Le confinement ne doit rien changer à nos bonnes habitudes du vendredi. Voici ma chronique politique hebdomadaire.

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En ces temps de pandémie, la chasse aux boucs émissaires est ouverte. Il y a des coupables idéaux, la Chine et la Mondialisation. Parce qu’il y a eu une mauvaise gestion et une impréparation générale dans le traitement de la pandémie du Covid 19, la faute revient aux délocalisations !! Pour nombre de rêveurs, c’est une atteinte à la souveraineté des pays qui se voient dépendants des productions délocalisées au loin.

Les nouveaux maîtres du monde que sont : la finance internationale, les marchés, les grands groupes multinationaux, apatrides, les « Silicone valey » qui se multiplient un peu partout dans le monde, ont transformé la planète en un village où règnent, le prix de revient et le retour en investissement.
Au Forum de Davos de 2017, le président chinois, Xi Jimpling a donné une analyse différente des mutations constatées, qu’il a résumé ainsi : « L’économie mondiale est un vaste océan auquel nul ne peut échapper. »
On est loin de la litanie développée chez certains experts auto-proclamés qu’il faut détricoter la mondialisation et rapatrier les industries, sous prétexte de souveraineté.
La Chine, qui d’emblée, s’est jetée dans la mondialisation et ses libres échanges commerciaux et financiers, a vu son taux de pauvreté chuter spectaculairement, de 500 millions de pauvres, elle est tombée aujourd’hui à moins de 10 millions et son revenu par habitant dépasse les 9000 US dollars pendant que le PIB par habitant frôle les 18000 US dollars.
L’extrême pauvreté a fortement diminué sur la planète. Seuls 10% des populations ont moins de 1,25 dollar par jour pour vivre, contre 36% et ce en 2015.
Depuis, le phénomène n’a cessé de s’amplifier jusqu’à l’apparition de la pandémie. Cette crise sanitaire risque de donner un retour de balancier dans cette évolution. Le Covid 19 a mis toutes les activités économiques, culturelles et sociétales à l’arrêt. Si une grande partie de la planète est en position Pause, les applications, nées de la mondialisation continuent, heureusement, à s’activer. Tean, Zoom, Skype ne fonctionneraient pas sans la liberté donnée par la mondialisation aux échanges.
L’internationalisation des techniques, les migrations des industries, ne pourraient être contrecarrés que pour un temps, car l’élan est irrésistible et irréversible. Certaines relocalisations peuvent et doivent être reconsidérées, particulièrement dans l’industrie pharmaceutique.
Les États qui se lanceraient à contre courant de la mondialisation, seront amenés à constater leur échec à vouloir, sous prétexte de souveraineté, réguler le commerce international.
Les véritables maîtres du monde sont les consommateurs et leur pouvoir d’achat.