Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

15 décembre 2017

Nous intervenons pour protéger les civils !

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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L’enfer est pavé de bonnes intentions, peut-être, mais les interventions militaires des grandes puissances, doivent aller plus loin que l’alibi récurant de « la protection des populations civiles. »

Les américains en Irak, les français et les anglais en Libye, ont peut-être mis fin à des dictatures, mais ils ont plongé les deux pays dans le chaos.

Au moment où l’on parle de nouveau, d’une éventuelle  intervention militaire en Libye, il serait bon, en amont, mesurer ses chances de succès, eu égard au but recherché. Nous devons, au préalable, nous poser quelques bonnes questions, avant de donner la parole aux armes.

Ces chaos auraient pu être évité, si l’impréparation politique, sociale et administrative, n’avait été aussi flagrante, aussi bien chez les américains que chez la coalition franco-anglaise.

Les grandes puissances devraient respecter trois axiomes avant de se lancer dans de telles aventures.

Le premier est d’avoir prête une relève gouvernementale, locale et compétente, capable de prendre en mains, immédiatement, l’administration du pays.

Le deuxième axiome est plus morale que matériel : être capable de garantir aux populations pour lesquelles on a accouru protéger, des conditions de vie meilleures.

Le troisième est de se poser, en toute franchise, la question de l’intérêt, pour le pays de la force intervenante, d’une telle opération.

Ces conditions n’ont jamais été réunies, ni en Irak, ni en Libye.

Aujourd’hui, l’Irak sort peu à peu d’un chaos du à l’ignorance des américains du monde arabe. La Libye est encore dans le chaos, sanctuaire à djihadistes, déstabilisant l’ensemble de la bande sahélienne, et danger permanent de déstabilisation pour l’Egypte et la Tunisie.

La Libye, aujourd’hui, est devenue une plaque tournante du trafic des êtres humains en provenance de l’Afrique noir, avec le retour de l’esclavage. En outre, elle est devenue l’une des routes favorites pour l’acheminement de la drogue.

L’intérêt des pays du nord de la Méditerranée est de mettre fin à cette situation. Encore faut-il une réelle coalition d’intérêts et une préparation minutieuse. L’improvisation n’est pas de mise, vu la situation catastrophique en Libye. Les pays du G5 du Sahel, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso, ainsi que les pays amis du Maghreb, devraient se joindre à eux pour mettre enfin de l’ordre dans la région.

L’Angleterre et la France sont responsables du problème libyen. Il leur appartient de prendre la tête de cette nouvelle croisade, clairement et sans tabous. Ces deux pays ne pourront pas faire l’économie d’une nouvelle intervention militaire, cette fois-ci préparée, sans précipitation et sans l’alibi de ‘la protection des civils’ mais dans l’intérêt bien compris de tous les pays de la région, y compris ceux de l’Union européenne. C’est à cette condition, et à cette condition seulement, que les pays du G5 du Sahel se mobiliseront. En matière militaire, rien ne vaut la force de l’exemple.

 

 

 

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08 décembre 2017

Un nouveau challenge pour l'homme: l'intelligence artificielle

Voici ma chronique hebdomadaire, ke ne suis pas certain qu'elle ne soit pas politique.

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        L’homme, depuis son arrivée sur terre a eu à subir des mutations nombreuses, et à relever d’innombrables défis, lui permettant de rester le ‘maître pensant’ de tout ce qui peuple cette planète. Supérieur par sa capacité de penser et de prévoir, l’homme a été sans conteste, à ce jour, l’animal ‘Roi de la forêt’.

Voilà que l’humanité, aujourd’hui, entre dans l’ère des robots et de l’intelligence artificielle.

Durant deux jours (1 et 2 décembre 2017) , à l’Abbaye de Royaumont, se sont succédé au pupitre, les sommités mondiales de l’IA (l’intelligence artificielle), auxquelles des financiers, philosophes, économistes, entrepreneurs, juristes ont répondu, en partageant avec eux leurs réflexions sur le sujet.

Avec l’électricité et l’informatique, l’intelligence artificielle est en train d’introduire l’humanité dans une nouvelle révolution qui va bouleverser l’économie, la forme de société dans laquelle nous vivons et tout simplement notre vie quotidienne.

Le champ d’application de la robotique et de l’IA est tellement vaste, qu’on peine aujourd’hui à en apercevoir les limites. Le monde est en train de rentrer de plein pied dans la quatrième révolution industrielle. Il y a plusieurs phases dans le bouleversement apporté par l’IA, la première étant celle des robots, la plus puissante en termes d’effets et donc la plus prometteuse.

On retiendra le paradoxe souligné par un intervenant : les pays émergents adoptent plus vite les nouveaux comportements que les Américains ou les Européens (temps passé sur les réseaux sociaux, sharing économie, services spécialisés sur Smartphone, etc.).

 Leur niveau d’adoption est le double de celui des pays d’Europe.

On compte aujourd’hui 32000 robots en France,  contre 180000 en Allemagne. L’Italie possède deux fois plus de robots que la France.

Elon Music (Tesla), Reid Hoffman (Linkedin), Peter Thiel et Sam Altman (Y Combinator) ont lancé le projet OpenAI, pour démocratiser l’intelligence artificielle. Pour eux, celle-ci va être l’un des développements les plus importants de l’histoire humaine. Nous allons vers un nouveau système économique qui verra la fin du règne du système capitaliste, aux dires du penseur américain, Jéremy Rifkin, inventeur de la « société du coût marginal zéro ».

Il va y avoir d’énormes sujets d’éthiques à traiter, il faudra construire une nouvelle morale, car l’IA accélère le temps, bouscule les repères, pousse à l’eugénisme et à la neuro-technologie.

Laurent Alexandre, célèbre chirurgien et neurobiologiste, déclare : « ‘La mort de la mort’ est un slogan transhumaniste, mais le débat doit porter sur l’allongement de la vie et le progrès de la médecine, non sur l’idéologie transhumaniste. » Ce à quoi répond l’écrivain Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune ; « On est passé du theo-centrisme, à l’anthropo-centrisme, au bio-centrisme, puis aujourd’hui au techno-centrisme ; l’homme n’est plus rien et la transhumanisme prospère sur le vide. »

On aura à repenser le monde du travail. L’arrivée de l’intelligence artificielle va défavoriser les gens qui ne sont pas adaptés au monde de la data. A cours terme, les gens les moins doués vont être les plus bousculés, les tensions sociales vont être immenses, jusqu’au jour où l’ouvrier d’aujourd’hui aura cédé la place au collaborateur formé aux nouvelles technologies.

Comme l’ont conclu les Entretiens de Royaumont, l’ère de la robotique et de l’intelligence artificielle sera-t-elle la meilleure ou la pire des choses : c’est à l’homme de décider. Elle sera ce qu’il en fera.

 

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07 décembre 2017

La diplomatie américaine dans la tourmente

  Il y a 22 ans, en 1995, le Congrès américain votait la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël et ordonnait le transfert de l’ambassade US de Tel-Aviv à Jérusalem.

Depuis cette date, les présidents américains qui se sont succédé, républicains ou démocrates ont, tous les six mois, suspendu l’obligation légale de déplacer l’ambassade.

Pourquoi ? Pour garder intacts les possibilités de Washington à contribuer à l’instauration d’une paix juste et durable, entre Israël et les Palestiniens.

Aujourd’hui, Donald Trump a fait fi de toute diplomatie et retiré les Etats-Unis de la scène du Moyen-Orient. Il contribue ainsi, avec d’autres, à enterrer un processus de paix moribond.

La paix n’a pas besoin de Washington ou d’autres capitales, c’est les deux peuples directement qui l’imposeront à leurs dirigeants. La juste paix s’imposera un jour prochain, quelque soit les embuches qu’elle rencontre sur son chemin.

 

 

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24 novembre 2017

Jusqu'où peut aller la science ?

Cette semaine, ma chronique n'est pas politique, encore, je n'en suis pas certain. Les chercheurs de l'immortalité posent plus de questions qu'ils n'en résolvent.

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                Lorsque pour la première fois, j’ai lu qu’un milliardaire de la Silicone Valley finançait des recherches pour éradiquer la Mort, j’eu un sourire condescendant. J’avoue que je trouvait saugrenue, l’idée même de prétendre faire échec à la Mort.

N’est-ce pas le sort de tout un chacun, de mourir un jour, le plus tard possible, je vous l’accorde.

Pour moi, nous sommes tous Mortels, et rien ne peut changer cette vérité première.

Médusé, je découvre un monde de chercheurs, ignoré par les grands médias, qui mène une vraie guerre à la mort. Les humains meurent toujours d’un problème technique, et tout problème technique a une solution technique, disent ces chercheurs de l’impossible.

Une minorité croissante de chercheurs et de penseurs parlent ouvertement de cette ambition, et sont convaincus que le projet phare de la science moderne est de vaincre la mort et d’offrir aux humains l’éternelle jeunesse.

Plusieurs écrits, nombre d’ouvrages traitent aujourd’hui de la question : l’immortalité est-elle pour demain ?

Pour les religions monothéistes, le sens de notre existence dépend de notre destin dans l’au-delà. Quelle société aurons-nous alors, dans un monde sans mort, un monde sans ciel, sans enfer ni réincarnation, un monde sans but et surtout sans point final.

Jusqu’à ce jour, l’évolution attendue de la science a été l’allongement de l’espérance de vie, dans les meilleures conditions possibles, Mathusalem n’avait-il pas plus de deux cents ans. Mais éradiquer la mort, ne serait-ce pas la fin de l’humanité ? L’homme, n’étant plus un mortel, va se transformer en un des nombreux dieux de l’Olympe. Cet homme, dans un ouvrage récent d’un chercheur, Yuval Noah Harari, a été nommé : Homo deus. Ce rêve vertigineux s’accompagne de nombre de cauchemars.

À écouter ces explorateurs du futur, une guerre implacable contre la mort paraît inévitable. Tant que des hommes mourront de quelque chose, la médecine s’efforcera de l’empêcher.

La peur de la mort, enracinée chez la plupart des êtres humains, donnera à ce combat contre la Mort, un élan irrésistible. Woody Allen, connu pour sa peur et son obsession de la Mort, déclarait : «  Je ne veux pas accéder à l’immortalité par mon travail. Je veux l’obtenir en ne mourant pas. »

Pour les religieux, une telle recherche est un blasphème : en recherchant la béatitude et l’immortalité, les êtres humains tentent, en fait, de se hisser au rang de dieux.

Il faut reconnaître, qu’aujourd’hui, si le rêve d’immortalité et de divinité nous déconcerte, on ne traite plus de fous, ceux qui cherchent la réponse à ce qui était, encore quelques années, une utopie.

On peut se poser la question : jusqu’où peut aller la science ? Ne doit-on ou peut-on mettre une limite aux recherches ? Vraisemblablement non. L’Homme n’arrêtera pas d’avancer, mais pour aller où ? 

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17 novembre 2017

Le réveil de l'Arabie saoudite

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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               Sully, ministre et ami du roi de France, Henri IV, déclarait en son temps : «  Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France ! » Ceux de l’Arabie des Saoud sont ; Pétrole et Pèlerinages à la Mecque. C’est bien, tant que le prix du baril de pétrole est aux sommets. Aujourd’hui, les variations du prix du baril sont erratiques et vraisemblablement la tendance ‘baissière’ durable, ce qui est en train de mettre un point final à l’Etat-providence.

Mohamed Ben Salmane (MBM), 32 ans, est le prince héritier, devenu en quelques mois, l’homme fort du pays.

Réformes ou révolution, ou les deux à la fois, c’est à quoi le jeune Prince s’est attaqué, non sans risques. Il est vrai que la révolution, c’est quand le peuple ‘ne veut plus’ et que l’Etat ‘ne peut plus’. Le peuple saoudien commence à ne plus vouloir et la famille régnante à voir son pouvoir s’éroder.

MBM a prit l’initiative d’une véritable révolution de palais, éliminant tout obstacle lors de son sacre, au moment voulu. Au delà de la consolidation du pouvoir en vue de la succession, MBM veut moderniser le pays, mettre au travail les forces vives de la Nation. Soixante dix pour cent des saoudiens ont moins de 20 ans, dont plus de 30% sont touchés par le chômage, et la relève du pétrole est loin.

Dès l’arrivée au pouvoir de son père, Salmane, en janvier 2015, MBS s’est attaché à rationaliser un Etat-providence trop couteux, en adoptant des mesures d’austérité inédites et à réduire la dépendance au pétrole. C’est une véritable course à la diversification économique qui secoue les structures du pays. Améliorer le statut de la femme, ouvrit d’autres horizons, comme le développement de l’industrie des loisirs et de la culture, sont autant de brèches faites au conservatisme et à la mainmise du clergé wahhabite sur la société civile.

Dès le début du règne de son père, la lutte contre la corruption, fléau majeur en Arabie, a constitué une de ses priorités.

MBS veut revenir à un Islam modéré et lutte contre les extrémistes. Il souhaite réinvestir le terrain sociétal, laissé, jusqu’à aujourd’hui, à l’autorité religieuse. Pari audacieux et à suivre avec attention, car c’est une des clés pour la modernisation du pays et au décollage économique. L’establishment religieux est déstabilisé et divisé, mais il préférera se plier et composer pour garder ses privilèges.

Le pays a besoin d’investissements étrangers pour accompagner la politique de diversification économique voulu par MBM. Pour cela, l’Homme fort du pays devra résoudre deux impasses dans lesquelles l’Arabie saoudite s’est malencontreusement engagée : le soutien à certains groupes terroristes et la guerre au Yémen.

Au Liban, l’amateurisme et l’aventurisme de la diplomatie saoudienne inquiètent plus que le pragmatisme iranien.

Le problème du Qatar est une autre histoire qui s’inscrit dans la lutte de leadership entre l’Arabie saoudite et l’Iran, entre le monde sunnite et celui chiite.

 Après la Chine et l’Inde, allons nous assister au réveil de l’Arabie saoudite, la voir quitter l’obscurantisme pour entrer de plein pied dans le monde moderne. On ne peut que souhaiter au jeune prince héritier, qu’il gagne ses paris, pour un réveil de l’Arabie saoudite dans la sérénité.

 

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10 novembre 2017

Ces Palestiniens oubliés

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                    Il y a cent ans, un siècle, un 2 novembre 1917, lord Arthur Balfour, alors ministre des Affaires étrangères de Sa Majesté britannique, s’engagea à ce que la puissance mandataire appuis de « tous ses efforts » la création d’un foyer national juif en Palestine. Cette terre comptait alors 1.200.000 Palestiniens pour 600.000 juifs.

Le 29 novembre 1947, c’est le partage décidé par l’ONU (résolution 181). Les juifs l’acceptent et proclament, dans la foulée, l’Etat d’Israël. Poussé par les capitales arabes et surtout la Ligue arabe, le Haut Comité arabe palestinien, suivi par la quasi totalité des dirigeants de la communauté arabe, rejette le plan. Avec la promesse d’un retour à leurs foyers dans deux ou trois semaines, à la défaite des juifs, des milliers de palestiniens prennent le chemin de l’exil, lourde responsabilité des dirigeants arabes, particulièrement de la ligue arabe. L’Egypte était alors gouverné par le Roi Farouk 1er, le royaume est miné par la corruption et la défaite dans la guerre israélo-arabe va entrainer la révolution égyptienne de 1952. C’est l’arrivée au pouvoir de Mohammed Naguib accompagné de Gamal Abdel Nasser.

Le paradoxe est que les Palestiniens se battent, aujourd’hui, pour avoir un Etat qui leur avait été accordé par l’ONU en 1947, et ce dans une plus petite partie de Palestine, que celle qui leur était proposée par la résolution 181 de l’ONU.

La démographie aidant, les Palestiniens seront-ils un jour plus nombreux que les huit millions sept cent mille israéliens d’aujourd’hui ? Yasser Arafat disait : « notre atout, c’est le ventre de nos femmes. »

Les Palestiniens en Israël et dans les territoires occupés sont, aujourd’hui, environ 7 millions. Mais on parle peu des Palestiniens de la diaspora, ceux qu’on appelle : ‘Les Palestiniens oubliés’. A l’exception de l’Amérique ‘honnie’, où plusieurs ont fait fortune ainsi qu’en Grande Bretagne, ils sont encore, pour la plupart, parqués dans des camps, essentiellement dans les pays arabes. Gaza et la Cisjordanie abritent 27 camps où végètent plus de 650000 refugiés, sous la houlette de l’UNWRA. La Jordanie gère 10 camps pour 300000 palestiniens, le Liban 12 camps pour 225000, la Syrie contient 10 camps officiels pour 225000 refugiés. Comment peut-on justifier, qu’après la guerre, les guerres israélo-arabes, qu’après un exil de plus de soixante ans, il existe encore des familles palestiniennes vivant dans des camps de refugiés. En outre, on reste très discret sur l’apartheid infligé aux Palestiniens par plusieurs des pays arabes.

Ces palestiniens sont en première ligne dans le drame syrien et le chaos irakien. D’après Khaled Abu Toameh, Journaliste-conférencier, arabe vivant en Israël, plus de 1600 palestiniens ont disparu en Syrie et des centaines d’autres ont été tués depuis le début de la guerre civile, certaines sources parlent de plus de 4000.

Avec la nouvelle donne au Moyen Orient, les nouvelles alliances, le conflit israélo-palestinien a quitté le radar des gouvernants arabes. Certes, il reste un problème, mais pas prioritaire.

C’est bien de faire de grands discours en faveur des Palestiniens, c’est bien de jeter l’anathème sur ceux qui essayent de nouer le dialogue avec l’autre, mais cela serait peut-être mieux de commencer par permettre aux palestiniens de s’intégrer dans les pays où ils sont, par la force des évènements, des refugiés. Il serait plus ‘Oummat’ de ne pas les traiter comme des citoyens de seconde zone. Ces palestiniens oubliés par les médias, font également partie du peuple palestinien, si cher à Yasser Arafat.

 

 

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03 novembre 2017

Le Japon est-il un modèle à suivre ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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       Peu après la deuxième guerre mondiale, le Japon allait suivre une courbe de développement que la Chine suivra à son tour. Il inonda le marché mondial d’objets de première nécessité, de mauvaise qualité, au point que le qualificatif de japonais, signifiait, dans beaucoup de pays : mauvaise qualité. Et puis, la qualité s’est affirmée, et le Japon devint la troisième puissance économique de l’époque.

Aujourd’hui, ‘le pays du Soleil Levant’ reste la 3e  puissance économique du monde pour le PIB nominal, et la 4e pour le PIB à parité du pouvoir d‘achat. En ce début du XXIe siècle, il est considéré comme l’un des leaders mondiaux des nouvelles technologies respectueuses de l’environnement.

Catastrophes naturelles, crises financières et géopolitiques, vieillissement de la population, le Japon est en première ligne de tous ces défis. Il préfigure ceux que les pays développés auront à traiter. Le gouvernement japonais fait preuve de volontarisme et d’une maîtrise dont on scrute avec appréhension les résultats. Ce pays a déjà expérimenté tous les défis auxquels le monde, aujourd’hui, est confronté.

Shinzo Abe, le premier ministre, trois fois confirmé, veut mobiliser l’internet des objets, le big data et l’intelligence artificielle : « pour répondre aux défis sociaux auxquels le Japon est confronté en avance des autres pays. »

Devenu par la force des choses un laboratoire, grandeur nature de la croissance molle, est-il un exemple d’efficacité ? Il reste néanmoins le pays aux excédents commerciaux considérables, le créancier international, devant la Chine, avec des avoirs extérieurs nets de 3200 milliards de dollars.

Et pourtant, il fait penser au colosse de Rhodes ;  aujourd’hui dixième pays le plus peuplé du monde (127 millions environ), en cinq ans, sa population a diminué d’un million et cela va continuer en s’accélérant. Le déclin démographique semble inexorable, du fait de la faiblesse de l’immigration et de l’inertie du taux de natalité.

Les hommes et les femmes du Japon rejettent l’idée du mariage, dans une proportion alarmante. Selon l’Association de planning familial japonaise, 36% des garçons entre 16 et 19 ans n’ont aucun intérêt pour le sexe. Un quart des personnes non mariées âgées de trente ans et plus, hommes ou femmes, n’ont jamais eu de relations sexuelles.

Comment un peuple peut se suicider ? Tout simplement en ne faisant pas d’enfants.

Tout le monde anticipe le déclin démographique du Japon, mais ce qui arrive au pays du Soleil Levant menace l’Europe : stagnation économique, austérité et surtout calcification sociale et économique.

La démographie est une science implacable et pour le Japon, prolonger les courbes est terrifiant. Si le peuple japonais ne retrouve pas un élan vital, un désir de vie et un désir d’enfants, il va tout simplement disparaître. La réponse évidente au problème démographique du Japon serait de faire appel à une large échelle à de l’immigration. Mais les japonais, très attachés à leurs particularismes culturels, y sont fermement opposés.

La manière dont le Japon contiendra son déclin pourra servir d’exemple aux pays développés.

 

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27 octobre 2017

Le nouveau Mao est arrivé

Chonique politique hebdomadaire du vendredi

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             L’Occident, les Etats-Unis en tête, devront réviser leurs certitudes. L’axiome selon lequel le développement d’une société ne peut se concevoir qu’après  avoir, au préalable, installer la démocratie, est mis en pièces par le président chinois, Xi Jimping.

La Chine est devenue la deuxième puissance économique du monde, sans pour cela être devenue un exemple de démocratie. Xi Jimping, l’Empereur rouge, assume son pouvoir absolu et ne semble pas enclin à copier les régimes occidentaux. « La Chine n’a pas à copier mécaniquement les systèmes politiques d’autres pays » déclare-t-il au XIXe congrès du Parti communiste chinois. C’est le retour en force de la doctrine marxiste au service d’un seul homme. L’écart idéologique avec la Chine ne cesse de se creuser, ce qui pose à l’Occident de grands défis économiques et politiques.

N’en déplaise aux utopistes indécrottables, la Chine n’est plus communiste depuis longtemps, mais elle n’est pas devenue, pour autant, une démocratie exemplaire, loin s’en faut.  Comme le dirait Emmanuel Lincot, le modèle chinois est une ‘démocrature’. Ce n’est pas un régime totalitaire, mais une forme de dictature sans complexe, qui se permet de s’affranchir du dogme, en adoptant la loi du marché et en mettant en place des réformes économiques et structurelles, que nombres d’économistes du monde capitalo-libéral ne rejetteraient pas. Mais tout cela dans la prééminence du Parti, en dehors duquel il n’y a pas de salut. Xi a installé une véritable dictature, mais avec des formes de démocratisation. C’est ce que les Anciens appelaient : ‘une dictature éclairée’.

Dans son discours fleuve, après avoir lancé un sévère avertissement à ceux qui voudraient saper l’autorité du régime, il s’est, à nouveau présenté comme le défenseur d’une économie mondiale globalisée, dans laquelle la Chine n’est une menace pour personne. Il fait là une nette séparation entre les techniques de gestion de l’économie, et l’idéologie marxiste, qui pour lui, ne peut s’articuler qu’au sein de l’hégémonie du Parti.

La conquête de tous les leviers du pouvoir fait, maintenant, de Xi Jimping, le président le plus puissant après Mao. Sa doctrine, qui figure désormais dans la charte du Parti, l’a fait entrer au panthéon communiste et lui confère un statut équivalent à celui de Mao Tsé-toung. Cette consécration va lui donner une ‘autorité suprême ‘ contre qui il sera quasiment impossible de s’opposer. Avec le colossal projet des nouvelles routes de la soie de Xi Jimping, les Etats-Unis auront fort à faire pour freiner l’ascension de cette nouvelle Chine, puissante et modernisée. Pour cela, il faut que Washington stop le déclin dans lequel le pays est engagé, et qu’il reprenne sa marche en avant, économique, politique et diplomatique. Est-ce possible avec un Président comme Donald Trump ?

Car le nouveau Mao avance maintenant à visage découvert : «  Make China the Greatest Again » (Faire la Chine la plus grande de nouveau)

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20 octobre 2017

Où va la France ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                               Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emanuel Macron, la question se pose sur l’orientation politique, économique et sociale qu’il entend donner au pays.

Le pourfendeur de la Droite et de la Gauche, a bien détruit les partis, socialiste et républicains, mais cette étape annonce-t-elle une réforme profonde et réelle de la maison France.

Il n’y a pas bien longtemps, un sénateur américain me disait : «  la France est le dernier pays communiste de la planète ». Cela m’a interpellé et m’a amené à me pencher de plus près sur les structures de l’Etat et de la société française.

L’état des lieux fait, assurément la France vit dans une économie socialiste.

Mercredi 27 octobre sera le jour de la présentation du projet initial de la loi des finances, et le jour suivant, sera celui de la loi de financement de la sécurité sociale. Il s’agira du budget de l’Etat et des comptes, sociaux de l’ordre 1260 milliards d’euros au total.

On constatera que les dépenses publiques absorbent plus de la moitié de la richesse produite chaque année (PIB). Cette mutualisation record des résultats de l’activité économique du pays fait, à n’en pas douter, de la France, un pays socialiste.

Valérie Giscard d’Estaing considérait qu’à 40%  de dépenses publiques relativement au PIB, nous sommes dans une société socialiste. Aujourd’hui, nous en sommes à 56,4%.du PIB, à égalité avec la Finlande.

Le philosophe vedette, l’allemand Peter Sloterdijk, francophile et francophone, ne cache pas son étonnement : « À en croire le vote français (l’élection d’Emanuel Macron) la période où la gauche servait à quelque chose est révolue. Pourquoi ? Parce que l’Etat en tant que tel est déjà plus socialiste qu’un Parti socialiste ne pourrait jamais le devenir. L’étatisme français contient tant d’éléments structurels du socialisme réel qu’on pourrait dire que la France vit dans un semi socialisme réel ».

À partir du moment où les choix collectifs sont prépondérants par les sommes qu’ils mobilisent, le système devient, à la lettre, socialiste : la collectivité prime sur l’individu.

« En France, le pouvoir exécutif dispose d’une armée de fonctionnaires de plus d’un demi-million de personnes et tient, par conséquent, constamment, sous sa dépendance la plus absolue une quantité énorme d’intérêts et d’existences. L’Etat enserre, contrôle, réglemente, surveille et tient en tutelle la société civile, depuis ses manifestations d’existence les plus vastes jusqu’à ses mouvements les plus infimes, de ses modes d’existence les plus généraux jusqu’à la vie privée des individus. » Qui écrit cela ? Un certain Karl Marx, qui semble avoir bien compris la singularité du modèle français. Une remarque, la France a, aujourd’hui, 5,65 millions de fonctionnaires que Karl Marx n’hésitait pas à qualifier de ‘corps parasite’ et ce dès 1869.

La France a poussé à l’extrême le socialisme bureaucratique. L’OCDE,, dans son étude annuelle 2017, relève ce paradoxe : « Le taux de syndicalisation est très bas, 7,7%, le plus faible après l’Estonie et la Turquie, en décalage avec la couverture conventionnelle qui est particulièrement prononcé ». Pendant trente ans, de 1945 à 1975, la France a été sur le plan économique une Union soviétique qui a réussi, écrit Jacques Lesourne dans son livre : Grandeur et décadence du modèle français (1998).

Où va la France aujourd’hui, c’est au Président de la République de préciser le chemin qu’il entend faire prendre aux français. On le sait libérale en économie, mais sur les structures sociales, sur son projet de civilisation, c’est le flou complet, en tous les cas, pour le moment.

Macron va-t-il faire abandonner à la France sa vieille peau socialiste pour inventer un nouveau modèle ‘Solidaro-Libéral ? Va-t-il construire une société équilibrée et apaisée, où ses différents composants trouveront une place digne, en son sein.

Emanuel Macron, sera-t-il ‘l’accoucheur’ de son époque ?

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13 octobre 2017

L'éternel débat: Droite et Gauche

Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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       Dominique Strauss-Kahn, dans son discours du 3 octobre dernier, a enfoncé des portes ouvertes, sous les applaudissements des survivants du parti socialiste. « Les valeurs de gauche et les valeurs de droite ne sont pas les mêmes. Les deux sont nécessaires à l’équilibre de la société… »

Dès les années 68/69, les jeunes patrons (CJP) devenus plus tard, les jeunes dirigeants (CJD), soutenaient que pour la bonne marche des entreprises, les questions sociales devaient être prises en considération et le fait syndical intégré dans l’entreprise.

C’est au général De Gaulle, que les plus significatives avancées sociales, dont la gauche se pare aujourd’hui, sont dues. C’est des gaullistes, appelés par le Général « Gaullistes de gauche », qui ont été à l’origine de cette prise de conscience, des hommes qui alliaient la justice et l’efficacité, l’ordre républicain et le mouvement social.

De Gaulle, homme de droite, affirmait le primat du social sur l’économie. Opposé à l’idée de la lutte des classes, il proposait la participation qu’il définissait comme ‘la décolonisation intérieure’. Faut-il rappeler que l’on doit, également, à cet homme de droite : le comité d’entrepris, la sécurité sociale, le droit de vote des femmes, la légalisation de la pilule, la majorité à 18 ans. On peut se poser la question : où est la Droite, où est la gauche ; qu’appelle-t-on valeurs de droite ou valeurs de gauche  

L’histoire nous apprend que la gauche a toujours été nécessaire à la droite, un aiguillon qui l’empêchait de sombrer dans l’égoïsme absolu. Mais est-ce toujours vrai, aujourd’hui, à l’heure du libéralisme roi et des nouvelles technologies qui ont bouleversé le monde du travail.

Le président français, Emanuel Macron, veut démontrer que l’antagonisme droite/gauche dont se réclame Strauss-Kahn, est obsolète, loin d’être nécessaire à la démocratie. Pour lui, elle est devenue la meilleure arme pour la détruire.

Où sont passés ces valeurs de droite comme les valeurs de gauche, lorsque leurs partis, à l’unisson, acceptent allégrement l’idéologie libérale fondée sur le libre-échange, la loi du marché et l’affaiblissement systématique des Etats-nations, avec une dérégulation poussée à l’extrême.

Le clivage droite/gauche ne sert plus qu’à des fins électorales, accompagné de promesses fallacieuses de changement et de « rupture ».

Depuis que la droite a intégré la dimension sociale, la Gauche se trouve ‘nue’, n’ayant plus le « le monopole du cœur ».

N’en déplaise aux doctrinaires socialistes, l’antagonisme droite-gauche ne nourrit pas le processus démocratique. C’est l’autonomie individuelle, épanouie dans cette cellule de base de toute société qu’est la famille, avec leurs responsabilités et leurs libertés, la possibilité de tisser des liens sociaux, politiques, adossés à une culture et une histoire communes, le pouvoir de choisir et de s’exprimer, qui sont l’expression de la démocratie.

Non monsieur Strauss-Kahn, le clivage Droite/Gauche est moribond, et c’est des socialistes, comme Macron, qui sont en train de le  tuer.

 

 

Posté par gabrielbanon à 18:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]