Voici ma chronique politique hebdomadaire:

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       Les manœuvres militaires « Vostoc 2018 » ont été l’occasion d’une démonstration de force de l’axe Moscou-Pékin.Vostok 2018 est un exercice militaire russe à grande échelle qui s’est tenu du 11 au 15 septembre 2018 dans toute la Sibérie et dans l'Extrême-Orient du pays. L'exercice a impliqué des unités de l'armée de terre, de l'armée de l'air et de la marine, et un invité de marque, l’armée chinoise.

Une démonstration d’une ampleur inédite. Pour la première journée, ont participé 3200 hommes côté chinois, assistés de 24 hélicoptères, 6 avions, des équipements légers ; du côté russe c’est 25000 hommes qui ont été à la manœuvre appuyés par 250 appareils aériens et 7000 pièces d’artillerie. On a vu également, en mouvement, une armada commune de blindés aux couleurs des deux nations.

Spectateur de la parade, Vladimir Poutine a tenu à souligner « la maitrise et le courage » de l’armée chinoise en réponse au lieutenant-général Cho Yuanmin qui a salué « le professionnalisme et le savoir-faire de l ‘armée russe ». Il est vrai que l’armée chinoise n’a pas été sur des champs de bataille depuis 1980.

La coopération militaire n’est pas nouvelle, la Chine a fait aujourd’hui , de la Russie, son premier partenaire sécuritaire. De 1992 à 2016, plus de 3200 officiers chinois ont été formés à Moscou.

Par ailleurs, la Chine procède régulièrement à des exercices navals. Avec sa marine de guerre, Pékin affirme ses ambitions. Sa modernisation s’est accélérée depuis les années 2000 et se poursuit à un rythme soutenu, depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping. Ce dernier considère que le besoin d’édifier une marine forte n’a jamais été aussi pressant.

Ses ambitions vont bien plus loin que la quête de la suprématie régionale. Il souhaite se projeter de plus en plus loin en haute mer, afin de défendre les intérêts économiques et diplomatiques de la Chine. Les services américains prévoit qu’en 2030, la marine chinoise sera deux fois plus grande que l’US Navy, si on ne l’arrête pas. Comment ? Là est la question. Car la marine chinoise est le fer de lance de Pékin dans sa quête d’hégémonie mondiale.

Cette montée en puissance militaire de la Russie et de la Chine est d’abord une réponse à la politique de sanctions des Etats-Unis et à la guerre commerciale déclarée à la Chine par Donald Trump. Le résultat le plus apparent des sanctions internationales est d’avoir jeté la Russie dans les bras de la Chine. Leur alliance va durer tant que leur vision du monde sera nourrie par leur animosité envers un ordre international mené par les Etats-Unis. Même si l’alliance est davantage tactique que stratégique, elle reste sans doute une mauvaise nouvelle pour l’Occident.

Deux complices dans la mise au pas de l’ONU, deux compères dans le reste du monde, au Moyen-Orient c’est la Russie qui mène la danse, la Chine suit, en Afrique c’est la Russie qui s’efface devant la Chine qui y a trouvé une réponse à ses besoins d’expansion et des terres arables pour nourrir ses millions de chinois. Russie et Chine se projettent aujourd’hui militairement dans le monde où, à l’instar des Etats-Unis, ils installent des bases militaires permanentes. La Chine a inauguré l’an dernier sa première base à l’étranger, à Djibouti. D’autres installations suivront dans des pays partenaires.

L’Occident affaibli par ses divisions et une Amérique en perte de vitesse, n’a pas encore trouvé la réponse qui sauve.