Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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Quand approche la fin d’un règne, aux Etats-Unis la fin du deuxième mandat, l’homme au pouvoir, le Président, commence à penser à l’image qu’il va laisser, à la marque qu’il souhaite imprégner dans l’histoire de son pays. 

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Barak Obama n’échappe pas à cette règle non écrite, et, dans certains domaines, joue au défenseur de la veuve et l’orphelin, au redresseur de torts. Je trouve excessifs ceux qui le considèrent  au mieux comme un velléitaire, au pire comme un Don Quichotte, version Hollywood. L’arrivée à la magistrature suprême de Barak Hussein Obama, avait soulevé l’enthousiasme du monde entier et l’Amérique, retrouvant son âme, se mettait à rêver d’une Amérique idéale, après les mandats catastrophiques, à maints égards, de Georges W Bush.

 Les espoirs soulevés par cette élection n’ont d’égal que les déceptions. La baisse de popularité du Président de la première puissance mondiale, témoigne d’un véritable ressentiment à son égard, malgré une reprise économique indéniable. Les citoyens américains n’ont pas l’air d’en créditer la politique économique de Washington. Les échecs ne manquent pas. Le rapprochement du monde arabe avec Washington, l’amélioration de l’image des Etats-Unis chez les peuples musulmans : échec. La paix au Moyen-Orient, échec. La fin de la campagne en Irak, échec. La guerre en Afghanistan, échec. La Syrie et ses lignes rouges, échec. Le bras de fer avec la Russie de Poutine au sujet de la Crimée et du devenir de l’Ukraine, échec.

Cette cascade d’échecs et les crises qui assaillent la diplomatie américaine comme la Lybie, le Nigéria, l’Egypte, la mer de Chine, montrent un Obama

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hésitant, peut-être dépassé, surement rongé par le doute. En politique intérieur, le grand projet de l’assurance maladie s’est avéré en final un demi-échec et la réglementation des armes un échec complet. Avec une popularité en chute libre, 41%, des élections de  mi-mandat qui pointent à l’horizon, Barak Obama se doit de réagir et d’expliciter sa politique. Avec l’impression donnée d’une diplomatie sans boussole, critiqué pour sa pusillanimité en Syrie ou en Ukraine, le président américain se devait de reformuler sa doctrine étrangère.

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  Il vient de le faire récemment dans un discours à West Point, véritable testament politique, devant une mer de Cadets au garde-à-vous. Il considère qu’il y a une ligne médiane entre isolationnisme et interventionnisme à tout crin. Sa prudence est motivée par le rejet des invasions massives et des guerres longues. Ne plus être le gendarme du monde, ne plus vouloir en porter le fardeau tout seul, mais le monde le permettra-t-il à l’Amérique ? Il conclura cependant : « l’Amérique restera leader sur la scène du monde parce que personne ne le sera. »  Cela ne l’empêche pas de promettre des renforts à la Pologne et un milliard de dollars. Il tente de rassurer ses alliés d’Europe de l’Est, contre quoi, contre qui, il ne le dit pas. Ces déclarations et ces gestes, le tout très symbolique, seront ils entendus à Moscou par Vladimir Poutine ?

 En attendant, Washington déclare la guerre à Wall Street et aux banques, essentiellement européennes. C’est plus payant auprès d’une opinion encore traumatisée par la crise des subprimes. Que Washington surveille jalousement le respect d’un embargo décidé par elle seule, sur son territoire, n’est que justice. Mais l’acharnement apparent sur les banques européennes pose problème et risque de faire douter de la neutralité de la justice américaine. Standard Chartered, ING Bank, Crédit Suisse, ABN Amro, Lloyds, Barclays et Royal Bank of Scotland ont dû payer de lourdes amendes. La banque française, BNP Paribas risque de s’ajouter à la liste, tout comme le Crédit agricole et la Société Générale. Pour Barak Obama, le bannissement du système financier américain est devenu l’expression de  l’hégémonie américaine. Il a compris que la domination du monde ne passe plus par l’assujettissement physique des territoires, ou si peu.

Les négociations avec l’Iran devront logiquement annuler toutes les sanctions, mais d’autres se profilent à l’horizon avec la Russie. Là il y a un vrai

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risque de contre sanctions qui fera reculer plus d’un.  Le deuxième mandat de Barak Obama semble mal parti. C’est un véritable boulevard qui s’offre aux Républicains pour les prochaines élections présidentielles, s’ils arrivent à trouver l’homme ou la femme idoine.