Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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     Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni sont intervenus en Syrie, la semaine dernière, pour punir Damas d’avoir eu recours (peut-être) aux armes chimiques. C’est pas moins de 105 missiles qui ont été tirés. Au prix de 575000 dollars le missile américain, le Tomahawk, c’est près de 60 millions de dollars qui ont été dépensés par la coalition. Ce montant est à ajouter au montant déjà faramineux du chiffre d’affaires des complexes militaro-industriels de la dite coalition.

  À cette occasion, on peut se poser la question des rapports de l’industrie de l’armement avec les gouvernements.

 L’ingérence des complexes militaro-industriels dans la gestion des affaires étrangères des différents gouvernements de la planète, n’est plus à démontrer. Il est notoire, par exemple, qu’aux Etats-Unis, l’industrie des armes, par son puissant lobbysme et ses subventions distribuées généreusement aux sénateurs et congresmans du pays, interfère grandement dans la politique des armes et dans les grandes décisions de politique étrangère de la Nation américaine. 

  « Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l'acquisition d'une influence illégitime, qu'elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d'un développement désastreux d'un pouvoir usurpé, existe et persistera. » Qui dit cela ? Dwight David Eisenhower, président des Etats-Unis de 1953 à 1961, dans son discours de fin de mandatprononcé le 17 janvier 1961.

 Près de soixante ans après, l’avertissement d’Eisenhower reste ignoré et oublié.

Les complexes militaro-industriels regroupent trois pôles, l’industrie de l’armement, les forces armées et les décideurs publics, qui influencent les choix publics. L’ensemble des interactions façonne l’évolution des armées par l’intermédiaire de l‘attribution des contrats de défense.

 Le gigantisme des budgets accordé au domaine de la défense par les différentes puissances, reflète l’emprise de ces contractants sur la scène politique. Les Etats-Unis par exemple dépensent plus pour la défense que les treize pays suivants pris ensemble. L’universitaire, spécialiste de la sécurité, John Mearsheimer note que les Etats-Unis, depuis 1991, ont été en guerre deux années sur trois. 

 La question que chacun doit se poser, est de voir comment veiller à empêcher les complexes militaro-industriels d’acquérir une influence injustifiée et anti-démocratique, dans les structures gouvernementales. C’est un risque réel qui va perdurer, tant qu’on laissera une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses, où l’intérêt mercantile prime. Cette association de pouvoirs, met en danger les libertés et les procédures démocratiques.

 Il existe une solution radicale, nationaliser l’industrie de l’armement. Interdire par la loi la fabrication des armes par les entreprises privées, à l’exception de la fabrication des fusils de chasse.

 Alors seulement, on aura finit avec l’hypocrisie, les financements occultes et l’ingérence grandissante des complexes militaro-industriels.

Mais existe-t-il aujourd’hui, des responsables politiques qui primeront l’intérêt général et l’exercice de la démocratie, sur leur intérêt personnel ou celui de leur parti. Il est raisonnable d’en douter.