Le déconfinement a troublé l'ordonnance de mes devoirs. Voici avec retard ma chronique du vendredi, plutôt un coup de gueule vers la France et ses Conseillers.

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La bêtise humaine est sans limite, surtout chez les « intellos » qui entourent le président français, Emmanuel Macron. Alain Minc, pour ne pas le nommer, trouve encombrant tous ces vieux qui chargent « outrageusement » la barque de la Sécurité sociale. Pour réduire le déficit de la Caisse, il propose que l’on fasse payer les très vieux et les vieux riches, qui coûtent trop cher, selon lui à l’État. Cela doit être quelques réminiscences du discours paternel, quand ce dernier était membre du parti communiste.

Lord d’une émission de France info, « Parlons Net », Minc a cité l’exemple de son père, 102 ans, qui a été hospitalisé 15 jours dans un service de pointe. Et d’ajouter : la collectivité a dépensé 100.000 euros pour soigner un vieillard de 102 ans. C’est un luxe extraordinaire, pour lui donner seulement quelques mois ou quelques années de vie supplémentaire. Il poursuit, aberrant que l’État m’ai fait ce cadeau gratuit. Peut-être qu’il aurait préféré qu’on l’euthanasie ?
Les fondamentaux d’une Nation passent par une contribution générale, suivant les revenus de chacun. Ce pot commun est le garant de la cohésion sociale autour des idéaux de la République. C’est ainsi que l’éducation nationale est gratuite comme la prise en charge de la santé des citoyens. Demander aujourd’hui que les personnes âgées se prennent en charge, est une odieuse discrimination. Comme le dirait Corneille, savez-vous, monsieur Minc, que ces vieux ont été la vaillance de leur temps et souvent la gloire de la République ? Ils sont la mémoire de la Nation et un trésor d’expériences.
Mais que peut-on attendre d’un conseiller comme Alain Minc ? Connu pour son don d’ubiquité, il est le seul conseiller, à ma connaissance, capable d’émarger chez Gérard Mestrallet, PDG de Suez et en même temps être le conseiller d’Alain Frère qui tentait de destituer le même Mestrallet ; membre du conseil d’administration de Vinci, il en est viré car il conseillait en même temps François Pinault, qui préparait une attaque sur le groupe Vinci. On peut être diplômé de l’école nationale des mines de Paris, de l’Institut d’études politiques de Paris, major de sa promotion à l’ENA, et avoir une honnêteté intellectuelle à géographie variable, qui n’empêche nullement de débiter des âneries. Jamais les diplômes n’ont porté si bien leur appellation de « peaux d’ânes ».  
À force de vouloir choquer, le conseiller de tant d’hôtes du palais de l’Élysées, aujourd’hui Emmanuel Macron, devient extravagant et saugrenu.