Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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   Véritable force politique, le populisme ou l’activisme du « petit-peuple » s’incarne aujourd’hui, dans l’homme qu’il a porté au pouvoir.

 Donald Trump, milliardaire privilégié, ne vient pas de ce peuple qui le soutient. Viscéralement antisystème, son opportunisme et son anticipation politique l’ont amené à la présidence de la plus grande puissance mondiale. Il a obtenu l’allégeance du peuple, ces oubliés du système, dont il est devenu le porte-parole et le défenseur de l’ordre traditionnel.

L’intelligentsia, les élites, les médias à quelques rares exceptions, une grande partie des citoyens américains lui sont hostiles et le combattent. Il leur oppose son bloc d’électeurs qui lui assurent un soutien indéfectible, encouragé par la puissante organisation des Evangélistes.

Tous ses opposants rêvent d’une procédure de destitution, mais la dure réalité de l’arithmétique électorale fait hésiter plus d’un à franchir le pas.  

Malgré un taux de confiance au plus bas depuis 20 ans (sondage), la croissance record, la situation de quasi-plein-emploi, vont peser dans les élections de mi-mandat du 6 novembre prochain.

Donald Trump a su préserver la confiance des électeurs républicains qui font toujours bloc autour de lui. Rien n’a pu ébranler ce « pacte populiste ». Ni les attaques contre leur champion, ni les révélations qui se succèdent, ni l’anachronisme apparent de sa politique étrangère, ne font mouche sur eux.

Il est plus que probable que le noyau dur de ses partisans ne sera pas découragé par les indiscrétions du livre de Bob  Woodward, pas plus que la tribune anonyme du New York Times. Les incessantes attaques des opposants à Trump, victimisent ce dernier aux yeux de ces partisans, qui trouvent là argument confirmant un système aux abois. 

 L’Amérique est divisée aujourd’hui, non pas en républicains et démocrates, non pas en pro et anti Trump, mais en deux camps d’irréductibles, qui dépassent les questions ponctuelles d’immigration. Nous avons là, deux camps exacerbés par une polarisation politique et culturelle sans précédent. Il est loin le temps où les familles américaines interdisaient de parler à table de politique ou de religion.

 Nous sommes devant une véritable guerre civile, silencieuse, qui ne date pas d’hier. Elle trouve ses racines dans les années 60. Une moitié des Etats-Unis ne voit plus l’autre. 

D’un côté, Il y a ceux qui s’accrochent aux droits individuels, au droit des minorités ethniques, qui défendent les droits des femmes, des homosexuels, des immigrés. Pour eux, la religion, les ruraux, les cols bleus ne sont pas une priorité. 

De l’autre côté, il y a les oubliés de ce libéralisme identitaire qu’ils considèrent comme une menace existentielle à leurs traditions, à leur culture et à leur façon de penser. Trump les a convaincu qu’ils ont été abandonnés par l’élite politique. Pour eux, la sauvegarde de l’ordre des choses est autrement plus vitale qu’une atteinte à la Loi, les errements d’un milliardaire ou le politiquement correct.

 Pour des raisons diverses, les deux camps mettent leur « légitime combat » au dessus de ce que peut dire la Loi.

Cette étrange guerre civile sans précédent, dépasse le clivage traditionnel, républicains démocrates.

Seul, pour le moment, la Constitution les tient ensemble, mais elle reste à la merci d’un dérapage.