On est vendredi, le jour de ma chronique politique hebdomadaire:

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        La dictature, est-elle le prix à payer pour la stabilité nécessaire au développement et l’autorité nécessaire à la sécurité ?

 Le Parti communiste chinois s’est prononcé dimanche dernier pour la levée de la limite de deux mandats présidentiels qu’ordonne la Constitution. Xi Jinping, président de la Chine depuis le 14 mars 2013, devrait pouvoir se maintenir à la tête du pays, autant qu’il le souhaitera. 

La suppression de la règle des deux mandats est loin d’être une surprise en Chine.

 Un Xi Jinping surpuissant va être vraisemblablement mal perçu en Occident où l’influence croissante de Pékin inquiète déjà de nombreux parlementaires.

 XI JIMPING  juge qu’il doit mener la modernisation de son pays, son développement, sans entraves. Il veut également mener à son terme sa conquête du leadership mondial, et pour ce faire, il veut que ses actions s’inscrivent dans la durée.

Quand une entreprise a la chance de trouver un manager à la hauteur, elle le garde le plus longtemps possible, disent ses supporters. Ils donnent en exemple le groupe Renault-Nissam qui garde à sa tête l’indéboulonnable Carlos Ghosn et ce depuis 2002.

 Mais Ghosn influe sur le devenir des voitures, Xi sur le devenir d’êtres humains, il y a là une différence notable.

Ceci dit, est-il inquiétant de voir s’installer en Chine un nouveau Timonier ne souffrant aucune ombre à son pouvoir. La dictature, les chinois la subissent depuis des décennies par le parti unique communiste, sans amélioration de leur sort, pour plusieurs, misérable. Mais depuis l’arrivée de Xi au pouvoir, la pauvreté a régressé dans des proportions notables, et la classe moyenne a explosé.  

Ayant vécu durant des siècles sous la loi de l’Empereur, des décennies sous la férule de Mao, avoir pour longtemps un nouveau ‘maître’, n’est pas pour désarçonner le citoyen chinois. C’est à l’étranger que pointe l’inquiétude.

Les coudés franches que lui donne son nouveau statut va le rendre intraitable en politique étrangère. Tirant sa légitimité de sa ligne nationaliste, Xi Jimping n’aura de cesse de voir ses revendications territoriales, spécialement en mer de Chine, satisfaites.

La Chine a ouvert sa première base militaire à l’étranger (à Djibouti) l’an dernier. Ajouté au chantier colossal des « nouvelles routes de la soie » Xi voit son influence en Occident augmenter.

Avec un président américain qui boude les institutions internationales, une voie impériale s’ouvre à la Chine pour jouer un rôle de plus en plus important dans le concert des nations. Cela ne va pas se passer sans augmenter les tensions entre les Etats-Unis et Pékin.

La première étape de cette marche vers le leadership mondiale, va être une hégémonie chinoise en Asie, ce qui implique un réajustement du rôle dominant des Etats-Unis dans la région.

La compétition militaire entre ces deux grands, va s’intensifier, avec des risques sérieux de bavures.

À une rivalité acharnée dans la défense nucléaire, s’ajoute  aujourd’hui, la compétition pour la conquête de l’espace et dans les cybertechnologies.

Ni Pékin, ni Washington, n’ont intérêt à une guerre, mais un risque potentiel qu’un conflit éclate, à la suite d’un incident, existe.

Les objectifs connus de Xi Jimping sont tous, des risques potentiels d’incidents : les revendications territoriales en mer de Chine, la réunification de l’ile de Taïwan, allié des Etats Unis, le soutien de la Corée du Nord, la politique commerciale agressive en Afrique, etc.

Avec un ‘grand Timonier’ débarrassé du souci de sa réélection, Washington va avoir un challenger de taille à Pékin.

Ceci va accentuer l’inquiétude des chancelleries. Mais Xi Jimping va redoubler d’efforts, afin de rassurer le reste du monde, pour que rien ne vienne freiner le grand dessein qu’il poursuit pour la Chine.

   L’Occident a toujours été convaincu que la conversion au capitalisme conduit inéluctablement vers une économie de marché, un Etat de droit, bref vers la démocratie. Xi Jimping, président à vie, l’a transformé en une illusion qu’il enterre allégrement.

La preuve nous est donnée que capitalisme et technologies, ne conduisent pas en Chine, à la démocratie mais à la démocrature.