Vendredi, le jour de ma chronique politique hebdomadaire.

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                Le système économique est en train de dérailler, partout dans le monde. Les crises économiques et financières qui se succèdent, frappent l’ensemble des populations à l’exception de quelques nantis. L’économie, qu’elle roule au ralenti ou qu’elle accélère, ne fait que développer la richesse d’un petit groupe au détriment de l’ensemble. Il ne s’agit pas là, de choix idéologique, mais de l’emballement d’une machine laissée entre les mains de prétendus spécialistes, qui ne mesurent les performances d’une économie que par la rétribution des actionnaires et rejettent le principe d’une juste redistribution des richesses créées.

Il ne s’agit pas là de doctrine capitaliste ou socialiste, mais de décence et de justice sociale, plus, de la survie du système libéral et démocratique, dans lequel nous vivons.

On relève dans le dernier rapport de l’ONG OXFRAM,  que 82%des richesses crées dans le monde ont été au bénéfice de 1% de la population.

Le forum économique qui se tient actuellement à Davos, fera bien de se pencher sur cette bombe à retardement, que sont les inégalités dans le monde.

Si entre 1990 et 2010, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a été divisé par deux, principalement en Asie, notamment en Chine, les classes moyennes ont vu leur niveau de vie diminué.

À l’occasion de la rencontre annuelle de l’élite politique et économique à Davos, OXFRAM souligne qu’à eux seuls, huit hommes détiennent autant de richesses que les 3,6 milliards de personnes qui représentent la moitié la plus pauvre de l’humanité.

Ces inégalités fracturent les sociétés et affaiblissent la démocratie.

Les décideurs réunis à Davos, doivent prendre conscience de la montée des colères populaires qui secoue le monde politique. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis, celle de Duterte aux Philippines, la montée des extrêmes en Europe, la victoire du Brexit au Royaume-Uni, ne sont pas des accidents, mais des avertissements.

Le constat alarmant de l’augmentation des inégalités est aujourd’hui partagé par beaucoup, à commencer par la Banque Mondiale et les organismes spécialisés de l’ONU. Le président français, Emmanuel Macron, dans son adresse aux participants à Davos, en a fait un objectif à la gouvernance mondiale.

Le Maroc n’est pas en reste, il est, des pays de l’Afrique du Nord, le moins bien loti en termes d’égalité. La situation y est plus grave qu’en Tunisie, en Algérie ou en Egypte, malgré quelques timides avancées en la matière.

Il ne s’agit pas de faire la guerre aux riches, mais de  demander une meilleure gouvernance de par le monde : le partage des richesses au sein des entreprises, la lutte contre l’évasion fiscale et redonner à l’impôt son rôle de redistribution des richesses.

Sans prendre en compte le problème des inégalités, nous aurons un peu partout des explosions sociales qui risquent de rendre le monde ingouvernable.