Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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À un an de la présidentielle, en juillet/août 2019,  le président Donald Trump était très populaire parmi les électeurs républicains, casseroles ou pas casseroles. On serait même tenté de dire : plus il avait de casseroles, plus son électorat le soutenait. Il conservait un socle très solide d’inconditionnels, 40% de l’électorat global.

Depuis, il y a eu la tentation de destitution au Congrès. Elle a avorté, mais a laissé des cicatrices. Il y a eu la valse hésitation du retrait  des forces américaines de Syrie. L’abandon des alliés Kurdes lui a créé de solides inimités jusque dans son propre parti. 

Les ténors du « Grand Old Party » profondément troublé par la façon dont il se promenait en insultant tout le monde, n’acceptent plus qu’il "Insulte les "Gold Star mothers"(mères de soldats tués au front),  John McCain, les immigrés. Ce dernier point est une des raisons invoquées par Colin Powell qui rappelait : «  je suis un fils d'immigrants ».

 Les sondages ont commencé à pointer le retard pris sur Joe Biden, puis sont devenus franchement mauvais, depuis sa gestion catastrophique de la crise sanitaire.

L’affaire « George Floyde » à Mineapolis, suivie des émeutes raciales qui ont enflammé le pays, ont achevé de plomber sa campagne électorale.

  Il y a quelques semaines, j’écrivais que Donald Trump peut être lâché par les Républicains, s’ils sentent qu’il risque sérieusement de perdre sa réélection. Mais je ne pensais pas que cela arriverait si tôt. L'ancien président George W. Bush, le sénateur républicain Mitt Romney ou l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell ont récemment annoncé ne pas vouloir soutenir le président américain à la prochaine présidentielle. Véritable coup de tonnerre dans la campagne de Donald Trump en vue de sa réélection en novembre prochain, Colin Powell annonce qu’il votera Joe Biden.

Le style atypique du président américain dans l'exercice du pouvoir lui avait déjà valu quelques inimitiés au sein du parti républicain dès le début de son mandat. Deux figures du Grand Old Party, anciens candidats à la Maison Blanche, les sénateurs John McCain (2008) et Mitt Romney (2012) s'étaient, en son temps, placées en opposants à la politique du milliardaire

 Ces grandes figures de son propre parti ont tenu à expliquer leur ras-le-bol. Ils estiment que celui-ci s'est affranchi de la constitution : : "Nous avons une constitution, et nous devons suivre cette constitution. Le président s'en est éloigné", sans oublier ses volte-face à répétition en politique étrangère.

Ces commentaires s'ajoutent à une liste croissante de reproches faites ces derniers jours par d'anciens hauts fonctionnaires.  Un certain nombre d’anciens généraux, amiraux et diplomates ont reproché violemment à Trump sa menace d’envoyer l’armée pour mater les émeutiers.  Avec les services secrets américains, il est carrément en conflit ouvert.

Trump a toujours été convaincu, que le parti républicain n’avait pas d’alternative à sa candidature. Le choix public de Colin Powell détruit cette stratégie. Trump ne s’attendait pas à ces rejets au sein de son propre parti, surement pas de si tôt et pas d’une telle violence.

A force de décider seul, et de multiplier les ordres et les contre ordres, Trump s’est fâché avec beaucoup de monde. Au fil des mois, il a viré des dizaines de conseillers, Tillerson, Comey, Mattis, Kelly, McMaster, Bolton, la liste est longue.  C’est autant de rancœurs potentielles.

Les éditorialistes de la presse conservatrice et les ténors républicains commencent à se dire que Trump devient plus un fardeau qu’un atout,  on peut s’attendre à ce que la panique s’installe et voir le vent tourner.

  Il ne faut pas oublier que les États-Unis sont un pays fédéral : l’enjeu de chaque Etat est aussi important que l’enjeu national. Un gouverneur républicain d’un Etat X n’hésitera pas à lâcher Trump, s’il pense sauver ainsi 

sa réélection. L’hypothèse d’une rébellion du Parti républicain n’est plus totalement incongrue. Tous ces événements et constats, expliquent la nervosité de Donald Trump depuis quelques mois.