Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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C’est Hillary Clinton qui sera sacrée à la convention démocrate de juillet. Malgré un Sanders qui ne renonce pas, les démocrates, y compris Sanders, s’aligneront derrière la première femme nominée de l’histoire des Etats-Unis. En devenant la première femme à briser le plafond de verre et à accéder à la Présidence de la plus grande puissance du monde, elle succédera à un autre rêve, celui que représentait l’élection du premier noir à la Maison Blanche.

Du côté Républicains, c’est pas la joie, sauf au camp de Donald Trump. Les dirigeants historiques du vieux parti républicain, à contre cœur, lentement, s’alignent les uns après les autres, derrière Trump, démocratie oblige ! Mais ceux qui disaient,  il n’y a pas longtemps, tout sauf Trump, ont-ils renoncé à le faire chuter ? C’est que les tous premiers sondages, donnent Trump à égalité avec Hillary.

La manœuvre de déstabilisation de Trump est délicate. Jugé peu crédible, il y a un an, Trump a joué sur le sentiment anti-système tout au long de sa campagne. Ses propos intempestifs et outranciers ont emballé les badauds, mais le corps électoral, celui qui ne vient pas dans ces grandes messes, que sont les rassemblements politiques, est-il convaincu ?

Sa campagne, menée tambour battant, à coups de tweets, de grands meetings et de domination des médias télévisés, haletante et décapante, a installé un climat d’étonnement, d’incompréhension, d’inquiétude, tellement les Américains ont été bousculés par le phénomène Donald.

Ses déclarations à l’emporte-pièce, ses revirements et contradictions, ses coups de sangs et ses litanies inacceptables, vont-ils réveiller ces citoyens hypnotisés par le candidat le plus populiste, que l’Amérique n’ai eu.

Donald Trump, est-il dangereux, est-il irresponsable ? C’est la question que se posent, les Ténors du parti.

Se dessine une stratégie, une réponse ? Un troisième homme. Il existe, dans le panorama politique américain, un troisième parti, qui ne fait pas beaucoup parler de lui. Il a, souvent, présenté un candidat aux élections présidentielles, sans beaucoup de conviction.

La convention libertarienne était, d’habitude, couverte par un maximum d’une cinquantaine de médias. Cette fois-ci, c’est plus de deux cent cinquante, qui ont demandé une accréditation. La convention fut un succès de fréquentation, et a donné la nomination à Gary Earl Johnson. Celui qui va contester la suprématie à Hillary Clinton et Donald Trump, n’est pas un inconnu.

Issu du parti Républicain, ses positions sont d’un libéralisme classique. Il est conservateur économiquement et progressiste sur les questions sociales. Il a accompli deux mandats de Gouverneur du Nouveau-Mexique. Il est contre la multiplication des lois.  Durand ses mandats, il a mis son véto à plus de lois que les 49 autres gouverneurs d’État réunis. A quatorze occasions, il a diminué les impôts et ne les a jamais augmentés. Il réduit le déficit public du Nouveau-Mexique. A la fin de son mandat, son Etat se retrouve avec un excédent budgétaire d’un milliard de dollars.

Pour beaucoup d’observateurs, Gary Johnson pourrait attirer les déçus de Trump et faire trébucher le candidat officiel du parti républicain.

Face à l’impopularité des deux candidats des deux grands partis, une opportunité historique se présente pour les Libertariens. Non que leur nominé puisse gagner l’élection, mais barrer la route à l’iconoclaste, Donald Trump. N’est-ce pas là, le but recherché par les ténors du parti républicain, par les « gardiens du temples » qui n’en peuvent plus des déclarations anachroniques de celui qu’ils nomment « le clown ».