C'est l'actualité qui décide ce vendredi du thème de ma chronique:

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                L’opposant auto-proclamé à Poutine président de la Fédération de Russie, vient d’être condamné à 3 ans et demi de prison ferme par le tribunal de Moscou.

  Les médias occidentaux ne cessent de commenter la décision des juges moscovites et veulent faire de Navalny le symbole de l’opposition au président russe.

  Mais qui est Alexei Navalny ? D’où vient-il et quelle ambition anime cet ancien avocat ?

Navalty a fait de sa confrontation avec Poutine son combat. Il a fait de Poutine, non pas son adversaire politique, mais son ennemi personnel. Cette animosité grandit au fur et à mesure que Poutine l’ignore et ne répond rarement en personne, à ses affirmations souvent mensongères, comme celle de la construction d’un somptueux palais personnel par Poutine.

 Opposant, d’accord, mais que propose-t-il ? Navalty n’a aucun programme si ce n’est de renforcer la Douma (le parlement russe). Largement ignoré par les médias nationaux, non représenté au Parlement, il ne fait pas figure d’alternative crédible au pouvoir en place. Seul l’Occident prête à Navalny un statut qu’il n’a pas auprès de la population. La réponse se trouve dans la popularité du président Poutine. 

Le taux de popularité de Vladimir Poutine reste très élevé si on le compare avec ceux des dirigeants des démocraties représentatives. Sa cote de satisfaction, qui a connu un fléchissement en 2018 du fait de l’impopulaire réforme des retraites et de la baisse du pouvoir d’achat, reste stable autour des 68 %. Selon les sociologues, ces chiffres traduisent autre chose que la simple popularité du président : ils mesurent davantage l’acceptation par les citoyens, de l’état économique et social du pays. À leurs yeux, la situation pourrait être pire sans Vladimir Poutine.

 Cet état de choses, veut être ignoré par les pays dits « démocratiques » de l’Occident. L’Union européenne semble faire sienne la croisade des américains à l’encontre de l’hôte du Kremlin. Peut-être que le vaccin Spoutnik va modifier, tant soit peu, l’attitude des européens à l’égard de Moscou.

 Alexei Navalny, au début de sa carrière politique, tenait des discours nationalistes aux relents racistes et défilait à la Marche russe, le rassemblement annuel de groupuscules d’extrême droite ou monarchistes. Il avait notamment approuvé bruyamment l’annexion de la Crimée par la Russie.

 C’était avant que les médias occidentaux n’en fassent l’icône de l’opposition à Poutine. 

 Les appels des uns et des autres en Occident pour la libération de Navalny n’auront aucune suite, pas plus que n’ont eu de succès les appels à la libération de Julien Assange, poursuivi par Washington, pour la divulgation de documents secrets ou sensibles via Wikileaks.

  L’Occident restera un donneur de leçons, hypocrite. Je crains, pour Navalny, condamné à trois ans et demi de prison ferme, qu’au bout d’un an, après que l’opinion aura trouvé d’autres centres d’intérêt, qu’il ne soit tué en prison, dans une rixe entre prisonniers.