Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi :

---------------------------------------------------------------------------

  Un tantinet autoritaire, n’hésitant pas à violer         la constitution, irrespectueux des usages du parlement, le comble pour un anglais, on peut se demander si derrière cette agitation, ne se cache pas une politique politicienne qui va au-delà de ses relations avec Bruxelles.

Partisan acharné du Brexit, l'actuel Premier ministre britannique est maintenant au cœur du divorce entre son pays et l'Union européenne. Mais les convictions de Boris Johnson, qui se dit prêt à faire sortir le Royaume-Uni de l'UE sans accord, sont-elles aussi solides qu'il le prétend ? Sa carrière politique, où le goût de la mise en scène et de la provocation semble illustrer le contraire.

De son vrai nom Alexander Boris de Pfeffel Johnson, "BoJo" naît à New York en 1964, alors que son père étudie l'économie à l'Université de Columbia. Parmi ses ancêtres figurent des personnalités aux origines géographiques des plus variées, notamment Ali Kemal, dernier ministre de l'Intérieur de l'Empire ottoman et arrière-grand-père paternel de Boris Johnson. De ce fait, on peut dire, sans risque d’être contredit, qu’eu égard à la loi musulmane, Boris Johnson est réputé musulman. 

Son ambition à vouloir être premier ministre ne recule devant rien, y compris le mensonge. Durant la campagne du référendum, il a été accusé d'avoir sciemment menti, alors qu'il était maire de Londres, en disant que le Royaume-Uni versait 350 millions de livres (400 millions d'euros) par semaine à Bruxelles. Cette affirmation avait notamment circulé dans tout le pays sur un bus rouge barré du slogan: "Nous envoyons 350 millions de livres à l'UE chaque semaine, finançons plutôt notre NHS", le service de santé public. Le charisme et la fougue de Johnson, ainsi que ses slogans simplistes, avaient largement contribué à la victoire du Brexit, voté par 52 % des voix.

Durand le psychodrame qui agite le pays : sotie avec accord ou sortie sans accord, les citoyens britanniques comme la plupart des membres du parlement  ont commencé à réaliser le vrai coût du Brexit pour l’économie du pays. Ainsi, même au sein de son parti, Johnson perd la majorité et s’enfonce dans une apparente impasse. En réalité, sa stratégie n’est pas le Brexit coûte que coûte, mais obtenir des élections anticipées qui, selon les sondages, lui donneront une majorité lui permettant de gouverner à sa guise. 

Après avoir essuyé trois refus des députés britanniques, le Premier ministre Boris Johnson a finalement obtenu un accord, le  mardi 29 octobre, pour l'organisation des élections législatives anticipées le 12 décembre. 

Jeremy Corbyn, le leader de l’opposition au Royaume-Uni, s’est finalement rangé à la proposition de son rival. Il a accepté le principe d'élections légistatives anticipées que réclamait le premier ministre conservateur Boris Johnson. 

À un mois et demi de l’échéance, le travailliste a promis “la campagne la plus ambitieuse et la plus radicale pour un véritable changement que notre pays ait jamais vu”. Au regard des sondages publiés depuis plusieurs semaines, ces six semaines ne seront pas de trop pour inverser une tendance qui lui paraît bien défavorable. Car les enquêtes sont unanimes: les chances de Jeremy Corbyn d’être le lointain successeur de Gordon Brown (dernier premier ministre travailliste) au 10 Downing Street sont minces. 

L’institut YouGov a publié le 21 octobre dernier, la dernière version de sondage récurrent -qui de Boris Jonhson ou de Jeremy Corbyn ferait le meilleur premier ministre- l’actuel titulaire du poste a obtenu son meilleur score. Avec 43% des réponses, il devance son adversaire de 23 points, soit le plus gros écart depuis sa nomination en juillet.

Reste une inconnue, l’évolution ces derniers jours de l’opinion publique à l’égard de Boris Johnson. Il a obtenu ses élections anticipées, mais elles semblent devenues un pari risqué pour l’actuel locataire du 10 Downing Street.