Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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  La visite d’État du président français, Emmanuel Macron à Washington, a offert aux observateurs, médusés, un ballet diplomatique digne des plus grands vaudevilles. 

 D’accords sur rien, leurs enlacements, parfois gênants, leur chasse aux pellicules, tels les grands Primates, étalaient une entente illusoire qui ne trompait que les néophytes de la politique.

Sous le regard amusé de Donald Trump, Macron, devant le Congrès américain, a ‘démonter en règle le trumpisme’ comme le rapporte E.J. Dionne dans le « Washington Post ».

Aux remerciements d’usage d’Emmanuel Macron avant son départ de Washington, la Maison-Blanche répondait  en assurant le Président français de « la profonde affection » du chef de l’exécutif américain pour ses « hôtes bien-aimés ».

Donald Trump enfonçait le clou le lendemain, dans une interview de l’émission fétiche : « Fox and Friends ». Il y déclarait combien le couple Macron était ‘formidable ».

  Tout au long de cette visite d’État, on a vu un étalage, par les deux Présidents, d’un ego surdimensionné qui ne laissait pas de place à  des blessures d’amour-propre.

Mais qu’y-a-t-il derrière ce cinéma ? 

Le premier objectif était vraisemblablement à usage interne. ‘Voyez comme je sais recevoir pour le « sauvage » que je serai pour certains’, semble dire Donald Trump. « Voyez comme je suis droit dans mes bottes devant l’homme le plus puissant de la planète, et pas seulement devant les syndicats en grève et les troublions de la Zad nantaise » semble répondre en écho Emmanuel Macron.

Au delà des objectifs domestiques, Macron avait l’ambition de faire fléchir Trump sur l’accord de Paris, celui du nucléaire iranien conclu péniblement en 2015 et la guerre commerciale sur l’acier et l’aluminium. Echec sur toute la ligne, mais noyé dans des effusions télévisées.

Le magazine américain, ‘Le New Yorker’ s’attaque au jeune présomptueux en lui faisant le procès de « surestimer sa propre intelligence, un mal français très répandu. » 

Si du côté de Trump, on a cherché à fissurer le couple Macron/Mertkel pour affaiblir le renouveau de l’Union européenne, Macron, quant à lui, a cherché à se positionner en médiateur entre l’ancien et le nouveau continent, et comme le conciliateur possible entre Washington et Moscou. 

Son approche peut être un avantage pour Bruxelles, si elle ne change pas au gré des circonstances, que l’Europe  bénéficie ou pas d’une politique plus conciliante à l’égard des tarifs douaniers, ou que l’accord iranien soit dénoncé ou pas.

La question qu’il faut se poser est : l’Europe et le monde, va-t-il tomber dans une sorte de néant face au ‘foucades’ de l’imprévisible président américain, Donald Trump.

On aurait pu faire un film de cette visite ‘historique’ intitulé « Je t’aime, moi non plus », mais ce titre est déjà pris.