Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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    Les médias, radio, télévision et presse écrite, représentent un élément essentiel de l’exercice de la démocratie. Sans ce qu’il est communément appelé le contre pouvoir ou plus généralement le quatrième pouvoir, le citoyen ne peut-être informé pour juger l’action de ses élus, les sanctionner ou les reconduire.

 Mais cet exercice demande une éthique sans faille et le devoir impérieux de vérifier l’information recueillie. Ces temps-ci, on assiste à une véritable dérive dans la course effrénée au scoop et la recherche de satisfaire un lecteur de plus en plus avide de sensationnel, de faits sordides, pourvu que cela concernes des personnes connues, politiciens, stars du cinéma, du théâtre ou du sport. Ce qui est grave, c’est que la respectabilité, l’honnêteté des personnes clouées ainsi au pilori, sont atteintes, souvent durablement et parfois sans retour.

 Au fait de sa carrière, au plus haut poste honorifique d’un Etat, Christian Wulf, aujourd’hui ex président de la République fédérale allemande en a fait la cruelle expérience. Elu président en juin 2010 à cinquante ans, il a dû démissionner en février 2012 de ce poste,  qui ne souffre aucune ombre sur la personnalité du titulaire.

 La presse s’était faite l’écho de soupçon de corruption. Une véritable campagne de dénigrement a amené la Chancelière Angéla Merkel à demander la

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démission du Président de la République fédérale allemande, du jamais vu. Bien obligée était la Chancelière, lorsque le parquet, s’étant saisi d’une affaire de corruption inexistante, demanda la levée de l’immunité du Président. Pas moins de 21 charges ont été rassemblées contre cet étrange président, jeune, beau de sa personne, aisé et de surcroit marié à une jeune et belle femme. Celui qui aurait pu être un Kennedy sans le pouvoir, était devenue la brebis galeuse d’un parti politique.

 Il a comparu devant le tribunal, ce 14 novembre, on constate alors, que la montagne a accouché d’une souris. Au fur et à mesure de l’enquête, les 21 chefs d’inculpation ont fondus, comme neige au soleil. Le tribunal se trouve maintenant à juger l’ex président pour une facture d’hôtel et restaurant d’environ 700 euros, qu’un ami aurait payé à sa place, lors de la fête de la bière à Munich.

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 Devant ce tribunal de Hanovre, Christan Wulf doit désormais répondre d’un délit éventuel de trafic d’influence pour 700 euros ; de corruption, il n’en est plus question. Un certain malaise  était perceptible dans la presse à l’ouverture du procès. La presse people, dans un premier temps, avait porté aux nues Christian Wulf et sa jeune épouse Bettina. Le quotidien Bild n’était pas en reste. Tout a changé lorsque cette même presse avait révélé que le Président avait contracté un prêt, devant notaire, auprès d’un ami pour acquérir sa résidence principale. Ce dernier s’était opposé à cette divulgation, considérant qu’elle était une atteinte à sa vie privée. Dès lors, en disgrâce auprès de la presse, cette dernière se déchaine, s’étendant sur des faveurs qu’il aurait reçu de ses riches amis. Des informations non vérifiées, des rumeurs fantaisistes, des confidences invérifiables ont fini par créer un climat délétère autour du personnage.

 Fallait-il vraiment provoquer une crise politique et personnelle, le couple Wulf n’ayant pas tenu dans cette bourrasque, s’est effondré, malheureusement

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avant que les accusations en fassent autant. Où est la faute, à qui la faute ? À une presse avide de sensationnel et qui n’hésite pas parfois à le fabriquer ? À un publique voyeur et quelque peu envieux ? Aux deux à la fois ? Et pour quel résultat : un homme atteint dans sa dignité et son honneur, un couple détruit, une présidence salie !

 Quel gâchis !