Il y a dix ans, le 7 janvier 2010, s’éteignait Philippe Séguin. Homme d’État, il fut ministre, Président de l’Assemblée nationale et le premier Président de la Cour des comptes, fonction qu’il assuma avec talent depuis 2004, jusqu’à son décès.

  Beaucoup ne l’ont pas oublié et lui ont rendu un hommage attendu et mérité. Le 7 janvier dernier, ils ont célébré son sens de l‘État, son amour de la France et son parcours politique exemplaire.

   Le présent hommage s’accompagne d’un brin de nostalgie, Séguin jouait à droite le même rôle, que  celui de Mendès-France à gauche.

  Il a été le dernier Gaulliste authentique avec une réelle fibre sociale. Il aurait dû devenir Président, son rendez-vous manqué avec l’Histoire de France, il le doit principalement à Jacques Chirac, qui n’aimait pas « les artichauts qui dépassent les autres », il faut les couper, disait-il.

 La légende de Philippe Séguin est née en 1990, quand opposé une construction européenne qu’il jugeait tyrannique et impuissante, il mena le combat pour le Non, lors du référendum sur les accords de Maastricht. Ses interventions sur ces sujets ont été prophétiques. Il ne voulait pas que l’Europe soit défigurée politiquement par « un machin technocratique qui désincarne les peuples et les neutralise culturellement. » Philippe Séguin a été un homme politique remarquable, aux qualités reconnues et célébrées.

  L’histoire du gaullisme représente une aspiration à l’indépendance nationale et un attachement plus universel à la cause des peuples, ce qui amené De Gaulle et après lui Seguin, à soutenir l’indépendance du Québec. Philippe Séguin aura été certainement le dernier Gaulliste, le dernier à avoir un destin national.

  Vaincu, meurtri, s’il est passé à côté de son destin, ses actions ont laissé un souvenir impérissable. Il a fait vivre une tradition qui transcendait les clivages politiques et plaçait au cœur de l’action, l’amour de la patrie. 

  Ne nous trompons pas, aujourd’hui notre monde n’est plus celui de Philippe Séguin, la souveraineté reste en question,  mais dépassée par celle de l’identité. 

 Philippe Séguin avait su en son temps, conjuguer le nationalisme et la démocratie. Puisse-t-il inspirer les jeunes générations qui entendent l’appel de la cité et ne veulent pas son avachissement historique et spirituel. Le gaullisme ne servirait plus à rien, s’il ne montrait pas la voie à suivre.