Le confinement ne doit pas nous faire oublier notre rendez-vous du vendredi. Voici donc ma chronique politique hebdomadaire :
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Le capitalisme est en quête d’un renouveau. Il s’est toujours adapté aux renversements des tendances, des politiques des uns et des autres. Il a toujours trouvé son chemin grâce à sa boussole, le Marché.
Aujourd’hui, la mondialisation en faisant de la planète un seul marché et la crise sanitaire, lui imposent une véritable révolution. Le consommateur ne se conduit plus en simple consommateur, mais aussi en juge des conditions de sa consommation.
Sous sa pression, appelé également opinion publique, et celle des investisseurs institutionnels, les gestionnaires de la finance internationale doivent intégrer maintenant, de nouveaux critères dans le choix de leurs investissements.
Depuis plus de cinquante ans, les sociétés avaient comme seule préoccupation, celle de dégager de la valeur à leurs actionnaires. Aujourd’hui, les gestionnaires de fonds de retraite ne peuvent plus regarder seulement le profit, mais aussi les dégâts éventuels à l’environnement et se préoccuper du rôle sociale des entreprises.
Le discours des décideurs de la finance internationale est en train de changer, ainsi que leur conception du système capitaliste. La valeur d’une entreprise ne se juge plus seulement sur son rendement financier, mais également sur les critères dits ESG, E pour environnement, S pour social et G pour gouvernance.
Chez AVIVA, multinationale financière aux 33 millions de clients, aux dires de son directeur général en France, du fait qu’ils gèrent des capitaux pour plusieurs années, la durabilité des investissements, la pérennité des entreprises compte plus que la performance à court terme. Pour cela, ils ont recours à l’analyse ESG.
Le charbon, le pétrole de schiste ont aujourd’hui, des difficultés à trouver des financements. Avec le flop qu’a subit l’entée en bourse de la société pétrolière saoudienne, ARMCO, le monde pétrolier a compris que l’Age d’or est désormais derrière eux.
Aujourd’hui, le capitalisme doit articuler son impératif de profits avec ceux de favoriser l’épanouissement et la santé des hommes qui s’y activent ainsi que la préservation de la planète.
Les clients des gestionnaires de fortunes jouent un rôle dans cette évolution. Maintenant, ils demandent des fonds qu’ils investissent dans des entreprises créatrices d’emplois, en particulier localement, et qui fassent des efforts sur l’environnement et la biodiversité.
Depuis quelques temps, une partie non négligeable de la croissance économique est tirée par l’innovation dans le domaine du développement durable.
Ces dernières années, Air Liquide, ELF, SNCF Réseau, ont organisé des émissions obligataires destinées à financer des projets socialement responsables.
Les leviers de financement dits vertueux vont être de plus en plus prisés par les investisseurs.
Pour le moment, on navigue dans un dédale d’approches et de concepts :
- ISR, Investissement socialement responsable
- ESG, environnement, social et gouvernance
- RES, responsabilité sociale des entreprises.
On estime à 30700 milliards de dollars, les montants déjà gérés officiellement selon les critères ESG.
Avec la mutation sociale du capitalisme, il semble qu’il faudra, prochainement, réécrire l’ouvrage de Karl Marx, Das Kapital.