Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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                     Après la remise au goût du jour de la guerre froide, réchauffée par la mise en route de la guerre commerciale, la dernière décision de Donald Trump de se retirer du traité signé avec la Russie en 1987, est-il un pas de plus vers la guerre ?

Ce traité interdisait aux deux puissances signataires de développer des armes nucléaires tactiques et d’éliminer leurs missiles nucléaires et conventionnels dont la portée se trouve entre 500 et 5500 km. Ce traité avait été signé, à l’époque, par Gorbatchev et Reagan, et ratifié par le Sénat américain en 1988.   La Chine, n’étant pas signataire, s’est engouffrée dans la brèche et tend à rattraper son retard, si cela n’est pas déjà fait.

Trump justifie sa décision en déclarant : «  La Russie n’a malheureusement pas respecté l’accord, donc nous allons y mettre fin et nous retirer. » C’est le signal de la reprise de la course aux armements, qui ne s’est, vraisemblablement, jamais arrêtée. Pourquoi maintenant ? Officialiser le retrait permet à l’administration Trump, et particulièrement le Pentagone, de demander une rallonge budgétaire au Sénat.

   Mikhaïl Gorbatchev 87 ans, du fond de sa retraite a déclaré que se serait une erreur de la part de Washington de se retirer du traité. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, a renchéri : «  ce retrait, s’il était confirmé, serait une initiative très dangereuse qui donnerait lieu à des représailles technico-militaires. »

 Il est vrai que les Etats-Unis ont pris un réel retard sur les Russes en matières d’armement nucléaire tactique et d’une façon général sur l’équipement militaire et les radars embarqués. La guerre en Syrie en a donné la preuve, les Russes faisant de ses opérations militaires en Syrie, un banc d’essais pour leurs avancées technologiques.

 L’Amérique va maintenant revoir toute sa politique de défense, vis-à-vis de la Russie, bien sûr, mais également au Pacifique, vis-à-vis de la Chine. John Bolton, le conseiller américain à la Sécurité nationale a commencé son tour du monde par Moscou. Les va-t’en-guerre du Pentagone doivent sentir des ailes leur pousser, après la décision de Donald Trump. Une décision qui est un pas de plus vers cette confrontation avec la Russie, qu’ils jugent inévitable. 

 Sommes-nous à l’aube de la troisième guerre mondiale ?L’isolationnisme américain (comme en 1914 et 1940), les progrès techniques des grandes armées, notamment russes et chinoises, l’endettement abyssal de la première puissance mondiale et l’agressivité de Washington à l’égard de la Russie et de l’Union européenne, plantent le décor du prochain conflit. Finalement, allons-nous vraiment vers une guerre, gagnant des parties croissantes de la planète.

«Le monde a réussi à passer l'année 2017 sans se retrouver dans un conflit destructeur entre les grandes puissances. Dans certaines parties du monde (particulièrement, en Syrie) les tensions se sont atténuées de manière significative. Dans d'autres, en revanche, des situations déjà tendues se sont davantage aggravées», écrit le professeur américain, Robert Farley."

 Les tensions dans cinq régions peuvent facilement se transformer en une guerre entre grandes puissances. Le succès de la Corée du Nord dans la mise au point de missiles balistiques aggravé par l'inexpérience diplomatique de l'administration Trump ont créé une situation extrêmement dangereuse.  La deuxième région «périlleuse», est Taiwan. Le diplomate chinois Li Kexin a récemment déclaré que Pékin «rattacherait Taiwan» par force le jour où des navires américains y arriveront. La troisième région est l’Ukraine, qui se trouve aussi dans une situation tendue. La quatrième région qui peut devenir le champ de bataille de la Troisième guerre mondiale est le sud de la zone Otan, notamment la Turquie. L'éloignement de ce pays de l'UE et son rapprochement avec la Russie est un précurseur du changement du rapport de forces dans la région.

 Le golfe Persique est la cinquième région à risques. Il faut porter son attention sur la confrontation entre l’Arabie Saoudite et l’Iran Compte tenu que la Russie défend de nouveau ses positions dans cette région, il est malheureusement, facile d'imaginer que tout cela peut se transformer en un affrontement des superpuissances.

La troisième guerre, c’est la fin de notre civilisation, a déclaré récemment Vladimir Poutine.

 Le retrait des Etats-Unis de l’accord américano-russe, est tout sauf anodin.