C'est la rentrée, voici ma chronique politique hebdomadaire :

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Aux Etats-Unis, auront lieu les élections de mi-mandat qui vont déterminer la suite de la présidence de Donald Trump.

Comme il y a deux ans, son cri de guerre reste : « Sus au système, l’Amérique d’abord ». Les démocrates rêvent d’une déferlante qui leur donnerait la majorité au Sénat, la clef de tous les rêves, les plus fous. 

Mais, malgré les attaques tout azimute, malgré les livres à charge et les éditoriaux ou lettres anonymes,  le corpsélectorale qui a porté Trump à la Maison Blanche reste soudé derrière son champion. 

« Trump est l’instrument du Seigneur pour sauver la civilisation chrétienne » clament les évangélistes. 

 Le Président américain a toujours voulu s’adresser au peuple, directement. Aussi, ces élections prennent-elles une allure de référendum : pour ou contre Donald Trump. 

Ces deux premières années à la Maison Blanche ont été un combat permanent contre l’opposition démocrate et sa propre majorité, parfois indocile. Même si la popularité du Président reste médiocre,  neuf républicains sur dix continuent de le soutenir. Ils sont 87% à l’apprécier et 63% à l’adorer. Ceux-là tiennent comme lui, les enquêtes de la justice pour « une chasse aux sorcières », ne croient pas les « médias ennemis » et n’ont que faire de ses frasques avec des playmates ou des actrices pornos. Ils lui sont gré de faire ce qu’il a promis  et de mettre l’Amérique « first ». 

La croissance des Etats-Unis est au plus haut et le chômage au plus bas, deux résultats dont ils créditent sa politique. Traditionnellement, les élections de mi-mandat sont mauvaises pour le pouvoir en place, mais avec le chamboulement du système voulu par Trump, difficile d’anticiper ce qu’il en sortira.

  En général, l’électeur américain vote en fonction de sa situation matérielle, de l’évolution économique du pays et ignore les affaires étrangères et les commentaires des élites. Mais l’Amérique de Trump vit une « drôle » de séquence où tout peut arriver, y compris lui offrir une avenue pour un deuxième mandat.

 Trump surf sur les fractures sociales engendrées par la globalisation dans les régions industrielles traditionnelles, avec des élites démocrates qui continuent d’ignorer la montée d’une inquiétude plus générale dans la société américaine.

Pour Trump, la mondialisation conduit à la désinstrualisation et risque d’amorcer un certain déclin des Etats-Unis. Il rend responsables des déficits commerciaux colossaux,  les accords de libre-échanges signés par ces prédécesseurs. Il combat le libre-échange qui est la philosophie de base des institutions de Bretton Woods, le FMI et la Banque Mondiale sans oublier l’OMC

 Il rompt avec le multilatéralisme et tourne le dos ainsi à la solidarité avec les alliés traditionnels de l’Amérique. « América first » souligne sa volonté de remettre en question les règles d’un jeu dont il estime qu’il faut modifier. On peut critiquer le style et le discours du Président américain, mais sa politique est lisible clairement : enrayer la montée en puissance de la Chine et perpétuer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. 

Monsieur le Président, je crains qu’il ne soit déjà trop tard !