@Chronique politique hebdomadaire du vendredi. Elle traite cette semaine d'un problème qui me tient à coeur: un État viable palestinien.

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   Il y a des militants de salon comme il y a des sportifs de tribune. Ils ont la voix haute et des convictions à géométrie variable. Bien sûr, ils savent tout, ils ont les solutions, « il n’y a qu’à ».

  Je pense que ces stratèges de la chose publique, au lieu de hurler avec les loups, au lieu d’étaler leur militantisme nourri d’idées reçues, consacrent quelques instants de leur vie à aller sur place, à vivre les problèmes des Palestiniens. Alors, alors je serai disposé à les écouter. 

  Auprès du président palestinien, Yasser Arafat, j’ai consacré dix ans de ma vie au problème israélo-palestinien. J’en ai tiré plusieurs convictions. La première est que seuls les deux peuples peuvent décider de quelle Paix ils veulent. Aucune puissance étrangère, fusse-t-elle la première du monde, ne peut imposer une solution à ce conflit. La seconde est, qu’au-delà des dirigeants politiques, les deux populations s’entendent pour vivre les uns à côté des autres, à l’exception des éléments radicalisés et manipulés. 

  Toutes ces campagnes contre la normalisation des relations des uns et des autres, les campagnes du soi-disant boycotte, ne sont pas pour le bien de la cause palestinienne. Avec qui parler, si ce n’est avec la personne en face, avec qui négocier si ce n’est avec son « ennemi ». Avec qui commercer en priorité, si ce n’est avec son voisin. La réalité sur le terrain est tout autre que celle des arguments de salon de ces « militants. »

  Il faut parler clair et net. Il faut appeler un chat, un chat. La situation aujourd’hui à la tête, et des Israéliens et des Palestiniens, n’est pas des plus glorieuse.

  La dernière fois qu’il y a eu des élections palestiniennes, Hamas était sorti largement vainqueur. Même si aujourd’hui, les Israéliens acceptent que les palestiniens résidents à Jérusalem participent au vote, Mahmoud Abbas trouvera une autre excuse à continuer de trainer les pieds.

  Mahmoud Abbas et son équipe semble considérer l’Autorité  Palestinienne comme leur propriété privée. Le parlement n’a jamais repris ses travaux depuis près de deux décennies, même si ses membres continuent à être payés. On ne peut pas diriger un peuple avec seulement des collaborateurs « oui Président » qui sont là pour applaudir à toute action ou initiative « présidentielle ». C’est ainsi que Mahmoud Abbas gouverne, et il ne voit aucune raison de changer.

  Il blâme Israël de ne pas le laisser organiser les élections. L’ONU et les capitales des puissances qui s’intéressent au Moyen-Orient n’ont jamais eu échos d’une volonté de Ramallah d’organiser des élections et donner enfin aux Palestiniens un Président légitime.

  Aujourd’hui, cela va faire 12 ans que son mandat de quatre ans s’est terminé. Mahmoud Abbas, dit Abou Mazen, a été élu pour succéder à Yasser Arafat en janvier 2005, depuis c’est le statu quo, on ne parle pas d’élections !

Pendant un temps, le Hamas a été l’excuse idoine, après, cela a été Israël. Depuis 2009, Abbas n’a aucune légitimité à assumer la présidence de l’Autorité Palestinienne.

Mahmoud Abbas, prenant prétexte de ses relations conflictuelles avec le Hamas et la situation de rébellion de Gaza, n’a pas également organisé le renouvellement des membres du Parlement palestinien, le PLC (the Palestinian Legislative Council). Les élections de 2006 s’étaient traduites par une victoire écrasante du Hamas. La réponse a été la mise en congé du parlement pour une durée indéterminée, avec le silence complice de l’opinion mondiale, elle qui est si prompte à donner des leçons de morale et de bonne gouvernance !

  Si on veut sincèrement qu’une solution de deux pays (Israël et Palestine) prenne un jour place, si on veut que la paix règne un jour dans cette région du monde, il faut que de véritables négociations directes s’organisent, sans préalables ou diktat.

Pour cela, il faut que les deux dirigeants, israélien et palestinien, ne soient pas des chefs en état de faiblesse, contestés par une majorité de citoyens. Les Palestiniens devraient dans les plus brefs délais organiser des élections, législatives et présidentielles, et donner ainsi une légitimité incontestée à celui qui sera leur Président. Les Israéliens devront régler le problème Netanyahu, car sa situation juridique pose problème. Espérons que les prochaines élections israéliennes apporteront  la réponse claire que tout le monde attend.

 Toute négociation est basée sur des compromis, parfois difficiles et douloureux. Pour pouvoir les faire et les imposer aux deux peuples, il faut à leur tête des Hommes forts et incontestés.

  Ce n’est pas le cas aujourd’hui.