Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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      J’ai été formé à l’école de la République. Comme tout les enfants de l’Empire français, noirs ou blancs et même moins blancs, j’ai psalmodié : « Nos ancêtres les Gaulois, ils étaient grands avec des longs cheveux blonds. »

Depuis, beaucoup d’eau a coulé dans les rivières de l’hexagone et plus personne n’est convaincu que les ancêtres des français étaient des Gaulois.

J’ai passé mon enfance avec Vercingétorix, Louis XIV, Napoléon et tant d’autres personnages historiques sublimés par ‘Malet et Isaac’.

Il n’en reste pas moins vrai que les émules de Jules Ferry, nous ont formatés avec Descartes, Victor Hugo, Baudelaire, Lamartine et tant d’autres. Aussi, nul ne peut prétendre que le devenir de la France nous importe peu.

On est effaré à voir comment les candidats ‘au trône’ s’écharpent aujourd’hui, poursuivent des débats de ‘café du commerce’ et se chamaillent comme dans une cour d’école. L’intérêt général, hérité de la révolution française, semble avoir laissé place aux ambitions débridées des leaders politiques en devenir.

Le résultat est inquiétant, dans un sondage établi en janvier de cette nouvelle année, 83% des français ont une image négative de la politique et ils ne sont que 9% à faire confiance aux partis politiques. Rappelons-nous de l’abstention aux dernières élections, législatives et présidentielles, elle atteint 80% aux dernières partielles. Le nouveau monde promis par Emmanuel Macron ne semble pas plus mobilisateur que l’ancien. Les dirigeants et hommes politiques sous-estiment le citoyen lambda qui par contre les juge durement. Ils risquent d’entendre, plus souvent qu’ils ne le souhaitent : « Les élites à la lanterne ! »

Lorsque l’on dissipe les rideaux de fumée tirés par les politiques, lorsque l’on retire tous les écrans mis en place par les hommes au pouvoir, lorsque l’on reste sourd aux sirènes de ‘demain il va faire beau’, on a la vérité nue, et elle n’est pas belle à contempler.

La désindustrialisation se poursuit en France,  sa balance commerciale laisse à désirer, la dette publique donne le tournis, l’emploi, la formation, restent un mal endémique. Qui parle sans tabous des enjeux de l’immigration, de l’importance du développement de l’Afrique, la seule réponse à l’exode de sa population ? Que fait-on devant la montée inexorable du communautarisme, de la relance du rêve européen.

Il faut réinventer la démocratie et rendre ses lettres de noblesse à la politique. Pour cela, le renouvellement de la classe politique n’est pas suffisant, il faut également lutter pour un changement des comportements et un assainissement du langage politique.

De grâce, abandonnez le « politiquement correct » au profit du parler vrai. Il faut appeler un chat, un chat. Les citoyens sont capables d’entendre et de comprendre les vérités. Le monde n’est pas facile, et ils le savent.