Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

02 août 2019

L’ILLUSOIRE INDÉPENDANCE DES ACTEURS ÉCONOMIQUES.

Voici ma dernière chronique politique hebdomadaire de la saison. Je vous donne rendez-vous à la rentrée, le dendredi6 septembre. À ceux qui ont la chance de prendre,  je vous souhaite'de bonnes vacances.À mes amis musulmans, je vous souhaite un AÏD MOUBARAK SAÏD.

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           L’agence de notation financière est chargée d'évaluer les risques de non-remboursement de la dette ou d'un emprunt d'un État, d'une entreprise ou d'une collectivité locale, à l’exception d'un particulier. Elle produit, à titre indicatif, des outils qui estiment les risques d’insolvabilité.  

 Trois agences seulement se partagent 95 % des demandes de notations dans le monde.

 Les seuls critères d’évaluation pris en compte sont financiers, à l’exclusion de toute appréciation environnementale ou encore de développement durable.

Ces notations, AAA, BBB, CCC, et la suite, sont importantes pour la qualité de la signature d’un état, une collectivité ou une grande entreprise. Elles sont étudiées attentivement par les marchés financiers internationaux et servent souvent à fixer le taux de l’emprunt. 

 Étant donné que les trois agences, Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings qui contrôlent 95% du marché, sont américaines, on peut se poser la question de leur indépendance vis-à-vis de la politique de Washington. Elles se placent toujours sous la protection du premier amendement de la Constitution des Etats-Unis, ce qui les dispense de répondre aux questions trop directes.

 Le scandale d’Eron avait déjà jeté  un voile de suspicion sur l’audit comptable et financier des grosses entreprises. En 1994, face à la domination de fait de ces agences, une agence chinoise, la Dagong Global Credit Rating a été créée, mais reste à ce jour moins influente que ses concurrentes occidentales, en dépit d'une forte croissance.

La crise de 2008  ouvre une vaste polémique sur l'utilité et la pertinence des agences de notations financières. Les gouvernements et les banques centrales, qui ont massivement investi pour sauver le système en injectant des centaines de milliards de dollars de liquidités, avaient signé les accords prudentiels de Bâle II en 2004, lesquels se révèlent insuffisants. 

On constate que les agences de notation agissent la plupart du temps tardivement. Elles aggravent, par l’abaissement de la note, la détresse et le chaos. Il faut rappeler que les trois agences américaines qui dominent le marché, ne sont pas indépendantes financièrement. Leurs actionnaires majoritaires ont-ils une stratégie ? On est en droit de se poser la question.

 Les régulateurs boursiers scandinaves favorisent l’idée de  l’instauration d’au moins une agence de notation publique. Pour eux, cette solution limiterait le risque de conflit d’intérêt mais soulève certaines critiques. Elle risquerait d’introduire des disparités nationales ou régionales dans les pratiques de notation, alors que les opinions ne connaissent pas de frontières. On ne voit pas une agence nationale noter sereinement un État dont elle dépend.

 Même les agences européennes qui se sont lancées dans la notation extra-financière sont en train de passer l’une après l’autre sous la coupe de firmes américaines qui font leur emplette en Europe, à l’image de Moody’s qui vient de racheter le français Vigeo.

  L’idée de création d’une agence de notation européenne a été proposée il y a deux ans, par Jean-Claude Juncker, alors chef de file des ministres des finances de la zone euro, idée reprise en 2018 par le vice-chancelier allemand, Guilda Westerwelle.

Cela restera un vœu pieux !

 Les États, les collectivités et les grandes entreprises continueront à se soumettre au dictat américain en attendant celui chinois qui ne va pas tarder à prendre la relève.

 

 

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26 juillet 2019

L’OTAN POURQUOI FAIRE ?

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                       L’OTAN, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, a fêté ses soixante dix ans.

  C’est fin 1950 que le Conseil de l’Atlantique nord (CAN) a décidé la création d'une organisation militaire intégrée permanente. Cet organisme  englobe l'alliance juridiquement conclue par les pays signataires du traité de l'Atlantique nord, et l'organisation civile et militaire mise en place pour en rendre opérants les objectifs. La France avait décidé en 1966, tout en restant membre de l'Alliance atlantique, de quitter l'organisation militaire intégrée, dont elle est redevenue membre à part entière en 2009.

 À l’époque, le but affiché, aux dires de son premier secrétaire général, Lord Ismay était « garder les Russes à l'extérieur, les Américains à l'intérieur et les Allemands sous tutelle »

Les forces armées de l'OTAN et du Pacte de Varsovie se sont fait face en Europe pendant toute la durée de la guerre froide.

Depuis l’implosion de l’URSS et la fin de la guerre froide en 1991, l’Alliance atlantique a perduré malgré la disparition de sa principale raison d’être initiale.

 Elle a poursuivi une politique d’élargissement en accueillant d’anciens pays du bloc de l’Est et d’anciennes républiques de l’Union soviétique.

 En élargissant ses champs d’action, l’OTAN a revu en profondeur son concept stratégique et son organisation civile et militaire. 

Elle a développé une politique systématique de partenariats en Europe et, dans le monde, devenant l’outil d’intervention préféré des Occidentaux et surtout le bras armé du Pentagone, imposant de fait Washington comme le gendarme suprême.

 Oui, l’OTAN est un pacte entre plusieurs nations, mais le commandement militaire est assuré par un officier américain de haut rang, relié directement au Pentagone. Ce dernier représente la majorité des forces mises à la disposition de l’Alliance et dont le budget est assuré, pour la majeure partie par les Etats-Unis.

  L’OTAN entretient avec l’Union Européenne une relation privilégiée, plus spécialement avec l’Identité Européenne de Sécurité et de Défense (IESD), qui permet à l’Union Européenne de bénéficier des moyens de l’OTAN pour certaines opérations entrant dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense commune, sous réserve de l’accord de Washington, mais cela est un non-dit. 

  Le nucléaire est au centre de l’histoire de l’OTAN. La dissuasion est fondée sur les armes nucléaires des Etats-Unis, le parapluie nucléaire américain au bénéfice des Européens. Mais sa crédibilité fait l’objet de débats et de doutes, jusqu’à aujourd’hui. C’est pour cela que la France et aussi la Grande-Bretagne se dotèrent d’une force de dissuasion nucléaire nationale.

Après la chute du mur de Berlin  en 1989, l’implosion de l’URSS et à la dissolution du pacte de Varsovie,  selon les critères habituels des relations internationales, l’OTAN aurait dû disparaître faute d'adversaire.  Mais elle va réussir à assurer sa pérennité grâce au lien qui unit ses membres par la crainte de devoir supporter un budget militaire conséquent pour  assurer leur sécurité sans les Etats-Unis.

La « question existentielle » de l’Alliance atlantique revient périodiquement. L’Occident étant considéré vainqueur de la guerre froide, pourquoi continuer ?

 Après le 11 septembre 2001, l’OTAN a voulu se redéfinir par « la lutte contre le terrorisme ». Elle n’ira pas en Irak… mais se joindra aux Etats-Unis dans le magma de l’Afghanistan. Tant bien que mal, elle se trouvait toujours des raisons d’exister. Aussi est-elle toujours considérée comme l’ennemi principal par Moscou. Poutine est obsédé par l’Alliance ; il va jusqu’à prétendre que le véritable agresseur en Crimée ou dans l’Ukraine de l’Est, est l’OTAN, instrument de puissance des Etats-Unis. 

 Le norvégien Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Alliance, a déclaré il n’y a pas longtemps : « Soyons francs. Des questions se posent des deux côtés de l’Atlantique sur la force de notre partenariat. Nous avons de sérieuses divisions ».

 L’OTAN est désormais prête à contrôler les crises majeures sur tout le globe. La lettre et l’esprit du traité de l’Atlantique Nord risquent d’être, de plus en plus souvent, violés.

 Avec le traité initial, chaque membre conservait sa pleine souveraineté et devait approuver chaque déclanchement des opérations militaires menées en commun. C’est d’ailleurs, en raison de ce principe que la France, la Belgique et l’Allemagne ont pu s’opposer, au moins partiellement, au renforcement par l’Otan de la défense de la Turquie, à l’approche du conflit irakien.

 Mais il est aujourd’hui de plus en plus clair que les Américains n’ont pas du tout l’intention de se laisser ligoter par des considérations juridiques à leurs yeux surannées. Comme l’a dit Donald Rumsfeld, alors secrétaire à la Défense de Georges W Bush : « c’est la mission qui définit la coalition et non la coalition qui définit la mission ».

 Alors les Nations libres, souveraines et démocratiques, ne doivent-elles pas se poser la question : l’OTAN, pourquoi faire ?

 

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19 juillet 2019

LA DÉMOCRATIE EST-ELLE NÉCESSAIRE AU PROGRÈS ?

Aujourd'hui, c'est le jour de ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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   La libre circulation des idées, le respect des droits de l’homme, sont-ils des conditions nécessaires à l’innovation ? Non, répond Graham Allison, spécialiste des questions stratégiques de la défense nucléaire et des relations sino-américaines, professeur à l’Université Harvard : « Pour l’innovation technologique, s’appuyer sur un État autoritaire présente beaucoup d’avantages. »

La réponse, semble-t-il,  ne réside pas seulement dans le modèle politique mais aussi dans l’usage qui en est fait, dans le choix du modèle économique, dans la priorisation des finalités.

  Les occidentaux, particulièrement les Etats-Unis, ont toujours expliqué leur développement et leur domination sur le reste du monde, par leur héritage de la révolution française et américaine : la démocratie et les droits de l’Homme.

  Il est certain que le système démocratique tel qu’il est appliqué en Occident ne permet pas de se préoccuper du Temps  Long et de ce fait, affecte ses ressources en privilégiant l’immédiate satisfaction. Cette approche hypothèque alors les ressources des générations futures.

   Aujourd’hui, la Chine puissance émergente menace de détrôner la puissance dominante, les Etats-Unis, comme ce fut le cas d’Athènes et de Sparte dans l’antiquité et plus près de nous, de l’Allemagne et la Grande Bretagne au début du XXe siècle.

  Mais que disent les Chinois de ce réveil qui inquiète plus d’un ? « Nous ne sommes pas une puissance ascendante, nous sommes une puissance revenante, nous revenons au point où nous étions. Nous étions le centre de l’Univers, et il ne peut y avoir qu’un soleil. »

  Le Monde et Washington en tête, ne peuvent pas prétendre qu’ils n’étaient pas avertis. Le président Xi Jinping déclare à qui veut l’entendre, que dans le développement de la Chine, ce n’est pas des Etats-Unis qu’il s’agit, mais de la Chine qui veut simplement retrouver sa grandeur. Cela a toujours était ainsi, sauf une interruption de deux cents ans où l’Occident, avec son avancée technologique, avait exploité, asservi et humilié la Chine, disent-Ils. La Chine doit retrouver son statut !

  La leçon a servi et la Chine, pendant des décennies, a préparé minutieusement son retour. Ses progrès technologiques ne souffrent nullement de son régime autoritaire et la masse de données que l’État super-contrôleur collecte par ses millions de caméras à la reconnaissance faciale, ont aidé ses chercheurs à faire de la Chine le No 1 mondiale de l’Intelligence artificielle.

  Le conflit entre Pékin et Washington est inévitable, mais sans guerre ouverte, sauf événement fortuit. La Chine ne veut pas la guerre, elle a le temps pour elle.  Par contre, l’Occident a peu de temps. Xi est président à vie, la démocratie en Occident remet en question le pouvoir en place, tous les quatre ans, au mieux tous les cinq ans.

  On ne peut que constater que le président américain, Donald Trump,  n’a pas une stratégie cohérente et claire pour défendre les intérêts vitaux de l’Amérique. Il a une attitude, cela ne fait pas une politique.

  Donald Trump a besoin d’amis, ceux qu’il attaque sans répit. Il a besoin de rééquilibrer les pesanteurs d’une Chine économiquement puissante par une union des puissances économiques occidentales. Stratégiquement, Trump devrait revoir ses attitudes avec ses alliés traditionnels qui partagent les mêmes  valeurs de la démocratie américaine.

  La bible nous apprend que la puissance d’un peuple, c’est sa démographie : les Chinois sont quatre fois plus nombreux que les Américains, et le seront cinq fois plus vers les années 30.

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12 juillet 2019

ERDOGAN, PREMIÈRES CRAQUELURES

       Voici ma chronique politique hebdomadaire, aujourd'hui sur la Turquie. L'expulsion de nombreux marocains et marocaines par Erdogan m'a amené à mettre lr projecteur sur la situation, aujourd'hui, de ce pays. 

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  Tout passe, tout lasse ! Il en est de même de l’absolutisme et des dérives dictatoriales. Le vernis de la présidence d’Erdogan en Turquie, se fendille nettement. C’est l’annonce de craquements autrement  plus dangereux pour ce régime policier, au pouvoir exclusif au profit d’un seul homme. L’étoile d’Erdogan s’est mise à pâlir depuis quelques temps déjà.

 Après le coup d’État raté jugé par ce dernier : « Un cadeau du ciel », une épuration sans merci a été entreprise dans toutes les strates de la société turque : enseignement, magistrature, police, armée, médias et société civile. Seuls les bébés ont échappé à la purge chez tous ceux qui, de près ou de loin, virulents ou tièdes, n’aimaient pas Erdogan.

  Depuis, malgré quelques scandales retentissants touchant Erdogan et son fils, le potentat a pris le costume d’un Président omniprésent, sourcilleux dans l’exercice du pouvoir, faisant étalage d’une gestion économique peu orthodoxe. Son bras de fer perdu avec Donald Trump, a couté très cher à la devise turque. Il vient de limoger le gouverneur de la banque centrale qui refusait, en bon défenseur de la monnaie nationale, de baisser les taux d’intérêt. En mettant la main sur la politique monétaire, Erdogan va refroidir les investisseurs internationaux dont le pays a tant besoin.

L’AKP d’Erdogan a perdu la mairie d’Ankara et celle d’Istanbul : un camouflet pour un président qui avait scandaleusement annulé des élections perdues de peu, et qui se retrouve, cette fois-ci avec une défaite majeure et sans appel.

 La situation catastrophique, économique et sociale du pays, l’a lourdement sanctionné. Ce pays de 80 millions d’habitants, a vu sa croissance économique progresser que de 1%, alors que l’inflation atteint 13% et que le déficit public dépasse les 5% du PIB. 

 Cela faisait 25 ans que la capitale économique était dirigée par l’AKP d’Erdogan, qui en a lui-même été maire de 1994 à 1997.

 À ces soucis économiques s’ajoutent les problèmes géopolitiques majeurs du pays :

-     La question Kurde toujours explosive pour une minorité qui réclame son indépendance depuis un siècle. Ils seraient environ 12 millions sur un total estimé à 20 millions, soit 14% de la population turque.

-     L’appartenance à l’OTAN : que signifie-t-elle aujourd’hui ? le traité était conçu pour contrer la menace de l’ex-URSS.  La commande aux Russes des missiles anti-aériens, les S400, fait désordre dans l’alliance et braque un peu plus l’allié américain. 

-     La guerre de Syrie : elle est réputée remportée par Bachar el Assad et la hantise d’Erdogan est la réunion des communautés kurdes créant un État.

L’inflation ronge le niveau de vie et l’équilibre social de la nation.

Le président Erdogan, durant la campagne de son parti, plus agressif que jamais, n’a pas hésité à exploiter l’attentat de Christchurch.

 Cela lui a permis d’écouler ses thèmes favoris: la lutte contre l’Occident «islamophobe», la nation en danger contre les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur. «Avec l’aide d’Allah, ni les résidus de Croisés, ni les nostalgiques de Byzance, ne nous écarteront de notre voie», clamait-il le 19 mars dernier. 

  Pour les observateurs, c’est le commencement du déclin. Certes, la perte des deux grandes villes du pays, Istanbul et Ankara, ne le priverait ni de son fauteuil ni de sa majorité, mais le risque est que certains, au sein de l’AKP, se disent: «puisque le déclin a commencé, il faut quitter le train tant qu’il est encore temps.»

Le principal opposant au président Recep Tayyip Erdoğan n’est plus politique, mais financier. La devise nationale, la livre, dévisse plus que jamais. Après au moins 30 % de baisse l’année dernière, déjà 10 % pour les quatre premiers mois de 2019 dont une chute de 15 % contre le dollar américain. Le toboggan monétaire engloutit rapidement les réserves officielles de change détenues à la Banque centrale de Turquie.    Malgré cela, la devise nationale est passée sous la barre symbolique des 6 livres pour un dollar. 

 

Abdullah Gül, ancien président ou Ahmet Davutoğlu, ex-premier ministre, fait sans précédent, se sont désolidarisés de leur ancien patron.

 Erdoğan ne devait pas perdre le 23 juin dernier Istanbul, la grande place du business turc, qui pèse un tiers du PIB, sans doute plus encore dans les finances de l’AKP et de ses affairistes. Cela a été un aveu de faiblesse insupportable pour un homme qui se prétend fort, à l’image des sultans ottomans.  

  La croissance économique est négative (− 3 %). Entrainée par la chute de la livre, l’inflation fait rage : + 20 % en un an au mois de mars, mais + 30 % pour les produits alimentaires, une charge insupportable pour les budgets des ménages modestes où se recrute une part importante des électeurs de l’AKP. Mais d’autres grandes villes aussi l’ont sanctionné, avec des écarts encore plus importants que ceux du Bosphore. En un an, le chômage est passé de 10,8 % à 14,7 % de la population active, soit près de 5 millions de sans-emploi.

Le Président Erdogan n’est pas seulement dans la tourmente, mais dans un déclin inéluctable.

 

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05 juillet 2019

LA CHINE DE 2020

Voici ma chronique politique hebdomadaire du ven,dredi :

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                    2020, c’est demain, et les dernières technologies auront permis au pouvoir chinois de mettre en place une organisation de collecte d’informations et des systèmes statistiques uniques au monde. En Occident on aurait appelé cette organisation, un contrôle des masses et une censure intraitable.

  Mais nous ne sommes pas en Occident et la civilisation chinoise, vieille de plusieurs siècles, n’a jamais mis en avant l’individu, c’est la collectivité qui est au centre de toutes les attentions. À l’opposé de l’Europe, les droits de l’Homme passent après les intérêts de la collectivité.

Aussi, en Chine, le contrôle de la population, autrement dit la censure, à atteint un niveau nulle part égalée, grâce à la reconnaissance vocale et celle de l'image. 

Comme tous les régimes autoritaires, le parti unique chinois ne tolère aucune concurrence idéologique, particulièrement celle des Religions. Je les cite : « La religion est une source d'autorité et un objet de fidélité plus puissants que ceux dus à  l'État. »  Ces caractéristiques de la religion ont toujours provoqué l’anathème des régimes autoritaires. Mais les Chinois ne le ressentent pas ainsi. Le travail est une bénédiction qui leur permet d’être utiles à la collectivité. Si la collecte des informations va permettre de mieux gérer l’ensemble, que cela soit ainsi. On ne peut que constater que  la Chine est devenue progressivement un État développé d’ors et déjà, dans une partie significative de son territoire. Les salaires augmentent régulièrement et les productions bon marché ont été délocalisées vers d’autres pays comme le Bangladesh. 

En 2018, la Chine disposait de près de 200 millions de caméras de surveillance ; elle prévoit d'en installer450 millions d'ici 2020. L'objectif est de mettre en place une « plate-forme coordonnée d'opérations mixtes » qui intégrera en temps réel les données des caméras de surveillance dotées de technologies de reconnaissance faciale, les numéros de cartes d'identité, les données biométriques, les numéros de plaques d'immatriculation et l'information sur le propriétaire du véhicule, les données de santé, le planning familial, les données bancaires, le casier judiciaire, toute trace d' « activité inhabituelle » ainsi que toute donnée individuelle pertinente comme les pratiques religieuses, les voyages à l'étranger. Les caméras devinent qui sont les passants dans la rue. La Chine est le pays le plus en pointe pour la reconnaissance faciale. C’est un pays où le respect de l’ordre est dans les fondements de la société, et qui a développé un système où la technologie est au service de l’encadrement des citoyens. Pour les Occidentaux c’est l’horreur, pour les Chinois, c’est l’efficacité pour le bien du peuple.

L'Internet en Chine est sous le contrôle du Parti communiste chinois, et l'exercice d'une censure rigoureuse a été déléguée à l'Administration chinoise du cyberespace (CAC) établie en 2014. Il existe un accord tacite entre le peuple et le pouvoir : Je m’occupe de votre bien-être, du développement du pays et vous ne vous occupaient pas de politique. Cela fonctionne ainsi jusqu’à aujourd’hui. Que sera demain, c’est difficile d’émettre une hypothèse, tellement l’âme chinoise est impénétrable.

Le pays se modernise à marches forcées, il a inauguré récemment la plus grande ligne TGV au monde (2300 kms).

 J’ai encore dans les oreilles cet avertissement de mon père, vieux de plus d’un demi siècle : « La Chine est un monstre qui dort, surtout ne le réveillez pas. » J’avais rapporté l’anecdote à Alain Peyrefitte qui travaillait alors à son livre sur la Chine. Quelques semaines plus tard, il me téléphone : «  je me suis inspiré des propos de votre père et je vais intituler mon livre : Quand la Chine se réveillera, le monde tremblera. »

  La Chine s’est réveillée et bouscule l’ordre mondial. Il y eu l’ère américaine qui tire à sa fin, attendons-nous à vivre demain sous l’ère chinoise.

 

 

 

 

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27 juin 2019

AVOIR UN ENFANT N’EST PAS UN DROIT

Avec un jour d'avance, voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi :

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        Avoir un enfant n’est pas un droit mais un don de la Nature. Encore pour espérer ce don, faudra-t-il se conformer aux lois de cette Nature que l’on sollicite.

Mais, en France, les nouveaux-venus à la politique, les marcheurs de Monsieur Macron, devraient savoir que la démocratie repose sur le respect de ceux qui pensent autrement.

  Vouloir museler tous ceux qui s’opposent aux règles du soi-disant ‘politiquement correct’, est tout simplement faire le lit à une dictature accompagnée de l’inévitable censure qui déshonorerai le pays des droits de l’homme.

  Déjà, en juillet 2017 les marcheurs du nouveau président français, voulaient réprimer les ‘idées interdites’ par leur fameux ‘politiquement correct’. Le Conseil constitutionnel avait annulé l’amendement comme contraire à la liberté d’expression. Un autre projet de loi est de nouveau en discussion sur la haine sur Internet, lire : des idées contraires, à l’approche du débat sur la PMA et sa suite logique la GPA.

  Comme la gauche, les Marcheurs ont tendance à transformer un combat politique en croisade idéologique et à transformer leurs adversaires en ennemis du genre humain.

  Une frange importante de la population a exprimé son opposition à cette nouvelle attaque de la ‘Famille’. Vouloir criminaliser une opposition, c’est installer, dans ce pays dit des ‘Lumières’, le totalitarisme. Il faut cesser de brandir l’homophobie pour écarter les critiques de la France qui s’apprête à légaliser la PMA pour toutes. Officialiser cette filiation fictive, prétendant que deux femmes peuvent faire un enfant, est une injure à la bienséance et à l’intérêt de l’enfant qu’on fait orphelin de père dès sa naissance.

  Cette société liberticide que l’on veut imposer, est en réalité un grand pas vers le transhumanisme, la liberté reconnue à quiconque, au nom de la non-discrimination, de commander un enfant pour satisfaire une envie, souvent une frustration.

 Par choix, ces couples ont choisi l’infécondité en toute connaissance de cause. Pourquoi punir un enfant à venir pour avoir l’illusion d’une famille. Une famille, on ne le répétera jamais assez, c’est un père et une mère et un, deux ou plus enfants. Aucune loi, sera-t-elle le fruit d’intenses discussions entre des députés- apprentis-sorciers, ne changera cette loi de la nature.   Ni homophobes, ni anti gays, ni racistes, ne sont les défenseurs de la Famille et de l’Enfant.   

  Tout le monde a été enfant et s’est juché sur les épaules de papa et somnoler contre le sein de maman. Comment concevoir autrement la vie d’un enfant ?

  Le poids du mouvement LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres) dans la politique en France, est sans rapport avec sa marginalité. Ils sont l’expression d’une liberté de choix de vivre, que tout le monde leur reconnaît. Mais on ne peut que constater que c’est une minorité agissante, souvent au delà du respect des règles démocratiques. La macronie se trompe si elle croit domestiquer la colère du peuple qui gronde.   Vouloir passer en force, sous prétexte qu’on a la majorité, c’est ouvrir la rue aux protestations, aux débordements et aux violences. C’est le triste tableau que la France donne aujourd’hui, au monde médusé.

  

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21 juin 2019

L’EUROPE A BESOIN DE LA RUSSIE

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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               L’Europe a besoin de la Russie, si elle ne veut pas devenir un vassal des Etats-Unis. La politique américaine à l’égard de Moscou et le suivisme des Européens, particulièrement de Paris, sont en train de jeter la Russie dans les bras de la Chine.

  Pendant que les Alliés, hors Moscou, célébraient en grande pompe le soixante quinzième anniversaire du débarquement en Normandie, Vladimir Poutine recevait avec la même grande pompe son ‘ami’ Xi Jinping, le président chinois.

  Emmanuel Macron, le président français n’a pas jugé opportun d’inviter le président russe, pourtant la Russie a été un  artisan majeur de la défaite des forces nazies.

 Véritable goujaterie diplomatique, on a honoré à juste titre les morts alliés, environ 400000 pour les Américains et ignoré superbement le million de morts russes à Stalingrad et les 20 millions, civils et militaire russes, qu’a été le prix à payer pour battre l’Allemagne d’Hitler.

  Macron, en omettant d’inviter Poutine, a cherché à ne pas embarrasser Donald Trump, dont il ne recevra en échange, que quelques tapes amicales sur les épaules et de temps en temps des bras de fer qui alimenteront  les médias, mais rien sur le fond.

  Le président chinois a salué le président russe comme un ami personnel et souligné la solidité du partenariat stratégique Chine-Russie.

 Est-ce l’intérêt de l’Europe de voir lui échapper un partenaire historiquement européen, aux richesses naturelles gigantesques  en Sibérie.

 Est-ce l’intérêt de l’Europe de voir se former un ensemble, Russie-Chine de près de 27 millions de Km2 et fort d’une population de plus de 1milliard et demi de consommateurs. Certes le PIB par habitant reste modeste, environ 17000 $, mais se développe, surtout en Chine, d’une façon exponentielle.

 Faut-il ignorer l’ensemble militaire que représente une telle coalition, avec une Russie en avance sur les États-Unis eux-mêmes, dans le domaine des armes nucléaires tactiques.

 Henry Kissinger avait, en son temps, élaboré sa célèbre doctrine du triangle Washington-Pékin-Moscou. Il fallait, selon lui, que l’Amérique, dans sa politique étrangère, s’arrange toujours pour être politiquement plus proche de la Chine et de la Russie, que les deux puissances asiatiques entre elles. On en est loin, aujourd’hui. Peut-être que l’Europe devrait faire sienne cette doctrine du triangle et surtout amarrer la Russie, tant faire se peut, à l’Europe. Vis-à-vis de ses deux puissances, l’Europe et en particulier la France ne devrait pas faire du suivisme à l’égard de la politique américaine en la matière.

  Les idéologues néoconservateurs américains, aujourd’hui au pouvoir, nuisent aux intérêts européens d’une façon délibérée. En sabotant les accords politiques intra-ukrainiens du 21 février 2014 parrainés par la France l’Allemagne et la Pologne, ils ont provoqués la réaction de Moscou en Crimée. Il faut savoir, à l’instar de Kissinger,  négocier avec les Russes et les Chinois tout en se montrant ferme sur les désaccords qui peuvent exister.

 La guerre commerciale avec la Chine est loin d’être gagnée.  Par une lettre rendue publique, adressée à Donald Trump, un collectif de plus de 500 entreprises de la distribution, comme Walmart, Target ou Macy’s, du monde industriel et pétrolier, de tous les ports de la côte Ouest des Etats-Unis, 140 groupes industriels, le supplient de mettre un terme à l’escalade de la guerre commerciale avec la Chine. Ils déclarent que les surtaxes déjà en place, représentent 810 dollars prélevés chaque seconde dans la poche des consommateurs américains, soit plus de 72 millions de dollars par jour. Ces mesures vont détruire 2 millions d’emplois et couter 1 point à la croissance du PIB.

  On sait que Donald Trump ne fait pas dans la nuance et voit tout en noir ou tout en blanc, mais l’Europe, riche de deux mille ans d’expérience diplomatique, doit un jour, ramener la Russie dans la famille européenne, qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

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15 juin 2019

LE MALAISE FRANÇAIS, UN ENSEIGNEMENT POUR LE MAROC

Chronique politique hebdomadaire du vendredi, avec 24 heurs de retard et mes exuses.

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    Apparemment, c’est l’État-providence qui est à l’origine du « malheur » français.  Dans toutes les enquêtes qui atterrissent sur le bureau des responsables des divers départements concernés, à l’ONU, les Français sont parmi les peuples les plus malheureux et les plus pessimistes des pays développés. C’est un véritable paradoxe, car le niveau de vie moyen par habitant de la France est un des plus élevé, le deuxième des vingt huit pays de l’Union européenne, juste après le Luxembourg.

 La France, que certains considèrent le dernier pays marxiste du Monde libre, est le plus égalitaire du monde développé. Ce pays est parmi les dix premiers de l’Union, eu égard à la faiblesse de l’écart entre les plus riches et les plus pauvres.

  Contrairement aux slogans syndicaux, aux manifestations, comme celles des « Gilets jaunes », les gouvernements qui se sont succédés, ont toujours veillé à maintenir une dynamique positive du pouvoir d’achat. Sur les dernières soixante années, le revenu brut disponible des ménages n’a connu que trois baisses annuelles. La lutte contre la pauvreté a fait progresser le niveau de vie de 10% des ménages les plus pauvres, de près de 20 % en euros constants. 

La France a le taux le plus faible des ménages pauvres d’Europe, après le Danemark et la République tchèque.

 Contrairement aux déclarations de la Gauche française, les entreprises et les riches sont les plus fortement taxés des pays développés. Il faut noter que 1% des ménages les plus riches paient 25% du total de  l’imposition directe sur le revenu. La France est également le pays qui impose le plus le capital, même après la réforme de l’ISF, en Europe, bien loin des suivants, la Belgique et le Danemark. 

 On doit se poser légitimement la question : Pourquoi les Français se sentent malheureux avec de tels statistiques qui mesurent des faits indiscutables ?

 Comment les français, qui sont les champions du monde de la dépense publique (57% du PIB) et des prélèvements obligatoires (47% du PIB) soient les citoyens les plus insatisfaits de leurs services publics et de leur système social ?

Certains l’expliquent par trop de protection sociale qui finie par tuer cette protection, à tuer l’élan créateur de l’homme, l’innovation créatrice de richesses. Il semble bien qu’une trop grande protection sociale tue la croissance économique, nécessaire au financement de ladite protection. 

  On peut trouver également des réponses dans l’ouvrage « Toujours Plus » de François de Closets, journaliste, écrivain. Ce ‘toujours plus’ serai un mal français et pourrai expliquer cette insatisfaction constante qui en fait un citoyen malheureux.

L’enseignement à tirer pour le modèle économique marocain est de veiller à :

-     ce que le système ne soit pas centré sur la taxation des revenus du travail. En France, elle représente 52% contre 39% dans l’Union européenne.

-     Eviter la colère du Maroc qui travaille.

-     Eviter, dans la mise en place d’un système de redistribution, de pénaliser les classes moyennes.

-     Chercher la mise en place d’un système social progressif et non assurantiel.

-     Eviter que le développement des dépenses sociales ne soit pas fait au détriment des budgets de la sécurité intérieure, la police, la justice et surtout de l’enseignement et la recherche.

   En France, depuis des décennies, les classes moyennes sont massivement taxées, faiblement aidées socialement et de moins en moins bien servies par les administrations.

 Évitons ce futur au Maroc qui travaille, si nous voulons un développement harmonieux, paisible et juste pour le Pays.

 

 

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07 juin 2019

LE RÉVEIL DES PEUPLES

Comme tous les vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire :

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    La démocratie, confisquée par les Élites, a montré ses limites. Les politiques continuent à gouverner avec des schémas du passé. Ils ignorent superbement le monde réel d’aujourd’hui et encore moins ce que le futur nous réserve.

 À écouter les candidats au parlement européen, ils nous parlent encore de divisions et de frontières. Ils nous parlent de structures dépassées, lorsque la globalisation impose aujourd’hui, avec l’avion, internet, Facebook, les liaisons satellites, les Smartphones, de remettre en question l’organisation du monde. Vont-ils enfin réaliser les limites des États-nations. 

 Le XXe siècle a eu ses heures de gloire, mais aujourd’hui les technologies nouvelles nous construisent un monde nouveau. Les peuples le sentent instinctivement. Certaines structures vont cesser d’exister et les responsables politiques continuent à défendre ce monde dépassé, au lieu de préparer les administrés aux changements et aux réformes qui s’imposent. La robotique associée à l’intelligence artificielle va bouleverser le monde du travail. L’homme ne va plus offrir d’effort musculaire, aussi faible soit-il. Il ne gagnera plus sa vie à la sueur de son front, mais à celle de son cerveau. En attendant, ce nouveau monde que nous construit la digitalisation associée à l’intelligence artificielle, bouleverse le monde du travail et laisse sur le bord de la route, nombre de chômeurs qui mourront chômeurs. Un problème que la solidarité de cette nouvelle société en devenir doit résoudre. 

 Profitant des réactions instinctives et spontanées des citoyens, des militants anarchistes et souvent casseurs, au nom de la liberté, cherchent à abaisser, à exclure les « ennemis » que désignent leurs préjugés.

Même le pouvoir judiciaire, en France et ailleurs, se substitue aux élus du peuple pour légiférer sur des questions de société.

Le politiquement correct, dans le sillage tracé par les américains, veut museler les récalcitrants, foin d’avis divergents. Ce radicalisme culturel a envahi tous les compartiments de la société, et s’abat sur les citoyens comme une chape de plomb. 

La chute du pouvoir d’achat a été masquée par des artifices monétaires et surtout par l’importation de produits à bas coût de revient importés, alors qu’en réalité il s’effondre au travers des emplois détruits par les délocalisations.

 Le réveil du peuple vient en réalité du constat de son appauvrissement et la recherche du bouc émissaire.  Les classes moyennes paient un lourd tribut aux crises successives pendant que les riches s’enrichissent, un paradoxe du système libéral.

 Aujourd’hui, toutes les normes communes qui ont fait le « vivre ensemble » sont attaquées au nom du droit et d’une morale dont ils monopolisent le sens. 

Le peuple ne veut plus de la dictature des identités née aux Etats-Unis. La victimisation identitaire est une puissance  dont le pouvoir d’intimidation et de nuisance, échappe à toute volonté politique de fermeté et à tout discours de la raison.

  C’est contre tout cela que les peuples se rebellent en rejetant leurs élites. Il ne s’agit pas de populisme, mais d’un réveil qui veut qu’on revienne au bon sens et à la mesure. Comme l’a si bien dit l’ancien chef de l’état polonais, Lech Walesa : « On avait la peur de Dieu et la peur du voisin. Mais aujourd’hui on a seulement le code de la route ».

 L’inévitable ouverture des frontières aux hommes, aux capitaux, aux biens et aux idées est en cours. C’est une révolution d’ampleur mondiale que les politiques n’ont pas planifiés et pour laquelle ils n’ont pas préparé leurs administrés en procédant aux réformes qui s’imposent.

On parle beaucoup d’un nouvel ordre mondial, mais les  bruits de bottes, un peu partout dans le monde retarde le début de cette nouvelle ère attendue, une ère moins menacée par la terreur, plus dévolue à la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix.

   C’est à cela qu’aspirent les mouvements spontanés des peuples, un peu partout dans le monde.

 On ne pourra pas ignorer ce réveil en le qualifiant, à tort, de « populisme ».

  Dans son fameux discours de Maastricht en 1992, Philippe Séguin déclarait déjà : « Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalisme et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s ‘exprime sa liberté, c’est à dire son droit imprescriptible à choisir son destin ».

  Les recompositions politiques, à l’Est comme à l’Ouest, au Nord comme au Sud de l’Europe, semblent lui donner raison. Les politiques continuent à se battre avec les schémas du passé, et n’auront aucune chance dans l’actuelle bataille de la pensée positive.

C’est bien à un réveil des peuples que l’on assiste et non à une explosion populiste.

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31 mai 2019

OÙ EST PASSÉE LA FRANCE DES LUMIÈRES ?

voici ma chronique politique du vendredi, une réflexion un peu amère, mais pleine d'inquiétude et d'interrogations.

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              Formatés depuis notre plus jeune âge, dépositaires de tant d’idées reçues, nous acceptons sans réfléchir, les hommages que l’on doit aux grands Hommes. Tous, des grands hommes ? Tous héritiers du Siècle des Lumières ? C’est à voir !

Le siècle des Lumières fut un mouvement intellectuel lancé en Europe, dans les années 1700. Dépasser l’obscurantisme, propager les connaissances, voilà quels étaient les buts de ce mouvement. Ce seront des philosophes et des intellectuels, qui s’opposeront à la superstition, à l’intolérance, aux abus de l’Eglise et des Etats.

La glorieuse révolution de1688, en Angleterre, en fut la première expression. Cette révolution pacifique, aboutit à l’instauration d’une monarchie constitutionnelle et parlementaire, instaurant la liberté du culte. En février 1689, cela sera la « Déclaration des Droits » qui s’inscrira dans la loi des acquis du Commonwealth d’Angleterre. La période charnière fut la fin du règne de Louis XIV. La révolution française de 1789 en marquera le déclin.

Depuis, la France surf sur cet acquis, comme un bateau qui continue sur son erre.

Que retenir du Siècle des Lumières ?

- La primauté des sciences sur la Providence

-Le développement de l’esprit critique

- La désacralisation de la monarchie

- Le rejet de l’intolérance dans une Europe meurtrie par les divisions religieuses

- Le déisme : la croyance dans l’existence d’un Dieu créateur unique, sans message religieux spécifique.

Ces points forment le socle de la philosophie des Lumières. Nicolas de Condorcet, Louis Sébastien Mercier, Montesquieu, Voltaire, Diderot, Beaumarchais et d’Alembert, par leurs œuvres et leurs écrits, vont donner au Siècle des Lumières, ses lettres de noblesse.

D’autres encore, savants, chercheurs, naturalistes, incarneront l’esprit des Lumières, chacun dans son domaine.

Voilà le lourd héritage que doit assumer la France, voilà l’héritage que devront assumer tous les grands esprits qui suivront. Tous ? On peut en douter quand on écoute ou qu’on lit les uns et les autres.

Depuis, on a eu , en France, le productivisme dévastateur, le nationalisme belliqueux, le scientisme dogmatique, l’affaire Dreyfus et le racisme colonial porteur des pires catastrophes.

J’ai été élevé, en ânonnant « Nos ancêtres les Gaulois », dans le culte, entre autres, de Jules Ferry, l’auteur des lois de la troisième république, instituant l’instruction obligatoire et gratuite. Considéré, plusieurs décennies après sa mort, comme l’un des pères fondateurs de l’identité républicaine, il était, pour moi, l’un des continuateurs du siècle des Lumières. Ceci, jusqu’au jour où je découvre son discours du 30 juillet 1885, à l’Assemblée Nationale, sur le colonialisme. Il déclarait, je cite : « Messieurs,  il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit,  parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir de civilisation. »

De cette chambre attentive à ces propos, seul un homme, Clemenceau, s’éleva contre ces propos : « Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit !.............. J’y regarde à deux fois avant de me tourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme et civilisation inférieurs »

On est loin du siècle de Lumières ! Il faut toujours éviter d’idéaliser un pays ou un homme, fussent-ils la France ou Jules Ferry.

Peut-être ne faut-il pas trop fouiller dans le passé, pourtant plein d’enseignements. Il est inquiétant de voir cette société, sans Dieu et sans racines, qui tourne le dos à la famille, que l’Europe veut nous vendre aujourd’hui.

À voir ce qui se passe en France, à voir les discours éculés des hommes politiques, l’irresponsabilité des syndicats squelettiques mais super performants dans la nuisance, les casseurs du samedi, sans foi ni loi, les révolutionnaires du même samedi, qui vont à la manifestation comme ils vont au bal du samedi soir, on peut se demander, à juste titre, mais ou est passée la France des Lumières, où est passée la France des droits de l’Homme ?

 

 

 

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