Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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               L’Europe a besoin de la Russie, si elle ne veut pas devenir un vassal des Etats-Unis. La politique américaine à l’égard de Moscou et le suivisme des Européens, particulièrement de Paris, sont en train de jeter la Russie dans les bras de la Chine.

  Pendant que les Alliés, hors Moscou, célébraient en grande pompe le soixante quinzième anniversaire du débarquement en Normandie, Vladimir Poutine recevait avec la même grande pompe son ‘ami’ Xi Jinping, le président chinois.

  Emmanuel Macron, le président français n’a pas jugé opportun d’inviter le président russe, pourtant la Russie a été un  artisan majeur de la défaite des forces nazies.

 Véritable goujaterie diplomatique, on a honoré à juste titre les morts alliés, environ 400000 pour les Américains et ignoré superbement le million de morts russes à Stalingrad et les 20 millions, civils et militaire russes, qu’a été le prix à payer pour battre l’Allemagne d’Hitler.

  Macron, en omettant d’inviter Poutine, a cherché à ne pas embarrasser Donald Trump, dont il ne recevra en échange, que quelques tapes amicales sur les épaules et de temps en temps des bras de fer qui alimenteront  les médias, mais rien sur le fond.

  Le président chinois a salué le président russe comme un ami personnel et souligné la solidité du partenariat stratégique Chine-Russie.

 Est-ce l’intérêt de l’Europe de voir lui échapper un partenaire historiquement européen, aux richesses naturelles gigantesques  en Sibérie.

 Est-ce l’intérêt de l’Europe de voir se former un ensemble, Russie-Chine de près de 27 millions de Km2 et fort d’une population de plus de 1milliard et demi de consommateurs. Certes le PIB par habitant reste modeste, environ 17000 $, mais se développe, surtout en Chine, d’une façon exponentielle.

 Faut-il ignorer l’ensemble militaire que représente une telle coalition, avec une Russie en avance sur les États-Unis eux-mêmes, dans le domaine des armes nucléaires tactiques.

 Henry Kissinger avait, en son temps, élaboré sa célèbre doctrine du triangle Washington-Pékin-Moscou. Il fallait, selon lui, que l’Amérique, dans sa politique étrangère, s’arrange toujours pour être politiquement plus proche de la Chine et de la Russie, que les deux puissances asiatiques entre elles. On en est loin, aujourd’hui. Peut-être que l’Europe devrait faire sienne cette doctrine du triangle et surtout amarrer la Russie, tant faire se peut, à l’Europe. Vis-à-vis de ses deux puissances, l’Europe et en particulier la France ne devrait pas faire du suivisme à l’égard de la politique américaine en la matière.

  Les idéologues néoconservateurs américains, aujourd’hui au pouvoir, nuisent aux intérêts européens d’une façon délibérée. En sabotant les accords politiques intra-ukrainiens du 21 février 2014 parrainés par la France l’Allemagne et la Pologne, ils ont provoqués la réaction de Moscou en Crimée. Il faut savoir, à l’instar de Kissinger,  négocier avec les Russes et les Chinois tout en se montrant ferme sur les désaccords qui peuvent exister.

 La guerre commerciale avec la Chine est loin d’être gagnée.  Par une lettre rendue publique, adressée à Donald Trump, un collectif de plus de 500 entreprises de la distribution, comme Walmart, Target ou Macy’s, du monde industriel et pétrolier, de tous les ports de la côte Ouest des Etats-Unis, 140 groupes industriels, le supplient de mettre un terme à l’escalade de la guerre commerciale avec la Chine. Ils déclarent que les surtaxes déjà en place, représentent 810 dollars prélevés chaque seconde dans la poche des consommateurs américains, soit plus de 72 millions de dollars par jour. Ces mesures vont détruire 2 millions d’emplois et couter 1 point à la croissance du PIB.

  On sait que Donald Trump ne fait pas dans la nuance et voit tout en noir ou tout en blanc, mais l’Europe, riche de deux mille ans d’expérience diplomatique, doit un jour, ramener la Russie dans la famille européenne, qu’elle n’aurait jamais dû quitter.