Vendredi, c'est le jour de ma chronique politique hebdomadaire.

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    Le 3 novembre 2020 les américains voteront pour un deuxième mandat à Donald Trump ou tourneront la page Trump en élisant le candidat investi par les  démocrates.

  Tout semble annoncer un revers cuisant pour le locataire de la Maison Blanche.

  Il faut néanmoins tempérer les indications données par les récents sondages qui annoncent un raz-de-marée démocrate. L’élection présidentielle aux USA n’est pas un vote au suffrage universel direct, sinon Al Gore et Hillary Clinton, qui ont remporté plus de voix que George Bush et Donald Trump auraient gagné. Mais les pères fondateurs n’avaient qu’une confiance très limitée dans la populace, et ils avaient choisi le système indirect du collège électoral, qui attribue à chaque Etat un nombre de grands électeurs assignés au vainqueur, quel que soit l’écart de voix.

    L’indication de la chute probable de Donald Trump vientd’abord de la défaite sans appel, essuyé mardi dernier par les Républicains dans les états de Virginie (13 grands électeurs) et du Kentucky (8 grands électeurs).

Alors que le président s’était impliqué dans la campagne, ses revers dans ces deux Etats, ouvrent un espoir aux candidats démocrates pour l’an prochain.  Apparemment son implication n’a pas suffit et, suivant ses propres termes, Trump a subi une défaite significative. Mardi, les démocrates ont aussi, pour la première fois en 25 ans, repris le contrôle des deux chambres de l'Assemblée de Virginie. Dans cet Etat, ils tenaient déjà le poste de gouverneur.

Une procédure de destitution lancée par le Congrès, des sondages qui flanchent, est-ce suffisant pour arrêter le milliardaire populiste qui est déjà en campagne ?

La situation économique des Etats-Unis conditionne largement la réélection d’un président. Or Donald Trump est en train de perdre la guerre commerciale avec la Chine. L’opinion américaine considère que le ralentissement économique dans le pays est une conséquence de cette guerre. Trump en a pris conscience et a demandé à ses négociateurs de conclure un accord rapidement. Le soutien des agriculteurs du Midwest risque de lui faire défaut. Ils sont des victimes collatéraux de sa guerre commerciale du fait des mesures prises par la Chine en réponse aux augmentations des droits de douane voulues par Trump. Morosité des marchés, cours erratiques et baisse des revenus font qu’on constate aujourd’hui, un net recul dans plusieurs états pivots qui avaient assuré son élection en 2016. Récemment, William Dudley, un ancien responsable de la Fed a déclaré publiquement que la Banque centrale devait empêcher la réélection de Trump qui représente : « une grave menace pour l’économie américaine et mondiale. »

Dans une élection présidentielle, l’image de l’homme d’État compte également. Or la lassitude provoquée par ses frasques a atteint un niveau tel qu’elle va au delà des clivages politiques. L’hostilité à l’égard de Donald Trump est, aujourd’hui, transpartisane. 

  La fébrilité apparente de Donald Trump indique qu’il a conscience que sa réélection n’est tout du moins pas acquise. Son administration comme son entourage commencent à se poser des questions, la polarisation de la campagne ne suffira pas, vraisemblablement, à assurer la réélection de leur Président en novembre 2020.