Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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Cette année se termine mieux qu’elle n’a commencé. Les pays, les uns après les autres sortent doucement de la récession, des plans d’austérité, mais pas encore de la morosité. L’Irlande est la première des pays européens mis sous perfusion par Bruxelles, qui se dégage de la tutelle de la troïka : Union européenne, Fond monétaire international et  Banque centrale européenne. Après trois ans de tutelle, ce pays est le premier de la zone euro à sortir guéri d’un plan de sauvetage UE-FMI. D’autres devraient suivre, le Portugal, l’Espagne et Chypre, mais la Grèce risque de rester le malade de la zone euro pour encore longtemps. Si l’année 2013 marque un début de sortie de crise pour le monde économique, les politiques en sortent durablement atteint dans leur légitimité et leur crédibilité.

 2013 aura été l’année de décrochage pour la gouvernance publique. On constate, dans la plupart

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des pays dit développés, une chute drastique de la confiance accordée par les populations aux politiques. Elus, mêmes confortablement, ils sont soumis à une véritable vindicte d’une partie de la population. C’est que la crise a accentué les clivages. Les riches ont peu ou prou souffert, certains même se sont trouvés plus riches. Les démunis ne pouvaient pas être plus démunis. Les classes moyennes, les classes moyennes pauvres, les professions libérales, les petits patrons, vivent de leur labeur, de leur paie de fin de moi, mais pas assez pour épargner pour les mauvais jours. C’est cette population qui a subi de plein fouet les effets de la crise et la rigueur des mesures d’austérité. Ils protestent alors avec ce qui leur reste, les pieds et la voix, les monômes et les cris. Aux Etats-Unis, on constate un sérieux décrochage dans l’estime que les citoyens ont pour l’efficacité du travail des pouvoirs exécutif et législatif. En Chine, Xi Jimpling est obligé de tenir compte de la grogne de la population et promettre une lutte sans merci contre la corruption.

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 2013 a vu le retour militaire des Etats-Unis en Asie, et celui encore plus grand de la Russie dans les affaires du monde. Il reste au Tsar Poutine à se décider enfin à créer un Etat de droit tant à Moscou que dans les provinces. C’est la condition sine qua none pour faire de la Russie, un jour,  une puissance industrielle moderne. Que ce soit en Inde, au Brésil ou en Afrique du Sud, de vastes manifestations de mécontentement populaire ont souligné la perte de crédit des institutions publiques auprès des populations. A force de voir s’élargir le fossé entre riches et pauvres, on va finir par vider de sa substance le concept d’égalité des droits et des devoirs, aussi beau soit-il.

 2013 marque clairement le désenchantement profond dans le monde arabe et en Afrique. On s’est souvent servi de l’Islam pour manipuler des populations entières et aboutir la plupart du temps à des régressions et des divisions sociales. On assiste à une véritable crise de confiance, encore plus marquée envers les institutions supranationales. L’Union européenne, Commission, Parlement et Conseil, ont été incapables d’expliquer la crise économique aux citoyens, les mesures prises, ce qui a abouti à une croissance spectaculaire et injustifiée des eurosceptiques.

 2013 annonce une reprise lente pour la plupart des économies mondiales, mais les gouvernants devraient réaliser que des citoyens plus éduqués, plus informés, ne forment plus des peuples dociles et obéissants, mais des communautés qui analysent, critiquent et participent. Il est du devoir de ces gouvernants de préserver l’avenir des populations, et ne pas regarder les urnes en oubliant les berceaux, les prochaines élections en les opposant aux prochaines générations

 On a cru un moment que le monde devenait multipolaire. L’année 2013 nous démontre, avec la puissance économique, énergétique et militaire

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retrouvée, les Etats-Unis face à la Chine, ont reconstitué le monde bipolaire. La Russie n’est pas encore redevenue une puissance économique, et les fameux BRICS ont montré leurs limites et leur dépendance de la finance internationale. Cette bipolarisation, les négociateurs français l’ont appris à leurs dépens, lors des discussions à Genève. La question du nucléaire iranien avait déjà fait l’objet de négociations bilatérales entre Téhéran et Washington. L’influence de la France et des autres pays européens est à la mesure de leur taille et de leurs déficits.

 Oui, 2013 est une année charnière, tant du point de vue économique, politique que géopolitique. Elle voit apparaître un autre style dans les rapports entre gouvernants et gouvernés. L’exercice du pouvoir ne sera plus celui qu’il a été, et c’est tant mieux pour les citoyens, les droits de l’Homme et la société civile. L’année 2013 se termine dans quelques jours, bienvenue à la nouvelle année.