Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Après les larmes, la tristesse et la compassion, arrive le temps de la réflexion et des questions. Que faire et que peut-on faire pour que l’on puisse dire : Plus jamais cela ! Comment doit-on réagir contre la barbarie et la lâcheté propres aux terroristes ?

Il y a les réponses pour l’immédiat et celles à plus long terme. Il y a le temps de la punition et celui du traitement du mal à la racine. L’immédiat, c’est plus de sécurité pour les citoyens, la recherche des responsables directs et indirects et le sacrifice de certaines libertés sur l’autel de la prévention. Ne parlons pas de l’éradication du risque de la répétition, elle est illusoire.

L’emploi du terrorisme à des fins politiques, religieuses, idéologique, voire crapuleuses, n’est malheureusement pas quelque chose de nouveau. Toutes les sociétés ont eu à un moment donné à y faire face. La constante du terrorisme a toujours été l’usage indiscriminé de la violence meurtrière à l’égard de civils. Mais jamais ce niveau de barbarie, jamais ce niveau d’organisation quasiment militaire, n’avait été atteint. Ces actions violentes sont destinées, avant toute chose, à répandre la terreur. Ce sont des actes contraires au droit de la guerre et aux doits de l’Homme, parfaitement et totalement hors la loi.

Ne pas céder à la terreur recherchée par ces actions criminelles est une première réponse. C’est ce que les Parisiens, dans leur ensemble ont choisi, en voulant continuer à vivre « comme avant ». Il est normal que la vie reprenne ses droits. Le contraire serait : donner une victoire au terrorisme. Par nos attitudes, nous nous devons de défendre ce bien inaliénable : « Vivre ensemble ». Il faut se défendre contre la barbarie sans sacrifier notre âme, notre amour de la liberté, le respect du aux uns et aux autres.

Il y a une action à mener au loin, au Moyen-Orient, chez DAECH, mais également chez nous, dans nos sociétés devenues trop inégalitaires, des sociétés où trop de monde est laissé sur le bord du chemin du développement, du chemin du savoir, du chemin du bien-être, tout simplement du minimum vital et de la dignité.

Le terreau dans lequel le « djihadisme » prospère et recrute, c’est celui de la misère, celui des laisser-pour-comptes. Ce terreau est alimenté par des sociétés trop injustes, où les écarts entre nantis et miséreux sont abyssaux. C’est par l’éducation, la formation professionnelle, c’est par l’ambition et les possibilités données aux jeunes de s’affirmer et de réussir, c’est par la destruction de toutes ces cloisons de verre qui handicapent la mobilité sociale, que nous arriverons un jour à éradiquer le terrorisme en asséchant son recrutement.

Il faut donner à tous les citoyens le droit au bonheur de vivre. Des sociétés qui créent des richesses, des emplois, qui donnent à chacun sa part de rêve, apportent une des réponses à la lutte contre le terrorisme.

Il faut que musulmans, chrétiens, juifs, s’élèvent contre tous ceux qui veulent instrumentaliser la Religion pour assouvir leurs ambitions hégémoniques.

Nous devons ne pas laisser la folie de ces hommes, à l’esprit totalitaire et manipulateur, abuser et détourner notre jeunesse.