Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxe Radio

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La crise en Europe perdure, et les plans de sauvetage se succèdent. L’Union européenne met laborieusement au point, des plans de sortie de crise, des schémas d’aide aux banques exsangues, particulièrement celles des pays du sud, tous, cohérents et vraisemblablement efficaces. 2025965_photo-1338471651505-1-0_640x280Mais, arrivés au stade de décision, ces plans sont amandés, dénaturés, qu’ils en deviennent inefficaces.

 On peut se demander pourquoi cette inadéquation des projets, aussi bien d’aides que de sortie de crise, avec la réalité sur le terrain. Pourquoi Bruxelles, qui réunie l’élite des experts économiques et financiers, n’arrive pas à mettre en place, des solutions pérennes, permettant la reprise de la marche en avant de l’Union ? Aujourd’hui, les banques européennes sont au bord de l’asphyxie et certaines à la porte du dépôt de bilan.Leur chute, mettrait en péril le système bancaire, par un jeu de dominos fatal aux institutions financières, et les déposants et petits épargnants s’en trouveraient durement lésés.

 Le vrai problème, qui empoisonne actuellement l’Union européenne, est la conception qu’a, chacun des états membres, de ce que doit être l’Union. Et chaque plan de sauvetage, correspond à l’une ou l’autre des conceptions.Il y a la construction d’une Europe fédérale, dont l’Allemagne est chef de file. Ceci sous entend un abandon progressif  d’une partie de la souveraineté des Etats, particulièrement dans le domaine économique et financier.

 Il y a l’autre conception, d’un ensemble solidaire, d’un marché intégré, organisé autour d’ententes, sans aucun abandon de souveraineté, dont le chef de file actuel, est la France. L’Allemagne veut utiliser la crise pour corriger les erreurs originelles du lancement de l’Euro, avec une intégration budgétaire et sociale, et une Europe forte politiquement. Les Allemands sont d’accord pour aider et mutualiser les dettes, mais avec un contrôle rigoureux et plus d’intégration. Pour les souverainistes, nous sommes unis pour le meilleur et pour le pire, et celui qui va mieux doit aider l’autre, chacun restant maître chez lui.

 Tant que cette question n’est pas tranchée, on verra se succéder des plans hybrides, qui maintiendront les Etats, le nez hors de l’eau, mais ne leur permettront pas de sortir de la crise et envisager sereinement une véritable relance.Pour envisager une Europe politique et monétaire, il faudra avant toute chose, sortir de la crise et enrayer la contagion.

La réalité est que la sortie de crise demande plus d’Europe, et les différents Etats membres doivent réaliser qu’ils n’ont pas d’autres choix que de déléguer à l’Union européenne certaines compétences régaliennes.