiatique entre Washington et Pékin, la Chine a priorisé les relations économiques, pendant que l’Amérique se basait sur sa puissance militaire.

On dit que c’est l’estomac qui fait marcher le soldat, aussi se retourne-t-il vers celui qui va le lui remplir.Lorsque l’on sait que les alliés asiatiques de Washington commercent plus avec la Chine qu’avec les Etats-Unis, on réalise que le choix de Pékin est plus efficace.

La création en 2013 par la Chine de l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) est une réponse à l’hégémonie de la Banque Mondiale, contrôlée par Washington. Basée à Shangaï,  l’AIIB est en train de s’imposer dans la région et au delà. Les rumeurs annoncent l’arrivée de la Grande Bretagne en tant que membre fondateur. D’autres grands pays sont susceptibles de suivre l’exemple britannique. Le développement  de la Banque asiatique va remettre en question la suprématie du Dollar. Pékin ne cache pas son ambition à voir sa monnaie nationale, le Yuan, rivaliser avec la monnaie américaine.

Le Japon, la Corée du Sud, et l’Australie, initialement réticents, envisagent, aujourd’hui, de se rapprocher de la Banque asiatique, l’AIIB.Autre problème pour Washington, le refus de la Chambre des représentants de ratifier le gigantesque partenariat transpacifique (TPP). Les grands partenaires commerciaux et politiques des Etats-Unis en Asie, ne cachent plus leur déception.

 Les Américains devront renoncer aux leçons de morale, pour se concentrer sur les seules choses qui ont toujours compté en diplomatie, les rapports de force, les intérêts et les résultats.

La partie est loin d’être gagnée au Pacifiqu

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21 octobre 2016

Washington n'arrive pas à mobiliser l'Europe contre la Russie.

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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La mobilisation générale, décrétée par Washington contre la Russie, fait choux-blanc. L’Union européenne n’envisage pas de recourir à de nouvelles sanctions économiques contre Moscou.

C’est une bonne nouvelle, dans cette guerre froide artificielle, installée par les américains. Frederica Mogherini, chef de la diplomatie de l’UE, déclarait peu avant la réunion des ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l’Union européenne : le groupe n’envisage pas de nouvelles sanctions contre la Russie. Ceci était en quelque sorte, une réponse à John Kerry, le secrétaire d’Etat américain qui déclarait, vingt quatre heures auparavant, à Londres : des mesures supplémentaires étaient envisagées contre Damas et ceux qui le soutiennent.

Si Washington continu à brandir la menace de nouvelles sanctions, elle se garde bien de rompre le dialogue avec Moscou, Poutine étant devenu incontournable dans plusieurs dossiers, la Syrie et l’Ukraine, entre autres.

L’Union européenne est loin d’avoir une position unanime à l’égard de la Russie. L’Italie de Matteo Renzi, touchée dans ses échanges commerciaux, la Hongrie de Victor Orban, dépendante de la technologie nucléaire russe, la Slovaquie de Robert Fico qui importe la quasi totalité de son gaz et de son pétrole, la Grèce et Chypre, alliées historiques et cousines en orthodoxie, tous ces Etats déclarent ouvertement qu’ils ne veulent pas s ‘aligner sur l’Amérique, dans cette prétendue nouvelle guerre froide. La question des sanctions divise l’Allemagne et la chancelière, Angela Merkel est sous pression. Certains considèrent que des sanctions envers la Russie, conduisent à « se tirer une balle dans le pied. ». Le chancelier autrichien, Werner Faymann va plus loin. Il souhaite la création d’un espace commun comprenant la Russie, l’Ukraine et l’Europe. Il défend même, une Europe qui irai de Brest à Vladivostok, et d’ajouter, comme le prédisait le général De Gaulle.

L’erreur des Etats-Unis, suivis par l’Europe, a été de traiter la Russie en pays vaincu, lors de l’implosion de l’URSS. Ce grand pays, le plus vaste du monde, était revenu dans le système économique occidental, sans état d’âme. Comme le retour de l’enfant prodige, il fallait l’accueillir les bras ouverts, l’arrimant ainsi dans le concert des Etats démocratiques. Devant cette situation, Poutine n’a eu de cesse de redonner à la Russie son rang de grande puissance, et acter son retour dans la diplomatie, en démontrant sa capacité de gestion globale du monde. Au Moyen-Orient, qu’on l’approuve ou non, il est l’un des seuls pays à avoir une stratégie. Poutine a exploité la vacance du pouvoir américain dû à son basculement géopolitique vers le Pacifique.

Les Américains, en bons protestants, ramènent toujours leurs affrontements à une lutte entre le Bien et le Mal, bien entendu, le Mal, étant l’autre. Ceci explique la facilité avec laquelle ils basculent rapidement vers une guerre froide, et ne comprennent pas que « les autres » ne les suivent pas.

Oui, Poutine a repris la Crimée, que Nikita Khrouchtchev avait offert à l’Ukraine en 1954, dans le cadre d’une réorganisation administrative. Laissons Mikhaïl Gorbatchev conclure sur ce sujet : « Si, à l’époque, la Crimée a été unie à l’Ukraine selon des lois soviétiques, sans demander son avis au peuple, aujourd’hui ce peuple a décidé de corriger cette erreur, » déclaration faite le 17 mars, après le plébiscite par la population d’un rattachement à la Russie.

La Russie juge qu’il y a deux poids, deux mesures, dans les relations internationales, analyse que partage la Chine. L’Afghanistan en 2001, l’Irak en 2005, la Libye en 2011, seraient l’œuvre altruiste de puissances visionnaires. Les bombardements massifs au Vietnam, le martyr du Laos, qui a reçu plus de 100 millions de bombes en cinq ans, ne sont que des péripéties de guerres « justes et nécessaires ».

 

Le 20 et 21 octobre se tient une réunion du Conseil de l’Europe avec, au menu, un débat d’orientation sur les relations avec la Russie.

La politique européenne de sanctions anti-Moscou doit être revue, car complétement contre-productive. On n’infléchit pas la politique d’une grande Nation, résiliente et orgueilleuse, comme la Russie, par des embargos. Avec des Républiques bananières, peut-être, pas avec l’une des grandes puissances nucléaires du monde.

Involontairement ou par méconnaissance de la mentalité russe, l’OTAN alimente le sentiment d’assiégé que les russes ont, du déploiement des forces de l’OTAN à leurs frontières. La Russie poursuit des buts défensifs, parce qu’elle s’estime menacée. Quel stupide engrenage !

C’est un fait, la Russie n’est pas exempt de reproches ou de critiques, Poutine n’est pas un démocrate, mais il est le dirigeant le plus libéral de toute l’histoire de la Russie. Le realpolitik oblige de se cantonner aux faits, et non de spéculer sur les visées des uns et des autres. La meilleure façon d’y remédier est le dialogue.

Il faut ramener la Russie dans la famille européenne. Ceci ne pourra pas se faire par des sanctions, dommageables pour les économies des uns et des autres, mais par le dialogue avec Poutine.

La France est le pays d’Europe dont la Russie se sent le plus proche. Elle devra être l’intermédiaire naturel de la réconciliation entre la Russie et l’Union européenne. À l’opposé des Américains, les Européens devront négocier sans menaces ni ultimatum.

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14 octobre 2016

Autopsie d'une élection

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Le Maroc a voté et désigné ses représentants au Parlement. Le parti islamiste, modéré aux dires de son secrétaire général, a gagné les élections, en étant le premier des partis minoritaires du pays.

Le parlement va-t-il être la représentation de toutes les composantes du Pays ? La future coalition gouvernementale, va-t-elle construire la Société dans laquelle les 34 millions de marocains, vont se retrouver et s’épanouir ?

Un peu d’arithmétique électorale s’impose.

La population totale au Maroc s’élève à 34 millions d’âmes.

La population au-dessus de 18 ans, est estimée à 20 millions, les inscrits sur les listes électorales sont 12 millions.

Le taux de participation au scrutin de vendredi dernier, ce 7 septembre, s’élève à 45%, soit 5,4 millions de marocains qui se sont exprimé. Le parti arrivé en tête a réuni sur son nom, 23% des suffrages, soit 1,2 millions de voix.

C’est la démocratie, mais on est en droit de se poser quelques questions. Peut-on considérer le Maroc un fief des Islamistes ? À l’évidence, non, car un peu moins de 5% de la population, ne fait pas une majorité triomphante, pas plus que 10% des inscrits sur les listes électorales.

Les vainqueurs de cette consultation sont les abstentionnistes. Ils sont monarchistes, font confiance à leur Roi pour veiller aux intérêts du peuple marocains. Si on ne prend pas en compte cette évidence, on ne comprendra jamais la véritable situation politique du Maroc. Le peuple n’est pas politisé, car il ne fait pas confiance aux partis politiques, pas plus qu’à ses dirigeants.

La tâche de Sa Majesté n’est pas aisée. Il doit respecter le rite démocratique, mais veiller également aux lignes rouges que le peuple a établie et qu’il connaît parfaitement, car elles sont les siennes.

Le vrai parti, à la majorité écrasante, est la masse silencieuse, qui s’élèvera comme un seul homme, à la moindre indication 

de son souverain. Les partis politiques le savent, PJD en tête. Il faut éviter que cette élection, ne se transforme en coup d’Etat démocratique, en laissant le PJD placer ses hommes dans les postes clés de l’administration. C’est aux citoyens, à la société civile, de veiller à toute hégémonie, d’où qu’elle vienne.

La tâche aurait été plus facile, si les marocains avaient pris la peine de s’exprimer en votant.

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07 octobre 2016

La Mondialisation a du plomb dans l'aile

Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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Lorsque l’économie mondiale se porte bien, la mondialisation devient une certitude de notre modernité.

Mais voilà, les statistiques de l’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce, nous disent que le commerce international n’aura progressé en volume que de 1,8 % cette année, rien de comparable avec les années 1990 à 2007, où il avait augmenté de 6 % en moyenne, chaque année. Cette année, l’augmentation sera inférieure au PIB mondial, estimé entre 2,2 et 3 % pour 2016.

Les quatre libertés de circulation qui définissent la mondialisation, à savoir : celles des marchandises, des services, des capitaux et des hommes, sont aujourd’hui battues en brèche. Les tentations protectionnistes se multiplient. Depuis sa création, l’OMC a observé un triplement des procédures antidumping, des clauses de sauvegarde et des barrières temporaires. Mêmes les grandes puissances économiques, comme les Etats-Unis et la Chine, n’échappent pas au désir de plus d’autonomie nationale. On peut constater ce désir de repli dans la campagne électorale présidentielle américaine.

La mondialisation montre ses limites, dès lors que les économies nationales sont en difficulté. On n’est pas encore au « sauve-qui-peut » mais surement dans l’égoïsme des uns et des autres.

Aujourd’hui, la coopération internationale tourne à vide, et l’impératif de stabilité prôné par le G20, semble être un leurre, lorsque l’on constate l’effondrement des prix du pétrole et des matières premières. Le FMI estime que cette situation a conduit à un recul de 10,5 % en valeur des échanges mondiaux.  Depuis 2013, cette chute des prix aura ruiné des dizaines d’Etats et appauvri des centaines de millions de leurs populations. La Chine ne cache pas son objectif de dépendre de moins en moins de l’Export, et de privilégier son marché intérieur.

La faiblesse de l’activité économique, en particulier de l’investissement, explique le net ralentissement des échanges commerciaux, depuis 2012. Paradoxe, car les échanges commerciaux devraient être le moteur de l’expansion. On s’éloigne de plus en plus de la « mondialisation heureuse ».

Le rejet de la globalisation, n’est pas une maladie propre à tel ou tel pays. Elle s’exprime sur un fond de crise économique, de chômage et de baisse de pouvoir d’achat. Elle se greffe sur le pessimisme des populations, et l’angoisse engendrée par la globalisation. On voit émerger des forces politiques souverainistes, qu’au fil des élections, on ne peut plus ignorer.

Le corolaire de la Mondialisation, a été l’exacerbation des sentiments nationalistes, le développement des extrêmes, à droite comme à gauche, un retour aux racines et le retour de la xénophobie et du racisme, au grand jour. Ces phénomènes, on a pu les constater en Europe, mais aussi en Amérique, la marraine de la Mondialisation.

Les opinions publiques admettent, de moins en moins, que les Etats abandonnent leurs souveraineté et toutes leurs compétences au profit d’organismes supranationaux, non élus, et non démocratiquement contrôlés. La multiplication des accords contraignants, négociés dans le plus grand secret, exige, aujourd’hui, la plus grande transparence, si on ne veut pas que la Mondialisation devienne un accident de l’Histoire.

Sans verser dans la paranoïa, il est permis de s’interroger sur l’influence exercée, sur les négociations discrètes, qui sont conduites par des clubs de réflexions, encore plus secrets, tels que la « Commission Trilatérale », le groupe de « Bildeberg », le « World Economic Forum » ou encore le « CFR » (Concil on Foreign Relations).

Les entreprises multinationales, qui ont un chiffre d’affaires supérieur au PIB de certains pays européens, avec la Finance internationale, sont des piliers de la mondialisation. Elles en sont les premières bénéficiaires et peuvent être porteuses d’immenses progrès sur le plan humain. Mais ces forces peuvent, à contrario, fragiliser les économies nationales et nos sociétés. Il est vrai que la communauté internationale n’est pas encore parvenue à mettre en place une coopération concrète, d’une ampleur suffisante, pour que toutes les nations puissent recueillir les fruits de cette évolution.

Si on veut que la Mondialisation ne reste pas un vœu pieux, ou simplement ne profite qu’à certains pays développés, les pays de l’OCDE doivent s’engager à faire évoluer leurs politiques internes et à ouvrir leurs marchés. Faute de quoi, l’objectif de faire en sorte que la Mondialisation soit bénéfique pour tous, risque de ne pas être atteint.

 

 

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30 septembre 2016

L'Amérique est-elle toujours capitaliste ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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Time is money ! Le temps, c’est de l’argent ! Le dollar est le support de la loi américaine et l’utiliser vous rend un justiciable des cours américaines.  C’est dire que le système capitaliste s’est exprimé dans toute sa puissance, dans son territoire, prétendument d’origine : les Etats-Unis d’Amérique.

Mais, voilà que la campagne présidentielle en cours, introduit le doute et fait vaciller nos certitudes. Les Démocrates plébiscitent l’homme de l’ultragauche du parti démocrate, Bernie Sanders, et obligent Hillary Clinton à gauchir son discours, pour pouvoir emporter les primaires de son parti. Nous découvrons un Donald Trump, milliardaire et homme d’affaire retors, se porter le défenseur des démunis et du pauvre petit blanc que la finance internationale étrangle. Même Wall-Street, le temple du capitalisme américain, n’est plus en odeur de sainteté, et la candidate démocrate se trouve reprocher ses liens avec ce temple de la finance.

On pourrait en conclure que ce n’est que des péripéties d’une campagne électorale, féroce et destructrice. Mais voilà, Microsoft, le géant américain de l’informatique, une des plus grandes entreprises américaines, nous alerte en annonçant  qu’elle allait consacrer 40 milliards de dollars à racheter ses propres actions. La logique capitaliste aurait voulu que la direction affecte ces sommes dans la recherche de projets d’avenir et non au rendement des actionnaires. Cette distribution de dollars est en fait un signe inquiétant et un message à tous ceux, dans le groupe, qui cherchent et innovent. Certains analystes vont plus loin, en considérant que cette action voudrait laisser croire que l’argent ne valant rien, il vaut mieux s’en débarrasser.

Apple, la plus grosse entreprise mondiale, en terme de valorisation, a décidé, un peu avant Microsoft, de rendre également une somme colossale à ses actionnaires.

Au total, 92% des entreprises américaines qui ont pu rapatrier des capitaux, placés dans des paradis fiscaux, grâce à une disposition ad hoc, adoptée à l’initiative de George Bush, ont décidé de distribuer cet argent aux actionnaires plutôt que de l’investir dans l’avenir.

Au moment où la croissance mondiale retrouve des couleurs, il est préoccupant de voir tel constructeur d’automobile, éditeur de logiciels, fabricant d’ordinateurs, afficher une attitude frileuse, voir malthusienne, en décidant de rendre aux actionnaires une partie de l’argent que ceux-ci leur ont confié pour le faire fructifier.

Où est passé l’esprit d’entreprise ? Où est passé le Capital triomphant ? La gestion financière va-t-elle détruire le capitalisme en asséchant les finances des entreprises, par le souci de leur valorisation en bourse ?

Le crédo du capitalisme est l’entreprenariat. Si les entrepreneurs ne veulent plus entreprendre et rendent l’argent aux actionnaires, c’est la fin programmée du capitalisme tel qu’on l’a connu jusqu’à présent.

L’Amérique est-elle en train d’accoucher d’un capitalisme social, où les intérêts de ceux qui concourent au développement et au succès de l’Entreprise, sont sauvegardés ?

Au moment où l’Europe tourne le dos aux utopies du socialisme, l’Amérique est en train de découvrir la lutte des classes et l'Etat providence

Posté par gabrielbanon à 13:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]