Nous sommes vendredi, et l'actualité m'impose le sujet. Voici ma chronique politique hebdomadaire :

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                          Le monde est suspendu aux résultats de l’élection présidentielle américaine, Joe Biden ou Donald Trump, Qu‘en est-il vraiment pour l’Europe, l’Asie, et dans une moindre mesure, pour le Maroc.

 La voie semble se dégager devant Joe Biden, au fur et à mesure du dépouillement des votes massifs par anticipation. Ces votes semblent  profiter au candidat démocrate à la Maison Blanche. Le camp de Donald Trump a engagé des procédures juridiques et réclame de nouveaux décomptes dans certains Etats clefs. À ce jour, Biden est crédité de 243 grands électeurs contre 214 pour Donald Trump. 

 Pour la majorité des observateurs, Joe Biden est un  « mec bien » qui serait un « président normal » en comparaison à Donald Trump.  S’il emporte bel et bien cette élection présidentielle,  il aura à affronter une véritable course de haies avant d’arriver à la Maison Blanche, le 20 janvier prochain. En premier lieu, une véritable bataille sur le plan juridique dans plusieurs états. Les deux parties qui s’apprêtent à batailler sur le front juridique, ont sollicité leurs soutiens financiers, pour cette autre campagne qui s’annonce coûteuse. 

 Biden aura à calmer l’impatience de ses troupes, dès le soir de l’élection.  Mais la tension risque de grimper au fil des jours. 

  Préparer la transition ne va pas être une promenade de santé, tellement l’Amérique est divisée. Il faudra à Biden beaucoup de diplomatie et de patience pour gérer un Donald Trump mauvais perdant et les siens.

Depuis juin, il a formé une équipe d’une centaine de personnes,  composée d’anciens de l’administration Obama, de responsables du parti démocrate de toutes sensibilités comme des proches de la très progressiste Elizabeth Warren ou du centriste Pete Buttigieg, ses anciens concurrents dans la course à l’investiture. Il s’agit de former un gouvernement, de nommer quelque 4 000 personnes à des postes clés (dont 1 200 doivent être confirmées par le Congrès) et préparer les premiers jours du Président nouvellement élu.

Joe Biden peut espérer compter sur quelques dirigeants républicains modérés, à l’image de Mitt Romney. « Une passation de pouvoir pacifique est fondamentale à une démocratie. Sans cela, c’est la Biélorussie. Toute suggestion qu’un président ne puisse respecter la Constitution est impensable et inacceptable », a twitté le sénateur de l’Utah en septembre.

Trump et ses équipes vont-ils aller jusqu’au  non-respect de  l’obligation légale de préservation des documents.

  Dernier point et non des moindres, il lui faudra gérer ses soutiens et leur susceptibilité. Mais s’il en arrive à ce stade, cela voudra dire au moins que Joe Biden aura franchi avec succès toutes les haies précédentes.

 Il ne faudra pas attendre de l’éventuel nouveau Président américain, un changement fondamental de la politique étrangère de Washington. Certainement dans le style, mais la doctrine Monroe et le testament politique de Brzezinski, continueront à inspirer la Maison Blanche, tout comme les orientations données, en son temps, par Henry Kissinger. Peu de changements à attendre de la future nouvelle administration pour le Maroc. Certes, les démocrates américains n’aiment pas les Monarchies, mais il y a là, une exception due à l’Histoire et à la priorité donnée à la collaboration sécuritaire avec les services marocains. L’Algérie et le Polisario ne doivent pas espérer une quelconque volte-face de Washington. C’est mésestimer le travail journalier du lobby sépharade aux Etats-Unis, en étroite collaboration avec les diplomates marocains sur place.

Les grands perdants risquent d’être les Européens. Un retour des Etats-Unis au pacte de Paris et une meilleure gestion de l’OTAN, signifiera un risque de division dans l’Union européenne et une marche arrière certaine dans l’esquisse d’une défense commune. En bref, l’Amérique de Biden, en souriant aux Européens, mettra vraisemblablement un frein aux velléités d’indépendance vis-à-vis de Washington, qu’on avait noté sous la présidence de Trump.

En Israël, plus d’embrassades ostensibles entre le Président américain et Netanyahou. Ralentissement possible du mouvement de normalisation avec les États du Golfe, mais ralentissement seulement. Le temps que les Evangéliques expliquent leur point de vue au nouveau locataire de la Maison Blanche et également faire état de leur pouvoir de « nuisance » avec leur cent millions de membres.

Pékin ne devra pas s’attendre à de grands changements, la politiquer de Trump, sur ce point, a été en totale harmonie avec l’opinion américaine.

Alors, TRUMP ou BIDEN ?