Voici ma chronique poltique hebdomadaire pour ce vendredi

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                Les GAFAM, cette nébuleuse tentaculaire que sont les monstres d’Internet : Facebook, Apple, Google, Amazone et Microsoft, ne se contente plus de gagner de l’argent, beaucoup d’argent, elle s’arroge aujourd’hui le droit de censurer, interdire et enlever le droit de s’exprimer, à ceux qui ne sont pas conformes à leur ligne du « politiquement correct ».

 Ces cinq grandes firmes américaines se sont installées et agissent comme les maîtres du monde. Ces entreprises stars de la Silicone Valley ont envahi le quotidien des citoyens du globe. Ils ont, aussi, fait des petits, les NATV pour Netfix, Airbnb, Tesla et Uber, véritables satellites de leurs ainés.

  Ces GAFAM représentent les plus grandes capitalisations boursières du monde. Ces capitalisations, hormis Facebook, dépassent les 1000 milliards de dollars, l’équivalent en PIB d’un pays comme les Pays-Bas, qui sont, il faut le rappeler, 17em dans le classement des pays les plus riches du monde.   On est en face de véritables monopoles. Aux États-Unis, ils devraient être visés par la législation anti-trust.

 Google, par exemple, concentre à lui seul plus de 90 % des requêtes sur internet dans le monde. Chaque jour, plus d’un milliard d’heures de vidéo sont visionnées.

Cela peut aller plus loin que de simples enjeux commerciaux ou fiscaux. Ce sont en effet des informations ou des idéologies politiques qui peuvent être suggérées en priorité aux citoyens par ces portes d’entrée aux consommateurs. Il devient alors possible de manipuler les opinions.  La neutralité garantissant la circulation sans discrimination des contenus sur internet a été abandonnée le 11 juin 2018 aux États-Unis.

En l’absence de neutralité, le moteur de recherche peut présenter des résultats qui viendront privilégier certains sites plutôt que d’autres. 

  On peut se consoler en se disant que dans l’économie numérique, un empire peut se détruire aussi vite qu’il s’est imposé.  Ainsi en a été de la suprématie du finlandais Nokia ou du canadien Blackberry dans les années 2000. 

 Les progrès technologiques peuvent provoquer une rupture technologique ou un nouveau positionnement marketing et rebattre ainsi les cartes. 

  C’est ce qui s’annonce en Extrême-Orient avec les BATX pour Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, géants de la « high tech » chinoise.

La situation de quasi-monopole des géants de l’Internet inquiète non seulement les économistes, mais aussi le monde politique. Aujourd’hui les GAFAM disposent d'un pouvoir politique démesuré, en contrôlant la circulation de l'information. Une situation que dénonce le politologue américain Francis Fukuyama. Il met en garde l'opinion publique contre l'influence politique démesurée qu'ont acquise, en peu de temps, les GAFAM. 

Publiée par la revue Foreign Affairs, et co-signée avec les chercheurs en science politique, Barak Richman et Ashish Goel, ce cri d’alarme s'intitule : Comment sauver la démocratie de la technologie ?

 Comment peut-on accepter un État dans l’État ?  Comment accepter qu’une poignée d’hommes s’arroge le droit de punir ceux qui ne pensent pas comme eux ? Dernièrement, l’ancienne conseillère de Bill Clinton, Naomi Wolf, a été bannie de Twitter pour deux ans. Pourquoi ? Elle a tenu des propos anti-vaccination. Elle aurait donné des informations erronées, aux yeux de la direction du média, sur la vaccination pour le COVID19.

  Après la suppression du compte du président américain Donald Trump et des comptes d’autres personnalités moins connues, les Gafam s’installent comme les arbitres sans appel, pour ce qu’il faut dire et penser.

 Les gouvernements doivent réagir, et ils en ont les moyens, mais ont-ils la volonté politique de sauver la démocratie menacée ?

 Le démantèlement de ces monstres de l’internet, et la nationalisation de certains des pans de leurs activités s’imposeront, tôt ou tard.