Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxe Radio

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La crise financière qui frappe toutes les économies, sans exception, a vu refaire surface le mythe de la fin du capitalisme. Pour beaucoup d’observateurs et d’analystes « bien informés », le capitalisme a atteint ses limites, et il faut d’urgence mettre en place un nouveau système économique, pour sauver l’économie mondiale et protéger les petits épargnants, les classes moyennes et laborieuses, des excès d’un système à bout de souffle. Il n’y a pas plusieurs systèmes économiques pour organiser les relations des hommes entre eux. L’économie, qui répond à des règles naturelles qui lui sont propres, régente les échanges entre les hommes, qui depuis la nuit des temps s’articulent autour de la loi du marché.

On peut certes, violer ces règles en instaurant une dictature économique d’Etat qui fait fi de la loi du marché. On contrôle les fluctuations possibles du marché, en déniant la liberté de choix au consommateur. L’URSS, pendant des décennies, a voulu imposer un choix de société qui entendait soumettre le marché, c’est-à-dire la libre entreprise au politique. On a vu ce qui en est advenu. L’économie, quand on transgresse ses règles, tôt ou tard, présente la facture, et c’est l’effondrement.

karl-marx-t4996  Les soi-disant formes diverses d’économie sont en réalité l’expression d’une lutte de pouvoir, entre les classes formant la société. Le génie de Karl Marx, a été de cristalliser cette lutte, particulièrement de la classe ouvrière née de l’industrialisation, autour d’un mot simple,  le Capital. On en a,  à tort,  tiré la notion de système capitaliste, d’où le Capitalisme. L’ennui est que le développement des économies nationales, l’augmentation des niveaux de vie, la robotisation et les nouvelles technologies, ont fait pratiquement disparaître la classe ouvrière dans les pays développés, et son embourgeoisement rend caducs les slogans de la « Gauche ». C’est le problème qu’ont rencontré et rencontrent encore certains partis socialistes en Europe.

 Le capital, véritable travail en réserve, s’est démocratisé en donnant naissance à l’actionnariat populaire et à l’épargne. Lorsque que l’on consomme moins que les fruits de son travail, on capitalise, et ses soucis deviennent autres, que la défense du prolétariat.On constate aujourd’hui, en France par exemple, que les ténors et les dirigeants du parti socialiste, sont dans leur majorité, des grands bourgeois, capitalisant un patrimoine familial respectable et dans beaucoup de cas, supérieur ou au moins égal à celui des responsables des partis dit de droite, défenseurs de l’horrible capitalisme. Comme l’écrit Guy Sorman : « Lorsque la droite devient keynésienne et que l’anticapitalisme semble archaïque, quelle place a le socialisme en Europe ? »

Ce que l’on appelle capitalisme, est simplement la tendance de tout être humain à s’élever, à vouloir s’enrichir, et à exercer librement son choix dans ses options économiques et ses dépenses. Mais l’économie, comme dit plus haut, a des règles, et il est de la responsabilité des gouvernants, à y veiller en mettant en place les contrôles nécessaires.

 Dans la crise que nous traversons aujourd’hui, ces contrôles ont failli et laissé à des hommes malhonnêtes, libre cours à leurs manipulations délictueuses. Il ne faut pas passer sous silence, la dimension criminelle de la crise financière. Si on doit analyser la crise sous ses données économiques, on ne peut pas occulter ses aspects criminels. La crise du subprime, dont les origines se trouvent dans l’orgie des crédits et l’éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis, n’explique pas tout. Le crime, organisé ou non, s’infiltre partout où l’argent règne, y compris dans les marchés financiers. Faut-il rappeler qu’en mai 2008, le ministre de la justice américain, Michael Mukasey, avait alerté l’opinion publique, sur la menace grandissante pour la sécurité nationale par « la pénétration des marchés par le crime organisé »

Des fraudes criminelles de grande ampleur, menées par des cadres des organismes financiers ou bancaires, se découvrent chaque 51ccacffa5990ea8cc42b828302faf3ejour.L’énormité des sommes en question (la dernière fraude connue s’élève à plus de 50 milliards de dollars) démontre l’inefficacité des gardes fous, censés protéger les milieux financiers de tels agissements. La crise actuelle n’est nullement l’essoufflement de notre système économique, mais le résultat d’une addition de faits, qui trouvent leur origine dans la conjoncture, l’abus du crédit, le non-respect des règles de fonctionnement des bourses, la manipulation malhonnête financière, et il faut le souligner, des fraudes et des agissements criminels sans pareils. Notre système économique est universel, basé sur les aspirations naturelles des hommes. Le capitalisme, tel que le décrivent certains utopistes, n’a jamais existé.