Partent pour l'Europe tout à l'heure, je vous livre dès à présent, ma chronique politique hebdomadaire du vendredi :

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                  Washington et Paris appellent Ryad à mettre fin à la guerre menée depuis  2014 au Yémen.

En fait, cette région du monde est en guerre depuis 1962. Il y a eu la guerre civile du Yémen du Nord de 1962 à 1970 qui opposa les forces royalistes du Royaume mutawakkillite du Yémen et les forces républicaines de la République arabe du Yémen.  Ce conflit était déjà une guerre par procuration entre l’Égypte et l’Arabie saoudite.

 Puis la Guerre civile du Yémen du Sud, en 1986. Pendant dix jours, en janvier de la dite année, se sont affronté  les partisans d'Abdul Fattah Ismaïl et ceux de Ali Nasser Muhammad . Les combats feront 10 000 morts.

 Il y a eu la guerre civile yéménite de 1994,un conflit qui opposa les forces de la République du Yémen unifiée aux séparatistes du Yémen du Sud.  La tentative de sécession échoua au bout de deux mois, après plus de 10 000 morts.  La réunification du pays sera signée en 2019.

 La région a vécu également, ce qu’on a appelé la Révolution Yéménite. Un mouvement de contestation populaire qui avait débuté en 2011 et prit, fin en 2012  avec le départ du président Ali Abdallah Saleh.

Enfin, le pays vit actuellement un conflit, la guerre civile yéménite, un conflit qui oppose depuis 2014  les rebelles chiites Houthis  au gouvernement d'Abdrabbo Mansour Hadi, élu en 2012  à la suite de la révolution yéménite. Ce conflit s'est internationalisé en mars 2015 avec l'intervention de nombreux pays musulmans menés par l'Arabie saoudite. Ce n’est plus une guerre par procuration, mais une guerre où s’affrontent directement l’Arabie saoudite et l’Iran, soutien des Houthis.

Le Nord arabe, le Sud « communiste », le pays est partagé entre 55% de sunnites et 45% de chiites. À l’origine de ces affrontements, des motifs communautaires et confessionnels. La « Tempête décisive » déclenché par l’Arabie saoudite a mobilisé une coalition formée des Émirats arabes unis, Bahreïn, la Jordanie, le Qatar, le Maroc, l’Egypte, le Koweït et le Soudan. La participation de certains pays est plutôt symbolique, comme celle du Maroc.

Le bilan humain, à aujourd’hui, est largement sous-estimé, officiellement 10.000 morts, vraisemblablement, plus de 50.000. L’ONU estime que 14 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire et le choléra a fait son apparition. L’ONG Oxfam estime qu’un civil est tué toutes les trois heures au Yémen.

Washington et Paris appellent maintenant Ryad à mettre fin aux hostilités, à ouvrir des négociations de paix «  d’ici à 30 jours » ! Sinon quoi ? Sinon rien.

Le chaos yéménite a renforcé les djihadistes d’al Qaida dans la péninsule arabique.

Dans cette poudrière, devant la multiplicité d’acteurs internes et externes, ouvrir des négociations de paix, trouver une solution à l’inconciliable, va relever de l’exploit.