Vendredi, c'est le jour de ma chronique politique hebdomadaire

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 Pendant qu’aux Etats-Unis, Donald Trump et Joe Biden se lancent des noms d’oiseaux et insultes de toutes sortes, la Chine, loin du fracas de la campagne électorale américaine, poursuit méthodiquement son projet hégémonique sur la région.

 Aujourd’hui, elle passe à un cran supérieur et semble préparer l’invasion de Taiwan, la Chine de Tchang Kai-Tchek.-

Rappelons-nous: Le premier président de la République chinoise, Sun Yat-sen, meurt en 1925. Tchang Kaï-chek prend alors la tête de son parti, le Guomindang . Il tente de réformer le pays et veut le libérer des tutelles étrangères ainsi que des «Seigneurs de la guerre». Mais à peine a-t-il instauré la paix civile qu'il doit faire face à une terrible invasion japonaise.

Après la libération du pays, en 1944,  il doit affronter une nouvelle guerre civile, face au parti communiste de Mao Zedong. Battu, Tchang Kaï-chek n'a d'autre recours que de se réfugier à Formose, sous la protection de la flotte américaine. 

Les différents responsables politiques taiwanais sont divisés sur  la politique à suivre à l’égard de Pékin. Rejoindre « la mère patrie », ou résister, les armes à la main, sous l’aile protectrice américaine.

Xi, le président chinois, semble avoir opter pour la manière forte. Il vient de mettre ses troupes en alerte maximum, en leur demandant de se préparer à la guerre. Il est demandé aux habitants des villes du sud du pays, de faire des stocks de produits alimentaires de premières nécessités. Les produits d’urgence sont classés en 72 catégories allant de l’eau jusqu’aux couvertures anti-feu. Ces ordres concernent entre autres, la ville de BEIJING.

Xi Jinping a passé en inspection les troupes marines stationnées à Chaozhou, ville à 350 Kms de Shenzhen; ces deux villes sont situées à l’ouest de Taiwan. Des sources militaires chinoises annonce le déploiement de rampes de lancement de missiles de dernière génération : les DF-17, en préparation d’une possible invasion de Taiwan.

  Des manœuvres d’intimidation, pendant que des négociations officieuses se poursuivent entre responsables pékinois et taiwanais ? Certains taiwanais cherchent un arrangement du type Hong Kong. Tout est possible avec ce fin manœuvrier qu’est Xi Jinping. Veut-il profiter que Washington regarde ailleurs, pour tenter de régler le problème de l’ile de Formose (Taiwan) à sa façon ?

  Pékin a toujours considéré Taiwan comme une partie de son territoire, et rejette le fait que feu le général Tchank Kai-Tchek ait fait de l’ile, un état indépendant, démocrate, avec ses propres forces militaires, son gouvernement et sa monnaie.

De tous les foyers de crises qui entourent la Chine, il n’y en a aucun qui soit aussi périlleux que le sort de l’île de Taiwan. La rhétorique guerrière de la reconquête est habituelle ; ce qui l’est moins, c’est la démonstration de force militaire, qui fait dangereusement monter la tension. La presse officielle chinoise donne les grands orgues de la propagande, en particulier le très nationaliste Global Times qui a même promis d’« éliminer » la Présidente taiwanaise, Tsai Ing-wen, au nom de la « loi anti-sécession » de Pékin.

Interrogé sur les incursions des jets chinois au-delà la « ligne médiane », le porte-parole du Ministère des affaires étrangères à Pékin a déclaré que cette ligne n’existe pas puisque Taiwan, selon lui, appartient à la Chine. Logique implacable.

Pour Pékin, l’option militaire a toujours été sur la table : le discours chinois est constant : proposer la réunification pacifique, mais si celle-ci n’est pas possible, alors l’option militaire sera inévitable.

  La question qui se pose est : jusqu’où les Etats-Unis sont prêts à aller, pour protéger leur allié. Washington ira-t-elle jusqu’à envoyer ses boys mourir pour Taiwan. Car sans le soutien militaire des Américains, Pékin ne fera qu’une bouchée de Taipei.