Aujourd'hui vendredi, c'est le jour de ma chronique politique hebdomadaire

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        Le président George Pompidou disait : « si vous ne savez pas que la France est royaliste et que même les citadins sont foncièrement ruraux, vous ne pourrez pas la gouverner ».

  Le français est attaché à la pierre et a horreur des changements. Il est entré dans le monde industriel à reculons, et comme il ne conçoit pas que l’on puisse vendre la ferme, il n’arrive pas, encore aujourd’hui, à admettre qu’une société industrielle ou non, puisse  être vendue. Ils se plainent de la police, mais en même temps, veulent un gouvernement fort et autoritaire. 

 Il a toujours existé un fil tenu, invisible, entre le Président de la République et le peuple. Il semble que cette connivence, ce fil a été rompue par Emanuel Macron. Son système de gouvernance éloigné, mais qui se veut très proche, ne fonctionne pas avec un peuple qui n’aime pas qu’on lui parle au second degré. Il est devenu impopulaire parce que sa proximité culturel et sociale avec le peuple a disparu, si elle n’a jamais existé. Plus il déclare « qu’il n’est pas le Président des riches, plus le citoyen lambda en est persuadé.  

  Les élites sont attaquées de partout, parler à la population dans un style abscond ne passe plus. La société française est bombardée d’informations. Elle vit les événements en temps réel. Elle ne veut pas subir mais participer.

  Le palais de l’Elysée n’est pas l’Olympe, il doit s’ouvrir aux problèmes quotidiens qu’affronte le peuple de la France profonde ou tout du moins donner le sentiment qu’il les connaît. Rappelez-vous le « Je vous ai compris » du général De Gaulle. 

  La bonne gouvernance crée de l’empathie, de la confiance et donne au citoyen le sentiment qu’on s’occupe de lui. L’information doit s’accompagner de la transparence. La bonne gouvernance n’admet ni les  nominations hâtives ni les rétropédalages, qui ne font que souligner l’erreur. Comme disait souvent François Mitterrand, il faut donner du temps au temps.

  La crise des gilets jaunes a illustré la fracture entre les élites et le peuple. Les élites se doivent d’accepter un minimum de proximité sociale.

  Dans la bonne gouvernance, l’ascenseur social n’est jamais remplacé par le copinage ou la cooptation.

   Quelque soit le régime, la politique est une rencontre entre un gouvernement et les gouvernés. C’est un compromis entre ce que veut le peuple et ce que peut le gouvernement. Encore faudrait-il que l’information passe dans les deux sens et que la transparence des gouvernants donne la confiance indispensable aux citoyens.

 La politique, pour une grande part est un exercice psychologique.

  En ce début d’année 2020, les sondages, unanimes, disent que 70% des français ont une mauvaise opinion de leur Président. L’élection présidentielle est dans deux ans, deux ans pour redresser la barre, dans tellement de domaines. À vouloir être ni de droite ni de gauche, le parti présidentiel s’est bâti de bric-et-de- broc, avec une population aux motivations diverses, parfois opposées.

  Le président Macron ne donne pas l’impression qu’il a prit toute la mesure de la situation créée en grande partie par son mode de gouvernance.

 À sa décharge, je citerai Charles de Gaulle qui déclarait un jour : « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromages ? »