Voici ma chronique politique hebdomadaire de ce vendredi

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         Le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) vient d’être adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies. Il entre en vigueur ce 22 janvier, au terme d’un processus diplomatique de signatures et ratifications. 

 Cet accord n’a pas de sens, car aucune puissance dotée de l’arme atomique n’y adhère. Il sera donc sans effet sur les panoplies d’armes nucléaires stockées par les grandes puissances. Jamais ces pays ne renonceront aux armes permettant, en fait, d’éviter un conflit armé par ce que le général De Gaulle appelait : la dissuasion.  Mais les anti-nucléaires sont convaincus que cet accord contribue à la délégitimisation de la dissuasion nucléaire dans les opinions, et notamment dans de nombreux pays européens. Peut-être chez ceux qui n’ont pas accédés à l’arme nucléaire.

  Cet accord est devenu effectif dès lors que plus de cinquante États l’avaient ratifié.

 Le porte-parole français, Jean-Marie Collin de l’organisation ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons) a déclaré : « selon le droit international, les armes nucléaires sont illégales » On croit rêver.  De quels moyens ICAN dispose pour prétendre appliquer ces interdictions ? Les utopistes que sont les anti-nucléaires, semblent n’avoir aucune idée des réalités géopolitiques.

   On se demande qu’avait à gagner l’ONU dans cette galère. Le texte prétend interdire l’utilisation, la menace, la possession et le stationnement d’armes atomiques. Cette rédaction ne fait qu’illustrer l’incapacité de l’ONU à imposer quoique ce soit à quiconque.

  Tout le monde, y compris à l’ONU, sait que le traité ne changera rien, aussi bien à court qu’à long terme, car seuls les États signataires sont tenus de le respecter. Et qu’aucun des neuf États dotés de l’arme atomique ne l’a signé et n’a l’intention de le faire.

 Cet accord est un vœu pieux. Le monde réel n’a que faire de ces soi-disant avancées qui soulignent simplement l’incapacité des uns et des autres à peser sur la réalité géopolitique du monde. Les incantations n’ont jamais guéri personne, encore moins en politique. Il serait temps, peut-être que le monde des Bobos, des soixante-huitards attardés, des adeptes de cette nouvelle religion qu’est devenu l’écologie, réalise que ces batailles sont perdues d’avance.

Les utopies sont potentiellement dangereuses en politique, mais pour certains idéologues, les visions utopiques leurs sont absolument indispensables.

  En effet, l’idéologie donne au croyant une image du monde qui est à la fois réaliste et souhaitable, organisant ainsi l’immense complexité du monde en quelque chose de relativement simple et facile à appréhender. En réalité, de par sa nature, l’idéologie contient sa propre utopie. Le problème survient quand celle-ci devient un système de valeurs au lieu d’être une critique du système existant à travers la formulation d’une meilleure alternative. C’est en quoi consiste l’utopie dans la plupart des cas.