Voici ma dernière chronique de l'année. Je vous donne rendez-vous le vendredi 4 janvier 2019.

Je souhaite à mes amis et les autres, une bonne et heureuse année. Joyeuses fêtes de Noël pour nos cousins du Livre.

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    Il n’y a pas longtemps, Washington tresser des lauriers à leurs alliés, les Kurdes de Syrie. Ces mêmes Kurdes à qui le dictateur turc, Erdogan, promet de les effacer de la carte. La présence des militaires américains empêchait jusque là, le massacre de ceux qui ont combattu vaillamment et font parti des artisans de la défaite de Daech.

  Donald Trump, contre l’avis de ses généraux, vient d’ordonner le retour à la maison des « Boys ». Calcul électoral, changement de pied pragmatique, vraisemblablement les deux à la fois.

  Il est toujours payant de voir rentrer pour Noël, les enfants du front. Tant pis pour les utopistes. Utopie de croire à la réalité des alliances avec la première puissance du monde. Illusion de croire au parapluie atomique pour les pays de l’Europe de l’Est. Illusion encore pour le Japon qui fait de son alliance avec les Etats-Unis, la pierre angulaire de sa politique étrangère. Jamais Washington ne courrera le risque de recevoir une contre-attaque atomique sur son sol.

Par ailleurs, dans son bras de fer avec l’Iran, Trump a besoin de la Turquie. Au diable l’éthique, la morale et la démocratie. « América first » mérite qu’on foule aux pieds, les règles élémentaires de la démocratie, les droits de l’Homme et les alliances. Les alliances avec l’Amérique sont faites pour être trahies, au gré des intérêts du moment.

Le retrait américain de Syrie, ouvre la voie à la Turquie. La décision de Donald Trump de retirer ses troupes du nord du pays, laisse le champ libre à Erdogan pour une nouvelle offensives contre les Kurdes. ll est vrai que nous sommes en Orient, et les alliances en Orient sont volatiles. Il est une permanence dans l’histoire, les Kurdes sont toujours sacrifiés sur l’autel du realpolitik. 

Donald Trump vient d’asséner un sale coup pour ceux qui ont servi de fantassins dans la lutte contre Daech.

Il y a,  à l’évidence, un « deal » de Washington avec Erdogan, scellé par l’achat des missiles Patriot.

  Ce retrait va confirmer, si besoin était, le rôle majeur de Moscou dans la région. Vladimir Poutine reste le maître du jeu politique, avec l’Iran comme assistant.

Cette décision brutale montre , encore une fois que l’Amérique peut traiter ses alliés avec cynisme, comme de vulgaires supplétifs. Ses cris d’orfraie devant la récupération de la Crimée par Poutine, n’ont pas fait oublier l’équipée de l’armée américaine au Panama. Washington est parti chercher, manu-militari, le président Ortéga, dans son palais présidentiel, comme un kleenex qui ne servait plus. Comme les Kurdes, les alliés des américains sont souvent de la chair à canon qu’on laisse tomber quand elle a fini de servir.

À bon entendeur, salut !