Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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 Durant la campagne présidentielle, Trump n’avait pas assez de mots pour décrire son admiration pour la Russie et son président, Vladimir Poutine. On a besoin de relations apaisées avec Moscou, c’est mon ambition, déclarait-il. La Douma, le parlement russe, debout et unanime, a applaudi comme un seul homme, l’annonce de la victoire de Donald Trump.

La déception du Kremlin, au vu des premiers gestes et déclarations de la nouvelle équipe de Washington, est à la mesure des espoirs suscités par Trump. En dix jours, l’euphorie manifestée à l’égard du nouveau locataire de la Maison Blanche a cédé la place au doute, voire à la désillusion. Le moscovite de la rue se demande, comment Trump ne soit plus, si vite, des leurs ?

Le Kremlin espérait un changement radical dans les relations américano-russe. Il voyait la levée des sanctions imminentes et le partage d’une approche des problèmes de l’heure. Les espoirs russes ont pour l’instant été douchés. Le seul point de convergence, pour le moment, est la lutte contre le terrorisme.

Vu de Moscou, au sein de la nouvelle administration américaine, Donald Trump est le seul à désirer un véritable rapprochement avec la Russie de Poutine.

Quelles sont ces réalités qui ont eu raison de l’envie de Trump d’écrire une nouvelle page des relations des Etats-Unis avec Moscou ?

Le président des Etats-Unis n’a pas tous les pouvoirs, loin s’en faut, le Congrès et le Sénat peuvent peu et beaucoup, les lobbys et les médias ont l’illusion de détenir une part du pouvoir. Il n’est pas politiquement correct de l’avouer, c’est le consortium militaro-industriel qui détient la réalité du pouvoir. Ce dernier a besoin d’un ennemi qui justifie les augmentations des budgets de la défense, et la suprématie du Pentagone sur l’administration américaine, y compris le secrétariat d’Etat chargé d’implémenter la politique étrangère du pays.

Lorsque la Chine viendra relayer dans ce rôle la Russie, alors les relations américano-russe s’épanouiront, comme le souhaite Donald Trump. Pour l’instant, cela sera la politique des petits pas, si chère à l’ex-secrétaire d’Etat américain, Henry Kissinger.

Pour sa part, le Kremlin n’entend pas toucher à ses partenariats stratégiques à long terme avec l’Iran et la Chine, pour le moment.

 Washington va explorer les voix d’une amélioration de ses relations avec Moscou. Mais ce sera fait sur une base de Realpolitik classique. Il faut reconnaître que le 42em Président des Etats-Unis, est en train d’apprendre le métier, assez rapidement.

Les 17, 18 et 19 février derniers, s’est tenu à Munich, la 53em conférence » sur la sécurité. Cette conférence est à la Géopolitique ce que le Forum de Davos est à l’économie. La question récurrente fut : quel futur pour les relations américano-russes ? La réponse donnée par l’équipe Trump, depuis le changement d’Administration à Washington, a été de dissiper les illusions surgies à la faveur du sacre de Donald Trump. Les intérêts nationaux l’ont emporté sur les affinités électives. Ceci a fini part déboussoler le citoyen russe lambda, qui s’attendait à plus.

Aujourd’hui, les Russes désespèrent de Washington, mais pas encore de Donald Trump.