Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

----------------------------------------------------------------------------------------------------

DownloadedFile

BHL et consort, ont-ils joué aux apprentis sorciers ? La France et l’Angleterre, pensent-ils, à la lueur de la situation actuelle, avoir libéré un peuple pour une vie meilleure ? Car la Libye, deux ans et demi après la chute de Kadhafi, n’est plus que violence, désolation et divisions.

Ce n’est plus qu’un pays au bord de l’éclatement, avec un gouvernement qui ne gouverne plus grand chose, plus affaibli que jamais. La seule richesse du pays, les puits de pétrole, est accaparée par les diverses factions qui, par leur convoitise, leur incompétence, ont fait chuter la production du pays, à un niveau jamais atteint, même dans les jours les plus noirs de la révolte. La montée des revendications régionales a mis le pays en morceaux. La Libye n’est plus que postes frontières intérieurs aux mains des différentes milices.

 Des combats meurtriers continuent, entre les combattants rebelles de la ville martyre Misrata et les défenseurs de la capitale Tripoli, les fédéralistes dela Cyrénaïque contre Tripoli ainsi que les Berbères du djebel Nefoussa contre toujours et encore Tripoli, les Touaregs du Sud s’ajoutent à la cacophonie. Et que dire de certains berbères qui n’excluent pas de réclamer l’Indépendance ? Tout le monde revendique tout et rien, résultat : un pouvoir central débordé, avec un risque du morcellement de la Libye en territoires ingouvernables. Tout le monde assiste, impuissant, à la montée du phénomène séparatiste auquel s’ajoute  l’activisme des islamistes radicaux. Les diplomates en place s’alarment du désordre politique qui n’épargne pas le domaine des hydrocarbures. Ils constatent un Etat qui ne contrôle pas le territoire, un Etat sans pouvoir.

 « Avant, on avait un Kadhafi. Maintenant, on en a des milliers » constate, désabusé, un commerçant de Tripoli. Mais pas de nostalgie monarchique

images-1

chez la population, ce sont les appartenances territoriales qui priment, plus fortes que les appartenances politiques bien plus récentes. C’est en fait, une véritable guerre de pouvoir à laquelle on assiste et qui n’épargne aucune région et villes de ce pays, une Libye martyre. Les minorités, comme les berbères du djebel Nefoussi, qui ont pris une part très active dans les combats contre les troupes loyalistes de Kadhafi, réclament une reconnaissance de leur langue et de leur culture. Marginalisés pendant le long règne de Mouammar Kadhafi, ils veulent maintenant leur revanche. Ils ne veulent pas que devant un gouvernement qui ne fait rien, les Frères musulmans prennent le pouvoir. « Nous sommes musulmans, mais nous ne voulons pas de cet islam importé de l’Est » déclare un des meneurs.

images

images

 C’est vrai que les islamistes sont très présents, mais en ordre dispersé. Depuis 2011, le groupe radical Ansar Al-Charia s’est implanté à Benghazi et à Syrte, Benghazi où les règlements sanglants sont devenus quasi quotidiens. Les puissants groupes armés qui sévissent à Zenten, Tajoura ou Souk El-Jemaa, n’entendent pas être écartés de la course au pouvoir. Devant ce Patchwork qui se révèle en Libye, le pays se doit de devenir multi culturaliste. Mais on ne voit pas à ce jour qui pourrait fédérer tout ce monde autour de la patrie en danger.

Vous avez dit « Printemps arabe » ?