Chronique politique hebdomadaire du vendredi
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Avec le départ de Trump, les populistes ont perdu leur porte-drapeau.
Le populisme n'a jamais été une organisation internationale, chaque mouvement populiste est spécifique à son contexte national. Aussi, le départ de Trump ne change rien par exemple pour Boris Johnson. Ce sera probablement un soulagement de ne plus devoir composer avec lui. Orban ne perdra pas son pouvoir en Hongrie. Les populistes en Italie ont encore une chance de revenir au pouvoir. La formule n'a pas changé : volatilité économique + inégalités + migration, avec la perception que l'élite ne comprend pas la population. Cela ne disparaîtra pas.
Le populisme, qui perd peut-être du terrain aujourd'hui, refera son apparition car les problèmes migratoires vont perdurer.
Si les changements climatiques et d'autres variables se poursuivent au rythme actuel, l'exode d'Afrique et d'autres pays vers l'Europe ne fera qu'augmenter par rapport à 2015. C'est un thème dominant qui est aujourd'hui temporairement mis de côté.
À l'horizon de dix ans, bloquer la droite en votant des lois contre l'islam politique, à l’instar du président français, Emanuel Macron, se produira partout. Des gens dits extrémistes ou islamophobes seront considérés comme des prophètes, parce que ce problème s’imposera comme fondamental. Le fossé entre les migrants venant de pays à majorité musulmane et la population européenne est trop profond.
Un moment donné, l'Europe sera confrontée à un nouveau défi géopolitique bien plus grave que la question de l'Ukraine. Ce sera un test pour voir si l'Europe est capable d'exercer sa puissance et n'est pas uniquement une annexe des États-Unis. La réponse sera probablement qu'elle reste une obligée des USA et qu’une menace russe éventuelle, ne pourra être combattue qu'avec l'aide des Américains, ou disparaitra par l’élargissement de l’Union européenne vers l’Est, la Russie.
On ne peut pas dire que la Chine est le seul pays qui, d'une certaine manière, sort gagnant de la pandémie. Les États-Unis semblent ne pas s'en sortir avec la pandémie, mais les dégâts ne sont pas irréversibles. Ce qui fait la résilience des États-Unis fonctionne toujours. Le pays continue à attirer les talents internationaux. Les gens de tous les coins du monde continuent à vouloir se rendre aux États-Unis. La Chine gagnera-t-elle cette course. Combien de personnes ont demandé la citoyenneté chinoise ?
Le gouvernement Trump, un peu comme celui de Nixon – qui ressemblait à une catastrophe systémique – ne l'était pas en réalité. Les États-Unis sont sortis du marasme vietnamien et du Watergate dans les années 70 en forme olympique, tandis que l'Union soviétique, dont on pensait qu'elle allait gagner la Guerre Froide, a implosé dans les années 80.
La pandémie semble être une sorte de méga Tchernobyl. Tchernobyl n'a pas fait autant de victimes, mais a montré à quel point le système russe était chancelant. Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? La pandémie a fait plus de victimes en dehors de la Chine, mais a montré la vraie nature du système chinois. Un véritable système totalitaire, bien plus extrême que l'Union Soviétique. On pouvait détester Trump, mais il n'est plus là, contrairement à Xi Jinping. Si on espère que la Chine deviendra un jour une société un peu plus libérale, on risque de se tromper lourdement.
C'est une de ces analogies historiques avec lesquelles il faut rester prudent. Les années 20 du siècle dernier n'étaient pas réellement fantastiques. Sauf si on considére l'hyperinflation comme une réussite, une situation vécue par de nombreux pays européens à cette époque. Mais si on connait un boom économique, il sera de courte durée. Le monde devra comprendre que les États-Unis ne peuvent pas continuer avec un déficit budgétaire de 15% de leur PIB et devront introduire une forme de réduction des dépenses et d'augmentation des impôts. La fête sera de courte durée. Ce sera plutôt une ‘année folle 2021'.