Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxe Radio

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Depuis que les pétroliers avaient envisagé d’être payé en euro, depuis que la Chine avait déclaré envisager de diversifier ses réserves de change en y incluant l’euro, la monnaie européenne fut soumise à une véritable guerre, tout azimut.Toucher à la prépondérance mondiale du dollar était considéré par les américains, comme une atteinte à la souveraineté nationale, d’un pays qui vit sur le crédit, au détriment de l’économie mondiale.

 On stigmatisa la faiblesse de l’économie de la zone euro, on pointa du doigt l’endettement « insoutenable » des pays du sud de l’union européenne, pour finir par déclarer, tout bonnement, qu’il fallait mettre un terme à cette expérience, bref, l’euro devait disparaître. L’Amérique, à l’endettement abyssal, à l’économie malade, ne posait pas de problème à ces économistes distingués. Nul n’aurait l’idée saugrenue d’envisager la disparition du dollar.Et pourtant, les choses étant égales par ailleurs, le raisonnement appliqué à l’euro, devrait en toute logique, s’appliquer à toute zone économique en crise, fusse-t-elle la zone dollar.

 La réalité est que la poursuite de la construction européenne, fait peur à ceux dont l’hégémonie de leur économie, est la pierre angulaire de leur politique. Faut-il rappeler que la crise qui a frappé de plein fouet l’Europe, et particulièrement les pays de l’Union qui rechignaient à réaliser les restructurations qu’imposait la mondialisation,  et les réajustements que réclamait l’évolution de la démographie, avait pris naissance aux Etats-Unis. Certes, la monnaie unique interdisait le recours à la dévaluation « régionale » et aux mesures protectionnistes d’antan. L’erreur a été de mettre en place une monnaie unique, sans avoir, auparavant, doter l’Union européenne des organismes de contrôle des politiques budgétaires et économiques des pays membres.

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 Comment parler d’une Europe unie, sans harmoniser ses structures sociales, fiscales, bancaires ou juridiques. Comment parler de solidarité,sansaccepter un regard de l’Union sur l’utilisation des aides occtroyées. La sortie de crise passait par plus d’Europe, c’est à quoi se sont attaqué les sommets successifs des responsables européens. Le Mécanisme européen de stabilité (MES), la mise de la BCE, la banque centrale européenne, au cœur du dispositif, la règle d’or pour une rigueur budgétaire, la supervision des banques de l’Union par la BCE, sont autant de mesures qui rendent crédible la sortie de crise par une Europe unie et organisée. Le projet d’union bancaire européenne, présenté mercredi dernier à Bruxelles, accorde à la BCE un pouvoir de supervision sur les 6000 banques de la zone euro, dès janvier 2013.

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La décision de la cour constitutionnelle allemande, autorisant l’adoption par Berlin, des nouveaux mécanismes de sauvetage de la zone euro, lève les dernières hypothèques sur la volonté des Allemands à défendre la monnaie unique, leur monnaie, comme celle de tous les Etats de l’Union. Le Bundestag et le Bundesrat avaient ratifié le traité du MES en juin dernier, avec une grosse majorité. Les institutions européennes incarnent la légitimité européenne. Il fallait leur donner les moyens pour ce faire. Les dernières dispositions leur donnent les réponses qu’elles attendaient. Par la décision de la cour constitutionnelle de Karlsruhe, Angéla Merkel voit son autorité affirmée, et c’est tant mieux pour l’Union européenne.