Fidèle à notre rendez-vous du vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire:

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      C’est la rentrée, j’envie l’insouciance des enfants qui ont repris le chemin de l’école. Par contre, je désespère de celle de nos hommes politiques. Ils se gargarisent des indices économiques du moment, sans voir plus loin.

Dix ans après que le capitalisme a failli sombrer dans la crise des subprimes (juillet 2007), la croissance retrouve un rythme de 3,5% et les échanges mondiaux augmentent de 4,6%. La Chine a retrouvé une croissance de 6,9%, l’Inde de 7,1%. Aux Etats-Unis, l’activité a augmenté de 2,2%, au Japon de 1% et la zone euro de 2,2%. La Russie et le Brésil sortent de la récession et l’Afrique poursuit son décollage.

Apparemment, la mondialisation a surmonté le terrible choc de 2008 qui a failli la détruire.

Alors, tout est bien dans le meilleur du monde ? Que nenni, les populations continuent à souffrir et le sentiment d’insécurité et la violence ambiante ne font pas des peuples heureux.

L’embellie indiscutable de l’économie ne profite pas au plus grand nombre. Les riches deviennent plus riches et les pauvres deviennent plus pauvres, les écarts deviennent abyssaux. Les classes moyennes n’ont plus de moyenne que la classification administrative. La redistribution des richesses produites, ne se fait que dans les discours lénifiant des politiques.

L’amélioration économique que l’on constate reste fragile, elle masque la montée des risques et le changement de leur nature. Le nouveau cycle économique va être marqué par le retour du protectionnisme, de l’inflation et la hausse des intérêts. Lorsque l’on sait que les dettes dépassent les deux cents mille milliards de dollars, trois années du produit mondial, on peut anticiper les dégâts qui approchent.

Tout ceci reste gérable, si la situation ne s’inscrivait pas dans un contexte de crise géopolitique.

La crise nord-coréenne peut dégénérer en une catastrophe nucléaire, suite à une erreur de jugement. Elle développe des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, le Japon et la Corée du Sud, et peuvent ouvrir la porte à un conflit majeur en Asie-Pacifique.

Comment une puissance économique et militaire comme les Etats-Unis peut se permettre d’être irresponsable par l’absence de stratégie. Donald Trump, le président américain, de par ses initiatives, multiples et variées, exporte l’instabilité de par le monde.

Le chaos perdure au Moyen-Orient, alimenté par la rivalité entre Iran, Turquie et Arabie Saoudite. On est en train d’éradiquer le Djihad en Irak, mais des avenues lui sont ouvertes au cœur des pays développés.

La stabilité de l’économie mondiale et l’euphorie qui va s’en suivre, ne doit pas occulter tous ces nuages qui s’amassent au dessus de nos têtes.

Au moment où les Etats-Unis deviennent un démultiplicateur d’incertitudes, l’Union européenne devrait prendre le relai, en s’appuyant sur tous les pays européens, y compris la Russie.