Chronique politique du vendredi matin, des Matins Luxe sur Luxe Radio

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 L’arrivée de François Hollande à la présidence de la République française, risque de créer, très rapidement, des tensions avec les partenaires de l’Union européenne, en particulier l’Allemagne.Le tandem France Allemagne, véritable locomotive de l’Union européenne jusque là, va très rapidement se heurter à deux conceptions de la relance nécessaire à la croissance, diamétralement opposées.Pour Angéla Merkel, il faut chercher la croissance par des économies et non par des déficits. Compte tenu du programme défendu par François Hollande, durant la campagne présidentielle, on est devant des désaccords profonds.D’ores et déjà, la chancelière allemande a fait savoir au Président élu, que le pacte budgétaire européen, n’était pas renégociable.

photo-montage-francois-hollande-angela-merkel-10692750mpvvf_1165 Les relations franco-allemandes entrent dans une phase d’incertitudes et de tensions, voir de heurts, du fait des contraintes de politique intérieure, difficiles à concilier, chez les uns et les autres.Des membres du cabinet de la chancelière souhaitent, je cite, « Nous espérons que François Hollande suivra l’exemple de Gerhard Schröder, qui a su se transformer, pour mener des réformes qui ont contribué à la santé économique de l’Allemagne. Qu’il saura avoir le sursaut nécessaire, face aux difficultés économiques de la France, en s’inspirant du modèle social-démocrate allemand », fin de citation.

 Il est vrai que le pacte fiscal, ayant été négocié et signé par 25 pays, paraît difficile à renégocier. Il est considéré comme la clé de voûte de la politique européenne d’Angéla Merkel. Il nous faut reconnaître que des divergences de fond séparent le Paris nouveau et Berlin, stratégie de la relance, déficits publics, rigueur budgétaire, politique sociale. On peut constater que les sujets épineux et de discorde, ne vont pas manquer. La crise a révélé des faiblesses structurelles profondes, chez nombre de membres de l’Union. La plus préoccupante est l’addiction à la dépense publique. Du fait de la crise, l’Europe a repensé, en profondeur, sa régulation financière. Il lui faut, maintenant, faire de même, en matière économique et industrielle. On ne pourra pas longtemps éviter d’ouvrir le débat sur ces deux domaines, éminemment politiques.

 Pour beaucoup, le temps est venu d’une initiative de croissance européenne, mais laquelle et surtout comment ? La rencontre prochaine du Président élu, François Hollande et de la chancelière allemande, Angéla Merkel, nous fixera très rapidement, sur les chances d’une coopération réelle entre les deux dirigeants. L’Europe s’est construit dans une suite de crises, qu’elle a toujours su surmonter. Espérons qu’il en sera de même, cette fois-ci, dans l’intérêt des peuples de l’Europe et de ceux qui y sont associés, comme le Maroc.