Le transhumanisme, que cache ce vocable ? 

Le transhumanisme serait un mouvement culturel et intellectuel très vaste, que certains vont jusqu’a qualifié de philosophie, voire de religion. Il a pour base le progrès des sciences, de la médecine, des nanotechnologies, de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Son but, améliorer l’homme, le rendre plus performant. Selon les pays, les régions, les périodes, on voit naître des courants avec un objectif commun : l’immortalité, la mort de la mort, quête de l’humanité depuis au moins l’antiquité.

  C’est en 1937 qu’apparait dans la langue française le terme transhumanisme. A l’origine, il désignait plutôt l’amélioration des performances humaines. Certains historiens pensent que le transhumanisme puise ses racines dans l’humanisme de la renaissance et le siècle des lumières. Il semble que c’est une erreur de comparer la recherche de la performance et l’amélioration des capacités intellectuelles. La métaphore semble avoir été mal interprétée. 

 La médecine classique vise la réparation de cette machine délicate, à nulle autre pareille, l’Homme, la guérison d’une maladie, d’une anomalie, d’un état pathologique. 

 

Pour certains chercheurs, le vieillissement est une pathologie qu’on doit traiter comme telle. Les transhumanistes contemporains se considèrent comme des scientifiques ayant permis des avancées majeures pour notre civilisation. Le transhumanisme vise une augmentation des facultés de l’homme. IL ne s’agit plus de palier aux défaillances du corps humain, mais d’en augmenter les capacités. 

 Huxley puis Minsky sont les pionniers qui ont jeté les bases du mouvement contemporain qui vit le jour dans les années 80, particulièrement aux États-Unis. 

 

Max More, en 1990 définit ce mouvement ainsi :

  « Le transhumanisme est une classe de philosophies ayant pour but de nous guider vers une condition posthumaine. Le transhumanisme partage de nombreuses valeurs avec l'humanisme parmi lesquelles un respect de la raison et de la science, un attachement au progrès et une grande considération pour l'existence humaine (ou transhumaine) dans cette vie.Le transhumanisme diffère de l'humanisme en ce qu'il reconnaît et anticipe les changements radicaux de la nature et des possibilités de nos vies provoqués par diverses sciences et techniques. »

 Le transhumanisme est-il visionnaire et prépare-t-il l’avenir de l’humanité. Darwin déjà annonçait l’évolution inéluctable de l’homme.

  Les intérêts capitalistes, malheureusement, se mêlent au développement de ces idées, particulièrement avec l‘accélération du développement des NBIC (les nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives). Les GAFA par leurs investissements massifs et leurs moyens colossaux, supérieurs, de loin, à ceux des nations elles-mêmes, vont dénaturer l’esprit même du transhumanisme.

 

L’objectif visé va être un post-humanisme où le transhumanisme ne serait qu’une transition. 

  L’utopie la plus extrême va être le transfert d’une pensée humaine dans un corps totalement dématérialisé, c’est à dire le « téléchargement de notre cerveau » dans un ordinateur ; devient-on alors un disque dur ? Pour eux, on aura ainsi vaincu la mort.  Plusieurs projets américains et européen sont en cours depuis le début des années 2000.

Il faut tout de même garder à l’esprit que Google ou encore Neuralink (Elon Musk) ne sont pas des entreprises philanthropes et que le contexte social, politique, démocratique des crises multiples que nous vivons en parallèle, complexifie la réflexion et pose la question de l’éthique qui devrait encadrer, voir réguler ce développement technologique. 

Le transhumanisme reste une idée qui a séduit et convaincu beaucoup de personnes. Vivre plus de 100 ans dans un corps jeune et en parfaite santé, ne peut être que louable. 

Certains humanistes voient dans le transhumanisme la progéniture du mouvement de libre-pensée. Ils soutiennent que les transhumanistes se distinguent des humanistes traditionnels en ce qu'ils se concentrent tout particulièrement sur les apports de la technique aux problèmes humains et au problème de la mort.

 

Toute notre condition humaine se réduit à cette finitude, cette fragilité, cette angoisse et nous agissons ou non, que dans ce contexte.

  Si l’essence de l’homme et toute sa dignité, ne peuvent être qu’en étroite relation avec la mort, on peut aisément supposer que si on tendait vers l’immortalité, nous serions inévitablement des êtres post humains et non plus des humains. 

Depuis que l’homme est apparu, la mort est au centre de ses préoccupations. On se distingue ainsi du monde animal, entre autres par le culte que nous rendons à nos morts. 

Certains centres de réflexions comme la Franc Maçonnerie tentent d’apprivoiser la mort, y préparent ces membres. La Philosophie, c’est apprendre à mourir disait Montaigne. 

Socrate, avec Sénèque et Montaigne, partagent cette conviction que la sagesse n’a de sens que si, en opposition, elle sait se prolonger, s’enrichir et s’accompagner d’une éthique de la transmission. 

 

Toute amélioration de l’humain si souhaitable soit elle, avec ce mariage des technologies nouvelles et la nature de l’homme, ne risque-t-elle pas d’aboutir à modifier ce délicat équilibre entre chair et esprit, à une diminution de l’existentialité de l’être humain.