Le confinement ne doit pas nous faire oublier les bonnes habitudes. Vendredi c'est le jour habituel de ma chronique politique hebdomadaire:

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Le coronavirus a mis en évidence l’interdépendance des économies. Les mesures de confinement ont mis à mal la programmation des usines de production en flux tendus. La gestion des stocks devient tributaire des divers fournisseurs et sous-traitants opérant dans différents pays de par le monde. 

La mondialisation, avec son corollaire : la libre circulation des biens et des hommes, a permis l’optimisation des prix de revient, mais en même temps, a créé une dépendance des uns des autres.
En mettant en évidence cette dépendance, non seulement à la production chinoise, mais à tous les lieux de délocalisation et de sous-traitance, la crise sanitaire fait espérer, à certains, une remise en question chez les états-majors des entreprises concernées. Ceci pourrait-il conduire à une démondialisation économique ? Est-ce souhaitable, est-ce réaliste ? La fracture numérique entre la Chine et les Etats-Unis fait-elle reculer la globalisation ?
La démondialisation n’est nullement engagée. Etats-Unis et Chine sont dans une lutte pour une suprématie qui n’a rien à voir avec une remise en question de la globalisation.
On ne pourra pas faire revenir les acteurs économiques dans un confinement territorial, après avoir goûter aux libertés du grand large.
L’intérêt des consommateurs est le prix et la qualité. Seuls ces critères ont défini les localisations des uns et des autres. La crise due au coronavirus n’a pas changé ces données économiques. Le discours récent du ministre français de l’Économie relève plus d’une période de guerre que d’une pensée économique murement réfléchie. Le Marché ne changera pas ses lois, et les consommateurs leurs exigences. 
Si les Etats-Unis s’abritent derrière l’argument de la sécurité nationale pour refuser des investissements étrangers, si les européens se servent de l’argument de la souveraineté nationale pour mettre un frein aux exigences américaines, ce ne sont que des guerres circonstancielles qui ne font que ralentir une globalisation qui répond au profond désir des populations.
On ne pourra pas arrêter le mouvement puissant d’extension des chaînes de valeur, à savoir, la segmentation de la production à travers le monde appuyé sur une multitude de sous-traitants.
Depuis l’an 2000 et l’entrée de la Chine dans l’OMC, les entreprises occidentales on profités de la faiblesse des coûts de production des différents pays de leurs délocalisations. Sauf à affronter des diktats gouvernementaux, il sera difficile aux entreprises de sacrifier leurs prix de revient en prévision d’une nouvelle pandémie.
La France a tout intérêt à relocaliser éventuellement des produits à forte valeur ajoutée, moins à faible valeur ajoutée, comme les masques. Les produits stratégiques n’ont jamais été délocalisés par aucun pays. Lorsqu’une entreprise française s’implante à l’étranger, c’est le plus souvent pour conquérir de nouveaux marchés. Cela permet d’être au plus près des besoins des clients, en adaptant les produits à la demande locale. Il ne faut donc pas confondre délocalisation, opération par laquelle on ferme une usine en France pour l’implanter dans un pays à bas coût, et multinationalisation, opération qui consiste à croître en ouvrant des filiales à l’étranger. Les délocalisations représentent, selon une étude de l’Insee, moins de 10 % des investissements à l’étranger des entreprises françaises.
La relocalisation forcée est une idée qui n’a plus grand sens dans le monde économique d’aujourd’hui.