Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

14 septembre 2018

DEMAIN, PRIORITÉ À LA SÉCURITÉ

Voici ma chronnique politique habituelle du vendredi

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   Dans un avenir proche, les États vont avoir à faire face à un déficit, en pensée stratégique. Ils vont se trouver confrontés à des difficultés objectives, voir une impossibilité à être informés en temps réel, prévoir et anticiper.

Qu’ils soient développés, émergents ou en voie de développement, les pays devront s’adapter et conduire les changements que le monde va connaître à l’horizon 2030.

Des aléas, des incertitudes et des risques majeurs pointent à l’horizon. Ce sont des défis nouveaux à relever à tous les niveaux de la gestion des économies et des sociétés.

Les États auront à faire face à des guerres de forme nouvelle, sur des nouveaux champs de bataille. Cette nouvelle génération de guerre concerne : l’information, l’image, le numérique, les ressources naturelles, la génétique végétale et animale, l’espace et les valeurs. Le monde aura à faire face à une nouvelle génération d’armes atomiques, tactiques et intelligentes.

  Les États vont exprimer leur agressivité au travers de l’intelligence artificielle qu’on a d’or et déjà détournée de l’usage pacifique vers la priorité militaire. La robotisation accouche aujourd’hui, de robots soldats qui ont l’avantage de ne pas saigner (Pentagone). Quelques grandes puissances, qui auront maitrisé les nouvelles formes du renseignement, vont accroitre leur influence dans le monde et exercer leur hégémonie.  Ils auront à leur service des acteurs insolites comme les ‘ pirates ‘, des mercenaires affublés d’un masque ‘djihadiste’ ou ‘terroriste’. Se multiplieront les rançonneurs informatiques et une nouvelle génération d’espions portés par des moyens technologiques digitalisés et sophistiqués.

Malheureusement, ce contexte profitera également aux ‘vrais’ terroristes et aux radicalismes de toute sorte.

Certaines puissances économiques, financières, voir certains États seront tentés d’utiliser ces derniers, les instrumentaliser, en fonction de leurs objectifs géopolitiques, économiques ou tout simplement idéologiques.

La sécurité des citoyens est le premier devoir qui s’impose aux gouvernants, car elle est la condition première de la liberté. Aussi, les États doivent anticiper les différentes facettes de cet avenir, et lutter contre les agressions dont le corps social peut être l’objet. Ces agressions peuvent prendre plusieurs formes, allant de l’infiltration, la subversion violente jusqu’à l’affrontement guerrier.

Safran, le groupe international de haute technologie, déclare que l’enjeu est de mettre au point, dès aujourd’hui, les équipements de demain. Les forces armées devront s’adapter dans les domaines de l’optronique, l’avionique, de la navigation inertielle, de l’électronique et des logiciels critiques.

Même la guerre des étoiles n’est plus de la science fiction.  Donald Trump vient de poser les premiers jalons de la guerre dans l’espace. Par sa volonté de doter l’Amérique d’une armée de l’espace, il vient de faire voler en éclat un consensus selon lequel l’Espace est le problème de tous et l’objet d’une coopération internationale.

Quel monde allons nous laisser à la génération montante ?

 

 

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08 septembre 2018

6 NOVEMBRE, L’ÉPREUVE DE VÉRITÉ POUR TRUMP

C'est la rentrée, voici ma chronique politique hebdomadaire :

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Aux Etats-Unis, auront lieu les élections de mi-mandat qui vont déterminer la suite de la présidence de Donald Trump.

Comme il y a deux ans, son cri de guerre reste : « Sus au système, l’Amérique d’abord ». Les démocrates rêvent d’une déferlante qui leur donnerait la majorité au Sénat, la clef de tous les rêves, les plus fous. 

Mais, malgré les attaques tout azimute, malgré les livres à charge et les éditoriaux ou lettres anonymes,  le corpsélectorale qui a porté Trump à la Maison Blanche reste soudé derrière son champion. 

« Trump est l’instrument du Seigneur pour sauver la civilisation chrétienne » clament les évangélistes. 

 Le Président américain a toujours voulu s’adresser au peuple, directement. Aussi, ces élections prennent-elles une allure de référendum : pour ou contre Donald Trump. 

Ces deux premières années à la Maison Blanche ont été un combat permanent contre l’opposition démocrate et sa propre majorité, parfois indocile. Même si la popularité du Président reste médiocre,  neuf républicains sur dix continuent de le soutenir. Ils sont 87% à l’apprécier et 63% à l’adorer. Ceux-là tiennent comme lui, les enquêtes de la justice pour « une chasse aux sorcières », ne croient pas les « médias ennemis » et n’ont que faire de ses frasques avec des playmates ou des actrices pornos. Ils lui sont gré de faire ce qu’il a promis  et de mettre l’Amérique « first ». 

La croissance des Etats-Unis est au plus haut et le chômage au plus bas, deux résultats dont ils créditent sa politique. Traditionnellement, les élections de mi-mandat sont mauvaises pour le pouvoir en place, mais avec le chamboulement du système voulu par Trump, difficile d’anticiper ce qu’il en sortira.

  En général, l’électeur américain vote en fonction de sa situation matérielle, de l’évolution économique du pays et ignore les affaires étrangères et les commentaires des élites. Mais l’Amérique de Trump vit une « drôle » de séquence où tout peut arriver, y compris lui offrir une avenue pour un deuxième mandat.

 Trump surf sur les fractures sociales engendrées par la globalisation dans les régions industrielles traditionnelles, avec des élites démocrates qui continuent d’ignorer la montée d’une inquiétude plus générale dans la société américaine.

Pour Trump, la mondialisation conduit à la désinstrualisation et risque d’amorcer un certain déclin des Etats-Unis. Il rend responsables des déficits commerciaux colossaux,  les accords de libre-échanges signés par ces prédécesseurs. Il combat le libre-échange qui est la philosophie de base des institutions de Bretton Woods, le FMI et la Banque Mondiale sans oublier l’OMC

 Il rompt avec le multilatéralisme et tourne le dos ainsi à la solidarité avec les alliés traditionnels de l’Amérique. « América first » souligne sa volonté de remettre en question les règles d’un jeu dont il estime qu’il faut modifier. On peut critiquer le style et le discours du Président américain, mais sa politique est lisible clairement : enrayer la montée en puissance de la Chine et perpétuer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. 

Monsieur le Président, je crains qu’il ne soit déjà trop tard ! 

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27 juillet 2018

Les paradoxes de l'économie mondiale

Une chronique écrite avec un sentiment d'impuissance et de fatalité

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   Apparemment, le monde est fou et l’économie américaine en profite outrageusement. C’est la conclusion qu’on peut tirer d’une analyse un peu fine de certains rouages de l’économie mondiale.

 Les japonais sont connus pour être les champions de l’épargne. Ils dépensent peu et ont un excédent annuel de leur balance commerciale de plus de 100 milliards de dollars. Et pourtant l’économie japonaise est considérée fragile et en danger.

 Les Américains dépensent et épargnent peu. Leur balance commerciale est déficitaire face à leurs principaux partenaires économiques. Et pourtant leur économie est jugée positivement par tous les organismes spécialisés et prévue d’être encore plus forte.

  La question qu’on peut se poser alors, mais où trouvent-ils cet argent qu’ils dépensent ?

 Ils empruntent du Japon, de Chine et même de l’Inde. Ces pays à la balance commerciale largement positive, avec leurs excédents, achètent des bonds du Trésor américain. L’argent non dépensé se retrouve aux Etats-Unis, finançant une économie basée sur le crédit et la consommation.

 C’est ainsi que Washington a pompé plus de 5 trillons de dollars à l’épargne mondiale. Mais l’économie mondiale doit soutenir la consommation des ménages américains, leur permettant d’acheter les produits des pays producteurs outre Etats-Unis. C’est le cercle infernal, non vertueux, plein de paradoxes, mais qui permet au système de fonctionner. Aujourd’hui, pour, maintenir l’activité américaine, le monde lui fourni 2 milliards de dollars par jour.

Contre les idées reçues, la réalité : la Chine investit aux Etats-Unis 50% de plus que les Etats-Unis n’investissent en Chine, aux Indes, c’est le même scénario, les investissements indous en Amérique dépassent de 20 milliards ceux des Américains en Inde.

Les USA ont depuis des décennies, importé des biens et des services fabriqués à l’étranger qu’ils payent avec de la dette libellée en dollar. Pour que les usines du monde continuent à tourner, il faut que les étrangers acceptent de stocker des bons du Trésor US à raison d’un minimum, de 500 milliards par an. 

 Mais pourquoi toutes les économies du monde tournent en orbite autour de l’Amérique ? Le secret semble être dans la capacité des Etats-Unis à dépenser. Ils utilisent leurs cartes de crédit pour dépenser leurs futurs revenus. Le monde dépend de la consommation américaine pour tirer son développement.

Il faut croire que le développement d’une nation est la consommation et non l’épargne. L’Amérique nous le démontre chaque jour, mais l’exemple américain est-il exportable ? Oui, si on est une des grandes puissances militaires du monde. Il faut être hégémonique et craint, pour pouvoir battre les records des plus grands déficits. on peut alors être endetté jusqu’à la troisième génération, tout le monde continuera à prêter. Si le cercle se rompt, c’est l’explosion du système et le naufrage du système bancaire mondial. La dernière crise financière paraîtra comme un incident de parcours, sans plus. Si les pays comme la Chine et le Japon s’arrêtaient d’acheter les bons du Trésor américain, c’est plus de 43 milliards de dollars de biens et de services qui se retrouveront sans débouchés.

Quand je le disais, l’économie mondiale à l’orthodoxie absente, est pleine de paradoxes. 

   

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20 juillet 2018

Le foot au pays des tsars

Vendredi, jour de ma chronique, mais comment ne pas parler de football ?

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   Le football est devenu un langage universel que tous les terriens comprennent. Il est devenu un agent politique que tous les gouvernements utilisent aujourd’hui. La grande messe de ce sport à nul autre pareil, s’est déroulée dans un pays que plusieurs gouvernements décrient, en particulier les Etats-Unis. Soumis à des sanctions ciblées,  accompagnées de déclarations compatissantes pour ce peuple qui ploie sous le joug d’un dictateur sanguinaire, désigné comme l’ennemi qui menace les « alliés » sous la protection de Washington et de son bras armé, l’OTAN, les supporters des uns et des autres, sont venus non sans appréhension dans cette jungle si dangereuse.

Plagiant Corneille, le patron du Pentagone s’est écrié : «  Ô rage, Ö désespoir, n’ais-je donc tant vécu que pour cette infamie, voir l’œuvre de tant d’années, en un jour détruite ! » Oui, il a suffit d’un petit mois pour voir détruite la propagande minutieusement déroulée, jour après jour, depuis des années, depuis l’implosion de l’URSS.

  Les visiteurs surpris, découvrent un beau pays, chargé d’histoire, avec ses monuments, ses musées, ses sites merveilleux. À l’inverse de ce qu’on leur avait seriné pendant des années, ils découvrent un peuple heureux de vivre, joyeux et accueillant, un peuple qui cherche à partager ces moments exceptionnels que la Coupe du monde de football offre à ceux qui veulent bien voir et entendre.

La BBC (Britannique) a tenu à mettre son grain de sel en diffusant un film sur les fans russes, de dangereux hooligans. Les supporters chinois avaient été mis en garde contre la violence des spectateurs russes. Le vice-chef de l’association chinoise des fans du football, Lu Lei, a dû se fendre d’une déclaration à la presse : « les relations entre la Chine et la Russie, sont tellement bonnes, que même s’il y avait des hooligans en Russie, ils ne s’attaqueront pas aux fans chinois. C’est pourquoi les Chinois ne s’inquiètent pas à cet égard. » Raté, ils viendront en nombre.

« C’est la meilleure Coupe du monde de tous les temps. » Voilà ce que déclare Gianni Infantino, président de la FIFA, en conférence de presse. Pas de couac dans l’organisation, pas de débordement autour ou dans les stades. Le tout avec une équipe de Russie qui a déjoué tous les pronostics en atteignant les quarts, après avoir écarté l’Espagne. Carton plein au pays des tsars.

La compétition est terminée, Cocorico, c’est la France qui emporte le trophée. C’est aussi l’heure des bilans. Désolé, il n’y a pas eu d’incident à déplorer, seulement une satisfaction totale des participants. Même Donald Trump a adressé, dimanche, ses félicitations à Poutine pour le succès sans précédent de la 21eédition de la coupe du monde. Il vient même de déclarer : « les relations Russie/USA n’ont jamais été aussi mauvaise à cause de la stupidité des Etats-Unis. »

Dont acte ! 

 

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13 juillet 2018

LES ILLUSIONS PERDUES DES AMÉRICAINS

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi:

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      Le rêve américains a fait fantasmé plus d’un candidat à la carte verte, le sésame de l’immigré. Aujourd’hui il n’est plus aussi évident tant cette grande nation a changé fondamentalement. 

Le système libéral a montré ses limites et même s’est dévoyé au profit d’une minorité. Malgré les crises et à causes des crises, les pauvres sont devenus plus pauvres, la classe moyenne a été laminée et ramenée au niveau d’une classe moyenne « pauvre » et les riches sont devenus encore plus riches.

Le WASP (White Anglo-Saxon Protestant), hier encore la majorité dominante, a cédé la place à l’immigration hispanique catholique. Le social s’impose et l’américain conservateur se rebiffe et s’offre un Président à son image, Donald Trump.

La société américaine se décompose aujourd’hui entre trois groupes bien distincts et homogène : le 0,1%, les 9,9%  et les 90%, les super-riches, les riches et le reste de la population. À l ‘évidence, les super-riches ont été les grands gagnants de ce dernier demi-siècle. À l’inverse, les 90% de la population, soit 290 millions d’Américains, ont vu leur part du patrimoine total s’effondrer de 37% à 22%.

La ségrégation des lieux de résidence s’aggrave tout autant, au gré des prix de l’immobilier qui s’envolent à Boston, New-York et San Francisco et s’effondrent à Détroit et Saint Louis. C’est pire encore pour la santé : l’obésité, les diabètes, les maladies rénales et cardio-vasculaires sont deux à trois fois plus fréquentes dans les familles disposant de moins de 35000 dollars par an que celles dont les revenus dépassent les 100,000 dollars.

Jamais les  marqueurs sociaux n’ont été aussi tranchés aux États-Unis. 

Le rêve américain est-il mort, ce fameux Américan Dream qui remplit les discours de tous les Présidents des Etats-Unis. À n’en pas douter, le rêve américain des pèlerins du Mayflower était de construire sur terre, dans cette terre inconnue dotée d’incroyables richesses, une sorte de paradis. Cette ambition fut le moteur de l’essor américain du XIXe et du début du XXe siècle. L’objectif est atteint en 1945, la seconde guerre mondiale établissant la suprématie américaine tant sur les plans économiques que politiques et pour une certaine part culturels.

Dans cette progression irrésistible, qu’est devenu ce fameux rêve américain ? Pour la majorité, aujourd’hui, c’est la désillusion. Beaucoup déplorent la perte des emplois bien rémunérés, des grandes maisons et des piscines. Ils regardent autour d’eux et voient leurs rêves s’effondrer et les dettes s’accumuler. La vie devient de plus en plus difficile à cette classe moyenne qui faisait l’orgueil de l’Amérique il n’y a pas bien longtemps. Le rêve américain est-il en train de mourir ? Cette liberté de construire, d’accumuler et de faire quelque chose pour soi, est-t-elle devenue un vestige du passé ? Les américains ont peut-être perdu leurs illusions, mais le rêve doit demeurer, sinon c’est la liberté qui est remise en question. Les Américains dépités, en guerre contre leurs élites, ne le laisseront pas mourir.   

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07 juillet 2018

Qui menace l'Europe ?

Avec quelques heures de retard, voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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      Le 11 et 12 juillet se tient le sommet de l’OTAN. Il sera suivi d’un tête-à-tête très attendu, entre le président américain, Donald Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine.

L’Organisation du Traité de l’Atlantique nord, est une alliance à l’origine politique, qui a été signé le 4 avril 1949. C’est en 1950 que fut mis en place une organisation militaire permanente sous la marque distinctif : l’OTAN.  La France gaullienne, tout en restant dans l’alliance, se retira de l’organisation militaire en 1966, refusant une organisation militaire intégrée sous commandement américain. Elle y reviendra en 2009.Il faut rappeler que l’Alliance s’était constitué pour se prémunir contre toute tentative expansionniste de l’Union soviétique. Aux dires de Lord Ismay, alors son premier secrétaire général, le rôle de l’OTAN consiste à garder les Russes à l’extérieur, les Américains à l’intérieur et les Allemands sous tutelle. Depuis, l’Union soviétique a implosé et l’Allemagne une puissance économique de premier plan, est devenue un acteur majeur de l’Union européenne. Les Américains sont toujours là, trustant le commandement militaire,  sans interruption à ce jour. L’Alliance atlantique a perduré malgré la disparition de sa principale raison d’être initiale. Elle n’a plus de caractère atlantique, vu son extension vers l’Est, incluant la plupart des anciennes républiques soviétiques.

Alors qui menace aujourd’hui l’Europe ? À quoi sert cet outil dont Trump veux voir les Européens en prendre la charge financière. Si l’Europe doit se défendre, c’est en priorité dans la guerre commerciale que Donald Trump lui a déclarée. Si elle doit financer une organisation militaire intégrée, c’est d’une organisation de défense européenne, sous commandement européen et non financer un outil de guerre, aux mains des militaires américains.

Ce qui menace l’Europe, c’est la détestation affichée du locataire de la Maison blanche à Washington à l’égard de l’Union européenne. Avec Trump, un siècle d’alliance se trouve ramené à une analyse comptable des échanges commerciaux et des dépenses militaires. Selon des diplomates en poste à Washington, il déteste l’Europe. Il demande invariablement à tous ses visiteurs du vieux continent : pourquoi ils ne quittent pas l’Union européenne ?

Dans un meeting électoral dans le Dakota, il n’hésite pas à déclarer : « L’Union européenne a été créée pour profiter des Etats-Unis, pour attaquer notre tirelire. » Pauvres européens s’ils comptent sur la tirelire américaine qui affiche une dette de plus de 20,000 milliards de dollars, surpassant le montant du PIB américain. Dimanche dernier, sur Fox News il a martelé : « L’UE est possiblement aussi néfaste que la Chine, elle est juste plus petite. C’est terrible ce qu’ils nous font. »

Le général De Gaulle avait vu juste en quittant l’OTAN et en demandant à Washington de démanteler ses bases en France et de rappeler ses troupes. L’Europe doit faire siennes ces propos prêtés à Voltaire : « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge. » 

 

 

 

 

 

 

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29 juin 2018

La peur de l'avenir explique-t-elle tout ?

Chronique insolite pour ce vendredi.

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       La mondialisation qui a surprit plus d’un, a fait perdre ses repaires à nombre de citoyens. Le paradoxe est que le monde devenant un vaste village, l’homme apeuré s’est tourné vers ses racines et tend, aujourd’hui, à prioriser la vie communautaire.

 C’est cette peur de l’avenir, un avenir qui bouscule nos certitudes et nous oblige à nous remettre en question, c’est cette peur qui explique le succès des mouvements populistes, aussi bien que l’intégrisme ou le fondamentalisme.

 La mondialisation s’est voulu libératrice du cadre étroit de l’État et des pesanteurs politiques. La réponse facile des politiques, tel que Donald Trump, sous la promesse fallacieuse d’une élévation du niveau de vie, a été la restauration du protectionnisme. Si durant la protection douanière certains pans de l’économie y trouvent leur compte, à long terme, se constitue un handicap , l’industrie nationale prenant un retard certain sur le reste du monde. ‘Acheter américain’, ‘acheter français’, ‘acheter allemand’, a un prix, la destruction de la compétitivité.  

 Une telle politique des échanges souligne l’incompréhension de la situation en cours. L’ouverture des marchés, la libre circulation des marchandises sont l’illustration d’un phénomène plus grand et plus profond : la mise en commun des connaissances et des savoir-faire, la diffusion du progrès et des avancées dans tous les domaines, pour le bien de l’humanité. La destruction créatrice schumpétérienne,quidésigne le processus continuellement à l'œuvre dans les économies voit se produire de façon simultanée la disparition de secteurs d'activité économique conjointement à la création de nouvelles activités économiques. Elle caractérise le progrès dans la mesure où il s’exprime dans une globalisation des économies et une totale liberté des échanges économiques, scientifiques ou culturels.

 La mondialisation est un outil d’universalisation cognitive. La destruction créatrice se propage dans toute la planète, en un laps de temps de plus en plus court. Toute tentative d’enrayer le processus n’est que bataille d’arrière-garde.

Le fait de transmettre, est un progrès de la liberté. Les obstacles aux échanges, droits de douanes, réglementations restrictives, établissement de normes discriminatoires, ne peuvent avoir qu’une vie brève. La territorialisation de la planète a commencé la fin de son histoire, eu égard à la marche de l’histoire. L’État-nation va laissé la place à des nouvelles formes de territoire et de gouvernement que nous ne connaissons pas encore. La dématérialisation, la prépondérance de l’informatique et le travail à distance qui en découle, l’instantanéité de l’information, de la communication, libèrent l’homme de la contrainte territoriale par la facilité des déplacements, voir l’absence du besoin du déplacement physique. Déjà pour beaucoup d’entre nous, l’adresse mail est devenue plus importante que l’adresse géographique.

Ces évolutions prévisibles amènent des réactions politiques, émotives et souvent irrationnelles. Le populisme en est un, en réalité il est une réaction contre la liberté dans une recherche de protection. L’histoire fourmille d’exemples où les peuples ont préféré la servitude à la liberté. Si la servitude protège, la liberté précarise, car c’est une aventure, c’est un défi à l’humain.

Ecoutons ces disciples du populisme : « Protégez-nous contre les innovations constantes venues de l’étranger, protégez-nous de ces hommes qui se déplacent sur la Terre pour améliorer leur sort, protégez-nous de trop d’intelligence et de trop d’audace ! Nous préférons la sécurité dans la servitude, à la liberté dans l’incertitude.»

La réponse des politiques ne se fait pas attendre : «  donnez-moi votre voix et je vous donnerai des certitudes. » C’est ainsi que , meeting après meeting, défilent des Messies successifs, ces tribuns auto-proclamés, les Le Pen, Mélenchon, Salvini, Trump. C’est facile d’être des hérauts des aspirations populaires. On a en face de nous, un espace de libertés nouvelles dont certains ne veulent pas, ils ont peur de demain, et se refugient dans l’intolérance, l’intégrisme ou le fondamentalisme. Revenir au protectionnisme, restaurer des frontières, construire des murs, imposer une conception archaïque de la religion, c’est en fait se refugier dans le passé pour fuir l’avenir.

 

 

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22 juin 2018

Que faire face à la Chine ?

Vendredi, c'est le jour de ma chronique politique hebdomadaire.

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    Pendant que Donald Trump ‘amuse’ le monde avec ses annonces tonitruantes, la Chine continu de tisser sa toile et construit, pas à pas, sa suprématie mondiale dans tous les domaines. Prochain successeur à l’hégémonie américaine, on assiste à une extraordinaire montée en puissance industrielle, commerciale et militaire de la Chine.

Après la farce qu’a constitué le sommet du G7 au Canada ces 8 et 9 juin dernier, s’impose une tragédie, nullement médiatisée, mais lourde de conséquences. Face à la Chine triomphante, les Occidentaux se trouve désemparés. Former une coalition ou se soumettre en limitant les dégâts. Faut-il s’allier à la Chine triomphante ou faire front. Voilà le dilemme posé aux anciens maîtres du monde. 

Le monde occidental va-t-il pouvoir contenir les prétentions hégémoniques de Pékin ? Ce qu’il faut retenir du dernier G7, ce n’est pas l’inaptitude de Donald Trump à toute diplomatie multilatérale, pas plus que la colère froide d’Angéla Merkel, mais l’incapacité des dirigeants occidentaux à construire une stratégie géopolitique face aux défis qui se posent à eux : Donald Trump,  Vladimir Poutine et plus urgemment la Chine.

Nombreux sont les problèmes passés sous silence : les rapports belliqueux Ukraine/Russie, l’identité Kurde au Moyen-Orient, l’Iran et son retour chaotique dans le concert des Nations,  l’impasse israélo-palestinienne, l’explosion démographique en Afrique noire et l’impuissance du reste du monde devant la déferlante chinoise. La concurrence déloyale de la Chine aurait du être le grand dossier de ce G7. Il ne l’a pas été, laissant Donald Trump détourner nos regards de la marche forcée de la Chine vers le podium suprême.

La dernière trouvaille du Président américain, la création d’une armée US de l’espace, détruit un consensus jusque là respecté, l’espace est une affaire de coopération internationale. C’est le premier jalon, vers la guerre des étoiles et le top donné à une nouvelle course aux armes spatiaux. La Chine, encore elle, a déjà par le passé, démontré qu’elle maîtrise la technique de destruction des satellites.

Xi jumping, le nouvel empereur chinois, a promis à ses concitoyens qu’il allait faire de la Chine la première puissance du monde, une douce revanche sur les humiliations endurées sous le joug des puissances étrangère, tout au long du XIXème siècle. La Chine dispose  d’un solide socle idéologique et culturel, pour qui le bien de la communauté passe avant celui de l’individu.

Obsédés par la crise ukrainienne, dont ils sont responsables pour partie, les occidentaux n’ont pas suivi les Etats-Unis et l’Italie dans leur souhait de voir la Russie de retour au G7. Quel intérêt ont-ils à jeter Moscou dans les bras de Pékin ?  C’est un mystère que mêmes les intéressés n’expliquent pas. Tant que les Européens resteront esclaves des grands principes, aucun d’eux ne pourra prétendre porter une stratégie géopolitique efficace.

 

 

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15 juin 2018

Le cynisme des grandes puissances

C'est la fête, mais prenons un moment pour se pencher sur les stratégies des grandes puissances. Vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire:

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La stratégie géopolitique suivie par Washington est constante depuis plus de quarante ans. 

Le célèbre politologue américain, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter, de 1977 à 1981, a rendu public, peu avant sa mort (2017) , en avril 2016, son étude concernant la nouvelle stratégie de Washington. Il y annonce que «la fin du rôle global de l’Amérique, serait très probablement le chaos mondial». Pour éviter cela, le partisan de l’hégémonie américaine des États-Unis a suggéré un réalignement mondial. 

Pour permettre aux États-Unis de maintenir leur pouvoir, Brzezinski propose:

a) Faire œuvrer les principaux rivaux géopolitiques de l’Amérique – la Russie et la Chine – pour les intérêts américains, en utilisant la crise au Moyen-Orient. 

b) Faire travailler le monde islamique pour les intérêts américains. Pour ce faire, Brzezinski rappelle une fois de plus sa doctrine du réveil démocratique mondial, qui justifie la participation des États-Unis dans les Printemps arabes.

On remarquera qu’étrangement, les forces djihadistes, ISIS en tête, créent des problèmes à tout le monde, sauf aux États-Unis.

 c) Maintenir la présence militaire américaine au Moyen-Orient par tous les moyens. 

Un retrait complet du monde musulman, favorisé par les isolationnistes américains, pourrait donner lieu à de nouvelles guerres (par exemple, Israël contre l’Iran, l’Arabie saoudite contre l’Iran, une intervention égyptienne majeure en Libye). 

En d’autres termes, Brzezinski propose une stratégie, où le Moyen-Orient joue un rôle clé :

 

1. Fomenter le chaos et la guerre dans la région, en se fondant sur la force du réveil démocratique mondial.

2. Déclarer la guerre au terrorisme et en transférer la charge sur la Russie et la Chine, en les attirant dans un conflit sans espoir dans la région.

3. Maintenir ou même augmenter sa présence militaire sous le prétexte de préserver la stabilité au Moyen-Orient.

 Tout cela sera masqué par les thèses de la lutte contre le terrorisme et l’attention accordée à la souffrance des musulmans et des habitants du Tiers-Monde. 

«La menace globale du terrorisme islamique» n’est pas une menace en elle-même. Les États-Unis n’ont été gravement touchés par l’islamisme qu’une seule fois dans leur histoire, le 11 septembre 2001 et subit un attentat à Boston un 15 avril 2013. 

 Aux États-Unis, les musulmans représentent environ 1% de tous les citoyens, par opposition aux populations musulmanes de plusieurs millions en Russie et en Chine. Et contrairement à ces deux pays, il n’y a aucune région aux États-Unis où la menace islamiste du séparatisme peut émerger. »

Ainsi, ils peuvent se permettre de jouer sur deux tableaux à la fois, soutenir secrètement les extrémistes et combattre le terrorisme, entraînant la Russie et la Chine dans le conflit, affaiblissant aussi, par la suite, le monde islamique.

L’Amérique espère utiliser les extrémistes islamiques, qu’elle a formés et équipés, pour réengager la Russie dans son orbite – probablement après Poutine. 

Il est significatif que Brzezinski, selon la tradition géopolitique classique, considère la Russie comme l’ennemi principal des États-Unis et non pas la Chine.L’analyse de Brzezinski explique pour partie, certaines aberrations apparentes de la politique étrangère américaine. 

La politique menée par le président Poutine ne s’inscrit pas dans un héritage impérial quelconque, mais illustre plutôt une renaissance impériale. Il est surprenant  que le stratège américain voit la Russie comme l’un des États de l’Union européenne.

 Il n’y aura pas de chaos, si une  solution alternative plus adéquate à l’unilatéralisme américain, est mise en place.

En réalité, Brzezinski met en évidence les tentatives désespérées de l’élite américaine à maintenir son hégémonie dans le monde. 

 

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08 juin 2018

Mao est de retour

Toujours fidèle au rendez-vous du vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire:

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                      L’un des plus grands sinologues américains, David Shambaugh s’inquiète, en constatant que « Xi ramène la Chine au système patriarcal de Mao »

Jamais depuis Mao Zedong, un dirigeant chinois n’avait eu un pouvoir aussi étendu que celui de l’actuel président Xi Jinping. 

Rompant avec la tradition de gouvernance collégiale du Parti communiste, il incarne, à lui seul, une diplomatie active, et une politique intérieure autoritaire. Il défie Donald Trump, le président américain, et montre ses muscles en Asie. 

La puissance retrouvée de la Chine, lui donne une place de choix dans le concert des nations. Son gouvernement repose sur un pacte tacite avec la population : « Pas de liberté individuelle, mais la prospérité pour tous » doù lobligation dun développement continue de léconomie chinoise. 

 Alors que le parti communiste chinois avait pris l’habitude de diriger le pays de façon collégiale, jamais depuis Mao Zedong, un dirigeant n’avait autant incarné le pouvoir que « Tonton Xi ». La campagne anticorruption, utile et populaire, qu’il mène depuis son entrée en fonction, lui a permis de purger les administrations, à commencer par l’armée, de ses adversaires politiques. Sur le plan intérieur, la répression des opposants continue, et les religions sont particulièrement visées. Ce phénomène, au lieu de diminuer, s’est aggravé ces dernières années, notamment avec les destructions systématiques d’églises et de croix dans la région de Wenzhou.  

Xi Jinping est en train de mettre en place un culte de la personnalité. Sommes-nous en train d’assister à la naissance d’un nouveau Mao?

 Il est troublant que la pensée de Xi ait été inscrite dans la Constitution.

Xi Jinping ne possède ni la popularité, ni la puissance de Mao, pour le moment. Mais certaines de ses politiques font de plus en plus penser au grand ‘timonier’. Par exemple, la censure s’étend, l’idéologie entre dans les universités et le militarisme est renforcé.

Il a étendu son autorité en multipliant des groupes spéciaux qui court-circuitent la hiérarchie normale du gouvernement. Il utilise aussi la lutte à la corruption pour renvoyer des cadres qu’il remplace par des hommes à lui.

Personne ne conteste la nécessité de lutter contre la corruption en Chine. Les réformes que Xi Jinping veut mettre en place en économie et en politique sont appliquées de façon très autoritaire. Mais il est difficile de comprendre en quoi une censure ou une idéologie plus forte pourraient aider le président chinois à établir un État de droit ou stimuler l’économie.

La Chine, depuis son réveil, ne retombera pas dans une nouvelle léthargie. Elle croit en son avenir, persuadée qu’elle est, d’être le leader mondial de demain, le recours, après le déclin de l’hégémonie américaine.

Xi a fait un examen approfondi de la situation internationale, il y voit une opportunité stratégique.

Devenu un Président ‘à vie’, il a tout son temps. Il ambitionne de supplanter les Etats-Unis et devenir la première puissance mondiale. 

Tôt ou tard, par les pressions, la diplomatie ou par les armes, il récupérera Taïwan, allié des Etats-Unis. Ses litiges territoriaux avec le Japon seront réglés le moment venu; ce moment où la crise démographique japonaise aura transformé le pays en une proie facile au monstre chinois, qui lui, va vers les deux milliards d’habitants.

Mao est de retour, il s’appelle Xi Jinping.

 

 

 

 

Posté par gabrielbanon à 07:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]