Nous sommes vendredi, voici ma chronique politique hebdomadaire

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La crise avait pointé le bout de l’oreille, bien avant l’arrivée (providentielle ?) du coronavirus. Depuis la crise de 2008, aucune mesure n’a été prise pour discipliner la finance internationale apatride, qui croit et embellie dans une économie virtuelle. Les bulles se multiplient et la confiance est à la merci du moindre événement, comme une épidémie planétaire.

  Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne parle pas, ou pas encore de pandémie, l’inquiétude, pour ne pas dire la panique s’est déjà installée auprès des populations. D’un point de vue économique, le niveau d’alerte est atteint.

  La Fed (la banque centrale américaine) a frappé un grand coup en abaissant ses taux d’intérêt de 0,5 point. Son président avait prévenu, dans un communiqué aussi succinct que rare qu’il se tenait prêt à « soutenir l’économie ». En l’espace de quelques heures, tout ce que la planète compte de voix influentes a pris la parole. Il faut noyer l’inquiétude. Le G7, réuni en urgence a promis « d’utiliser tous les instruments appropriés. ». Christine Lagarde, qui a succédé à l’automne à Mario Draghi à la tête de la banque centrale européenne (BCE) a affirmé la vigilance de l’institution et être prête à prendre des mesures appropriées. Londres a tenu le même langage. À Sydney les taux ont baissés. On constate cette fois-ci, contrairement à 2008, que les banques centrales sont sur le pont.

  La chute spectaculaire des bourses mondiales ces derniers jours, annonce la possibilité d’une nouvelle grande crise, aussi comparable que celle qui a frappé le monde, il y a douze ans. 

 À l’époque, ce sont les subprimes qui avaient mis à mal l’économie mondiale en contaminant les bilans bancaires de la planète. La crise aujourd’hui, se nourrit d’un ralentissement mondial de la consommation et d’une inquiétude sur la capacité des élites à y faire face. En somme on fait face aujourd’hui à un manque de confiance des populations devant une finance internationale qui ne répond pas aux besoins de l’économie réelle. Les remèdes de la Fed et de ses homologues veulent répondre à cette inquiétude et malgré l’épidémie, réinstaurer la confiance.

  Il semble que les leçon de la crise de 2008 ont été retenues, à savoir : coordination et liquidité. Dans une économie mondialisée, la réponse à la crise doit être globale et coordonnée. Il faudra coordonner les mesures de soutien budgétaire. Il faut que le pouvoir mobilise les acteurs économiques, si on veut que le système ne se grippe pas et que la situation dégénère, comme en 2008, en crise de liquidité et en panne de financement. On voir déjà, se créer des poches de fragilité. Les compagnies aériennes n’ont plus qu’une obsession : le cash. D’autres domaines sont directement affectés comme le tourisme ou encore des usines en panne d’approvisionnement.

 Mais tout le monde sait que le pire n’est jamais certain.