Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

05 août 2016

Erdogan, le compte à rebours a-t-il commencé ?

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi. C'est la dernière de la saison. Je reprendrai cette publication à la rentrée, la première semaine de septembre. Pour ceux qui partent, je leur souhaite de bonnes vacances.

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C’est un cadeau de Dieu, s’est exclamé le Président turc, Recep Tayyip Erdogan, pour évoquer le coup d’Etat manqué et surtout si mal préparé. Aussitôt, la machine répressive s’est mise en route, les purges succédant aux purges. Si Erdogan veut mettre au pas l’Etat turc, il veut surtout asseoir son autorité absolue. Il n’a jamais abandonné le rêve de faire de la Turquie un Etat islamique avec un Président (Erdogan) à vie, nanti de tous les pouvoirs.

Semaines après semaines, s’allonge la liste des exclus, des démis, des emprisonnés. Aucun secteur n’est épargné, à croire que ce coup d’Etat avait des ramifications dans tous les rouages de l’Etat et de la société civile. 45 journaux, 16 chaînes de télévision, 23 stations de radio, 15 magazines, 29 maisons d’édition, 3 agence de presse, 8832 soldats placés en garde à vue, 3718 placés en détention, 149 généraux et hauts gradés démis, 87 de l’armée de terre, 30 de l’armée de l’air et 32 de la marine, 1099 officiers, plus de 66000 fonctionnaires limogés, remplacés sans doute par des partisans du président, voilà l’ampleur de la purge, à ce jour. Elle s’est étendue, ces derniers jours, au domaine de la santé et à celui des affaires. Trois industriels de premier plan ont été mis en garde à vue. Le nombre des exclus doit être multiplié par 5 ou 6, si on prend en considération les familles touchées.

Il veut éradiquer l’influence de Fethullah Gülen, aujourd’hui, son ennemi mortel. Le même, qui alors son allié, dans sa marche au pouvoir, appelait : « les morts à sortir de leur tombe pour voter oui ».

Isolé sur le plan international, il hausse le ton contre l’Occident, s’en prend à l’Union européenne et traite les Etats-Unis de mauvais allié. Sa réconciliation avec Poutine et Israël, ne doit pas le leurrer. Poutine n’oubli jamais un affront, mais utilise pour le moment la Turquie, dans son poker menteur avec Washington. Faut-il rappeler à Erdogan, qu’Israël est maintenant allié avec les Etats arabes du Golf, en particulier l’Arabie saoudite, qui lui conteste le leadership au Moyen-Orient.

L’économie turque va moins bien, car la partie facile du rattrapage a été faite, comme en Chine. Les attentats, les violences policières et aujourd’hui, les purges, font fuir les investisseurs et les touristes.

C’est à un véritable changement de régime en Turquie, auquel on assiste.

L’Etat de droit est en train de s’effacer par l’absolutisme présidentiel d’Erdogan et par un système judiciaire sinistré. Ne va subsister que la raison du plus fort. L’opposition intérieure au régime ne va plus avoir d’autre choix que de se radicaliser, n’ayant plus rien à perdre.

En fait, Erdogan a réuni, ainsi, tous les ingrédients d’une explosion populaire, voir une révolution. Si le coup d’Etat devient impossible, si l’opposition est muselée, alors , il ne lui reste plus que la violence et l’assassinat. C’est ce qui risque d’arriver à Erdogan, tôt ou tard.

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29 juillet 2016

La Fin de DAECH, sera-t-elle la fin du Terrorisme ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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Il y a plus de dix ans de cela, un dignitaire religieux iranien m’expliquait : l’Europe est en décadence, vous ne respectez plus ni mère ni père, pas plus que l’enseignant. Vous acceptez des mœurs condamnées par toutes les religions. Vous parlez de mariage entre personnes de même sexe, comme une chose inévitable. Nous islamiserons toute l’Europe !

Depuis, le mariage pour tous a été instauré, les enfants peuvent avoir deux mamans ou deux pères. Et certaines théories veulent donner aux enfants le choix du sexe. N’est-ce pas là un terrain propice à toute radicalisation ?

La guerre menée par les penseurs socialistes contre la famille, a contribué à détruire, petit à petit, la cellule principale de notre société, et enlevé toute autorité aux parents. Les enfants sont invités à porter plainte contre leurs parents, s’ils considèrent qu’il y a un abus du pouvoir parental. C’était, encore il n’y a pas longtemps, inimaginable.

C’est dans cette société, considérée par certains, en décadence, que s’exprime aujourd’hui le terrorisme.

L’assassinat d’un prêtre catholique, pendant qu’il célébrait la messe, atteint un degré d’horreur et de barbarie, à nul autre pareil. On s’est refusé, depuis des années, de s’interroger sur les racines et la réalité du mal islamiste.

Ce n’est pas la première fois que l’on assassine des prêtres ou des religieux chrétiens. La Turquie, l’Algérie ou encore le Moyen-Orient en guerre, ont eu à déplorer de tels massacres. Ils sont considérés par certains, comme des actes de conquête religieuse. Battre DAECH, l’éradiquer, éradiquera-t-on le terrorisme islamique ?

Cette situation vient de bien loin, d’un sentiment de revanche à prendre sur l’occident. Cet Occident, colonialiste à ses heures, qui a voulu apporter la démocratie représentative et l’économie de marché, à des peuples de sauvages, comme l’exprimait à l’Assemblée Nationale française, le ministre Jules Ferry. L’exploitation des richesses naturelles, accompagnée d’une humiliation constante de l’indigène, a laissé des traces indélébiles, dans l’inconscient des peuples colonisés.

On ne le dira jamais assez, l’Islam, radicale ou modéré, est en phase de reconquête. Arrêter l’expansion de l’Islam radical, n’est pas pour demain. Pour ceux là, l’heure est venue, après plusieurs siècles d’expansion européenne, de la revanche et de l’islamisation. On vit, aujourd’hui, que l’on veuille ou non, un choc de culture, accompagné d’une violence inouïe. Aucun pays n’est à l’abri de cette déferlante de haine et de violence.

Le noyau originel de « l’Etat islamique » a été créé, en Irak en octobre 2006, cinq mois après la liquidation du chef djihadiste, al-Zarqaoui. Il renait de ses cendres en 2014. Cet Etat religieux et califal, se donne pour mission de reprendre le djihad (expansion territoriale et conversion à l’Islam) contre les incroyants, infidèles et apostats. Le rêve de DAECH, est de voir s’installer, dans ces pays de mécréants, la guerre civile. La haine appelle la haine, et il faut une détermination exceptionnelle, pour y faire barrage. La civilisation occidentale a produit, en son temps, des monstres, comme le nazisme ou le totalitarisme. La civilisation arabe a enfanté son monstre : l’islamisme radical. Le monde musulman est en proie à des guerres idéologiques, Sunnites contre Chiites, depuis les années 80, et une guerre de leadership entre l’Arabie saoudite et l’Iran, depuis le retournement géopolitique des Etats-Unis, au Moyen-Orient ?

Les musulmans du monde arabe, ont compris que le monde chrétien est en phase de repli. Les islamistes, et leur cohorte de djihadistes, considèrent que le moment de la reconquête est arrivé, avec un fort goût de revanche.

On ne peut que constater que la prise de conscience, par les Européens, de la réalité, coexiste avec la volonté de ne pas savoir.

L’islamisation de l’Europe, est-elle en marche ?

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23 juillet 2016

La Citadelle Erdogan se lézarde

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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À la suite du coup d’État manqué contre Erdogan, la Turquie est à nouveau l’homme malade de la région. A cheval sur deux continents, l’Europe et l’Asie, au milieu d’axes stratégiques, Russie – Méditerranée et Balkans – Moyen-Orient, la Turquie est aujourd’hui sur le tracé d’oléoducs et de gazoducs d’une importance majeure non seulement pour la région, mais pour toute l’Europe. 

 Depuis 1923, date à laquelle, par la volonté Mustafa Kemal (Atatürk), la Turquie est devenue une république démocratique, unitaire, constitutionnelle et laïque, elle n’a eut de cesse de se rapprocher de l’Occident. Membre de l’Otan, l’OCDE, l’OSCE, le Conseil de l’Europe et le G20, elle a déposé sa candidature à faire partie de l’Union européenne dès 1963 avec qui elle a conclu un accord d’union douanière en vigueur depuis 1996. 

 Il suffit de voir la carte pour se rendre compte des problèmes posés. La Mer Noire avec la Russie comme nation riveraine et le passage obligé de sa flotte par le Bosphore, la Géorgie, l’Arménie, l’Iran, l’Irak et plus au sud, la Syrie, ne sont pas des voisins de tout repos. La Bulgarie et la Grèce sont le point de passage obligé pour l’Europe. 

Pendant longtemps, sûr allié des Etats-Unis, son mouvement d’indépendance, en interdisant aux troupes américaines d’utiliser son territoire pour ouvrir un front Nord en Irak, a créé un environnement suffisant pour amorcer une détente avec la Russie. Cette dernière, au début de l’après-guerre froide, considérait la Turquie 

comme un pays proche des Etats-Unis et un rival stratégique dans l’Eurasie post-soviétique. 

Pragmatiques, les Russes inaugurent, alors, une nouvelle relation bilatérale dont le moteur principal sera le développement du commerce et l’intérêt hautement géopolitique pour les oléoducs et gazoducs existants, et à venir, qui traversent ou traverseront la Turquie. 

Acrobatie encore à concilier cette nouvelle donne avec la Russie et l’alliance Atlantique. 

Cette quadrature du cercle, maitrisée jusqu’à présent par le Premier ministre Erdogan, aurait pu donner à la Turquie un rôle clé, d’une part dans l’établissement de la paix au Moyen-Orient et d’autre part à l’élaboration d’un compromis acceptable pour le problème posé par le nucléaire iranien. Mais la dérive dictatoriale du président Erdogan, l’a éclairé d’un jour nouveau. 

Salué, à ses débuts, par l’Union européenne pour son islamisme modéré, symbole de la réussite d’un parti islamique au pouvoir, Erdogan c’est employé ces cinq dernières années à démontrer l’erreur d’analyse du monde occidental. 

Année après année, il a accentué le dirigisme dictatorial de ses politiques. Année après année, il n’a plus supporter que l’on puisse s’opposer à lui. Opposants en prison, journalistes muselés, magistrature et police, épurées de tout opposant. 

Même son allié des premiers jours, le chef spirituel Fethulah Gülen, est devenu persona gratta. Ses fidèles, les Gülennistes, sont pourchassés dans tout le pays. Cette rupture, par les révélations des Gülennistes, met au grand jour les malversations du clan Erdogan et la corruption endémique qui règnent dans le système d’AKP, le parti du Président. 

Déjà, le tremblement de terre de l’année 1999 avait montré l’étendue de la corruption dans le pays. 

Les grandes victoires électorales des débuts du règne d’Erdogan ont, au fil des ans, révélés le dictateur qui somnolé en lui. 

Sa politique ambigu lors de la bataille de Kobané, ses refus de survol à l’aviation américaine ainsi que le refus d’utilisation des bases turcs, révèlent un tout autre Erdogan. Dès 2012, une fois l’élite militaire en prison, exit le défenseur de la laïcité. Erdogan fait d’avantage référence à l’Islam, rappelant ses discours des années 1990. 

En novembre 2014, Erdogan, le Coran à l’appui, affirme que les femmes ne pouvaient être considérées les égales des hommes et déclare que selon l’Islam le rôle des femmes dans la société est de faire des enfants. 

 

Depuis 2013, Erdogan fait face à un mouvement protestataire qui n’a pas faibli et s’est exprimé dans les urnes, lors des dernières élections. Il y a quelques mois, Amnesty Internationale a dénoncé le « harcèlement judiciaire et policier » du gouvernement Erdogan, mettant l’accent sur la partialité de la justice, la violation de la liberté de rassemblement et les violences policières. 

Après avoir abattu un avion russe, renoncé à son rapprochement avec l’Iran, trouvant l’Arabie saoudite et les pays du Golfe, sur le chemin de son ambition de leadership du monde arabe sunnite, obligé de revoir son attitude vis-à-vis de DAECH,il se doit de briser son isolement dans lequel il s’est retrouvé. Erdogan se voit obligé de modifier sa politique à l’extérieur et durcir son action à l’intérieur, vers une présidence absolue et une république islamiste. Il présente ses excuses à Moscou, et rétabli ses relations diplomatiques avec Israël. 

 Peut après, c’est le coup d’État. Dans ce putsch avorté, deux choses frappent : l’amateurisme des unités putschistes et le professionnalisme de la communication d’Erdogan. A aucun moment, le président turc n’a semble pris au dépourvu. Les esprits chagrins se poseront la question, à qui profite le crime ? 

À ce jour, les motivations réelles des putschistes et l’identité de son instigateur restent encore floues. Une chose est sur, le président Erdogan, en ressort politiquement renforcé, pour le moment. 

 Il s’adonne à une violente purge, aucun secteur n’est épargné : armée, justice, enseignement, police, fonctionnaires, médias. Ont été arrêtés ou suspendus, 7543 militaires et magistrats, 15200 fonctionnaires, 4500 policiers, 614 gendarmes, 3000 juges, 1500 recteurs et doyens d’université, et le « grand ménage » d’Erdogan n’est pas fini. 

Des mandats d’arrêt ont notamment été émis contre 140 membres de la cour de cassation, 48 du Conseil d’Etat, et deux des 17 juges de la Cour constitutionnelle. 

Le président Erdogan a annoncé l’état d’urgence pour trois mois, prélude à son projet d’hyperprésidence, en rupture avec les fondements de la République d’Atatürk. 

Il agite le rétablissement de la peine de mort, et s’enfonce de plus en plus dans une fuite en avant. Si un turc sur deux a voté pour lui, un turc sur deux ne veut pas de lui. Alors, cette purge va aller jusqu’où ? 

Les purges soulagent souvent le malade, mais parfois le tuent.

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15 juillet 2016

L'OTAN, pacte de défense, ou machine de guerre ?

Nous sommes vendredi, le jour de ma chronique politique hebdomadaire.

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L’OTAN, organisation du traité de l’Atlantique Nord, est une entente politico-militaire qui regroupe un certain nombre de pays occidentaux. Son but, assurer une défense commune contre les menaces extérieures et assurer la stabilité du continent européen.

Elle a été mise en place, dans le cadre de la guerre froide, entre les deux blocs, EST/OUEST. Cette organisation a effectivement, des structures multi-nations, une assemblée parlementaire, présidée par des Européens, un parlement, ignoré totalement par l’opinion publique européenne, et une  structure militaire, essentiellement américaine, sous commandement suprême américain. Si administrativement elle est une organisation quelque peu européenne, elle est militairement, assurément, une machine de guerre américaine.

 Charles De Gaulle, le Président français, à l’époque, en avait tiré les conclusions logiques, en décidant le retrait de la France de l’organisation, le 6 juin 1966. Il avait en outre, exigé de Washington qu’elle démonte ses bases militaires existantes sur le sol français.

C’est Nicolas Sarkozy qui décidera du retour de la France dans l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Annoncé par le président français le 11 mars 2009, il deviendra effectif le 13 mars de la même année.

Depuis, l’organisation a bien changée. Elle ne se borne plus à  défendre les Etats membres européens, mais, elle élargie sa zone d’intervention géographique, au grès de la stratégie élaboré par les hommes du Pentagone. La Libye, le Kosovo par exemple, illustrent ce détournement des objectifs du traité.

L’Alliance atlantique s’est réunie vendredi 8 et samedi 9 de juillet dernier, à Varsovie. Ce sommet a été dominé par le problème des relations avec la Russie et ceux posés par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Il est incontestable que c’est un revers pour Washington, qui perd son « cheval de Troie » à l’intérieur de l’Union européenne. Il lui faut, maintenant, trouver un autre partenaire, capable de promouvoir ses intérêts économiques et géopolitiques. Pas facile, l’Allemagne n’est pas aussi fiable que n’a été le Royaume-Uni, elle est riche, mais timorée au plan stratégique, aux dires de certains diplomates américains à Bruxelles. La France est imprévisible et inclassable. De nouveaux équilibres devront s’établir. C’est également un problème pour l’Otan, car l’Union perd un des deux partenaires militairement crédible et de surcroit, puissance nucléaire. En fait l’équilibre militaire européen est mis à rude épreuve par le Brexit.

 Pour la Russie, il suffit de lire les titres des journaux, pour constater que la diabolisation de la Russie par les Etats-Unis, en cela relayée puissamment par le commandement suprême de l’OTAN, est en cours : «  La Russie dans le viseur du Sommet de l’OTAN », « l’Otan fait front commun contre la Russie », «Un sommet de l’Otan à Varsovie, le regard tourné vers Moscou ».  Cette entreprise de diabolisation ne prend pas chez tous les membres du Traité. La France est réticente à suivre dans cette voie Washington, et Merkel prône le dialogue, poussée par le SPD, le Parti social-démocrate. La Pologne, avec les pays Baltes, par contre, jettent de l’huile sur le feu. Mauvais souvenir de cette Pologne, à l’origine de la deuxième guerre mondiale.

À voir le déploiement décidé par le Sommet, on peut raisonnablement penser qu’on est au bord de l’irrémédiable. Le Sommet de l’OTAN a décidé : la mise en place d’un bouclier antimissiles en Roumanie, le déploiement de 1000 soldats américains pour renforcer le flanc oriental face à la Russie, l’envoie de 4 bataillons multinationaux en Pologne et dans les pays Baltes, ceci s’ajoutant aux avions US stationnés dans l’Est et quelques tanks déployés récemment.

Les Américains, poussent-ils l’OTAN à l’incident, veulent-ils réellement un affrontement avec la Russie ?

Non,  ils savent que Poutine ne se contentera pas d’une guerre conventionnelle et qu’il ira directement à l’affrontement nucléaire. Il l’a dit et redit. Non, la manœuvre, outre celles de mettre aux pieds de l’Amérique, la Pologne et les anciennes républiques soviétiques, est une sordide histoire de sous. Obama l’a dit, lors de ce Sommet : » les Européens doivent contribuer plus largement aux besoins de l’OTAN.

Pendant ce temps, des hauts responsables américains, civiles et militaires, font des déclarations destinées à Moscou : « la Russie n’est pas un ennemi, tout peut être résolu par le dialogue ». 

Ce à quoi répond Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe : « l’Otan s’étend toujours plus près de la frontière russe, ce déploiement est la source de tous les problèmes systémiques qui ont surgi dans les relations que la Russie entretient avec les Etats-Unis et l’Union européenne ».

À Bon Entendeur……

 

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08 juillet 2016

Russie : Le défi économique

Chronique politique et économique de ce vendredi

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  La Russie a eu à faire face à la crise, qui a frappé toutes les économies occidentales, sans exception. À cette crise, s’est ajouté la chute des prix du pétrole et du gaz, qui a impacté les pays producteurs, plus ou moins sévèrement, suivant le degré de diversification de leur économie. Pour un pays, dont les revenus pétroliers, représentent plus de la moitié du budget de l’Etat, le choc pétrolier a été dur, et a amputé la richesse nationale de près de 5,5%. Mais, la résilience de l’économie russe, permet au ministre du Développement économique, Alexeï Oulioukaïev de déclarer : « Le contre-choc pétrolier entamé à l’été 2014, qui a entrainé le cours du baril à moins de 30 dollars, et provoqué une dégringolade du rouble, a finalement eu des conséquences très peu significatives. »

Aujourd’hui, l’inflation est officiellement évaluée à 7,3%, et le chômage stabilisé à 6,5%.

Les mesures d’assainissement du secteur bancaire, vont commencer à porter leurs fruits, dans les mois à venir. C’est plus de 137 établissements financiers, qui se sont vu retirer leur licence par la Banque Centrale. Et la purge n’est pas finie.

« La croissance ne reviendra pas d’elle-même » a déclaré le Président Poutine. Il a appelé à des réformes de structures.

Le gouvernement a pris conscience que la Russie est entrée dans une nouvelle normalité, caractérisée par un développement rapide des technologies, et une baisse de la demande de ressources naturelles. Il s’est résolument engagé dans la voie de la discipline budgétaire.

La relance ne va pas venir de la consommation, mais des investissements et de la mise à niveau de l’outil industriel. Le pays a une grande culture industrielle et des hommes formés, nécessaires au renouveau de la production industrielle.

Les commandes d’Etat repartent et des recettes sont attendues d’un programme de privatisations partielles, qui va concerné, particulièrement, le géant pétrolier Rosneft et le leader public des diamants, Alrosa.

Semble se dessiner une politique volontariste :  

développement des infrastructures,  soutien aux entreprises exportatrices non pétrolières, et aux investissements étrangers.

L’activité crédit reprend timidement, handicapé par le haut niveau des taux d’intérêts, amenant ipso-facto, une faible demande. Les sanctions occidentales qui pèsent sur les opérations de financement des grands groupes russes, ont amené, pour la première fois, la Banque Centrale, le 10 juin dernier, à abaisser de 0,5 point son taux directeur, le portant à 10,5%.

En octobre 2015, Vladimir Poutine considérait que le pic de la crise avait été franchi. Quelques mois plus tard, la Banque mondiale confirmait le fait, dans une formulation qui lui est propre : «  L’économie russe serait en train de tâter le fond ».

Tâter le fond, franchir le pic, les faits sont là : la résistance et la réactivité de l’économie russe a surpris plus d’un.

Les mesures adaptées à la situation présente, et l’augmentation des prix du pétrole, s’ils vont accélérer le retour à la normale, n’assureront pas une pérennité au développement. Le vrai défi auquel doit faire face le pays, est de fonder la croissance sur d’autres moteurs que les hydrocarbures. La hausse actuelle des prix du pétrole et du gaz, doit être mise à profit pour pousser la mise à niveau de l’outil industriel et la diversification des ressources de l’Etat.

Le succès européen du Forum de Saint-Pétersbourg, le Davos russe, préfigure une levée des sanctions, vraisemblablement progressive. La participation d’une substantielle brochette de dirigeants politiques européens, avec à leur tête  Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne, marque une volonté, des uns et des autres, à trouver une issue à l’impasse dans laquelle se trouvent les relations russo-européennes.

Vladimir Poutine est condamné à réussir, il a une lourde responsabilité, non seulement vis-à-vis de son peuple, mais également d’un grand nombre d’Européens. Ces derniers voient en lui, le défenseur d’une société traditionnelle, enracinée dans son Histoire et sa culture, qui tient à ses racines, quand les leaders occidentaux font de l’individu déraciné et décontextualisé, le centre d’une société,  où la notion de famille devient une injure. Les populations occidentales, déboussolées, sont paniquées devant la décadence du modèle européen.

Poutine déclare que « seule l’idée patriotique est capable d’unifier la nation russe », oui, à condition que cette nation bénéficie d’une économie saine et pérenne.

L’économie russe est prête et doit rebondir. Vladimir Poutine, n’a-t-il pas déclaré qu’il était prêt à réformer son pays. C’est là,  le défi économique qui se pose à lui.

Poutine et la Russie, seraient-ils une chance pour l’Europe ?

P

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01 juillet 2016

XXI me Le siècle de la Société civile

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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 L’étude du passé, nous enseigne que chaque siècle est maqué par des événements majeurs, qui vont impacté le siècle suivant. Chaque siècle marque l’Histoire, et chaque histoire marque son siècle.

 Le XVIII me siècle a été le siècle des Lumières et des grands visionnaires, écrivains et philosophes. Commencé sous Louis XIV, il se termine avec  l’arrivée de Napoléon Bonaparte. C’est également le siècle de la franmaçonnerie et la naissance des États-Unis d’Amérique.

Dans le « Nouveau Monde », c’est la création de la confédération iroquoise, au tout début du siècle. En Chine, à la suite des invasions Mongols des XII me et XIII me siècle, va s’installer la dynastie Yuan, avec Kubilaï Khan, petit-fils de Gengis Khan.

Newton va être le père de la mécanique classique (appelée souvent newtonienne) avec sa théorie de la gravitation universelle, qui va impacter la science des XVIII me et XIX me siècles.

 Le XIX me siècle, est le siècle des Empires. En Europe, c’est sans conteste, le siècle de Napoléon.

Il se caractérise par :

-       l’industrialisation

-       la démocratisation

-       le nationalisme

C’est le début de la colonisation du continent africain. L’éclatement de l’Empire ottoman ne fera pas éclore des nouveaux penseurs, chercheurs ou plus largement des intellectuels ou meneurs d’hommes, dans le monde arabe. Par quatre fois, en un siècle, il perd la bataille de la modernité et du décollage économique :

-       Sous Méhémet Ali, le fondateur de l’Egypte moderne, à l’époque de l’essor de l’industrie manufacturière.

-       Au moment de l’indépendance des pays arabes

-       Lors des conflits interarabes subséquents à l’instrumentalisation de l’Islam, comme arme de combat contre le nationalisme.

-       Lors du boom pétrolier qui va créer des Etats-rentiers, dispendieux, au profit du plus petit nombre.

La fin de l’Empire Ottoman ne profitera qu’à deux Etats coloniaux : le France et le Royaume-Uni.

 Le XX me siècle fut le siècle des Etats-Nations et des guerres mondiales. Il débute avec la révolution russe, et se termine avec l’implosion de l’URSS, fruit de cette révolution. Pour l’Europe, un fait marquant, la chute du mur  de Berlin. L’Europe va vivre et se développer, sous l’erre acquise le siècle précèdent.

C’est également le siècle d’Einstein, Sa théorie de la relativité restreinte annonce l’arrivée de la mécanique quantique et de la cosmologie. Le monde, sans exception, le considère la personnalité du XX me siècle.

 Enfin, nous voilà au XXI me siècle, le siècle de tous les dangers, des bonds de la connaissance dans toutes les disciplines, et de nouvelles formes de guerres religieuses, avec le retour de la spiritualité. Les croisades menées par les Etats-Unis d’Amérique, ne se font pas au nom de Dieu, mais au nom d’une construction intellectuelle, la Démocratie. Cela va donner des guerres civiles et un terreau pour le terrorisme. L’Histoire retiendra que le XXI me siècle aura été le siècle des utopies, de la finance triomphante, et de l’explosion des nouvelles technologies. C’est le règne d’Internet qui repousse les limites de la sphère privée.

Mais où est l’Homme dans tout cela ?

Les défis sont énormes et exigent des Hommes d’Etat, hors du commun. Les partis politiques ne sont plus que des tremplins pour décrocher le pouvoir, et en attendant, des postes. Ils furent révolutionnaires, ils sont devenus des gestionnaires des avantages acquis. La notion de l’intérêt général se délite un peu partout. Les sociétés actuelles ne produisent plus les hommes politiques exceptionnels dont les pays ont besoins. Ils sont tous au Panthéon, des uns et des autres. Le salut, aujourd’hui, ne peut venir que de la Société civile. En fait, le vingt unième siècle va être son siècle. La génération montante, prometteuse, en forme le plus gros de ses troupes. C’est le corps social, par opposition au corps politique. C’est le haut parleur des hommes et des femmes que ni l’Etat, ni les politiques n’écoutent. C’est la conscience du peuple, c’est la logique populaire face au politiquement correct. Seule la société civile peut renverser les tabous, hurler les non-dits, réveiller les consciences et dévoiler l’inacceptable.

Les anciens appeler cela : le Vox populi, la véritable force d’une Nation.

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24 juin 2016

Le Royaume-Uni s'en va, l'Europe revient

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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De Gaulle avait toujours dit, que le Royaume-Uni n’avait pas sa place dans l’Union Européenne. L’Angleterre est une ile, et le restera toujours, avait-il ajouté.

Ce n’est pas l’Europe économique que le peuple britannique a rejetée. Il a dit Non à l’Europe politique. Il a dit Non à cette société que Bruxelles veut nous vendre, une société d’apatrides, sans racines, tournant le dos à la famille. Ils ont dit Non à la politique migratoire de Merkel et la porte entrouverte à la Turquie.

Londres a toujours été un frein à la construction de l’Europe. Un pied dedans, un pied dehors. Toutes les avancées symboliques de l’Union européenne, la monnaie unique, les accords de Schengen, n’ont pas eu l’heur de plaire aux Britanniques. On aura remarqué que la campagne du référendum, aussi bien chez les Oui, que chez les Non, a porté sur les questions économiques, les problèmes des migrants, l’emploi, et jamais sur l’esprit de l’Europe, sur le sens à donner au rêve européen. Cela a été une campagne de boutiquiers, et jamais, les uns comme les autres, n’ont élevé le débat, ces débats qui vous enflamment et vous font oser.

Le Brexit a prouvé que les peuples ne sont pas sensibles aux interventions étrangères. La visite d’Obama à Londres, et son discours prônant le Non, le discours de Hollande, annonçant l’apocalypse aux Anglais en cas de Brexit, ont été plutôt d’un effet négatif.

L’Ecosse et l’Irlande du Nord ont voté massivement pour le maintien. Ces deux entités risquent de prendre leur indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni, et rejoindre l’Union européenne. Un nouveau casse-tête pour Bruxelles.

Le Royaume-Uni s’en va, et avec, le cheval de Troie, si utile aux américains.

L’Europe, à l’agonie, va-t-elle profiter de l’électrochoc qu’est le Brexit.

Les gouvernants de l’Union européenne, vont-ils retirer les enseignements qui s’imposent, des arguments développés durant la campagne du référendum anglais. Il serait temps qu’ils mettent un Stop au désamour des peuples européens pour l’Union. Qu’ils luttent contre l’euroscepticisme en abandonnant les mesures dites rationnelles, qui ne font qu’amplifier le rejet.

Le Royaume-Uni s’en va, l’Europe revient, mais qu’elle Europe.

Des conséquences économiques, elles ne seront que momentanées. Très vite, on va mettre au point, avec Londres, un accord de libres échanges, qui contrebalancera, en tous points, les effets du Brexit.

Le problème est pour l’Allemagne, qui perd un compère dans son jeu de balance avec la France. Alors que la cohésion de l’Europe est menacée, Merkel, à la tête de la première puissance économique de l’Union, doit prendre des initiatives, avec un partenaire très fragilisé, François Hollande et une France dans la tourmente.

C’est une épreuve de plus pour l’Allemagne, qui se trouve face à ses responsabilités. Le poids économique et politique du pays, l’autorité d’Angéla Merkel, font d’elle, maintenant, le principal leader du continent.

Les nationalistes et les populistes auraient tort de se réjouir. Il n’y aura pas de phénomène domino, au contraire, on risque, avec le départ des Anglais, d’aller vers plus d’Europe, surement pas celle que nous avons eu jusqu’à présent. Il n’y aura pas de repli nationaliste, mais plutôt la relance du projet fédéral, dans le respect des identités et des spécifiées de chacun. Il faudra, néanmoins, être vigilant sur la montée, en Europe, de l’extrême droite.

Il serait temps que l’Europe reprenne sa sécurité en main en quittant l’OTAN. Bruxelles devrait regarder loin vers l’Est, le moment est peut-être venu de reprendre le dialogue avec Moscou.

On doit s’attendre à un signal fort franco-allemand.

Un seconde chance est donnée à l’Europe politique, à Merkel et Hollande de la saisir.

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17 juin 2016

Où est passée la France des Lumières ?

Voici ma chronique hebdomadaire du vendredi. Chronique d'actualité, à la limite du politique.

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Parfois, il faut faire une pause et regarder autour de soi, le monde tel qu’il est.

Formatés depuis notre plus jeune âge, dépositaire de tant d’idées reçues, tel le chien de Pavlov, nous acceptons sans réfléchir, les hommages que l’on doit aux grands Hommes. Tous, des grands hommes ? Tous héritiers du Siècle des Lumières ? C’est à voir !

Le siècle des Lumières fut un mouvement intellectuel lancé en Europe, dans les années 1700. Dépasser l’obscurantisme, propager les connaissances, voilà quels étaient les buts de ce mouvement. Ce seront des philosophes et des intellectuels, qui s’opposeront à la superstition, à l’intolérance, aux abus de l’Eglise et des Etats.

La glorieuse révolution de1688, en Angleterre, en fut la première expression. Cette révolution pacifique, aboutit à l’instauration d’une monarchie constitutionnelle et parlementaire, instaurant la liberté du culte. En février 1689, cela sera la « Déclaration des Droits » qui s’inscrira dans la loi des acquis du Commonwealth d’Angleterre. La période charnière fut la fin du règne de Louis XIV. La révolution française de 1789 en marquera le déclin.

Depuis, la France surf sur cet acquis, comme un bateau qui continue sur son erre.

Que retenir du Siècle des Lumières ?

- La primauté des sciences sur la Providence

-Le développement de l’esprit critique

- La désacralisation de la monarchie

- Le rejet de l’intolérance dans une Europe meurtrie par les divisions religieuses

- Le déisme : la croyance dans l’existence d’un Dieu créateur unique, sans message religieux spécifique.

Ces points forment le socle de la philosophie des Lumières. Nicolas de Condorcet, Louis Sébastien Mercier, Montesquieu, Voltaire, Diderot, Beaumarchais et d’Alembert, par leurs œuvres et leurs écrits, vont donner au Siècle des Lumières, ses lettres de noblesse.

D’autres encore, savants, chercheurs, naturalistes, incarneront l’esprit des Lumières, chacun dans son domaine.

Voilà le lourd héritage que doit assumer la France, voilà l’héritage que devront assumer tous les grands esprits qui suivront. Tous ? On peut en douter quand on écoute ou qu’on lit les uns et les autres.

Depuis, on a eu , en France, le productivisme dévastateur, le nationalisme belliqueux, le scientisme dogmatique, l’affaire Dreyfus et le racisme colonial porteur des pires catastrophes.

J’ai été élevé dans le culte, entre autres, de Jules Ferry, l’auteur des lois de la troisième république, instituant l’instruction obligatoire et gratuite. Considéré, plusieurs décennies après sa mort, comme l’un des pères fondateurs de l’identité républicaine, il était, pour moi, l’un des continuateurs du siècle des Lumières. Ceci, jusqu’au jour où je découvre son discours du 30 juillet 1885, à l’Assemblée Nationale, sur le colonialisme. Il déclarait, je cite : « Messieurs,  il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit,  parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir de civilisation. »

De cette chambre attentive à ces propos, seul un homme, Clemenceau, s’éleva contre ces propos : « Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit !.............. J’y regarde à deux fois avant de me tourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme et civilisation inférieurs »

On est loin du siècle de Lumières ! Il faut toujours éviter d’idéaliser un pays ou un homme, fussent-ils la France ou Jules Ferry.

Peut-être ne faut-il pas trop fouiller dans le passé, pourtant plein d’enseignements. Il est inquiétant de voir cette société, sans Dieu et sans racines, qui tourne le dos à la famille, que l’Europe veut nous vendre aujourd’hui.

À voir ce qui se passe en France, à voir les discours éculés des hommes politiques, l’irresponsabilité des syndicats squelettiques mais super performants dans la nuisance, on peut se demander, à juste titre, mais ou est passée la France des Lumières, où est passée la France des droits de l’Homme ?

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14 juin 2016

Que veut le PJD ? Suite

QUE VEUT LE PJD ? Suite

Le quotidien ASSABAH, dans son édition de ce lundi 13 juin rapporte:
"L'histoire a commencé lorsqu'une vingtaine de juifs marocains devaient participer fin mai au Festival africain des arts populaires d'Agadir, en tenant une série de conférences. A quelques jours de l'événement : les concernés, dont le marocain résidant en France, Simon Skira, apprennent que leur participation est finalement annulée suite à l'intervention du PJD et du MUR, qui auraient fait appel aux militants de l'Observatoire marocain de lutte contre la normalisation avec Israël, afin de saboter le programme. Gérée par des islamistes, le Conseil communal d'Agadir aurait également mis les batons dans les roues et menacé d'annuler la subvention allouée au festival, au cas où le groupe de juifs y sera présent. Quelques membres du PJD, en particulier de la jeunesse du parti de la lampe, comptaient même gâcher la série de conférences en recourant à la violence. Les responsables du Festival ont ainsi décidé d'annuler la partie consacrée aux marocains juifs, pour éviter toute polémique qui aurait pu mal tourner."
On ne peut que constater que le PJD développe actuellement, un programme, dont lui seul a la teneur. Veut-il modifier la Constitution en niant les racines, entre autres, juives, du Maroc. Veut-il ramener les citoyens marocains juifs à un rôle de citoyens de seconde zone, des Dhimmis ?
Aux dernières nouvelles, le groupe de juifs marocains entend poursuivre en justice le PJD et le MUR (si on ne les décourage pas, d'ici là)

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10 juin 2016

Elections US ; Le troisième homme

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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C’est Hillary Clinton qui sera sacrée à la convention démocrate de juillet. Malgré un Sanders qui ne renonce pas, les démocrates, y compris Sanders, s’aligneront derrière la première femme nominée de l’histoire des Etats-Unis. En devenant la première femme à briser le plafond de verre et à accéder à la Présidence de la plus grande puissance du monde, elle succédera à un autre rêve, celui que représentait l’élection du premier noir à la Maison Blanche.

Du côté Républicains, c’est pas la joie, sauf au camp de Donald Trump. Les dirigeants historiques du vieux parti républicain, à contre cœur, lentement, s’alignent les uns après les autres, derrière Trump, démocratie oblige ! Mais ceux qui disaient,  il n’y a pas longtemps, tout sauf Trump, ont-ils renoncé à le faire chuter ? C’est que les tous premiers sondages, donnent Trump à égalité avec Hillary.

La manœuvre de déstabilisation de Trump est délicate. Jugé peu crédible, il y a un an, Trump a joué sur le sentiment anti-système tout au long de sa campagne. Ses propos intempestifs et outranciers ont emballé les badauds, mais le corps électoral, celui qui ne vient pas dans ces grandes messes, que sont les rassemblements politiques, est-il convaincu ?

Sa campagne, menée tambour battant, à coups de tweets, de grands meetings et de domination des médias télévisés, haletante et décapante, a installé un climat d’étonnement, d’incompréhension, d’inquiétude, tellement les Américains ont été bousculés par le phénomène Donald.

Ses déclarations à l’emporte-pièce, ses revirements et contradictions, ses coups de sangs et ses litanies inacceptables, vont-ils réveiller ces citoyens hypnotisés par le candidat le plus populiste, que l’Amérique n’ai eu.

Donald Trump, est-il dangereux, est-il irresponsable ? C’est la question que se posent, les Ténors du parti.

Se dessine une stratégie, une réponse ? Un troisième homme. Il existe, dans le panorama politique américain, un troisième parti, qui ne fait pas beaucoup parler de lui. Il a, souvent, présenté un candidat aux élections présidentielles, sans beaucoup de conviction.

La convention libertarienne était, d’habitude, couverte par un maximum d’une cinquantaine de médias. Cette fois-ci, c’est plus de deux cent cinquante, qui ont demandé une accréditation. La convention fut un succès de fréquentation, et a donné la nomination à Gary Earl Johnson. Celui qui va contester la suprématie à Hillary Clinton et Donald Trump, n’est pas un inconnu.

Issu du parti Républicain, ses positions sont d’un libéralisme classique. Il est conservateur économiquement et progressiste sur les questions sociales. Il a accompli deux mandats de Gouverneur du Nouveau-Mexique. Il est contre la multiplication des lois.  Durand ses mandats, il a mis son véto à plus de lois que les 49 autres gouverneurs d’État réunis. A quatorze occasions, il a diminué les impôts et ne les a jamais augmentés. Il réduit le déficit public du Nouveau-Mexique. A la fin de son mandat, son Etat se retrouve avec un excédent budgétaire d’un milliard de dollars.

Pour beaucoup d’observateurs, Gary Johnson pourrait attirer les déçus de Trump et faire trébucher le candidat officiel du parti républicain.

Face à l’impopularité des deux candidats des deux grands partis, une opportunité historique se présente pour les Libertariens. Non que leur nominé puisse gagner l’élection, mais barrer la route à l’iconoclaste, Donald Trump. N’est-ce pas là, le but recherché par les ténors du parti républicain, par les « gardiens du temples » qui n’en peuvent plus des déclarations anachroniques de celui qu’ils nomment « le clown ».

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