Gabriel Banon, Politiquement Incorrect.

15 juin 2019

LE MALAISE FRANÇAIS, UN ENSEIGNEMENT POUR LE MAROC

Chronique politique hebdomadaire du vendredi, avec 24 heurs de retard et mes exuses.

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    Apparemment, c’est l’État-providence qui est à l’origine du « malheur » français.  Dans toutes les enquêtes qui atterrissent sur le bureau des responsables des divers départements concernés, à l’ONU, les Français sont parmi les peuples les plus malheureux et les plus pessimistes des pays développés. C’est un véritable paradoxe, car le niveau de vie moyen par habitant de la France est un des plus élevé, le deuxième des vingt huit pays de l’Union européenne, juste après le Luxembourg.

 La France, que certains considèrent le dernier pays marxiste du Monde libre, est le plus égalitaire du monde développé. Ce pays est parmi les dix premiers de l’Union, eu égard à la faiblesse de l’écart entre les plus riches et les plus pauvres.

  Contrairement aux slogans syndicaux, aux manifestations, comme celles des « Gilets jaunes », les gouvernements qui se sont succédés, ont toujours veillé à maintenir une dynamique positive du pouvoir d’achat. Sur les dernières soixante années, le revenu brut disponible des ménages n’a connu que trois baisses annuelles. La lutte contre la pauvreté a fait progresser le niveau de vie de 10% des ménages les plus pauvres, de près de 20 % en euros constants. 

La France a le taux le plus faible des ménages pauvres d’Europe, après le Danemark et la République tchèque.

 Contrairement aux déclarations de la Gauche française, les entreprises et les riches sont les plus fortement taxés des pays développés. Il faut noter que 1% des ménages les plus riches paient 25% du total de  l’imposition directe sur le revenu. La France est également le pays qui impose le plus le capital, même après la réforme de l’ISF, en Europe, bien loin des suivants, la Belgique et le Danemark. 

 On doit se poser légitimement la question : Pourquoi les Français se sentent malheureux avec de tels statistiques qui mesurent des faits indiscutables ?

 Comment les français, qui sont les champions du monde de la dépense publique (57% du PIB) et des prélèvements obligatoires (47% du PIB) soient les citoyens les plus insatisfaits de leurs services publics et de leur système social ?

Certains l’expliquent par trop de protection sociale qui finie par tuer cette protection, à tuer l’élan créateur de l’homme, l’innovation créatrice de richesses. Il semble bien qu’une trop grande protection sociale tue la croissance économique, nécessaire au financement de ladite protection. 

  On peut trouver également des réponses dans l’ouvrage « Toujours Plus » de François de Closets, journaliste, écrivain. Ce ‘toujours plus’ serai un mal français et pourrai expliquer cette insatisfaction constante qui en fait un citoyen malheureux.

L’enseignement à tirer pour le modèle économique marocain est de veiller à :

-     ce que le système ne soit pas centré sur la taxation des revenus du travail. En France, elle représente 52% contre 39% dans l’Union européenne.

-     Eviter la colère du Maroc qui travaille.

-     Eviter, dans la mise en place d’un système de redistribution, de pénaliser les classes moyennes.

-     Chercher la mise en place d’un système social progressif et non assurantiel.

-     Eviter que le développement des dépenses sociales ne soit pas fait au détriment des budgets de la sécurité intérieure, la police, la justice et surtout de l’enseignement et la recherche.

   En France, depuis des décennies, les classes moyennes sont massivement taxées, faiblement aidées socialement et de moins en moins bien servies par les administrations.

 Évitons ce futur au Maroc qui travaille, si nous voulons un développement harmonieux, paisible et juste pour le Pays.

 

 

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07 juin 2019

LE RÉVEIL DES PEUPLES

Comme tous les vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire :

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    La démocratie, confisquée par les Élites, a montré ses limites. Les politiques continuent à gouverner avec des schémas du passé. Ils ignorent superbement le monde réel d’aujourd’hui et encore moins ce que le futur nous réserve.

 À écouter les candidats au parlement européen, ils nous parlent encore de divisions et de frontières. Ils nous parlent de structures dépassées, lorsque la globalisation impose aujourd’hui, avec l’avion, internet, Facebook, les liaisons satellites, les Smartphones, de remettre en question l’organisation du monde. Vont-ils enfin réaliser les limites des États-nations. 

 Le XXe siècle a eu ses heures de gloire, mais aujourd’hui les technologies nouvelles nous construisent un monde nouveau. Les peuples le sentent instinctivement. Certaines structures vont cesser d’exister et les responsables politiques continuent à défendre ce monde dépassé, au lieu de préparer les administrés aux changements et aux réformes qui s’imposent. La robotique associée à l’intelligence artificielle va bouleverser le monde du travail. L’homme ne va plus offrir d’effort musculaire, aussi faible soit-il. Il ne gagnera plus sa vie à la sueur de son front, mais à celle de son cerveau. En attendant, ce nouveau monde que nous construit la digitalisation associée à l’intelligence artificielle, bouleverse le monde du travail et laisse sur le bord de la route, nombre de chômeurs qui mourront chômeurs. Un problème que la solidarité de cette nouvelle société en devenir doit résoudre. 

 Profitant des réactions instinctives et spontanées des citoyens, des militants anarchistes et souvent casseurs, au nom de la liberté, cherchent à abaisser, à exclure les « ennemis » que désignent leurs préjugés.

Même le pouvoir judiciaire, en France et ailleurs, se substitue aux élus du peuple pour légiférer sur des questions de société.

Le politiquement correct, dans le sillage tracé par les américains, veut museler les récalcitrants, foin d’avis divergents. Ce radicalisme culturel a envahi tous les compartiments de la société, et s’abat sur les citoyens comme une chape de plomb. 

La chute du pouvoir d’achat a été masquée par des artifices monétaires et surtout par l’importation de produits à bas coût de revient importés, alors qu’en réalité il s’effondre au travers des emplois détruits par les délocalisations.

 Le réveil du peuple vient en réalité du constat de son appauvrissement et la recherche du bouc émissaire.  Les classes moyennes paient un lourd tribut aux crises successives pendant que les riches s’enrichissent, un paradoxe du système libéral.

 Aujourd’hui, toutes les normes communes qui ont fait le « vivre ensemble » sont attaquées au nom du droit et d’une morale dont ils monopolisent le sens. 

Le peuple ne veut plus de la dictature des identités née aux Etats-Unis. La victimisation identitaire est une puissance  dont le pouvoir d’intimidation et de nuisance, échappe à toute volonté politique de fermeté et à tout discours de la raison.

  C’est contre tout cela que les peuples se rebellent en rejetant leurs élites. Il ne s’agit pas de populisme, mais d’un réveil qui veut qu’on revienne au bon sens et à la mesure. Comme l’a si bien dit l’ancien chef de l’état polonais, Lech Walesa : « On avait la peur de Dieu et la peur du voisin. Mais aujourd’hui on a seulement le code de la route ».

 L’inévitable ouverture des frontières aux hommes, aux capitaux, aux biens et aux idées est en cours. C’est une révolution d’ampleur mondiale que les politiques n’ont pas planifiés et pour laquelle ils n’ont pas préparé leurs administrés en procédant aux réformes qui s’imposent.

On parle beaucoup d’un nouvel ordre mondial, mais les  bruits de bottes, un peu partout dans le monde retarde le début de cette nouvelle ère attendue, une ère moins menacée par la terreur, plus dévolue à la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix.

   C’est à cela qu’aspirent les mouvements spontanés des peuples, un peu partout dans le monde.

 On ne pourra pas ignorer ce réveil en le qualifiant, à tort, de « populisme ».

  Dans son fameux discours de Maastricht en 1992, Philippe Séguin déclarait déjà : « Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalisme et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s ‘exprime sa liberté, c’est à dire son droit imprescriptible à choisir son destin ».

  Les recompositions politiques, à l’Est comme à l’Ouest, au Nord comme au Sud de l’Europe, semblent lui donner raison. Les politiques continuent à se battre avec les schémas du passé, et n’auront aucune chance dans l’actuelle bataille de la pensée positive.

C’est bien à un réveil des peuples que l’on assiste et non à une explosion populiste.

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31 mai 2019

OÙ EST PASSÉE LA FRANCE DES LUMIÈRES ?

voici ma chronique politique du vendredi, une réflexion un peu amère, mais pleine d'inquiétude et d'interrogations.

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              Formatés depuis notre plus jeune âge, dépositaires de tant d’idées reçues, nous acceptons sans réfléchir, les hommages que l’on doit aux grands Hommes. Tous, des grands hommes ? Tous héritiers du Siècle des Lumières ? C’est à voir !

Le siècle des Lumières fut un mouvement intellectuel lancé en Europe, dans les années 1700. Dépasser l’obscurantisme, propager les connaissances, voilà quels étaient les buts de ce mouvement. Ce seront des philosophes et des intellectuels, qui s’opposeront à la superstition, à l’intolérance, aux abus de l’Eglise et des Etats.

La glorieuse révolution de1688, en Angleterre, en fut la première expression. Cette révolution pacifique, aboutit à l’instauration d’une monarchie constitutionnelle et parlementaire, instaurant la liberté du culte. En février 1689, cela sera la « Déclaration des Droits » qui s’inscrira dans la loi des acquis du Commonwealth d’Angleterre. La période charnière fut la fin du règne de Louis XIV. La révolution française de 1789 en marquera le déclin.

Depuis, la France surf sur cet acquis, comme un bateau qui continue sur son erre.

Que retenir du Siècle des Lumières ?

- La primauté des sciences sur la Providence

-Le développement de l’esprit critique

- La désacralisation de la monarchie

- Le rejet de l’intolérance dans une Europe meurtrie par les divisions religieuses

- Le déisme : la croyance dans l’existence d’un Dieu créateur unique, sans message religieux spécifique.

Ces points forment le socle de la philosophie des Lumières. Nicolas de Condorcet, Louis Sébastien Mercier, Montesquieu, Voltaire, Diderot, Beaumarchais et d’Alembert, par leurs œuvres et leurs écrits, vont donner au Siècle des Lumières, ses lettres de noblesse.

D’autres encore, savants, chercheurs, naturalistes, incarneront l’esprit des Lumières, chacun dans son domaine.

Voilà le lourd héritage que doit assumer la France, voilà l’héritage que devront assumer tous les grands esprits qui suivront. Tous ? On peut en douter quand on écoute ou qu’on lit les uns et les autres.

Depuis, on a eu , en France, le productivisme dévastateur, le nationalisme belliqueux, le scientisme dogmatique, l’affaire Dreyfus et le racisme colonial porteur des pires catastrophes.

J’ai été élevé, en ânonnant « Nos ancêtres les Gaulois », dans le culte, entre autres, de Jules Ferry, l’auteur des lois de la troisième république, instituant l’instruction obligatoire et gratuite. Considéré, plusieurs décennies après sa mort, comme l’un des pères fondateurs de l’identité républicaine, il était, pour moi, l’un des continuateurs du siècle des Lumières. Ceci, jusqu’au jour où je découvre son discours du 30 juillet 1885, à l’Assemblée Nationale, sur le colonialisme. Il déclarait, je cite : « Messieurs,  il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit,  parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir de civilisation. »

De cette chambre attentive à ces propos, seul un homme, Clemenceau, s’éleva contre ces propos : « Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit !.............. J’y regarde à deux fois avant de me tourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme et civilisation inférieurs »

On est loin du siècle de Lumières ! Il faut toujours éviter d’idéaliser un pays ou un homme, fussent-ils la France ou Jules Ferry.

Peut-être ne faut-il pas trop fouiller dans le passé, pourtant plein d’enseignements. Il est inquiétant de voir cette société, sans Dieu et sans racines, qui tourne le dos à la famille, que l’Europe veut nous vendre aujourd’hui.

À voir ce qui se passe en France, à voir les discours éculés des hommes politiques, l’irresponsabilité des syndicats squelettiques mais super performants dans la nuisance, les casseurs du samedi, sans foi ni loi, les révolutionnaires du même samedi, qui vont à la manifestation comme ils vont au bal du samedi soir, on peut se demander, à juste titre, mais ou est passée la France des Lumières, où est passée la France des droits de l’Homme ?

 

 

 

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23 mai 2019

POURQUOI UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE ?

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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  On va inéluctablement vers une troisième guerre mondiale, sauf miracle, improbable pour le moment.

Tous les chasseurs vous diront qu’un fauve blessé est encore plus dangereux. Ainsi en est-il des Etats-Unis, la première puissance mondiale aujourd’hui en déclin.

 

  La Chine poursuit son chemin vers la place de leader mondiale malgre une guerre commerciale, engagée avec légèreté par Donald Trump.

  Pendant que Washington guerroyait un peu partout dans le monde, pendant que le budget militaire américain crevait tous les plafonds, pendant que les forces vives de la Nation étaient consacrées au maintient de l’hégémonie américaine  dans le monde, pendant que Washington continuait à nourrir l’utopie d’imposer au monde les valeurs américaines, la Chine développait ses trains à grande vitesse, ses infrastructures et poursuivait ses efforts à éradiquer la pauvreté.

 

  La réussite économique de l’Empire du Milieu n’a rien d’inattendu. Pendant que l’Amérique entretient et développe 725 bases militaires de par le monde, la Chine a investit ses ressources dans son économie et son modèle économique. Dans ces quarante dernières années, la Chine n’a fait face ou entrepris aucune guerre, pendant que les Etats-Unis engageait son armée en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Vietnam, au Laos, au Cambodge sans parler des guerres par procuration en Afrique et ailleurs.

 

  Depuis le discours-testament de fin de mandat du président Eisenhower en 1959, attirant l’attention de ses concitoyens sur la place illégitime que prenait le complexe militaro-industriel, ce dernier a, au contraire, avec son partenaire, le Pentagone, augmenté son emprise sur l’Amérique profonde et sur la politique étrangère de Washington.

 

  Les dépenses militaires qui s’élèvent pour la seule année de 2018 à 649 milliards de dollars, représentent 45% des dépenses militaires mondiales. Cette orgie de dépenses, qui s’accompagne d’un endettement fédéral abyssal de 22175 milliards de dollars, a déclenché une course aux armements mondiale. Les États ont dépensé 1822 milliards de dollars en 2018, soit 26% de plus qu’en 2017. La Chine avec 250 milliards arrive deuxième, loin derrière les Etats-Unis. L’Arabie saoudite, l’Inde et la France ferme le top 5.  L’Europe affiche sa volonté de s’unir dans la défense, mais cette vision n’est pas partagée par tous les pays de l’Union.  La Russie consacre ses moyens à l’armement nucléaire sophistiqué, convaincue que s’il y a guerre, elle sera nucléaire.

 

 Ce haut niveau des dépenses militaires reflète l’état du monde. Personne ne souhaite la guerre, tout du moins officiellement, mais tous s’y préparent. L’atmosphère est délétère. Le monde est devenu instable, dangereux, avec des tensions entre voisins en Asie, dans le Pacifique, le Golfe, des guerres en Afrique et au Levant, sans parler des actions terroristes.

 Mais le plus inquiétant est la situation des Etats-Unis avec ses déséquilibres budgétaires et une dette dont l’apurement ne peut s’obtenir qu’au travers d’une guerre que le complexe militaro-industriel souhaite ouvertement. L’Amérique ne peut pas continuer à vivre à crédit, en pompant l’épargne du reste du monde.

 

Les ingrédients d’une troisième guerre mondiale s’agrègent petit à petit. Heureusement que le pire n’est jamais certain.

 

 

   

 

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10 mai 2019

QUELLE EUROPE ?

Vendredi, c'est le jour de ma chronique politique hebdomadaire :

     2017 avait vu arriver des forces politiques nouvelles qui bousculaient tout sur leur passage, le trumpisme aux Etats-Unis et le macronisme en France. 

Après cette « révolution », 2018 a donné l’image d’une grande désorganisation générale : la France avec la crise dite des Gilets Jaunes et l’Amérique avec les pics de fièvre déclenchés par l’imprévisible maître de la Maison Blanche… quant à l’Union européenne, elle apparaissait de moins en moins structuré, et plutôt en cours de fragmentation. Sans oublier le Grande Bretagne qui n’arrive pas à digérer son référendum.

 Les 23 au 26 mai prochain, les élections européennes auront lieu dans 27 états membres de l’Union, cette Union qui croyait pouvoir offrir au monde entier un modèle de paix, de stabilité politique et de prospérité. Elle est, malheureusement dans un état désastreux : le centre et l’est de l’Europe embrassant les thèses de la dite « démocratie illibérale », la Grande Bretagne enlisée dans son « Brexit », le couple franco allemand, de moins en moins audible en tant que moteur de l’Europe. Dans ce contexte, allons-nous voir ces prochains mois une mise à plat, une mise à mort ou une remise à neuf du projet européen ? 

On s’inquiète à juste titre, pour la participation qui a toujours été faible aux européennes.

   Quel effet peut-on espérer de l’appel des chefs d’entreprises, invitant leurs employés à voter ? Cette action, louable au demeurant, risque de rester un vœu pieux. 

   La question, sans réponse à aujourd’hui, est de savoir quelle Europe on veut. Allons nous vers une Europe fédérale ou allons-nous vers une fusion des Nations européennes dans un magma innommable qu’on appellerait Europe.

  Les Etats-Unis d’Amérique se sont bâti dans le respect des particularismes de chaque communauté, irlandaise, italienne, chinoise, etc. L’Europe devrait s’inspirer de la réussite américaine en faisant une union des Nations, dans le respect de l’identité de chaque membre et de son histoire. Alors les citoyens pourraient se reconnaître dans cette fédération qui deviendrait une des grandes puissances économiques du monde. Pour cela, il faudrait que les chefs d’États européens consentent à abandonner au pouvoir fédéral, nombres de leurs prérogatives, dont le premier, celui d’accepter l’autorité réelle d’un président de l’Union fédérale européenne, élu au suffrage universel direct. Les Européens pourront alors s’identifier dans leur Union et permettront à cette fédération, parlant d’une seule voix, d’avoir enfin une politique commune dans tous les compartiments de sa gouvernance.

L’Europe a apporté la paix et la prospérité sur un continent frappé de conflits séculaires. Pourtant, 60 ans après la signature du Traité de Rome, le projet et le rêve européen sont contestés par nombre de citoyens.

Confrontée à d’immenses défis, du Brexit aux crises, migratoire, financière, économique et sécuritaire, l’Europe a-t-elle encore la capacité d’y répondre et de susciter l’adhésion de ses citoyens ? 

Aujourd’hui, la difficulté de faire progresser l’Union européenne vers une unité politique est telle qu’elle a transformé Bruxelles en un centre d’experts qui travaillent l’aspect réglementaire plus que politique, des rouages de l’Union.

Le Brexit ouvre une crise du sens : faut-il abandonner l’idée d’un destin commun des peuples européens et se barricader dans nos États respectifs ou bien décider de bâtir enfin une autre Europe ?

 

 

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03 mai 2019

LE TEMPLE DU CAPITALISME EN PERDITION

Fidèle à notre rendez-vous du vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire :

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   Quelque chose ne tourne plus rond au Royaume du capitalisme. En vingt ans, le nombre de sociétés cotées a diminué de 50% à Wall Street. Si les indices américains continuent à battre des records, la capitalisation totale de progresser malgré les crises successives, de moins en moins de sociétés font le pari de lever des capitaux à Wall Street.

 Les nouveaux géants américains de la technologie dominent toujours de très loin, le classement des plus grandes entreprises cotées. Mais les retraits de cote se font chaque année de plus en plus nombreux. Les entreprises préfèrent, aujourd’hui, la tranquillité des marchés du « private equity ». Les investisseurs hors bourse sont moins obsédés par le court terme et la rémunération immédiate. Même une grande société connue comme Tesla cherche aujourd’hui les moyens d'abandonner la Bourse.

 Comment peut-on expliquer ce qui semble devenir une vague de fond ? Il y a plusieurs raisons à cette situation qui paraît être une réelle mutation dans la recherche des capitaux.

Le grand nombre de fusions-acquisitions des deux dernières décennies a évidemment contribué à appauvrir la cote. Les concentrations d’entreprises devenues plus grosses et plus dominantes, le durcissement de la réglementation, ont bien sûr joué un rôle important. Les scandales Enron, WorldCom ou Lehman Brothers ont obligé les régulateurs à durcir les conditions d’introduction et de contrôle des entreprises. Cela n’a pas été fait pour encourager les  candidats à la Bourse. En fait, la Bourse de New-York est devenue une vraie jungle où il ne faut plus se risquer.

  La façon dont les marchés ont évolué cette dernière décennie,  les crises successives, la complexité et fragmentation que sont devenues les filières boursières, ont fait partir plusieurs sociétés dont le management voulait se consacrer plus au développement et à la rentabilité de l’entreprise, qu’à la défense de la cote de leurs actions à la corbeille. 

Les conséquences sont là, aujourd’hui. Une Bourse qui se vide est une Bourse qui meurt. Financer la croissance va devenir de plus en plus difficile pour les petites et moyennes entreprises en développement. C’est les institutions financières à capital-risque qui vont en profiter, mais à quel prix pour l’entrepreneur.

Les investisseurs, n’ayant plus le choix des titres que leur donnait la Bourse, vont se tourner d’avantage vers la gestion passive. C’est le placement des capitaux disponibles qui est en cause, en fait l'un des piliers du capitalisme.

 Hong Kong(3485 sociétés cotées)  et Shanghai(1041sociétés), après avoir subit des baisses spectaculaires des indices, baisse due à la crise des subprimes, résistent aujourd’hui mieux que celles de l’Occident, pour l’année 2017, du fait des introductions des entreprises chinoises et du dynamisme de l’économie de la région. Il est difficile actuellement de porter un jugement sur l’évolution du nombre des sociétés cotées sur les places de Paris (650), Londres(2736) et Berlin (720), du fait de l’incertitude créée par le Brexit. Cependant on constate le même désamour en Europe. Le nombre des sociétés cotées a fondu de 20% en 2017. La place de Paris a enregistré la sortie de la cote de pas moins de 33 entreprises, pour la seule année 2017. 

 Qu’en est-il à la Bourse de Casablanca ? Cela est une autre histoire qui mérite qu’on lui consacre une chronique « exclusive ».

 Les responsables devront se poser régulièrement la question : une bourse, pourquoi faire, quelle réponse apporter aux besoins de financement des entreprises en développement. Quel rôle doit jouer la Bourse marocaine dans le développement du pays et la croissance de son modèle économique ?

 

 

 

 

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26 avril 2019

LES SEMEURS DE PEURS

Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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    Il y a les islamistes extrémistes, il y a la droite extrémiste, les extrémistes de gauche, le fanatisme religieux et, et les écologistes.

Oui, les écologistes sont des extrémistes comme les autres. Leur point commun ? Eux seuls détiennent la Vérité. Le doute n’est pas permis et aucune contradiction n’est recevable.

Avec les écologistes, il n’y a pas de débat possible. C’est les croisés de la nouvelle religion, une religion qui ne prétend pas sauver votre âme, mais sauver la planète.

 Dans l’antiquité, les religions naissaient et disparaissaient, la plus part du temps avec  leur créateur. Ce n’est qu’à l’apparition des religions monothéistes, que le monde ne s’est plus articulé qu’autour de religions « stabilisées et pérennisées ». Aussi nous devons, aujourd’hui, constater  la naissance d’une nouvelle « religion », spécifique à notre troisième millénaire : l’Ecologie.

Dans la voie tracée par les prophètes Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel, les prédicateurs écologistes nous annoncent la fin du monde si on ne se repent pas. Les océans vont couvrirent nos rivages, le soleil va bruler nos paysages, la pollution va submerger nos cités et les déluges vont submerger ceux qui n’auraient pas encore été touchés.

Le discours écologique n’a rien à envier au discours prophétique. Le parallèle est frappant, la même phraséologie, les mêmes incantations, la même exploitation de ce sentiment diffue, enfoui dans notre subconscient, ce sentiment de culpabilité hérité des dogmes judéo-chrétiens.

Nous avions un monde idéalement équilibré, un véritable Eden et voilà que l’Homme avec son développement égoïste pollue tout. C’est la chute vers l’Enfer des dérèglements climatiques.

Au cœur des religions monothéistes, le discours prophétique surgit comme une parole de violence, un cri qui annonce le malheur, une lamentation qui fonde et tout à la fois menace les Ecritures. De même, les déclarations des nouveaux prophètes de l’Ecologie interpellent le peuple et ses dirigeants qui se soumettent aux données de la nouvelle religion.

Et si tous ces Cassandres avaient tort ?

Et si les variations climatiques étaient tout simplement cycliques et ne devaient rien aux activités de l’homme ou si peu. N’avons-nous pas eu en l’an mille, un coup de chaud qui fit du Groenland une « terre verte ».

Les soupçons de falsification qui entourent les conclusions du GIEC (Groupement Intergouvernemental d’Etudes sur le Climat) sont-elles fondées ?

On muselle toute voix discordante, on isole les savants rétifs à la nouvelle doctrine, on retire la parole dans les débats aux contestataires. C’est le dogme et rien que le dogme ! C’est le règne de la Pensée unique, du politiquement correcte. Ils ne sont pas tous frappés mais presque, aurait dit La Fontaine.

Les candidats à la magistrature suprême aux dernières élections présidentielles en France, n’ont-ils pas soumis leur programme au nouveau messie autoproclamé, Nicolas Hulot, pour avoir l’imprimatur écologique ?

L’écologie politique, toujours prompte à recourir à la « jérémiade » et à l’injonction comminatoire est un nouvel avatar d’une pensée unique eschatologique, nécessairement un peu ridicule dans sa prétention à sauver la planète. 

En fait on assiste aujourd’hui à une quatrième étape de développement, l’économie écologique. Après avoir connu l’ère agricole, l’ère industrielle, celle des services, voici l’écologie, créatrice d’emplois. 

On instaure la taxe Carbonne et se crée en même temps à Paris et à Londres une bourse où on négocie les « crédits Carbone », les pollueurs pouvant acheter des « droits de polluer » à ceux qui ne polluent pas, pour le moment. Quelle hypocrisie ! Si un État ou une entreprise ne pollue pas, donnez lui une médaille, mais de grâce, ne lui donnez pas le droit de vendre cet avantage  aux Etats ou Entreprises qui ont atteint et dépassé les cotes de pollution admises. On ne peut que constater que l’écologie, en fait, est un nouveau business, un très gros business qu’on est prêt à accepter. Mai, sachons raison garder, ne semons pas des peurs inutiles, l’Apocalypse n’est pas pour demain ni pour après-demain.

Peut-on décemment offrir un avenir de privations, fût-ce pour des motifs prétendument nobles, à un monde où la crise économique et le chômage frappent indifféremment pays riches et pays pauvres, où des milliards d’individus souffrent de malnutrition, de maladie  et de la faim ? 

Le genre humain n’a pas besoin de décroissance mais de croissance, et ce n’est pas des prêcheurs de l’Apocalypse que nous viendra le salut.

 

 

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21 avril 2019

AUX JEUNES DIRIGEANTS MAROCAINS

               À quelques occasions, malheureusement rares, j’ai eu l’immense plaisir de me trouver en compagnie des membres du CJD, le Centre des Jeunes Dirigeants, à Casablanca ou récemment à Marrakech.

   Pleins d’enthousiasmes, ils cherchent à être utiles à leur pays et à apporter leur pierre à l’édifice de l’Empire chérifien.

  Je m’adresse, ici, à ces jeunes et à ceux qu’ils ont élus pour diriger leur mouvement ; Si vous voulez exister dans le paysage socio-économique marocain, Il vous faut communiquer. Il faut faire connaître vos propositions pour les problèmes de l’heure. Il faut, face aux initiatives  de la CGEM, la Confédération des Entreprises du Maroc, répondre par vos propositions. Vous représenter le progrès et vous êtes et devez être les porteurs des réformes nécessaires pour faire de l’économie marocaine une puissance régionale.

 Vous êtes le Maroc économique de demain, vous n’avez pas à laisser à d’autres, le soin de tracer l’avenir de vos entreprises sans vous entendre. Il faut, que le CJD es qualité, soit  associé à l’élaboration des stratégies du Patronat. COMMUNIQUEZ, faites entendre la voix des jeunes Dirigeants du Maroc.

 Gabriel BANON 

Ancien Vice-président national du CJD de Fr

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19 avril 2019

ISRAËL : OÙ EST PASSÉE TA DÉMOCRATIE ?

Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi:

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  Au bord de la faillite dans les années 80, l’Etat hébreu affiche aujourd’hui une croissance insolente de 4 % par an, un niveau de vie comparable à la France - malgré d’importantes inégalités sociales - et un taux de chômagehistoriquement bas, tombé à 3,7 % en janvier. Son savoir-faire en toutes choses cyber se revend à coups de milliards dans la Silicon Valley. Israël a réussi à immuniser son économie du conflit et à se muer en destination touristique, 3,5 millions de visiteurs en 2017. Enfin, le commerce florissant avec l’Inde et l’Afrique, ainsi qu’un rapprochement avec les puissances sunnites contre l’Iran, ont consolidé une normalisation diplomatique sotto voce

 Israël est-elle «la seule démocratie du Moyen-Orient ? » À voir de plus près la politique de Netanyahou et ses alliances avec les partis religieux extrémistes de droite, semble l’avoir fait passer de mode. La formule a perdu de son lustre. Les Israéliens eux-mêmes, de plus en plus,  se posent la question, après presque une décennie d’ère Netanyahou.  Sa politique reste marquée par la dictature  des religieux et des ultranationalistes, clés de sa majorité. 

 Sans volonté politique de sortir du marasme post-Oslo et d’un statu quo avantageux à court terme pour Israël, le mot «apartheid» n’est plus seulement un épouvantail. Certains, à l’instar de Gideon Levy, Cassandre de la gauche, estime qu’il s’agit d’une réalité. D’autres, au sein du Likoud et du parti nationaliste-religieux Le Foyer juif, l’envisagent explicitement, décrivant un «Grand Israël» de la Méditerranée au Jourdain, où les Palestiniens pourraient vivre et travailler, mais pas voter.

 Le projet de la «loi de la nation», du ministre de la Justice, Ayelet Shaked, illustre cette dérive. Exposé en janvier dernier, le but de cette loi est de : «Maintenir la majorité juive, même au prix de la violation des droits civiques.» Cette déclaration n’a fait l’objet d’aucun commentaire ni provoquer aucun scandale.

Composant près de 18 % de la population israélienne, soit près de 1,4 million d'habitants, ces descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'État d'Israël, possèdent en théorie les mêmes droits que leurs compatriotes juifs israéliens. Ils disposent même de 13 députés au Parlement, la Knesset.

   La réalité est qu’Israël ne peut pas se considérer comme une démocratie à part entière et en même temps entretenir un système d'exclusion et de discrimination.

 La guerre de 1967 a permis aux groupes messianiques d’entrer dans la politique israélienne et par leurs capacités de nuisance, ont transformé Israël en une entité occupante et oppressive dans les nouveaux territoires. 

  Les récentes élections ont donné Netanyahou à égalité avec son challenger, nouveau venu en politique, le général Benny Gantz. Mais à l’opposé de Gantz, Netanyahou est prêt à s’associer avec le diable, les partis religieux et supranationalistes de l’extrême droite pour garder le pouvoir. C’est pourquoi Benyamin Netanyahou va continuer à se pavaner sur la scène politique israélienne et internationale. Il a légitimé comme formation fréquentable, les héritiers du rabbin Meir Kahane, suprémacistes et xénophobes.

  Ces élections, avec un goût d’inachevé, vont avoir trois actes. Le premier est l’élection dont le résultat n’a donné la majorité à personne, le deuxième va être la constitution d’une coalition permettant, grâce à une majorité retrouvée, la formation d’un gouvernement « Netanyahou », le seul à pouvoir le faire. Le destin pénal du premier ministre israélien sera le troisième acte, si Netanyahou, violant toutes les règles démocratiques, ne parvient pas à bloquer les procédures judiciaires lancées contre lui, « Bibi » risque de tout perdre et finir un jour en prison. D’autres éminents personnages politiques l’y ont précédé, le président de l’Etat d’Israël, Moshe Katsav et le premier ministre, Ehud Olmer . Car, si la démocratie est chancelante avec Netanyahou, jusqu’à nouvel ordre, Israël est encore un État de droit.

 

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11 avril 2019

LE SAVIEZ-VOUS ?

Partant aujourd'hui en voyage, je vous donne dès maintenant ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                        Une idée reçue, difficile à extirper de la pensée collective : le lobby juif aux Etats-Unis est puissant et impose sa volonté au gouvernement américain, dès qu’il s’agit d’Israël. Connue sous l’appellation AIPAC, American Israël Public Affairs Committee, l’organisation a reçu récemment le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Ce dernier a tiré la sonnette d’alarme contre la montée de forces qui veulent séparer l’Amérique d’Israël. Quelles sont ces forces auxquelles Netanyahou fait allusion ?

 C’est la majorité de la communauté juive américaine qui ne s’enthousiasme guère de l’alignement du président Donald Trump sur la ligne politique du premier ministre israélien.

  Aucun président américain, depuis la reconnaissance de l’État hébreu par Harry Truman en 1948, n’a autant fait pour Israël. Mais pour l’électorat juif américain, au

Trois-quarts démocrate, trop c’est trop. Profondément impopulaire auprès d’eux, Donald Trump, lors d’une célébration de Hanoukka, la fête des lumières, en décembre dernier, a choqué les représentants de la communauté juive américaine en désignant Israël comme leur « Pays », eux qui rejettent toute idée de double allégeance. Si la vieille génération avait eu une vision idéalisée d’Israël, ce n’est plus le cas, surtout chez les jeunes, très libéraux et dont le taux de mariages mixtes frise les 50%.

  Immigrés, comme tous les arrivants, ils se sont assimilés au Nouveau Monde sans regrets de l’ancien. Comme tous les immigrés en terre américaine, ils sont avant tout Américains et ne veulent aucune ambiguïté sur ce point. Longtemps ils ont été indifférents, voire hostiles au sionisme. Ceux qui soutiennent Israël le font comme les francophiles la France, les anglo-saxons le Grande Bretagne ou l’Irlande.

 La politique d’occupation et d’annexion du gouvernement de Netanyahou à l’égard des Palestiniens, a progressivement fait évoluer vers une critique franche, la majorité des juifs américains.

  Aux Etats-Unis, les juifs conservateurs ou réformés rejettent le monopole du rabbinat ultra-orthodoxe sur les mariages et les conversions, la loi proclamant le caractère juif de l’État, les entraves mises en place à l’égard des juifs conservateurs ou réformés, à venir prier au Mur des lamentations.

 Ils reprochent à Netanyahou ses alliances contre nature avec des dirigeants « autoritaires », souvent accusés d’antisémitisme. Ils sont convaincus que c’est  la politique actuelle du gouvernement israélien qui a terni l’image d’Israël, entre autres, auprès d’eux.

  On est loin d’un lobby monolithique juif aux Etats-Unis en faveur d’Israël.

On constate aujourd’hui un véritable divorce entre  l’État hébreu et la diaspora juive américaine.

  Dana Milbank du Washington Post écrit : « Nous ne subissons pas la menace quotidienne du Hamas ou du Hezbollah, mais si la réponse est l’ultranationalisme et l’apartheid, les Israéliens doivent savoir que nous ne pourrons pas les soutenir. »

  Laissons le rabbin Steven Wernick, chef du judaïsme conservateur au Etats-Unis, qui vient d’écrire au gouvernement israélien, de conclure : « On ne peut plus parler de fossé entre Israël et la diaspora, maintenant c’est un canyon. » 

 

 

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