Voici la chronique de cette semaine.  Cette semaine a été aussi la semaine du Forum économique de Davos.Maussade et décevant Forum. Il faut dire que les annulations en cascade n'ont pas aidé les organisateurs. Toute l'équipe américaine, le président Trump en tête, a renoncé au déplacement, Shutdown oblige. La première ministre britannique, dans la tourmente du Brexit ne pouvait pas ne pas se désister. Le président français, Emmanuel Macron a suivi le mouvement pour cause de "gilets jaunes".
Ma chronique politique hebdomadaire du vendredi porte sur les deux "grands".

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    Il y a 56 ans, le général De Gaulle et Konrad Adenauer avaient signé le traité de l’Elysée, qui annonçait au monde la réconciliation franco-allemande. Conciliation qui est intervenue après trois guerres, en moins d’un siècle.

  Après Paris, cette fois-ci, c’est à Aix-la-Chapelle que le président français, Emmanuel Macron et la chancelière allemande, Angella Merkel, ont renouvelé cet acte fondateur de l’entente des deux locomotives de l’Union Européenne. Ce traité réactualisé, veut souligner la convergence des stratégies économiques, sociales et géopolitiques des deux plus grandes nations de l’Europe continentale.

  L’entente affichée n’est pas de trop pour la difficile négociation inévitable qui aura lieu avec les deux ogres, chinois et américain.

 Aujourd’hui, considérée par les deux superpuissances comme une variable d’ajustement dans leur face-à-face stratégique, l’Union Européenne a vu son influence déclinée dans le monde. Déchirée par des mésententes internes, affaiblie par le départ annoncé de la Grande Bretagne, la montée des parties extrêmes et du populisme, par le rejet des élites parfois dépassées par les événements, l’Europe n’est plus qu’une figurante dans la partie d’échecs qui se joue entre le trio, Etats-Unis,  Chine et Russie.

  La guéguerre commerciale entre les deux grands, n’ira pas au-delà du 1ermars 2019, c’est la date limite que se sont fixé, Donald Trump et Xi Jinping, lors de leur dernière rencontre en Argentine, en marge du G20.

  Dans toutes les prochaines analyses, on devra tenir compte du fait que Donald Trump est déjà en campagne électorale pour un probable deuxième mandat. Ses atouts peuvent se décliner en trois points : la bonne santé de l’économie américaine, la maîtrise des flux migratoires et ses « victoires diplomatiques » dont la plus « belle », l’acceptation par la Chine de contribuer efficacement au rééquilibrage de la balance commerciale des Etats-Unis. 

 Xi Jinping, s’il a compris qu’il peut aider Trump sur ce dernier point, sait qu’il a besoin de la poursuite de la croissance chinoise, condition sine qua none, pour la docilité du peuple chinois et la pérennité de son règne.  Les deux Présidents se tiennent par la barbichette et concluront dans les mois qui viennent un deal sur le dos des européens. L’Union ne tirera aucun profit de cette entente, qui se fera en dehors de tout cadre multilatéral. Si les Chinois dorénavant ménageront les Américains, ils continueront à piller la propriété intellectuelle des Européens, en toute impunité.

  Petit à petit, se dessine des lignes de partage d’influence entre les deux ogres de l’économie mondiale. Ils veulent et vont asservir les marchés de la planète. Déjà, bon nombres des fleurons économiques européens sont passés sous la coupe du capital chinois. Quand à l’Amérique, elle continue à racketté les grandes banques européennes et le concurrent de Boeing, Airbus. Seuls, la Russie et l’Inde, tirent leur épingle du jeu, par des alliances de circonstance, pour le moment.

  Le traité d’Aix-la-Chapelle, permettra-t-il à la France et l’Allemagne de résister aux deux larrons qui n’hésitent pas à utiliser leur puissance militaire dissuasive et le chantage aux droits de douane.

  L’Afrique, et les pays émergents, les pays d’Amérique du Sud, de l’Orient et de l’Extrême Orient, d’Asie, devront se résoudre à s’aligner sur l’un des deux grands, s’ils veulent sortir leurs économies du marasme dans lequel la plupart se trouvent.

  Quelqu’un a-t-il parlé de partage ?