Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

--------------------------------------------------------------------------

     Lundi dernier, malgré les tensions, a été signé « formellement » à Marrakech, Le Pacte mondial des Nations Unies pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Quel euphémisme ! Les Nations ne se sont pas unies pour signer ce pacte. Plusieurs pays, et non des moindres, ont annoncé ne pas y souscrire. La France, au nom des droits de l’Homme, le soutient par une volonté présidentielle.

Ce pacte, qui a été approuvé en juillet dernier par l’Assemblée générale, a eu largement la majorité nécessaire, à l’exception de plusieurs irréductibles, notoirement les Etats-Unis. 

 L’objectif est d’encadrer des migrations jugées inéluctables. Tout ceci dans l’utopie de construire un monde sans frontières. Les populations des pays d’accueil doivent considérer les migrants comme un enrichissement de leurs sociétés grâce à ‘leurs capacités humaines, économiques et sociales’ (sic).

 D’un angélisme déroutant, il ressemble plus à une liste de vœux pieux, renvoyant le lecteur à l’engagement scout de la BA (bonne action) journalière.

Le pacte prévoit la création d’un site internet permettant aux candidats à l’exil forcée ou alimentaire, de connaître toutes les options migratoires possibles ! Il souligne l’obligation faite aux États de porter secours aux migrants empruntant les itinéraires dangereux.

Le paradoxe est que l’on a convoqué 193 pays pour parapher un pacte mondial, qui n’est pas juridiquement contraignant et qui invoque la souveraineté nationale comme principe directeur. Il réaffirme, en effet, le droit souverain des États à déterminer leur politique nationale en matière d’immigration, et leur prérogative de régir l’immigration au sein de la sphère de compétence nationale.

Donald Trump n’est pas seul, dans cette opposition à un texte jugé dangereux ( ?). Outre ses alliés inconditionnels, Israël et l’Australie, on relève : la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie qui ont annoncé qu’ils ne signeront pas. Il a provoqué l’explosion du gouvernement belge. La Suisse a souhaité plus de consultations internes, comme l’Italie, la Belgique ou la Bulgarie. Pourtant, ils avaient là, une occasion de montrer leur humanisme à peu de frais. Seul Emmanuel Macron, le président français, a pris la perche tendue pour déclarer : «  les solutions qu’il propose (le pacte) vont exactement dans le sens, à la fois des valeurs de l’Europe, et des intérêts de l’Europe. » Pas sûr, monsieur le Président, le pacte, dans son objectif 17 demande : éliminer toutes formes de discriminations, condamner et contrer les expressions, actes et manifestations de racisme, de violence, de xénophobie et d’intolérance envers les migrants… sensibiliser et informer les professionnels des médias sur les questions migratoires et la terminologie adaptée, priver de subventions ou d’aide matérielle tous les médias qui promeuvent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et d’autres formes de discrimination à l’égard des migrants, le tout, en plein respect des médias.

 L’objectif est tout simplement de museler les médias politiquement incorrects, dans le plein respect des médias, bien sûr !!

  Ces hommes qui risquent leur vie pour éviter la mort, la guerre ou la misère dans leur pays, méritent mieux que ce texte qui cherche à donner bonne conscience aux nombreux donneurs de leçon, lovés tranquillement dans les fauteuils des tables de conférences.

 Personne n’abandonne sa maison, son quartier, son pays de gaité de cœur. Les conditions de vie n’y sont pas réunies. C’est là que doivent porter les efforts de la communauté internationale : aider ces pays à se développer et créer les conditions nécessaires pour garder leurs enfants. Nous n’avons pas à sécuriser les circuits des passeurs, encore moins leur faire de la publicité dans un site dédié. Nous devons déployer tous nos efforts pour mettre fin aux nombreux conflits qui sévissent dans les pays des migrants.

  Avant d’installer un tel pacte, il y a un travail énorme d’explication et d’information à faire auprès des populations.

 Ce pacte n’apporte aucune réelle solution aux problèmes des migrations qu’il prétend régler.