Chronique politique hebdomadaire du vendredi

--------------------------------------------------------------

     Aujourd’hui, en Europe et ailleurs, on veut transformer les avancées médicales et scientifiques en matière de natalité, en un droit pour tous. Personne seule, couple de même sexe, pour eux, le désir d’enfant devient un droit que le législateur doit sacraliser par la loi. Accès à la PMA (procréation médicale assistée), à la GPA (gestation par autrui) doit leur être garanti.

  Mais le besoin de tout enfant d’avoir un père et une mère, devrait également retenir l’attention du législateur. En vérité, légiférer sur le don de la vie, c’est vouloir régir les mœurs et transformer la société. Vouloir un enfant a été toujours une affaire privée. Un médecin, peut-il agir en dehors d’une déontologie qui interdit de répondre à des demandes non médicales ? Il faudra définir les conséquences des nouvelles techniques de procréation, sur la filiation, l’autorité parentale et l’accès aux origines. Aujourd’hui, on va faire naître des enfants sans père, voire sans mère. Bravo pour l’avancée scientifique, mais quid de la construction psychologique de l’enfant ?

Le désir d’enfant est respectable, altruiste et généreux de la part d’un couple formé d’une femme et d’un homme. Il devient l’expression d’un égoïste et immoral ‘droit à l’enfant’ pour les autres. Il faut prendre en considération les droits fondamentaux de l’enfant, car ces droits sont plus importants que le désir d’enfant.

  Que dire des mères porteuses pour qui, certains, comme feu l’homme d’affaires Pierre Bergé, n’y voyait ‘aucune différence avec un homme qui loue ses bras’. Est-ce une liberté à encadrer ? Est-ce une nouvelle profession qu’il faut organiser et taxer ? En d’autres termes, il s’agit de faire de la Gestation Pour Autrui (GPA), une activité commerciale comme une autre.  Pour beaucoup cela est contraire à la dignité de la femme qui se prête ou se loue, contraire à la dignité de l’enfant offert ou vendu. Le besoin d’un enfant d’avoir un père et une mère, n’est pas passéiste ou l’expression d’un monde révolu.

Les principes fondamentaux des droits de l’homme et du citoyen, protègent également ceux de l’enfant, pour son bien, comme ils respectent les valeurs de nos sociétés.

Au nom du progrès, de la modernité et de la ‘conquête’, on détricote les anciens interdits de civilisation, qu’on ne considère plus que comme des résidus archaïques, hérités des religions monothéistes.

  Nous assistons à la réduction du lien social à sa stricte dimension procédurale. La désacralisation du corps ouvre la voie à la marchandisation de la vie. Le polonais Cseslaw Milosz, poète et romancier, prix Nobel de littérature (1980) disait : « Le matérialisme extrême, réduit l’Homme à ne plus être qu’un matériau humain. », nous y sommes !