Le rituel doit être respecté, voici donc ma chronique politique du vendredi

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                                 Depuis le 22 février, une foule de plus en plus dense, vendredi après vendredi, scande : « Algérie libre et démocratique ».Ce slogan lancinant, auquel se mêlent les appels du «dégagisme », traduit une volonté du peuple, qui va plus loin que le Non à un cinquième mandat pour Bouteflika.

 "Le peuple rejette l'offre du pouvoir et lui dit: Dégage", titrait le journal El Watan sur son site internet dans la nuit de vendredi à samedi dernier.

Les Algériens sont descendus massivement dans la rue et leur rejet concerne maintenant, le Régime lui-même.

L’entêtement du clan Bouteflika a radicalisé la contestation.

Ce qui aurait pu désamorcer la colère de la rue, il y a quatre semaines, ne suffit plus. Il ne s’agit plus de l’homme malade, mais du clan Bouteflika.

Vingt années d’un pouvoir absolu, ont fait pêcher les hommes en place, par excès de confiance. Le faux retrait de Bouteflika n’a pas trompé le peuple, qui veut maintenant, beaucoup plus. 

  La géopolitique nous enseigne qu’il ne faut jamais prendre le peuple pour un idiot. Individuellement, il peut y avoir beaucoup de « retardés », mais réunis, ils bénéficient d’une conscience collective aigue. Ensemble, ils perçoivent le mensonge et la manœuvre. Lorsque les élites deviennent trop loin du peuple, ils ne font plus partie de cette conscience collective et ne peuvent plus anticiper les évènements.

C’est ce qu’est en train de vivre, aujourd’hui, le gouvernement algérien. 

 La crise qui secoue actuellement l’Algérie, n’inquiète pas seulement l’Europe, mais tous les pays du Sahel. La déstabilisation éventuelle de leur puissant voisin du Nord, aurait indubitablement des conséquences à leurs frontières. Le Mali comme le Niger, partagent des kilomètres de frontières avec l’Algérie et surtout un espace désertique et plat, incontrôlable, où se démènent trafiquants d’armes, de drogue et souvent est le refuge pour des hordes d’islamistes armés.

  Nul ne croit au risque d’une guerre. Pour 

 l’heure, la contestation reste remarquablement pacifique. Mais que va être l’attitude de l’armée dans les prochains jours ? Aura-t-elle enfin un plan B, ou choisira-t-elle une fuite en avant ? Choisira-t-elle une guerre avec un de ses voisins, pour ressouder le peuple autour de « la Patrie en danger » ?

  Les mesurettes ne satisferont personne, trop tard, trop peu. Sur quelle pente la crise va glisser ?

 En politique, quand on « lâche » trop tard, on est amené à concéder d’avantage, voire à tout perdre. C’est peut-être là la leçon qu’on peut tirer des événements d’Alger.